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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Comment les sondages nous mentent ?

Comment les sondages nous mentent ?

Quand les sondages se multiplient à outrance, quand ils sont commentés sans précaution, quand le processus démocratique se réduit à ces seuls commentaires, et quand finalement la sondocratie tend à se substituer à la démocratie, il ne reste plus aux citoyens que nous sommes que le sabotage. Les sondages nous mentent ? Alors mentons aux sondeurs ! Encore faut-il expliquer en quoi les sondages mettent en péril la démocratie, et d’abord en quoi consiste les mensonges qu’ils nous font.

La première évidence qu’il faut ici rappeler est que les sondages ont pris une place de tout premier choix dans le processus démocratique. Non seulement il ne se passe plus un jour sans que paraissent dans la presse un ou plusieurs sondages, non seulement chaque sondage est repris quotidiennement et est abondamment commenté par l’ensemble des organes de presse, non seulement les sondages tiennent une place pour le moins envahissante dans la présente campagne électorale, mais en sus ils ont déjà eu cette même place abusivement décisive dans le choix des principaux candidats - ou du moins de deux des actuels plus sérieux prétendants à la présidence de la République. Ce sont bien les sondages qui ont imposé M. Sarkozy au long des cinq dernières années, et avec la participation active de celui-ci, comme le candidat incontournable de l’UMP, réduisant par avance à néant toutes les velléités de chacun de ses potentiels concurrents. Ce sont bien les sondages également qui ont imposé Mme Royal aux adhérents du Parti Socialiste - et tout particulièrement les sondages qui l’annonçaient comme la seule capable de battre l’incontournable candidat Sarkozy. Dans les deux cas, c’est l’importance accordée aux-dits sondages par les médias, puis par l’opinion (c’est-à-dire les auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs de journaux et magasines que nous sommes) qui a validé une candidature, et ce avant même que les processus internes de décision de chacun des deux partis concernés ne se soient déroulés normalement - dans le cas de M. Sarkozy, il n’y eut finalement pas même un candidat alternatif qui puisse prétendre lui contester l’investiture. C’est cette évidence de l’importance aberrante des sondages dans le processus démocratique qui interpelle en premier lieu, la question étant alors de savoir si c’est un gain pour la démocratie, ou plutôt un recul, une sorte de confiscation du pouvoir souverain des urnes, une substitution de la sondocratie à la démocratie.

A cette question, les experts commentateurs des instituts de sondages répondent invariablement et la main sur le coeur qu’un sondage n’est rien d’autre qu’une photographie de l’opinion prise à un instant donné, en aucun cas une prévision. Cette idée rabâchée depuis le 21 avril 2002, et bien avant cela déjà, a pour objectif, non pas comme on pourrait le croire de dédouaner les sondages des erreurs de pronostics qui se sont répétées ces dernières années, mais bien d’affirmer que le sondage ne serait qu’une sorte d’observation exogène des opinions en formation, que pas plus qu’un photographe ne change la scène dont il prend un instantané, le sondage n’interviendrait activement dans le processus démocratique. C’est évidemment tout à fait faux, et finalement on préférerait que les sondages fassent des prévisions, au risque même parfois qu’ils se trompent. On pourrait alors lire chaque matin dans son quotidien une sorte de bulletin démocratique de l’élection à venir, comme on lit un bulletin météorologique. S’il arrive aux météorologues de se tromper, on ne leur en veut pas sérieusement, on sait bien que le fait qu’ils se soient trompés ou non ne change en définitive rien au temps qu’il fera.

Mais les sondages ne prédisent rien, en effet, pas plus qu’ils ne sont des instruments de mesure exogènes. Les sondages sont une sorte de bulletin météo qui, en indiquant le temps qu’il fait aujourd’hui, influerait sur le temps qu’il fera à terme. C’est que l’opinion dont les sondages mesurent les intentions électorales est également l’opinion qui suit la campagne électorale et reçoit les informations données par les sondages, comme elle est l’électorat qui se prononcera en définitive dans les urnes. La réalité est que sondage et opinion interagissent. La réalité est que les sondages tracent un chemin que l’opinion emprunte. Dit autrement, l’état de l’opinion d’un jour influe sur l’état de l’opinion du lendemain et, pas à pas, de mesure en mesure d’opinion et d’influence en influence, les résultats d’une élection seront l’aboutissement de ce lent, long et complexe cheminement tracé par les sondages.

Il est aisé de s’en convaincre. Les exemples de la formation des candidatures de Mme Royal et M Sarkozy en sont deux splendides illustrations. Mais il n’est qu’à observer aujourd’hui l’évolution des intentions de vote à l’égard de M. Bayrou pour en obtenir une autre. Voilà un candidat qui après avoir plafonné à 5% d’intentions de vote pendant des mois, grimpe soudain, sondage après sondage, jusqu’à atteindre aujourd’hui 20%. Que s’est-il donc passé ? Peut-on croire que jour après jour M. Bayrou parvient par sa seule force de conviction et la pertinence de son programme à faire converger sur son nom de plus en plus d’électeurs ? Ce n’est pas lui faire injure d’en douter fortement, et il suffit de constater à quel point les médias relatent et commentent d’avantage son ascension dans les sondages que son programme ou ses discours de campagne pour accréditer ce doute. Ce dont on peut créditer M. Bayrou est d’être parvenu à amorcer la pompe, à faire frémir en sa faveur un premier sondage, et puis un autre, et suffisamment pour que cela devienne un fait digne d’être commenté. L’emballement médiatique, adossé à la publication quotidienne de sondages, a fait le reste : M. Bayrou s’est mis à être une alternative crédible, d’abord pour quelques-uns, les plus audacieux, puis à mesure que leur nombre grandissait et que les sondages mesuraient ce nombre, d’autres les ont rejoints. C’est d’ailleurs cette pompe aspirante des sondages qui a donné à M. Bayrou un temps d’antenne auquel il se plaignait de ne pouvoir accéder précédemment, ce qui n’a pu que renforcer l’effet d’aspiration.

Inversement, nombreux sont les candidats qui, cantonnés au-dessous de cinq pour cents d’intentions de vote, ne bénéficient pas d’une pareille exposition médiatique. Bas dans les sondages, ils ne sont guère cités dans les commentaires des-dits sondages, ne bénéficient pas du temps de parole nécessaire pour s’adresser à l’opinion et en obtenir les éventuelles faveurs, et finalement ne parviennent ni à gagner en crédibilité ni à monter dans les sondages. L’opinion ne les croit pas capable de gagner - ce qui est le pire des handicaps dans pareil scrutin, en particulier depuis le séisme électoral du 21 avril 2002 - mais comment le croiraient-ils puisque les sondages affirment le contraire. C’est qu’ils sont très minoritaires les électeurs totalement convaincus par un candidat et qui voteront pour lui quels que soient les résultats des sondages le concernant, l’immense majorité des électeurs n’est pas constituée de militants ou de sympathisants convaincus, pour une bonne partie d’entre eux ils ne s’intéresseront qu’à faire un choix parmi les candidats susceptibles de l’emporter - l’autre partie s’abstenant ou exprimant un vote contestataire en accordant leur voix à un candidat dont ils savent qu’il n’a aucune chance. Dans un cas comme dans l’autre, l’information sur les chances d’un candidat est fournie aux électeurs par les sondages. La boucle est infernale pour ceux qui ne parviennent pas à s’en extirper.

On peut encore noter ici une particularité de cette élection dont bénéficie M. Bayrou par l’intermédiaire des sondages. Si M. Sarkozy semble provoquer une forte adhésion dans son électorat naturel, et peut-être au-delà, il est également l’objet d’un fort rejet de la part d’une autre frange de l’électorat pour qui l’essentiel dans cette élection est d’empêcher la victoire de M. Sarkozy. Or ces mêmes sondages qui il y a quelques mois encore ont imposé la candidature de Mme Royal comme la seule à gauche capable de battre M. Sarkozy, la donne aujourd’hui perdante (toujours dans la marge d’erreur, mais nous y reviendrons) tandis que M. Bayrou apparaît pouvoir l’emporter. En clair, deux mois avant que ne se soit déroulé le premier tour d’une élection, ce sont des sondages concernant d’hypothétiques seconds tours qui orientent les électeurs quant à leur choix concernant un premier tour encore lointain On voit là très clairement l’importance démesurée qu’ont pris les sondages dans cette campagne et de quelle manière ils tracent progressivement le chemin à des électeurs pour lesquels ils constituent la seule aide à la décision quant à l’utilité de leur vote.

