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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Claude Guéant et le besoin d’une science politique véritablement (...)

Claude Guéant et le besoin d’une science politique véritablement européenne

Le ministre de l'Intérieur français Claude Guéant a créé le 4 février un tollé avec cette phrase : "Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas." Il a explicité ensuite sa pensée en précisant vouloir défendre la démocratie, les libertés individuelles et les droits de femmes. « J'ai tenu des propos de bon sens, des propos d'évidence pour rappeler que toutes les civilisations ne se valent pas au regard des valeurs humanistes qui sont les nôtres".

par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 08/02/2012

Comment pourrions nous ici évaluer le propos du ministre et le débat qui l'a suivi avec un minimum de références à la science politique, à supposer qu'il existe une science politique ayant quelque prétention à la scientificité ? 1)

Il paraît indiscutable que dans leur très grande majorité les citoyens des sociétés politiques européennes se reconnaissent dans des valeurs communes comme le respect des droits civiques, l'égalité entre les hommes et les femmes ou le refus de la peine de mort, sans mentionner (en général) le séparation stricte entre les religions et les institutions publiques. Ils ne pourront donc jamais accepter de se voir imposer ni même proposer des valeurs différentes provenant de sociétés elles-mêmes différentes, notamment le refus de la liberté d'expression, l'assujettissement des femmes aux hommes, la peine de mort par lapidation ou la charia, qui est l'instauration d'une règle religieuse en règle d'Etat. Autrement dit, les civilisations, ou si l'on préfère un terme moins ambitieux, les cultures, qui mettraient en oeuvre de telles valeurs ne pourraient être considérées par les Européens comme équivalentes et a fortiori substituables à la civilisation ou la culture européenne.

Ce point paraît si évident que l'on ne comprend pas pourquoi, en dehors des exigences de la propagande politique en période électorale, le ministre a eu besoin de le rappeler, ni l'opposition de gauche de s'indigner de ce rappel. Aux yeux de l'anthropologie politique, il paraît incontestable que les sociétés humaines, quelles qu'elles soient, se construisent autour d'intérêts et de valeurs qui leur sont spécifiques. Il s'agit là d'une forme de ce que l'on pourrait appeler un relativisme scientifique. Il n'y aurait pas d'ethnologie ni de sociologie comparées si l'on postulait que toutes les sociétés se ressemblent et que leurs valeurs sont identiques. Il serait peu scientifique, sous prétexte d'une exigence d'universalisme, de prétendre que les valeurs des unes pourraient s'appliquer aux autres sans un long processus permettant de construire démocratiquement les contenus d'une civilisation commune.

Ce relativisme, qui est tout le contraire de ce que Claude Guéant reproche à la gauche (nous y reviendrons), signifie que sauf à perdre ce qui fait jusqu'à présent leur spécificité, les Européens ne pourraient pas accepter que s'exercent au sein de leurs sociétés, des principes ou des pratiques reposant, par exemple, sur l'assujettissement de la femme à l'homme.

En contrepartie d'ailleurs, le relativisme tel que nous le définissons ici devrait condamner le fait qu'au nom de leurs valeurs, les Européens s'engagent dans des campagnes visant à éliminer au sein des sociétés non européennes des valeurs ou des pratiques qui ne seraient pas les leurs. Concrètement, on ne voit pas de quel droit les Européens pourraient entreprendre des actions visant à combattre l'assujettissement de la femme ou la peine de mort (avec ou sans lapidation) dans les sociétés qui continuent à s'inspirer de ces principes. Tant que ces sociétés, pour des raisons religieuses ou sous l'influence de traditions anthropologiques anciennes continuent à le faire, les Européens devraient admettre que cela ne les regarde pas et qu'ils n'ont pas à s'en mêler. Ils devraient par contre rester inflexibles face aux tentatives de ceux qui voudraient importer de telles pratiques ou règles en Europe même.

Raisonner ainsi peut choquer certains idéalistes, qu'ils soient de gauche ou de droite. Cela exclut en effet l'hypothèse rassurante selon laquelle il existerait une nature humaine commune à toutes les sociétés et susceptible de contribuer à définir des valeurs humanistes ou universelles qu'il conviendrait ensuite de faire triompher partout. Nous pensons pour notre part qu'un tel universalisme serait sans base scientifique, tant du moins que l'on prétendrait le décrire en dehors des références à l'observation.

