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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Autisme : l’école inclusive, c’est maintenant ?

Autisme : l’école inclusive, c’est maintenant ?

La loi handicap votée en 2005 est censée garantir l’accès à l’école en milieu ordinaire préférentiellement au milieu spécialisé. Nous avons déjà traité ces questions, montrant comment dans de nombreux pays on parvenait à scolariser avec succès 80% des enfants autistes, là où la France peine à dépasser 20%. Or, 9 ans après, les progrès sont bien longs à se faire sentir et force est de constater que sur le terrain les résistances au changement frisent la crispation et que la loi est régulièrement bafouée. Pour de nombreuses familles touchées par l’autisme, la rentrée 2014 tourne au cauchemar. Tour d’horizon des témoignages de cette rentrée 2014.

La gabegie des AVS

Les Auxiliaires de Vie Scolaires sont bien souvent une pièce essentielle du dispositif de scolarisation des enfants handicapés en général, autistes en particulier. De nombreuses évolutions ont eu lieu, avec un récent décret permettant (enfin) de les pérenniser en CDI. Mais leurs effectifs n’augmentent pas au rythme des besoins, crise budgétaire oblige. En bout de chaîne, ce sont toujours les enfants qui trinquent.

D’abord, c’est classiquement la MDPH qui n’en attribue pas à l’enfant malgré des besoins actés en équipe de suivi de scolarisation, tant par les parents que par les enseignants. Ou qui rabote le nombre d’heures d’accompagnement sous des prétextes fallacieux comme « il faut qu’il apprenne à s’en passer ». Ensuite, c’est le rectorat qui ne respecte pas la décision de la MDPH, en diminuant encore le nombre d’heures. Ou même en ne recrutant personne du tout pour accompagner l’enfant, le privant bien souvent de scolarisation. Ou encore en affectant une AVS collective à plusieurs enfants censés avoir chacun leur AVS individuelle – et pas toujours dans la même classe, ni la même école !

Encore pire, on voit des situations de gabegie administrative au détriment des enfants. Ainsi, des AVS recrutées mais non affectées, alors même que des enfants en sont privés dans leur secteur géographique. Ou encore deux AVS positionnées sur le même poste tandis qu’un autre enfant n’en a pas. Quand ce n’est pas le directeur de l’école ou l’enseignant qui décide en toute illégalité, d’utiliser l’AVS au profit de toute la classe, ou même d’un autre enfant que celui qu’elle est censée aider,… ou à des tâches de secrétariat !

Le statut même des AVS, précaire et mal payé, fait office de repoussoir à tel point que les candidats potentiels ne sont pas assez nombreux même quand le rectorat a les budgets pour en embaucher. Il arrive souvent qu’ils démissionnent à peine embauché, ou après quelques semaines. Alors que des parents trouvent la perle rare, formée à l’autisme et prête à aider leur enfant, que le rectorat refusera d’embaucher. C’est ce genre de situations ridicules, ubuesques et préjudiciables à l’enfant, qui mène à des gestes désespérés des parents à bout de nerfs et de patience. Telle cette mère d’enfant autiste montée en haut d’une grue il y a quelques mois à Toulouse, ou ce père d’une petite fille dysphasique monté sur le toit de la mairie de Fontenilles.

Ce genre d’actes désespérés débouche d’ailleurs souvent sur un succès amer. En effet le rectorat, devant l’évidence d’une impasse juridique et le scandale médiatique, finit souvent par donner gain de cause aux familles. Mais en déshabillant Pierre pour habiller Paul : un autre enfant, aux parents moins bien informés, plus épuisés ou moins combattifs, sera privé de son AVS au profit du premier. Et aussi, parfois, en faisant preuve de mesquinerie rancunière pendant des années après l’évènement, en accumulant les brimades administratives sur la famille concernée.

 

La mauvaise volonté des enseignants

Le Ministère de l’Education Nationale a réalisé de gros efforts ces dernières années pour mieux inclure les enfants porteurs de handicaps, particulièrement les enfants autistes. Ainsi, des modules de formation à distance ont été mis en ligne, et des guides pour les enseignants comme pour les AVS sont disponibles sur les sites internet de l’INSHEA comme de la plupart des académies. On constate un changement de discours au niveau des Inspections Académiques. L’inclusion scolaire des autistes, jusqu’alors vécue comme une agression, semble maintenant acceptée comme un fait inévitable auquel il convient de faire face le mieux possible, même si c’est avec plus de résignation que d’enthousiasme.

De même, sur le terrain, on trouve nombre d’enseignants motivés et de bonne volonté, prêts à accueillir les enfants handicapés et à les aider du mieux qu’ils peuvent. Cependant, on ne peut que constater qu’une part non négligeable reste farouchement opposé à l’inclusion scolaire en milieu ordinaire des autistes, et ne recule devant rien, y compris l’illégalité, pour exclure ces enfants de l’école de la République.

Par exemple, on a vu cette année (comme les précédentes) des enfants refusés à l’école lorsque l’AVS est absente, ce qui est illégal. Des enfants privés d’AVS parce que l’enseignant prétend qu’il n’a rien (et que c’est un problème d’éducation), malgré le diagnostic posé par un service hospitalier réputé. Des enseignants qui refusent d’adapter leur pédagogie ou les exercices demandés aux spécificités des autistes, refusent de structurer l’environnement, d’utiliser quelques pictogrammes, refusent d’écouter les conseils des professionnels qui suivent les enfants, sous prétexte qu’ils sont maîtres dans leurs classes. D’autres qui n’acceptent l’enfant qu’une ou deux heures de temps en temps dans la semaine, au mépris de la notification de la MDPH et du droit à la scolarisation.

Certains enseignants, encore, refusent d’accepter la réalité d’un trouble comme la dyspraxie ; on va taxer l’enfant de fainéantise et sanctionner par des punitions. D’autres refusent de recevoir des intervenants extérieurs non « institutionnels », alors même que les familles n’ont trouvé des spécialistes compétents qu’en libéral, ou encore interdisent tout contact entre les parents et l’AVS, même répondre à un simple « alors comment ça s’est passé aujourd’hui »…

Beaucoup de familles prennent de plein fouet des phrases lapidaires comme « cet enfant n’a pas sa place à l’école, il serait bien mieux en milieu spécialisé » : nombre d’adolescents autistes viennent cette année d’obtenir leur brevet des collèges, après que leurs parents aient subi ce type de discours pendant des années… On tente aussi d’orienter en CLIS des enfants de haut niveau cognitif (avec des QI parfois bien supérieurs à ceux des enseignants) juste pour se débarrasser des "perturbateurs ». CLIS ou ULIS, d’ailleurs, dans lesquels l’inclusion se résume à une participation aux cours de sports et de musique, les autres enseignants de l’école ou du collège refusant les élèves handicapés dans leurs classes.

