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Comment N. Sarkozy foule aux pieds la laïcité, valeur fondamentale de la République

« La loi de séparation, c’est la marche délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière raison », Jean Jaurès.

Une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy, dans le cadre de son déplacement à Rome où il est allé rencontrer le pape et prendre possession du titre de Chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, non seulement a contredit les propos qu’il a tenus en tant que candidat à l’élection présidentielle, mais surtout continue à verser dans une politique-spectacle des plus affligeantes, des plus démagogiques, des plus populistes.

Ce qui me semble le fait le plus grave, c’est que tant par l’acte d’aller revendiquer ce titre religieux purement honorifique (s’il s’en était arrêté là, il n’y aurait que demi-mal, car à deux exceptions près, tous les autres présidents depuis 1957 ont fait cette démarche) que surtout par les propos qu’il a ensuite tenus dans le discours qui a suivi, il met à mal un des principes fondamentaux de la République, à savoir la laïcité, pilier de la République et par là même, il prend le risque de relancer certaines tensions et polémiques dirigées contre la communauté musulmane de ce pays.

Diviser pour régner, comme toujours, diviser les Français entre eux, aujourd’hui catholiques contre musulmans, à défaut de tenter de remédier à la crise économique, à la crise du logement, au pouvoir d’achat qui ne décolle pas, au malaise social qui perdure, exercices autrement plus difficiles...

Gagner du temps en monopolisant la une des médias, en multipliant les gesticulations, cela semble sa méthode favorite pour retarder le moment où le peuple se rendra enfin compte qu’il a été berné en l’élisant à la tête de l’Etat, qu’il comprendra l’inefficacité, voire la dangerosité, du personnage, de ses formules à l’emporte-pièce, de sa stratégie qui ne considère que la partie la plus favorisée de la société française et ignore superbement les autres !

Ce titre de « Chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran » accordé à tout chef de l’Etat français en exercice est une tradition qui remonte à... 1604 ; initialement il a été créé par le pape de l’époque pour le roi Henri IV et ses successeurs, pour services rendus à la papauté par la France.

C’est la Révolution qui va mettre fin à la monarchie de droit divin et donc, à partir de cette date, la France ne doit plus être perçue comme « fille aînée de l’église », ni se prévaloir de telles charges.

Tombé en désuétude, ce titre sera remis à l’honneur en 1957 par René Coty. Depuis cette date, hormis G. Pompidou et F. Mitterrand, tous les présidents ont accepté cette fonction honorifique.

... Donc s’il n’y avait eu que le fait, pour Nicolas Sarkozy, de s’être rendu à Rome pour aller chercher ce titre d’opérette, cela ne vaudrait pas la peine de noircir du papier sur le sujet ! Cela tendrait seulement à conforter l’image mégalomaniaque de cet homme, épris de tout ce qui représente le pouvoir et les manifestations de son prestige. Mais, certains propos tenus par Nicolas Sarkozy à cette occasion sont aberrants, dans le sens où il renie des idées qu’il a exposées durant sa campagne en vue de l’élection présidentielle, et donc des idées sur la base desquelles il a été élu :

Le 30 novembre 2006, lors de l’émission A vous de juger, sur France 2, il déclarait notamment : « la laïcité, c’est la séparation de l’Eglise et de l’Etat, cette séparation doit être absolue ».

... Cependant ses convictions ayant pour particularité d’être à géométrie variable, et fonction de tendances sondagières, il faut relativiser la portée de cette déclaration péremptoire en se souvenant que le même Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, avait commandé en 2006 le rapport Machelon, lequel préconisait de réinstaller le religieux dans l’espace politique en permettant toutes les formes de financement public pour la construction de lieux de culte. Cette proposition consistait tout simplement à vider de son sens l’article 2 de la loi de 1905 dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui garantit que l’Etat « ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. ». De même, le 29 septembre 2005, il déclarait qu’on peut « légèrement adapter la loi de 1905 sans que la laïcité ne s’écroule » afin de « s’adapter à la réalité du temps ». On peut donc dire que la position de Nicolas Sarkozy sur le sujet est caractérisée par ses incessants revirements d’opinion !