On en vient alors naturellement à se poser la question de la fiabilité de la mesure et de la pertinence de la présentation de ladite mesure. Car pour peu que la mesure et le commentaire de la mesure se fassent correctement et avec toute la rigueur nécessaire, l’on pourrait concevoir qu’une telle aide à la décision puisse représenter un bénéfice démocratique. Or ce n’est pas le cas et ce pour plusieurs raisons que nous allons énumérer.

En premier lieu, il s’agit bien entendu de la marge d’erreur. Faisons d’abord un premier constat : la marge d’erreur de toute mesure est intrinsèque à ladite mesure. Cela signifie que si la marge d’erreur est de 4% (ce qui est généralement le cas pour les sondages d’opinion tels qu’ils sont pratiqués par les instituts de sondages), nous devrions observer d’un sondage à l’autre des variations de cet ordre de grandeur. Par exemple, il est hautement improbable qu’une dizaine de sondages de second tour donnent toujours le même candidat gagnant avec autour de 52% des intentions de vote : de temps à autre, et c’est une vérité statistique, le résultat devrait être inversé. Force est de constater que ce n’est pas le cas, ce qui ne peut que signifier que les instituts de sondages lissent leurs résultats afin de dissimuler les variations inhérentes à leur outil de mesure. C’est là un premier mensonge. Pis, cela suppose que les instituts de sondage s’échangent leurs résultats afin de réaliser ledit lissage - du moins s’observent-ils mutuellement avec une grande attention... Dit autrement, chaque sondage est pondéré par ceux qui l’ont précédé. Cela relativise grandement l’instantanéité prétendue de la photo et cela explique l’étonnante cohérence d’ensemble des résultats et de leurs tendances. Cohérence mensongère, donc.

Ce n’est pas là le moindre des problèmes que soulèvent la marge d’erreur, mais il en est d’autres. On évite beaucoup, par exemple, de préciser la signification précise de cette marge d’erreur, laissant ainsi entendre qu’on serait pour le moins certain que le résultat réel est conforme au résultat annoncé à plus ou moins la marge d’erreur. Ce qui est un autre mensonge. Dire que la marge d’erreur est de 4%, c’est en réalité dire qu’on a l’assurance à 95% (c’est en général le chiffre qui est retenu) que le résultat réel se trouve à plus ou moins 4% du résultat annoncé par le sondage. A contrario, cela signifie qu’il y a 5% de possibilité que le résultat se trouve au-delà de cet intervalle de confiance. Il est bien sûr possible de réduire cet intervalle, mais dans ce cas l’assurance de s’y trouver sera moindre, par exemple 90% ; comme il est possible d’avoir une assurance plus forte, mais dans ce cas l’intervalle sera plus large, par exemple plus ou moins 8%. Un autre moyen encore de gagner en précision serait de choisir des panels plus importants, mais le gain serait finalement guère important par rapport aux moyens supplémentaires qu’il faudrait y mettre. Ce qui explique pourquoi les instituts de sondages en restent à des panels autour de neuf cents sondés. Savoir cela, et le dire de manière suffisamment audible, permettrait aux électeurs de relativiser d’autant l’information donné par les sondages : non seulement le résultat réel est susceptible de se trouver à plus ou moins 4% de ce qui est annoncé, mais il peut même être tout à fait en-dehors !

Un autre secret de fabrication qu’on prend bien soin de nous dissimuler est celui du redressement des données. C’est là encore un mensonge par omission qu’on nous fait. Il faut savoir que le travail des instituts de sondages n’est pas seulement de collecter les réponses données par les sondés et d’en faire des moyennes, il s’agit également, et surtout, de corriger ces données dites brutes. Or ces redressements en eux-mêmes, même réalisés dans les règles de l’art, sont éminemment contestables et sans doute la cause de beaucoup de résultats erronés. En premier lieu, il est nécessaire de tenir compte des refus de réponse : en quoi peut-on prétendre que les intentions de vote de la population de ceux qui refusent de répondre aux sondages seraient statistiquement identiques à la population de ceux qui acceptent d’y répondre - ou d’ailleurs qui sont simplement joignables aux moments où sont réalisés les sondages ? Vient ensuite la question des réponses dissimulées, voire mensongères : il y a ceux qui refuseront de dire qu’ils ont l’intention de voter Le Pen, ceux qui s’amuseront à dire qu’ils ont celle de voter Bayrou, ceux qui ne savent pas encore mais qui donneront tout de même une réponse, ceux qui à l’inverse diront qu’ils ne savent pas mais qui savent en réalité très bien, etc... Enfin, il y a les réponses dites incohérentes : des sondés qui, par exemple, déclareront à la fois être énarques et RM-istes, habiter à Neuilly et avoir entre 40 et 50 ans, avoir voté Besancenot en 2002 et avoir l’intention cette fois de voter pour Sarkozy - un genre de réponse trop atypique pour pouvoir rattacher le sondé à un sous échantillon représentatif. Pour l’ensemble de ces situations parasites, la solution du redressement est similaire : il s’agit de se référer au passé et de comparer les données brutes d’alors et le résultat des élections correspondantes, puis d’appliquer aux données brutes actuelles un facteur équivalent. Cela suppose une certaine stabilité des comportements des électeurs, or on peut fortement douter d’une telle stabilité en regard des grandes mutations sociologiques que nous connaissons actuellement, et surtout de la rapidité de ces mutations : le chef d’une petite entreprise d’il y a quelques années n’est pas le même que celui d’aujourd’hui, non plus qu’un ouvrier ; la population des campagnes n’est plus la même que ce qu’elle était ; les moins de trente ans ont considérablement changés ; l’internet a bouleversé l’accès à l’information ; l’électeur de droite s’assume de plus en plus et celui de gauche a perdu ses illusions ; celui de Le Pen n’est plus honteux et le 21 avril 2002 est passé par là ; le regard que les électeurs portent sur les sondages s’est transformé et les candidats eux-mêmes sont d’une nouvelle génération... Comment croire alors que le passé puisse éclairer avec la précision suffisante les comportements présents de l’opinion face aux sondeurs ? Dit autrement, pourquoi s’évertue-t-on à dissimuler que la pertinence des sondages d’opinion est d’autant moins assurée que la société est en mouvement ? On ne peut pourtant redresser correctement que ce qui est stable.

Un dernier point enfin, le mythe de l’indépendance des instituts de sondage : pourquoi vouloir à toute force gommer que derrière chaque sondage il y a un commanditaire ? Pourtant, savoir cela c’est savoir que ne paraissent jamais que les sondages dont les résultats conviennent à leur commanditaire. Et savoir cela est savoir également que ce sont les commanditaires des sondages, et non les instituts eux-mêmes, qui déterminent la formulation des questions qui sont posées. Or, par exemple, on sait qu’on obtiendra des réponses différentes selon qu’on pose la question : Parmi ces candidats, pour lequel avez-vous l’intention de voter lors du premier tour de la présidentielle ?, ou bien celle-ci : Parmi ces candidats, pour lequel voteriez-vous si le premier tour de la présidentielle avait lieu aujourd’hui ?, ou encore celle-là : Parmi ces candidats, lequel souhaiteriez-vous voir devenir Président de la République en mai 2007 ? Il est essentiel de ne jamais oublié que les instituts de sondages entretiennent avant tout une relation commerciale avec leurs commanditaires : il n’existe pas de service public du sondage électoral... et quand on prend conscience de la puissance de l’impact des sondages sur le jeu électoral, on se prendrait à le regretter.

