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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > « Assistanat social » contre la « guerre »

« Assistanat social » contre la « guerre »

Il est commun d’entendre que le « Revenu de Solidarité Actif, » ou « RSA, » et les diverses allocations sociales, dont celles « Au Logement, » et la « Couverture Maladie Universelle, » ou « CMU, » ruineraient la France ou tout du moins plomberait son économie, alors que c’est tout l’inverse ! Car les 32 milliards que cela coûte à l’année, sont immédiatement captés soit par la grande distribution et le petit commerce de quartier, Total et les fournisseurs de téléphonie, soit, pour les milliards des allocations logements, par les petits propriétaires ou les sociétés privées HLM. Et l’Etat en reprend une part non négligeable par la TVA… 20% ! (Les chiffres de cet article sont arrondis car ils varient d’année en année.)

En effet, qu’en est-il réellement des dépenses des bénéficiaires des allocations ? Vont-ils planquer les 32 milliards en Suisse ou sur un rocher du Golfe du Mexique protégé par des caïmans ? Vont-ils les investir dans le chocolat de Côte d’Ivoire ou le pétrole libyen ?

D’abord l’allocation logement, ce sont rien de mois que 15 milliards par an qui reviennent en totalité aux propriétaires des logements ! Les milliards versés par l’Etat n’enrichissent certainement pas les pauvres et les fainéants, mais bien les propriétaires fonciers, les investisseurs et les hommes d’affaires. Si d’aventure l’Etat stoppait les allocations logements, le cours de l’immobilier locatif s’effondrerait d’autant ! Soit les loyers seraient maintenus à leur niveau actuel mais des centaines de milliers de familles et d’handicapés seraient expulsées faute de pouvoir les payer, soit les loyers s’effondreraient pour rejoindre la réalité du marché !

Prenons le cas d’un homme qui achète à crédit un petit appartement en province 25 000 euros, et le loue généreusement 250 euros par mois à un allocataire handicapé et sans travail, bénéficiaire d’une allocation logement de 250 euros. En dix ans de loyers, son appartement aura été payé à 100% par les allocations logements, tandis que le locataire handicapé sera toujours locataire sous assistanat car le loyer, qui aura augmenté en dix ans, sera toujours trop cher pour lui ! Et en 40 ans, l’appartement aura été payé 4 fois ! Qui donc est le bénéficiaire final de l’allocation d’Etat ? Qui est le « profiteur ? »

Idem pour le RSA. 2 milliards par an que les allocataires dépensent en totalité dans les commerces pour de la nourriture, des vêtements, des couches, du gasoil, de la téléphonie ou des clopes ! L’Etat récupérant 20% de TVA sur le tout, si ce n’est 80% sur le gasoil et les clopes, c'est-à-dire l’équivalent de deux ou trois mois de RSA par an ! Mais tout le reste est récupéré par les commerçants, les assurances, EDF, Véolia, les fournisseurs de téléphonie et d’Internet, etc. Les banques récupèrent également l’équivalent d’un mois de RSA par an, en frais de gestions et intérêts des micro-découverts qu’elles accordent à des taux généreusement prohibitifs et scandaleux pour aider les allocataires les plus pauvres à boucler leurs fins de mois… Un véritable scandale.

Idem enfin pour la CMU, 15 milliards d’euros par an qui sauvent le secteur hospitalier de la faillite ! Car les soins dont bénéficient les allocataires sont payés par la Sécurité sociale au secteur hospitalier et médical, qu’il soit publique ou privé. Les milliards que rapporte la CMU donnent de l’air aux finances de ce secteur au bord de l’implosion. Quant au « trou de la sécu, » il n’est pas dû à un excès de dépenses mais à un défaut de reversement des taxes sur le tabac et l’alcool par l’Etat, qui consacre l’argent à un tout autre commerce, que nous aborderons plus bas.

Rappelons ici que le budget de l’Etat est d’environ 350 milliards et celui de la Sécu d’environ 450 milliards, soit 800 milliards pour 365 jours ! 32 milliards pour des millions de personnes, hommes, femmes, enfants, sans travail, beaucoup de malades, vivant tous sous le seuil de pauvreté, n’est-ce pas le moins… ?