Pourtant nos textes fondateurs ne laissent place à aucune ambigüité : Article 1 de la Constitution de 1958 : « la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Le message délivré par cet article est on ne peut plus clair : les religions relèvent de choix privés, et la France est l’un des rares pays laïcs pour lequel la laïcité fait partie des principes fondamentaux de la République. La laïcité est considérée comme un cadre protecteur des droits de l’homme ; la laïcité doit concourir à « l’égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes, la constitution de l’état civil et du mariage civil et, en général, l’exercice de tous les droits civils désormais assuré en dehors de toute condition religieuse » (Ferdinand Buisson, XIXe siècle). Les déclarations de Nicolas Sarkozy prononcées le 20 décembre 2007 à Rome, dont je vous propose ici un florilège sont donc purement et simplement inacceptables de la bouche de l’homme censé représenter la France et l’ensemble des citoyens français dans le monde, et diriger la politique de notre pays ! « La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû » : ce n’est pas la laïcité, mais plutôt la Révolution française et les principes de liberté et d’égalité dont elle a permis l’émergence, qui ont coupé les racines chrétiennes de la France, pour lui permettre de développer ses racines de laïcité, de fraternité et de tolérance ! « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. » ... Enfin, jusqu’à la Révolution française !! « Assumer pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Église » : assumer pleinement le passé - certes prestigieux mais dont un certain nombre de valeurs sont définitivement révolues -, oui, mais pour mieux vivre dans le présent, attaché à ses valeurs de diversité et de laïcité. « Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue interreligieux, dans les universités, je vous soutiendrai » : par cette phrase, Nicolas Sarkozy reconnaît donc l’échec des politiques qu’il a menées, d’abord en tant que ministre d’Etat et, maintenant, en tant que président de la République, pour résoudre la crise sociale et économique dans laquelle notre pays est plongé depuis un certain nombre d’années maintenant. De plus, il semble ignorer que la deuxième religion présente en France est l’islam, et que de tels propos non seulement renouent avec l’esprit colonialiste qu’il a réfuté lors de sa visite récente en Algérie, mais ne respecte absolument pas les convictions et croyances des citoyens musulmans de notre pays. Après le kärcher il compte utiliser l’ostie et le crucifix pour résoudre les problèmes des habitants des banlieues ?? ... Et après nous avoir conseillé de travailler plus pour gagner plus, bientôt le conseil d’aller bruler un cierge pour trouver plus facilement un appartement ou un travail ???


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54 réactions à cet article    


  • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 15:20

    Deux autres extraits notables :

    « [...] la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses »

    « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, [...] »


    • cza93 cza93 26 décembre 2007 15:32

      le deuxième a nettement ma préférence !!! smiley A quand l’heure de catéchisme obligatoire pour tous les écoliers de France ?

      Il y a comme des relents d’Ancien Régime dans tout ça ! ... Manque plus qu’une réplique magnanime de la belle Carla, découvrant à la télé qu’il y a des pauvres en France « ils n’ont pas de quoi s’acheter du pain, qu’on leur donne de la brioche ! »

      Au fait ... le curé, le pasteur, mais ni l’imam ou le moine bouddhiste au passage ...


    • ka 26 décembre 2007 15:44

      @ Mjolnir

      C’est bizarre, je pense pouvoir faire la différence entre le bien et le mal et pourtant je n’ai reçu aucune éducation de la part d’un curé ou d’un pasteur, est-ce normal ?


