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Zéro Chirac

Dans son film-documentaire "Dans la peau de Jacques Chirac", Karl Zéro et Michel Royer, revisitent quarante ans de carrière de Jacques Chirac. Une biographie non autorisée en images du président de la République. Rien n’est laissé au hasard.

Ce documentaire long métrage fouille le passé télévisuel de Jacques Chirac pour en extirper une image du président ancrée dans le long terme. Le discours de Jacques Chirac a t-il évolué au cours de quarante années passées aux plus hautes fonctions de l’Etat ? Ses idées, ses valeurs sont-elles toujours au fond les mêmes ? Karl Zéro et Michel Royer dénichent dans ces milliers d’heures d’archives des extraits qui semblent tout droit sorties d’une pièce de théâtre : de multiples rôles pour un seul acteur en scène. Le documentaire est également entrecoupé de confessions fictives du président brillamment imité par Didier Gustin.

Le documentaire "Dans la peau de Jacques Chirac" sort sur les écrans mercredi 31 mai. Il est le fruit d’une étroite collaboration de Michel Royer qui a visionné 40 années d’images télévisées sur Jacques Chirac et de Karl Zéro. Les deux hommes avaient collaboré au "Vrai Journal" sur Canal+.

Karl Zéro et Michel Royer confrontent les discours contradictoires et les déclarations antinomiques que le chef de l’Etat a pronconcés au cours de sa vie politique. Edifiant : à quelques années, voire à quelques semaines d’écart, les paroles prononcées changent du tout au tout. Elles passent du blanc au noir. Pour certaines, elles sont littéralement antithétiques. Karl Zéro et Michel Royer donnent des exemples. Ils n’en manquent pas. Il semblerait même que n’importe quel sujet aurait pu faire l’affaire et être utilisé dans le documentaire. Pour autant, peut-on (doit-on) généraliser ces exemples ? Ils décrivent des moments particuliers d’une vie qui doivent être remis dans leur contexte ; décrivent-ils l’homme en son entier et dans toute sa contradiction ? Pourtant tout y passe, ce qui n’est pas sans effrayer : les promesses de baisses d’impôts, la démission de son gouvernement, l’entrée de l’Espagne dans l’Europe, la sécurité routière, etc.

Karl Zéro avoue pourtant ne pas avoir voulu faire "un film chamboule tout qui dégomme Chirac". Il ne s’agit pas non plus d’un pamphlet satirique comme le Fahrenheit 911 de Michael Moore qui vitupère George W. Bush. Donc, selon Karl Zéro, tout comme le livre de Franz-Olivier Giesbert, ce n’est pas un jeu de massacre. D’ailleurs, le documentaire "Dans la peau de Jacques Chirac" ferait presque passer Jacques Chirac pour un personnage plus qu’attachant : il n’hésite pas à sillonner la France pour aller à la rencontre des électeurs, à déguster un verre de vin en compagnie de citoyens, etc. L’homme est présent à l’image, ne passe pas inaperçu. Mais est-ce un double jeu ? Les commentaires qu’il prononce de temps à autre sur ses adversaires ou sur ses vraix-faux amis, qu’il s’agisse d’Edouard Balladur ou de Lionel Jospin, de François Mitterrand ou encore de Nicolas Sarkozy, sont parfois véritablement assassins.

Le documentaire montre « ses trucs » de professionnels, car rien n’est laissé au hasard. Et pourtant, aurait-il pensé qu’un jour, une personne ressortirait toutes ces images pour les monter et le montrer dans sa vérité nue ? L’homme a fait de la politique son métier. Ce n’était pas une vocation ,affirmait-il, c’est un « métier ». Et dans un métier, il y a toujours des ficelles. Lui reprochera-t-on aujourd’hui d’avoir joué au marionnettiste ? La mécanique est visible, l’envers du rideau est même tiré. Lui reprochera-t-on d’avoir manqué de conviction, de passion ? C’est-à-dire des idées qui, ancrées dans leur piédestal, plaisent ou déplaisent, mais ne bougent pas, même quand il est décidé de renverser la statue ? Karl Zéro et Michel Royer font dire à Didier Gustin qui imite le chef de l’Etat : "Le drame, c’est que je n’ai aucune idée politique, sauf peut-être, comme de Gaulle, une certaine idée de la France qui ne correspond plus à rien de réel aujourd’hui". L’homme s’est adapté, de tout temps et en tous lieux. Il semble lutter contre ses propres démons : « Que dois-je faire ? ». C’est sans doute cela qui fait de Jacques Chirac un être profondément humain, avec ses erreurs et ses succès. Un Don Quichotte réincarné qui plaît aux Français. Sans doute que l’alchimie-montage du documentaire "Dans la peau de Jacques Chirac", de Karl Zéro et Michel Royer, ajoute à cette image une couleur supplémentaire.

Michel Royer, spécialiste des archives télévisuelles, a donc fouillé des heures d’archives pour arriver à ce résultat : une sorte de « best of » du président. « Jacques Chirac vu par la télé » fait rire. Mais ce rire peut faire froid dans le dos, car l’homme d’Etat qu’est Jacques Chirac a des responsabilités, de vraies responsabilités qui impactent la vie quotidienne, la vie réelle. Le documentaire ne se veut pas une thèse politique, « ce n’est pas un film politique, c’est un film sur la politique, le cynisme, la cruauté, la violence et le rire qui vont avec », explique Michel Royer dans le dossier de presse de la maison de production Bonne Pioche. La politique doit rester sauve.

L’Equipe AgoraVox


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