En outre, ces allocations sociales, en plus d’apporter plusieurs milliards par mois au marché intérieur français, permettent aux français qui travaillent de continuer à travailler dans un climat social serein. Sans RSA, les mendiants remplieraient les rues de France et l’on verrait des enfants en guenilles voler aux étals des marchés. Sans allocations logements, en plus de l’effondrement de l’immobilier, nous verrions le retour des bidonvilles dangereux et insalubres, des faubourgs-ghettos et des bas-fonds. Et des tombereaux de « morts de froid » en hiver comme au temps de « l’Appel » de l’Abbé Pierre en 1954 ! Triste retour en arrière ! Sans CMU des milliers de mendiants malades tendraient leurs mains en montrant leurs plaies béantes et leurs sourires édentés à la foule, comme en Afrique, en Inde, ou dernièrement en Espagne et en Grèce. Et ce sera l’explosion des vols, des agressions, des cambriolages dans cette course à la survie que deviendrait la vie en France pour des millions de désespérés et leurs familles sans aucunes ressources. Que deviendraient les banlieues actuellement sous perfusions ? Où en serons-nous du grand banditisme ? Les français qui ont un travail autant que les petits propriétaires devraient réfléchir à deux fois avant de se plaindre qu’on aide trop les pauvres…

« L’assistanat social » coûte 32 milliards par an ? Et bien je prétends que si on doublait ces allocations on relancerait l’économie française de la plus juste des manières car cela profiterait à tous. Les pauvres bénéficieraient d’un accès à la société de consommation et des loisirs dont ils sont tenus à l’écart, (si tant est que ce soit la panacée…,) mais aussi, et surtout, cela profiterait largement aux commerçants et aux propriétaires, aux hôpitaux et aux banques, qui se partageraient cette nouvelle manne mensuelle garantie par l’Etat !!! Qui retrouverait des points de croissance par retour de TVA grâce à cette relance réelle de la consommation ! Est-ce illogique d’imaginer qu’une société progresse à la faveur du développement de sa classe la plus pauvre ?

D’ailleurs c’est tout une partie du débat politique d’aujourd’hui face à la crise financière de l’Etat français… par ceux-là même qui l’ont provoqué ! Rigueur ou investissement ? Et si le choix politique se porte sur l’investissement, dans quel secteur ? Les infrastructures ? L’industrie ? La recherche ? L’innovation ? Débat intéressant et nécessaire mais il semble que la tendance soit à la « rigueur sociale » d’une part, et à l’investissement dans le secteur industriel d’autre part… Refus navrant, idéologique et égoïste d’investir sur les plus pauvres !

Cette inversion des valeurs humanistes les plus élémentaires sur laquelle prospèrent des édiles populistes est une injure à la pensée française. Autant qu’aux valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité que la France prétend porter et représenter à la face du monde...qui n’est pas dupe ! Injure aux valeurs chrétiennes également, dont les élites politiques et médiatiques se font tantôt les chantres tantôt les bourreaux, selon le sens du vent… Un peu comme les romains qui d’abord crucifièrent Jésus, paix sur lui, avant d’en faire un « fils de Dieu chrétien » à leur service, dans un obscur « concile » trois siècles plus tard !!! Ni charitable, ni chrétienne, ni républicaine, ni humaniste, la stigmatisation de « l’assistanat social » est une injure à l’intelligence du cœur autant qu’à celle du portefeuille ! C’est une grosse connerie !

Si les 32 milliards par an « d’assistanat social » ruinent la France, bien qu’ils soient redistribués immédiatement dans l’économie française, pourquoi celle-ci emprunte-t-elle entre 80 et 150 milliards par an pour boucler son budget ? Si 32 milliards « profitent » aux sept millions de français vivant sous le seuil de pauvreté, à qui donc « profitent » les 768 milliards qui restent ???

Et combien la France reverse-t-elle d’intérêts aux « banques internationales » chaque année ? Rien de moins que 45 milliards d’euros par an seulement pour les intérêts de la dette !!! C'est-à-dire quasiment la moitié de ce qu’elle leur emprunte chaque année !!! N’est-ce pas un formidable tour de passe-passe ? Une formidable arnaque bancaire au niveau d’un Etat sur le dos du peuple qui paye l’impôt ? Je tiens à dire ici qu’un gouvernement incapable de gérer la France avec un budget de 800 milliards d’euros pour 365 jours, est un gouvernement suspect de démence ou de corruption. Et que la stigmatisation du coût des pauvres et des immigrés n’est qu’un vulgaire attrape-nigaud, un enfumage, pour cacher au peuple la défaillance, la corruption et le pillage généralisé des « élites ! » C’est un peu trop facile de dire que la crise est de la faute aux 32 milliards consacrés aux plus pauvres… C’est faux, démagogique et lamentable.

