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A Marseille, la démocratie s’apprend en s’amusant !

A deux semaines des élections législatives, l’association « Université du Citoyen a organisé un jeu « ludique » « dynamique », et pédagogique pour faire comprendre aux Marseillais notre système démocratique ! Apolitique, l’association est convaincue que l’abstention croissante aux élections locales est due à une méconnaissance des institutions…

Qui a dit que les Marseillais, ou plutôt Marseillaises, ne se déplaçaient jamais par temps de pluie ? Mardi dernier, prés d’une dizaine de dames et demoiselles sont venues assister au jeu « démocratie, comment ça marche ? », proposé par l’association Université du Citoyen, au centre de beauté solidaire Hygia, dans le 13ème arrondissement.

L’hôte n’en est pas à son premier « coup démocratique » ! Pour les présidentielles, Hygia avait lancé l’opération « Voter ça rend belle » : en échange de la présentation d’une carte électorale valide, et d’un euro, la structure offrait un soin de beauté ! Inutile de vous dire, que ça s’est bousculé au portillon…

Cette fois-ci, la démarche de l’invité, l’Université du Citoyen, est différente. « Informatif » et « ludique », c’est par un jeu, que l’association va tenter de « faire comprendre le système démocratique dans lequel nous vivons et rôle de chacun : citoyen et représentants des citoyens », explique Fabrice Amadruz, animateur de l’association. Exit les mots « politique », « droite », « gauche » et touts les autres noms de partis politiques : l’Université du Citoyen se revendique « apolitique ».

Méconnaissance du système = abstention !

« Ca fait 20 ans que l’on travaille sur Marseille et on s’est aperçu, notamment ces dernières années, qu’il y avait de fort taux d’abstention aux élections locales… Et ce taux augmente de plus en plus », constate l’animateur. En 1958, au lendemain de la création de notre Vème République, le taux d’abstention aux élections législatives était de 22% contre 40% en 2007 !

De quoi se poser des questions : désillusion des citoyens vis à vis de leurs politiques ? République vieillissante ? Pour l’Université du Citoyen : « L’une des principales raison est la question de la compréhension, du manque de connaissances (…) C’est un véritable problème de société : on constate qu’une partie des citoyens ne savent pas à quoi sert un conseil général, un conseil régional ou l’Assemblée nationale ! ».

C’est devant un public exclusivement féminin que le jeu démarre… Première séquence : rappeler les fondamentaux de notre République, régime politique adopté par 136 pays sur 193 que compte le monde ! Oubliez les cours théoriques d’éducation civique. « Ce n’est pas uniquement en prenant un panneau que l’on explique », plaisante Fabrice Amadruz.

En petit groupe, les participantes complètent des textes à trous sur les différents pouvoirs, législatif, exécutif, et sur la Constitution. Le pouvoir judiciaire est le grand absent de ce jeu, qui se consacre, aujourd’hui, uniquement sur les institutions nationales.

De quoi rafraichir les souvenirs de Fatima, jeune maman pour qui « les cours d’éducation civique sont bien loin ». Alors se rappeler que le Parlement est composé de l’Assemblée nationale (577 députés) et su Sénat (348)… Que les députés élus au suffrage universel direct proposent des lois et avec les sénateurs, issues des collectivités locales, les votent… Que la Constitution est la loi suprême d’un état qui régit son fonctionnement… Ou encore que les sages du Conseil constitutionnel sont les garants de la Constitution… Ca ne fait pas de mal !

 

Soure : Wikipédia.

 

L’ambiance est bon enfant… Place à la seconde partie de cette journée éducative : la mise en situation des participantes. « On organise des élections, on les faits voter pour qu’une majorité se dégage », poursuit l’animateur. Grace à un triage au sort, c’est la doyenne de la salle qui s’est faite élire Présidente de la République ! « Une première en France, n’est-ce pas ?! », plaisante les joueuses. Les autres participantes sont devenues députées ou sénatrices.

Au tour maintenant, de la proposition de loi concernant les allocations familiales. « On propose des lois, et elles doivent débattre physiquement. Cela donne parfois lieu à des échanges assez vifs », rajoute Fabrice Amadruz. Les femmes argumentent, allant même parfois jusqu’à se couper la parole… Leurs joutes verbales pourraient presque faire penser aux celles de Clemenceau et Jaurès sous la IIIème République !

Citoyen pour améliorer le quotidien

Chacune rentre dans la peau du personnage… Et ce qui paraissait abstrait, trop compliqué pour certaines, disparaît subitement. » C’est comme sur LCP (NDLR : La chaine parlementaire) », relève joyeusement l’animateur ! A la fin de la journée, une fiche est distribuée et des discussions s’organisent pour permettre aux participantes de faire part de leurs impressions. « J’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas… Par exemple sur la Constitution », nous confie Soraya.

« Il manque des espaces où l’on discute de la citoyenneté, de la Politique », assure Fabrice Amaudruz. Le temps de la Contemplation de Platon, de la réflexion sur soi et ce qui nous entoure, des places publiques de débats grecques, semblent bien relever de l’Antiquité ! Il faut reconnaitre, « qu’après le lycée on a pas forcément de rencontre au de débat autour de la citoyenneté, de son fonctionnement ou des élections ».

