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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Adoption : pratiques discriminatoires (il)légalement organisées (...)

Adoption : pratiques discriminatoires (il)légalement organisées ?

Ce mardi 22 janvier 2008, la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamne la France pour discrimination à l’égard d’une institutrice célibataire qui s’était vue refuser en 1998 le droit d’adopter en raison visiblement de son homosexualité. Cette décision de la CEDH, qui contraste sensiblement avec l’arrêt qu’elle avait pris en 2002, fait vraisemblablement sauter les verrous de l’adoption d’un enfant par les personnes homosexuelles. Suscitant un tollé attendu chez les plus conservateurs et sans doute quelques interrogations au sein de l’opinion publique, ce verdict de la CEDH met surtout en avant l’organisation de pratiques discriminatoires au cours de la procédure qui permet aux candidats à l’adoption de recevoir l’indispensable agrément.

En 1998, un service d’Aide sociale à l’enfance (ASE) refusait à une femme célibataire le droit d’adopter au motif plus ou moins officiel de l’absence de figure paternelle. Il faut admettre que, sur la base d’un tel argument, on comprend assez mal pourquoi certaines femmes célibataires obtiennent l’agrément et d’autres pas. Il aura finalement fallu dix ans et deux rejets par les instances juridiques nationales pour que l’homosexualité affirmée de la plaignante soit finalement reconnue au niveau européen comme ayant été déterminante de cette décision de l’ASE. En condamnant la France pour discrimination, la CEDH dénonce donc l’illégalité de ce motif invoqué par l’ASE, la législation française autorisant de fait l’adoption d’enfants par les personnes célibataires, figure paternelle ou pas.

Au-delà de la problématique récurrente de la sexualité de l’adoptant, cette affaire met surtout en avant la violation des droits de l’homme (et en particulier celle du principe d’égalité) par les autorités administratives françaises et tout spécialement, dans le cas présent, par les services d’aide sociale à l’enfance. Car il s’avère que les homosexuels ne sont pas les seuls à faire les frais de mesures discriminatoires au cours de la procédure d’agrément, mesures considérées généralement comme socialement acceptables au nom de "l’intérêt de l’enfant". Mais qu’en est-il, justement, de l’intérêt de l’enfant ?

Au cours de la longue et pénible procédure d’agrément, les candidats à l’adoption rencontrent successivement une assistante sociale et un psychologue ou un psychiatre qui procèdent respectivement à l’évaluation des conditions de vie et à l’examen psychologique des personnes. Par le biais de ces entretiens ainsi que par la visite des lieux de vie, l’intimité des candidats est inspectée, passée au peigne fin à la recherche d’éléments susceptibles de faire pencher la balance en faveur ou en défaveur de la délivrance de l’agrément. Tout est fouillé, remué, et tout semble susceptible d’entrer en ligne de compte dans la décision finale. Mais au nom de quelles études scientifiques les mandatés de l’administration jugent-ils que telle ou telle donnée de la vie des personnes concourt ou se heurte aux intérêts d’un enfant qui, jusque-là, n’a pas de parent ? Quelles sont ces études psychologiques ou sociopsychologiques qui montrent qu’un enfant est significativement moins heureux lorsqu’il est élevé sous la responsabilité d’une personne seule ? Et/ou célibataire ? Et/ou homosexuelle ? Et/ou obèse ? Et/ou immigrée ? Et/ou aux revenus modestes ? etc. Aucune, en réalité : les décisions relatives à l’adoption sont le plus souvent prises avec la plus grande subjectivité, au nom d’un ordre moral établi, au nom de "l’évidence"... une évidence selon laquelle deux personnes mariées et aux revenus importants feront de bien meilleurs parents qu’une femme célibataire aux revenus modestes, une évidence indépendante de toute législation et de tout argument scientifique qui piétine allègrement le principe d’égalité des droits entre les citoyens pourtant inscrit dans la constitution française.