Mais toute cette réflexion est utopique et vaine car l’humanité a choisi une autre voix que l’humanisme, l’entraide et la modération dans ses appétits. La France est corrompue jusqu’à la moelle et la société matérialiste de la consommation et des loisirs est un naufrage moral. On prête à Malraux de nous avoir averti que le 21ème siècle « sera spirituel ou ne sera pas, » et l’on voit bien sur quel chemin nous sommes lancés à toute vapeur !

La guerre ! La guerre ! La guerre ! On pointe sans rougir un doigt accusateur sur les allocations dont « profitent » les pauvres, mais on détourne le regard des centaines de milliards jetés dans des guerres abjectes provoquant la mort et l’effondrement de tout un pan de l’humanité.

Le budget militaire français est « officiellement » de 30 milliards d’euros par an, auquel il faut ajouter une part du budget du ministère des affaires étrangères, une part du budget de la « coopération » en Afrique, une part du budget de la recherche spatiale et nucléaire, et une part du budget du ministère de l’Intérieur qui gère le renseignement, etc. Sans oublier le budget du ministère des anciens combattants ! Ce qui nous conduit plus près du chiffre de 50 milliards par an consacrés directement ou indirectement à la guerre… Auxquels on peu encore ajouter les « lois de programmations » aux budgets inexistants et l’économie souterraine des ventes d’armes, du pétrole et de la drogue, et les participations en capitaux dans des industries d’armements. Que la France ne s’étonne pas si elle apprend un jour que les guerres contemporaines lui ont plutôt coûté entre 80 et 100 milliards d’euros lourds par an ! (600 milliards de francs !) Et qu’elles ne rapportent rien d’autre que la destruction de l’Orient et la ruine de l’Occident. Et si l’on considère que la France est en guerre depuis la première guerre du Golfe en 1991, cela fait 25 ans que ça dure…

Les français se plaignent de devoir serrer la ceinture mais ils votent et ils revotent pour des hommes politiques qui ont jeté 2 500 milliards d’euros dans la guerre en 25 ans ! Plus que ce que représente la dette totale française sur la même période… Quand donc les français réfléchiront ???

Au seul profit des vendeurs d’armes et de pétrole ! Car cet argent de la guerre, comme celui du RSA, n’est pas perdu pour tout le monde… Il ne se volatilise pas… Il est redistribué entre marchands d’armes et de pétrole à qui l’Etat passe commande ! Des entreprises privées d’armes et de pétrole en partie propriétés de banques privées « internationales » qui prêtent l’argent à l’Etat français pour acheter des armes et du pétrole pour faire la guerre ! Il faut donc encore ajouter une grande partie des « intérêts annuels de la dette » sur la facture et le budget global de la guerre ! Oui, les français qui fustigent le RSA sont des aveugles qu’on enfume !

Einstein n’était pas qu’un scientifique génial inventeur de la bombe nucléaire, il était surtout un grand pacifiste et antimilitariste radical. Au point de refuser d’être le premier président israélien en 1948, compte tenu de la violence par laquelle ce soi-disant « Etat » s’était construit, bien qu’il l’ait lui-même appelé de ses vœux de juif-allemand en exil. La théorie d’Einstein la plus utile à l’humanité n’est pas celle de la « Relativité » mais bien plus celle de la « Démilitarisation des Etats. » Est-ce illogique ? Pourquoi Einstein n’est-il plus un géni dès qu’il parle de briser les reins des marchands d’armes pour le bienêtre de l’humanité ?

Les français devraient se retourner sur leur propre histoire et celle de la civilisation occidentale. Combien d’empires se sont effondrés à cause de leur fuite en avant dans la guerre ? Rome ! Royaume de Jérusalem ! Bonaparte ! Hitler ! Empire colonial français ! Que peuvent donc attendre les français des guerres contemporaines de l’OTAN en Orient, si ce n’est la ruine, la mort, la destruction et la chute de leur âge d’or ? 

