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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Aimé Césaire, le poète de la négritude, est mort

Aimé Césaire, le poète de la négritude, est mort

« Vous savez, on n’est pas impunément noir. Et que l’on soit français - de culture française - ou que l’on soit de culture américaine, il y a un fait essentiel : à savoir que l’on est noir, et que cela compte. Voilà la négritude. » Cet extrait d’une interview d’Aimé Césaire au Magazine littéraire, en 1969, dit beaucoup de la vie du poète.

De sa jeunesse d’étudiant à Paris à son engagement politique en Martinique, Césaire n’aura jamais eu de cesse de défendre « la négritude ». Un concept qui défend les valeurs intellectuelles et culturelles de « l’homme noir », dévalorisées selon lui par le racisme issu du colonialisme.

On ne peut que souligner son œuvre et son message de toute une vie qui vient de s’éteindre à 94 ans. Beaucoup d’articles souligneront la reconnaissance de son travail, d’autres mentionneront les différents lieux qui portent son nom... mais c’est vite oublier l’essentiel :

La plaie de l’état noir est loin d’être refermée. La plaie de la différence, du mépris, du rejet de l’autre est béante.

Dans notre organisation sociale, faite de chronomètres, de rendement, d’apparence et de conflits, quelle place reste-t-il pour de tels combats. Qui aujourd’hui relaie cette parole de sagesse réunissant les êtres humains par un lien d’égalité ?

Peu, prou, voire pas du tout... Hélas !

Les discours formatés, vidés de tout sens humain, de charisme, de don de soi, inondent les ondes à longueur de campagnes.

Les élus ont démissionné, remplaçant l’idéal commun par une avidité de pouvoir. Sans cesse, l’homme a dominé ses semblables, instaurant la peur et la délation pour tracer son chemin sur des monceaux de cadavres.

J’ai parfois honte, honte d’avoir la même nature que ces gens qui se réclament de la race humaine. Humain, cela ne veut rien dire ou, du moins, ce n’est pas le qualificatif qu’on aimerait lui attribuer.

Depuis toujours, le Blanc a massacré le Noir, mais pas seulement, l’Améridien, l’Africain, l’Aborigène, l’Indien.

Partout, il l’a massacré, avili, enchaîné, asservi. Il l’a envoyé à la guerre, au premier rang, au front du front.

Il lui a promis, mais n’a pas tenu.

Il lui a interdit tous les accès et continue de le faire.

Alors, monsieur le Blanc, si ta mère avait été Noire, qu’en penserais-tu ?

Aimé Césaire, le poète de la négritude, est mort


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32 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 18 avril 2008 11:01

    Rendons ici un grand hommage à un homme juste,qui s’est battu pour ses idées et qui restera comme une figure de l’histoire de France

    Peut etre pourrions nous ici lancer un mouvement pour qu’il rentre au Panthéon puisque AGORAVOX se reclame etre le 2éme média le plus populaire en France

     

     


    • impertinent3 impertinent 18 avril 2008 14:08

      Tiens Lerma, pour une fois vous êtes d’accord avec S. Royal : comme elle vous réclamez qu’Aimé Césaire fasse son entrée au Panthéon.

      Là, comme on dit, je crois que vous vous êtes planté grave.


    • Dominique LIN Orange Libre 18 avril 2008 18:08

      Il semble que l’intéressé préfère être enterré sur sa terre natale...

      S’il a refusé le Prix Nobel de son vivant, ce n’est pas pour lui imposer le Panthéon une fois mort.


    • madame_sans_gêne madame_sans_gêne 18 avril 2008 13:38

      "Le Pantheon DOIT accueillir Aimé Césaire..."

      Je ne suis pas certaine qu’il l’ait souhaité.

      Si ma mémoire est bonne, Césaire avait refusé de recevoir Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, en raison de ses positions sur le "rôle positif du colonialisme" et de ses discours sur la "repentance".

