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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Chômage, dividendes et Constitution d’origine citoyenne

Chômage, dividendes et Constitution d’origine citoyenne

Résumé : Le chômage paraît invincible, il paraît « qu’on a tout essayé »... Et pourtant, il existe une cause plausible, probable même, puissante, qui n’est pas du tout approfondie par nos meilleurs éditorialistes, ni par les experts patentés.

Cette cause a pourtant été repérée, analysée, et fortement dénoncée par les plus grands économistes du XXe siècle, dont Keynes : l’économie souffre du poison de la rente, c’est-à-dire des prélèvements des oisifs (les actionnaires) sur la richesse créée par les actifs (pas seulement par les salariés).

1. Cet article cherche d’abord à chiffrer le prélèvement des dividendes sur les richesses créées en France. Et les rouages juridiques qui permettent ce prélèvement sont à chercher dans la Constitution, texte suprême, qui donne une prééminence sacrée au droit de propriété, et ignore la reconnaissance au mérite de travailler. Malgré deux cents ans de pratique, on a du mal à s’habituer à ce coup de force d’un petit groupe d’hommes sur les autres, et le corps social continue à résister à cette injustice flagrante.

2. Cet article cherche donc, ensuite, à identifier les verrous juridiques qui condamnent les salariés à l’impuissance face à ce qui fait penser à un racket des actionnaires. La seule vraie solution durable contre le chômage de masse semble être, donc, pour les citoyens, d’écrire eux-mêmes une Constitution qui imposerait la démocratie dans l’entreprise, rendant enfin possible une juste répartition des richesses. Pour qu’elle soit honnête, il est essentiel que cette Constitution ne soit pas écrite par des parlementaires, car ces citoyens-là sont juges et parties dans le processus constituant. Il me semble que, pour les syndicats, pour les militants, et pour tous les démocrates, en fait, cette lutte institutionnelle devrait être prioritaire sur toutes les autres.


Chers amis,

J’ai besoin de votre esprit critique.

Je cherche à vérifier (avec vous, si vous le voulez bien) une thèse économique qui s’écarte des thèses habituelles des éditorialistes autorisés, mais qui semble pourtant plausible et cohérente.

L’hypothèse du poison de la rente

Ce ne serait pas, comme on nous le serine tous les jours, le coût du travail (des actifs) qui serait trop important pour que le moteur économique tourne correctement, ni la rigidité des employés devant la "nécessaire flexibilité qu’impose la globalisation", mais bien le coût de l’actionnariat (des oisifs) qui serait confiscatoire : l’inquiétante panne économique que nous vivons depuis plus de vingt ans serait due à un assèchement des richesses par des parasites, exactement comme à l’époque de Keynes, qui avait déjà bien identifié le poison mortel de la rente, au centre de son analyse, en préconisant finalement d’"euthanasier le rentier".

À la recherche des chiffres exacts 

Pour étayer cette thèse, je cherche les chiffres exacts de la ponction exercée chaque année sur la richesse nationale au profit des actionnaires.

J’ai trouvé sur le site de l’INSEE un tableau que j’ai peur de mal utiliser et je vous sollicite pour me corriger si je me trompe :

1 - Lien (conseil : utilisez plutôt un Clic droit, Ouvrir dans une nouvelle fenêtre) :
TEE INSEE

2 - Cliquer sur Tableau économique d’ensemble (TEE) (lien en bas à gauche),

3 - Puis, sur la ligne 4.30, "Comptes courants...", choisir l’année 2004 (car on n’a pas encore les chiffres d’ensemble pour 2005),

Le tableau s’appelle "Tableau économique d’ensemble : comptes courants de l’année 2004 base 2000".


Repérage des chiffres qui comptent

Il y a là beaucoup de chiffres, mais justement : seuls quelques chiffres sont importants, et vous allez voir que vous allez comprendre parce que vous êtes tous directement et personnellement concernés.

1) D’abord, est-il correct de considérer que la référence des richesses à distribuer (à répartir entre le facteur travail et le facteur capital qui ont tous deux contribué à la créer) se trouve à l’intersection de la ligne 14 nommée "B1 /PIB Valeur ajoutée brute", et des colonnes D et E "Sociétés financières" (les banques, etc.) et "Sociétés non financières" ?

Si vous êtes d’accord, on pourrait mettre en jaune les cellules D14 et E14 :

828,5 + 67,2 = soit 895,7 milliards d’euros de valeur ajoutée (VA) pour la France en 2004.

2) Ensuite, est-ce qu’il est juste de lire ces chiffres en disant que la part de VA affectée aux salaires en 2004 est sur la ligne 19 intitulée "D1 Rémunération des salariés" ?

Encore un peu de jaune sur D19 et E19 ?

539,2 + 40,5 = soit 579,7 milliards d’euros de salaires versés en 2004 (prélevés sur la VA) .

3) Enfin, est-ce qu’on peut dire que le prélèvement des actionnaires sur cette richesse est sur la ligne 35 intitulée "D42 Revenus distribués des sociétés" ?

Si cela vous semble correct, on mettrait en jaune les cellules D35 et E35 :

145,7 + 31.8 = soit 177,6 milliards d’euros de dividendes versés en 2004 (prélevés sur la VA).

Si ces coups de projecteur jaune sont pertinents, ce grand tableau de chiffres imbuvables gagne en lisibilité et devient une clef importante pour comprendre, non ?

Le TEE 2004 surligné :


(Pour agrandir le graphique, cliquez ici)


Synthèse de l’essentiel 

Donc, en pourcentage, en 2004 :

la part des salaires serait donc de 64,72 % (579,7 / 895,7)

et celle des actionnaires serait de 19,82 % (177,6 / 895,7)

Affirmation d’un "transfert de 10 points en 20 ans" non confirmée :

Est-ce que ce sont ces pourcentages qui se sont déplacés de 10 points depuis vingt ans ? (On lit souvent que 10 points de richesse auraient été perdus pour les salaires en vingt ans, et 10 auraient été gagnés par les actionnaires.)

Pour le vérifier, j’ai fait les mêmes calculs avec les chiffres de 1993 (chiffres les plus anciens disponibles sur la page de l’INSEE ci-dessus), et j’ai trouvé deux pourcentages étonnants : 65,16% pour les salaires (en 93), soit sensiblement le même qu’aujourd’hui, et 11,43% pour les dividendes (70 Mds sur 600 de VA en 1993), soit une augmentation de 74% en 10 ans.

Si ce n’est pas sur les salaires, sur quel(s) poste(s) les dividendes ont-ils été conquis en 10 ans ? Sur les impôts ?

