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Comment la Région Rhône-Alpes est devenue le cœur battant de l’UE

Face aux réflexes identitaires, aux échecs référendaires et aux innombrables assailles dont elle est victime, l’Union Européenne semble subir les heures les plus sombres de son histoire. « Elle se meurt » disent certains. « Elle n’aura jamais la dimension qu’imaginaient les fondateurs » complètent les autres. Pourtant il demeure une faille. Une légère brèche, fine mais bien réelle, dans laquelle les défenseurs d’une communauté politique en Europe peuvent s’immiscer pour permettre la réussite de ce projet, bien vieux, mais ô combien d’actualité aux vues de la résurrection de menaces internationales. Et cette opportunité qui reste à l’Europe, cette ultime possibilité de mettre en œuvre cette communauté d’avenir, s’érige pleinement et concrètement dans la Région. La Région, cette collectivité territoriale ayant suscité un intérêt asymptotique à zéro, jusqu’à l’acte II de la décentralisation subvenu en 2003, pourrait bien se transformer en moteur de la construction européenne face aux réticences désormais affichées des Etats-nations. Car ne nous mentons pas, si quelques dirigeants politiques militent toujours et ardemment pour l’Union, le néo-conservatisme ambiant aux plus hautes responsabilités de l’Etat guident lentement mais opiniâtrement la France, vers un repli anti-Européen qui ne saurait être bouleversé par cette gauche affaiblie par ces ecchymoses rouge-brunâtres qui la rongent depuis le printemps 2005. Les Régions, elles, ont par contre tout intérêt à donner vie à l’élan européen. Et peuvent aisément s’allier à Bruxelles pour dénoncer et combattre le centralisme parisien.
Il est intéressant de constater combien l’Etat français rejette tantôt sur les Régions, tantôt sur l’Europe, les fautes dont il est pourtant bien coupable. Coïncidence ? Rien n’est moins sûr. Outre la menace précitée, il est assuré que les Régions et l’Europe procèdent de cette même aspiration fédérale qui conduirait Paris à se dépecer de bon nombres de ses capacités de décision (au profit de l’Union) et d’exécution (au profit de la Région). En d’autres termes, non seulement les Régions et l’Europe se comprennent mais elles ont vocation à s’affirmer les unes au travers des autres et même s’allier face au jacobinisme français. La Région Rhône-Alpes est sans doute parmi les collectivités territoriales qui a le plus résolument pris conscience de l’étendue des perspectives qui s’annonçait à elle et à par voie de conséquence contribuée pleinement au développement de l’Union Européenne. Et la mise en œuvre de cette stratégie par Jean Besson, Vice-Président du Conseil Régional chargé des Affaires Européennes, est tout à fait remarquable à étudier.
 
Plus qu’une stratégie, une reconnaissance des régions à l’échelle européenne

L’objectif est moins d’encenser l’activité de la Région présidée par Jean-Jack Queyranne que de dévoiler combien ces collectivités territoriales peuvent se muer en acteur de la construction européenne et relancer un processus mené avec une inconsistance à peine voilée de la part des Etats. Tout de même, la manière dont Rhône-Alpes a su tirer profit de sa géographie et de son activité industrielle voire culturelle est indéniable. Sous l’impulsion des politiques menées par Jean Besson, Rhône-Alpes est devenue plus qu’un intermédiaire, un véritable centre dynamique et attractif rayonnant sur plusieurs Etats (Italie, Allemagne, France avec des perspectives jusqu’à l’Espagne). Les collaborations qu’elle a tissées sont si fortes, qu’il est désormais fait référence aux « Quatre moteurs de l’Europe » pour qualifier le partenariat économique et culturel avec le Bade-Wurtemberg (en Allemagne), la Lombardie (Italie) et la Catalogne (en Espagne). Et cela a du sens. En effet la plupart des partenaires directs de la France épousent cette forme régionalisée voire fédérale ouvrant la voie à une gouvernance territorialisée, aboutie et respectueuse des traditions industrielles locales pouvant être partagée avec leurs homologues aux aspirations et préférences communes. Dans cette perspective, et dans cette perspective seulement, ont pu être établies les relations intra-européennes autrement appelées coopérations renforcées qui impulsent un dynamisme à l’Union Européenne.
 
