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SIDA : l’espoir d’un vaccin arrive dans une situation difficile

La nouvelle qui est tombée jeudi 8 juillet est porteuse d’un véritable espoir dans le domaine de la lutte contre le SIDA. Les deux antigènes isolés, VRC01 et VRC02, ainsi que le rôle qu’ils semblent jouer dans le mécanisme de réplication du virus au sein des cellules de l’organisme soulèvent l’enthousiasme de la communauté scientifique qui parle de découverte exaltante. Les associations de lutte contre le SIDA, en France comme ailleurs, suivent elles aussi de très près cette information qui pourrait être synonyme de traitement efficace pour les dizaines de millions de personnes séropositives dans le monde. Ce chiffre est estimé à près de 40 millions de personnes par certaines organisations.
 
Beaucoup espèrent aussi que le traitement éventuel qui pourrait être tiré de cette avancée scientifique prometteuse sera peu onéreux. En effet, 95% des personnes contaminées par le virus du SIDA vivent dans des pays pauvres ou en voie de développement, où le prix des traitements actuels représente trop souvent une barrière infranchissable pour accéder aux soins.
 
Cependant, cette information tombe dans un contexte difficile en France. D’autres informations scientifiques tendent à mettre en évidence l’importance des cellules infectées dans les modes de transmission du virus. L’étude, menée conjointement par le CEA, de l’Université Paris-Sud 11 et de l’Inserm, montre que la contamination peut survenir lorsque des cellules de la muqueuse viennent à être en contact non pas directement avec le virus, mais avec des cellules contaminées de l’organisme du partenaire.
 
Certes, cette étude, menée sur des macaques, porte sur la version simiesque du VIH, le SIV mais elle met en lumière des mécanismes de transmission du virus différents, ce qui pourrait entrainer une réflexion approfondie sur les échecs relatifs des traitements microbicides.
 
Ce foisonnement de découvertes scientifiques intervient aussi alors que le plan national VIH / SIDA 2010 - 2014 présenté par le gouvernement fait l’objet de critiques acerbes. L’avis rendu par le Conseil National du SIDA (CNS) est rude : « En l’état du projet, le plan national 2010-2014 ne définit pas une politique publique efficace face aux défis actuels de la lutte contre le VIH et les IST ».
 
Les moyens, les objectifs, la vision même qui préside à ce plan sont contestés : dans une interview accordée au quotidien Libération, le professeur Willy Rozembaum affirme que « les autorités ne semblent pas avoir compris qu’on a changé d’époque ».
 
Sur le fond, le plan gouvernemental est critiqué sur trois points majeurs :
 
 
  • « Un plan timoré » sur le dépistage et les traitements
  • Des lacunes dans la cohérence des politiques publiques de lutte contre le SIDA
  • L’absence de la lutte contre le sida au niveau mondial comme enjeu

C’est en fait toute l’élaboration du plan qui est remise en question. la gouvernance est vue comme floue, les rôles de chacun ainsi que l’articulation entre les différents acteurs ou échelons restent à préciser. Et les questions sont nombreuses sur les raisons d’une telle impréparation : y a-t-il des raisons budgétaires ? Idéologiques ? 
 
Bref, la découverte américaine apporte un vrai bol d’air frais aux acteurs français de la lutte contre le SIDA. Ils en ont besoin, visiblement.

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