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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Ces patrons qui nous jettent le discrédit

Ces patrons qui nous jettent le discrédit

Chevreux, Société Générale, Valéo, Crédit Agricole...Plus loin mais tout aussi stupéfiant, AIG, Merill Lynch, Bank of America...Autant de sociétés dont les patrons bénéficient de bonus incompréhensibles, se chiffrant à millions parfois même après les aides versées de l’Etat à leur entreprise, ou encore leur manque patent de résultats.

Ont-ils seulement conscience que par leurs agissements ils nuisent à l’entrepreneuriat français, dont je fais partie, au même titre que des dizaines de milliers de chefs d’entreprise. Ils nous décrédibilisent, nous procurent l’opprobe par assimilation et assassinent le fondemement de la morale libérale. Ont-ils perdu le sens de l’éthique ou ne l’ont-ils jamais eu ?

Quelques éléments pour recentrer le débat. Ces patrons, comme le rappelait il y a quelques jours un journaliste d’Europe 1, ne réprésentent tout d’abord que 1% des patrons français. Mais ce "pourcent" est suffisant pour que les 99 autres patissent de leurs agissements, suffisant pour que le prisme par lequel la politique oeuvre à l’aide des journalites, déforme la vision de l’économie libérale . Le vers est dans le fruit.
Pourtant, il n’est pas inutile de rappeler que le revenu moyen des chefs d’entreprises français est de l’ordre de 4.400€ par mois, loin des stock options, golden bonus et retraites chapeaux des dirigeants des entreprises susvisées et autres du CAC 40. Il n’est pas inutile de rappeler que la France est constituée de PME/PMI qui assurent l’emploi à 80%, sans avoir attendu les bonus dorés pour fonctionner. Que les patrons de ces dernières se débattent entre les impôts, les charges, les prises de commandes, les contraintes sociales, la paperasserie, se battent contre les banquiers, les impayés, les licenciements, parfois même l’Etat et tout cela pourquoi ? Pour tenter de sauver l’emploi et le sens qu’ils donnent à leur combat...sans bien entendu pouvoir bénéficier du chomage ou de toute autre forme de garantie. Mais bien sur, pour comprendre cela il faut avoir créé, repris ou sauvé une entreprise, en aucun cas en hériter et encore moins être désigné à la tête d’un navire dont on ne connait pas les commandes.

Et cela, le Medef ne l’a ni vu ni compris.
Et pourtant, même au siècle dernier la simple hérédité n’étant pas une garantie de compétence dans les affaires, la continuité de l’entreprise passait par une attentive formation des fils d’entrepreneurs ou, à défaut, de leurs neveux, jusqu’à ce qu’ils soient capables d’assumer des fonctions de responsabilités, puis d’être associés à la gestion. Où est passée cette longue formation au métier et à la responsabilité de l’entreprise ? Dans les grandes écoles et les grands corps ? Ce peut-être une solution respectable. Elle devient cependant illusoire si elle est soumise à la dictature du court terme, à l’attrait du profit immédiat et à l’absence d’éthique. Car si l’entreprise est l’organisme économique, l’entrepreneur lui donne la vie, la direction, la conscience, il est la force motrice de la structure sociale (Paul Leroy-Beaulieu).

Un entrepreneur est un batisseur et il n’y a d’entreprise que dans une vision à long terme. 
Sont-ce donc des entrepreneurs que ces patrons qui oublient l’intérêt général et privilégient le leur à très court terme au détriement de la stratégie de l’entreprise dans son contexte économique ? Qui changent de postes comme d’employés, de fournisseurs comme de chemises ?
Je puis vous dire que non car pour eux, point de souci du prochain ni modération des pulsions d’avidité et d’accaparement. L’esprit de lucre aura pris le pas sur la morale entrepreneuriale, sur les règles de droit et d’équité qui prévalent chez la majorité d’entre nous, chefs d’entreprise.
Mais cela non plus le gouvernement ne le voit pas et fait d’une actualité centrée sur les grands patrons un cas semble-t-il général. Il faut bien des boucs émissaires...et l’on prend des "non patrons", au sens éthique du terme, pour moraliser tous les vrais, les autres....