Ainsi, au nom de l’intérêt de l’enfant et sous couvert de protéger des individus ayant souffert d’un traumatisme, des mesures discriminatoires seraient prises (il)légalement par les services de l’ASE dans l’indifférence la plus totale. Rien ne justifie pourtant que l’agrément soit accordé à certaines personnes et pas à d’autres à partir du moment où les candidats n’ont commis aucune infraction pénale et qu’ils sont physiquement et mentalement aptes à élever un enfant. Dans l’état actuel des choses, en tout cas, en triant sur le volet les candidats à l’adoption, les services de l’ASE participent activement à la conservation du modèle patriarcal judéo-chrétien et à la perpétuation d’un système social inégalitaire.


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19 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 23 janvier 2008 12:56

    A ce propos on remarquera que la Cour Européenne des Droits de l’Homme est composée de juges représentant l’UE mais aussi l’Albanie, la Russie, l’Ukraine, la Serbie, la Turquie et d’autres encores.

    Les décision de cette cour sont applicables en France car nos députés ont abandonné notre souveraineté.

    Ainsi, un juge Turc ou Serbe décide de ce qui est bon ou mauvais pour nous-autres français.

    Le public devrait comprendre que l’UE est entrain de devenir un pouvoir mondial qui dépasse largement le cadre traditionnel de l’Europe sans qu’on l’ait consulté. Est-ce que votre député vous a prévenu que vous seriez sous l’autorité d’un juge turc ?

    Le danger n’est pas encore trop grave dans la mesure ou l’UE n’a pas d’armée ni de police. Peu à peu cependant nos homme politiques laissent se constituer ces deux corps. Pour l’instant,un président démocrate (par exemple un nationaliste) pourrait encore dire non. Demain, lorsque l’UE aura sa force de police, un tel président prendrait le risque d’être condamné, recherché et incarcéré pour avoir voulu défendre les intérêts des français.

    Voici un lien qui vaut ce qu’il vaut mais qui montre la nature des problèmes auquels nous sommes confontés. http://www.geocities.com/reseauhdj/a/a2costa/palm2.htm


    • Voltaire Voltaire 23 janvier 2008 13:22

      Merci pour cet article, hélas trop juste.

      Les procédures actuelles d’agréments pour l’adoption se font en dépit du bon sens, sur des critères opaues et parfois incrompréhensibles, et certainement pas en fonction de l’intérêt de l’enfant adopté.

      Les couples sans enfants (et dans l’incapacité d’en avoir) de moins de 40 ans constituent l’idéal pour les services à l’enfance, alors qu’on est assez souvent en présence ici d’un très fort désir d’enfant des parents, et non nécessairement de l’intérêt de l’enfant. Curieusement, si vous avez déjà un enfant, surtout s’il est biologique, vous serez fortement déconseillé, voir écarté (même si vous avez donc une certaine habitude d’élever un ou plusieurs enfants...). De la même façon, une personne en couple mais homosexuelle sera aussi discriminée par rappport à une personne seule mais hétérosexuelle... (alors que de nombreuses études ont montré une absence de différence dans l’éducation et l’orientation sexuelle des enfants chez les couples homosexuels, mais aussi, et là je suis en désaccord avec vous, l’intérêt pour l’enfant d’avoir deux parents plutôt qu’un).

      Toutes les personnes adoptantes savent aussi qu’il faut dissimuler aux services à l’enfance toute trace de déviation par rapport à une famille et enfance "normale" : quelque soit votre personalité actuelle, toute déviation sera forcemment retenue contre vous. Cela entraine de la part des candidats des discours stéréotypés, et donc empêche les servces sociaux de déceler les vrais problèmes, puisque l’hypocrisie est de rigueur.

      La position du gouvernement à ce sujet laisse à réfléchir : en raison de la diminution réelle du nombre d’enfants adoptables, le gouvernement préconise maintenant de diminuer le nombre d’agrément à des situations types, ou de n’accorder des agréments que de façon plus restreinte, sous pretexte que donner l’agrément à des personnes qui ne pourront probablement pas adopter au final selon les termes de cet agrément est une tromperie... Soyons clairs, si les personnes adoptantes ne sont pas au courant des difficultés de l’adoption, et ne sont pas prêtes à affronter le parcours du combattant que l’adoption représente, tant pis, mais ce n’est pas à l’Etat de faire cette sélection sur des critères douteux.