Et est-ce que vous savez où trouver les chiffres d’il y a vingt ans, pour observer ce prétendu déplacement dans la répartition des richesses entre les actifs et les oisifs ?


Évolution du "partage" des richesses sur la longue durée - La source de l’OCDE 

Pour retrouver ce transfert de 10 points de richesses d’un groupe d’acteurs à l’autre, j’ai cherché et j’ai trouvé ce passionnant graphique publié par l’OCDE (qui n’est pas connu pour ses tendances révolutionnaires ou subversives) :


(Pour agrandir le graphique, cliquez ici)

J’observe ici deux phénomènes qui passionneront tout le monde, y compris les damnés de la terre non initiés à la science économique :

- Les profits augmentent depuis trente ans, mais l’investissement baisse sur la même période !

Ce qui tord le cou au gros mensonge : "gros profits => gros investissements => enrichissement de tous".

- La courbe du chômage évolue depuis trente ans exactement comme celle des profits non investis (distribués).

Ce qui met en pleine lumière les privilégiés oisifs, d’habitude discrets, à qui le chômage de masse profite directement et incontestablement.


Retour en France.
Conversion des milliards, incompréhensibles pour le commun des mortels, en valeurs plus quotidiennes :

En tout cas, pour la France, 180 milliards d’euros par an de richesses siphonnées (20 %... un cinquième de la richesse créée !) (passez-moi les décimales), ça représente combien de SMIC annuels ?

Le coût d’un SMIC annuel tout compris (sans réduction de charges) avoisine les 22 000 € par an, n’est-ce pas ?

Le paiement de la rente aux actionnaires
coûterait donc aux actifs, chaque année,
l’équivalent de huit millions de SMIC annuels !

Chers amis, ces chiffres me paraissent extravagants, exorbitants... Est-ce que j’ai commis une erreur quelque part ?


Conséquences probables de cet appauvrissement 

Est-il farfelu de rapprocher ce chiffre de celui des chômeurs, officiels et officieux ?

Est-ce que tout cet argent ne manque pas aux grandes entreprises, très simplement, pour investir et pour embaucher ?

Est-ce que ces 180 milliards par an ne leur font pas défaut pour payer convenablement (au lieu d’étrangler par les prix) les PME qui sont leurs fournisseurs ? La pénurie de richesse qui naît de cette incroyable ponction ne se propage-t-elle pas dans toute l’économie, jusqu’aux plus petites PME, en rendant tous les acteurs pingres parce qu’appauvris ?

Je pense, par exemple, à l’étranglement des PME par la grande distribution, sociétés cotées en Bourse et extrêmement profitables, mais profitables pour qui ?

Nos représentants sont-ils de bonne foi ?

Est-ce qu’on ne se moque pas de nous quand on prétend combattre le chômage avec la précarisation des salariés, des aides aux entreprises, la flexibilité des salariés, des diminutions d’impôts des plus riches, des efforts des salariés dans tous les sens pour se serrer la ceinture depuis des décennies, alors qu’un véritable racket s’enracine et s’amplifie impunément de l’autre côté des prétendus "facteurs de production", du côté du "facteur" qui décide, pas de celui qui travaille ?

Comble du cynisme, le NAIRU 

Est-ce que vous avez entendu parler du NAIRU (Non-Accelerating-Inflation Rate of Unemployment : "taux de chômage non accélérateur de l’inflation"), et qu’est-ce que vous en pensez ?

Voyez : http://lenairu.blogspot.com/.

Est-ce qu’on peut accepter un cynisme pareil ? (un taux de chômage minimum pour protéger le tas d’or des rentiers du danger de l’inflation !)

*****

Vous sentez probablement comme moi qu’il est tentant de se déplacer maintenant sur des considérations juridiques, totalement imbriquées avec les données économiques :

Qui décide de cette répartition de la valeur ajoutée ? De quel droit ?

Les dirigeants des entreprises cotées ? Par qui sont payés ces dirigeants ? Qui contrôle leur rémunération ? Les actionnaires ? Tiens, tiens...

Y a-t-il un lien entre le niveau de rémunération des dirigeants et leurs choix de répartition des richesses ?

Qui vote aux assemblées d’actionnaires ? Y a-t-il des salariés représentés dans ces assemblées où se décide (confirme) la répartition des richesses créées par tous ? Tiens... Et pourquoi pas ?

Pour créer des richesses, il faut deux facteurs de production : le travail et le capital. Comment se fait-il qu’un seul facteur, le capital, dispose de 100% du pouvoir ? Qui a écrit ce droit-là ? Des propriétaires ?

Quel pourrait être, quel devrait être, le rôle du droit pour permettre enfin une certaine démocratie dans l’entreprise et, plus largement, dans toute la société, tant les choix évoqués ont de répercussions sur la vie de tous les hommes ?

Où sont les verrous qui interdisent aux citoyens de reprendre la barre sur les sujets qui leur paraissent essentiels et sur lesquels leurs "représentants" déméritent gravement ? Quelle est la réalité que nous avons su donner, aujourd’hui, au précieux droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Qui écrit les constitutions ? Qui devrait écrire la Constitution ?

Qu’est-ce qu’on pourrait changer grâce au droit ?

Est-ce que vous trouvez aberrante l’idée d’imposer un droit de vote des salariés, aux côtés des actionnaires et à parts égales, dans ces assemblées générales où des décisions essentielles (pour toute la cité) sont prises (ou validées) ?

Est-ce qu’on peut attendre de la loi qu’elle limite le droit à distribuer des dividendes ? Selon quelle référence, quelle quotité ?

Est-ce qu’il est souhaitable d’interdire de payer les dirigeants en actions ?

Est-ce qu’on peut imposer une limite à l’amplitude de l’échelle des salaires dans une entreprise ? Un RMA, revenu maximum d’activité ?

Est-ce qu’on peut revenir à un mode de financement classique des entreprises (par prêts bancaires et la liberté après remboursement, plutôt que l’impôt à vie que sont les dividendes), moins dangereux que la Bourse Casino ? Est-ce qu’on peut se débarrasser carrément des Bourses ?

Comment décontaminer tous ceux qu’on a déjà empoisonnés en les payant avec de gros paquets d’actions ?

Est-ce qu’on peut sortir du piège qui a consisté à embarquer de nombreux retraités qui sont bien obligés aujourd’hui de vivre avec cette technique de financement "casino roulette black jack" que, souvent, ils n’ont pas choisie ? Est-il concevable de revenir du mode de financement des retraites par fonds de pension à un financement par répartition ?