    • cza93 cza93 26 décembre 2007 15:57

      @ka

      ... pareil pour moi, ... on doit être des surdoués ... en plus je suis bouddhiste ... visiblement ça aide pas ... smiley


    • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 16:12

      Je me demande surtout qui enseigne aux curés et aux pasteurs la différence entre le bien et le mal. smiley

      Et dans le genre de l’hopital qui se fout de la charité :

      « Mais ce que j’ai le plus à cœur de vous dire, c’est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d’identité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. »

      Mais qui avait construit sa campagne présidentielle autour des thèmes « travailler plus pour gagner plus » et l’identité nationale ? N’est ce pas lui qui a créé ces obsessions ?


    • ka 26 décembre 2007 16:27

      et moi je suis musulmane alors...


    • ka 26 décembre 2007 16:29

      Sarkozy ou le paradoxe.


    • ads59 29 décembre 2007 18:25

      Normal, tu as reçu l’éducation de tes parents, qui l’ont reçu de leurs parents , qui l’ont reçu des parents de leurs parents, qui...etc...qui l’ont reçu d’un curé ou d’un pasteur ? Sinon nous serions des barbares wisigoths ou autres avec un autre sens du bien et du mal. Donc oui, notre sens du bien et du mal descend de nos racines/valeurs judéo-chrétiennes, qu’on le veuille ou non.


    • masuyer masuyer 26 décembre 2007 16:46

      Un athée chrétien pour M. Rex doit être un athée de race chrétienne. Il parait que ça existe, mais à mon avis seulement dans les délires d’une droite qui se dit « nouvelle », portée par le GRECE de l’inénarrable Alain de Besnoit et qui n’a de nouvelle que son auto-baptême.

      D’ailleurs, avant de se plonger dans les racines chrétiennes de la France, on pourrait se pencher sur les racines de la droite de M. Rex.

      Pour en revenir aux racines de la France, et c’est un athée qui vous le dit, elles sont chrétiennes (la révolution n’y a rien changé, elle a seulement écarté du pouvoir le clergé), je rappelle que la moitié de nos jours fériés sont des fêtes religieuses (même si de plus en plus de Français en ont oublié les origines).

      Mais, ce qu’oublie Nicolas Sarkozy, c’est qu’elles ne sont pas uniquement chrétiennes. Le christianisme, qui rappelons le est une religion orientale, s’est profondément modifié selon les cultures qui l’ont adopté. Il s’est nourri notamment d’élément pré-chrétien (voir le culte des saints par exemple). La France a aussi reçu un héritage juif plus important qu’elle ne veut bien l’admettre. Mais aussi un héritage d’agnosticisme et d’athéisme. Rappelons aussi que pendant 130 ans, plusieurs départements français étaient majoritairement peuplés de musulmans.

      Mais, et c’est ce qu’ont très bien compris Rex et consort, le fait de l’appartenance religieuse sert de faux-nez à des idées pas franchement neuves, mais dont on a dû changer quelque peu la forme à défaut du fond pour des raisons historiques (la mort de près de 6 millions de Juifs et d’entre 250 à 500000 Tziganes) ayant rendu difficile l’expression d’un discours racialiste. Mais si l’expression se fait discrète, la pensée n’a pas disparue.

      Le danger n’est pas tant un regain de pouvoir des religieux dans notre pays. Non, ce qui est en jeu dans l’évocation des racines chrétiennes de la France (ou de l’Europe), c’est la question raciale. Car il y a bien longtemps que l’Europe a oublié que Jésus Christ (si tant est qu’il ait existé) ressemblait certainement plus à Yasser Arafat qu’à Bjorn Börg (ils ne servent ici que d’exemples pris au hasard). Derrière les racines chrétiennes se cachent le fantasme d’une France et d’une Europe blanche où tout Autre ne serait qu’un invité devant se soumettre.

      On voit d’ailleurs ce fantasme se répandre chez certains, qui n’osant plus prétendre que la fantasmagorique race blanche est supérieure aux autres, commencent à évoquer une supériorité culturelle du christianisme sur l’islam et ce couvrant tout l’échiquier politique.


      • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 26 décembre 2007 16:56

        Beau résumé, Masuyer, merci.

        @ Rex : vous n’avez pas parlé d’un autre spécimen dont je fais partie, les « athées juifs »... smiley Mais je n’en prendrai point ombrage.


      • cza93 cza93 26 décembre 2007 17:00

        bonjour Masuyer,

        oui tu as raison sur pas mal de points (jours fériés, racines chrétiennes ...) ;

        mais précisément la laïcité est avant tout un rempart contre l’intolérance ; c’est un outil qui doit favoriser le « vivre ensemble » sans considérer certains supérieurs par rapport à d’autres (parce que de race blanche, de « racines chrétiennes » ...) sur des critères on ne peut plus discutables et subjectifs basés sur la race ou les convictions (on sait où cela mène ...). La laïcité ce n’est pas un égalitarisme forcené qui coupe toutes les têtes à la même hauteur, c’est le principe qui consiste à dire que dans l’espace publique, les confessions n’ont pas leur place, elles doivent rester dans l’espace privé, elles ne doivent pas polluer ou influencer l’espace professionnel, le droit, l’école, la justice ...

        ... il ne peut donc y avoir de « laïcité chrétienne » donc !!!

        Quant aux jour fériés, c’est un héritage du passé, pas de quoi fouetter un chat ! sur le dernier point enfin, je suis totalement d’accord : Jesus, s’il a existé n’était certainement pas blond aux yeux bleus ... d’ailleurs Lucie, notre ancêtre à tous, était petite et probablement noire ...


      • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 26 décembre 2007 17:03

        @ l’auteur,

        Bravo pour votre plaidoyer argumenté. Le rapprochement entre Sarkozy et Ratzinger n’est que le prolongement de deux idéologies qui imposent le christianisme comme religion de référence, au détriment des autres ... et de la laïcité. A quand une affiliation de NS à l’Opus Dei ? smiley


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 17:04

        Yves,

        les juifs sont particulièrement emmerdants en terme d’identité. On peut être juif sans être croyant et juif sans être israélien. Comment voulez-vous qu’on s’y retrouve chez les tenants du chacun chez-soi ? smiley J’espère au moins que vous n’êtes pas communiste. smiley smiley smiley smiley

        Bien cordialement


      • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 17:06

        « Le danger n’est pas tant un regain de pouvoir des religieux dans notre pays. Non, ce qui est en jeu dans l’évocation des racines chrétiennes de la France (ou de l’Europe), c’est la question raciale. »

        D’accord sur la deuxième partie (l’islamophobie n’est souvent qu’une xénophobie) mais ce regain du pouvoir religieux n’est pas innoffensif, j’ai souvenir de quelques publicités censurées qui étaient pourtant moins choquantes de certaines caricatures, la liberté de l’expression est entamée de tous les cotés. De plus, il devient de plus en plus difficile de se faire avorter et je pense que l’influence religieuse n’y est pas étrangère et enfin, il y a une la volonté des religieux de vouloir s’immiscer dans le programme éducatif pour nier l’évolution des espèces.

        Le discours et la posture de Sarko est parfaitement dans le courant de ce retour de l’ordre religieux mais cette posture n’est qu’une hypocritie, sa politique est aux antipodes de la morale authentique qui voudrait qu’on s’aide les uns les autres. Sarko vénère plutôt le pouvoir, les richesses et l’image.


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 17:12

        Cza93,

        nous nous retrouvons sur ta définition de la laïcité. Il faut pourtant admettre qu’une partie du mouvement laïque s’appuie sur l’hypothèse de la supériorité de l’athéisme sur la croyance (avec éventuellement une acceptation condescendante de l’agnosticisme).

        Maintenant, historiquement, l’appartenance religieuse a souvent servi de marqueur identitaire et a été je pense plus souvent le prétexte à l’agression de l’Autre que la cause. Mais on peut en discuter jusqu’à plus soif. Derrière les guerres de religions en France, il me semble que les enjeux étaient bien plus large que l’adhésion ou non à une doctrine chrétienne.