      Bien entendu, si vous êtes connu, rien ne vous empêchera d’obtenir un agrément pour un enfant de moins d’un an même si vous avez plus de 60 ans, et même d’avoir votre enfant en deux fois moins de temps que les autres (n’est-ce pas Johnny ?).

      Bref, trop souvent, c’est en effet bien une préconception de la famille idéale, voire l’intérêt de personnes, qui prime sur l’intérêt des enfants, et c’est regrettable, car de très nombreux enfants méritent d’avoir des parents aimants, qui leur donneront leur chance.


      • nephilim 23 janvier 2008 13:27

        ha ha ha ca vous derange mon pauvre petit^^

        mais qui donc a voté pour l’europe^^ autant je suis contre cette europe autant ce qui vient de se passer me fait deja pisser de rire à imaginer vos tetes ; deja la votre "internaut" et de tout les autres qui vont venir hurler au scandale

        A croire que la turquie est finalement moins integriste que nous^^

        je sens que je vais vraiment me marrer à vous lire !!!!


        • brinb666 23 janvier 2008 13:59

          Pas tout à fait d’accord la plupart des pays ouverts actuellement à l’adoption ont signé la convention de La Haye qui donne un certain nombre de garantie sur la propreté de la procédure (Chine, Colombie, prochainement Madagascar, Laos...)

          L’adoption individuelle qui était un peu une jungle du "débrouille-toi comme tu peux" est en train de se résorber et beaucoup de pays qui étaient limite ont fermé (roumanie).

          La corruption se passe plutôt dans des pays fermés à la France mais ouverts aux Etats Unis où ce genre de pratique ne choque pas (la procédure d’adoption n’est pas gratuite comme en France et les organismes sont privés et à but lucratif donc soumis à résultats).


        • Lil_Pims 23 janvier 2008 23:43

          Pfff quand je lis ce genre de connerie ça me fout vraiment la nausée. Ainsi, les homos choisissent de ne pas Faire des enfants mais veulent juste les avoir pcq c à la mode ?? mais faut vraiment etre un connard de première pour débiter ce genre d’aneries. Ce n’est pas mon genre d’insulter les gens comme ça, mais lire ces conneries m’enerve au plus haut point.

          Effet de mode ? c pas pcq brangelina & co décident de reformer l’équipe benetton chez eux que cela discrédite l’adoption. Et je vous ferait remarquer Mr 1-neurone que bien des couples souhaiteraient simplement le droit qu’ont les conjoints de fait de reconnaitre l’enfant de leur moitié qu’ils ont élevé depuis sa naissance au meme titre qu’un beau-parent ! Franchement un pays d’arriéré la France. A tel point que j’hésite à rentrer. Le canada me gonfle par moment maisptain ne serait ce que pour l’ouverture d’espritje n’ai pas hate de rentrer et de réentendre ce genre de connerie toute l’année. Nous sommes entouré, littéralement, le pays bien plus evolués que nous et nous jugeons encore que nous leur sommes supérieur. Allez jvais me repasser L’Hexagone de Renaud en pensant à tous ces abrutis bien pensants fiers comme des coqs incapables de se remettre en question ou d’envisager d’avoir tort.


        • brinb666 23 janvier 2008 13:51

          Pour connaître un peu le sujet ayant moi-même adopté, j’ai quelques précisions :

          En effet il y a une évaluation de l’ASE et d’un psy. L’ASE sert à préciser si le projet est construit et réfléchi (on n’achète pas un écran plat, l’adoption ne se fait pas sur un coup de tête), si le projet est réalisable, on n’adopte pas une fratrie de 4 enfant dans 15 m² avec un smic, bref si l’environnement permet à un enfant de s’épanouir.

          En théorie il n’appartient pas à l’ASE de juger la personne sur sa sexualité ou sa religion sauf bien sûr en cas de pédophilie manifeste ou de satanisme.

          On demande plus aux célibataires en général, non parce qu’ils élèvent moins bien leurs enfant, mais parce qu’il est mieux qu’ils aient de la famille ou quelqu’un qui puisse prendre le relais en cas d’absence, de problème de santé...