Je ne remercie pas ces pseudo patrons et j’ai honte pour eux.
Je ne remercie pas l’Etat de leur préter tout ce crédit médiatique.

L’inévitable Loi qui va être imposée et dans laquelle peu d’entre nous vont se reconnaitre, viendra probablement briser l’entrepreneuriat dans sa conscience propre, l’envie d’entreprendre simplement et librement. Mais s’il faut en passer par là, pourquoi pas. Cette Loi de toute évidence, n’atteindra pas plus durement un vrai chef d’entreprise qui a de la conviction, que les coups qu’il prend à chaque étape de la construction de son entreprise dans un tel contexte.
Mais il est une chose que la Loi ne remplacera jamais, c’est la morale et la conscience de l’autre, le sens de l’éthique. C’est une question de respect, d’éducation, de valeurs et légiférer sur ce point me semble bien délicat ! Des voyous, il y en a eu de tous temps, partout et il y en aura encore demain. C’est le genre humain qui le veut...

Sur ce dernier sujet : lire l’entrepreneur et l’éthique (blog .tpe-pme.com)

Cyber entrepreneur


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22 réactions à cet article    


  • Radix Radix 8 avril 2009 19:35

    Bonjour

    C’est désert ce soir !

    Il est vrai que la plupart des patrons ne se reconnaissent pas dans le portrait qui est brossé d’eux.
    C’est justement parce-qu’ils sont des patrons et que ces gens ne sont que des employés.
    Un patron c’est quelqu’un qui a mis ses billes dans l’entreprise, bon pas son patrimoine personnel faut pas déconner, mais au moins une partie de ses économies et qui essaye de tenir la route contre vents et marées !
    On peut faire d’autres reproches à quelques un de ces patrons comme d’oublier un peu les employés quand tout va bien et se souvenir d’eux quand tout va mal... mais çà c’est humain !

    Radix 


    • foufouille foufouille 8 avril 2009 19:39

      ma foi, certains l’ont bien cherche
      il y en a pas mal qui admirent les pdg ou considerent que le CDI est risque

      de plus la CGPME fait parti du MERDEF.......
      a force de vouloir baisser les charges duent aux employes, on finit s’en prendre dans la tr......
      j’ai pas vu de projet du style auto entrepreneur ameliore


      • Radix Radix 8 avril 2009 21:30

        Rebonjour

        J’avais oublier de lire votre pédigré avant de poster donc je vais émettre une légère correction à mon premier commentaire !

        Un diplome de science-po ne prépare pas à devenir patron, contrairement à un bac technique, cela prépare à devenir un « faiseur de vent » !

        Radix


        • Cyber entrepreneur Cyber entrepreneur 9 avril 2009 16:54

          Bonjour Radix,
          Ce n’est pas très agréable comme remarque mais bon !
          En tout cas, c’est pourtant bien une entreprise que j’ai monté et qui a la chance de fonctionner !
          Merci quand même d’avoir fait l’effort de lire...


        • Radix Radix 9 avril 2009 19:08

          Bonsoir

          Je suis désolé si je vous ai vexée, mais reconnaissez qu’un dîplome de Science Po n’est pas ce qui ce fait de mieux en compétence appliquée à un métier.
          Même un CAP serait mieux !

          Par contre si vous voyez votre contribution à la bonne marche de la boite en « public relation », en recherche d’investisseur et de clients, c’est parfait.

          Autrefois il n’y avait pas de dîplome pour faire représentant de commerce !

          Radix


        • Christophe Christophe 8 avril 2009 21:59

          @L’auteur,

          Peut-être vais-je vous surprendre, mais je suis heureux que vous fassiez ce type de dissociation entre patron-entrepreneur et patron-gestionnaire (en résumé). Je ne crois pas que MEDEF et CGPME (pour la représentation syndicale patronale) aient exactement les mêmes intérêts.