        J’en profite pour te féliciter pour ton article.

        Cordialement


      • ka 26 décembre 2007 17:16

        @ Mjolnir

        Comme tous les hommes politiques je suppose ?


      • ZEN ZEN 26 décembre 2007 17:16

        @ Yves, bonjour

        Je ne sais si Rex Francorum va apprécier...

        Nous dira-t-il d’où viennent ses ancêtres ?


      • cza93 cza93 26 décembre 2007 17:16

        @Mjolnir

        ... oui tout à fait : j’ai traité le sujet avec un peu de légèreté, surtout la fin, mais qu’on ne s’y trompe pas, ce genre de propos peut avoir des retombées gravissimes : exacerbation de tensions multiculturelles ou multiconfessionnelles, remise en question de l’IVG (voir aux USA où on en est), remise en cause de certains points de l’histoire des espèces au nom du créationnisme, remise en question de notre liberté d’expression au nom de la morale religieuse ...

        ... On parle souvent de l’intégrisme islamique, on parle moins souvent de l’intégrisme catho ; l’instégrisme est une vision intolérante et exagérée qui peut exister dans toutes les religions !

        Donc, pas question de transiger : chez soi, dans le privé on fait ce qu’on veut en matière de religion, dehors, sur la place publique, respectons la laïcité, défendons là, battons nous pour ce principe fondateur si nécessaire !


      • cza93 cza93 26 décembre 2007 17:17

        @ Masuyer

        Merci. de toi ça me touche !


      • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 17:19

        « Sarkozy et Ratzinger n’est que le prolongement de deux idéologies qui imposent le christianisme comme religion de référence »

        Que dit le chritianisme sur l’adultère ? Sarko n’est pas encore divorcé que je sache, alors que pense Ben XVI des aventures de Sarko avec la journaliste du Figaro et la chanteuse italienne ?

        Je ne sais pas ce qui est le plus affligeant : l’hypocritie de Sarko ou le consentement d’une bonne partie des citoyens ?


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 17:19

        Mjolnir,

        il va de soit que certains mouvements religieux tentent de reprendre du poil de la bête en s’appuyant sur un phénomène de repli identitaire. J’ai eu à ce propos une discussion intéressante avec une jeune fille française, d’origine marocaine qui était pourtant de la 3ème génération et qui me disait qu’elle avait vu comment nous préparions « nos » fêtes (en parlant de Noël). Ce qui m’interpelle ici, c’est que c’est le genre de propos qui n’aurait pas eu lieu d’être il y a 20 ans. Malgré tout, je crois que ce retour vers le religieux comme marqueur identitaire est plutôt la conséquence que la cause d’un éloignement entre les communautés. La tension dans le domaine social et économique en étant certainement un facteur important.

        Cordialement


      • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 17:24

        @Ka

        Ce « tous pourris » n’avance à rien. Oui, il faut sans doute être intéressé par le pouvoir pour faire de la politique à ce niveau mais je ne pense pas beaucoup de politiques auraient eu le culot et le décence de faire tout ce que Sarko a fait, il a atteint des sommets inimaginables il y a quelques années. Au point où il en est, qu’il se proclame président à vie ou empereur m’étonnerait à peine.


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 17:29

        Mjolnir,

        "Que dit le chritianisme sur l’adultère ? Sarko n’est pas encore divorcé que je sache, alors que pense Ben XVI des aventures de Sarko avec la journaliste du Figaro et la chanteuse italienne ?

        Je ne sais pas ce qui est le plus affligeant : l’hypocritie de Sarko ou le consentement d’une bonne partie des citoyens ?"