      Il avait ensuite accepté, après que Sarkozy, obstiné, lui ait offert son propre livre sur les Religions, en lui offrant son "Discours sur le colonialisme" assorti de cette fantastique dédicace :

      "À Nicolas Sarkozy, cette page d’histoire d’un pays certes, mais significative de l’histoire mondiale, de la lutte des hommes pour un monde nouveau. Le tout dépend de la génération nouvelle parmi laquelle nous reconnaissons Nicolas Sarkozy."
       

      Délectable !

      Qu’il soit persuadé d’être rentré en grâce faute d’avoir décrypté le message que Césaire lui envoyait avec un tel cadeau, ou qu’il prétende simplement ne pas avoir compris, le Président de la République souhaite aujourd’hui s’inviter aux funérailles du poète.

      Cette fois, il ne pourra pas répliquer par une dédicace assassine, ni même par un "touche moi pas, tu me salis". Mais ne doutons pas que les Martiniquais sauront le faire à sa place, s’ils le souhaitent.

      C’est à sa "famille", ou plutôt à "ses" familles, de sang, de pensée, de sensibilité, qu’il revient de décider.

       


    • morice morice 18 avril 2008 11:13

       Il est vrai que Lerma a toujours prêché la tolérance et aucun racisme, lui. La preuve :

      Michel LERMA – Citoyen français
      Actuellement hébergé jusqu’ au 14 novembre 2007 chez
      xx xxxxxx
      Portable xx.xx.xx.xx


      MINISTERE DU LOGEMENT
      ET DE LA VILLE
      Me Christine BOUTIN
      MINISTRE DU LOGEMENT

      Paris le 02 novembre 2007


      Lettre recommandée A/R



      A l’attention de Madame la Ministre ,Madame Christine BOUTIN

      Je viens de prendre connaissance qu’une association reconnue comme d’extrème gauche "DAL" ,qui actuellement instrumentalise une minorité de communautariste africains sur des problèmes de logements n’a pas remis "une liste de noms "« jugées comme prioritaires pour le logement selon les critères de la loi sur le logement opposable » 

      Je fais parti des personnes qui n’ont pas de logements dans mon pays LA France et je vous propose de soumettre mon nom sur la liste, car à ce jour ,je suis un travailleur français, sans logis, sans compte bancaire et sans adresse et je trouve scandaleux de voir des méthodes anti-démocratiques s’imposer par la force devant une représentante de la République afin d’en faire profiter des communautaristes réfugiés économiques dans notre pays qui disposent de problèmes de logements importants et dont les aides sociales à la famille ne correspondent pas aux critères des familles africaines (polygamies, excision sous location de logement hlm………..)

      Madame, la Ministre je vous demande de retenir mon nom sur cette liste en priorité

      Michel LERMA
      47 ans – informaticien (oui !)


      • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 11:26

        Il a vraiment envoyé ça ?? Encore une coutume qu’il a dû pomper chez ses amis SS exilés en Argentine...

        Il a vraiment du passer pour un gros con. Un peu comme sa lettre de motivation qu’il avait envoyé pour être mouchard du net pour Sarkozy... Ils doivent bien se marrer quand même au gouvernement. Petits fours et lettres de lerma au déjeuner...

        Remarque, la destinataire C. Boutin est bien dans la même veine que notre mascotte trolleuse. Elle doit pas avoir un avis très différent de lerma sur la question du logement, des immigrés et des non-catholiques.


      • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 18 avril 2008 12:06

        "Le Pantheon DOIT accueillir Aimé Césaire...C’ est la moindre des choses... "

        Il n’acceuille aucun de nos pères mort sur les champs de batailles en 14-18, mais il devrait acceuillir un poête dont 95% des français ne connaissait pas l’identité, il y a encore 2 jours.


        • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 12:56

          dont 95% des français ne connaissait pas l’identité

          Et d’après vous, c’est de sa faute si 95% (d’où sort-il, votre pourcentage fourre-tout ?) des français ne le connaissent pas ? Non, en métropole, on passe notre temps à embaumer les écrivains people bidons.

          Et figurez-vous que c’est un auteur apprécié de JM Le Pen ("Chez FOG" - 10/02/2007)... Certes c’était peut être un alibi à la con pour grapiller qqs voix de plus.

          Alors votre phrase de provocation à la noix...


        • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 18 avril 2008 15:53

          Tient un con (la merde tu l’as dans tes mains qui ne sont pas capable d’écrire plus de 3 mots sans une insulte) et un raciste (vous l’avez dit vous même en vous vantant de lire Le Pen).

          C’est tout !

          Quand je pense que notre dernier poilu avait longtemps refusé l’hommage national car il considérait que cet hommage revenait à tous ceux qui avait combatu pendant la grande guerre. Et que voilà que n’importe quel gugusse demande à faire rentrer au Panthéon n’importe qui pour peut qu’il soit "célèbre".

          Quand on aura fait rentré au Panthéon, la dépouille ne nos pères (juste un corps suffira pour la représentativité) qui sont morts pour défendre notre patrie, on pourra parler ensuite de faire rentrer des auteurs dignent de représenter la culture française.


        • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 16:07

          Tient un con (la merde tu l’as dans tes mains qui ne sont pas capable d’écrire plus de 3 mots sans une insulte) et un raciste (vous l’avez dit vous même en vous vantant de lire Le Pen).

          Ca c’est le comble et ça passera pas. D’abord, vous êtes le premier à chialer qu’on vous traite de raciste quand vous déblatérez vos saloperies, ensuite vous faîtes exactement la même chose sur les autres.

          Ensuite, et sauf quand on a un esprit étriqué comme le vôtre, on peut très bien se renseigner sur des personnages qu’on n’apprécie pas (en l’occurence JM Le Pen dans mon cas, ce vieux porc tortionnaire).

          De plus, je ne lis pas Le Pen, "Chez FOG" étant une émission télévisée, présentée par Franz-Olivier Giesbert (*), passant sur France 5... Cet épisode de cette émission étant passé peu avant les élections de 2007, chaque candidat ayant été invité à son tour et confronté à 3 auteurs/politicards/autres.

          Fallait demander si vous n’aviez pas compris mon post.

          Je tiens à rajouter que dès qu’on porte le deuil d’une personne de couleur sur Avox, on vous retrouve - comme par hasard - vous et la Waffen (oui ça y est je l’ai lâché, ils se reconn(-étronc ?)aîtront) pour dénigrer le personnage en question.


        • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 16:11

          plus de 3 mots sans une insulte

          Et j’aimerais bien que vous me démontriez où j’ai proféré une insulte. C’est pour "un alibi à la con" peut être ? C’est le "con" qui vous a choqué ? Pourtant avec les crasses que vous nous sortez à chacune de vos interventions, je ne saisis pas.


        • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 16:14

          Ah oui ! Et le "95% des français" aussi. La source m’intéresse si vous pouviez me la donner...


        • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 16:27

          Il me vient un doute à votre propos, je vous ai sûrement jugé vite et d’après mes souvenirs, plutôt vagues. Comme vous venez de le faire pour moi. Donc je tiens à remettre les choses à plat, m’excuser dans le cas où vous ne seriez pas une raclure xénophobe et "chromophobe" (désolé c’est mon point de vue), et recentrer ce que je voulais dire, que j’ai mal formulé tout à l’heure.

          Le vide sidéral médiatique, engendré par le besoin d’information croustillante immédiate et toujours plus choquante, dont nous n’avons rien à foutre (la couleur du string de Carla, le dîner de Nicolas, et autres conneries, ...), provoque l’oubli de certains artistes. Ici en l’occurence Aimé Césaire. Ca a été pareil pour plein d’autres personnalités, dont on fait l’éloge uniquement quand ils sont trépassés. Il faut toujours un minimum de morbide, de sanguinolent ou de croustillant aux journaleux pour qu’ils produisent un artiste.

