Les réactions les plus diverses se manifestent au fur et à mesure que les témoignages se multiplient sur les méthodes de l’Arche de Zoé, mais il faudrait déjà s’interroger sur le nom très inquiétant de cette association.
Le nom d’une association n’est pas neutre, il renvoie à sa raison sociale et surtout il peut en lui-même révéler le projet qui l’anime. Il n’en va pas autrement de l’inquiétante appellation, faussement sympathique, d’"Arche de Zoé". Elle suggère bien entendu une analogie avec la figure biblique de l’arche de Noé. Dans notre société marquée par les préoccupations écologiques, qui exploite la nature tout en valorisant à l’extrême sa préservation, Noé est populaire et est même devenu une sorte de symbole de civilisation. Il a presque remplacé Prométhée. Le "déluge" dont il faudrait aujourd’hui préserver la faune et la nature serait les dégâts causés par la civilisation technicienne.
En détournant l’expression "arche de Noé", les fondateurs de cette association se livre à un détournement très inquiétant : les enfants africains sont en effet implicitement mis dans le même sac que les espèces animales à protéger, ils se confondent avec la faune ou la flore, l’humanitaire est confondu avec l’écologique. La guerre du Darfour est de son côté le nouveau déluge où on se garde d’intervenir sous une forme politique.
Qui ne voit ce qu’il y a de stupide et de dangereux dans ce détournement ? Il s’agit de déshumaniser la solidarité. Elle n’est plus entre êtres humains, mais concerne les êtres vivants, ce que signifie en grec "Zoé". Donc on pourrait imaginer à la limite qu’elle s’étende à des animaux, et que le Boeing de l’association ramène avec 200 enfants africains des gazelles ou des antilopes. Pourquoi pas ? Cela n’intéresse peut-être pas des familles françaises, et elles seraient sans doute déçues de devoir héberger des équidés, mais il y a après tout des zoos.
Mais il y a pire : cet amalgame renvoie d’emblée à une distribution des rôles. Le sauveteur se donne par ce nom le droit de ne pas consulter ceux qu’il doit sauver, considérés comme irresponsables et non libres, et il s’arroge au fond un pouvoir discrétionnaire sur l’opération.
Il serait sans doute exagéré de parler de racisme, mais le mot "paternalisme" se présente clairement à l’esprit pour désigner l’état d’esprit en question. La solidarité suppose le respect de l’égalité des individus, le paternalisme en revanche suppose qu’on ne reconnaisse pas à l’autre une liberté et une dignité égales à soi. C’est exactement ce que fait cette association, en toute bonne conscience, et en abusant de la bonne foi de couples français.

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Je ne vois pas ce que vous avez contre les animaux ?!
15/11 16:09 - T.REXZoé...en terme moins choisi que cet article, lu avec beaucoup d’intéret...ça fait surtout (...)
11/11 21:57 - moebiusBonsoir, Quelque soit le nom de cette association, elle ne mérite pas plus que les quelques (...)
11/11 21:31 - 65beveC’est tout bon ! " alla gar ouk elpis " selon son maître.........
11/11 20:02 - caraïbeMais vous ne voyez pas que "l’anthromorphisme" que vous signalez pose problème justement. (...)
11/11 08:18 - Jean-Paul Doguet
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