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Religion, à quel saint se voue Nicolas Sarkozy ?

A partir de la rentrée 2008, tous les enfants de CM2 se verront confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. C’est ce que Nicolas Sarkozy a notamment déclaré hier soir, lors du repas annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

Une déclaration surprenante pour une présence qui ne l’était pas moins. Car c’est généralement le Premier ministre qui se rend chaque année à cette réunion et non le président. La seule exception date de 1991, année où, afin de collaborer le bicentenaire de l’émancipation des Juifs par Napoléon, François Mitterrand avait tenu à commémorer cet anniversaire.

Hier soir, Nicolas Sarkozy a donc tenu à affirmer sa présence auprès de la communauté juive de France qui, par l’intermédiaire de Richard Prasquier, président du Crif, a tenu une nouvelle fois à insister que, à l’instar d’une majorité de Français de toutes les confessions, la loi de 1905 reste la seule référence.

Cette loi, a expliqué M. Prasquier au Figaro, a permis « aux juifs la neutralité bienveillante qui a garanti l’égalité et inventé des solutions empiriques aux problèmes ponctuels. Pour nous cette loi fait partie du surmoi identitaire qui nous lie à la République. Je suis un partisan résolu de la laïcité, je ne suis pas un adepte de la religion laïque ».

Nicolas Sarkozy qui depuis son élection fait le forcing pour modifier la loi de 1905 et milite pour son concept de laïcité positive, a tenté de se justifier en expliquant qu’il n’avait « jamais dit que l’instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l’imam pour transmettre des valeurs. Mais ce dont ils témoignent n’est tout simplement pas la même chose. Je persiste et j’ai le plaisir de signer », a-t-il conclu.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a confié « qu’à partir de la rentrée 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».

Une décision surprenante qui à peine énoncée fait déjà débat, pas seulement au sein de l’Education nationale. On se souvient de la polémique suscitée par l’affaire de la lettre de Guy Môquet. Là, Nicolas Sarkozy semble monter d’un cran sans que l’on sache vraiment s’il agit en conscience ou non.

Pour Patrick Gonthier, secrétaire général de l’UNSA-Education, interrogé par La Tribune, le président de la République confond histoire et mémoire et veut faire porter à des enfants de 10 ans une "charge affective qui les dépasse beaucoup". C’est encore une fois la confusion persistante du président entre histoire et mémoire, la même qu’il y avait avec Guy Môquet. L’histoire demande de la distance et de l’étude, et la mémoire est plus soumise à l’affectif et à l’émotionnel. Et il fait porter sur les enfants de 10 ans une charge affective qui les dépasse beaucoup ».


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Babar

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