Aussi est-il essentiel au bon fonctionnement de la démocratie que nous développions un sentiment citoyen de grande méfiance à l’égard du processus de production et de diffusion des sondages. Afin de développer ce sentiment, et protéger la démocratie - le pouvoir au peuple - contre cette forme de "sondocratie" qui a tendance à s’y substituer, il nous faut imposer une totale transparence dans un processus dont nous ne sommes que les outils-sondés et les spectateurs-électeurs. Devant les excès actuels, opacité totale et sur-médiatisation sauvage, les citoyens n’ont d’autres solutions que de ne plus jouer le jeu de la sincérité face aux sondeurs. A trop de mensonges et de dissimulations, il nous faut répondre à notre tour par le mensonge et la dissimulation. On nous trompe en tant qu’électeurs, soyons des sondés trompeurs - et réservons notre sincérité aux urnes. Les sondages nous mentent, mentons donc aux sondeurs.


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65 réactions à cet article    


  • (---.---.156.40) 8 mars 2007 13:43

    Oui, les sondages nous mentent ! sur le fond pas sur la forme !

    L’effervescence actuelle nous démontre une remise à l’heure des pendules. Ils essayent de reprendre en mains cet outil magnifique, mais déformé par des "manipulos“ de premières zones.

    Peine perdue ! Surtout, si la déferlante du référendum se confirme au présidentiel, peu de chance pour L’UMPS.

    Bayrou et Le Pen deviennent donc, comme prévu, les deux seules forces à s’affronter.

    L’Europe est l’un des enjeux, mais aussi le recul des libertés, la démocratie, la constitution française, le contre-pouvoir, le vote blanc... Bref des centaines de sujets fondamentaux trop peu débattus.

    Les échecs successifs et les mensonges d’États ne peuvent plus fonctionner. Ce n’est pas la page qu’il faut tourner, c’est le bouquin qu’il faut changer.

    Pour l’instant rien de nouveau, mais nous allons rentrer dans une forte turbulence, et les vestes vont commencer à se retourner. Les pantalons vont tomber...

    Les Français devront affronter ce petit jeu, en ne perdant pas de vu que ce grand ménage de printemps va perdurer pendant une bonne année minimum.

    Mais le raz le bol des citoyens, de toutes catégories confondues, s’exprimera sans détour.

    La patience a ses limites. Elles sont franchies depuis belle lurette.

    Et ce ne sont pas les sondages qui changeront la donne, mais tout sera fait pour brouiller les cartes. Personne n’est dupe, et les partisans droites-gauches devront s’y résigner : ils ont déjà perdu.


    • jps (---.---.229.158) 10 mars 2007 11:54

      Les sondages s’étaient trompés en 2002, bis repetita pour 2007 ? Les sondeurs se justifient par le nouveau comportement des électeurs, plus inconstant ou volatil que par le passé (Alain Garrigou - Problèmes politiques et sociaux - 2003). Les leçons n’en sont pas tirées et ce n’est pas le but recherché. De Toute évidence pour les sociétés de sondages, politiquement, le but est ailleurs, lorsqu’il est crucial.

      La mise en cause de l’intégrité des institutions de sondage est légitime au regard de l’obédience politique de la personne qui assure la présidence de la société de sondage (Laurence Parisot, à l’Ifop également présidente du Medef et proche de sarkozy). De même, Ipsos intervient beaucoup pour l’UMP, où Nicolas Sarkozy est gros consommateur d’études qualitatives (les Echos du 17 février 2007).

      L’opportunité d’un sondage est également un facteur qui est pris en considération notamment pour influencer. Une enquête sur la sécurité est réalisée juste après des violences ne donnera pas le même résultat si elle est effectuée à un moment où aucun événement majeur de cette nature est signalé. Pourquoi n’a-t-on pas interrogé les français sur ce qu’ils pensaient de l’attitude de sarkozy aux Etats-Unis lorsqu’il s’excusait pour « l’arrogance » de la France ? s’interroge si justement (Nicolas Cadène 16 février 2007)

      L’ancien président de la Sofres, Pierre Weill s’était étonné de certaines questions dont la formulation influençait la réponse. La question peut être tendancieuse du style « que préférez-vous : Que l’on coupe dans les dépenses inutiles comme le propose le candidat X ou qu’on alourdisse le fardeau des contribuables comme dans le programme du candidat Y ?. La question peut être également suggestive en commençant par » Ne croyez-vous pas que... "

      Il est constaté un taux croissant de non-réponses aux sondages d’opinion parmi certaines couches de la population (jeunes, catégories populaires). Ils craignent que ce phénomène n’affecte la représentativité des échantillons et ils le mettent en parallèle avec la hausse de l’abstentionnisme. (Alain Garrigou - Problèmes politiques et sociaux - 2003)

      Les diplômés sont surreprésentés par rapport aux « non-diplômés » (constat de chercheurs de Sciences-Po révélé dans Le Canard Enchaîné du 3 avril 2002) Les personnes les moins éduquées, les moins insérées et les plus âgées se montrent d’une façon générale très réticentes à répondre aux sondeurs (les Echos du 17 février 2007)

      La présentation peut être également biaisée en occultant de présenter tel ou tel résultat. Le syndicat de journalistes SNJ et la Société des Journalistes du quotidien économique avait dénoncé une publication partielle et partiale d’un sondage par « La Tribune » qui avait censuré, le lundi 4 septembre 2006, la partie des résultats qui plaçait Ségolène en tête des candidats à la présidentielle pour les questions économiques et sociales.

      Dans ces conditions, il n’est pas étonnant comme le fait remarquer Yann Riché (7 février 2007), que les résultats diffèrent d’une société de sondage à une autre au sujet de la place de Ségolène par rapport à sarkozy.

      Chez LH2 au 3 février l’écart est de 6 points en faveur de Sarkozy (contre 3 dans le sondage précédent). Chez TNS Sofres au 1er février l’écart est de 6 points contre 4 dans le précédent mais les deux baissent, Royal plus fortement que Sarkozy. Chez Ipsos au 29 janvier l’écart est de 9 points contre 3 précédemment. Chez Ifop au 25 janvier l’écart n’a pas bougé, reste de 4,5 points. Enfin chez CSA l’écart est de 4 points au 31 janvier contre 1 dans le sondage précédent

      Tous ces éléments démontrent qu’il convient de s’interroger sur la crédibilité des sondages d’opinions politiques. On a plus tendance à remettre en cause les sondages quand sa favorite n’est pas en tête, j’en conviens, mais même lorsque les résultats peuvent apparaître réconfortants il est important de relativiser de la même manière. plus d’infos sur http://poly-tics.over-blog.com/


    • Fred (---.---.20.123) 8 mars 2007 13:50

      Excellent article. Il manque la conclusion : Oui les sondages nous mentent.

      Comme les médias ne diffusent plus d’informations, il ne faut pas considérer la propagande comme de l’information.

      Nous ne sommes pas (encore) en guerre... quoique ?!


      • ExSam (---.---.54.53) 8 mars 2007 14:15

        Très bon article qui décortique bien combien les sondages sont faux et prescripteurs.

        J’ajouterais que les sondages faussent notre univers politique.

        « Voterez-vous Untel en 2007 ? », c’est personnaliser l’élection, c’est faire se prononcer pour une icone et non pour un programme.

        « Voterez-vous Untel en 2007 ? », c’est aussi oublier qu’il y a Machin et Chose, et Truc, et Durand et Jean et Paul, etc.

        46 candidats à l’élection,les sondages n’accordent l’existence qu’à une petie dizaine. La démocratie est amputée et faussée, puisque tous les candidats ne sont pas sur la ligne.

        « Voterez-vous Untel en 2007 ? », c’est déjà voter, de fait. Répondre à ce sondage, de cet Institut, dirigé et financé par Untel, avec tel type de question, telle autorité pour nous la poser, c’est répondre à un système : « oui ».