Bon, je pose trop de questions, pardon.

Aidez-moi à y répondre, si le coeur vous en dit.

De la discussion jaillit la lumière :o)

Si par ailleurs, vous avez des idées pour concevoir et instituer nous-mêmes une nouvelle démocratie, je vous invite à venir en parler sur mon forum.

J’ai hâte de vous lire :o)

Amicalement.

Étienne Chouard
http://etienne.chouard.free.fr/forum/


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427 réactions à cet article    


  • Jbenard (---.---.92.11) 16 mai 2006 10:38

    Bonjour,

    C’est un grand plaisir de vous lire dans AGORAVOX et de constater que vos détracteurs pendant la campagne du référendum sur l’Europe n’vaient rien compris à votre réflexion.

    Ne pensez vous pas alors qu’on assène l’idée du « capitalisme ou la mort » que l’information sur les SCOOP est volontairement occultée ?

    Il me semble que l’émergence d’une nouvelle approche de la gestion de l’individu et des entreprises pourrait apporter un formidable contre poids au monolithe capitaliste.

    Cette idée vous parait-elle intéressante ?

    Cordialement

    JC BENARD


    • Étienne Chouard Étienne Chouard 18 mai 2006 10:27

      .

      Attention : j’ai commis une erreur dans la lecture du TEE, comme gem me l’a gentiment fait remarquer smiley

      L’objection de gem.

      Ma réponse à gem.

      Merci pour votre patience et votre bienveillante compréhension smiley

      Amicalement.

      Étienne.

      PS : Bonjour Jean-Claude smiley

      Pardonnez-moi d’avoir utilisé votre message seulement pour sa position en tête de fil : vous répondre ici est le meilleur moyen que j’ai trouvé d’afficher un avertissement honnête en bonne position.

      Sur l’idée formidable de cogestion, après les tumultes des premières 48 heures, nous arriverons sans doute bientôt à en parler de façon constructive, apaisée j’espère, avec ceux qui en ont peur (peut-être que ce sont eux qui ont raison, il faudra les écouter).

      Ça va probablement se passer à la fin des messages (en bas).

      ÉC


    • Étienne Chouard (---.---.6.224) 19 mai 2006 00:39

      .

      Rectificatif sur une prétendue erreur... qui n’en était pas une...

      Bonjour.

      - La réponse de gem est celle d’une huître (fermée, je veux dire ;o) ce qui augure mal d’un échange possible, tant pis.

      - Je vais quand même, après réflexion, rectifier un peu les choses sur cette histoire de comptes du TEER, en ‘Ressources’, dont, d’après gem l’infaillible, les montants devraient être soustraits des ‘Emplois’ pour appréhender la réalité des phénomènes...

      Gem me conseille d’aller prendre des cours du soir pour éviter de dire des bêtises.

      Je vais lui proposer de venir avec moi suivre ces cours pour débutants.

      Il semble qu’il en ait besoin car son injonction, (pourtant formulée avec suffisance comme une évidence), de soustraire des dividendes versés (en ‘Emplois’) les dividendes reçus (en ‘Ressources’) pour connaître les sommes qu’ont vraiment versées les entreprises, cette injonction ressemble bien à une grossière ânerie, pour me couler dans les habits de son registre de vocabulaire (ces habits-là me grattent, mais bon)...

      Mais encore une fois, il est possible que ce soit moi qui me trompe, cela va sans dire.

      Je rappelle le texte exact de son objection définitive, d’après lui suffisamment aérienne pour clore le débat :

      « Vous n’avez peut-être pas remarqué, mais le TEE est composé d’un TEEE (E comme Emploi) et d’un TEER (R comme ressources). Et vous avez confondu les deux. Sur vos 177 milliards, 130 milliards sont restés au sein des entreprises (H et I 35 du TEER). En réalité les « rentiers » (sic), les actionnaires, ont reçu ce qui est en case F35 du TEER, soit 48 milliards.

      A comparer par exemple aux 232 milliards de la cases F21 (disons les « charges sociales ») ou aux 324 milliards de la F47 (« Prestations sociales autres que transferts sociaux en nature »). Si (SI ... ) le poison de la rente existe, vous êtes un dangereux suppot du « MEDEF » (celui de la caricature, gros gouteux à chapeau haut-de forme et cigare) : les rentiers, ce sont à les retraités, les grands malades, les familles nombreuses, les RMIstes et les chômeurs de longue durée... et les actionnaires pour seulement 15 à 20 %. Et si vous croyez qu’en supprimant ces 48 milliards (hypothèse stupide, juste pour pousser l’absurde au maximum), soit 3 petits % du PIB, ou 15 % des transfert sociaux, vous aller trouver de quoi financer « un autre monde »... »

      Alors, soyons clair, je n’ai rien confondu : je n’ai même pas pris en compte les Ressources, je ne risquais donc pas de les confondre. (Par contre, côté ‘mélange’, gem peut donner des leçons à n’importe qui, effectivement ;o)

      Je rappelle que je cherche le chiffre des dividendes versés, des emplois, donc.

      Dans cette optique, chacun comprendra que je me fiche pas mal de savoir les montants des dividendes reçus, qui ne changent pas la réalité du versement (emploi) dont je cherche à chiffrer l’ampleur.

      Or le chiffre si décisif que gem présente comme s’il invalidait mon calcul, ce sont les dividendes reçus par les entreprises, et pas du tout ceux qui seraient soi-disant « restés au sein des entreprises » comme il le croit (on ira dans la même classe, aux cours du soir pour débutants ;o).

      En effet, une bonne partie des dividendes versés par les entreprises par actions le sont à d’autres entreprises, qui ont des portefeuilles de titres et qui sont donc, bien sûr, actionnaires.

      Mais d’où viendrait qu’il faille déduire les dividendes reçus par les entreprises des dividendes qu’elles versent pour évaluer ce qu’elles versent ???

      Nous ne sommes pas en train de faire le bilan du portefeuille de titres des entreprises, compte dans lequel il faudrait effectivement compenser les entrées et les sorties de dividendes : nous sommes en train de juger des choix (léonins) de répartition de la valeur ajoutée, au moment de la distribuer, en emplois seulement, donc.