          Comme le signale Radix, il existe une différence fondamentale entre un véritable entrepreneur et un gestionnaire coopté pour gérer au mieux un Groupe ou une entreprise.

          C’est cet amalgame qui me semble dangereux. Des patrons, il y en a une très grosse proportion, principalement dans les TPE et PME indépendantes (hors Groupe) ; certes, il existe des brebis galeuses, mais elles sont loin d’être majoritaires. De plus, la vie de votre structure, pour ne pas dire parfois votre survie, est tout autant contrainte, la plupart du temps, par ces Groupes pour lesquels nous nous rendons compte que les différentes mesures prises ne vont que dans leur sens.

          En effet, beucoup de ces patrons prennent des risques personnels et je n’en connais aucun qui soit satisfait de l’échec. Pour les gestionnaires cooptés, c’est bien différent, par expérience, nous savons qu’ils ne courent aucun risque personnel si ce n’est se faire muter dans un poste placard au salaire minimum de leur dernier salaire (les Groupes ont les moyens pour ces salariés là).

          La crise actuelle sera, à mon sens, révélatrice de cette dissociation. Les Groupes s’en tireront avec de la casse sociale (variable d’ajustement comme ils disent) ; mais pour les entreprises indépendantes, dont les finances reposent sur leurs rapports avec leur banquier, déjà fortement pressurisées par les donneurs d’ordres, beaucoup auront disparues.

          Si cela peut vous consoler, sachez que nos dirigeants politiques ont des relations amicales, ou du moins personnellles, avec les grands patrons (gestionnaires et non entrepreneurs au sens noble) puisqu’ils viennent tous des mêmes écoles. Très peu de véritables entrepreneurs ont des relations politiques avec les représentants de l’Etat, au mieux avec les départements et les régions. Comme d’ailleurs très peu de salariés ont leurs tickets d’entrée auprès du gouvernement. Quoi de plus étonnant que la réalité indutrielle vue par nos dirigeants au plus haut niveau ne soit axée que sur les grands Groupes.

          Comme vous je le déplore, mais je n’ai aucun moyen d’action !


          • hand87 9 avril 2009 14:10

            Je partage entierement cette analyse. Ces patrons-mercenaires n’ónt rien a voir avec des entrepreneurs. Ils sont bien souvent les fossoyeurs des entreprises qu’íls dirigent (sans en faire une generalite) et ne font que prendre sans apporter grand-chose.
            Il en est differemement des reels batisseurs de projets qui eux se devouent corps et ame a leur « bebe »et leur personnel.
            Ne melangeons pas les torchons (tres sales) et les serviettes.


          • Cyber entrepreneur Cyber entrepreneur 9 avril 2009 16:57

            Oui merci Christophe pour ce commentaire que je partage totalement. et dailleurs c’est la raison pour laquelle lorsque j’ai du choisir il y a quelques années entre la grande et la petite entreprise, j’ai voulu la PME...quant aux moyens d’action, ils sont à créer !


          • Jiache 9 avril 2009 10:12

            @l’auteur
            Loin de moi l’idée de généraliser et de stigmatiser petits patrons ou grands patron. Je tiens malgré tout à réagir à vos propos.

            En effet, à vous écouter les patrons de petites entreprises seraient des saints qui sauvent la France tous les jours. Eh bien non ! On entend beaucoup parler des « patrons voyous » à la tête de grands groupes. Certains patrons de PME sont aussi des voyous, pas besoin d’avoir fait l’ENA ou science Po.

            J’en ai connu quelques uns de ces poujadistes (voir lepenistes) qui vous expliquent que tous les jours « ils mettent leurs couilles sur le billot », préféreraient n’avoir recours que à de l’intérim sous payé. Se sont les mêmes qui se « servent sur la bête » : automobile, essence, téléphone (appareil + facture), ordinateur, internet, frais de bouche élyséens, j’ai vu les factures (2 fois le salaire d’une secretaire).

