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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > A la recherche du Nader perdu ou le contre-pouvoir citoyen à l’ère (...)

A la recherche du Nader perdu ou le contre-pouvoir citoyen à l’ère d’Internet

Ralph Nader demeure sans aucun doute la figure la plus marquante du mouvement citoyen et consumériste du XXe siècle. Ses combats acharnés pour la défense des consommateurs et surtout ses méthodes révolutionnaires gardent toute leur actualité après plus de quarante ans, et pourraient retrouver un second souffle grâce à l’avènement des nouvelles technologies, et d’Internet en particulier. Nader est une des rares personnalités qui ait réussi à mettre en place un véritable contre-pouvoir citoyen capable de mettre en échec le pouvoir politique américain à plusieurs reprises. A une période où en France pratiquement tous les pouvoirs sont concentrés dans les mêmes mains, quelqu’un réussira-t-il à incarner son message et son action ?

Qui est Ralph Nader

Comme nous le montre la version française de la Wikipédia, Ralph Nader est surtout connu chez nous pour avoir participé aux dernières élections présidentielles américaines en tant qu’indépendant. En réalité, sa stature internationale est surtout liée aux combats qu’il mène depuis les années 1960 en faveur des consommateurs et des citoyens.

Nader m’a beaucoup influencé dans ma jeunesse. C’est mon excellent professeur d’économie de l’époque, Françoise Lando, qui me le fit découvrir en 1985 alors que j’étais en classe de seconde à Rome. Et même si je n’en ai pratiquement plus entendu parler depuis, c’est en partie grâce à cette découverte que j’ai orienté toutes mes études autour des sciences économiques et des sciences de l’information. Quelle fut donc ma joie de redécouvrir Nader vingt-deux ans plus tard, juste au moment où j’achevais mes études. La boucle est ainsi bouclée... En effet, à peine achevé mon doctorat, je suis récemment tombé un peu par hasard sur la seule biographie publiée en français, celle de Charles McCarry (Seuil, 1973, Ralph Nader : portrait d’un incorruptible). Je l’ai achetée, je me suis plongé dedans et j’ai découvert avec surprise comment le message initial de Nader gardait toute sa fraîcheur et son actualité, après toutes ces décennies...

Comme nous le rappelle Justin Vaïsse, « Ralph Nader est l’un des rares Américains à avoir vu son nom transformé en concept : le nadérisme désigne la lutte pour la défense du consommateur. Né en 1934 dans une petite ville du Connecticut, de parents immigrés du Liban, il parvient à faire des études à Princeton, puis son droit à Harvard. Devenu avocat, il se persuade que la gravité des accidents de la route est liée à la conception des voitures, qui intègre très peu les considérations de sécurité. Il publie un livre, Unsafe At Any Speed, en 1965, où il attaque particulièrement le modèle "Corvair" de General Motors. Pour se défendre, cette énorme multinationale embauche un détective privé qui se livre à un espionnage en règle de Nader. Découverte, cette méthode contraindra General Motors à des excuses devant une commission du Sénat, et vaudra à Nader une soudaine popularité. Appelé à témoigner au Congrès, il contribue à l’adoption du "National Traffic and Motor Vehicle Safety Act", qui institue une surveillance fédérale de la conception des voitures ; un an après (1967), il influence également une législation sur la qualité de la viande (extrait de La Démocratie au XXe siècle).

Joëlle Penochet complète ce cadre en expliquant comment « réputé pour son intégrité, son immense capacité de travail, sa culture, son talent d’orateur, son humour décapant et sa modestie, Ralph Nader décida en 1963 de dédier sa vie à la défense des citoyens contre la toute-puissance des multinationales qui dirigent le monde. Après voir gagné un procès retentissant contre General Motors, il créa en 1971 Public Citizen, et une centaine d’autres associations couvrant tous les domaines (santé, environnement, énergie, alimentation, sécurité routière...). Ces associations puissantes continuent aujourd’hui de gagner de nouvelles batailles, notamment contre les multinationales pharmaceutiques, agroalimentaires et contre l’industrie du tabac. (...) Ralph Nader est à l’origine de la création de l’Agence de protection de l’environnement (EPA, 1970), des lois sur l’air, sur l’eau et sur la liberté de l’information de 1974. Depuis lors, le simple citoyen et les associations peuvent poursuivre en justice le gouvernement comme les grandes entreprises. Toutes les lois votées dans le monde dans ces différents domaines l’ont été grâce à l’action de Ralph Nader. En 1974, il était classé quatrième parmi les personnes les plus influentes des Etats-Unis, après Richard Nixon et Henri Kissinger. Aujourd’hui encore, il figure dans les trente premières ».

Ralph Nader a ainsi incarné pendant plus de quarante ans le mouvement de protection des citoyens et des consommateurs sans adhérer à aucun parti au pouvoir.

Les « Nader’s Raiders » et les enquêtes citoyennes

Ce qui est passionnant avec Nader, c’est que son action a motivé des centaines d’activistes qui se sont inspirés de lui pour lutter contre la corruption du gouvernement américain. Justin Vaïsse nous rappelle comment cela s’est produit :

« Il appelle à lui à de jeunes diplômés, les "Nader’s Raiders" [littéralement ceux qui mènent des raids, des incursions] qui enquêtent dans tous les secteurs sur les abus de la consommation, et organise plusieurs groupes, dont le Center for Responsive Law (1969) et Public Citizen (1971) qui deviennent des lobbies de défense du consommateur et du citoyen - contre le patronage, le pantouflage, le pouvoir de l’argent en politique et la corruption (Public Citizen se porte partie civile contre Nixon). Les attaques de Nader se concentrent ensuite sur l’industrie bancaire, l’assurance, l’énergie nucléaire, etc. 176 millions de produits sont retirés du marché ou réparés par leurs fabricants entre 1973 et 1981, et Nader a contribué à la création de plusieurs agences fédérales et au mouvement de déréglementation des années 1970 et 1980, ainsi qu’à une plus grande transparence de l’administration. Ses méthodes sont l’influence et la coopération avec les élus (fournir des chiffres, rédiger des lois) ; la mobilisation de l’opinion publique par les médias ; le financement d’enquêtes et de recherches ; et les "class action suits", des actions en justice conduite par un plaignant au nom de toute une catégorie de population ou de consommateurs contre une entreprise ou une administration. »