Certaines familles apprennent a posteriori qu'il il y a eu une sortie scolaire ou une fête à l'école et que leur enfant était le seul à ne pas avoir été prévenu. D’autres enfants handicapés se font moquer voire harceler par leurs camarades, sans que l’encadrement de l’école réagisse ; en revanche s’ils se rebiffent contre leurs tourmenteurs, la réaction est immédiate : « cet enfant est violent, il est dangereux pour ses camarades, il n’a pas sa place à l’école ».

Grande nouveauté du cru 2014, certains enfants sont refoulés de l’école ou du collège au motif de « manque de place ». A-t’on déjà vu des enfants entre 6 et 16 ans, non handicapés, refusés pour un tel motif ? Du coup, découragés, de plus en plus de parents se tournent vers le CNED et l’enseignement à domicile, contraints et forcés – au prix d’une perte de salaire d’un des parents.

Pour terminer ce tour d’horizon, nous décernons le « prix Liberté-Egalité-Fraternité » à l’équipe du collège qui, ce mois de septembre 2014, a cadenassé ses grilles au nez d’un enfant autiste et de sa mère plutôt que le laisser rentrer rejoindre ses camarades.

 

Les Unités d’Enseignement en Maternelle du Plan Autisme

Une autre nouveauté de cette rentrée, ce sont les Unités d’Enseignement du 3è Plan Autisme prévues pour les écoles maternelles. Il s’agit de classes spéciales, devant inclure 7 enfants autistes « trop lourdement atteints pour aller en classe ordinaire avec AVS ». Les enfants y recevront à la fois l’enseignement scolaire de maternelle, et des prises en charges éducatives conformes aux recommandations de la HAS de 2012 (type Denver, ABA ou TEACCH), ainsi que des prises en charges thérapeutiques comme l’orthophonie ou la psychomotricité. Le but affiché de ces classes est que progressivement l’enfant passe de plus en plus de temps dans une classe ordinaire de son école, pour à terme suivre une scolarité à 100% en milieu ordinaire.

Un cahier des charges particulièrement exemplaire a été établi par les services de Ministère de la Santé pour ces unités, conformément aux recommandations de la HAS. Ce cahier des charges devra être appliqué lors des appels à projets à émettre par les Agences Régionales de Santé pour l’ouverture des classes prévues en septembre 2015. En attendant, pour aller vite, certaines régions pilotes vont voir l’ouverture d’une trentaine de classes dès la rentrée 2014. Pour ce faire les ARS concernées ont été autorisées à attribuer les unités d’enseignements sans appel à projet, par extension de services existants. Le budget à la place étant très conséquent (environ 40000€ par an et par enfant), il y avait de quoi attirer les candidats.

Le processus de sélection pour cette première tranche, qui va être opérationnelle dès cette rentrée, est donc plutôt opaque et propre à autoriser n’importe quelle dérive, puisqu’il n’y a pas d’appel à projets permettant de s’assurer de l’adéquation au cahier des charges établi par le Gouvernement. Nous avons pu prendre connaissance des attributions des UE de la rentrée 2014 ; heureusement le tableau d’ensemble est plutôt rassurant. Une grosse moitié des projets sont en effet attribués à des gestionnaires associatifs connaissant les prises en charges éducatives recommandées, et sont réputés pour les appliquer. Plusieurs autres sont attribués à des gestionnaires non formés dans ce domaine mais de bonne volonté, aucune association en place dans le département concerné n’étant de toute façon à la fois capable de porter le projet tout en étant formé aux méthodes recommandées. Subsistent malgré tout quelques points noirs.

Certains projets ont été attribués à des organismes connus des associations de familles pour ne pas appliquer les recommandations de la HAS et s’inscrire dans une vision psychanalytique obsolète de l’autisme. Dans d’autres cas, le milieu pédopsychiatrique local, opposé au plan autisme, tente de dissuader les familles d’inscrire leur enfant dans ces unités, ou plus simplement pose des diagnostics obsolètes de « psychose infantile », ce qui fait que les MDPH sont étrangement incapables de trouver suffisamment d’enfants à y orienter. Heureusement les réseaux sociaux se sont révélés une aide inappréciable : l’information sur les places disponibles a pu être diffusée rapidement ce qui a permis de trouver des enfants au profil adéquat.

Une UE en particulier pose un problème épineux, celle du Val d’Oise. D’après nos informations elle a été attribuée par l’ARS d’Ile de France à un établissement appelé « la Clé pour l’Autisme » de la Fondation John Bost. Cette association n’est pas connue comme spécialiste des prises en charge recommandées par la HAS telle qu’ABA ou TEACCH, contrairement par exemple à l’AFG, qui va gérer l’UE de Paris, mais on peut supposer que des formations adaptées seront mises en place. En revanche il a été décidé que la supervision technique de cette UE serait assurée par l’association PreAut. PreAut rassemble des praticiens se revendiquant de la psychanalyse, tout en mettant en œuvre des diagnostics et interventions précoces à la fois psychanalytiques et à visée éducative voire développementales. On peut considérer que PreAut tente de réaliser une certaine synthèse entre les prises en charges développementales et la vision psychanalytique de l’autisme, ou d’adapter à cette vision psychanalytique les pratiques comportementalistes venues d’outre-Atlantique.

Il n’en reste pas moins que pour nombre de familles et d’associations concernées par l’autisme, PreAut reste avant tout une officine psychanalytique, alors même que la psychanalyse a été maintes fois discréditée dans la prise en charge de l’autisme et ne figure pas dans les interventions recommandées par la HAS en 2012. Du coup, plusieurs familles potentiellement candidates pour que leur enfant intègre l’UE du Val d’Oise ont préféré y renoncer. La situation est très gênante pour l’ARS d’Ile de France, désavouée par les familles des enfants qu’elle a pour rôle d’aider. A ce jour, toujours selon nos informations, l’Unité d’Enseignement du Val d’Oise devrait ouvrir avec seulement deux ou trois enfants au lieu des 7 prévus. L’ARS a tout pouvoir pour régler cette situation, y compris attribuer l’UE ou sa supervision a quelqu’un d’autre ; que fera-t’elle ?...