Il est indéniable qu'il existe certains réflexes de base communs à tous les humains (comme d'ailleurs présents dans de nombreuses sociétés animales). Ainsi l'empathie, la capacité à coopérer pour faire face à des dangers communs. Mais dans l'ensemble, les sociétés humaines présentent des traits communs qui ne poussent guère à la coopération : lutte pour le pouvoir, pour l'appropriation des ressources, pour la conquête des territoires. Même les valeurs religieuses qui se parent d'universalisme démentent tous les jours cette prétention, en se livrant à des guerres de religion incessantes. Des philosophies politiques qui refuseraient de tenir compte de ces constatations, dans le souci de propager l'entente entre les peuples, perdraient toute crédibilité. Si dans l'avenir, l'élaboration de valeurs universelles devait s'imposer, comme il serait peut-être souhaitable, ce ne serait qu'au terme de longs débats démocratiques et non en obligeant chacun à l'abandon de ses spécificités culturelles ou civilisationnelles.

Il paraît donc difficile de critiquer sur le fond, en termes scientifiques, les propos de Claude Guéant cités ci-dessus. Ils confirment ce que nous essayons de défendre par ailleurs en matière de méthodologie scientifique, c'est-à-dire la méthode MCR, ou méthodologie de conceptualisation relativisée, présentée par Mioara Mugur Schaechter, que nous voudrions voir étendre à l'ensemble des sciences, notamment aux sciences humaines et sociales. Pour cette méthodologie, il n'existe pas de réalité en soi, s'imposant de façon universelle à tous les observateurs. C'est à chacun de ceux-ci, avec les instruments dont il dispose, de construire le produit de ses observations. Viennent ensuite des discussions entre observateurs, notamment dans le cadre de la confrontation entre hypothèses scientifiques, permettant de faire émerger des « réalités » relatives, elles-mêmes soumise par définition à des révisions permanentes.

Notons à ce sujet que le ministre se trompe (faute sans doute d'avoir étudié MCR) quand il impute à une idéologie relativiste le fait que, selon lui, pour la gauche, toutes les valeurs seraient équivalentes. D'une part, nous venons de le suggérer, la gauche n'a jamais dit cela. D'autre part, à supposer qu'elle le dise, elle ferait preuve non pas de relativisme mais au contraire d'un universalisme mal fondé, inspiré par de bons sentiments ne tenant pas compte de l'observation sociologique. Le terme de relativisme, tel que Claude Guéant l'utilise, relève du parler populaire : "tout se vau"t, "on ne peut se référer à aucune valeur supérieure". Il ne peut donc être utilisé de façon scientifique.

Pourquoi ce tollé ?

Mais alors pourquoi la gauche quasiment toute entière s'est-elle insurgée contre les propos de Claude Guéant, au risque de paraître nier des évidences ? C'est parce qu'elle y a vu la volonté d'opposer entre eux des citoyens pouvant se prétendre européens de longue date et d'autres vivant en Europe, souvent d'ailleurs dotés de titres de nationalité européens, mais se référant à des traditions ou à des croyances religieuses qui demeurent encore minoritaires en Europe.

Pour la gauche, si l'on peut interpréter sa philosophie politique, il ne faut pas exclure (ou stigmatiser, selon l'expression devenue quasi obligatoire) telle ou telle fraction du corps politique. Il faut au contraire unir les citoyens. Si l'on prétend que les musulmans européens (puisqu'il s'agit d'eux), qu'ils soient établis de longue date en Europe ou qu'ils viennent seulement d'immigrer, veulent tous y imposer les lois et usages régnant dans les pays musulmans, il est évident qu'aucun accord ne sera possible entre ces musulmans et les institutions et citoyens européens. Il serait naïf de nier que certains religieux intégristes n'essayent pas de le faire. La gauche serait irresponsable de ne pas le voir et de ne pas réagir. Mais dans l'ensemble,elle fait le pari de l'intégration, c'est-à-dire l'abandon par les immigrés anciens ou récents des institutions en vigueur dans leurs pays d'origine, au bénéfice des valeurs européennes.

Dans cette perspective, une discussion ne peut cependant être évitée : que sont exactement les valeurs européennes ? S'il existe comme nous le pensons, une authentique civilisation européenne, en quoi consiste-t-elle ? Certains des aspects n'en sont-ils pas contestables, parce obsolètes sinon dangereux ? Un député a rappelé récemment à l'Assemblée nationale qu'il y a quelques décennies était sorti du coeur de la civilisation européenne le nazisme et la shoah. Ce n'est évidemment pas ce que Claude Guéant voudrait voir ressurgir. C'est cependant pour éviter de tels risques que s'impose l'approfondissement, y compris en termes de science politique, de ce que signifie l'Europe, comme de ce qu'elle sera susceptible de devenir.Il faudra le faire en y associant, afin de mieux les intégrer, l'ensemble des Européens, quelles que soient les nations auxquelles ils appartiennent, ou dans le cas des immigrés anciens ou récents, de quelque pays non européens qu'ils proviennent,