          On évite les maladies morbides type sclérose en plaque évolutive ou SIDA parce qu’un enfant ne peut être adopté en adoption plénière qu’une seule fois dans sa vie et qu’il a déjà subi un traumatisme d’abandon.

          De la même manière, on évite les maladies psychiatriques graves.

          Par la suite une commission d’agrément rend un avis qui paut être invalidé par le conseil général.

          Bien évidemment tout celà ne discrimine en aucun cas l’homosexualité qui n’est qu’un mode de vie dont aucune preuve n’a jamais été apportée qu’ils éduqueraient plus mal leurs enfants que n’importe qui voire que ceux-ci aient des séquelles psychologiques.

           

          A savoir en Vendée l’agité du bocage fait systématiquement opposition aux agrément présentés par des célibataires, et ce parfois contre l’avis du conseil de famille (on sait jamais ils pourraient être homosexuels)

           De plus avoir un agrèment ne signifie pas avoir un enfant, la plupart des pays étrangers ne permettent pas d’adoptants homosexuels ou célibataires, et le nombre d’enfants adoptables en France est trop faible pour satisfaire la demande, donc on privilégie les familles ou les gens prêts à prendre des enfants de couleur (puisque c’est ces enfants qu’on a du mal à placer)

          La Chine par exemple refuse de traiter les dossiers d’adoption d’obèses (je ne connais plus le poids max mais c’est surtout les américains qui sont concernés) pour cause de morbidité trop élevée.


          • adeline 23 janvier 2008 17:51

            Seb n’habite pas à Cambrai ? mon povre cela ne doit pas être beau dans ta tête tous tes coms sont pourris de haine


          • Lil_Pims 23 janvier 2008 23:48

            Non mais j’aurais du mal à croire que quiconque te jugerais apte élever qui que ce soit toi ! A moins que d’etre raciste soit considéré moins prejudiciable à un enfant... là, connaissant le dégré de coincé-du-cul en France, ça ne m’étonnerait qu’à moitié cela dit.


          • adeline 24 janvier 2008 17:31

            Monsieur Seb des arguments sur votre haine ???? il suffit de lire vos posts je ne les copie-colle pas

            comme dirait RDP "bien à vous"


          • nephilim 23 janvier 2008 16:56

            seb59:Irait t’on confier des enfants, sans sourcier, a des parents dont on sait qu’ils sont SM, zoophiles, echangistes, exibitionnistes ?

            Quand je vous disais qu’on allait rire^^ voila le 1er comique.

            A garder dans les plus belles réponses de ce debut d’année.

            je rajouterais qu’il est vraiment tres dificile de confier ses enfants si on a pas de "sourcier" ba oui y’a que lui pour trouver de l’eau à nos enfants :)


            • Erwan Lesner 24 janvier 2008 00:19

              Suite aux commentaires des uns et des autres je souhaite apporter quelques précisions quant à cet article, éléments que je n’avais pas souhaité développer initialement mais qui semblent finalement s’avérer importants.

              Je souhaite d’abord rappeler que l’objet de cet article n’était pas les compétences des homosexuel(le)s en matière d’éducation des enfants. Comme cela a déjà été rappelé dans les commentaires, cette problématique titille davantage les conservateurs de la morale que les défenseurs du bien-être des enfants. "Irait t’on confier des enfants, sans sourcier, a des parents dont on sait qu’ils sont SM, zoophiles, echangistes, exibitionnistes ?" Et pourquoi pas ? Il me paraît déraisonnablement naïf d’imaginer que la plupart des parents biologiques sont restés cantonnés au missionnaire... pourtant les services de l’ASE ne retirent pas la garde de leurs enfants biologiques aux couples SM ou échangistes, que je sache. De ce fait on voit mal en quoi les comportements sexuels des candidats à l’adoption concernent l’ASE.