        Pour expliciter un peu, c’est accepter que des millions d’euros soient dépensés pour des questions non-fiables, que ces questions soient posées par des organismes privés dont on n’a aucune garantie d’impartialité, de justice et même de compétence, que ces sondages renversent le cours normal de la compréhension des choses : savoir ce dont il est question avant de voter.

        Car on nous donne les candidats et les votes, bien avant de nous parler des programmes. Les média audio-visuels surtout n’en disent quasiment jamais mot, si ce n’est pour évoquer une mesure par son slogan qui, en général, a plus une fonction phatique qu’informative.

        La raison politique ne peut que sombrer dans l’affect, rejet/amour. Ceci est sans doute le pire dévoiement de la politique, la stratégie fatale à la poliique.

        La politique est raison avant tout. Raison au sens noble qui n’est pas celle d’une machine, mais celle d’un homme jeté dans le monde et qui connaît ses limites, un langage imparfait et une mortalité évidente, notamment .

        Cette humaine raison repose sur la citoyenneté. Citoyenneté qui présuppose l’égalité politique et l’intérêt commun pour la politique et ses affaires.

        Accepter de voir poser des questions par d’autres, pour le profit, prive le citoyen de sa propre parole, occulte et dévalorise son propre questionnement

        Celà dévoie aussi la discussion, la confrontation libre et à finalité politique de l’Agora des citoyens, vers une finalité mercantile, privée et non dans l’intérêt général.

        Finalité de profit qui peut agir nuisiblement en amont, à la construction des sondages, et en aval pour leur réalisation et leur dévoilement.

        Finalement, répondre aux sondages, c’est accepter ce système d’iconicité de la politique et de mise en profit de l’échange politique. Alors que cet échange est à la base de la construction et du pouvoir réel des citoyens.

        C’est également accepter qu’on nous place dans une temporalité illogique du politique, ou le résultat précède la réflexion, évacue même la réflexion, ou l’acte de choisir devient le contenu du choix, alors qu’il n’est que l’incarnation du processus collectif qui devrait être à l’oeuvre, surtout aujourd’hui, dans des sociétés travaillées par la complexité, la guerre et l’économisme sans rivages.

        Ainsi donc, le sondage lui-même manipulé, n’est que l’incarnation d’une manipulation plus profonde et plus générale me semble-t-il.

        Faute d’en avoir conscience, on risque de se satisfaire de lieux communs ressassés comme « montée de l’individualisme », « peopolisation »,etc.

        Cette pensée moutonnière défatiste, sera, n’en doutons pas, sûrement répercutée par sondages...

        Hors, ce dont nous avons besoin, aujourd’hui plus que jamais, c’est de remettre notre politique, notre société dans le sens citoyen.

        Ca passe par deux actions immédiates,me semble-t-il, au moins.

        Refuser de répondre et de lire les sondages, pour ne pas alimenter le système, et pour ne pas polluer la liberté de raisonner, d’échanger, de questionner et de prendre le temps politique de déterminer ce que nous voulons comme actes pour avancer dans notre société, avant que de désigner qui devra le mettre en oeuvre.

        Ecrire aux médias, à la CNIL pour dénoncer ce système de sondages en demandant aux médias des pages sur les programmes, des émissions citoyennes ou on interroge des ouvriers, des employés, ou on leur redonne pleinement leur droit qui me semble fondamental.

        Celui de débattre avec les politiques qu’ils élisent, de les interroger et de les contester sur la base citoyenne fondamentale, c’est-à-dire en égaux devant nos représentants.

        Et bien évidemment, ces émission devront faire place à la réflexion, qui présentera les programmes de candidats, de tous les candidats, avec des penseurs, des chercheurs, des citoyens mélés et différents. Non pas ces radio-crochets stupides, biaisés et ou la parole de toujours les mêmes à un format publicitaire. C’est-à-dire que celui qui a la parole ne peut la garder que vingt secondes à une minute, avant de se voir coupé, ou interrompu par les petits maitres médiatiques.

        Ce long message, parce qu’évidemment je crois à notre citoyenneté, notre politique et que je suis persuadé que faire de la politique une démarche globalement censitaire, hiérarchique et consumériste, c’est le meilleur moyen de l’achever.

        Nous serons la fin à une fin de l’Histoire, et pas pour notre bonheur.


        • Marsupilami Marsupilami 8 mars 2007 14:41

          Excellent article, très clair et très bien écrit. Dommage qu’il soit aussi peu lu et commenté, surtout parmi ceux qui s’étripent à coups de pourcentages sondagiers sur les forums politiques qui pulullent sur Agoravox.

          L’idéal serait effectivement que chaque sondé mente aux sondeurs, pour rendre folle la machine sondo-commerciale et éventuellement provoquer sa disparition. Mais ce n’est qu’une utopie : la plupart d’entre nous sont trop ravis et flattés qu’on leur demande leur avis et de répondre avec sérieux et conviction pour qu’un tel scénario se produise.

          Bon, je fais quand même un lien vers Un front de libération contre les sondeurs de leur propre bêtise !.


          • Gnole (---.---.192.187) 8 mars 2007 15:44

            On m’a demandé une seule fois mon avis pour un sondage... j’ai pas vraiment été flatté et même plutôt été enmerdé de perdre mon temps pour cette connerie (je crois qu c’était sur les bières et comme j’en bois pas, il a pas eut trop de réponses le gras :) )...

            J’ai un peu de mal à imaginer qu’on puisse se sentir flatter d’être sonder (pas de mauvais jeux de mot :) )... mais il est vrai que je suis sûrement quelqu’un de pas normal smiley


          • ExSam (---.---.54.53) 8 mars 2007 21:37

            Marsupilami

            Ton lien est mort.


          • TB (---.---.21.162) 9 mars 2007 00:52

            Essayons comme suit :

            http://66.102.9.104/search?q=cache:Mu218pTK__sJ:guidaltern.samizdat.net/article.php3%3Fid_article%3D718+Un+front+de+lib%C3%A9ration+contre+les+sondeurs+de+leur+propre+b%C3%AAtise+ !.&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr

            Je l’ai lu, c’est intéressant.


          • (---.---.37.71) 8 mars 2007 15:03

            « Ce sont bien les sondages qui ont imposé M. Sarkozy au long des cinq dernières années, et avec la participation active de celui-ci, comme le candidat incontournable de l’UMP, »

            Non, c’est son elections à la tête de l’UMP, les sondages n’y sont pour rien.

            De toute façon, qu’est ce que vous ne avez à faire des sodages ? Ils vous dérange ? Ne les lisez pas, voila tout !

            Quand aux electeurs de gauche, ils ne pensent qu’à battre Sarko, et donc prouvent qu’ils n’ont pas le moindre programme réel à proposer, jusque le status quo à tout pris, le maintiens de leur priviléges, de leur subventions, de leur rapine étatique..


            • Elric72 (---.---.186.250) 8 mars 2007 15:10

              Il n’est pas facile de mentir sur un sondage, voir impossible !!! (j’y ai travaillé deux années en 1999/2000)

              Car avant de vous demander votre couleur politique (Vous sentez-vous plus proche du PC, PS, UDF, UMP, FN... ?), vous répondez à des questions sur vos habitudes de consommation (fruits, légumes, viandes...) et votre situation (travail, locataire/propriétaire, étude, âge, sexe...) qui sont recoupé avec les résultats des élections passés, des adhérents aux partis politiques, votre commune....

              En vérité, les menteurs sont repérés et exclus pendant le sondage téléphonique ou pendant le traitement des données.

              Il n’était pas rare de devoir refaire des appels téléphonique pour remplacer les menteurs (10 à 17% des sondés au téléphone).

              Les institus de sondages connaissent trés bien leur metier et les gens.


              • Dedalus Dedalus 8 mars 2007 16:05

                oui, ils essaient d’éliminer les menteurs : c’est leur seule défense.

                or c’est une stratégie de défense à double tranchant, car il n’y a aucune raison que les menteurs soient représentatifs du reste de l’échantillon.

                et ainsi, plus il y a de menteurs, plus les sondages sont faux et les instituts de sondages le savent... ce qui est une victoire pour les menteurs !!!