      Et la cellule F35 du TEER à laquelle « gem le grand spécialiste » voudrait réduire les revenus des actionnaires ne contient que les revenus (‘Ressources’) des ménages. Ne me dites pas, gem, que vous réduisez les actionnaires aux seuls ménages... et que vous confondez ressources et emplois... (peut-être ira—t-on a des cours différents, finalement ;o) Allez, je rigole, ne le prenez pas mal... Je suis un débutant modeste qui s’amuse d’un débutant pas modeste, c’est tout, faites pas la tête... smiley

      Je retrouve donc, en équilibre (en gros) : 177 milliards versés (‘emplois’) en dividendes par toutes les entreprises (financières et non financières) à des entreprises (revenus-ressources : 130 mds) et des ménages (revenus-ressources : 48 mds). Ça colle à peu près et c’est logique.

      Y a-t-il une erreur dans ce résumé ?

      Donc, jusqu’à nouvel ordre, le TEEE convient parfaitement au calcul que je voulais faire, et c’est possiblement gem qui dit des... comment dit-il déjà, ce fin personnage ?

      Allez, sans rancune, gem, tout le monde peut se tromper, il faut se faire à cette idée, vous aussi, si si... ;o)

      Et si vous n’avez pas envie d’aller vous-même aux cours du soir, gem, personne ne vous en voudra parce que, heureusement, le monde ne vous ressemble pas et on vous pardonnera vite cette arrogance qui interdit le dialogue depuis la nuit des temps et qui conduit au conflit. Moi, même si ça ne suffit pas à permettre la conversation parce que, pour cela, il faut être deux, je suis capable d’oublier votre mépris d’un jour.

      Allez, je vais préparer ma réponse à Chitah qui s’est donné,lui, plus de mal que vous pour que nous nous comprenions au lieu de nous battre.

      Étienne.


    • Adolphos (---.---.59.170) 19 mai 2006 10:25

      http://geronim.free.fr/ecogene/approfondissements/approf15.htm

      L’EBE est ce qui permet à l’entreprise de se financer elle-même, et de rémunérer les capitaux, une fois rémunérés les salariés et l’Etat. Donc ce ne sont pas les dividendes en tant que telles.

      http://geronim.free.fr/compta/analysefin/partie24.htm

      Le site reprend votre chiffre de 170 milliards de francs « accaparés par les actionnaires au détriment des salariés ». Mais 170 milliards par rapport à 8800 milliards, ca n’a rien d’énorme.


    • gem (---.---.117.250) 19 mai 2006 20:51

      Très honoré d’être identifié comme grand spécialiste. Même par un débutant (têtu, en plus ; /ironie l’a du manger trop d’huitres en oubliant de les ouvrir ; ça expliquerait qu’il les prennent pour des pierres /endironie )... Dommage aussi que je ne sois pas un spécialiste en html, je vais faire un test du « truc » d’EC

      N’empêche, O honorable tête de mule, que votre réfutation est fausse. L’erreur existe bel et bien, les détails là :

      les détails là

      J’espère juste n’avoir pas besoin de recommencer.

      Ni l’HTML (pénible, c’est vrai ; au fait, merci pour le cours, même si j’ai du m’y reprendre à 4 fois pour obtenir le résultat. Au passage, je suis tomber par hasard sur le moyen de faire directement la réponse smiley ),

      Ni le cours de lecture de chiffres (on ne peut même pas appeler ça de l’économie !) parce que pour la pédagogie je me sais faible.

      Ah si, un exemple marrant.

      l’entreprise A verse 1000 € de dividende à l’entreprise B, l’entreprise B verse 1000 € à l’entreprise C, la C autant à la D, etc. et la Z , enfin, 1000 € à l’entreprise A ET 999 € à M. dupont. Par ailleurs chaque entreprise verse 10 000 € de salaires.

      Combien de dividendes versés ? 27 000 €, au total. Que signifie ce chiffre ? Rien. Aux problèmes fiscaux près, les entreprises aurait tout aussi bien pu se verser entre elles 0 ou 100 000 €, ou même n’importe quoi, elle n’aurait pas été ni plus riches ni plus pauvres. Seul compte d’une part les salaires, et d’autre part le dividende versé à M. Dupont.


    • gem (---.---.117.250) 19 mai 2006 21:09

      encore une autre façon de dire toujours la même chose (je n’hésite pas, là, question rabâchage, mais vous semblez avoir besoin qu’on vous ouvre les /pub huitres.../endpub) : regarder comment marche la taxe sur la valeur ajoutée.

      On déduit la valeur ajoutée « en entrée » de la valeur ajoutée « en sortie » (c’est d’ailleurs la définition, logique, de la valeur AJOUTEE).

      Alors, vous qui prenez les dividendes pour de la valeur ajoutée, expliquer nous pourquoi ça ne marche plus pour eux ? Ou rendez vous (vous êtes cerné)


    • Étienne Chouard Étienne Chouard 21 mai 2006 08:16

      Le TEE pour 2004 n’est plus disponible sur le site de l’INSEE (en tout cas, plus à l’adresse que j’indique dans l’intro).

      Pour comprendre et critiquer mon article je vous propose donc une copie du tableau que j’ai utilisé et dont j’essaie de comprendre les rouages : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/TEE_2004_t_430_04.xls

      Est-ce que ceux qui me trouvent nul, (ce que je peux comprendre parce qu’on est toujours le « con » de quelqu’un et que personne n’est parfait), est-ce que ces contempteurs auraient l’élégance de proposer leur propre méthode et leur propre chiffre pour évaluer en valeur absolue ce que prélèvent les actionnaires, et plus largement les rentiers, sur la richesse créée chaque année par ceux qui bossent ?

      Là, il va falloir qu’ils soient courageux, car leur exposé (détaillé pour que tout le monde comprenne) va immanquablement les exposer (un peu) à la critique ;o)

      Je trouve certains de vos messages poignants.

      Je n’ai pas eu une seconde samedi, pardon de tarder à vous répondre. En plus, il fait beau aujourd’hui... forte envie d’aller voler, difficile de résister aux sirènes que sont les jolis cumulus smiley

      Amicalement.

      Étienne.


    • Adolphos (---.---.59.170) 21 mai 2006 11:35

      « Les 40 plus importantes sociétés françaises cotées leur ont versé pas moins de 30,2 milliards d’euros en 2005 sous la forme de rachats d’actions ou de dividendes, selon les données compilées par Vernimmen.net. Un montant en augmentation de 19 % par rapport à 2004. Selon les données de Factset Estimates, les bénéfices nets récurrents des entreprises du CAC 40 devraient s’élever à 62,5 milliards en 2005. » http://www.lesechos.fr/patrimoine/bourse/200071151.htm

      Voila, donc 15 milliards d’Euro pour les actionnaire, (15 pour les fonctionnaires, puis -20% des 15 milliards si consommé) en voila bien des histoires pour si peu. L’IS est 40 milliard. Ce qu’il faut voir, bien sur, c’est les dividendes par rapport au capital investi. Vous vous rendrez compte en regardant vous même que le rendement n’est pas énorme.


