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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Cap sur la démocratie australienne : vote obligatoire et autres (...)

Cap sur la démocratie australienne : vote obligatoire et autres aberrations

Les lecteurs de ce site le savent bien : s'il existe un Etat démocratique, un Etat qui ne bafoue pas les libertés individuelles et ne réglemente pas ce que l'on doit penser, ce n'est pas la France. Où ce pays peut-il se situer ? Sur une grande île, peut-être ?

Un pays de rêve : sea, democraty and sun ?

               L'Australie, aux yeux du monde entier, apparaît comme une utopie réalisée. Idéalement localisée sur une île, disposant d'un territoire vaste et peu peuplé, mais aussi d'un réseau de villes côtières dans lequel Sydney surnage. Depuis les Jeux Olympiques de l'an 2000 au moins, la skyline de la ville est connue de tous, marquée par son opéra.

        Le pays en lui-même dispose d'une image simple mais positive, articulée autour de la plage et de la mer, les deux qualités premières recherchées à l'heure de l'économie de service et de la société de loisirs, où les fonctions de commandement se relocalisent vers les sunbelts. L'Australie, à n'en pas douter, dispose d'une image extraordinaire, même si sa culture et les civilisations qu'elle abrite sont mal connues.

        L'Australie attire les hommes et leurs rêves. Son territoire immense et vide le lui permet. Avec 3 habitants au km2, elle fait parti des territoires les moins denses de la planète. Si l'on fait fi de l'histoire plurimillénaire des peuples aborigènes, le pays est jeune : la colonisation britannique n'a commencé qu'à la fin du XVIIIe siècle. Prospère, la « ligne Brandt1 » que l'on enseigne dans les cours de géographie du secondaire contraint les élèves à ruser pour faire passer l'Australie (avec la Nouvelle-Zélande), dans le camps développé ou post-industrialisé du « nord ». Plus d'un quart des résidents sont nés hors du pays, ce qui représentait près de 6 millions de personnes en 2010, sur une population totale d'un peu moins de 23 millions2.

      Appartenant au Commonwealth, l'Australie est un Etat fédéral dont le chef d'État est le Gouverneur Général, représentant du chef du Commonwealth, actuellement la reine Elizabeth II. Cependant l'essentiel du pouvoir politique revient au Parlement. Si le système politique australien peut paraître irréprochable eu égard aux critères démocratiques érigés par l'Occident, il présente des originalités permettant à certains citoyens d'inscrire leurs activités politiques dans une démarche de désobéissance aux lois électorales, désobéissance que l'on peut donc qualifier de civile ou civique. Zoomons sur quelques manifestations de ce type de désobéissance sur les vingt dernières années !

Prison pour promotion d'un autre mode de scrutin

   Après avoir été adopté en 1915 pour les élections parlementaires de l'Etat du Queensland, le vote obligatoire aux élections nationales prévaut dans tout le pays depuis 1924. Aujourd'hui, les conditions de vote ont été adapté au mouvement perpétuel de la société moderne et aux nouvelles technologies : il est en effet possible de voter par internet, par anticipation, et dans n'importe quel bureau de vote du pays. De fait, l'objectif direct du vote obligatoire, faire reculer l'abstentionnisme, a été atteint avec brio. Avant 1924, le taux de participation moyen était d'environ 47%, depuis, il est d'environ 95%.

   Toutefois les objectifs profonds, à savoir intéresser toutes les couches sociales au débat politique et donner une plus grande légitimité aux élus, font l'objet d'appréciations diverses. Confronter les taux de participation aux scrutins facultatifs et obligatoires est pertinent pour mesurer le degré d'assimilation du civisme électoral australien. Dans l'Etat d'Australie du Sud, un tiers des inscrits se déplacent aux scrutins volontaires. D'où le comportement électoral du donkey vote lors des scrutins obligatoires (un vote pour la forme - voir plus bas), une spécificité australienne, bien qu'il ne soit pas très éloigné d'autres situations.

     Comme la plupart des nations du Commonwealth, le système de gouvernement australien appartient au système de Westminster, le modèle du Royaume-Uni. En revanche, le système électoral est original. Plusieurs noms peuvent lui être donné, comme vote préférentiel ou vote alternatif. L'électeur doit donner un ordre de préférence entre les candidats. Tout bulletin dont la séquence comporte une omission (1,2,4,5...) ou une répétition (1,2,3,3...) est considéré nul.