En effet, comme le souligne McCarry dans sa biographie de 1973, dès que Nader commença à avoir de lui-même l’image d’un leader, la façon la plus naturelle de trouver des "disciples" était de se tourner vers la jeunesse. La jeunesse des années 1960 avait non seulement le sentiment que l’on ignorait le potentiel qu’elle représentait, mais qu’on s’efforçait de l’étouffer. A l’instar de Nader, une grande partie de cette jeunesse ressentait un profond dégoût à l’égard des marchandises et des injustices de la société.

« Les programmes d’été organisés par Nader pour les raiders, ces jeunes gens assoiffés du sang corrompu des grandes firmes, des banques et de la bureaucratie, sont certainement sa plus belle réussite dans la lutte qu’il mène pour soumettre les institutions au pouvoir des citoyens. Les raiders, qui ne sont pas assez vieux pour être autre chose qu’engagés, jouent un rôle important dans sa conception d’une large prise de conscience de tous les citoyens lucides. C’est à travers sa conception de la vérité qu’il veut amener la société à avoir honte d’elle-même et à se réformer. »

Le travail des raiders permit ainsi de publier un nombre important de rapports polémiques très riches, parmi lesquels le premier livre concernant la commission pour le commerce fédéral, une étude sur le système anti-trust ainsi que plusieurs rapports sur la détérioration de la qualité de l’eau et de l’environnement : « Tous ces rapports reflètent le jugement impitoyable de Nader selon lequel le monde des affaires et le gouvernement marchent la main dans la main dans ce système où la cupidité et la tricherie aboutissent à l’épuisement des ressources naturelles du pays. »


Les méthodes de Nader, l’inefficacité de l’action politique traditionnelle et le cinquième pouvoir

Comme nous le rappelle McCarry, Nader prend toujours soin d’accompagner chaque accusation d’une invitation à prendre une action correctrice bien précise : « Il ne se contente pas, par exemple, d’accuser les Chemins de fer de souiller les voies, il le fait dans une lettre adressée simultanément aux ministres de la Santé, de l’Education et du Développement, leur faisant observer que le devoir du gouvernement serait d’interdire une telle pratique. Il ne souligne pas simplement qu’un oléoduc peut exploser, il réclame qu’une loi soit promulguée pour éviter ce genre d’éventualité. »

Mais après avoir passé des années à essayer d’imposer de nouvelles lois, Nader en sort très déçu et change de méthode. Désormais il pense « qu’il est plus important de démasquer les exploiteurs que d’entreprendre une action contre eux. Il a perdu foi dans le type d’action que ce système est capable de mener. La loi elle-même, y compris la loi qu’il a contribué à faire adopter, n’est qu’une source de déceptions. Les lois passent mais ne sont pas appliquées. Les abus ne sont pas supprimés mais détournés vers d’autres terrains d’action. A lutter par l’honnêteté contre les combines et les complots, il n’essuie que des échecs. A une certaine époque, Nader a cru en l’efficacité gouvernementale. Il pensait que l’acharnement des intérêts commerciaux pourrait être contrôlé par des réglementations (une loi pour exiger des voitures sûres ou de la viande saine, des services destinés à protéger les consommateurs...) »

Ainsi, après avoir assisté à de nombreuses magouilles et compromis même avec les lois qu’il réussit à faire adopter, Nader dépassa complètement cet état d’esprit. Désormais Nader « est arrivé à un stade où il pense que ça ne sert à rien de lutter pour une législation réformiste puisque les réformateurs n’ont pas les moyens de faire respecter les lois qu’ils conçoivent. Il voudrait que les citoyens concernés jouent les chiens de garde de leur propre cause. D’après lui, c’est la seule façon d’assurer un fonctionnement correct du gouvernement. »

Le 19 avril 1971, Nader fit une déclaration, ô combien d’actualité, qui devrait glacer le sang de tout militant politique : « On ne peut plus dire que ce dont nous avons besoin, c’est de quelques hommes capables à la tête du gouvernement. C’est dépassé, car même des hommes capables au gouvernement ne peuvent faire fonctionner ses institutions. »

Concrètement, il y a plus de trente-six ans Nader plaidait déjà pour ce qu’il appelait « un pouvoir ad hoc » ou « des sources de pouvoir non institutionnelles ». Il s’agit-là, bien entendu, d’une notion très proche de la notion de cinquième pouvoir (notion qui a été abordée dans un nombre important d’articles sur Agoravox). Ma vision du cinquième pouvoir, est toujours la même. Je continue à penser qu’il s’agit tout simplement du pouvoir potentiel dont nous disposons collectivement en tant que citoyens. Par rapport à l’époque de Nader, il peut, en théorie, se matérialiser plus facilement grâce aux différentes actions que l’on arrive à coordonner ensemble et notamment via Internet, que ce soit sur les médias citoyens, sur les blogs ou encore sur les forums, les listes et tous les espaces de discussion à caractère citoyen.

Nader cherchait un soulèvement des citoyens mais sans que cela se produise dans les cadres du système. Pour ce faire, il a d’une part essayé de développer une multitude de relais auprès des jeunes en créant les Nader Raiders (« Le rôle d’un leader consiste à former toujours plus d’autres leaders », se plaisait-il à rappeler).