    • Étienne Chouard Étienne Chouard 21 mai 2006 23:22

      .

      Pour info :

      Une réponse à Chitah,

      Une réponse à Gem.

      Amicalement.

      Étienne.


    • Chitah (---.---.91.222) 16 mai 2006 11:14

      Au contraire, la thèse que vous défendez est on ne peut plus banale, on l’a vue refleurir en début d’année dernière.

      Ce que vous mesurez, la part de la valeur ajoutée consacrée aux salaires et celle consacrée aux « actionnaires » est un mythe absolu. Si vous connaissiez un peu mieux la finance, vous sauriez que par exemple, si je vire tous mes salariés et je n’embauche QUE des intérimaires, alors selon votre calcul la part de valeur ajoutée consacrée au salaire serait de 0% (oui, de zéro pourcent) et celle consacrée aux actionnaires serait de 100%.

      Stop l’idéologie, essayez d’analyser un peu le compte de résultat d’une entreprise, et cessez d’employer des concepts magiques.


      • Chitah (---.---.91.222) 16 mai 2006 11:17

        En relisant attentivement cet article, je me rends compte qu’il est nécessaire de publier rapidement un démenti, car il est vraiment truffé d’erreurs et d’inexactitudes.

        Et je rappele encore une fois que des journaux comme Le Monde, Libé, Alternatives Economiques, le Monde Diplomatique, doivent consacrer au moins un dossier par an sur ce même sujet, avec les mêmes arguments foireux.


      • fmi1 (---.---.113.21) 16 mai 2006 12:01

        Vous écrivez :

        « Si vous connaissiez un peu mieux la finance, vous sauriez que par exemple, si je vire tous mes salariés et je n’embauche QUE des intérimaires, alors selon votre calcul la part de valeur ajoutée consacrée au salaire serait de 0% (oui, de zéro pourcent) et celle consacrée aux actionnaires serait de 100%. »

        Vous confondez macro et micro économie : dans votre exemple, la part de valeur ajoutée versée aux intérimaires apparaîtra quand même au niveau de l’économie française (macro), même si elle n’est pas dans les comptes d’une entreprise (micro). D’autre part, il n’est jamais dit que ce qui ne va pas aux salaires va aux actionnaires : cela va aux investissements, aux impôts et taxes et aux actionnaires.

        Caricaturer pour critiquer n’apporte strictement rien.


      • fmi1 (---.---.113.21) 16 mai 2006 12:05

        Des erreurs ? Lesquelles ? Des inexactitudes ? Lesquelles ? Apportez-nous vos lumières, en essayant de construire vos arguments un peu mieux que vos slogans lapidaires (et faux) de votre premier message. Merci.


      • Adolphos (---.---.59.170) 16 mai 2006 11:24

        Tous ca est fort drôle, mais vous oubliez que si certes les actionnaires (souvent des retraités) sont oisifs, et bien ca donne plus de chance aux autres de pouvoir travailler. Donc c’est normal qu’il remerci les actionnaires qui leur donne du travail.

        Par ailleur, comme je dis toujous, si c’était si bien que ca d’être actionnaire, quasi tous les français le seraient..


        • Yasunari (---.---.129.150) 16 mai 2006 17:08

          C’est tellement vrai que ça l’est aussi pour les milliardaires. Enfin oui, quoi, merdre, si c’était aussi bien d’être milliardaire, alors tout le monde le serait...


        • Adolphos (---.---.59.170) 16 mai 2006 17:27

          Exactement. Sauf qu’un action, ca commence à 15€, et milliardaire, à un milliard. 15€ pour toucher de mirifiques dividendes ! Pourquoi se priver ?


        • yasunari (---.---.8.68) 16 mai 2006 22:14

          Sauf que si tu presses le citron à mort, tu vas avoir 17%, soit 2.5 euros. Si tu presses assez longtemps, tu obtiens Enron, et tu dois payer pour te débarrasser du boulet. Au sens juridique du terme, la spéculation n’a rien d’une gestion « en bon père de famille ». C’est juste espérer acheter un mas dans le Lubéron en jouant son smic au casino... A la fin, c’est toujours la banque qui gagne...


        • JP (---.---.225.231) 18 mai 2006 17:02

          Adolphos, Etienne Chouard exprime des idées en argumentant, analysant les données qui sont à la disposition de tous, mais que peu, comme lui, ont le courage de lire et de vouloir vraiment appréhender. Alors tu comprendras que l’on est en droit d’attendre autre chose pour contrecarrer ses propos - si on ne les partage pas - qu’un « Par ailleurs, comme je dis toujous, si c’était si bien que ca d’être actionnaire, quasi tous les français le seraient » tellement stupide, tellement dérisoire. Merci pour les efforts prochains.


        • Nicolas Tagall (---.---.193.12) 18 mai 2006 17:38

          ça c’est du commentaire de haute volée intellectuelle !!

          Je crois qu’on peut ajouter : « Si c’était si bien d’être riche, tout le monde le serait » ! Comme quoi, ces salauds de pauvres ils ne savent pas leur bonheur ...


        • fmi1 (---.---.113.21) 16 mai 2006 11:49

          Bonjour,

          Vous trouverez des précisions méthodologiques avec ce lien :

          http://hussonet.free.fr/parvabis.pdf

          Il s’agit de précisions de l’auteur (M. Husson) apportées à des questions que vous vous posez, suite au travail qu’il fait au conseil scientifique d’Attac, comme par exemple :

          http://hussonet.free.fr/competi.pdf

          Vos interrogations sont tout à fait centrales : que devient la part des profits NON INVESTIS ?

          Quelle que soit la source, on constate que la part des richesses créées allant à l’investissement diminue : nous passons d’une économie de production à une économie de rentiers, qui prélèvent le maximum en un minimum de temps, et « après moi, le déluge » (c’est l’air du temps, non ?)

          Un indice, à creuser : ce matin, France Inter annoncait la distribution de 30 milliards € aux actionnaires du CAC 40 ce printemps ! Il est temps de parler de « modération actionnariale », ça nous changera de la « modération salariale », présentée comme l’horizon indépassable d’une société « qui bouge ».

          Comme le disait JM Keynes lors de la crise des années 1930, « il faut procéder à l’euthanasie douce des rentiers ».


          • PhE (---.---.196.83) 16 mai 2006 13:18

            Et c’est reparti comme au temps où Mr Chouard a torpillé le « OUI » à la constitution !