     Cette façon de voter existe depuis 1918 en Australie. Jusque dans les années 1990 toutefois, les bulletins comportant une répétition en fin de liste (par exemple s'il y a cinq candidats : 1,2,3,4,4) étaient généralement admis comme valides. Dans les années 1990, la médiatisation du discours d'Albert Langer, activiste politique, qui incitait l'électeur à limiter son vote à ses partis préférés en ne donnant point de préférences à ceux qu'il rejetait, a remis en cause tout le système du vote préférentiel. La généralisation de ce type de contestation du système lui-même a conduit à appeler ce type de vote le « Langer vote ». Aux élections fédérales de 1996, on recensait 48 979 Langer vote contre 7325 aux élections de 1993. Si l'Australie avait continué a reconnaître comme valide le Langer vote, le principe du vote préférentiel aurait été concurrencé par une pratique alternative. Ainsi, en 1998, un amendement au Commonwealth Electoral Act de 1918 rend nul le bulletin comportant toute répétition d'un chiffre dans le classement des candidats.

     Cette innovation juridique mit provisoirement fin à un combat juridique et médiatique porté par Albert Langer depuis 1986. Cette année, il avait donné une conférence intitulée « Don't vote » lors d'un événement organisé par la Coalition Against Poverty and Unemployment (CAPU). Il y insistait sur la section 270 de la loi électorale de 1918 pour inviter les gens à ne pas faire de préférence entre les candidats qu'ils rejetaient, dans le cadre du vote préférentiel. Après plusieurs années d'activisme, Albert Langer se voit répondre par le gouvernement ALP (travailliste) qui pourvoit le code électoral australien d'une section 329A en décembre 1992. Celle-ci interdit à quiconque d'encourager les gens en période électorale à contrevenir à la méthode de classement spécifiée dans la section 240 de l'Acte de 1918. La transgression de cette loi devint punissable de six mois d'emprisonnement ou d'une peine financière.

      Albert Langer continua à militer, y compris en période électorale, et en mars 1993 la Commission Électorale l'avertit que son prêche était susceptible d'être puni. Albert Langer anticipa en entreprenant la contestation de la validité de l'article 329A du Code électoral devant la Haute Court (High Court), la plus haute court de la fédération. Dès lors, commence un feuilleton juridique à rebondissements qui ne s'achève qu'au début de l'année 1996 : la validité constitutionnelle de l'article 329A du Code électoral est confirmée. Cependant dans le cadre des élections fédérales de 1996, il lance au même moment une campagne intitulée How to vote for Neither ! (Comment voter pour aucun !), achetant notamment des espaces publicitaires dans les journaux. Le 14 février, deux semaines après le début de la campagne électorale et après avoir reçu un avertissement, Albert Langer est condamné à la prison jusqu'au 30 avril 1996, soit une période de dix semaines3. L'émoi national et international permettra de revoir son emprisonnement à trois semaines. Amnesty International a parlé d'Albert Langer comme d'un « prisonnier d'opinion » (prisoner of conscience), le premier en Australie depuis la guerre du Vietnam.

    En 1997, une commission parlementaire traitant de sujets électoraux recommanda l'abandon de l'article 329A du Code électoral. Ce sera chose faite l'année suivante : l'article 329A est abrogé, et l'article 240 amendé. Désormais tout répétition d'un numéro sur un bulletin invalide le vote. L'incitation à user du Langer vote toutefois n'est plus pénalisé.

    Via cet exemple, on peut voir comment l'action d'un activiste (épaulé par un petit groupe) voulant répandre l'utilisation d'une faille dans le système électoral pour porter un message a pris des proportions importantes. Albert Langer voulait principalement dénoncer un système électoral bipartite, les partis dits modérés, peu clivants, étant selon lui avantagés par le mode de vote préférentiel. Son action, d'abord légale, s'est vue sanctionnée par une innovation juridique. En refusant d'obtempérer, Albert Langer est devenu un acteur de la désobéissance civile. Il a été condamné par la loi de son pays et est parvenu à initier un débat sur les institutions de son pays et la légitimité des décideurs politiques qui disent représenter la volonté populaire.