        Figures-toi que la question a été posé par un journaliste à un prélat et que celui-ci a préféré ne pas commenter. smiley

        Maintenant, l’Eglise en tant qu’instrument de pouvoir s’est toujours bien accordé avec les écarts de ses membres appartenant aux classes dominantes. La condamnation de la conduite de tel ou tel dirigeant ne se produisant que dans la cas où celui-ci rentrait en conflit avec la hiérarchie écclésiastique.

        D’ailleurs au cours de l’Histoire, les mouvements chrétiens ayant décidé de rentrer en lutte contre les classes dominantes en se référant aux textes sacrés ont tous été déclarés hérétiques ou sectaires par les plus hautes autorités de l’Eglise (voir le « Nom de la Rose », les prêtres-ouvriers, les Théologiens de la libération, entre autres).


      • ka 26 décembre 2007 17:31

        @ Mjolnir

        Le fait que les politiciens aiment le pouvoir, la richesse et l’image ne veut pas dire pour moi qu’ils sont tous pourris.


      • cza93 cza93 26 décembre 2007 17:34

        oui il y a un durcissement autour des questions religieuses en ce moment ; c’est la conséquence d’un repli identitaire né du mal vivre dans certains quartiers stigmatisés (pauvreté, chomage, racisme, difficultés pour s’intégrer, manque de projet d’avenir et d’avenir tout court ...) ; c’est une façon dans les quartiers sensibles - notamment pour les filles - d’essayer d’exister. Juste d’exister.

        Alors je ne crois pas qu’il soit nécessaire de mettre de l’huile sur le feu en ce moment ... J’ai organisé un débat il y a peu sur la parité et j’y avais invitée une des fondatrices des Insoumises (scission de ni putes ni soumises suite entrée de Fadela Amara au gouvernement) ; c’est grave ce qui se passe en terme de violence contre les femmes et surtout les jeunes filles. Il ne faut pas rire avec cela. Toute cette violence a quand même essentiellement pour origine la misère, le manque de possibilité de seulement pouvoir imaginer s’en sortir ...

        Tout est lié : laïcité, respect de l’autre dans toute sa diversité et dans toute la richesse de son être et de sa culture, envie d’un projet de société,... c’est tout cela que le karcher fait voler en éclat ! Attention, danger !


      • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 17:39

        @Ka

        Au temps pour moi : aimer le pouvoir (pour le pouvoir), la richesse matérielle et son image sont des choses plutôt malsaines pour moi donc...

        @Masuyer

        Ton flegmatisme m’étonnera toujours.

        Bonnes fêtes à tous en passant.


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 17:43

        Cza,

        « L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire même » disait déjà Flora Tristan dans la première moitié du XIXè siècle.

        Les choses ont bien peu changé.


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 17:45

        Mjolnir,

        ce doit-être des racines britanniques que j’ignore smiley smiley smiley


      • Mjolnir Mjolnir 26 décembre 2007 17:47

        @cza93

        En ce qui concerne la violence contre les femmes, je pense que la religion n’est qu’un prétexte. Dans beaucoup de cultures, hélas, les femmes sont toujours été plus ou moins opprimées, c’est donc plutôt un problème social qu’un problème religieux. Mais il est clair que cette violence est encore plus difficile à combattre quand la religion peut servir de prétexte pour la légitimer.

        Je ne sais pas si ce retour de la religion est une cause ou une conséquence, les choses interagissent souvent en boucle. Il est notable aussi que dans agoravox, il y a eu des articles qui pronent une positions opposées, leurs auteurs soutiennent (et déplorent ?) que la religion chrétienne n’a plus beaucoup d’influence aujourd’hui. Pour ces gens là, on serait « trop » laïc, c’est dire à quel point ils aimeraient que notre république deviennent théocratique.


      • ka 26 décembre 2007 17:55

        @ Mjolnir

        Nous sommes d’éternels insatisfaits. Les uns pensent qu’il y a trop de... et les autres pensent qu’il n’y en a pas assez.