 

Conclusion : l’école inclusive c’est pour quand ?

La loi de 2005 aura bientôt 10 ans. Le scandale français de l’exclusion scolaire des autistes est dénoncé depuis bien plus longtemps par les associations, et a fait l’objet d’une n-ième condamnation par le Conseil de l’Europe début 2014. Le nombre d’enfants autistes scolarisés en milieu ordinaire progresse, mais trop lentement. On peine à décoller des 20%, contre 80% dans la plupart des pays civilisés ; on comprend pourquoi.

Des progrès sont indéniables. La volonté politique est enfin là, le plan autisme en atteste, ainsi que la création des Unités d’Enseignement de maternelle, première action concrète en faveur des autistes impliquant également le Ministère de l’Education Nationale. Les AVS font partie maintenant du paysage, même si leur statut reste perfectible et leur nombre insuffisant.

Mais ce sont aujourd’hui les mentalités qu’il faut changer. Il faut que les enseignants encore réfractaires comprennent qu’ils sont là aussi pour aider les enfants autistes, en prenant en compte leurs différences. On ne peut exiger d’un enfant autiste qu’il soit comme les autres, mais on peut faire en sorte qu’il trouve sa place parmi les autres. L’école française doit sortir de sa tendance normative qu’on lui reproche souvent et parvenir à aider tous les enfants avec leurs particularités. Pas seulement les autistes d’ailleurs, ni même les handicapés en général : tous les enfants, avec leurs spécificités et leurs façons différentes d’apprendre.

Il faut aussi prévoir les moyens nécessaires pour que cette inclusion se passe dans de bonnes conditions, en commençant par cesser de surcharger les classes. On pourrait prendre exemple sur l’Italie, ou la présence d’un élève handicapé dans une classe conduit automatiquement à diviser son effectif par 2. Ce serait une façon de motiver plus d’enseignants à accepter les élèves différents. Avec les 60000 postes en cours de création dans l’Education Nationale et la priorité affichée pour le primaire, c’est peut-être le bon moment pour mettre en œuvre une telle mesure.

Finalement c’est peut-être cette inclusion scolaire des autistes, si difficile à vivre pour tout le monde tant elle remet en cause l’ordre établi, qui fera éclater la sclérose actuelle de notre école, qui l’obligera à évoluer vers un nouveau modèle plus souple et équitable, et qui permettra à notre pays de remonter dans le classement PISA de l’OCDE. Les autistes sont peut-être la chance de l’école de la République.


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38 réactions à cet article    


  • legrind legrind 10 septembre 2014 10:03

    Avec toute l’empathie qu’on peut avoir pour des familles d’enfants autistes c’est trop facile, démago des phrases comme « sur le terrain les résistances au changement frisent la crispation  » même avec un avs et la meilleure volonté du monde, il y’a des enfants qui n’ont pas leur place dans une classe normale, un enfant qui pousse des cris tous les 5 mn , arrache ses vêtements en se roulant par terre etc ça rend l’impossibilité pour le prof de travailler et en plus évidemment il a les parents ( de l’enfant en question et les parents des autres élèves qui gueulent !) une association , la hiérarchie (l’inspection académique, parce qu’il/elle ne fait pas de miracles) sur le dos.


    • EgaliTED EgaliTED 10 septembre 2014 16:06

      Bien sur. « Il y a des enfants » autistes qu’on n’arrivera pas à scolariser. Environ 20% d’entre eux ne le sont pas, à l’étranger. En France c’est l’inverse : on arrive péniblement à en scolariser 20%. Ne pensez vous pas qu’il y a une petite possibilité de proression ?...


    • fyblie 11 septembre 2014 14:33

      Il suffit d’écouter les témoignages des parents d’enfants autistes pour savoir que même les enfants autistes qui n’ont pas de troubles du comportement et qui sont en capacité de suivre en classe accompagnés d’une AVS sont rejetés. Je suis moi même la maman d’un adorable petit garçon qui n’a pas de trouble du comportement et il a fallu batailler pour qu’on lui laisse une place à l’école. Le discours de l’inspection d’académie était qu’un enfant autiste n’a pas sa place à l’école sans même connaitre mon fils ! Heureusement que nous avons bataillé car il est aujourd’hui en CE1 et heureux d’aller à l’école même s’il n’est pas autonome et qu’il a une AVS à ses côtés. L’idée est d’organiser l’inclusion des enfants dans les écoles de quartier car ils font partie de cette société et ont le droit de grandir parmi les autres. L’EN devrait mettre en place des dispositifs qui permettraient de soutenir cette inclusion. On pourrait imaginer dans chaque école un dispositif de soutien et d’accompagnement global des enfants en difficultés pour soutenir et guider les enseignants et ça aiderait aussi les enfants sans handicap qui auraient un besoin d’aide ponctuelle. Au lieu de vouloir exclure les enfants du milieu ordinaire pour qu’ils aient accès à une prise en charge particulière, il faudrait faire venir les prises en charge à l’école et laisser nos enfants grandir avec les autres.


    • fyblie 11 septembre 2014 14:47

      Il suffit d’écouter les témoignages des parents d’enfants autistes pour savoir que même les enfants autistes qui n’ont pas de troubles du comportement et qui sont en capacité de suivre en classe accompagnés d’une AVS sont rejetés. Je suis moi même la maman d’un adorable petit garçon qui n’a pas de trouble du comportement et il a fallu batailler pour qu’on lui laisse une place à l’école. Le discours de l’inspection d’académie était qu’un enfant autiste n’a pas sa place à l’école sans même connaitre mon fils ! Heureusement que nous avons bataillé car il est aujourd’hui en CE1 et heureux d’aller à l’école même s’il n’est pas autonome et qu’il a une AVS à ses côtés. L’idée est d’organiser l’inclusion des enfants dans les écoles de quartier car ils font partie de cette société et ont le droit de grandir parmi les autres. L’EN devrait mettre en place des dispositifs qui permettraient de soutenir cette inclusion. On pourrait imaginer dans chaque école un dispositif de soutien et d’accompagnement global des enfants en difficultés pour soutenir et guider les enseignants et ça aiderait aussi les enfants sans handicap qui auraient un besoin d’aide ponctuelle. Au lieu de vouloir exclure les enfants du milieu ordinaire pour qu’ils aient accès à une prise en charge particulière, il faudrait faire venir les prises en charge à l’école et laisser nos enfants grandir avec les autres.Ce document parle mieux de l’inclusion que je ne saurai le faire : 

      http://www.lacourte-echelle.org/La_Courte_Echelle/Nos_Journees_files/De%20l’inte%CC%81gration%20a%CC%80%20l’e%CC%81cole%20inclusive%20-%20Serge%20Thomazet.pdf

    • tf1Groupie 10 septembre 2014 13:22

      Effectivement c’est assez facile de se plaindre, de dire qu’on n’en fait jamais assez, de réclamer plus.