          Je tiens à ajouter qu’une plume peut faire autant sinon plus pour sa patrie qu’un glaive (oulah, ça c’est mon côté philosophe qui a pris 3 au BAC qui se réveille  smiley).

          Bien à vous.


        • Pi@h 18 avril 2008 12:22

          Parce que vous croyez peut etre que les Français connaissent la majorité des personnalités qui y sont déjà...


          • impertinent3 impertinent 18 avril 2008 14:02

            Moi, ce qui me gêne beaucoup, c’est la récupération dont A. Césaire fait l’objet. Entendre son éloge dans la bouche d’un Fillon ou d’un Sarkozy, c’est à vomir.

            Il font l’éloge de quelqu’un qu’ils n’auraient pas hésité à descendre le cas échéant.

            Ils font l’éloge d’un homme engagé, profondément engagé à gauche et pas d’une gauche caviar à la DSK, Royal ou Jospin (je ne peux pas tous les citer, ce serait trop long), mais d’une gauche révolutionnaire.

            lls font l’éloge d’un homme qui s’est toujours battu contre l’exploitation de l’homme par l’homme, à commencer par l’une des plus grande injustice, le colonialisme et le racisme.

            Ils font l’éloge d’un homme qui rêvait de détruire ce qu’ils rêvent de consolider : le néo-libéralisme, la paupérisation de la plus grande partie de la population. La précarisation du plus grand nombre pour mieux dominer.

            Alors, comme je le disais en préambule, ils sont à vomir.


            • Dominique LIN Orange Libre 18 avril 2008 18:10

              Plutôt que faire l’éloge de Césaire,

              Sarko ferait mieux de se taire...


            • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 15:56

              on ne peut pas faire de sa souffrance personnelle un point de départ artistique car l’art se doit d’être indépendant de sa petite personne.

              Et vous croyez qu’on exprime des émotions et qu’on les fait ressentir à d’autres comment, vous ? Avec une formule chimique ??!! L’art est intrinsèquement lié à l’artiste, à sa vie, à ses sentiments, à ses émotions, à sa "petite" personne puisqu’il en est issu. Beaucoup d’oeuvres magistrales sont issues des pires souffrances et n’auraient jamais existé sans ça.


            • Dominique LIN Orange Libre 18 avril 2008 18:13

              Mettre son art au service d’un tel combat est remarquable

              Se permettre de rabaisser une action de toute une vie au service d’un combat aussi noble et désespéré mérite le respect, ... mais cela ne s’apprend pas, on y est sensible ou pas !


            • madame_sans_gêne madame_sans_gêne 18 avril 2008 21:03

              Si on prend un peu la peine d’étudier les biographies des grands hommes, on remarque qu’ils sont rares à avoir mené une vie sereine : comme tous les hommes, ils ont été blessés, et leur génie consiste à pouvoir exprimer leurs douleurs et leurs bonheurs de façon à ce qu’un grand nombre de personnes s’y reconnaisse.

              C’est l’émotion qui est universelle, pas les sources d’inspiration. Heureusement, car c’est bien l’émotion qui rassemble les hommes dans leur diversité. L’inverse serait bien triste, uniforme et insipide.

              Quoi qu’il en soit, vu le tour méprisant et polémique du post d’ Aegidius, il est clair qu’ il n’ a pas trouvé et ne trouvera jamais le moindre écho émotionnel dans l’oeuvre de Césaire, écrivain et poète "difficile", c’est vrai, mais dont les écoliers martiniquais de toutes les couleurs parviennent toutefois à retenir quelques lignes.

