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Sécheresse : le gouvernement accélère l’activation du Fonds de calamité agricole

PARIS (AP)

Face à la sécheresse qui s’étend désormais à 68 départements français, le gouvernement a décidé mardi d’accélérer d’un mois la procédure d’activation du Fonds de calamité agricole. Un effet d’annonce qualifié de "ridicule" par la Confédération paysanne, qui dénonce la poursuite du "gaspillage" de l’eau par les producteurs de maïs.

"Nous avons fait une demande d’activation du fonds de calamité. Ce fonds va être activé", a déclaré le représentant de la FNSEA, Jean-Luc Poulain, à l’issue de la réunion du comité de suivi de la sécheresse au ministère de l’Agriculture.

Les demandes d’indemnisation doivent désormais remonter des départements, afin que la Commission nationale des calamités les examine "dans la première semaine de septembre", selon le ministère de l’Agriculture. La date du 8 septembre a été évoquée selon des participants au comité de suivi. Cette réunion était initialement prévue le 6 octobre.

Financé pour partie par les agriculteurs via une contribution additionnelle sur les cotisations d’assurance et pour partie par une subvention de l’Etat, le Fonds de garantie des calamités agricoles permet d’indemniser les dommages matériels touchant les sols, les récoltes, les cultures, les bâtiments ou le cheptel. L’indemnité ne peut dépasser 75% des dommages subis.

Jacques Pasquier, responsable du dossier sécheresse à la Confédération paysanne, a dénoncé un effet d’annonce "complètement ridicule" par rapport à la gravité de la situation. "Le ministère est passif", a-t-il accusé. "On constate que la situation des éleveurs s’aggrave et aucune décision concrète n’est toujours prise".

La Confédération paysanne réclame le déblocage d’aides au transport de fourrage, ainsi que d’aides à la trésorerie pour permettre aux éleveurs touchés d’acheter ce fourrage.

Surtout, elle dénonce la poursuite de l’irrigation du maïs, malgré la sécheresse. "Aujourd’hui, 80 à 90% de l’eau utilisée nationalement en juillet et en août est utilisée pour l’irrigation du maïs", a rappelé Jacques Pasquier. Or, "le maïs n’est pas une culture stratégique importante" et "la valeur ajoutée d’un hectare de maïs est ridiculement faible si on n’y met pas des primes européennes". Bref : "c’est du gaspillage, ni plus ni moins".

"Il y a moins de 5% de la surface agricole qui est irriguée. Sur ces 5%, le maïs représente moins de la moitié", a rétorqué Jean-Luc Poulain. Par ailleurs, le maïs "consomme 450 litres (d’eau) par kilo de matière sèche. c’est moins que le blé notamment". A une différence près : c’est en été que le maïs a besoin d’eau, contrairement au blé.

De toute façon, "le problème du maïs en tant que tel au niveau de l’utilisation de l’eau n’a pas été abordé" lors de la réunion, a affirmé le représentant de la FNSEA. L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) n’était d’ailleurs pas représentée.

"Une récolte de maïs, il faut à tout prix la sauver parce que c’est du fourrage pour les animaux", a souligné M. Poulain.

Face à la sécheresse, la FNSEA souhaite que les agriculteurs n’aient à payer la taxe sur le foncier non bâti qu’en décembre, et non comme prévu à la mi-octobre, afin de faire coïncider ces versements avec le paiement des aides de la Politique agricole commune. Elle réclame également la généralisation à tout le territoire de l’autorisation de mise en pâturage des jachères.

A plus long terme, la FNSEA préconise le développement de systèmes de rétention d’eau. Car "aujourd’hui, sur les 175 ou 180 millions de mètres cube (d’eau) qui tombent chaque année sur la France, on n’en garde que 30, le reste repart à la mer".

Mais pour la Confédération paysanne, ce sont des mesures "extrêmement coûteuses, financées à 80% par de l’argent public" et qui bénéficieraient "encore aux mêmes paysans : ceux qui ont les pratiques les plus excessives et les plus préjudiciables à l’environnement".

La prochaine réunion du comité de suivi de la sécheresse est prévue au ministère de l’Agriculture le 1er septembre. AP


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