              Dans la même optique, et c’était là mon propos, les critères retenus par les services de l’ASE ne garantissent en rien l’épanouissement psychosocial des enfants (j’y reviens plus bas). Dans l’absolu, si l’on considère que remplir les critères de l’ASE (de préférence un couple marié sans enfant habitant un logement spacieux, possédant des revenus importants, etc.) est nécessaire pour se voir remettre le certificat d’aptitude à élever un enfant qu’on appelle "agrément", alors il devient urgent de réclamer la mise en place d’un permis de procréer remis exclusivement aux personnes qui seraient éligibles à l’agrément afin d’éviter que des centaines de milliers d’enfants soient élevés par des personnes à qui l’on ne confierait pas, par ailleurs, l’éducation d’un orphelin. Cette idée est ridicule, probablement, mais pas davantage que celle qui consiste à décréter que telle ou telle personne est apte à élever un enfant sur d’autres critères que son casier judiciaire et un examen médical de surface. De la même manière, on justifie l’existence de ces critères discriminatoires par le fait que ce soit l’intérêt de l’enfant qui prime et non la satisfaction d’un désir des adoptants. Belle hypocrisie que celle-là : quand des individus lambda font un enfant, ce n’est certainement pas pour l’intérêt de l’enfant qu’ils le font mais bien pour satisfaire un désir personnel... alors pourquoi, lorsqu’il s’agit d’éduquer un enfant sans parent, réclame-t-on aux adoptants d’être plus héroïques que le reste du monde ? Rien ne justifie cet état de fait sinon de travailler à l’autoreproduction de modèles sociaux archaïques.

              Je reviens enfin sur la pertinence de préférer confier un enfant à un couple (indépendamment du sexe des partenaires) plutôt qu’à une personne seule. L’argument selon lequel un couple est le garant d’un relai dans l’éducation de l’enfant en cas de difficultés de l’un des partenaires ne me semble pas pertinent. D’abord, dans notre société qui s’émancipe, il devient de plus en plus prétentieux d’imaginer pouvoir prédire l’avenir affectif d’une personne ou d’un couple, y compris à court terme. De façon caricaturale, il y a même de fortes chances pour qu’un enfant adopté par un couple connaisse la séparation des partenaires alors qu’il connaîtrait peut-être le bonheur de la naissance d’une relation s’il était adopté par un parent seul. Voilà qui met à mon avis du plomb dans l’aile du modèle "deux parents plutôt qu’un". Le relai peut d’ailleurs le plus souvent être pris par un membre de l’entourage socioaffectif (familial, amical) et le fait d’être célibataire ou marié ne détermine en rien la qualité du tissu social et familial qui existe autour de l’adoptant. Le nombre impressionnant de familles monoparentales dans lesquelles l’enfant se développe normalement rend également caduque cet argument de la biparentalité. Personne ne remet en doute la souffrance que peuvent éprouver les enfants au moment de la séparation de leurs parents et le manque qu’ils peuvent ressentir à l’égard du parent avec lequel ils ne vivent pas. Mais, d’une part, nous nous intéressons plutôt aux enfants adoptés pour lesquels la problématique n’est pas la même et pour lesquels le modèle monoparental n’est pas nécessairement plus dommageable que le modèle biparental (ce dernier, contrairement au premier, présentant notamment l’inconvénient majeur de la possible incohérence des informations communiquées à l’enfant). D’autre part, dans une perspective développementale, la solution optimale pour l’épanouissement des enfants n’est certainement pas de les placer au sein de cocons idéaux, aseptisés et surprotecteurs car la construction psychosociale des individus s’opère avant tout par la confrontation aux réalités de l’environnement, et ces réalités correspondent de moins en moins au modèle patriarcal judéo-chrétien. "on n’adopte pas une fratrie de 4 enfants dans 15 m² avec un smic". Eh bien non, justement, cela n’arrive pas, probablement parce que les candidats à l’adoption ne sont pas nécessairement les personnes déraisonnables pour lesquelles "on" essaie de les faire passer, raison pour laquelle ces critères-là ne devraient pas entrer en ligne de compte.


              • nephilim 24 janvier 2008 10:25

                @seb59 a lire vos commentaires le deviant c’est vous et qui sait si vos parents n’etaient pas zoophile voir meme echangistes.A vous lire et d’apres votre definition vous etes en tout cas une tare !!!