Résistance au vote obligatoire

      L'Australie facilite le vote de ses citoyens en permettant le vote par anticipation, par internet, et dans n'importe quel bureau de vote du pays le jour de l'élection. De plus, les gens malades, se trouvant à l'étranger, ou ayant tout autre empêchement valable, peuvent se faire excuser. Cependant, tout citoyen inscrit sur les listes électorales pour les scrutins fédéraux qui ne va pas voter sans pouvoir avancer de raison valable est sanctionné d'une amende de vingt dollars. S'il ne paie pas cette amende, il se voit retirer son permis de conduire. On peut lui saisir

       Certaines personnes, rares, refusent à la fois de voter et de payer les amendes automatiquement délivrées pour n'avoir point été voter. La plupart des cas se perdent dans les limbes de l'administration. Entreprendre une procédure judiciaire contre tous les contrevenants couterait trop cher. Cependant, il est assez courant de voir son permis de conduire suspendu pour cette raison. Des travaux d'intérêts générals et la saisie de biens sont aussi des sanctions prévues par la Commission électorale australienne.

         J'ai cherché les cas qui sont allés le plus loin. L'inscription sur les listes électorales étant en droit obligatoire, ceux qui ne vont pas voter plusieurs fois de suite, ne pouvant disparaître des listes électorales, peuvent se voir réellement inquiétés par la justice4. Les cas sont rares, mais ils remettent régulièrement en cause la liberté politique en Australie.

 Le 2 mai 1999, Melissa Manson de l'Etat de Victoria, 35 ans, mère de quatre enfants, n'ayant pas voté en 1993 et 1996, puis ayant refusé de payer une amende de 90 dollars australiens, passa la journée en prison. La même année, Bill Smithies, un diplomate retraité de 69 ans, a été condamné à l'amende la plus élevée de l'histoire australienne pour un tel délit : 461$. Il n'avait pas payé les amendes précédentes et avait fait de la liberté du vote un combat politique. Il n'avait pas voté depuis 1985, et la nouvelle amende lui a été délivrée après le référendum constitutionnel de 1999, auquel il n'avait pas non plus pris part. Le 12 mai 2004, la police australienne l'arrêta et le mit en prison. Souffrant d'une angine et d'autres problèmes de santé, il a été relâché après quelques heures.

         A chacune de ces histoires, les protagonistes attirent la sympathie de nombreux commentateurs et se voient offrir une possibilité d'expliquer leurs actes. Melissa Manson expliqua que l'offre politique ne lui avait pas paru satisfaisante, et que le vote obligatoire n'existait que pour appuyer et protéger les politiciens5. Bill Smithies, après avoir fait part de son intention d'arrêter ses activités contre le vote obligatoire dira : « Ma conscience ne me permet plus de participer aux affaires politiques d'un pays qui met les gens en prison pour ne pas voter »6.

2012-2013 : procès d'abstentionnistes

       D'après ce que j'ai trouvé sur le web, l'année 2012 semble avoir relancé le débat sur le vote obligatoire autour d'un nouveau conflit juridique. Anders Holmdahl, 65 ans, habitant d'Adelaïde, a été convoqué par le tribunal après s'être abstenu de voter aux élections fédérales de 2010, et avoir refusé de payer l'amende de 20 dollars australiens qui lui a été infligée. La «  Supreme Court  » d'Australie du Sud a rejeté son argumentation de type juridique. Anders Holmdahl défend l'inconstitutionnalité de l'Acte Électoral Australien pénalisant les gens qui ne vont pas voter. Pour l'accusé, un droit ne peut pas être également un devoir (devoir doublé d'une contrainte juridique), ce que précisément l'Acte Électoral fait du vote. On pouvait lire directement dans la presse du 3 avril 2012 ses arguments, dont voici les plus importants : « La Constitution dit que c'est mon droit de voter – l'Acte Électoral dit que c'est mon devoir. Mon point de vue est que la Constitution prime sur l'Acte Électoral. » et « Le système actuel est une violation de la liberté individuelle et du libre arbitre »7.