                (le raisonnement est d’ailleurs également vrai pour les refus de réponses)

                donc : http://www.tousmenteurs.fr


              • Fred (---.---.20.123) 8 mars 2007 15:42

                Les instituts de sondage connaissent tellement bien leur métier qu’ils corrigent les données brutes pour les lisser à partir de résultats précédemment (faussés) obtenus.

                C’est déjà pas facile de décider sur des données justes, alors sur des données fausses . . .

                 smiley


                • Elric72 (---.---.186.250) 8 mars 2007 16:26

                  « c’est pas faut smiley »


                • corbeau (---.---.33.166) 8 mars 2007 17:06

                  Très intéressante analyse. Mais la conclusion n’est pas si simple.

                  Peut-on se passer des sondages ?

                  Quand vous faites partie d’une assemblée et qu’un vote se prépare, vous ne pouvez vous empêcher de vouloir à l’avance connaître les intentions des autres avant de passer à l’acte. C’est ce qu’on voit dans le film célèbre de Sydnet Lumet « Douze hommes en Colère » : 12 jurés américains doivent se prononcer en huit-clos sur la culpabilité d’un homme accusé de meurte. Au début du débat, un premier tour des intentions de vote donne 11 voix pour la culpabilité contre 1 voix oppposée (H. Fonda). S’ensuit un long débat qui fait l’intérêt du film et au cours duquel régulièrement des « sondages » seront faits. Après des heures de discussion les 12 voix seront opposées à la culpabilité...

                  J’y vois un exemple à petite échelle où les « sondages » aident à poser le débat et lui permettent d’aller dans la meilleure direction.

                  Bref, une photographie des intentions globales permet aussi de réfléchir à ses arguments en les confrontant à l’opinion générale. C’est pour ça que dans votre assemblée vous vous renseignez discrètement sur les intentions de vos voisins avant d’exprimer définitivement la votre. Pour que la démarche globale soit constructive lors d’un débat, il faut que le débat soit contradictoire et les prises d’opinion fréquentes.

                  Peut-être ne faudrait-il pas interdire les sondages de dernière heure, finalement ?


                  • Dedalus Dedalus 8 mars 2007 17:29

                    Je partage très largement votre analyse... encore faut-il :

                    1- que les sondages soient réalisés très sérieusement et en toute transparence ;

                    2- que la présentation des résultats ne soient pas mensongères ;

                    3- que la campagne électorale et l’information des électeurs ne se limitent pas aux seuls commentaires des sondages ;

                    aucune de ces trois conditions n’étant, loin s’en faut, aujourd’hui remplies, il est très clairement souhaitable qu’antant que faire se peut les citoyens que nous sommes se passent de l’information (mensongère donc) fournie par les sondages

                    et puisqu’il serait en effet préférable de n’avoir pas à se passer de cette information, mettons un peu la pression sur les instituts de sondages et les officines médiatiques afin qu’ils fassent en sorte de faire plus correctement leur boulot : http://www.tousmenteurs.fr (j’insiste smiley )


                  • sondage (---.---.163.217) 8 mars 2007 17:49

                    Quand Bayrou était à 5%, il était grotesque et maintenant avec 24% les sondages sont faux !

                    Il est évident qu’au fur et à mesure de sa progression, sa candidature devient plausible et les gens commence à l’écouter : Il y a un effet d’inertie évident

                    Il est dommage de faire tant de blabla pour passer à coté du sujet


                    • crou (---.---.207.213) 10 mars 2007 16:10

                      Les sondages à 24% de François Bayrou sont peut-être faux.

                      Il est peut-être à plus encore.

                      Les données étant corrigées, il est bien possible que ces corrections minimisent son score. En effet, les résultats de 2002, ces précédentes estimations ou encore l’indécision de son électorat sont des données qui pondèrent négativement les données brutes des sondages.

                      D’ailleurs, les 7 points gagnés par FB dans le sondage CSA, reflètent peut-être tout autant une progression qu’une pondération moins négatives qu’auparavant. Les instituts ne peuvent plus appliquer les mêmes pondérations aujourd’hui que quand il était à 6% dans les sondages.

                      De même, Nicolas Sarkozy ou Ségolène peuvent être surrestimés actuellement.

                      C’est aussi en cela qu’il faut prendre les sondages avec distenciation...


                    • Dedalus Dedalus 10 mars 2007 16:25

                      le raisonnement vaut, et plus encore, pour imaginer que Bayrou est bien plus bas en réalité, ou Sarko et/ou Sego plus haut.

                      les sondages sont de moins en moins faibles et on ne peut en tirer aucune conclusion, ni même aucun enseignement, ni dans un sens ni dans l’autre. il va nous falloir voter en conscience - et c’est pas plus mal.

                      Bayrou est à la mode dans l’opinion du moment, sans doute au moins un peu, mais de là à ce que ça se concrétise dans les urnes, ne vous réjouissez pas trop vite.

                      il est même très probable que les sondages qui mettront Bayrou devant Royal desserviront beaucoup le premier, car il permettra de rendre très palpable l’éventualité d’un second tour opposant deux hommes de droite, dont la gauche serait une nouvelle fois absente. sûr que les électeurs de gauche en deviendront prudents et responsables au moment de voter.

                      les modes passent plus vite qu’on ne croit : qui restera le plus longtemps, Sarko ou Bayrou - aux électeurs de droite d’en décider. ce n’est certainement pas à la gauche de prendre cela en charge au premier tour.

                      les français sont par ailleurs suffisamment responsables dans leur ensemble pour réaliser que la démocratie a tout à gagner à ce qu’un vrai premier tour ait lieu - qui ne soit pas polluer par des stratégies anticipées pour le second - et surtout qu’un second tour puisse trancher entre deux projets réellement alternatifs - ce qui n’a déjà pas été le cas en 2002.


                    • pak (---.---.200.140) 10 mars 2007 17:05

                      Ma femme envisage de ne plus voter Segolène R pour se reporter sur François B afin que ce dernier puisse battre Nicolas S ! Donc en effet les sondages ont une importance dans le choix mais la mécanique du report est difficile à deviner.

                      Supposons que les sondages aient été interdit en 2002 : je pense que Nicolas S serait le candidat UMP et je serais très surppris qu’il n’ait pas bénéficié du même battage médiatique. En effet, il est clair que les médias reprennent tous le temps les informations de leur collègues (sans les vérifier d’ailleurs) donc comme ce candidat est très fort pour « créer l’évènement », il est probable qu’il aurait tout de même bénéficié d’une visibilité supérieure aux autres candidats. Je pense qu’il ne faut pas non plus donner trop de force aux sondages qui sont peut-être plus des catalyseurs" que des outils de manipulation.

                      Sinon sur l’honnêteté de la présentation des sondage, l’article me semble correct mais le niveau de votre analyse n’est de loin pas celui que l’on peut attendre de la moyenne des français qui n’ont pas de notions précises des stats et des calculs de probabilité. Les sondeurs ne se cachent d’ailleurs pas de « trafiquer » les chiffres puisque par exemple ils expliquent qu’ils doivent systématiquement corriger à la hausse les résultats de Le Pen. Pour ma part, je trouve l’échantillon de population est toujours faible ( 900 personnes) et je pense comme vous que la qualité de ce « pannel » est très discutable. De plus la part de « ne se prononcent pas » ou « indécis » est tellement énorme que la prévision ne vaut rien. En ce moment il faudrait d’ailleurs être fort pour savoir qui va gagner sur la base des résultats des sondages !

                      Merci pour cet excellent article !


                    • tabernacle (---.---.237.128) 11 mars 2007 15:14

                      @ Pak (2):qu’est-ce que tu attends pour coller à ta femme une bonne fessée ?