            Alors non messieurs les petits patrons, vous ne me ferez pas pleurer. Si vous n’étiez pas content de votre sort vous feriez autre chose. Les seuls que je plains ce sont ceux qui sont vraiment honnêtes, eux doivent avoir du mal. Je n’ai pas le sentiment que ce soit la majorité, très loin de là.

            Cordialement


            • chmoll chmoll 9 avril 2009 10:34

              j’pense que vous ètes au courant,(certains) s’pays est suivis comme un feuill’ton,par des internautes d’autres pays,c’est de + en +

              le titre donné a s’pays est alliance et trahison,pasque d’après eux ,et c vrai ,tous les jours i s’passent des choses tordues

              faut dire que en regardant bien d’puis quelques mois , c’est vrai


              • Cyber entrepreneur Cyber entrepreneur 9 avril 2009 16:59

                @Chantecler

                Oui, c’est exact mais c’est encore de l’énergie et nous en avons besoin pour rester proche du terrain. Cela dit, c’est vous qui avez raison...Il va falloir


              • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 9 avril 2009 11:50

                Pourquoi coller Cheuvreux dans cette liste ? Evitons les amalgames


                • Internaute Internaute 9 avril 2009 12:13

                  « Pourtant, il n’est pas inutile de rappeler que le revenu moyen des chefs d’entreprises français est de l’ordre de 4.400€ par mois, loin des stock options, golden bonus et retraites chapeaux des dirigeants des entreprises susvisées et autres du CAC 40. »

                  Vous vous y prenez bien mal pour défendre votre cause car on ne peut pas baser un débat sur des comparaisons de choses incomparables. Dans ce cas, on quitte la logique pour rentrer dans la religion. Pour remettre les choses en perspective, je reprends votre comparaison :

                  « Pourtant, il n’est pas inutile de rappeler que le nombre moyen d’employés des entreprises françaises est de l’ordre de 5, loin des 100.000 qu’on trouve dans les filiales, divisions et départements que dirigent les patrons des entreprises susvisées et autres du CAC 40. »

                  Le plus gênant est qu’on si l’on compte 4 millions d’euros par patron du Cac40 (tous ne touchent pas autant loin de là) on arrive à un total de 160 millions d’euros, somme totalement dérisoire face au centaines de millions pris au contribuable pour financer les causes les plus inavouables comme l’immigration à Mayotte, sans parler des milliards donnés aux petits copains victimes de leurs propres erreurs de gestion.

                  Le véritable scandale n’est pas le salaire des patrons du Cac40 mais le fait que l’Etat prenne une participation majoritaire de 17% dans la BNP sans avoir le moindre droit de vote, en se privant volontairement de la possibilité d’aller voter contre le paquet de stock option que le conseil d’administration donnera au patron de la banque. On nous prend pour des esclaves, pour des imbéciles, pour des moins que rien juste bons à payer. Le « On », ce sont vos députés qui se sont votés une double retraite, qui touchent un salaire ridiculement élevé d’environ 20.000 euros par mois et qui se sont votés un parachute doré au cas où ils ne soient pas réélus. Ceux-là ne dirigent qu’eux-même et leur secrétaire mais curieusement, personne n’en parle. Ce sont pourtant eux les uniques responsabes de la crise. Les ouvriers licenciés continuent bêtement à séquestrer le cadre de l’usine alors que c’est à leur député qu’ils devraient demander des comtpes, par exemple pourquoi il les a mis en concurrence libre et faussée avec les esclaves du tiers-monde, provoquant ainsi la fermeture de l’usine.


                  • Cyber entrepreneur Cyber entrepreneur 9 avril 2009 17:02

                    Bonne analyse monsieur l’enseignant.
                    C’est un choix et vous l’avez fait en étant éclairé apparemment.
                    Bonne route et merci !


                  • Thierry LEITZ 9 avril 2009 14:01

                    Liberté d’entreprendre OUI, liberté d’exploiter, NON.

                    C’est le paradoxe du libéralisme, ses côtés clairs/obscurs. Il y a des entrepreneurs courageux, et des exploiteurs avides, le plus souvent un dosage des deux composantes.