            Il a un réel mérite. Je ne suis pas qualifié pour dire si c’est du à sa démonstration économique. Mais on tout cas il a celui de jetter des pavés dans la marre et de reposer des questions essentielles.

            Que nos politiques actuels prennent bien le dilemne au sérieux :
            - Soit ils ignorent une fois de plus ces discussions et joueront les prochaines élections à la « roulette russe » ;
            - Soit ils déscendent enfin dans l’arêne de nos débats (dans des forums messieurs ! pas sur vos blogs asceptisés !) où ils prendront certainement des coups et peut-être une reconnaissance électorale ;


            • Adolphos (---.---.59.170) 16 mai 2006 15:56

              « -Soit ils ignorent une fois de plus ces discussions et joueront les prochaines élections à la »roulette russe«  ; »

              Ont-ils du temps à perdre avec des conneries ?

              Surtout que, de toute façon, à la fin, tu voteras pour Ségoléne et le Blairisme..


            • lamyseba (---.---.130.175) 16 mai 2006 13:36

              Salut à tous ! Je trouve le sujet de l’article très interessant, même si je trouve qu’il n’est pas très bien traité. C’est pas vraiment un article, c’est plutot une invitation à travailler avec M. Etienne Chouard pour décortiquer un sujet. Personnellement je trouve que les détails techniques sont fouillis et mal expliqués, et difficile à interpréter, même si le message « les actionnaires sont trop payés » est clair. Bref, tout ça pour dire que j’ai eut le même genre de réflexion et que j’ai pondu un document pas révolutionnaire, mais presque ! Mon document ne comporte pas simplement une critique, il propose aussi des solutions concrêtes. L’argumentation de ce document a beaucoup moins recours aux chiffres que celle de M. Chouard : Après tout, les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut. Je fais beaucoup plus appel au bon sens, à la générosité et au respect, et j’inclus des partis pris qui ne se reposent pas que sur les chiffres. Comme M. Chouard, j’aime bien la démocratie et j’aime bien qu’on m’aide à travailler, alors ca me ferait plaisir que le plus de monde possible participe à l’amélioration de ce document, y compris M. Chouard naturellement, puisque nous avons manifestement les mêmes centre d’intérêts. Vos remarques sont les bienvenues. Pour ceux que ca intéresse, ce document se trouve sur mon blog, en attendant de se trouver sur un site web dédié. http://librementhumaine.hautetfort.com/ Les liens de téléchargement se trouve dans la colonne de gauche (dernière version du document de présentation). Il est dispo au format Word, open office et PDF Bonne lecture à tous !


              • flop (---.---.55.106) 16 mai 2006 13:43

                enfin le sentiment que les « agoravciens » font autre chose que de regarger la télévision .... enfin certains


                • Sarah (---.---.149.213) 16 mai 2006 13:43

                  « une thèse économique qui s’écarte des thèses habituelles »

                  Oh la belle blague !

                  Cet article nous ressort tout simplement les vieilles thèses marxistes !

                  « la Constitution, texte suprême, qui donne une prééminence sacrée au droit de propriété, et ignore la reconnaissance au mérite de travailler. »

                  Débile ! Qui travaillera s’il n’est pas assuré de pouvoir conserver la propriété de ce qu’il a acheté avec le produit de son travail ?

                  Une seconde remarque (simplifiée) anéantissant cette pseudo-thèse : s’il n’y avait pas d’actionnaires, il n’y aurait pas d’entreprises.

                  S’il n’y avait pas d’entreprises, il n’y aurait pas d’emplois !


                  • t-h (---.---.247.25) 16 mai 2006 13:58

                    D’accord, cet article mérite des commentaires, je pense qu’il s’agit de la démarche de l’auteur de poser ces questions. Démarche que je trouve toutefois intéressante.

                    Pour vous répondre :

                    >Cet article nous ressort tout simplement les vieilles thèses marxistes !

                    Pourriez vous développer un peu s’il vous plait ?

                    >S’il n’y avait pas d’entreprises, il n’y aurait pas d’emplois !

                    Là par contre, malgré mon inexpérience dans le domaine, il me semble que la plupart des entreprises ne sont pas côtées en bourse, mais peut-être celà est faux. Merci de me corriger sinon.


                  • simplet simplet 16 mai 2006 14:16

                    @ sarah... : « débile » est surtout de penser qu’une personne qui achète des actions à le droit de vie et de mort sur des salariés qui sont obligés de courrir après le profit, les réductions de coûts de revient l’automatisation et de se sentir continuellemnt sous pression pour réussir à fabriquer le plus de produits possibles durant les misérables 7 heures qu’ils passent par jour sur leur lieu de travail...

                    quand à votre magnifique phrase sur le droit de travailler, je ne savai pas que les actionnaires « travaillaient » pour la plupart dans les entreprises dont ils possèdent les actions...

                    moi personnellement, même si c’est un peu raccourci comme analyse, j’adhère dans le principe de rendre aux salariés l’argent qui a été gagné à la sueur de leur front et pas forcemment aux actionnaires qui passent leur journées à se pavanner dans de beaux fauteuils..

                    En gros est ce que cette théorie ne reprends pas dans les grandes lignes l’idée de la taxation des flux de capitaux ( taxe Tubin ??? )


                  • Sarah (---.---.233.2) 16 mai 2006 14:33

                    @t-h

                    ">Cet article nous ressort tout simplement les vieilles thèses marxistes !

                    Pourriez vous développer un peu s’il vous plait ?"

                    Je ne vais pas vous faire un cours sur le marxisme ; l’article en reprend certains des grands thèmes.

                    « Là par contre, malgré mon inexpérience dans le domaine, il me semble que la plupart des entreprises ne sont pas côtées en bourse, mais peut-être celà est faux. Merci de me corriger sinon. »

                    Toute entreprise - même unipersonelle, même très petite - a un capital ; Ce capital peut être détenu par une ou plusieurs personnes physiques ou morales.

                    La cotation en Bourse, c’est autre chose.


                  • Sarah (---.---.186.86) 16 mai 2006 14:47

                    @simplet

                    « une personne qui achète des actions à le droit de vie et de mort sur des salariés »

                    Ceci ne mérite même pas de réponse ; réfléchissez un peu avant d’écrire smiley

                    « je ne savai pas que les actionnaires » travaillaient « pour la plupart dans les entreprises dont ils possèdent les actions... »

                    Beaucoup d’actionnaires - salariés ou non - travaillent dans les entreprises dont ils possédent des actions.