     Le débat au tribunal de l'Australie du Sud a trouvé un certain écho dans la presse. Le jugement a même été déplacé exceptionnellement dans un amphithéâtre de l'université Flinders d'Adelaïde afin d'accueillir un public plus large dont de nombreux journalistes. Perdant, le citoyen inculpé a tenté de faire appel devant la juridiction la plus haute du pays, la High Court (à Camberra) mais une procédure alambiquée (via un débat à nouveau à la Supreme Court d'Australie du Sud entre l'avocat de l'accusé plaidoyant pour un appel devant l'instance nationale la plus haute, le Procureur général d'Australie du Sud et la commission électorale australienne à Camberra, reliée par vidéo) a jugé la demande en appel irrecevable le 15 avril 2013 (voir le détail du débat ici). Il s'est dit prêt à aller en prison s'il venait à être condamné. Il a obtenu quelques soutiens importants, tel celui de l'ancien sénateur Nick Michin8, qui dit « J'ai toujours dit que le vote obligatoire était une violation des droits démocratiques des Australiens, donc je me réjouis que l'affaire soit portée au tribunal. ».

    Il semblerait que Anders Holmdahl ait décidé d'utiliser son ultime recours9 pour contester sa condamnation, en interpellant le Haut-Commissariat aux droits de l'homme.

 Affaire à suivre...

  Un autre sexagénaire avait fait parler de lui sur le même sujet en 2012. Il s'agit d'un présentateur radio de 68 ans, Derryn Hinch, qui s'est vu convoqué devant la Cour de Melbourne pour n'avoir pas payé l'amende suite a son abstention en 2010. La sanction du présentateur a été réévalué de 155 à 272 dollars australiens. Derryn Hinch avait plaidé non-coupable en se défendant seul. Après avoir développé des arguments sur l'incompatibilité philosophique et juridique des notions du droit de vote et de devoir contraint, il fit notamment savoir que son métier de journaliste l'obligeait à une certaine neutralité, et qu'il pensait tendre vers ce objectif éthique en ne prenant pas part à un scrutin où s'affrontent des personnes qu'il est amené à interviewer.

Le donkey vote, abstentionnisme et bipartisme

 dessin : http://www.compulsoryvoting.org/

         L'obligation de voter conduit à un dysfonctionnement de la démocratie représentative australienne comparable à celui causé ailleurs par l'abstention. Si le taux de participation est élevé en Australie, il peut paraître absurde qu'à l'origine du vote d'un certain nombre de citoyens, vienne la contrainte. Ainsi, l'Australie connaît un phénomène électoral original du fait de la combinaison de l'association du vote obligatoire et du système de vote préférentiel. Il s'agit du donkey vote (« vote âne »). Un grand nombre de personne, par désintérêt sans doute, ne change pas l'ordre des candidats sur son bulletin, en mettant un 1 devant le premier nom de la liste, puis un deux devant le deuxième, un trois devant le troisième, etc. Les candidats étant classés par ordre alphabétique, la sureprésentation des noms commençant par les premières lettres de l'alphabet parmi les élus est importante.

     Autre dysfonctionnement induit par le vote obligatoire : le faussement du sens du vote nul. L'avocat de Anders Holmdahl, Kevin Borick QC, à la barre d'Adelaïde avait d'ailleurs estimé que sur 729 304 votes nuls à la dernière élection, environ 350 000 pouvaient être attribué à l'accomplissement d'une pure formalité pour ne pas devoir payer d'amendes.

    Nous n'avons pas voulu traiter du bien-fondé ou non du vote obligatoire. Ce n'était pas notre objet. Cependant, avec ces exemples australiens nous croyons pouvoir dire que le problème de l'abstention ne peut pas se résoudre seulement de manière mécanique, comme le pensent de nombreux journalistes et certains politistes des régimes parlementaires, éternels insatisfaits des taux de participation. Sans doute l'obligation de voter en Australie trouve t-elle ses fondements dans la volonté d'intégrer les nouvelles populations arrivées de l'étranger, de faire des générations immigrées qui se succèdent des citoyens impliqués dans la vie politique du pays10. Néanmoins le vote obligatoire apparaît in fine d'abord comme une fiction posant de nombreux problèmes philosophiques et juridiques. Ces questions ne sont pas propres à l'Australie mais à quelques pays qui sanctionnent encore l'abstentionniste. Le Chili a abandonné en 2012 le vote obligatoire, la Belgique ne sanctionne plus les contrevenants à sa loi électorale...