      Quand l’enseignant consacre plus d’énergie auprès des élèves handicapés, de plus en plus nombreux (pas seulement autistes) il en en consacre moins pour les autres, déjà trop nombreux en classe.

      Donc on déshabille Pierre pour habiller Paul, ce que condamne l’auteur ... sauf si Paul est autiste.

      C’est ça l’école d’aujourd’hui : chacun tire la couverture à soi.


      • EgaliTED EgaliTED 10 septembre 2014 16:10

        Excuse classique... Et fausse. Les études scientifiques menées sur la question de l’inclusion scolaire des handicapés mentaux de divers types ont montré que les élèves « ordinaires » de ces classes ont un niveau au moins aussi bon voire meilleur. La présence de l’élève handicapé amène l’enseignant à différencier et adapter sa pédagogie et au final tous en profitent. C’est le sens de la conclusion de notre article.



      • EgaliTED EgaliTED 10 septembre 2014 16:32

        Excuse classique... Et fausse. Les études scientifiques menées sur la question de l’inclusion scolaire des handicapés mentaux de divers types ont montré que les élèves « ordinaires » de ces classes ont un niveau au moins aussi bon voire meilleur. La présence de l’élève handicapé amène l’enseignant à différencier et adapter sa pédagogie et au final tous en profitent. C’est le sens de la conclusion de notre article.


        Par ailleurs réfléchissez à ce que vous venez d’écrire. Remplacez « élèves handicapés » dans votre phrase par « élèves d’origine étrangère » par exemple : ça choquerait tout le monde, et à juste titre. Mais quand c’est des « handicapés » auxquels les enseignants ne souhaitent pas « consacrer plus d’énergie au détriment des autres » ça ne choque personne. Ca ne vous choque pas de préférer les exclure du système au lieu de faire des efforts d’inclusion scolaire ?

        Pourquoi ? Les handicapés sont ils d’après vous des citoyens de seconde catégorie ? Nos enfants sont-ils moins égaux que les autres ?...

      • legrind legrind 10 septembre 2014 19:52

        @ « la présence de l’élève handicapé amène l’enseignant à différencier et adapter sa pédagogie et au final tous en profitent. C’est le sens de la conclusion de notre article. »


        ______
        Je connais l’École, je ne suis pas instit mais j’ai été assistant d’éducation, je ne donne pas systématiquement raison aux enseignants, mais cette phrase « la présence de l’élève handicapé amène l’enseignant à différencier et adapter sa pédagogie et au final tous en profitent. » c’est de le type même de propagande débile, l’idéologie bisounours complètement déconnectée de la réalité qui tue l’Ecole depuis 15 ans.

      • EgaliTED EgaliTED 10 septembre 2014 21:19

        Le « type de propagande débile » comme vous dite, a été démontré lors de plusieurs études. Je vous propose de consulter par exemple cette thèse, page 100 :http://ethesis.unifr.ch/theses/SermierR.pdf?file=SermierR.pdf
        « La grande majorité des recherches menées dans le but d’évaluer l’impact de l’intégration d’enfants avec des difficultés d’apprentissage ou des besoins spéciaux dans des classes régulières sur les apprentissages des autres élèves de la classe concluent également à son absence d’effet négatif (Bless & Klaghofer, 1991 ; Cole et al., 2004 ; Demeris, Childs & Jordan, 2007 ; Dumke, 1991b ; Huber, Rosenfeld & Fiorello, 2001 ; Rouse & Florian, 2006 ; Unterleitner, 1990). Certaines d’entre elles trouvent même que les élèves de classes intégratives obtiennent de meilleurs résultats que les élèves de classes sans intégration (Cole et al., 2004 ; Demeris et al., 2007 ; Rouse & Florian, 2006 ; Unterleitner, 1990). Ces résultats laissent à penser que l’intégration d’élèves avec des besoins spéciaux dans une classe régulière et la collaboration entre l’enseignant régulier et l’enseignant spécialisé qu’elle implique peut entraîner une meilleure différenciation de l’enseignement qui profite à tous les élèves. »


        Donc, oui, ça n’a pas d’effet négatif et c’est même plutôt l’inverse. Sauf si en effet on refuse même d’essayer et qu’on fait tout pour que ça échoue.

      • tf1Groupie 10 septembre 2014 22:21

        "La présence de l’élève handicapé amène l’enseignant à différencier et adapter sa pédagogie et au final tous en profitent. "

        Oui et bien ça c’est de la belle théorie qui ne coute pas cher à déclamer mais ne repose sur aucune réalité.

        Pourquoi ne pas prétendre que plus il y aura d’enfants handicapés dans les classes plus l’école sera éfficace.

        La pedagogie différenciée dans des classes de 30 élèves c’est de la belle fumisterie, mais ça plait aux idéalistes ... et à l’administration scolaire : yaka focon.


      • tf1Groupie 10 septembre 2014 22:34

        Par ailleurs vos arguments culpabilisants sont assez dérangeants.

        Vos enfants ne sont pas « moins égaux que les autres », mais ils sont différents et en gros vous reprochez que l’on souligne cette différence.

        Moi ça ne me choque pas qu’on dise que des élèves d’origine étrangère qui ne maitrisent pas la langue française posent des problèmes d’intégration et compliquent la tache des enseignants.

        Le politiquement correctement les beaux sentiments ne poussent ici qu’à cacher les réalités et faire taire.

        Enfin les enfants non handicapés ne sont pas moins égaux que les autres et ne doivent pas être les oubliés de l’école, ce qui est le cas depuis quelques années.
        Alors accuser les enseignants de ne pas être des surhommes et de ne pas choisir de délaisser ces élèves au bénéfice des élèves handicapés, ce n’est pas spécialement « égalitaire » .