                    Si vous voulez devenir riche rapidement, et avec une des sûretés acceptables (pas comme le jeu, ou la bourse), il vaut mieux tirer profit du travail de nombreuses petites mains, dociles du fait de leur propre sentiment de dépendance et d’incapacité, sentiment bien stimulé par les exploiteurs chez leurs « victimes ».

                    Prendre un peu de la VA produite collectivement pour soi seul peut se révéler lucratif. Plus l’entreprise est grosse, plus la VA est conséquente en général. Et plus encore dans certains secteurs du tertiaire (logiciels, jeux, culture, sports...) où la VA est forte à la base.

                    Mais ce n’est pas parce qu’une entreprise peut « porter » une rémunération extrême de certains de ses dirigeants qu’elle doit le faire. Question d’ethique sociale et de bonne gouvernance économique.

                    L’investissement, c’est l’avenir. La rémunération d’actionnaire est un jeu de séduction d’une gestion court-termiste à hauts risques (pour les salariés only...)

                    Hélas, ce n’est qu’en temps de crise qu’on s’interroge. Mais le scandale des surrevenus est ancien, environ 30 ans, mais s’est accentué gravement à la fin des années 90. Il ne concerne pas que les patrons. Sportifs, présentateurs-trices, vedettes diverses, politiques cumulards, rentiers de l’héritage, etc.

                    L’impôt, universel et progressif est la seule parade à ce genre de déviances. Au lieu de le combattre démagogiquement, on ferait mieux de le considérer comme le vecteur privilégié de la richesse collective, comme l’outil démocratique d’intégration sociale. Ce qui implique qu’il soit toujours bien employé, pour l’intérêt général.

                    Et pas pour favoriser l’actionnariat repu d’entreprises vivant de commandes publiques telles Dassault, Safran, Vinci ou Bouygues...


                    • Cug Cug 9 avril 2009 14:06

                      Il est temps de démanteler tous les groupes/cartels et de leur rendre une taille humaine.


                      • vienzy 9 avril 2009 15:36

                        Comme le disait La Fontaine :
                        Selon que vous soyez (votre nom) ou Pauget (Crédit Agricole), les valeurs de la mutualité ( il paraît que le Crédit Agricole est une banque mutualiste) font que l’argent sotira ou entrera (devinez) de/dans votre poche

                        Abject, n’est-ce-pas


                        • realworld 9 avril 2009 17:08

                          Comme chantecler, je garde mon mouchoir dans la poche. Personnellement je remarque que les seules fois où on n’entend la CGPME c’est pour entendre la ritournelle « les charges sont trop élevées », et encore, souvent emboitant la parole à une déclaration idoine du MEDEF. Sur l’histoire des scandales des bonus et autres stocks options, il aura fallu attendre jusqu’a très récemment cette dernière déclaré qu’il était temps que cela cesse car cela faisait du mal à l’image des entrepreneurs. Il est vrai que c’était plus facile car même Parisot venait d’admettre qu’il y avait des comportements répréhensibles.

                          Si les petits patrons voulaient se différencier faudrait peut être qu’ils préviennent leur représentant car ce n’est pas flagrant. Pourquoi ne pas définir un label en partenariat avec l’Etat interdisant les golden parachute, retraite doré, écarts salariaux démentiels (d’autant plus facile que peu en effet en bénéficie mais empêcherait les abus futurs en cas de développement de la société), représentation syndicale obligatoire dans les boites, transparence comptable quitte à négocier un small business act en retour pour vous différencier et redorer votre blason ? Il y a guère plus d’idées à la CGPME qu’au MEDEF ou dans les syndicats de salariés on dirait.

                          Enfin, il y a PME et PME. Dans la mienne, le PDG (fondateur) part avec 1.3 millions d’euros pour lui tout seul. L’enveloppe d’augmentation des 4000 salariés de la boite est de ... 1.4 millions d’euros. A noter que ce dernier à été condamné jadis à 400000 euros pour délit d’initié , vite remboursé les années d’après par une hausse des dividendes...