                    « j’adhère dans le principe de rendre aux salariés l’argent qui a été gagné à la sueur de leur front et pas forcemment aux actionnaires qui passent leur journées à se pavanner dans de beaux fauteuils.. »

                    Je répète : sans leurs actionnaires, ces salariés n’auraient pas de travail... à moins de créer eux-mêmes leur propre entreprise et donc de mettre de l’argent sur la table (le capital) et s’ils n’en ont pas assez ... de faire appel à d’autres actionnaires !

                    Ce serait bien que vous appreniez ce qu’est une entreprise, comment elle est créée, comment elle fonctionne et quelques notions de comptabilité.

                    Je ne dis pas cela pour vous vexer, mais je pense que ces notions devrait faire partie du tronc commun de toute scolarité ; or ce n’est pas le cas en France où c’est réservé à ceux qui vont dans les filières économiques ... alors que les questions économiques concernent tout le monde.

                    « En gros est ce que cette théorie ne reprends pas dans les grandes lignes l’idée de la taxation des flux de capitaux ( taxe Tubin ??? ) »

                    C’est autre chose et un autre débat.


                  • t-h (---.---.247.25) 16 mai 2006 14:55

                    @sarah

                    Merci de m’éclairer par vos réponses.

                    Par contre je me demande si ce sont vraiment de thèses marxistes, il ne parle pas d’égalitarisme, mais plutôt d’empêcher l’argent de stagner non ? çà ne se rapprocherait pas plutôt de la théorie keynesienne ?

                    >Toute entreprise - même unipersonelle, même très petite - a un capital ; Ce capital peut être détenu par une ou plusieurs personnes physiques ou morales. La cotation en Bourse, c’est autre chose.

                    Donc sur le schéma qu’il présente par exemple, la part augmentant des actionnaires représente aussi celle des entreprises non côtées en bourse ? (désolé si ces questions peuvent paraître stupides o_O)


                  • Sarah (---.---.30.36) 16 mai 2006 15:27

                    @t-h

                    « Par contre je me demande si ce sont vraiment de thèses marxistes, »

                    Il reprend la thèse de l’accumulation de la richesse aux profits des capitalistes et de la paupérisation croissante des travailleurs. Or la France n’est pas vraiment un pays capitaliste mais fortement socialiste, même quand les socialistes ne sont pas au pouvoir (voir aussi mon post plus bas).

                    « Donc sur le schéma qu’il présente par exemple, la part augmentant des actionnaires représente aussi celle des entreprises non côtées en bourse ? »

                    Normalement oui. Le problème - voir mon post plus bas - a été le glissement des sommes dépensées en investissements et en dépenses de fonctionnement vers la distribution de dividendes.

                    Cette distribution de dividendes augmentée ne s’est pas faite au détriment des salaires comme l’écrit l’auteur de l’article, mais au détriment des investissements et des frais généraux.

                    On a ainsi, en partie par l’incompétence économique de nos technocrates, privilégié les profits à court terme au détriment de ceux à long terme, provoquant peu à peu (je simplifie) la désindustrialisation de la France et l’accroissement du chômage.

                    Quand à la baisse des salaires, elle due (je simplifie aussi) au chômage (loi de l’offre et de la demande) et à une compétition internationale accrue.


                  • simplet simplet 16 mai 2006 15:59

                    @ sarah

                    merci de m’inonder de votre belle culture économique, mais votre ton condescendant vous pouvez vous le garder...

                    figurez-vous qu’en plus je réfléchis avant d’écrire et que je travaille dans une entreprise dont je comprends très bien les mécanismes pour la simple et bonne raison que mon travail est de la rendre profitable et pérène...

                    et vous vous travaillez dans quoi ??? nan parce que pour avoir une vision aussi froide et calculatrice du monde industriel vous devez y avoir une place assez interressante non ???

                    en tout cas vous ne devez pas cottoyer les ouvriers qui s’échinent en production, votre discours serait peut être un peu plus « light »...

                    Maintenant mon raisonnement est sans doute moins pointu que le votre mais je ne me base pas sur un compte d’exploitation pour étayer mon discours mais sur des valeurs morales et humaines ( vu votre discours le terme « humain » a du sortir il y a bien longtemps de votre vocabulaire.. ).

                    Problème que l’on retrouve chez la plupart de nos décideurs qui malheureusement se fouttent totalement de la classe ouvrière française et de son devenir


                  • Yasunari (---.---.129.150) 16 mai 2006 17:24

                    Avez vous lu l’article ?

                    Je ne pense pas que la suppression de l’actionnariat y soit seulement évoquée... La question porte sur le niveau de rémunération du capital par rapport au travail d’une part, et sur l’utilité économique du versement de dividendes par rapport à l’investissement. Si ses questions ont été effectivement préssenties par Marx (ce qui est tout à son honneur), elles n’en ont pas moins été approfondies par Keynes (qui n’est pas encore pestiféré, à ma connaissance). Pour votre information, les thèses Keynesiennes ont inspiré le fordisme (un stalinisme rampant...), la politique économique de Roosevelt (maoiste notoire), et ont sous-tendu la reconstruction de l’europe après la seconde guerre mondiale. Mais je vous l’accorde, le keynesianisme pour être compris exige d’aller un peu au delà des courbes droites de Walras...


                  • yasunari (---.---.8.68) 16 mai 2006 22:21

                    Si la perfusion keynesienne part dans le caniveau de la surconsommation ou de la spéculation, c’est clair qu’on part dans le mur. Je croyais qu’on parlait ici d’investissement productif ? C’est bizarre, mais ça explique aussi les dérives de l’Afrique et de la Corse. Où part l’argent ? dans le développement ou dans la dernière merdasse à la mode à Dubai ?


                  • Michel (---.---.112.24) 17 mai 2006 17:53

                    « Vous devriez avoir quelques notions de comptabilité » nous décare un intervenant.

                    Alors je voudrai lui demander, puisqu’il semble en posséder Pourquoi les salaires, charges sociales, c’est à dire la rémunération du travail,sont considérés comme des charges.

                    Et la rémunération du capital, comme l’aboutissement du cycle de production.

                    Ce classement n’est il pas le résultat d’un parti pris idéologique, plus qu’une réalité économique.

                    Puisque pour produire de la richesse, il faut une conjugaison du facteur capital et du facteur travail.

                    En conclusion, il faut se méfier des notions comptables, qui n’appelle pas toujours un chat, un chat.