              • Christoff_M Christoff_M 24 janvier 2008 01:29

                 c’est étrange tout ce qui ne passe pas dans notre justice ; plaidé plus haut par ceux qui ont les moyens passe par la cour euopéenne !! ça veut dire quoi l’Europe le non respect systématique de la décision d’un état....

                que veut dire l’état dans un système qui contredit ses décisions.... autant abolir toutes les frontières et tout tolérer !!


                • pierre 24 janvier 2008 12:23

                  avant de partir dans des diatribes sur cette europe supranationale qui bafoue notre souveraineté, certains intervenants devraient essayer d’etre moins nul en droit

                  car la Cour européeenne des droits de l’Homme est un organe du Conseil de l’europe et non pas de l’union européenne - les deux ensembles n’ont strictement AUCUN rapport - le Conseil de l’europe, qui s’étend à la Turquie et la Russie et sa Cour sont chargés de faire respecter sur le continent la convention européenne des droits de l’homme qui a été ratifiée democratiquement en 1974 par la France -

                  quant au fond de l’affaire, la Cour a seulement dit que, dès lors que la France acceptait le principe de l’adoption par un CELIBATAIRE - ce que la Convention ne l’obligeait nullement à faire - elle ne peut évidemment pas refuser l’agrément à une femme celibataire pour adopter sous pretexte de l’absence de referent paternel - car à moins de me tromper celibataire veut dire que le gamin adopté n’aura qu’un référent paternel OU maternel mais pas les deux !!!

                  en realité sous ce motif jesuite, l’agrément avait été refusé parce que la requérante était lesbienne (et au passage je le signale, enseignante en meternelle !!) et la Cour considère que dès lors que la france accorde souverainement le droit d’adoption a un ou une celibataire, c’est qu’elle considère bien elle-même qu’il n’est point besoin d’un couple avec papa ET maman pour bien éduquer un enfant - a partir de ce moment l’orientation sexuelle dudit celibataire ne peut plus constituer un critère pertinent pour refuser l’agrément - sauf peut etre pour les fanatiques de Christian Vanneste qui pensent que l’homosexualité ravale au rang de sous homme les malheureux qui en sont frappés !-

                  j’ajoute pour finir que selon moi c’est le principe même de l’adoption par un celibataire qui est critiquable -

                  je crois qu’un enfant a besoin d’adultes equilibrés pour l’aider à grandir et qu’une grande part de cet équilibre passe par une vie amoureuse affective sexuelle stable et épanouie - a partir de là que le couple soit hetero ou homo ne devrait pas faire de différences - le sentiment amoureux est finalement ce qui nous rassemble tous, quel que soit notre orientation sexuelle


                  • Arnaud Mouillard Arnaud Mouillard 24 janvier 2008 12:42

                    Je suis tout à fait pour l’adoption d’enfant par des personnes homosexuelles.

                    J’en ai marre d’entendre à chaque fois le même argument de la part de certains politiques (plutôt de Droite) contre l’adoption d’enfants par des couples du même sexe, à savoir : "Un enfant à besoin d’un père et d’une mère".

                    Pourtant ce n’est pas la cas pour le parent vivant avec une personne qui n’est pas le parent de l’enfant.
                    Idem pour les parents célibataires qui vivent seul, l’enfant n’a pas de papa ou de maman sous le même toit.

                    En France, un célibataire a le droit d’adopter, faudrait il interdire ce droit car il n’y a pas de deuxième parents ?

                    Etant éducateur et ayant travaillé dans la protection de l’enfance, c’est malheureux à dire, mais dans certaines situations il vaudrait mieux que l’enfant ne voit plus son père, sa mère ou bien les deux plutôt que d’être mis en danger ou bien carencés.

                    Les personnes homosexuelles sont comme tout le monde, elles travaillent, payent des impôts, votent, sont élus, mis à part qu’elles tombent amoureuses de personnes du même sexe.
                    De plus, dans leur entourage, les homosexuelles, hommes ou femmes, ont de la famille du sexe opposé, parents, frère, sœurs ou bien des amis avec qui l’enfant aura des liens, ainsi celui-ci n’aura pas uniquement des personnes du même sexe comme repère.