Je veux conclure ce vain rappel à la paix et au partage par ce qui devrait être une lapalissade : Les « allocations sociales » sont un pilier de la paix sociale et civile et un motif de progrès et de civilisation qui devraient être augmentées, tandis que les budgets de la « Défense » sont un pilier de la guerre et de la corruption qui devraient être diminués, voir annulés totalement selon la meilleure théorie d’Albert Einstein...

A chacun de choisir ce qu’il veut promouvoir et ce dont il veut jouir pour ce siècle. Ce n’est pas tout de se frapper la poitrine en pleurant sur la Shoah d’il y a 70 ans, à chacun de prendre sa responsabilité d’être humain devant les guerres dévorantes de son siècle. Collabo ou résistant aux crimes de guerre et contre l’humanité de l’OTAN ?

Ceux qui feront le choix de la paix, devant les hommes comme devant Dieu, doivent alors réfléchir sérieusement à la voie Gandhienne de la « non-violence-active, » qui passe par l’abstention, la grève de l’impôt et la désobéissance civile tant que durent la guerre et ses faramineux budgets. Une sorte de refus politique et moral de la guerre est nécessaire pour l’avenir de ce siècle.

Ceux qui feront le choix de la paix doivent aussi et surtout aider les pauvres qui les entourent, car le véritable progrès passe par la paix et l’entraide sociale... C’est aussi important de s’opposer à la guerre que d’agir concrètement pour la paix en soutenant, entre autres choses, le progrès social des plus pauvres au quotidien. Aider un pauvre de son quartier à sortir de sa condition est un véritable levier de paix et de progrès pour la société, sortir un homme ou une famille de la pauvreté est un formidable pari sur l’avenir mieux que de larguer des bombes à l’uranium de 400 kilos sur les villes d’Orient et d’Afrique, jetant des peuples entiers sur des boat-peoples !

« Réussir sa vie » tient peut-être plus dans l’aide à son prochain que dans l’acquisition d’une Rolex payée par de l’argent public, c’est en tout cas, à mon humble avis, le moyen le plus sûr de laisser à l’humanité un héritage positif et un exemple sensé au-delà de sa mort ! La vie, la mort, ce sont des choses sérieuses… Bénis soient les bienfaiteurs de l’humanité. Maudits soient les guerres et ceux qui les financent.

 

Vincent Després Levard


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15 réactions à cet article    


  • gogoRat gogoRat 24 avril 2015 14:34

    « ...
    En faisant retentir les cris de votre orgueil
    Mais vous n’y sèmerez que la ruine, et le deuil ... »
     
     
    Pour faire le beau, le gentil, le généreux, le compassionnel, nous payons le moins cher possible les produits autant que la ’main d’œuvre’ qui nous arrivent de contrées lointaines
     à tel point qu’on en arrive à un commerce triangulaire inversé : nous importons ( pour entretenir dans le ’bas-peuple’ une frénésie consumériste ) de la pacotille venant d’asie, nous envoyons paître nos ingénieurs et nos thésards au plus loin en espérant décrocher en retour des ventes de Rafales ou de centrales nucléaires ... emballés dans le savoir-faire et les brevets nationaux si jalousement et patiemment acquis jusqu’à hier ...
     Alors qu’il est bien plus difficile de se contenter de rester honnête avec un prochain physiquement et socialement proche : un concurrent, un rival potentiel ...
    le
     Rappel :
     l’égalité à laquelle prétend notre devise nationale n’’est pas une égalité « des chance » (! !!)
    mais une égalité en dignité et en droit 
    ( Tout le contraire des statuts spéciaux de nos officialisés importants qui se voudraient jalousés par une fange -pourtant artificiellement entretenue- de celles et ceux qui sont écartés pour laisser travailler proprement ces faiseurs de dettes,de déficit et de chômage-repoussoir-pour-l’excellence-aristocratique )

     Nota Bene :
     pas d’acrimonie ici, malgré les a priori prévisibles ,
     juste un regard critique et, à la longue, presque amusé sur un spectacle gratuit et permanent de comédie humaine (Tant quon ne meurt pas de cette représentation, mieux vaut en rire qu’en pleurer ! )


    • philippe913 24 avril 2015 14:40

      je me suis (presque) arrêté à l’appartement de 25000€ loué 250€ par mois, soit 12% de rendement brut. Pourriez vous me dire dans quelle ville on trouve ce genre de rapport ? je suis très intéressé.