                    D’autres part je ne vois pas en quoi, le statut de l’emploi, permanent ou intérimaire, intervient sur le calcul des bénéfices distribués, par contre(comme le dit un autre intervenant)il minore, au niveau micro économique)la masse salariale. Cependant cette remarque n’est pas valable au niveau macro-économique. Puisque les sociétés d’intérim sont comprises dans les tableaux.

                    J’ai bien conscience que mon intervention ne fait avancer en rien, la démonstration, d’une augmentation sur plusieurs années, de la part des bénéfices distribués.


                  • Esteban (---.---.137.59) 18 mai 2006 11:24

                    « Enfin, une hausse des salaires oblige à terme à augmenter les prix de vente, ce qui n’est que de l’inflation et du chômage suplémentaire. »

                    Tiens voyons cela !

                    Une hausse de salaires permet plutôt une consommation plus accrue des ménages et par la même, au moins un maintien de la production et au plus une augmentation de celle-ci, ce qui pour l’occasion pourrait permettre de faire baisser le chômage, dans la mesure où les entreprises joueraient le jeu au lieu de continuer à augmenter le taux de profit à deux chiffres pour les actionnaires qui en effet privilégient une accumulation improductive et stérile.

                    Le tableau qu’Étienne Chouard nous fournit sur « Le profit pour l’emploi ? », n’émane pas de lui mais comme il le dit lui-même de l’OCDE.

                    Il s’agirait donc de mettre des lunettes, de comparer les courbes et de VOIR l’opposition des profits et des investissements, de même que la parallèle du chômage et des profits ACCUMULÉS .

                    Esteban


                  • Adolphos (---.---.59.170) 18 mai 2006 12:27

                    « Une hausse de salaires permet plutôt une consommation plus accrue des ménages et par la même, au moins un maintien de la production et au plus une augmentation de celle-ci, ce qui pour l’occasion pourrait permettre de faire baisser le chômage, dans la mesure où les entreprises joueraient le jeu au lieu de continuer à augmenter le taux de profit à deux chiffres pour les actionnaires qui en effet privilégient une accumulation improductive et stérile. »

                    Merci de me servir la même soupe keynesienne que l’on applique en France avec le succé que l’on sait dans la lutte contre le chômage depuis 30 ans. Ouvrez les yeux !

                    « VOIR l’opposition des profits et des investissements, de même que la parallèle du chômage et des profits ACCUMULÉS »

                    Les profits sont les employes de demain. Il n’y a pas d’opposition.


                  • JP (---.---.225.231) 18 mai 2006 17:39

                    @sarah Il est clair qu’il faut faire très attention à la sémantique se cachant derrière le terme « actionnaire » qui cache plusieurs réalités. Un actionnaire qui participe au travail, à la gestion de son entreprise ne peut pas être comparé à l’actionnaire spéculatif, l’actionnaire ‘parasite’ d’Etienne Chouard , si bien mis en évidence par les excès boursiers. (Voir l’article du Monde d’hier sur les versements pharaoniques des entreprises du CAC). La bourse d’il y a quelques décennies avait pour but de proposer des capitaux aux entreprises afin de financer leur expansion ; aujourd’hui elle a laissé la place à un vaste casino spéculatif. Là où l’on pouvait -à tord ou à raison- espérer investissement, croissance et emploi on ne s’attend plus qu’à rendement, croissance des dividendes distribués et licenciement. Nombreux sont les économistes qui s’affolent des taux de profitabilité demandés, qui ne peuvent qu’amener au déclin de l’entreprise. D’ailleurs, des entreprises -même américaines- devant la véritable dictature des actionnaires cherchent à se dégager des marchés actions. Je ne vois pas ce qu’il y a de marxiste là dedans ; à noter pour l’histoire que personnellement le terme ‘marxiste’ ne fait pas office d’épouvantail ; j’aime plutôt bien même.


                  • Sarah (---.---.141.33) 18 mai 2006 19:03

                    @ Michel

                    « Vous devriez avoir quelques notions de comptabilité » nous décare un intervenant.

                    « Alors je voudrai lui demander, puisqu’il semble en posséder Pourquoi les salaires, charges sociales, c’est à dire la rémunération du travail,sont considérés comme des charges. »

                    Parce qu’ils ne sont pas des PRODUITS !!

                    Les charges : argent qui SORT de l’entreprise.

                    Les produits : argent qui ENTRE dans l’entreprise (marchandise vendue, produits financiers etc...).

                    Idem pour un compte en banque (débit/crédit) ; lorque vous payez votre femme de ménage ou votre plombier, la banque mettra le montant de votre chèque côté DEBIT et pas CREDIT (ce serait bien smiley


                  • Copas (---.---.234.233) 18 mai 2006 22:11

                    « ..../....Je répète : sans leurs actionnaires, ces salariés n’auraient pas de travail... à moins de créer eux-mêmes leur propre entreprise et donc de mettre de l’argent sur la table (le capital) et s’ils n’en ont pas assez ... de faire appel à d’autres actionnaires !..../... »

                    Il existe beaucoup de formes d’entreprises où le capital de départ n’aboutit pas à une société par actions. Les SCOOPs, les mutuelles (quoique leur statut soit sous pression permanente), les associations sont toutes des formes d’organisations, qui peuvent produire des richesses sans que celà concoure au systèle inégalitaire de l’actionariat des moyens et grands groupes..

                    En fait, ce qu’on appelle le capitalisme n’est rien moins qu’une forme de démocratie censitaire (avec droits de votes proportionnels à la richesse) reportée dans l’actionariat des entreprises. Avec les mêmes terribles consequences sur les sociétés que celles connues quand la « démocratie » était effectivement censitaire : rapacité, denis de droits de l’homme, subordination des droits du citoyen quand il penetre dans une entreprise (il n’a alors plus droit d’expression, de liberté de circuler , de s’habiller comme il le désire, de liberté d’information,...), pression corruptive sur la démocratie reelle, etc...

                    Démocratiser les entreprises est une formidable necessité pour la stabilité et la viabilité de notre société. C’est une necessité pour l’investissement et un meilleur partage des richesses.

                    Etienne Chouard nous pousse au débat en partant de la question de la relation entre chômage et augmentation des profits. C’est une bonne aide de sa part pour introduire le débat. Paralellement à celà je pense que c’est également une question démocratique intimement liée au point de départ de notre ami. Et je rajouterai qu’il faudrait un inventaire substantiel et réel des richesses dans ce pays et une réflexion sur la mobilité des capitaux (qui rebondissent des bulles monétaires aux bulles boursières aux bulles immobilières, etc...Craignez le jour où toutes les bulles seront en même temps ! on frolle actuellement cette situation) et leur concentration.

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