                    Alors pourquoi les homosexuelles n’auraient pas le droit d’adopter des enfants ?

                    Ah oui, l’enfant a besoin d’un père et d’une mère…

                    Arnaud Mouillard - http://hern.over-blog.com


                    • pierre 24 janvier 2008 13:26

                      je voulais juste apporter une précision sur mon post - qd je me dit reservé sur la question d’une adoption par une personne celibataire c’est tiré de mon experience personnelle - je suis orphelin de pere et grandir sans son père, élevé par une mère celibataire et veuve et qui - pour des tas de raisons - l’est restée me fait penser qu’un adulte ne peut pas sans danger pour lui meme orienter toute sa vie vers son enfant - avoir sa propre vie d’adulte est un element qui contribue a faire un bon parent - sans doute ma generalisation est-elle dictée par l’expérience mais en tous les cas c’est un sujet qui demande reflexion - et a tout prendre je crois que la meilleure solution serait que la loi autorise seulement les couples - mais TOUS les couples à adopter


                    • non666 non666 24 janvier 2008 20:25

                      Ha le furtif et seb comme nous sommes en phase !

                       

                      Dur de dire des choses aux lobbies homo d’agoravox qui chassent en meutes vos coùùentaires , n’est ce pas ?

                      En fait on decouvre a l’occasion de cette affaire que la nouvelle declaration des droits de l’homme et u citoyen, qu’on nous avait vendu comme etant le "must" du TCE (et qui n’etait en fait que la 4eme mouture pour nous français) etait deja en pratique et au dessus de nos lois, de nos souverainetés.

                      Definir ce qu’est la "Norme" , le bien etre de l’enfant n’est pas possible si les interets des homosexuels ne sont pas pris en compte.

                      DISCRIMINATION hurlent t’ils et NOS DROITS ?

                      Le droit d’acheter un chien, un chat et un enfant sont garantis dans la future Europe liberale qu’on essait de nous imposer.

                      Sous le pretexte de lutte contre la discrimination tout ne dois plus etre qu’un grand marché.

                      Comme aux etats unis.

                      Sait on seulement que ce qui a fait reculer l’adoption internationale, ce sont justement les comportements marchands des gros cons de yankees qui vendaient a n’importe qui des enfants sur catalogue ?

                      Chacun peut choisir sa sexualité, c’est evident, mais ce qui est est encore plus clair , c’est que quand on prefere les garçon, il est diffile de pretendre qu’on a un projet de conception dans le "projet de couple".

                      On va donc nous imposer des procedures encore plus longue, encore plus onereuse, encore plus inquisitrice et l’on verra les lobbies homos, les lobbies d’instits, les lobbies du show bizz passer devant tout le monde en hurlant "je suis victime de discrimination" .

                      Les droits de l’homme sont devenus une enorme mascarades pour tuer les droits souverains des peuples qui ne le sont plus au profit des interets de tout ce qui detruit les fondamentaux de la société.

                      On tue les "vrais" familles pour homosexualiser la population, heterogeneiser les peuples , creer des marchés et des filieres commerciales.

                      Le retour de manivelle va vous faire mal, je le crains.

                       


                      • Bof 25 janvier 2008 10:04

                        Bonjour  Monsieur  Erwan Lesner (Lille) Jeune (25 ans) psychologue, je m’intéresse beaucoup aux questions sociales et sociétales et en particulier aux problématiques qui concernent la construction des individus par leur rapport aux autres. Citoyen du monde .

                         Ce sujet commence, commence seulement , à me titiller .Je suis en train de lire de vieux livres qui en font mention et comme ils sont rejetés par beaucoup ,ils me semble qu’ils sont à comprendre. Il s’agit des livres d’Alice A Bailey dont "Le retour du Christ " qui doit pouvoir être trouvé à La Braderie à très bon compte et sur internet . On peut comprendre et appliquer la construction des Hommes et des Êtres des autres Regnes de la nature et par ce livre , on approche la construction des individus par rapport aux autres par , disons, " une autre face" . Ainsi, une autre civilisation peut arriver et l’on arrive à comprendre les tergiversations de nos responsables de tous bords . Maintenant , arrive le choix ...et .....le problème du choix car le juste milieu dans ces problèmes semble être un " refuge" bien dangereux et pour les enfants et par la loi de cause à effet pour nous-mêmes.