Nous ne pouvons sur ce site qui considère la science politique comme devant être une véritable science, que constater l'insuffisance des études qui permettraient aux Européens de jeter sur leur présent et leur avenir un minimum de regard scientifique. S'il existe – ce que répétons-le, il serait peu scientifique de nier - une entité européenne, comment la définir ? Comment essayer de la faire évoluer ? La question se pose au regard des valeurs et des institutions de la société européenne, mais tout autant au plan de ses comportements sociologiques, économiques, industriels, diplomatiques. On ne pourrait en effet prétendre, sous le prétexte d'un illusoire universalisme, que les pratiques adoptées par les grandes puissances avec lesquelles les Européens sont qu'ils le veuillent ou non en compétition, puissent être imposées sans changement en Europe.

En disant la chose autrement, il conviendrait d'urgence en Europe de développer une science politique véritablement européenne. La tâche nous dépasse. Nous avons cependant depuis que ce site existe tenté d'en définir certains des aspects. Nous allons continuer à le faire, en coopération avec ceux qui partagent un tel objectif .


1) Ce que ne semble plus croire aujourd'hui l'Institut d'études politiques de Paris, anciennement « Sciences Po », qui aspire à devenir une Business School à la française.


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4 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 9 février 2012 12:19

    à supposer qu’il existe une science politique

    Tout est dit !
    Quand on voit nos très chers politiques on ne constate qu’un art éprouvé de la démagogie .....


    • soi meme 9 février 2012 12:59

      Surtout quand on voit comment l’Europe ce conduit, il y a des interrogations qui se perdent ?


      • eric 9 février 2012 17:34

        La déclaration de Guéant provoque un tollé à gauche parce qu’elle porte sur un sujet ou celle ci est particulièrement fragile et sur lequel s’exacerbe ses contradictions internes.

        La gauche sait très bien ce qu’est une civilisation. Mieux, elle les hiérarchise avec beaucoup d’efficacité et de minutie.
        Martine Aubry avec son opuscule collectif en marge du projet socialiste ne nous parle-t-elle pas de changer de civilisation ? Ceci implique que celle dont nous disposont est moins bonne et que celle qu’elle va construire est meilleure.
        Tapez civilisation anglo saxonne ultralibérale sur internet, et vous constaterez que c’est l’ensemble de toutes les gauches qui ont des idées très précises sur la question.

        Vous même ; si je comprends bien parvenez à différencier une « civilisation » européeene de celle d’autres « grandes puissances ». On sait assez que pour beaucoup de gauches, une différence de 5 point de PIB de prelèvement obligatoire constitue un choix de civilisation mais que le choix entre la lapidation des adultères ( femmes) et le droit au divorce (pour tous le monde), est surtout une différence culturelle.
        On peut en conclure que si les gauches excellent à hiérarchiser les civilisations, elles ne savent pas très bien ce que c’est....
        Car ce qui transparaît à travers toutes ces prises de position, c’est qu’au fond, pour elle, la civilisation au sens noble du terme, c’est elle même.

        Du reste depuis 20 ans, le termes qui fait flores à gauche est celui de barbarie. Celui qu’utilisent les « civilisés » pour qualifier les « autres ».
        C’est la première raison pour laquelle la gauche supporte mal que qui que ce soit d’autre parle de civilisation.

        Le vrai grand grand débat, la vraie grande fragilité, est entre une gauche américaine et une gauche révolutionnaire. La gauche ne parvient pas à trancher entre les deux tendances.
         Tous les progrès sociétaux depuis l’émancipation des femmes des homos ou la préoccupation écologique, nous viennent des Etats Unis. Ceux ci ont une approche libérale. Une civilisation produit des sociétés qui se donnent un Etat pour avoir prise sur elles mêmes. l’État l’accompagne, éventuellement en l’incitant à la marge, dans la limite de ce qu’elle peut accepter. Et cela fonctionne. La preuve, nous suivons.
        La tradition prométhéenne de la gauche qu’elle nomme encore aujourd’hui révolutionnaire fonctionne à l’inverse. Une élite ayant une haute idée de la civilisation pense un projet et par la voix de l’État, change la société, l’accouche, pour parvenir à une civilisation meilleure, quitte à la violenter un peu, et c’est cela la tradition révolutionnaire.
        Le problème n’est pas vraiment que cela n’ait jamais marché, mais surtout que cela est devenu un peu inavouable,notamment sous la pression des sociologues qui ont montré que les sociétés évoluaient à leur rythme et qu’il était à peu prêt impossible de les changer rapidement malgré elles. C’est d’ailleurs en gros le bilan des expériences coloniales.