      • adeline 26 décembre 2007 17:55

        @Mjolnir (difficile à écrire pouvez pas vous appeler Robert ?) bon blague à part je suis très d’accord avec vous en terre chretienne le femme n’est pas vraiment mieux traitée, il y a l’apparence , certe mais en vrai la femme est une sorte d’esclave même si c’est toléré et tellement toléré que l’on ne le voit pas.

        Si vous conduisez regardez le nombre de femme au volant

        Si vous allez en soirée chez des amis regardez qui est aux fournaux

        Etc.....


      • masuyer masuyer 26 décembre 2007 18:44

        Pour en revenir à l’infâme Rex, dont le commentaire a été censuré, ce qui me semble peu productif, bien que sa prose mérite le mépris le plus total, il a sévi sur un autre article (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33458&id_forum=1577907&var_mode=recalcul#commentaire1577907)

        voici le permalien de son commentaire http://www.agoravox.fr/commentaire_static.php3?id_article=33458&id_forum=1577907

        à l’heure où je l’ai lu il présentait un score positif de 5 points à la question commentaire constructif.


      • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 26 décembre 2007 21:19

        Tiens, c’est vrai ça, le post de Rex a été censuré. Dommage, il avait été bien malgré lui le déclencheur d’une discussion fort intéressante.


      • Pascal 30 décembre 2007 11:50

        53 vs 47 ca fait 6%. Et ce n’est pas une f...., c’est juste la pire ennemie de la direction du PS.


      • GobinD GobinD 26 décembre 2007 17:59

        Argh .. je me suis étranglé lorsque j’ai entendu à la radio les propos de NS , et je m’étrangle encore de n’entendre que très peu les politiques se révolter sur cette remise en cause de la laïcité, ce sont des propos très graves qui bafouent les principes d’égalité, et là il faut se révolter pour les défendre.. je souscrits aux propos de CZA93 , défendons abolument cette laïcité, elle nous rend libre, luttons et luttons encore, car combien sont prêts à nous enlever cette liberté ? Insidieusement le NS fait comme GWB aux US il souhaite réduire les libertés de ce pays, et nous assujettir à ses idées rétrogrades, et oh combien manipulatrices, et électoralistes, .. quelle médiocrité, mais à l’heure des Starac, il semble tellement facile de faire de la propagande à deux balles, le pire c’est que cela fonctionne , .. il reste quelques éveillés heureusement,il reste le Net et AgoraVox, heureusement ..


        • Vincent San Seb Vincent San Seb 26 décembre 2007 18:31

          Etant moi meme athé, et n’ayant jusqu’a présent jamais senti d’attaque directe de Sarko, je m’inquiète enormement que l’on puisse remettre en question ce fondement de la republique française, qui malgrès ses nombreuses imperfections me semble partir de très bons principes. En revanche j’ose espérer que si la moindre proposition de loi sur ce principe est posée, la majorité des français le soutenant seront à meme faire jouer leur pouvoir décisionel direct, c’est à dire de contraindre ses dirigeants à démissioner ...sinon on leur coupera la tete, mais on l’a déjà fait, alors on va essayer de trouver mieux.


          • Luc 26 décembre 2007 18:36

            Et moi je suis protestant, j’aime ma religion chrétienne qui m’enseigne qu’il y a autre chose que le fric, les ipod, les xbox et la star academy. Pourquoi des gens heureux et pleins d’espérance vous dérangent-ils ?


            • masuyer masuyer 26 décembre 2007 18:49

              Luc,

              pour ma part (je ne souhaite pas parler pour les autres) l’existence de protestants, de catholiques, de juifs, de musulmans, de bouddhistes, d’hindouistes, etc... ne me pose aucun problème.

              L’affirmation de l’existence de racines chrétiennes de la France, en excluant tout autre courant de pensée religieux ou non me pose par contre un énorme problème.