D’autre part, il a voulu donner naissance à de nouvelles formes d’action politique et sociale plus vastes, auxquelles n’importe qui pouvait se rallier. Ainsi, il rechercha la possibilité de regrouper dans une organisation de masse les millions de personnes qui croyaient dans ses méthodes qu’il désignait comme les outils de la citoyenneté : « Je veux arriver à ce que les gens se rendent compte que l’activité politique traditionnelle est insuffisante.  » C’est ainsi que Nader créa, entre autres, le Centre pour la sécurité automobile, le Groupe de recherches d’intérêt public (PIRG), l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et une centaine d’autres associations couvrant tous les domaines, et dont la plus célèbre est Public Citizen.

Parmi ces différents organismes, celui que Nader affectionnait le plus, c’était le PIRG, car il exploitait les synergies existantes entre le droit, le journalisme, le combat de rue et la politique - au sens noble du terme. La pratique du PIRG consistait aussi bien à envoyer des pétitions aux services responsables de l’application des lois qu’à faire des enquêtes ou des vérifications sur les travaux de tel ou tel ministère. C’est à partir du PIRG que Nader a pu lancer le noyau d’une organisation d’étudiants à l’échelle nationale qui oeuvrait pour une réforme profonde de la société américaine. Nader créa également un réseau de soutien du PIRG en faisant interagir des équipes interdisciplinaires de scientifiques, d’économistes, de spécialistes en sciences politiques et de juristes.

Avons-nous besoin d’un nouveau ou d’une nouvelle Nader ?

Comme le souligne Justin Vaïsse, « Nader contribue à rajeunir et renforcer le pluralisme américain. En critiquant le pouvoir des groupes ("Tout le monde est organisé sauf le peuple") et en le combattant, en représentant les intérêts horizontaux, diffus, les oubliés de la démocratie américaine, et en leur offrant un lobby, il apporte la preuve que le pluralisme s’autorégule et traduit une réalité : tous les intérêts sont représentés, et leur lutte s’équilibre. »

Ce n’est donc pas un hasard si le sénateur démocrate Dennis Kucinich a dit de Nader qu’il « a démontré que chaque citoyen pouvait influencer le gouvernement en ayant plus d’impact sur les institutions gouvernementales et la vie des multinationales que les personnes en charge du pouvoir  ».

Nader a réussi, sans être dans aucun parti, à imposer un nombre incroyable de réformes aux différents gouvernements. Tout simplement car il a su incarner une sorte de « lobbying citoyen ». Nader est un homme en état de révolte permanente contre les injustices de la société, et il a trouvé les moyens de les combattre grâce à la création de mouvements de jeunes, de rapports d’enquête, de cercles de réflexion, d’associations de lutte et de lobbying citoyen.

Curieusement, à ma connaissance, la France n’a jamais connu un homme de la carrure de Ralph Nader. Il n’est pas certain d’ailleurs qu’il faille aujourd’hui chez nous un profil comme celui de Nader. Plus qu’un juriste acharné avec une volonté en acier et un charisme de leader, il faudrait plutôt un « connecteur » ou une « connectrice » capable de mettre en relation les « forces vives » du pays et d’aller au-delà de la logique des partis.

En effet, il suffit de surfer un peu sur Internet pour se rendre compte qu’il y a des profils incroyables qui mènent des enquêtes ou des combats invraisemblables dont personne n’a même idée, puisqu’ils agissent souvent de manière discrète ou anonyme. Ce sont ces profils qu’il faut détecter, fédérer et mettre en valeur.

A une époque où pratiquement tous les pouvoirs du pays sont dans les mains d’un seul parti, où aucune opposition politique n’existe réellement, il est intéressant de se demander si une telle situation, assez rare et atypique, ne va pas favoriser « l’avènement » d’un ou d’une Nader en puissance... D’autant plus qu’aujourd’hui, les conditions technologiques sont réunies pour fédérer, coordonner et mobiliser des « foules intelligentes  » en très peu de temps... Si nous souhaitons qu’un contre-pouvoir s’installe en France, il est probablement inutile de regarder du côté des partis d’opposition... Si un contre-pouvoir s’installe un jour chez nous, il sera vraisemblablement citoyen et apolitique. Reste à trouver celui ou celle qui saura l’incarner, ou du moins le faciliter...


Pour aller plus loin avec Ralph Nader

Eléments de biographie :

Vidéos :


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72 réactions à cet article    


  • JL ML Jean-Luc Martin-Lagardette 16 juillet 2007 11:09

    Excellent article ! Ce rappel historique et la comparaison entre nos deux pays sont bienvenus.

    Je partage assez le constat de Ralph Nader par rapport au fonctionnement institutionnel. Il ne faut pas attendre, d’ailleurs, d’un pouvoir, de n’importe quel pouvoir, qu’il se décide par lui-même à se réformer et à s’ouvrir à d’autres pouvoirs...

    Or, cette évolution et ce partage sont indispensables pour le bien collectif.

    C’est donc aux citoyens, individuellement et collectivement, de se battre pour pousser aux réformes. Arrive toujours un moment où l’eau portée à ébullition se transforme en vapeur. Et là, l’énergie sortant des cadres se diffuse d’une façon qu’il est bien difficile de prévoir...


    • stephanemot stephanemot 16 juillet 2007 11:24

      Nader a reellement incarne une conscience morale et une certaine idee de la justice aux Etats-Unis a un moment ou ils en avaient bien besoin.

      Dommage qu’il se soit presente en 2000 et plus encore en 2004 : meme sans jouer le meme role decisif dans la victoire finale de Bush, il a refuse de commenter le soutien apporte a sa candidature par le lobby ultraconservateur CSE / Freedomworks... et ce jour la, il a cesse d’incarner l’independance.