      Pourquoi traites vous la destination des dépenses sociales et militaires différemment ??
      Vous dites, les dépenses sociales reviennent dans l’économie : consommation courante, logement etc. Mais pour les dépenses militaires, il en est de mêmes, les traitements de militaires et les achats de matériels font du pognon qui retourne dans l’économie non ?

      Vous dites que doubler les allocations relancerait l’économie ? pourquoi s’arrêter là ? triplez, quadruplez, décuplez ! on aura une superbe économie du coup non ?

      votre discours est des plus navrant, ignorant superbement plusieurs principes fondamentaux d’économie. mais bon, vous vous en moquez, vous n’êtes là que pour de la propagande, pas pour de la vérité.


      • zahoda zahoda 24 avril 2015 15:19

        @philippe913

        pour les bons coups immobilier comme celui-là il faut aller dans les villes sinistrées qui ont le double avantage d’avoir un immobilier très bas et une population sous perfusion d’allocation. Ainsi à La Grand combe, dans le Gard où j’habite, ancienne citée minière abandonnée dans les années 80. 20 000 habitant avant et 8 000, dont 5 000 retraités aujourd’hui.

        Je ne traite pas la redistribution des allocations sociales comme le budget de la défense, car les bénéfices de la guerre ne reviennent pas aux soldats mais aux industries privées et internationales. Oui, une partie du budget de la guerre est distribuée en salaire et pensions et donc participe à l’économie intérieure, ou de même quand la gendarmerie s’équipe en Renault, mais c’est une infime partie.

        Il est clair qu’il vaudrait mieux économiser le budget de la guerre et augmenter les prestations sociales pour développer l’économie et la société. Autant de fois que vous voulez, mais attention, caricature ne vaut pas argument...

        Pour de la propagande ? Oui, pour la paix et contre la guerre... ça vous dérange ?

      • oncle archibald 24 avril 2015 19:40

        @philippe913 : l’auteur qui a pourtant observé que la France vit en déficit et emprunte pour boucler son budget n’en tire pas la conclusion qui s’impose. Quand il écrit « Si les 32 milliards par an « d’assistanat social » ruinent la France, bien qu’ils soient redistribués immédiatement dans l’économie française, pourquoi celle-ci emprunte-t-elle entre 80 et 150 milliards par an pour boucler son budget ? » il ne voit pas que les 32 milliards que l’on redistribue sous forme d’allocations diverses seront à rembourser comme d’autres à nos créanciers et donc que ce sont une fois de plus les générations futures qui vont régler l’addition …..


        Bien entendu il faut aider ceux qui en ont besoin, c’est la base d’une vie en société apaisée, mais prétendre que c’est cela qui fait tourner la boutique … Comme vous le relevez très bien, Philippe, décuplons les subventions et tout ira pour le mieux … Sauf que à force de matraquer ceux qui travaillent ils seront tellement peu nombreux ceux qui remplissent le tonneau des Danaïdes et la dette sera devenue tellement importante, que plus personne ne voudra continuer ce jeu de dupes. 

        Ca n’est pas pour demain, on y est déjà ! Les jeunes entreprenants et bosseurs qui ont envie de profiter un peu de ce qu’ils gagnent à la sueur de leur front se barrent et vont travailler hors de France. Ils en ont marre de la tondeuse. 

        La solution ça ne sont pas les allocations, qui devraient rester l’exception, la solution c’est un boulot rémunérateur pour tout le monde, des salaires qui permettent de vivre, et une économie en équilibre. Mais c’est moins « vendeur » pour nos politiques qui rêvent de réélection et vont racoler des voix dans les cités à grands coups de promesses démagogiques et de mensonges éhontés.


      • zahoda zahoda 24 avril 2015 19:57

        @oncle archibald

        J’essaie de prendre le problème à l’envers en considérant que ce sont les budgets de la guerre qui obligent à l’emprunt et à la ruine de notre système. Le travailleur qu’on tond n’est pas tondu par les pauvres, là est le jeu de dupe, à mon avis.

        Vous partez du postulat que les 32 milliards de prestation sociale, sur 800, font partie de l’emprunt, mais pas du tout, ils font partie du trésor publique. L’emprunt est généré par les grands projets, les porte-avions et sous-marins nucléaires, les rafales et les chars Leclerc, etc.

