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Regards croisés sur les tentes des Enfants de Don Quichotte

Le pari de la toute jeune association Enfants de Don Quichotte semble bien être de stimuler la conscience de la misère sociale en trois temps : une captation de l’attention des logés en activant la gêne de voir que d’autres n’ont aucun domicile, une mise en jeu d’émotions par le partage de la souffrance provoquée par l’inconfort et le froid, et à partir de l’empathie éprouvée pour les SDF, une vivacité dans la conscience du problème telle qu’on peut espérer des actes efficaces pour le résoudre.

Une centaine de tentes toutes pareilles ont été installées Quai de Jemmapes à Paris, au bord de l’eau, sur les berges du Canal Saint-Martin : là où elles ne peuvent être interdites (début décembre, la Place de la Concorde et la Place de la Bastille avaient été choisies, les CRS ont fait replier les tentes).

Augustin Legrand militant, fondateur de l’association, explique ses motivations : « Les Enfants de Don Quichotte, c’est une association apolitique qui défend les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution comme le droit à une vie décente. » L’originalité de l’action, c’est que les logés viennent dormir sous les tentes, avec les SDF ; « Si des dizaines de milliers de Français font ce pas, alors les pouvoirs publics seront obligés d’en tenir compte », espère Augustin Legrand. Il donne à son action une fonction morale : « On appelle à une forme de désobéissance civile pour défendre les droits fondamentaux des citoyens. C’est indécent qu’il y ait des gens sans abri. »  Le site  Internet de l’association permet de coordonner des initiatives du même type en province, dans une dizaine de villes.

Augustin Legrand individu, comédien d’une trentaine d’années, titulaire d’une maîtrise de droit fiscal, a lui-même déjà expérimenté la forme extrême du « jeu de rôle », quand on se met à la place d’une personne qui souffre. Libération le cite  : « Lorsque j’étais ado, un jour, pour déconner avec les copains, j’ai fait la manche dans le métro. » Dans une rame il a raconté une histoire de miséreux. « D’un seul coup, tu vois tous les gens qui te regardent et tous ceux qui font semblant de ne pas te voir et de ne pas t’entendre. Après t’être mis à poil devant eux, tu es soudainement envahi par un sentiment de honte. » 

Le gouvernement est très réservé. La ministre déléguée à la cohésion sociale, Catherine Vautrin, oppose qu’il reste des places disponibles dans les structures d’hébergement d’urgence de la région parisienne, que huit cents places ont été créées récemment, qu’elles sont ouvertes jour et nuit sans interruption, que tout cela coûte trois millions d’euros chaque nuit. Alors selon elle ce sont des « initiatives qui pourraient paraître généreuses mais qui sont en fait un leurre ».

Un SDF exprime son admiration : « Vous vous rendez compte, c’est une personne seule qui s’est investie pour casser la pauvreté. Il a cassé sa tirelire pour nous. Y en a pour 3200 euros de tentes ici, sans compter tous les à côtés. »

Dans un sondage CSA d’octobre, le logement est la première préoccupation (44 %) des préoccupations des habitants de Paris et de la petite couronne, devant la sécurité (42 %). Selon un autre sondage BVA-Emmaüs- l’Humanité- la Viedu 7 décembre, 48 % des Français pensent qu’il est possible qu’ils deviennent un jour SDF.

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