     Toutes ces personnes qui enfreignent la loi électorale australienne participent à faire vivre un débat sur les institutions et les modalités de sélection des élites politiques. Il est vrai que l'Australie n'est pas un régime autoritaire et que ces « désobéissants » prennent des risques limités, au regard des risques encourus par des activistes sous d'autres régimes. Ces personnes prennent des risques cependant et rentrent ainsi dans la définition du désobéissant, du frondeur ou de l'anarque d'un Lanza del Vasto dans Technique de la non-violence (1971) : « Ce qui est juste, digne et opportun, c'est le soutenir ce premier droit de l'Homme qui est de s'élever au-dessus de ses passions de citoyen, qui est d'obéir à sa conscience plutôt que de céder à l'amour-propre, à l'opinion des gens et aux menaces du Pouvoir. » ou dans L'enracinement de Simone Weil pendant la Deuxième Guerre mondiale : « Mais en tout cas une condition nécessaire, quoique non suffisante, pour pouvoir désobéir sans crime, c'est d'être poussé par une obligation si impérieuse qu'elle contraigne à mépriser tous les risques sans exception. ».

      En France comme ailleurs, on peut s'inquiéter de l'abstentionnisme comme le font Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen dans La démocratie de l’abstention. Aux origines de la démobilisation électorale en milieu populaire (2007), mais rendre obligatoire le scrutin ne peut être une solution traitant des causes du problème. Peut-être faut-il refonder la démocratie plus profondément que sur l'injonction à voter, en pensant à une participation du peuple dans la politique et en posant un débat – aujourd'hui presque impossible – sur les institutions. Une autre île, une autre utopie, l'Islande, à l'occasion de la crise économique, a semble t-il commencé à emprunter cette voie en laissant son peuple réécrire sa Constitution.

           Réécrire la Constitution, cette loi des lois, c'est ce que nous devons faire pour sortir de ce système bipartite infâme qui nous enferre dans un non-choix déguisé en démocratie. Il faut que nous sortions de ce carcan institutionnalisé... En Australie, le vote préférentiel favorise les gros partis consensuels, au détriment des partis marqués du sceau de l' « extrémisme ». En France et dans beaucoup de pays, tout un système médiatico-juridique défavorise les petits partis. Ce système bicolore ("où le rose a des reflets de bleu"11) ironiquement maintient partout des élites se faisant passer pour des sages mais choisis par défaut. Il faut que l'on organise un dialogue entre tous les non-corrompus, les non-carriéristes, les gens de bonne foi de diverses obédiences pour terrasser cette fausse démocratie.

 

1. Du nom de l'ancien chancelier allemand Willy Brandt, superviseur du rapport Nord-Sud, un programme de survie, un rapport qui se disait indépendant malgré une filiation avec la Banque Mondiale. Il se voulait à la fois un diagnostique de l'état du monde et un sage manuel pour sa conservation et son amélioration.

2. D'après l' « Australian Bureau of statistics » : il y avait 5 993 945 résidents nés à l'étranger au milieu de l'année 2010, soit 26,8% de la population.

3. En réalité l'article 329A du code électoral n'est pas invoqué. Pour reconstituer les termes du débat, voir le site du Australian Electoral Commission http://www.aec.gov.au/Elections/australian_electoral_system/files/jscem/1996_election/sub77.pdf

4. A l'occasion du centenaire de l'inscription obligatoire, on lit cependant sur le site de l'Australian Electoral Commission que quelques 1,5 millions d'Australiens éligibles manquent sur les listes électorales. Aujourd'hui, l'absence sur les listes électorales n'est plus sanctionné par une amende. http://www.aec.gov.au/About_AEC/publications/fact_sheets/centenary.htm

6. ''My conscience no longer allowed me to participate in the political affairs of a country that was putting people in jail for not voting.'', http://www.accessmylibrary.com/coms2/summary_0286-21252608_ITM

7. « The constitution states that it is my right to vote - the electoral act states that it is my duty. My argument is that the constitution over-rides the electoral Act. » ( http://www.news.com.au/national-old/fight-for-right-not-to-vote/story-e6frfkvr-1226317057696 )

8. « I've always said that compulsory voting is an infringement of the democratic rights of Australians, so I'm delighted this case was brought to court » ( http://www.abc.net.au/news/2012-09-24/minchin-backs-voting-legal-fight/4277466)

9. http://en.wikinews.org/wiki/High_Court_of_Australia_dismisses_appeal_against_conviction,_compulsory_voting