      • Delacroix 11 septembre 2014 00:17

        tf1Groupie, vous ne savez pas ce que vous dites : si, les enfants handicapés sont moins égaux que les autres. 4 enfants autistes sur 5 ne peuvent pas aller à l’école. Non, on ne peut comparer à rien d’autre. 


        « Les beaux sentiments ne poussent qu’à cacher les réalités », je ne comprends pas ce que veut dire cette phrase. 

        Oui, les arguments sont culpabilisants et dérangeants, et oui, c’est fait exprès, et oui nous les parents d’enfants autistes on vous dérange, on veut vous déranger, nos enfants sont dérangeants et ils ont quand même le droit de vivre, et d’apprendre, et d’être considérés comme des êtres humains dignes de respect, de compassion, autant que les autres qui « dérangent » moins. 

        Je pense que vous faites partie de la génération qui a flanqué tous les handicapés mentaux à l’hôpital pour avoir la paix et pouvoir partir en vacances. C’est terminé.... 

      • legrind legrind 11 septembre 2014 07:42

        Mais vous savez ce que c’est une classe maintenant ? Avec des enfants dont la plupart viennent de familles explosées re composées/ re recomposées, qui n’ont aucune notion de discipline, à qui on n’a pas inculqué de notion de politesse, de patience, qui dorment quand ils sont fatigués , mangent ce qu’ils veulent quand ils veulent chez eux, font d’ailleurs ce qu’ils veulent chez eux... 

        Certains faisant l’aller-retour 3 fois par an entre la France et le « bled » même sur des jours d’école.
        Oui je noircis le tableau, je généralise je ne conteste pas que parfois cela se passe bien mais quand je vois l’affiche avec des jolies jeunes femmes et un slogan pour essayer d’occulter la réalité je trouve ça malhonnête.. Quant aux « experts » responsables de ces études, ce sont doute le même genre que les fameux chronobiologistes sur lesquels la fcpe s’appuie pour la semaine de 5 jours enchaînés qui s’annonce déjà comme la chronique d’un fiasco annoncée (tout ce beau monde dénoncera le « manque de moyens » pas le manque de sommeil et une atteinte au bon sens).
         Bref j’aimerais bien voir tout ce beau monde déjà « tenir »( faire respecter un semblant d’ordre) une classe ordinaire avec en plus un élève en situation d’handicap - il y’aurait aussi beaucoup à dire sur les avs,( là aussi ce n’est pas aussi évident qu’on nous le vend d’avoir en plus un autre adulte censé s’occuper exclusivement d’un seul élève dans sa classe) - tout en faisant le métier d’enseignant.

      • EgaliTED EgaliTED 11 septembre 2014 08:17

        Et donc, virer les handicapés au mépris des droits de l’homme, c’est la solution aux problèmes de l’école, selon vous ?


      • legrind legrind 11 septembre 2014 08:29

        @ tf1Groupie les personnes de ce collectif sont dans l’idéologie pas dans la réalité, dés le départ qui peut croire à une phrase comme « les autistes peuvent apprendre comme tous les enfants » , avec un enseignement particulier, un contexte adapté, oui les autistes ( je sais que c’est injuste de généraliser en écrivant « les autistes » comme s’il s’agissait tous des mêmes enfants.. mais ce sont les responsables de cette campagne qui le font déjà) vont apprendre, heureusement. 

        Mais dans le cadre d’une école ordinaire où les les instits font déjà du différencié, du double , parfois du triple , niveau, avec des élèves en difficulté c’est du grand-n’importe quoi et là où je ne les trouve pas « sympa », euphémisme, est qu’ils désignent à l’opinion publique les profs comme étant en gros les salauds qui ne veulent pas d’handicapé dans leurs classes. La fin doit justifier les moyens je suppose..

      • guitoune guitoune 11 septembre 2014 10:12

        tout le monde peut croire à cette phrase (tout les autistes peuvent apprendre), sauf les imbéciles ... Vous défendez quelle idéologie vous ?
        Il est vrai qu’avec des personnes comme vous, on n’avancerait pas ... oh, je ne vous souhaite ni alzeimer, ni un avc ... ce serait dommage que la société fasse un effort pour vous permettre de préserver votre mémoire ou vous rééduquer ... vous gêneriez les valides ..


      • EgaliTED EgaliTED 11 septembre 2014 11:02

        Au contraire, nous parlons de réalité. Une réalité bien ancrée à l’étranger depuis longtemps, et même maintenant en France comme en atteste un de nos articles précédents que je vous invite à lire :


        Evidemment cette réalité ne correspond pas aux habitudes de tout le monde en France, et vous préférez peut-être ignorer son existence pour mieux dire que c’est impossible.

        Nous ne désignons par ailleurs aucune catégorie de personnes comme « les salauds », nous dénonçons des injustices. Quand on viole les droits des enfants il ne faut pas s’attendre à ce que personne ne proteste.


      • legrind legrind 11 septembre 2014 14:08

        La phrase exacte est «  les autistes peuvent apprendre comme tous les enfants » c’est juste faux, je pense, pas dans une classe ordinaire en tout cas, un prof 25 élèves en moyenne.. , même avec un(e) avs.


      • fyblie 11 septembre 2014 14:39

        Votre logique est donc de dire comme l’éducation nationale ne met aucun moyens pour soutenir la scolarisation des enfants différents (et ça ne concerne pas que l’autisme. ça concerne également les enfants précoces.), alors excluons les volontier ?

        Pourquoi ne pas dire qu’il faut que l’EN mette plus de moyen pour que tous les enfants puissent être accueillis dans l’école de leur quartier plutôt que de se faire exclure ?
        On ne demande que ça, que l’EN soutienne les enseignants et que l’on déplace les moyens mis pour les exclure dans l’inclusion !

      • EgaliTED EgaliTED 11 septembre 2014 21:10

        Eh bien vous faites erreur, c’est tout à fait possible. Il faut d’une prise en charge conforme aux recommandations de la HAS de 2012, une AVS, et un peu de bonne volonté et d’humanité. Il y a de plus en plus d’autistes qui obtiennent leur brevet des collèges cette année. Dans trois ans vous entendrez parler de bacheliers autistes.

        Mais il est sur que si on n’y croit pas et qu’on n’essaie même pas de leur donner leur chance ils sont foutus. Comme tous les enfants d’ailleurs...


      • legrind legrind 12 septembre 2014 07:12
        @Votre logique est donc de dire comme l’éducation nationale ne met aucun moyens pour soutenir la scolarisation des enfants différents (et ça ne concerne pas que l’autisme. ça concerne également les enfants précoces.), alors excluons les volontier ?