              Cordialement


            • cza93 cza93 27 décembre 2007 11:12

              @ Luc :

              pareil pour moi, ce n’est pas l’existence des religions qui pose problème (je suis bouddhiste et un peu pratiquante). Mais la religion doit rester cantonnée à la sphère privée. C’est le fait de faire entrer à nouveau la religion dans l’espace public qui me pose problème ; cela a donné lieu à un long combat pour parvenir à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est un combat que je considère comme légitime et fondateur, alors pas question de revenir dessus.

              Par ailleurs, toutes les grandes religions sont basées sur des préceptes de tolérance, de partage, de respect de l’autre (tu ne tueras pas, ne voleras pas ...), bref des valeurs qui doivent favoriser le vivre ensemble de façon civilisée. En gros elles définissent des règles de base pour une cohabitation pacifique. Ensuite, ce sont les hiérarques religieux et les politiques, qui au fil de l’Histoire ont fait évoluer ces notions en fonction de leurs intérêts propres (volonté d’expansionnisme territorial, création et unification d’une nation réunie autour de valeurs communes ...).

              Permettre un retour du religieux dans l’espace public, ce n’est pas seulement, comme voudrait nous le faire croire Sarko, revaloriser ces règles de savoir vivre, de respect, car pour cela il y a l’éducation transmise par les parents et l’éducation civique. Avec le retour du religieux dans l’espace public, on peut craindre des atteintes à la liberté, un regain de tensions, de communautarisme et au final de repli ... Exactement le contraire de ce vers quoi nous devons tendre ...


            • jeanclaude 26 décembre 2007 19:03

              Une des inconnues est effectivement : pourquoi n’y a-t-il pas plus de réactions ? Réponses possibles : 1) pas assez de gens ne se rendent compte de l’enjeu - 2) symétriquement à l’affaiblissement des religions il y a un affaiblissement de la laïcité, entendue comme « position consciente comportant une doctrine » - 3) tout en ne partageant pas nécessairement la manière d’aborder la question par le président, une partie des citoyens se rend compte que la question de la place des religions dans la cité ne peut plus être considérée comme tabou. Qu’il y a plus de désavantages à ne pas en parler qu’à en parler.

              Pour moi c’est la question des citoyens français musulmans qui est critique. Par nature dans les sociétés musulmanes, religion et pouvoir politique ont toujours eu des liens très étroits, allant bien au-delà d’un concordat. Comment faire en France pour que les musulmans puissent avoir des lieux de culte (garantis par la république), sans que leur financement ne soit assuré par l’étranger ? Autre présentation de la problématique : les oulemas étant toujours contrôlés par le pouvoir politique en place dans tous les états musulmans (de Mahomet à nos jours), contrôler ou ne pas contrôler (et donc dépendre d’une école coranique extérieure, statistiquement plus radicale que libérale, voire avec le danger du fondamentalisme) ?

              Questions dérangeantes, où les réponses mettent en cause la conception théorique et la perception pratique de la laïcité à la française. Question iconoclaste, mais qui ne pourra être évitée, si on veut aborder au fond la question des communautarismes naissants dans nos banlieues défavorisées.

              NS a la bonne intuition qu’il faut ouvrir le dossier, même s’il s’y prend comme un pied et si sa démarche n’est pas dénuée de tactique politique partisane. Donc pour moi, il faut aussi que les lignes laïques se bougent ; ç.à d. n’en restent pas à une ligne Maginot revenant à dire « C’est nos tables de la Loi - Circulez, il ’y a rien à dire ».

              Autre analyse : dans le paradigme de tolérance et de relativisme absolu de la conscience moderne, une majorité des français est dans une position de spectateur et attend de voir les positions adverses s’exprimer davantage avant de prendre position. Parce que liée historiquement à la gauche, la laïcité « active » subit par dommage collatéral la perte de crédibilité actuelle de la gauche politique ( les socialistes, pour leur délitement, la gauche de la gauche pour son éparpillement).

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