                    • hubert (---.---.118.15) 8 mars 2007 17:53

                      Ce qui me frappe avec les sondages c’est la façon dont certains éditorialistes et journalistes s’en emparent avec un sérieux et une application quasi religieuse, sans le moindre recul, en nous expliquant le pourquoi du comment de telle ou telle poussée de fièvre sur des pages et des pages. Il n’y a que les politiques qui les mettent en doute quant ils baissent pour eux mais se taisent lorsqu’ils montent, espérant sans doute un phénomène d’aspiration qui entraînerait les 30% de moutons égarés qui ne savent pas encore pour qui voter.

                      30% ! C’est sûr et certain, juré, craché, puique ce sont les sondages qui le disent !..


                      • adam0509 (---.---.107.105) 8 mars 2007 19:31

                        Si je suis sondé je vote Besancenot (ou devillier à la limite)

                        http://www.radio-rouge.org/


                        • ExSam (---.---.54.53) 8 mars 2007 20:41

                          Les sondages, tout-puissants, dirigeant l’élection présidentielle, la perception de la politique et l’horizon réflexif de nos compatriotes.

                          Quinze réactions sur ce phénomène majeur. Un tas de commentaires pour les énièmes articles sur Bayrou, Sarko et autres icones.

                          J’ai honte de notre personnel politique, mais je constate que les esprits, même sur ce forum citoyen, ne semblent pas prêts à reprendre en main leur perception, leur réflexion, leur devenir citoyen. Dommage. Trop tôt ?..


                          •  :-| (---.---.36.61) 9 mars 2007 06:25

                            si les sondages mais les statistiques aussi :

                            Vidéo http://www.regardeavue.com

                            Partie 1 : http://www.dailymotion.com/psychonouille/video/x1e5o1_sans-casque-ni-bouclier-part-0105 Partie 2 : http://www.dailymotion.com/psychonouille/video/x1e6nq_sans-casque-ni-bouclier-part-0205 Partie 3 : http://www.dailymotion.com/psychonouille/video/x1e73x_sans-casque-ni-bouclier-part-0305 Partie 4 : http://www.dailymotion.com/psychonouille/video/x1e7eb_sans-casque-ni-bouclier-part-0405 Partie 5 : http://www.dailymotion.com/psychonouille/video/x1e7jb_sans-casque-ni-bouclier-part-0505

                            Parce que la répression syndicale touche tous les milieux et qu’il convient tout particulièrement de museler ceux qui occupent des postes clés comme dans la police, un témoignage contre les catégorisations faciles, les analyses simplificatrices qui s’adressent à toutes et à tous.

                            Un témoignage qui éclaire aussi sur une des réalités de l’application des politiques sécuritaires mises en oeuvre par les derniers gouvernements.

                            Ce témoignage a été tourné à la suite d’une rencontre. Lors d’une de ces conférences sur la politique sécuritaire et ses dérives. Vers la fin, un homme s’est levé. Il a déclaré qu’il venait de quitter la police, que la plupart des dérives que l’on venait d’évoquer n’était pas le fruit du hasard mais bien le résultat d’une politique élaborée au plus au niveau et transmise, ensuite, de manière pyramidale à travers la hiérarchie policière. Il avait réussi à s’en sortir, au prix d’un changement de carrière complet, là où la plupart de ses collègues avait fini par plier l’échine ou par « craquer ». Des mois, des années de lutte, pour ne pas se faire broyer administrativement et humainement par un système d’autant plus puissant qu’il a quasiment éliminé toutes formes de contestation en son sein.


                            • EDARI (---.---.36.110) 9 mars 2007 08:59

                              Les statistiques également, c’est certains :

                              Pourquoi cet étrange retard dans la publication de celles sur le chômage, qui habituellement sortent, régulièrement, sans problème.

                              Serait-ce le fait que nous soyons en période électorale ???

                              On peut imager deux sénarios :

                              Elles ne sont pas aussi bonnes que le Gouvernement de Villepin le laisserait entendre

                              l’Insee est une organisation de fonctionnaires, ces derniers étant, en général, plutôt à gauche, disent, pour décrédibiliser la droite et notamment l’action de Borloo, qui soutient Sarkozy, qu’ils ne pourront sortir ces statistiques qu’en Octobre...

                              C’est tout de même curieux, un peu gros, comme une maison...à Mougins !!!...


                              • Dedalus Simone 9 mars 2007 09:41

                                on n’est plus dans le sujet, mais la ficelle est trop grosse : l’INSEE est une administration qui dépend du gouvernement et lui doit obéissance. il n’y a absolument aucune chance que ledit gouvernement ne soit pas au courrant des vrais chiffres de l’INSEE sur le chômage. si ces chiffres étaient favorables au gouvernement chirac-villepin-sarkozy, ils auraient déjà été rendus publics, d’une manière ou d’une autre.


                              • EDARI (---.---.36.110) 9 mars 2007 09:37

                                AFP

                                c’est parti :

                                Le gouvernement, qui vante son bilan dans la lutte contre le chômage, se trouve en effet accusé par le PS de vouloir masquer une réévaluation du taux.

                                Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a jugé jeudi que le fait « que l’Insee ait repoussé la publication des chiffres du chômage montre qu’il existe encore pour le gouvernement un moyen de repousser la publication d’une mauvaise nouvelle ».


                                • marc (---.---.76.3) 9 mars 2007 11:14

                                  Moi ce qui me gene, c’est de savoir que le report de voix de SEGO vers BAYROU se fera si BAYROU est au 2eme tour L’inverse est que BAYROU ne donnera pas de consigne de vote. Quelle étrange postion pour un homme qui souhaite réunir la droite et la gauche ?


                                  • hubert (---.---.234.41) 9 mars 2007 15:11

                                    Ce n’est pas étrange dans la mesure ou il ne se positionne ni à droite, ni à gauche mais au dessus des clivages traditionnels. Opter pour Royal ou Sarkozy au 2ème tour équivaudrait pour Bayrou à trahir une partie de son électorat du 1er tour, ce qui serait fâcheux pour la suite de son aventure. Que Royal appelle à voter pour Bayrou au 2ème tour participe à la logique du « tout sauf Sarkozy ». Si ce sénario arrivait il serait sans doute moins douloureux que celui de 2002 ou la gauche avait appelé à voter Chirac pour battre Le Pen.


                                  • Simone (---.---.163.209) 9 mars 2007 15:27

                                    Moi, si j’étais Bayrou et quoi qu’en disent aujourd’hui les sondages, je ne parierais pas là-dessus.

                                    pour ma part, si entre l’extrême-droite et la droite j’ai citoyennement été voter contre l’extrême-droite, on ne me verra jamais choisir entre deux hommes de droite, serait-ce pour éliminer le pire des deux.

                                    la campagne avançant, et se durcissant, il est assez probable qu’ils seraient très nombreux à gauche qui feraiennt un choix identique au mien - s’en laver les mains - dans l’hypothèse d’un second tour où la gauche serait une nouvelle fois absente. ce serait alors Sarkozy ou Bayrou, je n’en sais rien, mais mal élu en tout cas, avec plus de 60% d’abstentionistes ou de votes blanc.


                                  • hubert (---.---.234.41) 9 mars 2007 16:47

                                    Si je n’ai pas d’autre choix, entre une grippe et un rhume, je préfère me choper un rhume et comme de toute façon ce sera l’un ou l’autre autant faire en sorte que ce soit le moins douloureux et aller voter malgré tout. Le vote blanc, c’est nul, d’autant plus qu’il n’est pas comptabilisé dans les poucentages.


                                  • Simone (---.---.163.209) 9 mars 2007 17:12

                                    d’abord je ne pense pas que Bayrou corresponde à un simple rhume.

                                    ensuite, l’expérience montre que la dynamique créé par les présidentielles se poursuit jusqu’aux législatives placées juste derrière. or je pense que dans l’hypothèse d’un second tour Bayrou - Sarkozy l’essentiel sera alors de ne pas nous retrouver avec une nouvelle fois 400 députés de droite.