              Pour les autres qui n’ont pas la chance de le connaître ou qui l’ont oublié, pour ceux qui ont déjà passé un Noël antillais ailleurs que dans un piège à touristes, à tous ceux qui n’ont pas de neige pour Noël, à tous ceux qui ont des Noëls tristes et froids, à tous ceux qui rêvent de cocotiers, d’eau turquoise et de sable blanc et découvrent le falaises noires, les vagues meurtrières et les cyclones dévastateurs, pour tous ceux qui n’osent même plus rêver à la carte postale, pour tous mes amis d’outre mer, quelle que soit la couleur et quelle que soit la mer, un petit extrait de "cahier d’un retour au pays natal".

              "Et le temps passait vite, très vite. Passé août où les manguiers flamboient de toutes leurs lunules, septembre l’accoucheur de cyclones, octobre le flambeur de cannes, novembre qui ronronne aux distilleries, c’était Noël qui commençait.

              Il s’était annoncé d’abord Noël par un picotement de désirs, une soif de tendresses neuves, un bourgeonnement de rêves imprécis, puis il s’était envolé tout à coup dans le froufrou violet de ses grandes ailes de joie, et alors c’était parmi le bourg sa vertigineuse retombée qui éclatait la vie des cases comme une grenade trop mûre.

              Noël n’était pas comme toutes les fêtes. Il n’aimait pas à courir les rues, à danser sur les place publiques, à s’installer sur les chevaux de bois, à profiter de la cohue pour pincer les femmes, à lancer des feux d’artifice au front des tamariniers. Il avait l’agoraphobie, Noël. Ce qu’il lui fallait, c’était toute une journée d’affairement, d’apprêts, de cuisinages, de nettoyages, d’inquiétudes,

              de-peur-que-ça-ne-suffise-pas,

              de-peur-que-ça-ne-manque,

              de-peur-qu’on-ne- s’embête,

              puis le soir une petite église pas intimidante, qui se laissât emplir bienveillammen par les rires, les chuchotis, les confidences, les déclarations amoureuses, les médisances et la cacophonie gutturale d’un chantre bien d’attaque et aussi de gais copains et de franche luronnes et des cases aux entrailles riches en succulences, et pas regardantes, et l’on s’y parque une vingtine, et la rue est déserte, et le bourg n’est plus qu’un bouquet de chants, et l’on est bien à l’intérieur, et l’on en mange du bon, et l’on en boit du réjouissant et il y a du boudin, celui étroit de deux doigts qui s’enroule en volubile, celui large et trapu, le bénin à goût de serpolet, le violent à incandescence pimentée, et du café brûlant et de l’anis sucré et du punch au lait, et le soleil liquide des rhums, et toutes sortes de bonnes choses qui vous imposent autoritairement les muqueuses ou vous les distillent en ravissements, ou vous les tissent de fragrances, et l’on rit, et l’on chante, et les refrains fusent à perte de vue comme des cocotiers :

              Alleluia

              Kyrie eleison... leison... leison,

              Christe eleison... leison... leison.

              Et ce ne sont pas seulement les bouches qui chantent, mais les mains, mais les pieds,mais les fesses, mais les sexes, et la créature toute entière qui se liquéfie en sons, voix et rythmes.

              Arrivée au sommet de son ascension, la joie crève comme un nuage. Les chants ne s’arrêtent pas, mais ils roulent maintenant inquiets et lourds par les vallées de la peur, les tunnels de l’angoisse et les feux de l’enfer.
               

              Et chacun se met à tirer par la queue le diable le plus proche, jusqu’à ce que la peur s’abolisse insensiblement dans les fines sablures du rêve, et l’on vit comme dans un rêve véritablement, et l’on boit et l’on crie et l’on chante comme dans un rêve, et l’on somnole aussi comme dans un rêve avec des paupières en pétale de rose, et le jour vient velouté comme une sapotille, et l’odeur de purin des cacaoyers, et les dindons qui égrènent leurs pustules rouges au soleil, et l’obsession des cloches, et la pluie, les cloches... la pluie...

              qui tintent, tintent, tintent..."