        D’ailleurs vous-même reconnaissez que les politiques font preuve sur le sujet de démagogie et de mensonges, mais ils disent justement que les prestations sociales, sans parler des retraites, sont une charge... et s’abstiennent tous de parler des budgets de guerre... même les écolos étaient pour le bombardement de la Libye à l’uranium !!! Bombardement qu’un général de l’armée de l’air qualifia de « plus gros bombardement de l’histoire de l’aviation française, » soulignant juste après que les dépôts étaient vides et qu’ils fallait les remplir...



      • oncle archibald 25 avril 2015 15:53

        @zahoda c’est complètement puéril de penser que « cette partie là » du budget est couverte par les recettes fiscales et « cette autre ci » est couverte par l’emprunt. Le budget est un tout, et l’emprunt est utilisé pour tout ce que l’impôt ne permet pas de couvrir, donc compris les prestations sociales, compris les salaires des fonctionnaires, compris l’entretien des routes, et compris bien entendu le budget de l’armée, plus que jamais nécessaire dans ces temps troublés.


        Que les politiques gèrent mal le budget, j’en suis certain. Dire qu’il faut supprimer le budget de l’armée je suis certain aussi que c’est une grosse connerie. Je réitère mon affirmation précédente : la solution c’est un boulot rémunérateur pour tout le monde, des salaires qui permettent de vivre, et une économie en équilibre. 

        Se faire acclamer dans les meetings de campagne que les entrepreneurs sont tous des salauds et des exploiteurs, qu’on va les faire payer et distribuer leur pognon à tout va, c’est facile et ça ramène quelques voix … Mais une fois élu, on fait mine de s’étonner que les entrepreneurs à qui on a promis la tondeuse trainent les pieds pour investir et embaucher …. 

        Sans entreprises pas de production et sans production ni salaires ni prestations sociales. C’est étonnant que ça ne rentre pas dans la tête des gens tellement c’est évident. Attendre la croissance, cette espèce de féee qui remet tout en ordre ?? Utopie ! Dans nos pays riches et bien équipés c’est fini la croissance. Elle a changé de camp : c’est désormais dans l’hémisphère sud qu’il y a la croissance …. à condition qu’on ait encore de quoi acheter leurs produits dans l’hémisphère Nord !

        Bref c’est très compliqué et votre article est simpliste. Totalement d’accord avec Philippe pour dire que « votre discours est des plus navrant, ignorant superbement plusieurs principes fondamentaux d’économie. mais bon, vous vous en moquez, vous n’êtes là que pour de la propagande, pas pour de la vérité. » 


      • zahoda zahoda 25 avril 2015 19:36

        @oncle archibald

        vous devriez lire le commentaire de Gogorat ci-dessous pour vous rendre compte que votre affirmation : « du boulot bien payé pour tout le monde » rejoint un sujet sérieux d’étude pour les sociétés modernes, le « revenu universel. » 

        Bien que cette affirmation ne soit pas la solution mais plutôt l’explication du problème : il n’y a pas de boulot pour tout le monde ! C’est comme si vous disiez que la solution pour quelqu’un de perdu au milieu du désert, c’est de boire de l’eau ! 

        Une fois que le problème est situé, il faut chercher deux sortes de solutions, celle qui règle les effets néfastes du problème, et une autre solution pour sortir du problème. 

        La solution pour l’homme perdu dans le désert c’est d’abord de se couvrir et se cacher le jour pour éviter les effets néfastes du soleil, et il doit marcher la nuit pour essayer de sortir de son problème et atteindre l’oasis. Enfin il boira de l’eau.

        Idem pour notre problème d’activité. Ce n’est pas tout de dire, « il faut du boulot pour tout le monde ! » Une crise est un problème structurel qui créée des situations sociales dramatiques. Il faut des solutions pour palier aux effets néfastes de la crise, l’assistance sociale, et une solution pour sortir de la crise, par exemple l’investissement dans secteur « innovant. » Alors on aura tout à la fois une classe moyenne soutenue et prête à travailler, une société apaisée et une dynamique de création d’emplois. alors il y aura du boulot bien payé pour tout le monde !!! bien que je n’y crois pas du tout dans une économie ultra-libérale...

        Mon article navrant réfléchi à la première solution, comment régler les problèmes de pauvreté et d’insécurité sociale qu’engendre la crise... mais à vous de me dire comment donner du boulot à tout le monde, et les français vous éliront président de la république !