        Si c’est à moi que s’adresse le message je suis pour qu’on en fasse le plus possible pour ces enfants mais qui est contre ? Je fais simplement un constat : dans le cadre d’une classe ordinaire, normale tout n’est pas possible même avec des « moyens » et de la bonne volonté. Et est-ce qu’on ne peut pas sortir du binaire inclusion/exclusion même si c’est pratique .. ?

      • L'enfoiré L’enfoiré 10 septembre 2014 13:41

        « l’école inclusive c’est pour quand ? »

        Mais c’est comme pour l’école par immersion.
        Ça peut marcher, mais ce n’est pas garanti sur facture. 

        • EgaliTED EgaliTED 10 septembre 2014 16:10

          Même pour les élèves non handicapés ça n’est jamais garanti.

          On demande juste que nos enfants aient leur chance et ne soient pas exclus par le système, comme en principe la loi le garantit... en principe.

        • L'enfoiré L’enfoiré 10 septembre 2014 16:41

          Je n’ai pas d’enfants handicapés, ni enfants du tout.

          Je reste avec un esprit d’enfant, d’après mon entourage. smiley
          Asterix viendra certainement vous dire ce qu’il en pense avec sa propre expérience.


        • Doddie Lollie 10 septembre 2014 18:44

          Mon petit garçon, enfant avec Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA) et dyspraxique sévère est pour la seconde fois sans AVS pour aller à l’école - Seconde fois pour sa 3ème année de scolarisation.
          Mon fils est pourtant un enfant avec un bon niveau de fonctionnement intellectuel, il peut donc aller à l’école comme les autres enfants mais l’AVS lui est indispensable pour le canaliser et le recentrer. Sans elle, c’est impossible.

          A ce jour, il reste donc à la maison avec moi, alors qu’il a 6 ans et devrait être sur les bancs de l’école, comme les autres enfants.

          Avec mon mari on se bat pour faire valoir ses droits, encore une fois bafoués.

          Cette situation est inadmissible. Il a sa place à l’école, c’est un très bon élève. Il lui manque juste la seule chose qui lui est essentielle > son AVS.

          J’ai mal au coeur chaque matin de le voir ainsi coincé à la maison et je n’en dors plus la nuit.

          Il faut que tout cela cesse !


          • Doddie Lollie 10 septembre 2014 18:50

            Et bien sûr, je soutiens les actions d’EgaliTED, leurs messages depuis plus de 3 ans. C’est un collectif que j’affectionne beaucoup, qui m’a toujours beaucoup aidé et soutenu.
            Ils s’interrogent sur les bonnes questions et c’est ça qu’il faut.
            Merci à EgaliTED d’exister, merci pour ce que vous faites et donner au quotidien pour nous tous.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 10 septembre 2014 19:22

              Article très informatif, merci  !


              • Pie 3,14 10 septembre 2014 19:59

                Intégrer le plus grand nombre d’enfants qui souffrent d’un handicap dans l’école est une bonne chose mais comme souvent en France, la réalisation est faite de trois bouts de ficelle.

                Les AVS n’ont la plupart du temps aucune formation, les enseignants non plus et ils doivent de toute façon assurer la charge d’une classe complète sans diminution d’effectifs ni temps donné pour gérer l’affaire.

                J’ai ainsi une amie instit qui a dans sa classe un sourd, un enfant en fauteuil très diminué et un autre très perturbé. Elle attend encore l’AVS du perturbé, le matériel pour se faire entendre du sourd et a une avs pour celui qui est en fauteuil. Le tout dans une classe de CP de ZEP où déjà au moins la moitié des élèves sont en difficulté...

                Des salaires déjà bas bloqués depuis des années, des difficultés qui s’accumulent sans aucunes contreparties, une absence quasi complète de formation, il est facile de comprendre pourquoi certains enseignants réagissent négativement.

                Je pense que la plupart des enseignants sont favorables à l’intégration des enfants en situation de handicap mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix.


                • EgaliTED EgaliTED 10 septembre 2014 21:26

                  Les enfants avec handicap sont avant tout des enfants avec les mêmes droits que les autres enfants. Nous le disons depuis des années : que les enseignants se battent pour obtenir les moyens nécessaires au lieu de considérer les enfants handicapés comme des boulets à dégager. Nos enfants n’ont pas à être traités comme des sous-citoyens. Ils ont autant le droit que les autres d’aller à l’école et les en priver est illégal, non éthique, et une violation des droits de l’homme. Cela n’est pas négociable.


                  Les enseignants devraient plutôt appuyer de leur côté les parents qui se battent auprès du rectorat pour obtenir une AVS pour leur enfant plutôt que tenter de rejeter l’enfant si l’AVS n’est pas là, par exemple...

                • tf1Groupie 10 septembre 2014 22:06

                  Parce que vous prétendez que les enseignants ne se battent pas pour avoir des moyens supplémentaires (pas seulement pour les autistes) ??

                  Hé, ho allumez la télé et sortez de votre bunker intellectuel...

                  Quant au discours sur « les mêmes droits », c’est d’un simplisme.


                • EgaliTED EgaliTED 11 septembre 2014 08:20

                  Les dernières grèves d’enseignants ont certes mentionné le manque de moyens, mais JAMAIS spécifiquement « les moyens nécessaires pour un bon accueil des handicapés en classe ». Par contre, le plus souvent ces grèves ont eu lieu à l’occasion de contestation sociale sur fond de réforme des retraites. Hasard sans doute.


                  Sinon, en effet lorsqu’une AVS manque à l’appel, la réaction est dans 99% des cas « ma pov’dame, on va pas pouvoir le prendre sans son AVS » (illégal), plutôt que « Ne vous inquiétez pas madame, on va s’arranger, j’appelle immédiatement l’inspection académique pour savoir ce qui se passe ».

                  Il y a des enseignants admirables et exemplaires, il y en a d’autres, que nous dénonçons ici, qui ne veulent surtout pas s’emmerder avec des handicapés en plus du reste.

                • Un partageux 11 septembre 2014 00:25

                  J’ai du mal à comprendre cette obsession de vouloir scolariser ensemble des gamins différents. Les besoins d’enfants autistes sont différents de ceux d’enfants sourds, d’enfants aveugles, d’enfants dyspraxiques, d’enfants ne parlant pas français à la maison, d’enfants débiles légers, etc. 