      • stephanemot stephanemot 16 juillet 2007 11:43

        Sur le cas francais comme dans la plupart des pays, un tel electron libre devra manoeuvrer habilement pour reellement changer les choses.

        Soit il parvient a creer un reel contre-pouvoir sans ambition politique au sens classique / electoral, soit il parvient a reformer la politique de l’interieur. On retrouve ce debat chez les altermondialistes ou sur la question de l’ecologie politique a l’heure du consensus sur l’urgence ecologique.

        En Coree, Roh Moo-hyun est parvenu a la presidence apres un parcours d’avocat activiste pour le moins atypique. Il a ete investi en federant un nouveau parti autour de lui, mais a fini par se le mettre a dos par ses initiatives deroutantes de franc tireur, echappant de peu a une destitution. Le systeme coreen empechant la reelection d’un president (passe dictatorial oblige) ne l’a pas aide a imposer le changement.

        A l’oppose, un mouvement acephale « grassroot » style MoveOn peine a entretenir la flamme sur la duree.


      • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 12:27

        J’ai été aussi un peu déçu par le fait que Nader se soit présenté aux élections présidentielles de 1996, 2000, 2004 et risque de se présenter à nouveau en 2008. Du coup, sa lutte qu’il a mené entre 1960 et 2000 perd un peu de force et de neutralité.

        En même temps, se présenter aux élections présidentielles américaines est un moyen comme un autre pour que les médias du monde entier s’intéressent à vous. Et puis Nader ne supporte pas la bipolarisation de la scène politique américaine. D’ailleurs en 2004, comme on le lit sur la Wikipedia, "il tient régulièrement meeting à l’université de Yale, devant La Tombe, pour montrer la proximité sociale de John Kerry et George W. Bush, tous deux issus de l’organisation Skull and Bones"....

        Certains l’accusent d’avoir fait perdre Al Gore en 2000 à cause de ses 2,74% de voix. Cette accusation est à mon avis ridicule. Si Al Gore a perdu c’est d’abord qu’il a été incapable de recueillir un consensus plus large. Et ensuite, il faut voir du côté des votes truqués en Floride... D’ailleurs, Bush a été bien réelu en 2004 alors que Nader n’a réalisé qu’environ 0,38%.


      • stephanemot stephanemot 16 juillet 2007 14:43

        Je pense effectivement que les principaux responsables de la faillite de novembre 2000 furent (au-delà de Karl « The Architect » Rove) Jeb Bush, Katherine Harris et Al Gore lui-même, qui se mord encore les doigts d’avoir voulu écarter Bill Clinton de la campagne (avec son colistier Joe Liberman, on a vu des tickets plus excitants).

        Le bipartisme à l’Américaine connait une de ces crises dont il a le secret, et Bloomberg pourrait bien l’exploiter l’an prochain - surtout si Hillary gagne les primaires (pour elle, en revanche, je ne suis pas sûr que le soutien de Bill suffise).


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 juillet 2007 02:48

        Je suppose que Nader ne s’est pas pardonne de ne pas avoie ete candidat en 1976. Il aurait gagne les primaires contre Carter et aurait ete elu... Mais on ne peu pas refaire l’histoire...

        PJCA


      • guillaume 3 août 2007 12:20

        Arrêtez de dire n’import quoi. Nader est un opportuniste médiatique. Il a toujours surfé sur le vague crée par d’autres, et souvent changé d’idée (de façon opportune aussi).


      • JL JL 16 juillet 2007 11:24

        Je partage le point de vue exprimé ici quant à l’inefficacité relative des institutions démocratiques face aux organisations pragmatiques, si vous me permettez cet euphémisme.

        Pour ma part je me contenterais pour commencer, d’un médium capable de propager une information non censurée ni dictée par les lobbies ou les pouvoirs. Agoravox me semble être sur la bonne voie. smiley


        • jrev jrev 16 juillet 2007 11:45

          Agoravox propose-t-il une action pratique à mener pour faire respecter la loi sur les ventes liées en France en ce qui concerne la vente des Ordinateurs et de leurs logiciels d’exploitation ? Nous pourrions commencer par là, car c’est mieux d’écrire l’histoire au Présent à la lumière du présent


          • Le Panda Le Panda 16 juillet 2007 12:09

            Voilà un article de poids, de qualité !

            Il ne peut par contre supporter la comparaison entre deux pays à l’idéologie différente. Du simple sens de ce que « le pouvoir » sur le « contre-pouvoir » peut représenter. Les idées en profondeur sont plus que bonnes, tentez de trouver un Nader en France où en Europe semble aussi difficile que de chercher une aiguille dans une botte de foin. C’est dommage, pourquoi ? Comme le démontre l’auteur, le collectif par de la conception d’un être à multiples facettes, qui regroupe les capacités de tous ceux qui souhaitent s’engager. Nous devons effectivement aller plus loin, nous ne pouvons rien attendre d’un pouvoir. Quel que soit ce dernier, il faut vivre et mettre en place « une herse » qui justement nous protége tous de n’importe quel type de trop de pouvoir. Cela quoi qu’il puisse être dit, écrit, dépend avant tout de la capacité de chacun à le comprendre pour l’admettre et tenter de le mettre en application. Nous nous devons de nous réformer, de nous ouvrir à d’autres formes de pouvoirs.

            Le 5ém Pouvoir n’est pas un mythe, la crédibilité de chacun est en jeu justement pour s’engager, laisser trace.

            Or, cette évolution et ce partage sont indispensables pour le bien collectif.