        Enfin, ça fait deux fois qu’on me dit que je trahis des fondamentaux de l’économie et que je fais de la propagande contre la vérité... mais sans m’expliquer... Je serais curieux de savoir quels fondamentaux, quelle propagande et quelle vérité ?

      • oncle archibald 26 avril 2015 15:40

        @zahoda : les hommes sont ainsi faits,depuis la nuit des temps et ça n’est pas prêt de changer. 


        Quand l’un bosse dur et que son boulot sert à nourrir, en plus de sa propre famille un mec qu’il ne connait pas et qu’il voit ne rien foutre à longueur de journée, il se demande pourquoi il faut qu’il bosse pour ce « fainéant ».

        Donc pour une société « apaisée » il faut que tout le monde bosse sauf quelques cas exceptionnels à prendre en charge par l’ensemble des « bosseurs ».

        Si celui qui bosse et paie de lourds impôts à l’impression que son boulot sert à faire vivre un tas de gens qui « tirent sur la ficelle » et par exemple ont des revenus in fine tout à fait comparables aux siens quand on regarde ce qu’il reste au premier une fois qu’il a payé toutes les charges sociales et impôts dont il est redevable et ce dont dispose le second en additionnant des aides sociales plus le produit du travail au noir . Quand on voit que c’est la même chose, le mec qui est dans les clous a l’impression qu’on le gruge et il a raison. Il a le sentiment que le second roule sur les routes que lui seul a payées, qu’on le soigne dans l’hôpital que lui seul a payé, que ses gosses vont dans les écoles que lui seul a payées etc ...

        Comment donner du boulot à tout le monde ? Mais en donnant envie d’entreprendre, tout simplement ! Si les mecs qui entreprennent n’y trouvent aucun avantage ils se replient sur eux même et se contentent de vivre pour eux seuls, ou bien ils s’en vont ailleurs comme beaucoup de jeunes Français d’aujourd’hui qui s’en vont faire carrière en Angleterre, aux USA ou au Canada. Les jeunes entrepreneurs ce sont les donneurs de boulot de demain. S’il s’en vont ailleurs la France sera un pays d’assistés et de retraités, mais on se demande bien qui va payer les allocations des uns et les retraites des autres.

      • G.L. G.L. 24 avril 2015 16:23

        Concernant l’assistanat social, ce ne sont pas 32 milliards qui partent à la poubelle et vous raison.

        Il s’agit bien d’une redistribution verticale. On prend aux uns pour donner aux autres. Qui après vont le donner à d’autres.

        Le problème d’une redistribution est qu’une partie est perdue pour couvrir les frais de fonctionnement. Sans un système simple et efficace de redistribution (imaginons une demi-douzaine d’aides et d’allocations maximum contrairement aux dizaines qu’on pourrait recenser), les charges de fonctionnement restent relativement et indécemment élevés.

        La protection sociale en France devrait être rationnalisé (pour réduire le gaspillage) et simplifié (afin qu’on puisse cibler efficacement la population réellement en besoin).

        Le principe de la redistribution dans ce pays c’est qu’une autorité, malheureusement pas toujours soucieuse de l’intérêt public, collecte chez les uns et donne à d’autres. Une tiers partie, rarement animé d’un sentiment de justice sociale, va décider à qui prendre et à qui donner.

        Et ça donnera toujours des abus d’un côté comme de l’autre de la chaîne de redistribution tant que le système ne sera pas simplifié, transparent et démocratiquement approuvé.


        • gogoRat gogoRat 24 avril 2015 20:57


          "Et bien je prétends que si on doublait ces allocations on relancerait l’économie française de la plus juste des manières car cela profiterait à tous. « 

          Cela n’est pas sans rappeler une idée découlant d’études économiques autrefois initiées pour la commercialisation du Concorde (le supersonique)
          cf : http://www.revenudexistence.org/pg/historique.php

          •  »L’allocation universelle est tout à fait identique dans son principe avec la conclusion de l’Après-Salariat, résultant, elle, d’une analyse économique de la répartition des revenus.
            Elle est conçue égale pour tous, inconditionnelle, et cumulable avec des revenus d’activité.
            Le sociologue Claus Offee, en Allemagne, aboutit au même résultat et propose un « Basic Inkommen ».
            Keith Roberts
            , en Angleterre, à partir d’une analyse des pratiques administratives de la protection sociale, conclut à l’introduction d’un « Citizen Income » parfaitement semblable, qu’il juge plus simple et plus efficace que la multiplicité des allocations conditionnelles.
            Hermione Parker
            , en Irlande, rejoint cette affirmation. Synchronisme étonnant ! ..."