Les institutions européennes ont quant à elles pris la pleine mesure de cette situation en insistant sur le développement régional. Plus qu’un partenaire, la Région est devenue un véritable relais pour les institutions européennes. Une confiance témoignée par l’octroi des fonds européens, les fonds structurels directement déversés à l’échelon régional. Excepté la France et ses réflexes jacobins, les Etats européens ont tous accepté de déléguer la gestion des fameux fonds structurels, à leurs entités régionales. Si Matignon contrôle toujours ces fonds via les Préfets, maintenant cette compétence par cet intermédiaire très franco-français de la déconcentration préfectorale, les Régions et Bruxelles insistent pour que la France s’aligne sur ses partenaires européens sur cette question budgétaire éminemment importante. A ce jour, seule la Région alsacienne – seule région aux mains de la majorité gouvernementale – a acquis cette compétence à titre expérimentale, mais tout porte à croire qu’un mouvement irréversible allant vers l’aboutissement de cette question en faveur des Régions semble être en plein accomplissement, consacrant par là-même l’entité régionale non plus seulement comme une collectivité territoriale française, mais bien comme une collectivité territoriale européenne.
 
La Région Rhône-Alpes, un dynamisme européen

Comme nous l’avons dit, Rhône-Alpes a mis son patrimoine au service de l’Union en impulsant les « Quatre moteurs européens ». Outre cette réussite indubitable, la Région s’est mise au diapason de l’Union Européenne. Ce n’est plus en terme régional ou national mais bel et bien dans une perspective européenne que s’inscrivent les réflexions de l’équipe de Jean-Jack Queyranne. Et ce dynamisme ne s’exprime pas seulement dans les zones frontalières ou dans le pourtour lyonnais. Il foisonne dans toute la région Rhône-Alpes. Pour exemple : la rénovation de la Cartoucherie de la petite commune de Bourg-lès-Valence dans la Drôme en vue d’y accueillir les industries du film « Image » et son école spécialisée dans le dessin animé. Un projet abouti et réalisé en vue de faire de cet établissement l’un des tous premiers pôles de compétitivité en Europe dans l’industrie du dessin animé et l’univers du graphisme en général. Outre la satisfaction du Maire Bernard Piras – qui s’est grandement impliqué dans le dossier – et de ses administrés, c’est l’ensemble de l’Europe culturelle et artistique qui tourne aujourd’hui les yeux vers la région Rhône-Alpes, avec d’ores et déjà l’implantation d’entreprises européennes spécialisées dans le domaine du film et du multimédia. Une réussite en tout point locale, régionale et européenne.
 
Mais Rhône-Alpes est allée plus loin que le cœur économique de l’Europe, en intégrant dans sa politique de partenariat européen, l’élargissement aux dix nouveaux Etats de 2004. Désormais Rhône-Alpes ne rayonne plus seulement dans la vieille Europe. Elle exprime sa vitalité jusqu’à la Hongrie et même la Pologne, sous l’impulsion de Jean Besson qui a créé des partenariats visionnaires avec la Transdanubie du Sud (Hongrie) et Malapolska (Pologne). L’activité européenne de la région ne s’est pas arrêtée là puisqu’un nouveau partenariat avec les communes d’Arménie est en œuvre afin d’accompagner comme il se doit la politique de voisinage menée par l’Europe dans le Caucase du Sud.
 
Une activité européenne qui conduit naturellement la Région Rhône-Alpes à se tourner vers l’international : « Avec 50 millions d’euro annuel, Rhône-Alpes est la région de France qui investit le plus vers l’international ». insiste Jean Besson. Manifestement la région tire des bénéfices de cette politique et tout porte à croire que Rhône-Alpes constitue désormais un exemple à suivre pour les Régions de France qui doivent avoir une intégration européenne pour exister et donner une chance au projet européen de se développer.
 
Dans cette France jacobine, l’avenir des Régions sera dans une perspective européenne ou ne sera pas. Elles doivent être les caisses de résonance de l’Union Européenne ces intermédiaires de premier ordre entre les technocrates bruxellois et le peuple européen. Enfin sans Europe pas de régions, mais sans Région pas d’Europe non plus. Car pour lutter contre le désenchantement provoqué par les Etats vis-à-vis de l’Europe, il faudra prendre conscience qu’être européen en 2008, c’est aussi être régionaliste. Et si la région est bien la brèche par laquelle l’idée européenne peut se développer alors il existe également une fenêtre temporelle par laquelle celle-ci peut se propager. 2009 élections européennes, 2010 élections régionales, une fenêtre de deux ans dans laquelle les Européens convaincus et avertis pourront s’exprimer non seulement pour l’avenir des Régions mais surtout pour un projet qui nous dépasse, un rêve de paix et de fraternité pour les peuples qui nous entours, un rêve d’espoir imaginé à la suite d’un des plus grands fléaux de notre histoire, un rêve qui nous passionne encore et qui vibre toujours et qui s’appelle Europe.

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