10. Il faudrait une étude complète sur le sujet, mais a priori, l'Australie n'est pas particulièrement exemplaire sur le sujet. D'après Kanthi Lewis, « Even if we are voting it is still a predominantly white male parliament. We can’t really solve the injustice while we are forcing people to try and work in a framework that was designed to exclude them. », « Civil Disobedience and Woomera » in Journal of Protest and Globalisation, University of Technology Sydney, Sydney, 2007, p.50

11. Alain Bashung, "Résidents de la République", Bleu pétrole, 2008


 

Autre :

Joli article : « The Upcoming Australian Federal Election - I Don't Want To Vote",

http://centrecentre.blogspot.fr/

Analyse de la domination des gros partis australiens :

http://www.abc.net.au/radionational/programs/latenightlive/australian-political-parties-and-compulsory-voting/4836086


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26 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 30 juillet 2013 14:26

    - vote obligatoire : OUI !
    - liste avec ordre préférentiel : ridicule
    pour une véritable démocratie :
    - vote obligatoire
    - vote pour UN candidat ou vote NUL selon les gouts de l’électeur
    - pour être élu : avoir la MAJORITÉ des votants, sans exception ...


    • Emmanuel Glais 30 juillet 2013 15:29

      On ne peut pas forcer quelqu’un à exercer son droit...

      La démocratie selon moi c’est plutôt le tirage au sort (au minimum du sénat - même si il faudrait changer le nom - les sénateurs n’ont aucune légitimité actuellement) et le référendum d’initiative populaire !

      Le tiré au sort peut refuser la charge (ou on tire au sort parmi les volontaires).


    • bibou1324 bibou1324 30 juillet 2013 15:37

      Démocratie signifie le pouvoir au peuple. S’il existe un gouvernement, c’est le pouvoir au gouvernement. Donc pas une démocratie. Voter pour un candidat est anti-démocratique. Voter pour décider de décisions politiques, de loi, c’est démocratique.


      Marre de ces gens qui utilisent les mots n’importe comment.

      Une démocratie ne peut pas être un pays avec des élections, par simple définition.

    • sleeping-zombie 30 juillet 2013 21:08

      @bibou
      Je te soutiens moralement dans ton vain combat contre les armées du Général Propagandos :)


    • YVAN BACHAUD www.ric-france.fr 31 juillet 2013 08:27

      Le tirage au sort ne peut concerner QUE la Constituante ! PAS l’ A.N ou le sénat.. car quel premier ministre, quel gouvernement aurait la confiance ? Et pour combien de temps ? 

      Et le Président élu au SU DIRECT comme le souhaite 89% des Français il aurait quelle majorité pour faire voter son programme ?
      Voir les modalités du tirage sur le forum de www.ric-france.fr et l’améliorer..

    • HELIOS HELIOS 31 juillet 2013 14:47

      reponse a l’attention de mr Y Bachaud.

      Je ne defends pas le tirage au sort...

      Mais, dans le cas d’une republique dotée d’un mecanisme de democratie representative (c’est a dire avec un parlement), le fait que les députes soient tirés au sort ne retire en rien la legitimité d’un gouvernement.

      En effet, la democratie n’est pas portée par l’executif, mais par le legislatif. L’executif, c’est a dire le gouvernement, nommé ou elu et controlé par la representation nationale est legitime.
      Cela implique, pour une fois, que le gouvernement respecte ce que le parlement lui demande, c’est a dire ce que les citoyens demandent.

      cela change, hein ? la legitimité comme preuve du respect de la volonté citoyenne....


    • Radix Radix 30 juillet 2013 15:42

      Bonjour

      L’australien moyen ferait passer l’américain moyen pour un intellectuel, votre article ne fait que conforter cette opinion !

      Radix


      • Esprit Critique 30 juillet 2013 15:53

        Trois réactions toutes plus sottes, les unes que las autres, et que l’article lui-même .

        je laisse de la place aux autres , je ne parlerai donc que du mode de scrutin de Jef88, ou si aucun candidat n’est vraiment apprécié, personne n’est jamais élu.

        C’est le vote perpétuels !


        • ThaTon ThaTon 30 juillet 2013 16:05

          Les conditions du scrutin sont un problème tout à fait secondaire en regard de la médiatisation des candidats à la représentation nationale. Les grands vecteurs de communication sont au premier chef responsables du verrouillage électoral et donc de la démobilisation. Des outils juridiques ne pourront guère que sauver la face.