« Nous voulons créer les conditions de la participations des habitants à l’action publique », lance Céline Gomez, animatrice. Puisque pour l’Université du Citoyen : « l’abstention est un problème : il y a une minorité qui choisi les représentants du peuple ». Des représentants qui prennent des décisions influant sur la majorité !

« Chaque citoyen est une ressource dans l’espace publique, pour améliorer la vie quotidienne de la société. Mais pour être citoyen, il faut comprendre ce qu’est un citoyen, une personne qui a des droits mais aussi des devoirs (…) et qu’il doit chercher l’information », rajoute Fabrice Amadruz.

Pierre Mendès-France, ancien chef de gouvernement sous la IVème République, disait : « la démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement son bulletin dans l’urne (…) puis se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant 5 ou 7 ans(…). La démocratie n’est efficace que si elle existe partout en tout temps (…). Il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens, agissant constamment en tant que tel ». « La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », conclue Fabrice Amadruz .

Sarah Arnaud

Retrouvez également notre vidéo sur News of Marseille


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3 réactions à cet article    


  • eric 26 mai 2012 10:01

    J’ai été voir le site. Encore une officine de gauche a en juger par les partenaires et les intervenants. Présence de l’association de parents d’élève des profs, présence massive de professionnels rémunérés sur fond public du secteur social, etc... Du grand classique. Accueilli par un « centre de beauté solidaire »... ! Cela sentirait assez le simili business qui se cache sous des labels associatifs pour faire de l’évasion fiscale.
    On vient de nous ressasser jusqu’à la nausée qu’il y avait en France 8, 11 Plus ? Millions de gens qui finissent le mois à 10 euro prêt. Malgré le côté extrêmement sympathique de la démarche associative décrite ici et financée sur des fonds publics, on ne peut s’empêcher de penser que tous cet argent serait quand même mieux dans la poche des pauvres.
    Et puis, on ne doute pas qu’ils apprennent aux gens à voter mais aussi pour qui bien voter.
    On est en droit de se demander si ces dépenses portées par le contribuable ont été intégrée aux comptes de campagne de qui de droit.


    • Morpheus Morpheus 26 mai 2012 15:49

      « La démocratie s’apprend en s’amusant ».

      Oui, sauf qu’ici, il ne s’agit visiblement pas d’apprendre la DÉMOCRATIE, mais de promouvoir (ou redorer le blason) du GOUVERNEMENT (prétendument) REPRÉSENTATIF.

      Il est question de lutter contre l’abstention, c’est-à-dire la défection des ÉLECTEURS* face aux urnes. Dans le gouvernement (prétendument) représentatif, en effet, l’accent est mis sur le procédé des ÉLECTIONS, revendiquées TROMPEUSEMENT comme étant la clef de voute de la démocratie.

      Or, il n’y a rien de plus faux ! Par définition - et cela ne fait même pas l’objet d’un débat ! - l’élection est ARISTOCRATIQUE : élire un candidat consiste à choisir (étymologie de « élire ») le meilleur candidat (parmi un panel de candidats imposés par les partis) ; « le meilleur » se dit en grec ARISTOS > l’élection est aristocratique - et non démocratique.

      Toutes les expériences de régimes aristocratiques ont systématiquement donné à court ou moyen terme des gouvernements oligarchiques.

      Nous sommes actuellement, dans tous les pays prétendument démocratiques - depuis les USA jusqu’à la France, en passant par l’Allemagne, l’Italie, la Grèce ou tous les pays « occidentaux », dans des régimes oligarchiques (pouvoir détenu par un très petit nombre de personnes).

      * un « électeur » se différencie d’un « citoyen » en ce que l’électeur vote pour des candidats à qui il « délègue » son pouvoir, tandis que le citoyen vote lui-même pour (ou contre) les lois, décrets, choix politiques et économiques de sa communauté / son pays.

      En fait, cette association prétend lutter contre la désaffection des électeurs face aux enjeux politiques, mais elle ne fait que lutter contre un symptôme sans chercher la cause fondamentale de cette désaffection. Ou plus probablement en refusant de voir la cause en face.

      Ce n’est pas parce que les électeurs ne se préoccupent pas de politique qu’ils désertent les urnes : c’est parce qu’ils comprennent que quelque soit leur vote, cela ne change absolument plus rien dans la gouvernance : ils ont compris qu’ils sont impuissant à changer la politique, parce que le circus politicus qui règne est lui-même incapable de changer le système. Les politiciens, de quelque parti que ce soit (mais plus particulièrement les partis « centriste » - UMP / PS / Verts) - sont totalement impuissants face aux institutions européennes et au dictat des marchés et des grandes institutions bancaires et industrielles.

      Quand l’acte de voter devient insignifiant, son sens disparait, et par conséquent, cela engendre le désintérêt et la démotivation du public pour cet acte. CQFD.


      • citoyenrené citoyenrené 26 mai 2012 18:14

        merci à l’auteur pour cet article

        intéressante initiative

        peut être une approche ludique est elle nécessaire...

        ces mêmes personnes feraient, dans une constituante, un bien meilleur travail que cette constitution monarchique de la Ve République

        belle initiative en tout cas

        une constituante citoyenne, sur un temps long, nous serait plus ardemment nécessaire que d’approfondir nos connaissances de la Ve...la connaissance en serait peut être la première étape, je ne sais pas

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