              Pas besoin d’être "nègre" pour comprendre ce texte, pas même besoin d’être chrétien... Même pas nécessaire de croire en un dieu. Pas besoin d’être lettré, instruit, diplômé. Il suffit d’avoir été enfant et d’avoir vécu une seule fois une fête sincère, modeste et généreuse.

              Je sais qu’il existe des gens qui n’ont jamais eu cette chance. Aussi, pourquoi au lieu de se barricader dans l’amertume et la défiance, ne décident -ils pas d’offrir aux autres ce qu’ils n’ont jamais eu ?

              Sont-ils à ce point brisés que le seul courage qui leur reste est celui d’agresser ce qui pourrait les questionner, les destabiliser, bref, les émouvoir ?

              Salut l’artiste. Tiens ben rèd.


            • coati coati 18 avril 2008 16:09

              Et le poète de la blanchitude c’est qui ?


              • docdory docdory 18 avril 2008 17:30

                 @ Orange Libre 

                 

                J’ai l’impression qu’on en fait quand même un peu trop à la mort d’Aimé Césaire . Personnellement , j’ai été sidéré que son décès ait été , ce matin , quasiment la seule question d’actualité traitée par France -inter . Cela témoigne encore une fois du décalage profond qui existe entre les médias et ceux qui les écoutent . 

                J’ai demandé à plusieurs personnes de mon entourage s’ils avaient déjà lu du Aimé Césaire . Plus des trois quarts n’en avaient jamais entendu parler , et personne de ma connaissance ( à commencer par moi , bien que j’en avais déjà entendu parler ) , n’a jamais lu une seule de ses oeuvres ! ( Il faut dire que l’immense majorité des gens , lorsqu’ils lisent de la littérature , lisent des romans et non de la poésie , ce qui explique cette méconnaissance ) .

                Alors , laissons donc cet homme être enterré sous le soleil de Martinique , et non dans la fraîcheur austère du Panthéon ! 

                Il serait intéressant qu’Agoravox lance un sondage en deux questions :

                1°) Aviez vous entendu parler d’Aimé Césaire avant sa mort ?

                2°) Avez vous déjà lu des oeuvres d’ Aimé Césaire ?

                 

                 

                 

                 

                 


                • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 17:47

                  C’est ce que je pense et que je dis plus haut mais de façon plus générale. Certaines personnes sont occultées toute leur vie et lors de leur décès, on se rend compte de leur disparition. Peut être qq conséquence psychologique dûe à leur absence soudaine.

                  Je connais pour ma part plusieurs personnes qui adorent Césaire. Mais il est peut être juste que les lecteurs de nos jours sont plus attirés par les romans et les nouvelles, l’air du temps n’étant pas tellement dans la poésie.

                  Et c’est en cela que Césaire me paraît, pour le peu que je connaît, assez exceptionnel : avoir encore cet esprit de poëte qui semble disparaître... comme le fameux cercle.

                   smiley


                • madame_sans_gêne madame_sans_gêne 18 avril 2008 22:03

                  Si on a suivi un minimum l’actualité politique de ces dernières années, on sait que Monsieur le Président s’est fait gentiment tacler par un vieillard martiniquais qui a refusé de le recevoir, et ça rappelait furieusement l’épisode hilarant d’un certain Le Pen qui n’a pas pu rejoindre Fort- de -France.

                  Le vieux martiniquais s’appelait Aimé... quelque chose...- et l’on s’efforçait de conquérir ses grâces, car il est des moments où chaque voix compte, fussent -elles nègres ou intellos.

                  La moindre des choses eut été de se renseigner sur ce sombre vieillard qui infligea un tel camouflet à l’homme providentiel.

                  Ce n’est pas très difficile : une petite recherche internet, un saut chez son libraire-celui qui a lu, pas celui qui vous fait payer des cartes à moins 5% en exploitant des étudiants en "lettres et sciences humaines",et qui vous conseille , une bio, un truc abordable pour commencer.