        Ceci implique aussi le nihilisme récurrent des gauches au sujet de leur propre civilisation, et ce jusque dans ses aspects les plus paradoxaux. AU 19 éme, l’ethnologue bien pensant étudiant les peuples primitifs se devait de dénoncer leur arriération superstitieuse, parce que cela participait du combat commun contre leur propre société jugée encore trop sous l’emprise du religieux. Aujourd’hui, encenser les civilisations autres continue à participer à la dénonciation de leur propre civilisation. Ce qui lui est reproché dans les deux cas ? Opposer trop de résistance aux merveilleux projets civilisationnels de gauche.

        Ainsi, la gauche ne veut pas qu’on parle de civilisation parce que c’est son monopole. On ne peut pas dire que la notre est bonne parce que cela contredirai son intention de la changer, tous ce qui en dehors peut la remettre en cause est bon à prendre. Il ne faut pas trop s’attarder sur les buts poursuivis et surtout sur les moyens parce que notre civilisation pas assez bonne, n’est pas prête à entendre.

        C’est pourquoi la gauche veut parallèlement interdire la polygamie qui a toujours existé, et légaliser le mariage homo et l’homoparentalité qui n’ont jamais été un modèle culturel ou que ce soit, et sans être obligée d’expliquer pourquoi.
        C’est pourquoi elle encensait les printemps arabes qui visaient tous a rapprocher leur sociétés des modalités de fonctionnement de nos démocraties libérales en apparence, mais qui débouche sur des choix plus traditionnel qui les inquiète quand les élections sont libres.
        Là elle ne sont plus très chaude sur la démocratie.

        Le débat sur la civilisation et l’identité sont salutaire parce qu’ils oblige les différentes gauches à se positionner sur la seule vraie question qui est la question démocratique.....

        C’est aussi pour cela qu’elles refusent ces débats


        • epicure 9 février 2012 21:56

          Quelques précision au sujet de l’universalisme et du relativisme :

          L’universalisme s’applique aux individus, aux personnes, pas aux communautés, civilisations.
          Il se conjugue de deux façons :
          une version individualiste, qui met en avant l’égalité de droit des individus, c’est l’universalisme définit dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Cet universalisme tient l’égalité au dessus des principes inégalitaires, qui doivent disparaitre des sociétés. Donc pour l’individualisme universalsite, l’égalité des individus est supérieures à l’inégalité des individus (l’antiracisme supérieur au racisme par exemple). Le but de toute politique basée sur l’individualisme universaliste est bien de construire une civilisation meilleure  : républicanisme français, progressisme, socialisme historique (pas les dérives de l’est), anarchisme etc...

          Enfin bref cet universalisme défini la gauche authentique, et ne peut être relativiste.

          Quand à l’autre version de l’universalisme, il est autoritaire, égalitariste, collectiviste : il repose sur une société uniforme où toute différence est bannie. Dans ce modèle, la diversité des cultures n’est pas considérée comme se valant, mais considérée comme néfaste, l’ordre communautaire est supérieur au reste.

          Par conséquent le relativisme du « tout se vaut » n’est pas universaliste, et n’y a pas sa place.

          Donc il doit se trouver dans le camps opposé à l’universalisme, les idéologies particularistes/différencialiste.
          La version autoritaire repose justement sur la hiérarchie des civilisations, des cultures, religions, races, sexes etc... C’est la pensée d’extrême droite.
          On peut dire que la gauche le renvoie Guéant à cette vision, d’où le tollé.

          Donc il doit exister une idéologie qui accepte l’inégalité des droits, met en avant les différences culturelles, les acceptant sans les hiérarchiser, indifférente au mauvais sort des gens soumis à une culture particulière.

          Et c’est justement la dernière qui manquait : l’individualisme particulariste, basé sur le refus d’une loi commune, indifférent aux inégalités, chaque communauté ou individu fait ce qu’il veut dans son coin.

          Malheureusement c’est la position qu’on adopté de nombreux gauchistes influents à gauche depuis l’après 68.
          Pour eux dire que toutes les cultures civilisations/cultures en se valent pas est un sacrilège, c’est une intrusion dans la culture des autres.
          C’est eux qui sont scandalisés qu’on puisse interdire aux africaines de se faire exciser, qu’on puisse critiquer les pratiques intégristes non chrétiennes ou les discriminations sexistes de minorités culturelles, etc... tant que c’est entre gens d’une même communauté minoritaire ou étrangère ce n’est pas important..

          C’est ce type de pensée qui produit un vrai relativisme, il est partagé par les gauchistes, et certains courants de pensée libéraux.

          Si guéant y fait référence c’est bien parce que nombres de gauchistes tiennent le haut du pavé au niveau médiatique/associatif/politique à gauche.

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