                        • koanzench koanzench 3 février 2008 17:40

                          I n t e r v i e w

                          « Les gays sont comme des exilés. Soit ils se laissent assimiler, soit ils décident de bousculer les valeurs dominantes. ».

                          Irène Kaufer, 55 ans, a choisi son camp. Lesbienne, jamais inféodée à la Cause. Féministe belge tendance subversive. Du Setca à la revue « Politique ». Chez les Juifs comme chez les gauchistes. Sur la ligne de démarcation, toujours. Pour ne jamais militer en rond. « C’est si gai, la contradiction », dit-elle, amusée. L’adoption homo ? Mitigée. Pas viscéralement contre, mais « pleine de réticences ». Kaufer attaque. « Je me méfie de la tendance « familialiste » qui traverse depuis peu une partie de la « communauté » gay. Ce recentrage sur la cellule « nucléaire » ; cette vision fermée, purement affective et individualiste. Comme si la vie ne pouvait pas avoir de sens en dehors de tout ça ! » Elle n’a pas soutenu le mariage homosexuel en 2003. Elle entrevoit la famille comme « une privatisation de la Sécurité sociale ». Elle respecte l’envie du « home sweet home », mais refuse « l’idée d’un enfant à tout prix ».

                          L’auteur de « Parcours féministe » s’interroge (1) : « On s’est battus pour l’avortement, pour la contraception. On a revendiqué « mon corps m’appartient », « pas d’enfant si je ne veux pas », etc. Trente ans plus tard, que se passe-t-il ? Des lesbiennes courent derrière le progrès, remettent leur corps entre les mains de la médecine et en arrivent à un reconditionnement de la maternité. »

                          D’accord pour sortir les enfants d’homos existants du maquis juridique « au nom de l’égalité et de la reconnaissance sociale », ajoute Irène Kaufer. Moins d’accord pour légaliser l’adoption d’ « enfants à venir ». « Le nombre d’enfants adoptables est déjà tellement restreint. Les risques de marchandisation sont réels. Je suis plus que perplexe. » La régularisation d’enfants nés par insémination artificielle avec donneur anonyme et élevés par un couple lesbien ? « Tout est moins rose qu’il y paraît. Mais c’est mal vu de le dire dans le milieu gay ! Les traitements sont douloureux, les échecs nombreux. Quid du droit pour l’enfant à connaître ses origines ? »

                          Le corps n’est pas à louer

                          Ultime cas de figure : le recours aux « mères porteuses » pour des couples gays avec adoption à la clé. « Totalement contre ! Le corps n’est pas un bien de location. J’ai récemment vu un site internet géorgien qui proposait ce type de gestation pour autrui pour 10.000 euros. Je ne peux pas accepter qu’un couple, homosexuel ou non, ait recours à ce type de pratique. » Pour Kaufer, les gays sont donc comme des exilés. Soit, ils acceptent de « s’intégrer de force », de faire « comme les hétéros » : se marier, fonder une famille, etc. « Des néoconvertis, plus catholiques que le Pape ! , sourit la féministe. Soit ils intérrogent modèle amoureux, sexuel, familial existant ; proposent d’autres modèles de pensée. Par exemple, que deux couples, l’un lesbien, l’autre gay, concoivent ensemble un projet parental. »

                          Le débat en cours ? « Tout monde entend ce qu’il veut bien ! Les « progressistes » se donnent bonne conscience. Mais n’y a t’il pas d’autres priorités ? Faire reculer l’homophobie, la précarité sociale, la discrimination à l’emploi... » Lesbienne tendance subversive, Irène Kaufer ? Sur la ligne de démarcation. Toujours.

                          (1) « Parcours féministe », coécrit avec Françoise Collin, éd. Labor, 2005.

                          http://abandon-adoption.hautetfort.com/homoparentalite/

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