                  Sinon, pardon mais c’est qu’on s’en fout. 

                  Et on a parfaitement le droit de s’en foutre, mais dans ce cas, on assume.

                  Alors assumez que vous vous foutez d’une bonne partie de votre culture et de vos concitoyens. On ne vous en voudra pas : on se contentera de vous plaindre.


                • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 18 avril 2008 17:35

                   

                  Article qui réagit à l’actualité mais qui gagnerait à avoir plus de consistance, par exemple il conviendrait de situer le contexte des idées de cette personne qui vient de décéder ou du moins essayer de rappeler brièvement ce qu’est " la négritude" afin de proposer aux lecteur sur AgoraVox des éléments de réflexion sinon de débat.

                   

                   

                  Le texte dit : " le Blanc a massacré le Noir, " et aussi le texte dit qu’il est question de défendre " la négritude".

                   

                   

                  Les mots " le Blanc " et " le Noir " désignent donc deux races, mais quelle idée recouvre le mot " la négritude " ?

                   

                   

                  Le mot " négritude " a pour racine le mot " nègre " , mot de langue portugaise, qui est actuellement souvent perçu comme péjoratif en français mais qui en portugais signifie noir. Est-ce qu’en langue française on peut alors utiliser comme équivalents des mots comme " blackitude ", " schwarzitude ", " noiritude " etc ?

                   

                   

                  Par rapport au concept défendu par " la négritude " peut on aussi s’attendre à ce que des citoyens défendent le concept de " la blanchitude " par exemple ? 


                  • docdory docdory 18 avril 2008 17:52

                     @ Martin 

                    Est-ce que ce mot " négritude " n’aurait pas servi de source d’inspiration à Ségolène Royal et son célèbre néologisme " bravitude " ? Ce qui expliquerait pourquoi elle voudrait le faire mettre au Panthéon ...


                  • Nobody knows me Nobody knows me 18 avril 2008 17:58

                    Par rapport au concept défendu par " la négritude " peut on aussi s’attendre à ce que des citoyens défendent le concept de " la blanchitude " par exemple ?

                    Je ne sais pas si on peut trouver une symétrie dans ce sentiment là. En effet, les différentes populations ont eu des histoires diamétralement opposées. Les noirs ayant le plus souvent fait les frais de l’esclavage des "civilisés". On pourrait parler des pauvres daubes de néo nazis qui sont pour une Europe blanche, voire une suprématie des hommes blancs (si si ! y en a qui y croient encore à ces conneries !). Mais le concept ne me semble pas être du tout le même et ne peut être lié à la négritude.

                    Voilà pour nous tous, ce soir on se couchera moins con : Négritude.

                     smiley

                    Bon we


                  • Dominique LIN Orange Libre 18 avril 2008 18:15

                    Martin

                    Le sujet étant développé sur toutes les chaînes ces jours-ci, je me suis contenté d’un avis, d’un commentaire privé.

                    Si vous souhaitez développer, la place vous est grande ouverte


                  • madame_sans_gêne madame_sans_gêne 18 avril 2008 22:36

                    Pour ce qui est de la "blanchitude", vous avez le choix :: De Villier, Le Pen, Hortefeu... J’en oublie...

                    Merci de nous faire partager ici leurs poèmes poignants accouchés de la douleur d’être nés blancs, roses, blonds ou rouquins....

                    AH, dira-t on jamais la douleur de naître blanc dans une famille bourgeoise d’europe occidentale ?

                    Ben, allez-y lesgars : remuez-moi ! Que j’y aille de ma larme.

                    C’est quoi votre blessure à vous ? Les "blanchis".

                    Montrez-la,qu’on puisse la constater, la déplorer et la soigner.

                    SI vous la cachez, ça envenime,ça empire,ça ronge.. Vous nevous en rendez pas compte mais ça vous bouffe de l’intérieur, comme un cancer sournois qui ne vous avertit par la douleur que quand il est trop tard.