                          • loco 9 avril 2009 19:47

                            C’est pas bien malin de se polariser sur le fric. Que ces gens nous piquent le pognon, à la limite tant pis pour eux, quand la vache est mal nourrie elle ne donne guère de lait (eh, eh , on y est, non ?)
                            Le vrai reproche à faire à ces prédateurs, c’est d’avoir étendu leur empire au point de façonner tout le rapport social sur leur concurrence effrénée style guerre économique, d’avoir bouzillé nos métiers et soumis nos vies à une course imbécile et sauvage. Et ça, ça n’a pas de prix, et nul ne pourra nous « rembourser » ces années noires et deshumanisantes. Salauds !!!


                            • Jibus 10 avril 2009 04:26

                              @ l’auteure,


                              J’applaudis, et plutôt 2 fois qu’une !!! j’ai moi-même posté ailleurs, il y a quelques semaines un commentaire dans l’esprit du vôtre.
                              Tout petit entrepreneur, comme vous, je suis de ceux qui font tout pour préserver l’activité et les emplois (2), et comme vous, je ne comprends pas le discours gouvernemental, ni celui des syndicats dits patronaux - auxquels, je n’ai jamais adhéré. N’ayant rien à attendre des banques, j’espère seulement pouvoir tenir jusqu’au lendemain du soir de la crise, sans avoir à licencier, mais j’avoue ne pas me faire d’illusions. 
                              Être entrepreneur - patron est devenu vulgaire - c’est surtout avoir beaucoup de devoirs et un seul droit, celui de réussir, sinon... 
                              Le entrepreneurs, comme leurs salariés, subissent la crise mais n’en sont pas comptables. Les entrepreneurs ne spéculent pas avec leur propre investissement et sont très souvent caution solidaire de leur boîte. Enfin, les entrepreneurs, les vrais, essaient d’avoir une vision à long terme... Ce qui n’est pas le cas des dirigeants salariés des grands groupes cotés en bourse, qui sont mandatés par leur CA dans le cadre d’une mission de direction. L’activité et les risques ne sont pas les mêmes, loin s’en faut.... Alors être assimilé à ces gens là devient insupportable au-delà même du mot. 
                              Cela dit, j’ai assez peu d’espoir que cela change bientôt, le résultat du G20 apporte de l’eau à ce malheureux moulin....

                              • mouton-garou mouton-garou 16 avril 2009 17:29

                                Bonjour,

                                @ l’auteur

                                Un article qui dédouane les petits patrons qui se prennent pour des gros comme le dit sampiero dans son commentaire. Evidemment que 80 % des patrons francais dirigent des PME et qu’il ne faut pas les comparer à ceux du CAC 40, evidemment que ce ne sont pas les plus gros profiteurs du systeme. C’est important de tordre le cou à cet amalgame qui aboutit à des situations désespérées comme la séquestration de patrons qui devient le nouveau sport national.
                                D’ailleurs c’est peut être celà qui vous inquiète, non ? Un peu peur d’être cyber-séquestrée ?

                                Mais je vois que vous avez fait science-po et un DESS de finance : waouh, c’est cool ca ! Justement je cherche désespéremment quelqu’un qui peut m’expliquer comment avoir une économie stable en laissant l’usage de la création monétaire exclusivement aux banques privées qui y pratiquent l’usure. Une réfléxion la dessus ne serait pas une perte de temps !

                                Cordialement


                                • Christian Delarue Christian Delarue 30 août 2009 12:39

                                  L’entrepreneur ou l’individu appelé à se concevoir comme une entreprise

                                  Critique de la nouvelle servitude volontaire.

                                  Le mode de production capitaliste présuppose des rapports sociaux dans les structures de production qui mettent en conflit le travail et le capital. Ce dernier défend non seulement la liberté d’entreprendre, le droit de propriété privé mais un type d’activité fondé sur le dynamisme, l’inventivité, la créativité. Le capitaliste type est non seulement un organisateur mais aussi un meneur d’hommes et de femmes qui fonde son leadership sur l’exemplarité de son activité. Le capitaliste dans la PME ou la firme transnationale tout comme d’ailleurs son compère le haut fonctionnaire dans le cadre étatique sont des conquérants dans un monde d’hyper-concurrence, de compétition généralisée.