            Aux citoyens que nous sommes il appartient d’utiliser le 5ém Pouvoir créé de toute piéce par Agora Vox. Arrivée d’une étape, ne signifie pas : victoire. Il faut rendre et prendre acte que nous avons des droits mais aussi : des devoirs et des obligations à des nivaux qui finissent par se regrouper dans le malheur comme dans le bonheur. Ce qui à mon opinion a compromis la montée de Nader, c’est son engagement auprès de Busch. La force que peut réprésenter Agora Vox est de garder toute son indépendance, de ne pas tenter de se rapprocher d’une élite de communication. Pourquoi ? Simplement en observateur et intervenant : AGV posséde en son sein les moyens de mettre en application avec la diversité de tous une véritable position de contre-pouvoir. Je ne peux dévellopper d’avantage un sujet qui doit avancer progressivement, en tenant compte que celles et ceux qui ont des suggestions puissent les exposer. Que différentes « tables » mettent en place l’infrastruture technique, c’est le moins difficile. La valeur de chacun devrait aboutir sur un groupe constructif, indépendant à tous les nivaux, le fait de garder une position libre représente la plus grande valeur. Donner à tous les moyens d’établir de véritables constats sans prise de position autre que la défense de nos véritables valeurs, non celles que l’on tente de nous imposer, à ce stade les prémices du contre-pouvoir verront le jour dans le sens de la liberté pour tous. En évitant de tenter des attaques dans tous les sens. Pour ce faire, il faut une organistion soudée, hommogéne, et mettant chaque partie à sa place en défendant le besoin du consommateur. Merci pour cet excellent article qui demande plus d’engagements de la part de tous.

            On se doit de faire véhiculer nos idées par le merveilleux outil que représente Internet et les technologies qui s’y rattachent, mais il est indispensable d’être chacun à tour de rôle le relais réflecteur de la vraie conception du pouvoir, alors pourquoi pas ici ?

            Le Panda.

            Patrick Juan.


            • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 12:35

              Merci pour ce long commentaire. Bien sûr on ne pas comparer à l’identique la situation de deux pays si différents. Néanmoins, je reste persuadé que l’approche de Nader est riche en enseignements pour la France.

              Par ailleurs, à ma connaissance, Nader ne s’est jamais engagé auprès de Bush qu’il déteste. Ce qui s’est passé en 2000 c’est que certains ont cru qu’à cause de son 2.74% de voix il a empêché Al Gore de gagner. C’est ce que j’explique dans un commentaire un peu plus haut.

              Tout à fait d’accord sur l’importance de l’indépendance.


            • La Taverne des Poètes 16 juillet 2007 12:16

              Cet article est intéressant tant dans le contenu que dans par la philosophie qu’il défend. Mais, Carlo, est-ce un pas franchi vers le déclenchement d’actions concrètes ? En ce cas, on comprend que votre conclusion sonne comme un « Les volontaires : un pas en avant ! ». Et, connaisant la France, vous savez bien l’effet que produit généralement cette injonction à la « 7ème compagnie » !

              - J’ai glissé chef !

               smiley


              • La Taverne des Poètes 16 juillet 2007 12:19

                Mais vous ne le savez peut-être pas. Donc réponse à ma devinette : tout le monde recule d’un pas pour que seul apparaisse en avant-poste le gugus à moitié endormi qui n’a pas su faire appel à ses réflexes !


              • La Taverne des Poètes 16 juillet 2007 12:22

                « Engagez-vous qu’ils disaient ! » (Jean Lefebvre alias Pithiviers dans la 7ème Compagnie)


              • Le Panda Le Panda 16 juillet 2007 14:56

                @ Le furtif

                ton commentaire est tout sauf ébourrifant vu ton profil smiley

                Par contre il demande même à part un plus d’arguments, ce que tu sais si bien faire smiley

                Le Panda

                Patrick Juan


              • T.REX T.REX 17 juillet 2007 11:20

                Entièrement d’accord. Il faudrait que chacun cesse de chercher un leader et le devienne lui même dans sa vie de tous les jours. En clair : lorsque les citoyens prendront enfin conscience de leur responsabilité en tant que « consommateurs » les multinationales et les politiques auront du souci à se faire ; en revanche, puisque la plupart se considèrent comme des victimes impuissantes (alors qu’ils sont les principaux acteurs du film) rien ne changera, nader ou pas. Le principal moteur de l’économie (et donc du pouvoir) est bien la consommation des ménages....Alors qu’attendent les consommateurs mais néanmoins citoyens pour exercer leur pouvoir ?


              • erdar 16 juillet 2007 12:44

                Bonjour Carlo,

                Un article intéressant qui mérite un complément. je ne doute pas que ralph Nader fait parti de ceux qui sont altruiste de nature ayant pour objectif Qualité, Efficience, Optimisation et Transparence pour le citoyen.

                Mais, nous savons que

                La qualité est une affaire de moyen :

                Par exemple, les routes nationales sont 5 fois plus accidentogènes que les autoroutes d’ou la différence de mort entre la france et l’allemagne. Sans oublier que les statistiques ont été modifié dernièrement en france, c’est à dire qu’une presonne qui décède après un accident à l’hopital n’est pas considéré comme un accident de la route. Pas mal, non ?

                L’efficience :

                Par exemple, il est toujours difficile d’obtenir une efficacité surtout chez les fonctionnaires, avec des délais d’attente digne des calendes grecques... Je ne veux pas jeter la première pierre mais je me retrouve souvent face à une inertie face à l’administration. Etrange, non ?

                Optimisation :

                Par exemple, si l’on optimisait les ressources du pays dans le domaine du travail, il n’y aurait plus de réservoir et donc cela fairait monter automatiquement les salaires (l’offre et la demande). Donc si l’on prend un plombier qui a deux personnes à sa charge, il y aurait un autre plombier qui à lui aussi un planning chargé et qui manque cruellement de main d’oeuvre, et qu’il irai débaucher des personnes pour honorer les travaux. Il pourra les débaucher facilement car les client sont prêt à payer bien plus chère que ce qu’il y a sur le marché pour enfin réaliser les travaux. Dure quand même pour le PIB, non ?