                  Je préférerais de loin que l’on obtienne pour chaque groupe d’enfants une école spécialisée répondant parfaitement à leurs besoins spécifiques. 

                  Aux Pays-Bas on a ainsi des écoles pour chacun et non des écoles pour tous (c’est à dire conçue seulement pour ceux qui sont adaptés à l’école « classique ».) J’ai deux autistes dans ma famille qui ont ainsi la chance d’aller dans une école spécialisée dont tout le personnel est compétent dans le domaine. Grâce à cette école ces deux gosses ont pu apprendre à lire et écrire alors que les médecins pensaient qu’ils n’en auraient pas la capacité. 

                  Aux Pays-Bas on compte des milliers d’écoles primaires en langue maternelle étrangère (turc, arabe, chinois et une trentaine d’autres langues dont le français.) Ce qui permet aux locuteurs non-néerlandophones de ne pas souffrir d’un handicap générateur d’échec scolaire et d’apprendre le néerlandais comme la langue étrangère qu’elle est pour eux. Ils peuvent ensuite entrer dans le cycle secondaire en ayant une parfaite maîtrise de la langue

                  Ce système où l’école est adaptée au profil de l’élève fait que l’on parle de « mosaïque » pour définir l’enseignement néerlandais. Je crains que l’on ne soit pas prêts d’obtenir cela en France. Pour des raisons idéologiques on préfère continuer à voir 40% d’enfants souffrir de graves lacunes à la fin du CM2...

                  • EgaliTED EgaliTED 11 septembre 2014 08:27

                    Aux USA à l’inverse, ou encore en Espagne, l’école inclusive est la règle.


                    En France, le choix a été de l’école ségrégative, en évacuant les handicapés en « milieu spécialisé » qui se révèle être à l’usage une voie de garage où ils n’apprennent pas grand chose et la plupart du temps qui débouche sur l’institution à vie.

                    Au Pays Bas, vous dites : « ils peuvent entrer dans le cycle secondaire ». Avez vous recensé, en France, le nombre d’autistes, et même de handicapés en général, dans les collèges ? Puis les lycées ? Puis l’enseignement professionnel et l’enseignement supérieur ? Peut être que ce système fonctionne au Pays Bas, en France non : c’est une machine à ghettoiser les handicapés et les condamner à vivre toute leur vie en dépendance, gachant ainsi leur potentiel. En Espagne récemment une personne porteuse de trisomie 21 a décroché un doctorat. En France cela n’est pas près d’arriver.

                    Cet apartheid anti-handicapés et anti-autistes, les familles françaises n’en veulent plus. La loi de 2005 est là pour y mettre fin. C’est peut-être difficile à accepter et à vivre, mais c’est une réalité et il va falloir que tout le monde s’adapte.

                    Les familles font souvent preuve de patience et de compréhension vis à vis d’enseignants débordés, mais trop souvent la patience et la compréhension sont à sens unique et tendent au final à se retourner contre l’avenir de leurs enfants. Alors maintenant ça suffit, il est temps d’arrêter de traiter les élèves handicapés comme des boulets à virer en milieu spécialisé. Nos enfants ne sont ni des déchets, ni des citoyens de seconde catégorie, ni des incapables. Dans la vaste majorité des cas, comme tous les enfants, ils ont des capacités et un potentiel à développer. C’est le rôle de l’école de la République depuis qu’elle existe. Nous demandons qu’on les respecte et qu’ils puissent apprendre, comme tout le monde, rien de plus mais rien de moins.

                  • Un partageux 12 septembre 2014 20:58

                    Votre démarche me semblait si étrange... Votre réponse me permet de comprendre ce qui la motive. Vous refusez l’avenir promis, en France, à tous ceux qui dérogent à la norme « républicaine » d’une conception étriquée de l’égalité. On peut y mettre, non seulement les handicapés, mais aussi les locuteurs non francophones comme ceux qui sont plus doués avec la main qu’avec la manipulation d’abstractions, comme presque tous ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche. La « méritocratie républicaine » est une belle histoire édifiante racontée par les riches soucieux de conserver leurs privilèges...


                    Le professeur Olivier Revol, pédopsychiatre, affirme que l’école française est bien adaptée à environ la moitié des enfants. L’autre moitié est priée de se démerder en tentant de s’adapter à un système qui ne lui convient pas. D’où notamment les 40% de gosses repérés par l’Éducation Nationale comme ayant de grosses lacunes à la fin du CM2. 

                    On peut, au nom de principes tout à fait louables, réclamer l’adaptation d’une seule école à tous les élèves. Mais cela me paraît irréalisable dans la pratique. Un sourd a impérativement besoin d’apprendre la langue des signes, un aveugle doit apprendre le braille, un déficient mental a besoin de plus de temps, etc.

                    Ou bien on peut mettre en place un système en mosaïque comme aux Pays-Bas. Les résultats tant scolaires que sociaux (puisque vous insistez à raison sur l’avenir des enfants) plaident très nettement pour le système néerlandais. 

                    Dans ma famille un handicapé mental, qui a fait toute sa scolarité et sa formation professionnelle en filière spécialisée, a pu ainsi faire des études suffisantes pour trouver un emploi lambda dans une entreprise lambda, passer le permis de conduire, se marier et avoir une vie comme tout un chacun. Toute la famille jouait dans un bowling le jour où je me suis dit que son parcours était à peu près inimaginable en France. Sauf s’il sortait d’une famille disposant des moyens financiers, culturels et relationnels pour lui ménager une vie honorable.

                    Il me semble que vous faites fausse route bien que je partage vos désirs d’intégration de tous dans la communauté. Vivre ensemble ne nécessite pas de vivre tous de la même façon. Il faut exiger les moyens adaptés à chaque profil et non tenter d’adapter les enfants à un modèle unique ou tenter de goupiller un impossible modèle unique fonctionnant correctement pour tous. Et ça, en France, on n’est pas prêts d’y parvenir quand on voit par exemple combien sont satisfaits du collège unique qui est pourtant la clé universelle permettant d’éliminer à coup sûr tous les boulons qui ne sont pas au gabarit standard.

                    En France on construit avec des « normes handicapés » quand, aux Pays-Bas, on construit avec des normes d’urbanisme où la poussette pour triplés, le déambulateur, les cannes anglaises ou le grand âge comme les fauteuils roulants sont pris en compte globalement. Je crois qu’il faudra encore très longtemps en France avant que l’on supprime enfin la marche qui sépare le trottoir de la chaussée. Parce que cela impose une civilité où le conducteur ne profite pas de l’absence de marche pour garer sa voiture sur une zone réservée aux autres usagers de la voirie. 