                    Allez-y : soyez les poètes de la "blanchitude".

                    Ben quoi ? Y a parsonne ?


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 18 avril 2008 17:54

                    Bonjour a tous

                     

                    Je soutiens l’admission d’Aimé Césaire au Panthéon . 

                     

                    C’est un grand poète et de plus il est un excellent représentant de la minorité visible . même s"il est devenu moins visible .

                     

                    Harry Rosenback étant à TF1 il est bien normal que notre poète antillais soit au panthéon .


                    • Dolores 18 avril 2008 23:50

                      Aimé Césaire était très connu dans les années 50-70, ne serait-ce que pour son rôle d’homme politique : il a été député de la Martinique pendant de longues années.

                      Si les Antilles françaises sont aujourd’hui des départements (97-1 et 97-2) c’est en partie grâce à ses opinions politiques.

                      Mais de nos jours être idéaliste est une tare : ceux qui le sont encore sont considérés comme des ringards sans intérêt . Donc on en parle pas si ce n’est pour s’en moquer. Peut-être est-ce une des raisons qui font qu’en 2008 si peu de gens connaissent Aimé Césaire.

                      Néanmoins Nicolas le petit a cru devoir lui demander sa bénédiction politique : demandons- nous pourquoi il a insisté après une rebuffade que personnellement je juge plutôt humiliante. La réception et l’intervention télévisée d’Aimé Césaire sur les marches de l’ancienne mairie de Fort de France a été des plus ambigüe après que le dit Nicolas se soit déclaré candidat président.

                      Si j’ajoute ce commentaire, c’est que j’ai été choquée par une phrase répétée à qui mieux mieux par les journalistes des JT - et que personne ne semble avoir relevée - qui parle d’ Aimé Césaire comme d’un écrivain francophone.

                      Je suis indignée que des journalistes incultes lui retire, alors qu’il vient de mourir, sa nationalité ; comme s’il était originaire d’un pays étranger ou apatride.

                      Aimé Césaire n’était pas francophone : il était Français. C’était un écrivain français.

                      La Martinique est française depuis 1635 et département depuis 1948.

                      Viendrait-il à l’esprit de ces ignares de dire qu’un écrivain niçois ou savoyard ou corse est un écrivain francophone parce que ces région ne sont devenues françaises quà la fin du XVIII° sièle ; ou qu’’un écrivain d’Aquitaine ou de Bretagne est francophone parce que dans ces régions on parle encore la langue d’oc ou celte ?

                      Noir et sachant parler créole, il ne saurait français dans leurs pettits esprits de racistes ordinaires.

                      Il faut dire que c’est dans les habitudes journalistiques . Il suffit de lire les faits divers !

                      Nous n’avons pas tant de grands hommes, ils pourraient respecter ceux qui nous font la grâce de l’être.

                      Laissons dormir Aimé Césaire au soleil de la Martinique, là où son souvenir sera présent et où il continuera d’être honoré plutot qu’au Panthéon où on se souviendra de lui que lorsqu’un politique considérera que c’est un geste utile pour lui-même.

                      C’est là qu’il est devenu ce qu’il était.

                       

                       


                      • Yohan Yohan 19 avril 2008 10:14

                        le Panthéon. Quelle foutaise. Laissez le sur son Ile. Ses administrés n’en seront que ravis. De toute façon, une fois au Panthéon, les français l’oublieront, alors que chez lui, il ne risque pas cet affront.


                        • itapoa 20 avril 2008 10:55

                          Qu’importe qu’il soit martiniquais.... francais... il a ete universel...et de son vivant il a reclame haut et fort son origine africaine noire...que son ame repose en paix, et que ses paroles. ..ecrits ne soient pas comme l’eau versee dans le sable....mais comme une belle Oasis qui viendrait a la rencontre des ’’ pauvres egares ’’ du desert.

                           

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