                Transparence :

                Là, nous savons que les intérêts stratégiques des différents pays ne peuvent se permettre de montrer leur carte. C’est comme au échec celui qui connaît les coups de l’adversaire à l’avance est sûr de perdre la partie. Pas facile le conflit d’intérêt (voir l’irak ou Total benéficiait de puit dans la région), non ?

                Cordialement

                Erdal


                • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 12:57

                  En relisant l’article sur Nader dans la Wikipedia je viens d’apprendre que :

                  « Il fut aussi le seul candidat qui remis en cause la version officielle des attentats du 11 septembre. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Ralph_Nader

                  Voilà une information qui, si elle est validée, devrait faire plaisir à certains médias. A quand un article sur Nader le conspirationniste... ? smiley


                  • Le Panda Le Panda 16 juillet 2007 13:06

                    Carlo, bonjour

                    Dixit ton intervention :

                    Par ailleurs, à ma connaissance, Nader ne s’est jamais engagé auprès de Bush qu’il déteste. Ce qui s’est passé en 2000 c’est que certains ont cru qu’à cause de son 2.74% de voix il a empêché Al Gore de gagner. C’est ce que j’explique dans un commentaire un peu plus haut.

                    La mienne :

                    Je n’avais pas connaissance de ton premier commentaire. Dans ma conception de ton argumentation je la partage sauf que quelqu’un de l’intelligence peu commune de Nader, savait que son intrusion dans la campagne Présidentielle désavantagerait sans contexte Al Gore, la logique poussée aurait voulu qu’il se retire après avoir exprimé la conception qui était la sienne. Nous connaissons tous la portée d’un engagement dans une campagne. De plus aux U.S.A. à mes yeux Nader n’avait pas besoin de celà pour être crédible, cela a produit l’effet contraire.

                    Le combat que nous avons, nous à mener, reste justement la valeur de l’indépendance par rapport à tous les partis et là, le 5ém pouvoir que porte Agora Vox pourrait faire merveilles.

                    Le Panda

                    Patrick Juan.


                    • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 13:44

                      Je suis pas d’accord avec ce raisonnement tout en sachant que je ne suis pas fan du Nader « homme politique ».

                      Si on suivait cette logique, on pourrait dire que Ségolène Royal a perdu à cause de Bayrou qui aurait mieux fait à ne pas se présenter.

                      En même temps, je suis d’accord avec toi, Nader n’avait pas besoin de cette campagne pour être plus crédible.


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 21 juillet 2007 04:50

                      @ l’Auteur. Considérant les sondages, il aurait fallu que Segolene se retire et laisse Bayrou gagner la présidence au second tour, menant ensuite elle-même une coalition centre-gauche à une victoire facile aux Législatives.

                      Pierre JC Allard http://www.nouvellesociete.org


                    • taktak 14 août 2007 15:07

                      N’aurait il pas mieux valu que ce soit le candidat démocrate qui se retire ?

                      Un type comme nader, honnete etc, avec le soutien du camp preogressiste au USA aurait il pu gagner ?

                      sinon, alors c’est que n’importe qui peut se présenter à la gauche des républicain, et ne sera pas élu...

                      Pour Royal c’est la même logique... à tirer vers le centre, elle a perdu l’occasion d’avoir un projet politique et perdu les élections. le score de Bayrou s’explique par le rejet de la brutalité de sarkoléon et par la nulité de royal. Son influence réelle est plus proche de ce qu’il a fait au legislative.


                    • Yvance77 16 juillet 2007 13:28

                      Trés beau papier sur un homme comme on en aimerait plus souvent en politique.

                      C’est ici néanmoins ou je diffère de M. Revelli, car à un moment tout combat doit s’affranchir d’une certaine lacheté, et il est bien d’aller devant le peuple pour faire avancer ses idéaux.

                      Mais ce qui m’étonnera toujours chez les américains c’est cette capacité à élire souvent les malhonnêtes au détriment de grand homme Nader justement, Al Gore etc ... comment peut-on se priver de se genre de pointure.

                      A peluche


                      • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 13:48

                        Nader a réussi beaucoup plus de choses pendant sa période d’engagement citoyen et consumériste que pendant ses campagnes présidentielles. Nader même ne croit pas du tout dans le rôle du parlement et de la politique en général. A mon avis, Nader utilise la campagne présidentielle comme une vitrine pour faire connaître ses actions au grand public plus qu’autre chose.


                      • taktak 14 août 2007 15:20

                        Nuance, Nader a réussi beaucoup plus de chose dans les années 70, à l’apogé du mouvement progressiste américain.

                        Maintenant qu’il se retrouve seul, il en tire les conséquence en essayant de recreer ce mouvement derrière lui. Il n’est pas tout seul non plus, faire 2 ?5% des voix dans une élection bipolaire, ce n’est pas rien.


                      • Marco Marco 16 juillet 2007 13:50

                        Excellent article !

                        La France aurait en effet bien besoin d’un Ralph Nader. Nicolas Hulot joue déjà ce rôle mais seulement pour l’écologie et la lutte contre le réchauffement climatique, et rien n’indique qu’il envisage d’étendre son combat à d’autres domaines.

                        En tout cas, si un Nader devait surgir sur la scène française, il y aurait fort à parier que AgoraVox n’y serait pas pour rien...

                        Marco


                        • alberto alberto 16 juillet 2007 13:59

                          Bravo et merci, Carlo Revelli, pour cette article qui nous renvoie vers les fondammentaux de la contestation cytoyenne !

                          Oui, vous avez raison, Ralph Nader est un grand bonhomme et a succité nombre de vocations un peu partout dans le monde.