          Ni la privatisation, ni la nationalisation des grands médias n’offrent de solution satisfaisante. Selon que les intérêts servis soient privés ou étatiques, le résultat sera le même. Si l’on croit à la à une certaine forme de démocratie, la régénération politique passe avant tout par une vulgarisation des outils de propagande, c’est à dire la neutralité du tissu médiatique sur le modèle d’Internet, avec tout ce que ça suppose de dérive.


          • bernard29 bernard29 31 juillet 2013 13:28

            exact. rien a ajouter


          • rototo 30 juillet 2013 20:09

            sujet intéressant mais trop long a lire. en tout cas j’apprends que le vote obligatoire existe en Australie.


            • Daniel D. Daniel D. 30 juillet 2013 20:31

              Plus proche de chez nous, en Belgique aussi le vote est obligatoire.


            • Tall 30 juillet 2013 20:48

              oui ... sauf que ça vient de s’arrêter via une méthode à la belge

              en clair : juste avant les dernières élections, la ministre concernée a dit devant tous les médias que le vote restait légalement obligatoire mais qu’aucune sanction ne serait prise en cas de refus

            • L'enfoiré L’enfoiré 30 juillet 2013 22:39

              Long mais intéressant.

              Un pays vers lequel j’ai eu, jeune, l’envie de m’expatrier.
               

            • L'enfoiré L’enfoiré 30 juillet 2013 22:48
              Le vote est obligatoire en Belgique depuis 1894. Cette mesure avait pour but de rendre possible le vote de tous et surtout de la classe la plus pauvre sans aucune pression. Un patron ne pouvait pas imposer un jour de travail pendant un scrutin pour empêcher ses ouvriers de se rendre aux urnes.

              Il y a quelques pays dans lesquels le vote est obligatoire
              Tout est question de rétorsion en cas de non-observance, en effet.
              Si en Belgique, il n’y en a plus vraiment, le fait de ne pas se présenter au bureau en tant qu’assesseur quand il a été choisi, demeure passible d’une amende. 
               

            • YVAN BACHAUD www.ric-france.fr 31 juillet 2013 08:34

              Le vote obligatoire est une honte ! 

              Aussi longtemps que l’on ne pourra pas CHOISIR nos représentants par le vote préférentiel qui existe dans 18 pays sur 28 de l’UE ET SURTOUT aussi longtemps qu’on ne pourra pas les CONTRÔLER par référendum d’ INITIATIVE CITOYENNE, il faudra bien rester chez soi pour marquer son désaccord.. !
              On ne peut voter pour des gens qui annoncent vouloir CONFISQUER le pouvoir pendant 5 ou 6 ans
              Il fauit aussi se regrouper pour « arracher » le RIC au pouvoir c’est l’objet de « Article 3 » qui va bientôt avoir son site et sa pétition pour le RIC www.article3.fr&nbsp ;

              • L'enfoiré L’enfoiré 31 juillet 2013 09:23

                Yvan,

                 Si vous avez lu ce qui précède, vous avez pu comprendre les raisons initiales qui, je l’admets, n’existent plus aujourd’hui.
                 « Rester chez soi »
                Mais c’est bien sûr, pouvoir voter ou non chez soi via Internet, c’est de plus en plus possible.
                L’Australie est un pays immense. L’éducation est depuis très longtemps distribuée via des réseaux radios avec des professeurs qui ne verront peut-être jamais leurs élèves en direct.
                Le quinquénat c’est Chirac l’a initié. Avant c’était sept ans.
                Le réduire encore ?
                Pourquoi pas ?
                Le système américain, quatre ans, avec un test au milieu.


              • Auxi 31 juillet 2013 10:58

                Voter, même blanc, c’est reconnaître implicitement la nature démocratique du régime. Avec les tenants du vote obligatoire, le masque tombe. Ce n’est pas la première fois : voir ce qu’il en fut du referendum sur la Constitution européenne : un déni de démocratie pur et simple. Et l’on a pu voir la « représentation nationale » contre la volonté du peuple « souverain ». Si on me contraint à voter, je me débrouillerai pour déposer dans l’urne un bulletin odorant, exprimant ainsi le fond de ma pensée vis-à-vis du système « démocratique ». Pour l’instauration du mandat impératif !


                • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 31 juillet 2013 12:40

                  Sans rendre le vote obligatoire, on pourrait exiger l’inscription sur les listes électorales comme préalable au versement des prestations sociales.