                                  Ce qui a changé avec le néolibéralisme c’est que ce type d’individu n’est plus le propre des grands dirigeants mais le modèle de quasiment tout un chacun. Le néolibéralisme ne laisse pas la figure de l’entrepreneur à l’artisan du vieux capitalisme ni même aux petits patrons de PME, ni même aux grands patrons de firmes transnationales. Le capitalisme social qui s’était développé après la seconde guerre mondiale était fondé sur une régulation de la vieille discipline du travail imposée par le capital au travail. Les travailleurs obéissaient, effectuaient la tâche prescrite avec le sentiment ambivalent du travail bien fait mais aussi de leur exploitation. Ils pouvaient se montrer zélés mais sans apologie du système d’exploitation . Le zèle provenait d’une motivation extrinsèque, pour avoir un meilleur salaire. Une nécessité . Aujourd’hui, presque tous les salariés, surtout les cadres intermédiaires, tendent à se concevoir comme un patron de lui même. Il en vient à critiquer le patron qui n’en fait pas assez. Il travaille en heure supplémentaire non payée. La motivation première est devenue intrinsèque. Bref il a intégré la mentalité entrepreneuriale du néo-capitalisme. L’être humain s’est conformé à la logique marchande et capitaliste pour produire plus, toujours plus de marchandises et de profits. La finance n’a fait que rajouter sa logique parasitaire à celle du néolibéralisme concevable comme phase et comme logique de domination sans limite du marché et de l’entreprise capitaliste et ce à des fins de pure productivistme. Le capitalisme tardif ne pose aucun sens à l’humanité. Le « travaillisme » effréné semble être sa seule valeur. Et en France N Sarkozy son grand ordonnateur.

                                  Pourtant ce modèle activiste du travail n’est pas sans inconvénient aussi bien pour l’auto-entrepreneur que pour les autres travailleurs. A l’évidence tous ne suivent pas le rythme d’enfer imposé. Pas mêmes les cadres qui pourtant prétendent être les nouveaux modèles du système. Il y a des gagnants et des perdants et les perdants n’ont qu’à devenir gagnant ou périr. Le système est fondamentalement odieux et barbare mais les objets marchands sont si beaux et la diversion médiatique si efficace. Les barbares roulent en Porsche, en Ferrari, en super 4X4 ! Crise climatique ? Réponse : marché du carbone et on continue ! Le problème est que l’idéologie d’accompagnement de ce mode de gouvernement des humains ne prévoit pas la panne, le repos, le rythme de sénateur, la petite productivité, la RTT (réduction du temps de travail). Pour la rationalité néolibérale on gagne ou on meurt. Le monde est fondé sur la compétition uniquement, pas sur la tolérance, la solidarité. Le néolibéralisme qui pose la « fin de l’histoire » (Fukuyama) et le « Il n’y a aucune alternative » (TINA) de Margaret Thatcher ne pense pas l’arrêt de la compétition ni même un adoucissement. Tout juste une moralisation nécessairement hypocrite. Quant à la refondation néo-solidariste verte de type keynésienne elle peine à se mettre en place sous les auspices du retour à "un pur capitalisme" (M Husson).

                                  Dans ce cadre les quelques revendications de libération qui laisse libre d’agir l’entrepreneur dans un cadre qui limite le travaillisme productiviste et qui demande d’abord la sobriété financière aux très riches. Il s’agit d’enclencher sur plusieurs pays occidentaux à forte productivité une réduction forte du temps de travail de l’ordre de 25 heures hebdomadaires afin que le principe de civilisation humaine qui veut que "nul ’est exempt de participer à la production de l’existence sociale" puisse s’appliquer. Ce qui signifie embauche des privés d’emploi mais aussi augmentation des salaires notamment pour les prolétaires, ceux et celles disposant de moins de 3000 euros par mois de salaire.

                                  Christian Delarue

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