                          Le problème que nous avons en France est celui du « syndrome des tribus gauloises » où des dizaines de mini-Nader bidouillent chacun dans leur coin, qui des actions, qui des pétitions, qui des collectes, à n’en plus finir...

                          Vous avez écrit un mot important : « fédérer ». Oui, alors qui ? comment ? où ?... C’est je le pense une des questions à se poser dans ce contexte. Internet pourra certes aider, mais ce n’est qu’un support.

                          En tout cas, bravo encore et bien à vous.


                          • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 14:04

                            Merci pour les compliments. Pour fédérer, le « QUI » je le recherche aussi comme vous... Et du coup le « COMMENT » devient presque secondaire une fois qu’on a trouvé le bon « QUI »... smiley


                          • bernard29 candidat 007 16 juillet 2007 16:32

                            Allons, allons, le « QUI » est secondaire. Ce qui est primordial , c’est le « Quoi faire » puis « le comment faire », bien entendu.

                            « choisir le chef des citoyens » ou trouver « un grand fédérateur », c’est de la politique et du césarisme, et ce n’est pas tellement horizontal pour des « citoyens connecteurs ». Ainsi, ici à Agoravox, on est farouchement apolitique, et même de plus en plus explicitement anti-institutionnel, n’est’il pas ?


                          • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 17:07

                            Le « QUOI » je l’explique un peu dans l’article en m’inspirant de l’expérience américaine. En ce qui concerne le « QUI » ce n’est pas du tout un chef à la Nader qu’il faut chercher. Cette époque est révolue. Il faut plutôt, comme je le dis dans le texte, un ou plusieurs fédérateurs (ou une fédératrices) capable(s) d’identifier et de mettre en valeur toutes les initiatives citoyennes qui le méritent. C’est justement quelque chose de très horizontal et pas du tout hiérarchique.


                          • La Taverne des Poètes 16 juillet 2007 20:41

                            Carlo, avez-vous déjà une idée définie du type d’organisation ? des noms de personnes qui en seraient les responsables ? Ou des profils du moins.

                            J’attire votre attention sur le fait que la seule fois qu’un triumvirat a été testée en France, un certain bonaparte en a profité...Aujourd’hui Sarkozy a instauré un triumvirat de vices-présidents à la tête de l’UMP pour rester le seul chef. Donc si vous optez pour cette forme de gouvernance, donnez-lui un réel pouvoir et prenez quelqu’un qui sache débusquer et contrer un postulant Bonaparte.


                          • La Taverne des Poètes 16 juillet 2007 20:43

                            Et pardon pour les fautes : « j’ai glissé chef ! »


                          • Carlo Revelli Carlo Revelli 16 juillet 2007 20:55

                            @ Taverne : je n’ai aucun profil en tête et je ne cherche à monter aucune organisation. Je décrit un phénomène que j’essaie d’analyser et j’esquisse des possibilités pour l’avenir. Je ne suis pas du tout à la répartition des portefeuilles... smiley

                            Si les choses se feront, elles se feront d’elles-mêmes car le besoin se fera ressentir...


                          • La Taverne des Poètes 16 juillet 2007 21:45

                            « Si les choses se feront, elles se feront d’elles-mêmes car le besoin se fera ressentir.. » Ah ça c’est du Carlo ! Donc j’ajouterai, espiègle : « éventuellement et, le cas échéant, dans le cas contraire, en tant que de besoin et autant que faire se peut ».

                            Merci pour vos précieuses informations ! Nous voilà bien renseignés une fois encore. smiley


                          • Céline Ertalif Céline Ertalif 17 juillet 2007 00:08

                            Bonjour,

                            La provocation de candidat007 est justifiée. Le fédérateur de ces mouvements citoyens ne peut qu’être très politique.

                            Je suis partagée entre le sentiment de la naïveté de la conclusion de l’article de Carlo R et la nécessité absolue de lui dire qu’il a raison. Naïveté parce que les Verts que je connais bien ont cette fonction de point cardinal d’un grand nombre d’associations citoyennes, et que le PSU avant lui a été le créateur de ce type de parti politique, avec très peu d’effectifs et une influence significative en raison de son introduction dans tous les mouvements sociaux. Cela donne des partis politiques peu efficaces : des militants investis et autonomes, c’est le bordel assuré.

                            La caricature que les Guignols font des Verts est fondée. On peut en rigoler, mais les champions sont tout de même ceux qui veulent de l’action citoyenne « apolitique ». Sacré Carlo !

                            Bien souvent, les nouveaux militants sont les plus virulents, les moins disposés au compromis, les premiers à faire demi-tour à la première contrariété. Je regarde avec intérêt ce que le Modem va faire de ses nouveaux militants, en déphasage complet avec les notables de l’UDF, qui ont maintenant changé de bateau il est vrai.

                            Je suis désolée de dire qu’on n’obtient rien de grand sans agrégation de forces et d’ajouter que cette puissance agrégée a besoin de discipline. Toutes ces associations citoyennes, en Europe comme en Amérique du nord, sont inventives et contiennent des trésors. Mais elles ont aussi en commun un relatif échec.

                            A mon avis, c’est une drôle d’idée d’avoir créé un parti « écolo ». L’écologie est d’abord une science de la nature, de la stabilité et de l’équilibre. Nous devrions plutôt faire un parti « techno » parce que la technologie, au sens originel du terme, est un discours sur la technique à ne pas confondre avec la technique elle-même et que la convergence fondamentale des mouvements citoyens aujourd’hui d’internet au nucléaire, en passant par les brevets les droits d’auteur ou la vidéo-surveillance , c’est la maitrise sociale des techniques qui sont essentiellement humaines et non naturelles, fondamentalement évolutives et sans référence à un état stable naturel.