                  Par ailleurs je suggère que tout nouvel inscrit sur les listes électorales reçoive un exemplaire de la Consitution de 1958.


                  • Auxi 31 juillet 2013 13:55

                    De quel droit ? En quel honneur ? Pour payer des impôts, pas besoin de s’inscrire nulle part, on sait où me trouver ! Décidément, le chantage à l’existence est entré dans les mœurs ! La dérive totalitaire est de plus en plus visible. Exercer le droit de vie ou de mort sociale sous conditions politiques (car l’abstention est une expression politique), c’est « démocratique » ?


                  • Mowgli 31 juillet 2013 12:42

                    « qui ne va pas voter sans pouvoir avancer de raison valable est sanctionné d’une amende de vingt dollars.’

                    Quarante dollars.

                    Si vous ne voulez pas voter, il vous suffit de dire »je m’étais foulé la cheville, je n’ai pas pu me déplacer« . Je l’ai fait. Ou bien vous votez pour Mickey Mouse ou pour Donald Duck. Je le sais, je l’ai fait.

                     »S’il ne paie pas cette amende, il se voit retirer son permis de conduire."

                    Vous mentez.

                    Outre cela, le système de vote austalien est inspiré des observations de Condorcet.


                    • Emmanuel Glais 31 juillet 2013 17:08

                      Sur le site de l’Australian Electoral Commission : "Voting at federal elections has been compulsory since 1924 for all citizens on the Commonwealth electoral roll. Anyone who is unable to provide a valid and sufficient reason to the Divisional Returning Officer for failure to vote at a federal election and who does not wish to have the matter dealt with by a Magistrates Court may pay a penalty of $20 (section 245)."

                      http://www.aec.gov.au/elections/australian_electoral_system/electoral_proce dures/Electoral_Offences.htm

                      Si vous venez sur un site d’information et que vous prenez pour faux tout ce que vous apprenez ... alors c’est un malheur de vous avoir appris à lire.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 1er août 2013 09:18

                      Emmanuel,

                       « Si vous venez sur un site d’information et que vous prenez pour faux tout ce que vous apprenez ... alors c’est un malheur de vous avoir appris à lire.  »

                      Je vous renvoie l’appareil. Vous avez pu lire que l’obligation d’aller voter n’est pas si rare que cela et vous n’avez pas réagi. Alors je renvoie pour la France.
                      Maintenant, si vous ne croyez pas Wiki... 

                    • Emmanuel Glais 1er août 2013 22:22

                      Je sais bien que le vote en France est obligatoire pour les Grands Electeurs... Ce n’était pas mon objet : je n’allais d’ailleurs pas rallonger mon article à l’infini. Je me suis occupé du système australien, point.


                    • bernard29 bernard29 31 juillet 2013 13:39

                      Tous ces gens qui se servent de « l’absolu », de « la vérité vraie » en démocratie n’ont rien compris à la démocratie. (vote obligatoire, vote préférentiel, tirage au sort, etc etc ..)

                      Au lieu de chercher des exemples exotiques, il faut s’appuyer sur les expériences de notre propre Etat et faire évoluer les règles au lieu de courir après la solution miracle qui résoudra QUOI D’ABORD ??

                      Rien du tout !!, la question n’est pas le moyen d’avoir des représentants , la question est celle du pouvoir et des droits que l’on donne à nos représentants, parce qu’un représentant qu’il soit élu, nommé, tiré au sort , à la courte paille, dès qu’il sera en position, utilisera cette position pour user et abuser de son pouvoir


                      • Mowgli 4 août 2013 21:13

                         

                        A propos du « vote de l’âne » (donkey vote) vous écrivez : « Les candidats étant classés par ordre alphabétique »

                        C’est faux, comme tout le reste de votre torchon. Les candidats sont classés par tirage au sort depuis 1984 :

                        « Prior to 1984, when political party names did not appear on ballot papers and candidates names appeared in alphabetical order, it was not unknown for parties to choose candidates with names beginning with a letter early in the alphabet, particularly in marginal seats, in order to secure a higher position on the ballot paper.

                        The effect of donkey votes has been lessened due to :

                         candidates names listed in random order on the ballot paper. »

                        Source : http://australianpolitics.com/voting/electoral-system/donkey-votes

                        Mes félicitations. Vous faites honneur au « média citoyen ». Affabulation et désinformation.

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Emmanuel Glais


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