                  • _Louloutte38\ 11 septembre 2014 08:48

                    Je suis choquée par la teneur de certains commentaires. Nos enfants dérangent donc tant que ça ? Ce serait une fatalité que nous devrions accepter sous prétexte que ma pov’ dame mais vous rêvez ?!!!! Non, on ne rêve pas, c’est la loi ! L’école est obligatoire pour tous de 6 à 16 ans. La refuser à un enfant atteint de handicap, c’est de la discrimination. Ne pas attribuer l’AVS d’un enfant autiste, c’est du même ordre que de ne permettre l’accès à sa classe à un enfant en fauteuil roulant et là, ça choquerait tout le monde... 


                    Mais il y a cette image que nos enfants seraient des sous-citoyens, un peu neuneu et donc c’est pas bien grave hein, ma pov’ dame....
                    Je vous souhaite à tous de n’avoir jamais à mener le combat quotidien que nous menons pour que notre enfant puisse accéder à l’école de la république car je peux vous jurer que c’est un combat aux relans bien aigres... Comme de devoir vous lire de bon matin

                    Alors je vous rassure tous : l’autisme n’est pas contagieux, un enfant autiste dans la classe de vos enfants ne baissera pas le niveau de la classe, et cadeau-bonus vos enfants pourront commencer à toucher du doigts les notions de différence, de handicap, de tolérance et d’inclusion... Et ça, je peux vous le dire, ça ne peut pas faire de mal...

                     

                    • chanel 11 septembre 2014 11:57

                      à lire certains commentaires, y a pas à dire, nous sommes bien en France : 

                      - il faut créer des écoles-ghettos pour chaque catégorie de handicap. Ce sont les mêmes bien-pensants qui se seraient insurgés devant la ségrégation raciale aux USA et l’apartheid en Afrique du Sud. Donc, sachez que les directives européennes incitent les états-membres à institutionnaliser de moins en moins et la France est déjà le pays qui a créé le plus de ghettos de ce genre.

                      - les pauvres enseignants sont mal formés, mal payés, n’ont pas les moyens ... Moins bien payés que certains pays d’Europe peut-être, mais il faut le rapporter aussi aux efforts fournis. Ailleurs en Europe, peut-être qu’ils n’excluent pas certains enfants de « leurs » classe (et il y a plusieurs façons d’exclure : réduire les heures de présence, ignorer l’enfant, ne pas adapter son travail , le déconsidérer face aux autres, ne pas favoriser son inclusion tout simplement tout au long de la journée parmi ses pairs). Le manque de formation est l’excuse-bateau, à l’heure de e-learning comme indiqué dans cet article, chacun a la possibilité, s’il le veut, d’acquérir des compétences qui ne lui ont pas été enseignées dans son cursus.

                      - la présence d’enfants handicapés ferait baisser le niveau ? j’ai déjà entendu ces propos nauséabonds il y a 40 ans dans une école de banlieue accueillant 15 nationalités différentes, puis dans une école de quartier chic qui accueillait des « enfants de la DDASS » d’un foyer voisin. Comme dit dans l’article ci-dessus : cet argument ne tient pas NON PLUS pour l’inclusion des enfants handicapés mentaux. Il faut trouver autre chose.

                      - les enfants autistes perturbent la classe ? ça ne fait pas partie des symptômes décrits dans la CIM de l’OMS. Si ces comportements existent, c’est que la France a 30 ans de retard dans leur prise en charge. Et les les ghettoïser n’améliorera pas les choses. Il vaut mieux se batte aux côtés des parents pour que leurs enfants soient mieux accompagnés et trouvent leur place dans la société de demain.

                      Et pour conclure, tous ces freins mentaux se retourneront un jour contre ceux qui les professent : l’autisme est de plus en plus dû à des causes environnementales. Donc tout le monde peut être touché dans son entourage un jour où l’autre, et surtout la prévalence augment sans cesse. Un jour arrivera où tous ces enfants, rejetés de la société par des citoyens irresponsables se retrouveront totalement à leur charge dans des foyers très onéreux. Donc, un jour, il faudra payer la facture de ce rejet. 


                      • Mimileleg 11 septembre 2014 21:05

                        Idéologie ?? Égalité fraternité et liberté ça vous parle ? Parce que c’est écrit sur toutes les écoles républicaines et à priori vous avez un peu de mal avec ça ! Ah j.oubliais qu.en France actuellement l’idéologie de base c’est chacun pour sa tronche. Mais la ou le bas blesse messieurs et mesdames c’est que c est un enfant sur 100 qui est porteur d’un trouble du spectre autistique donc personne n’est à l’abri d’être concerné, un frère, un neveu, son enfant...malheureusement on ne se sent concerne que le jour ou ça vous tombe dessus. Pour ma part aucun signe avant ses 2 ans et demi et merci à la vie car trouble léger et pour autant il a fallu accuser le coup, surmonter les diagnostiques, les démarches administratives et les réactions débiles comme les vôtres et c’est le lot quotidien de parents qui n’ont pas la chance de vivre une parentalite normale. En ce qui concerne les profs il y en a des merveilleux comme des moins bons mais laissez moi vous dire que la plupart se plaigne la bouche ouverte alors que qui a ce jour débute en ayant la sécurité de l’emploi, un salaire a plein temps en laster2 alors que gestion de classe à mi temps seulement et 1400€ pour démarrer ?? Plaignez donc les pauvres AVS qui n’ont pas un job de rêve et qui sont considérées comme des mouchoirs jetables et qui souvent sont déjà en situation précaire. Ah oui j’oubliais la rémunération de misère et la formation bâclée... Alors oui nous parents d’enfants différents on paye les mêmes impôts que vous et nos enfants ont les mêmes droits et si c’est si inconcevable pour vous qu’un enfant autiste puisse apprendre et puisse apporter aussi à vos enfants « normaux » alors il ne faut pas s’étonner que les enfants soient intenables et insolents à l’école et que tout parte en vrille car les parents eux mêmes ne sont pas éduqués c’est navrant de lire vos commentaires. Il ne faut plus s’étonner que le FN soit en passe de passer 1er parti en France quand on voit que l’intolérance, l’individualisme et le racisme sont revendiqués sans honte aux yeux de tous. 

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