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Combien gagnent les dirigeants des grandes entreprises suisses ?

Chaque année depuis 4 ans, la fondation Ethos sort une étude sur les rémunérations et salaires des patrons des grandes entreprises suisses (49 plus grandes entreprises cotées à la bourse suisse).

Le sujet de la rémunération des patrons fait débat en Suisse depuis la débâcle de l’UBS, une initiative populaire contre les rémunération abusives a été déposé en 2008, et le patronat voit d’un mauvais oeil une limitation des salaires (voir ce qu’en pense Peter Brabeck, le Président directeur général de Nestlé en pense)

Je vous propose de vous faire part de quelques résultats de cette étude qui méritent d’être publiés.

Rémunération de la Direction générale et du conseil d’administration en augmentation de plus de 20% en 2009

Les membres de la direction générale des grandes entreprises suisses ont touché en moyenne en moyenne en 2009 une rémunération de 3 millions de francs suisses, et les présidents du conseil d’administration 1,9 millions. Les autres membres du conseil d’administration n’ont pour leur part touché "que" 300 000 francs suisses.

L’augmentation de rémunération entre 2008 et 2009 a été de 21%, tous secteurs confondus. Pour les seuls secteurs de la banque et de l’assurance, l’augmentation a été de 73%. Pas mal pour des sociétés qui ont pour certaines été à l’origine de la crise, et qui ont licencié la même années plusieurs centaines de personnes.

La rémunération des dirigeants des entreprises financières

Si vous travaillez dans une banque ou une compagnie d’assurance cotée à la bourse suisse, voici ce que gagnent en moyenne les big boss :

  • Présidents sans fonctions opérationnelles : 2 millions de francs suisses (augmentation 2008 / 2009 de +41%)
  • Autres membres du conseil d’administration : 420 000 francs suisses (+15%)
  • Chairman/CEO (1 personne) : 8,7 millions (+39%)
  • CEO : 7 millions (+84%)
  • Autres membres de la direction générale : 4,3 millions (+67%)

Un bonus 70 millions de francs suisses, ça vous tente ?

Concernant la part de rémunération variable des membres de la direction générale (les bonus), l’étude pointe du doigt le fait que celles-ci sont très élevées, notamment dans le secteur financier où elles représentent en moyenne 80% de la rémunération.

Les plans de participations à long terme, comme les stock options par exemple, apportent, grâce à un effet de levier parfois énorme, des rémunération très importantes aux dirigeants. Par exemple, le CEO de Crédit Suisse, Brady Dougan, a gagné 70 millions grâce à un plan de participation démarré en 2004. Comme ces montant ne concernent pas exactement l’année en question, ils sont en général non communiqués...

Et pour finir au sujet des rémunérations variables, l’étude démontre que dans la plupart des cas, il n’existe pas de lien entre ces rémunérations et les conditions de performances futures.

Des rémunérations des dirigeants qui ne sont pas soumises au vote des actionnaires

Ethos milite depuis plusieurs années pour mettre en place un votre systématique des actionnaires lorsqu’il s’agit de la rémunération des dirigeants des entreprises concernées.

Sur 49 sociétés, seules 21 se soumettent à l’exercice. Quand on regarde le résumé des votes, on constate que les actionnaires sont bien peu regardants : hormis pour l’UBS où 54% des actionnaires étaient contre la rémunération proposées (et pourtant ils avaient toutes les raisons d’être fâchés avec l’UBS), toutes les autres entreprises ont vu la rémunération proposée acceptée en général à plus de 90% (malgré parfois des recommandations négatives d’Ethos, recommandations de principe...).

Je vous laisse consulter l’étude complète d’Ethos sur les rémunérations 2009 des dirigeants des grandes entreprises suisses (pdf)

Que peut-on dire de tout ceci ? Pour ma part, je pense que si quelqu’un fait gagner beaucoup d’argent à une entreprise, ce n’est pas anormal qu’il gagne lui même sa vie (ça compte aussi pour les traders d’ailleurs). Ce qui me gêne, ce sont les conditions d’application des rémunérations : pour faire bref, la situation pour les établissements financiers est visiblement exactement la même qu’avant la crise, tant sur le plan du fonctionnement, que sur le plan des rémunérations. Et comme dit le dicton populaire : "aux mêmes causes, les mêmes effets"...

Autres ressources utiles :


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5 réactions à cet article    


  • titi 6 juillet 2010 10:56

    « Et pour finir au sujet des rémunérations variables, l’étude démontre que dans la plupart des cas, il n’existe pas de lien entre ces rémunérations et les conditions de performances futures. »

    En tout état de cause une rémunération est la contrepartie d’actions effectuées pas d’action à venir.


    • jako jako 6 juillet 2010 13:23

      Le montant du salaire des grands de ce monde n’est pas interessant en soi.
      On se doute bien qu’il est très élevé.
      Ce qu’il faudrait plutot connaitre ce le montant de ce qu’ils planquent , leur cercle f’influence
      (femme, mari amis etc...) et dans le cas de brabeck le nombre de victimes de part le monde (voir Ziegler qui adore ce monsieur)


      • jako jako 6 juillet 2010 14:24

        Par contre ce qui est très intéressant c’est la confirmation de l’explosion de ceux-ci, donc l’écart entre le plus haut et le plus bas , comme nestlé produit surtout dans des pays pauvres doit se compter en millions.
        Que cela soit vôté par 90% des actionnaires laissent réveur, le bar avant l’assemblée doit être super garni.


      • L'enfoiré L’enfoiré 6 juillet 2010 21:04

        Je me souviens d’un interview d’une responsable d’une banque suisse.
        A la question de savoir à quel niveau de potentiel, on considérait un client comme important.
        Sa réponse fut 50 millions d’euros.
        CQFD
         smiley


        • Clojea CLOJEA 7 juillet 2010 08:00

          C’est l’optimisme suisse sur un compte bloqué.... (Bernard Lavilliers, big brothers)
          Sinon, chez nous, le PDG de Danone a touché 4 400 000 € l’année dernière.... Not so bad....
          alors que le SMIC est à 1300€ brut...
          Et il y a aussi trop de gens qui n’ont même pas de quoi de manger sur cette planète.
          Système à réformer d’urgence.

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David763


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