          • zahoda zahoda 24 avril 2015 22:51

            @gogoRat

            Le fait est qu’une société qui détient un ou des moyens de produire de la richesse autrement que par le travail humain, mais par la mécanisation, l’informatisation ou même le jeu capitaliste de la bourse, doit se poser la question de la redistribution des richesses créées par ces substituts au travail humain...

            Soit l’humain ne compte pas et, devenu sans travail ni ressource, il doit se démerder dans une société injuste, soit « l’humain » a encore une valeur sacrée, et la redistribution est le moindre mal...

            L’obstacle principal à la « redistribution sociale » est le capitalisme, concept matérialiste et athée. Pourtant un des autres avantages de la « redistribution sociale », c’est de faire tourner l’argent plutôt que le thésauriser entre quelques mains... Mais pour que cela soit possible il faudrait que la société soit moins matérialiste et plus portée sur les choses de la spiritualité, du détachement et du partage... ce qui n’est pas gagné !


          • Robert GIL Robert GIL 25 avril 2015 13:15

            Les assistés coutent de plus en plus cher ... et ce n’est pas prés de changer !
            .
            regardez cette petite vidéo : LES VRAIS ASSISTES…


            • Loatse Loatse 25 avril 2015 14:03
              Humpf... au fait j’ai des nouvelles du pèpère qui râlait après les « cas soce »...

              Ce gus, nos chemins se sont croisés alors que je passait devant son épicerie sise au coeur du village... Celui-ci se tenait devant son pas de porte et discutait avec une personne qui lui demandait de ses nouvelles (apparemment)...

              M’en parlez pas, répond il d’un grosse voix, le visage soudain rouge de colère, la lippe méprisante.... Je n’ai plus que des cas soce, qui viennent m’acheter les produits les moins chers ! des cas soce, il n’y a plus que ca dans ce patelin ! c’est pas avec « ca » que je vais faire mon chiffre d’affaire !

              Depuis ce jour, j’ai recroisé pèpère, il était en train de coller une affiche sur sa porte du genre : « si vous voulez que je reste ouvert le dimanche, faudrait voir se remuer le fion ce jour là au lieu de faire la grasse mat’ ».... (j’exagère à peine :)

              Eh bien Pèpère a finit par faire ses valises, revendant son « pas de porte » pour une bouchée de pain à ... un discounter de l’alimentation ! smiley

               (chaque année plusieurs commerçants mettent la c lef sous la porte et ne trouvent pas repreneur, ce mois ci c’est une pizzéria au centre ville.. 

              Cela dit, je me fais du souci pour pèpère, à son âge ( la cinquantaine bien tassée) va t’il retrouver un emploi ? Va t’on un de ces 4 matins le retrouver à la CAF en train de remplir aussi discrètement que possible le formulaire honni ?

              va savoir....






              • oncle archibald 25 avril 2015 16:01

                @Loatse : « Va t’on un de ces 4 matins le retrouver à la CAF en train de remplir aussi discrètement que possible le formulaire honni ? »


                Aucune chance de l’y voir, un artisan ou un commerçant, ou un libéral qui se plante n’a pas de droit aux prestations chômage, ni à rien d’autre d’ailleurs. Jamais. Il a juste le devoir de vendre sa maison pour payer les derniers salaires de ses employés et les charges en retard qu’il n’arrivait pas à payer avant de plier. Et s’il ne le fait pas de bon coeur, ce salaud, le Tribunal et les huissiers s’en chargeront pour lui. Non mais !


              • zahoda zahoda 25 avril 2015 19:08

                @oncle archibald

                il y a au contraire toute les chances de voir l’artisan ou le commerçant à la CAF, dont parle Loatse, qui lui fournira allocation logement et RSA, et éventuellement CMU, parce que justement il n’a pas le droit au chômage. Il y a un nombre grandissant d’artisans et de commerçants au RSA suite à la crise. Heureusement que le RSA est là pour eux, sinon ils ne toucheraient vraiment rien alors qu’ils ont cotisés comme des chiens. L’Urssaf avoue sans honte être responsable du dépôt de bilan de 30% des petites entreprises.

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