                                    en tout état de cause, on voit bien que plutôt que de faire de la stratégie sur des sondages plus que douteux concernant qui est le plus apte à battre Sarkozy au second tour, les électeurs de gauche doit se préoccuper cette fois de réussir leur premier tour en assurant leur présence au second... et laisser à la droite le soin de départager ses deux champions.


                                  • (---.---.70.245) 10 mars 2007 17:25

                                    @Hubert « Si je n’ai pas d’autre choix, entre une grippe et un rhume..., »

                                    De même . Je voterai Royal au premier tour et si nous devions avoir un second tour Bayrou/sarkozy je voterais sans problème Bayrou ... Comme Roland Cayrol l’a remarqué , il existe tellement de haine entre les deux camps ump /ps que si Bayrou passe au second tour il sera certainement élu.

                                    Mais bon après l’election présidentielle il y a les legislatives et vu les résultats des régionales et du réferendum je prévois une assemblée majoritairement rose rouge smiley


                                  • grognon (---.---.233.24) 9 mars 2007 19:02

                                    Pourquoi il ne faudrait pas interdire la publication des sondages dans les derniers jours de campagne, mais au contraire les rendre nettement moins visibles ou les commenter de façon très différente plus de trois mois avant le scrutin...

                                    Désolé pour la longueur du propos qui va suivre (et pour le côté un peu « en vrac », mais il est tard), mais il a pour objectif de compléter les questions sur les biais liés à l’exploitation des sondages, mais aussi de corriger certaines approximations et donc de partager des opinions, et des faits.

                                    J’ai découvert votre site depuis hier. Ma première réaction a été enthousiaste, après avoir fréquenté nombre de forums sur la campagne présidentielle que je trouvais très décevants quant au fond (« je suis content car j’aime untel... » « oui mais moi je ne l’aime pas... » : regret de l’emprise de l’affect dénoncée plus haut, que je partage, en trouvant cependant a priori discutable l’amplification du phénomène sans inscrire le propos dans la décision de passer au suffrage universel et là, on arrive en terrain beaucoup moins facile... mais c’est un autre sujet).

                                    Enfin, me suis-je dit, un vrai creuset de débat qui non seulement échange sur le fond, mais aussi travaille ses informations, ses arguments et ses analyses.

                                    Puis j’ai relu attentivement les pages de ce site qui concernent les sondages : pour pratiquer ce métier depuis de nombreuses années (dont dans le domaine électoral) mais pour être aussi un citoyen (eh oui...), j’en éprouve finalement une grande déception.

                                    On retrouve en effet nombre de commentaires qui me paraissent s’inscrire dans le cycle « sacralisation / diabolisation » des sondages et qui éloignent, me semble-t-il, d’une analyse plus sereine et plus rigoureuse (sur les limites de l’exercice, quoiqu’elles me semblent objectivement de mieux en mieux admises et expliquées par les instituts - encore heureux ! - et pourtant encore insuffisamment claires aux yeux du plus grand nombre et en premier lieu de certains commentateurs).

                                    Pourtant, quand les fantasmes tiennent lieu de faits, quand les opinions et les représentations prennent le pas sur l’analyse objective, finalement, les interrogations citoyennes légitimes et importantes soulevées ici ou là me semblent noyées dans un nombre important de contre-vérités stupéfiantes (relevées sur cette page ou sur d’autre de ce site sur le même sujet). Il s’agit en fin de compte d’une communauté d’opinion, bien loin d’un véritable débat sur le fond pour ce qui concerne les « sondages ».

                                    Quel dommage... Je trouve ça d’autant plus décevant que ça me semble finalement poser la question suivante : quand et comment pourrons-nous réellement améliorer notre fonctionnement démocratique, si même les élites « non alignées », que vous êtes (et qui sont aujourd’hui notre seule chance de remise en question sérieuse), qui entretenez des doutes et posez des questions fondamentales et essentielles quant au fonctionnement de notre société, finissez par accoucher d’analyses et de solutions aussi incomplètes voire carrément erronées...

                                    Le « mentir aux sondages » me semble être intellectuellement séduisant mais concrètement inopérant (au mieux peut-il servir à réconforter l’un ou l’autre partageant cette stratégie, quand il serait un jour interrogé).

                                    Désolé, mais il me semble que la principale et la plus sérieuse critique des sondages d’intentions de votes n’est finalement pas approfondie autant qu’elle pourrait et devrait l’être : elle tient à la nature des commentaires délivrés au grand public en fonction du moment où les enquêtes sont réalisées (cette limite des sondages, ou de leur usage et influence, tient à mon avis à l’interprétation des résultats et à la pertinence et la clarté des commentaires en fonction du moment de la campagne, c’est à dire en fonction de la chronologie du processus de prise de décision des électeurs et donc de la nature des éléments collectés : en effet, les mêmes questions d’intentions de votes, en fonction de l’antériorité de l’enquête par rapport au scrutin, amènent des éléments radicalement différents, soit de la popularité, soit de l’intérêt, soit de l’envie, soit de l’intention, c’est à dire de la décision (ou, pour certaines des personnes interrogées, de l’indécision) de vote au sens strict, ce que les commentaires ne disent pas assez clairement à mon goût, cf les phases de « pré-campagne » avec les « primaires » PS et UMP).

                                    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les sondages d’automne (d’avant les élections) ne sont pas vérité du printemps (encore heureux (bis), sinon à quoi servirait de faire compagne ?? par contre, pour les primaires, ça peut conduire à des choses assez curieuses...)

                                    En cela les citoyens sont exposés à des informations dont on ne leur donne pas assez, je trouve, le moyen de mesurer la portée, laquelle portée varie dans le temps alors qu’on lui donne trop facilement un caractère aparemment invariable.

                                    Pour autant, il me semble tout à fait exessif de souhaiter priver les citoyens d’informations sur l’état d’inclinaison du corps électoral vis à vis des différents candidats : cela me semble procéder d’une conception « particulière » du droit des citoyens (« tu as le droit de décider pour toi, mais sans savoir ce que feraient les autres... », alors que le choix d’un candidat me semble aussi pouvoir valablement être décidé en fonction de ces éléments collectifs... même si, naturellement, on peut souhaiter que ce ne soient pas les seuls facteurs de décision - quoiqu’on pourraît être perplexe des motivations réelles de votes (ou de rejet) de parts non négligeables de l’électorat).

                                    Les mêmes critiques ne valent donc pas, à mon avis, selon que l’on parle des sondages plusieurs mois ou quelques jours avant une élections : ne pas faire ce distingo a priori fausse le cadre d’analyse (et, pour le reste, je le répète, nombre des prétendues déviances dénoncées sur ce site sont au mieux scientifiquement erronnées - d’un point de vue purement statistique - au pire complètement délirantes).

                                    Le caractère manifestement insuffisant de la connaissance de l’objet tant commenté empêche de porter autre chose qu’un jugement sans réel aboutissement, sauf pour ce qui est de regretter la focalisation excessive sur la « compétition électorale » au détriment de la réflexion sur le fond des programmes - encore y aurait-t-il beaucoup à redire, me semble-t-il, sur ce fond et sur sa « fabrication ».

                                    Oui, naturellement, la marge d’erreur doit être systématiquement rappelée (certains instituts commencent à le faire explicitement) et oui, les méthodes de redressement contiennent une part (faible) intuitive non scientifique (il suffit de regarder à nouveau les dernières livraisons des différents instituts), mais, je le répète, le fond des limites de l’exercice est ailleurs, il me semble...

                                    Et non le redressement ne se fait pas de manière immobile dans une société en mouvement (une baisse tendancielle de sous-déclaration, exple FN, conduit à de moindres coéfficients de redressement, puisque l’on travaille les redressements sur les rappels de vote des sondés eux-mêmes).

                                    Quelle déprime, allez, je retourne à la dernière enquête en cours de « bidouillage », commanditée par un média (et pas par je ne sais quel obscur autre individu caché dans l’ombre)... Pour info, les publications de résultats sous forme d’intervalles (cf une autre page de ce site) ont déjà été pratiquées , même si elle ne le sont pas suffisamment de mon point de vue...