                          • T.REX T.REX 17 juillet 2007 11:38

                            Personnellement, je pense qu’un grand parti « Consumériste » serait le plus adapté et le plus fédérateur.


                          • maxim maxim 16 juillet 2007 14:29

                            en 1959 -1960 Chevrolet avait commercialisé la Corvair ,jolie voiture à moteur arrière qui avait la facheuse tendance à ne pas tenir la route ..... Ralph Nader a été le premier à faire campagne pour dénoncer les vices cachés de cette bagnole.....

                            et la toute puissante Géneral Motors a fouillé dans la vie de l’ami Ralph ,cherché des defauts dans sa vie privée ,ses faiblesses ,lui a proposé du fric pour qu’il ferme sa gueule ,bref lui a pourri la vie ..... la campagne de Ralph Nader avait portée ses fruits,la belle Americaine s’est vendue comme un pot de chambre à quatre places ,les gens hésitaient à s’encombrer d’une belle bagnole avec laquelle ils risquaient de se planter et qu’ils n’arriveraient pas à revendre .... maintenant curieusement cette Chevy est un collector ..... je crois que cette campagne était celle qui avait fait connaitre Ralph Nader .......


                            • faxtronic faxtronic 16 juillet 2007 22:01

                              exact, et la repression arméé. Le sang coulé au XIX est une clef de la comprehension de la mentalité francaise. Il faut absolument que j’ecrive cette articles sur les revolutions francaise (89,30,48,70)


                            • Céline Ertalif Céline Ertalif 17 juillet 2007 00:16

                              D’accord avec Léon.

                              Et pour défendre la plus élémentaire liberté de publier, je propose de soutenir un des auteurs fétiches d’Agoravox : http://lesoutien.blogspot.com/


                            • N.E. Tatem N.E. Tatem 16 juillet 2007 15:28

                              Salut à tous !

                              UNE OPPOSITION CITOYENNE D’ACCORD, CHERCHONS-LA.

                              LE SYSTEME « ETATSUNIEN » ET SES ACTEURS, DONT AL-GOOR ET NADER, N’EST PAS LE MODELE DE CITOYENNETE D’INSPIRATION HUMANISTE ET UNIVERSELLE. CETTE CITOYENNETE NE S’APPLIQUE QUE POUR LE BUT QU’ELLE CIBLE ET LE CHAMP OU ELLE S’EXERCE.

                              En réalité, et selon mon interprétation de l’histoire, la peur d’une société de consommation à outrance était l’œuvre du socialisme. Finalement cette contestation universelle se retrouve avec ses meilleurs défenseurs aux states, d’après Carlo qui a ses idoles, son parcours et ses idées. A chacun les siens qui dépendent de sa position !

                              C’est Youri Gagarine qui fut le premier homme à explorer l’espace sidéral mais Neil Armstrong lui pique la vedette. Retournement des choses ! Cette Amérique qui nous médiatise Al Goor en matière d’écologie, comme sorti du jour au lendemain d’une boîte magique s’en est un pion avancé sur l’échiquier vert où on en voit peu de ce pays. Ce pays qui prend toutes les bonnes directions de l’humanité dans sa poche. Quand l’humanité ne se fait pas de soucis pour la peine de mort, c’est la joie. On n’en connaît que peu, très peu même d’humanistes pour sauver, des déshérités d’Abou Djamel du couloir de la mort.

                              Avec l’ère d’Internet même le volet citoyen tombe sous la coupe d’une puissance qui a des acteurs de tous les teints, origines et opinions, pour lui faire bonne vitrine. Bien sûr les citoyens qui influent sur les décisions de l’administration (du bureau ovale) n’existent pas, et la loi du résultat des élections gouverne.

                              Le citoyen américain qui a honorablement fait la guerre du Vietnam et s’acquitte de son devoir en Irak, est produit d’une culture. Nader et la version du 11/09 n’est pas une nouveauté. C’est même le propre de l’idéologie « étatsunienne » de tuer l’œuf et non le poussin ou le coq et la poule. Voir la lutte contre la mafia dans ce pays, c’est à l’image des traditions ancestrales du Cow-boy. On utilise aussi la mafia dans les basses besognes du système, même quand sa gestion n’est pas léguée aux immigrants italiens, on mettra l’administration officielle pour l’encadrer. Comme le disait si bien le Franchouillard Gaulois du ghetto français : « sous-fifre » et « garde-chiourme » sont toujours là pour les missions qui souillent trop les mains.

                              Voici le constat pris de l’article de Carlo « La loi elle-même, y compris la loi qu’il a contribué à faire adopter, n’est qu’une source de déceptions. Les lois passent mais ne sont pas appliquées. » 70% américains étaient pour la guerre en 2003, 45% aujourd’hui... montre que c’est une société inconséquente, qui le devient effectivement une fois mise en échec.

                              La préoccupation de notre Carlo est un contre-pouvoir citoyen en France. Il a fait détours bien utile et fort intéressant pour nous et les lecteurs via les states et nous a bien rappelé Nader. Mais là où les enjeux sont plus clairs mais le jeu est complètement biaisé pour ne pas dire truqué.

                              Je me demande pourquoi le veut-on apolitique (sous-entendu non partisan) ? Certes l’altermondialiste s’essouffle en France mais il n’est de nature strictement franco-française, comme son nom l’indique il est mondiale. On fais avec les autres peuples, main dans la main, pas avec le même outil pour seul ton pays.

                              Un contre-pouvoir citoyen via un organe comme agoravox, il faut reconnaitre il y a de la nouveauté en premier abord. Alors censurer la politique ou bien aseptiser, cette sphère, de celle-ci n’est pas une condition de réussite, c’est même tourner le dos aux militants politisés aux potentiels non négligeables en matière d’actions citoyennes et téméraires.

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