                                    Toujours pour info, les instituts ne s’échangent pas les résultats, il suffit là encore de regarder la dernière livraison des 5 instituts français à travailler sur cette question pour s’en convaincre (le sixième n’ayant pas publié depuis plusieurs semaines)...

                                    Et non, les instituts ne laissent pas les commanditaires formuler les questions (vous n’imaginez pas, apparemment, combien c’est même le contraire, même si ce n’est pas tous les jours une sinécure)...

                                    Enfin, si les intentions de votes sont une telle aubaine pour le chiffre d’affaires, comme lu sur une autre page de ce site (alors qu’ils représentent en réalité moins de 3% du CA de ceux qui en réalisent), comment expliquez-vous que la très grande majorité des instituts ne les pratique pas ?

                                    Pour conclure, la question posée en filigranne reste pourtant essentielle : comment redonner à notre démocratie une chance de ne pas fonctionner électoralement sous l’impulsion aussi forte des parts de voix accordées ou non aux différents candidats et aux différents «  »programmes«  » par les média ?

                                    PS : contrairement à ce qui est écrit sur une autre page de ce site, un institut a posé récemment la question de leur sincérité à des sondés : et là, voyez-vous, je suis le premier à trouver contestable et la méthode et le résultat... Comme quoi...

                                    Si les autres questions abordées (que le sondage) le sont avec autant d’approximations, franchement, je commence à me demander sérieusement quoi lire, entre une majorité de media « standardisés » et des opinions alternatives aussi peu solides qu’ici sur un sujet que je prétends plutôt bien connaître de l’intérieur...

                                    Désolé de cette réaction à chaud, et d’un ton qui pourrait passer pour sentencieux (il ne l’est pas) alors qu’il est simplement très désabusé... On peut être sondeur et ne pas moins en souhaiter une démocratie mieux éclairée, particulièrement en des phases aussi cruciales que celles qui conduisent au choix d’un chef d’état... Sans rancune... smiley


                                    • Dedalus Dedalus 9 mars 2007 19:29

                                      Tiens, si les sondeurs eux-mêmes viennent ici se justifier, c’est certainement que nous ne devons pas être tant de l’erreur qu’il est prétendu smiley

                                      La critique de mon article au long de ce long commentaire demeure bien trop abstraite pour qu’on puisse en débattre au fond. c’est dommage, cela aurait pu être intéressant.

                                      Mais puisque « grognon » affiche ses compétences en l’affaire, je me dois à mon tour confesser ici que je ne suis pas un profane en matière de mathématiques, de statistiques, de théorie des jeux, de choix social, de sondages et de mode de scrutin... puisque je suis titulaires d’un DEA de méthodes mathématiques appliquées au choix social et d’un doctorat portant sur le mécanisme des sondages dans la décision électorale. Disons donc que nous n’avons pas le même point de vue... et que ce qui manque le plus à mon analyse n’est pas tellement la compétence que l’opacité entretenue par les instituts de sondages quant à leurs méthodes.

                                      Par ailleurs, et je m’arrêterai pour l’instant à ce point, je trouve assez médiocre la stratégie adoptée depuis une semaine par des instituts de sondages qui semblent sentir peser de plus en plus sur leurs épaules les reproches des citoyens, stratégie qui se contente de reporter toutes les responsabilités sur les médias - et ce alors même que les commentateurs de sondages sont de plus en plus les experts des instituts de sondages, quand ce ne sont pas les directeurs eux-mêmes qui mettent la main à la pâte.

                                      Oui, sans rancune... mais si l’on pouvait aller au coeur des choses, en toute transparence, ce serait plus constructif pour tout un chacun, non ?


                                    • le sondagophobe (---.---.126.57) 10 mars 2007 00:51

                                      Très bon article.

                                      La preuve : je suis d’accord avec ce qui est écrit ;)

                                      L’auteur n’a pas abordé un angle. L’angle du virtuel.

                                      Les sondages sont une « photographie de l’opinion à un instant donné », dixit le sondeur. Si l’élection qui le suit affiche des résultats différents, ce n’est pas une erreur des sondages. Il s’agit d’une volatilité de dernière minute des électeurs.

                                      Les sondages ne sont donc pas vérifiables. Ils n’ont par conséquent rien de scientifique. On ne peut pas les contredire. Il faut les accepter tels qu’ils sont publiés. Ils sortent du domaine du réel pour flirter avec le religieux. Tu dois les croire. Sinon tu es un impie.

                                      On pourrait croire que les sondages ne sont que manipulation. Ce qui est le plus triste dans cette histoire, c’est qu’en fait le sondage n’est qu’une des facettes du journaliste.

                                      Il y a quelques mois, j’ai regardé des émissions en anglais sur une chaine (nord)américaine qui annonçaient des élections dans un pays (sud)américains à grand renfort de pronostics basés sans doute sur des sondages.

                                      Le jour du scrutin et le lendemain, j’ai voulu connaitre les résultats. J’ai regardé la même chaine de TV d’informations en continu, et je suis resté sur ma faim. L’élection était passée, plus personne n’en parlait.

                                      Le journaliste, tel qu’il sévit actuellement, n’est pas un fournisseur d’informations longuement recherchées, vérifiées et décortiquées. Ce n’est pas non plus le chasseur de scoops qui veut sortir l’info avant les autres. C’est devenu celui qui vit déjà dans le futur et qui commente l’événement avant qu’il soit arrivé.

                                      Hier au soir, c’était vendredi. Le présentateur de la 2 recevait un homme politique. Il a commencé par lui demander ce qu’il pensait de l’allocution du président de la république de dimanche prochain.

                                      Voilà nos journalistes modèle qui font encore plus fort que le scoop. Ce n’est plus vivre dans le futur. C’est vivre dans le virtuel ?


                                      • Dedalus Dedalus 10 mars 2007 01:17

                                        sans aucun lien avec l’agréable compliment de départ, je ne peux que te féliciter pour cette très jolie prose, pleine de sens, de mordant et de délicieuse ironie. bravo !


                                      • tanais (---.---.34.153) 10 mars 2007 12:27

                                        Très bon article, et très bonne analyse. A diffuser


                                        • EDARI (---.---.206.85) 10 mars 2007 14:15

                                          www.desertdavenir

                                          À la Une

                                          Scoop : Bayrou devant Royal ce week end !

                                          C’est le Monsieur Sondages du PS qui le dit : la situation politique est une patinoire, tout le monde peut chuter, mais il y a un phénomène de vases communicants entre les électorats de Ségolène Royal et celui de François Bayrou. Jean-Luc Mélenchon va plus loin encore sur son blog en expliquant qu’il y a le feu au lac et que la gauche est menacée d’être ejectée du second tour !

                                          Eh bien ils n’ont pas tort car selon des indiscrétions revenues à Désert d’avenir, un proche conseiller de Nicolas Sarkozy, parlementaire d’Ile de France et chargé d’un des aspects de sa campagne, serait depuis hier soir en possession d’un sondage à paraître ce week end qui donnerait François Bayrou devant Ségolène Royal.

                                          Nous reconnaissons que nous n’avons pas eu communication de ce sondage, nous n’en connaissons pas l’origine. Mais nous avons l’identité du parlementaire qui l’a évoqué par un témoin de cette révélation. Ces éléments nous semblent donc suffisants pour nous permettre d’en faire état. A ce stade, il convient bien sûr d’être prudent et d’attendre confirmation. Mais cet évènement constituerait bien un coup de tonnerre dans la campagne aux conséquences incalculables. La question est notamment la suivante : est-ce le début de la fin pour Ségolène Royal ?

                                          Les sondages, à qui profitent-ils ??? et maintenant, ils sont annoncés avant de paraître !!!...


                                          • (---.---.140.77) 11 mars 2007 23:05

                                            Te réjouis pas edari, Ségo est toujours là. Elle a fait une bonne prestation sur M6. Elle devrait remonter dans les sondages tandis que Bayrou va stagner...

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