• vendredi 30 juillet 2010
  • Agoravox France Agoravox.com Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Contrôle d’identité dans les espaces publics numériques (...)
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(34 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Contrôle d’identité dans les espaces publics numériques (EPN)

Une loi et un décret parus en 2006 obligent les personnes qui offrent une connexion à Internet à conserver les données permettant d’identifier les utilisateurs de cette connexion. Malgré la sortie de ces deux textes, il est aujourd’hui difficile, voire impossible d’affirmer si les EPN sont concernés par cette législation et si oui, quelle est la nature exacte des données qu’ils doivent conserver.

A la suite des attentats du 11 septembre 2001, est apparue au législateur la nécessité de renforcer les textes concernant la sécurité.

La loi du 23 janvier 2006 complète un précédent texte par un alinéa ainsi rédigé : « Les personnes qui, au titre d’une activité professionnelle principale ou accessoire, offrent au public une connexion permettant une communication en ligne par l’intermédiaire d’un accès au réseau, y compris à titre gratuit, sont soumises au respect des dispositions applicables aux opérateurs de communications électroniques en vertu du présent article. »

Un décret est sorti depuis, celui du 24 mars 2006, mais il ne permet pas de répondre avec certitude aux deux questions posées plus haut. Il est cependant précisé que doivent être conservées les informations permettant d’identifier l’utilisateur. Mais de quelles informations s’agit-il ?

Le site foruminternet.org estime que les mairies, bibliothèques et universités ne sont pas, en principe, concernées par ces obligations mais « pourraient l’être si leurs activités les conduisaient à titre accessoire à fournir une prestation identique à celle d’un cybercafé. »

Sur le site generationcyb.net, Loïc Dayot parle des travaux du forum des droits de l’Internet auxquels il a participé. Ils ont notamment tenté de « définir ce qui différenciait un espace public numérique par rapport à un cybercafé ou une borne Internet placée dans un lieu public (bureau de poste, gare...). Nous sommes tombés d’accord pour dire que ce qui fait l’originalité d’un EPN, c’est l’accompagnement qu’il propose au public, et donc le rôle de ses animateurs multimédias, qui fait que derrière chaque activité proposée, il y a une finalité, une arrière-pensée pédagogique, sociale, culturelle ou citoyenne. »

Cela veut-il dire que là où il n’y a pas « accompagnement du public », l’activité de l’espace concerné est en fait celle d’un cybercafé, directement visé par la loi ?

Yann Tanguy a publié un article le 4 décembre dernier sur cette question. Pour lui, le texte ne concerne pas les EPN. Yann Tanguy est responsable des affaires juridiques de la ville de Brest et de Brest métropole océane.

Il rappelle qu’Alain Marsaud, rapporteur de la loi, a précisé que ne sont pas soumises à la loi « les personnes qui offrent une connexion en dehors d’une activité professionnelle » et affirme que « le secteur associatif ne serait pas concerné par ces dispositions. »

Le 15 décembre 2005, lors de l’examen de la loi au Sénat, le ministre délégué Christian Estrosi, renchérit : « Nous visons d’abord les cybercafés, c’est-à-dire les personnes qui, au titre d’une activité professionnelle principale, offrent au public une connexion au réseau Internet. Ce sont eux que nous voulons soumettre au même régime que les opérateurs classiques : obligation de conservation des données techniques de connexion, numéros de terminaux, dates, horaires et durée des communications. »

Soit, mais la loi parle bien « d’une activité professionnelle principale ou accessoire » et ceci même dans le cas où la prestation est offerte gratuitement.

Yann Tanguy conteste qu’une association ait une activité professionnelle et reprend, pour renforcer son propos, la définition de la loi de 1901. Il affirme un peu plus loin qu’une « association ordinaire, qui n’a pas d’autre but que de rendre service à ses membres, qui ne s’adresse pas à un public, à une clientèle, n’a pas de raison de se sentir concernée par l’article 5 de la loi antiterroriste. »

Combien d’associations en France ne fournissent-elles des services qu’à leurs membres ?

Quant aux cybercafés, interrogés par SVM dans la revue du mois dernier, ils affirment leur stupéfaction, contestent la loi, protestent contre le coût de sa mise en œuvre, même si les textes prévoient des dédommagements pour le traitement de la demande d’informations par la justice et par la police. Dans le même article, Giuseppe de Martino, président de l’Association des fournisseurs d’accès à Internet, conclut : « Si un opérateur conserve trop d’informations sur un client, il risque amende et prison. Idem, s’il ne conserve pas assez de données. »

Un joyeux bazar, en tout cas !

par Christian Bensi (son site) jeudi 21 décembre 2006 - 21 réactions
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(34 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Yoyo (xxx.xxx.xxx.225) 21 décembre 2006 13:46

    et quid des hotspot wifi dans les lieux publics (aéroports, gares, ...) ?

  • Par Manuel FLURY (xxx.xxx.xxx.14) 21 décembre 2006 14:41

    Cette loi est d’ailleurs une abomination, en gros elle légalise l’écoute téléphonique transposée à l’usage d’internet.

    Si c’est pas "1984" ça, alors !

  • Par christian BENSI (xxx.xxx.xxx.62) 22 décembre 2006 00:28
    Christian Bensi

    > Yoyo, Et oui, pour les hotspots, c’est là où cela devient très drôle. Une liaison câblé serait donc moins "dangereuse" qu’une liaison wifi smiley C’est évidemment absurde.

    > Artana, je ne suis pas juriste mais à priori je ne vois pas d’autres solutions pour faire respecter la loi que d’exiger la présentation d’une pièce d’identité. Pour ce qui est de la durée, c’est plus clair maxi 1 an.

    Ce qui est "amusant" au travers de cette loi, c’est que le mail est considéré comme une arme pour les terroristes. Mais va-t-on prévoir la présentation d’une pièce d’identité lors du dépôt dans une boite aux lettres d’un courrier postal ?

  • Par Christian Bensi (xxx.xxx.xxx.100) 24 décembre 2006 23:25
    Christian Bensi

    Helios, je ne partage pas exactement votre sentiment. Je ne suis pas opposé à toute restriction de ma liberté si celle-ci sert vraiment à quelque chose.

    Vous parlez notamment de prévention routière. J’ai du mal à être favorable à ce qu’on puisse rouler à n’importe quelle allure au détriment de la vie des autres. Il faut que je sois honnête jusqu’au bout, je pense que je roulerais plus vite si je n’avais pas la peur du gendarme. C’est peut-être lamentable mais c’est ainsi.

    Ce qui m’insupporte ici, c’est que cette loi ne servira à rien, elle n’assurera la sécurité de personne mais elle compliquera la vie de beaucoup.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.

Faites un don

Réclame

Les thématiques de l'article

Réclame

sondage

Pensez-vous qu’il faille interdire les mises à mort dans les corridas ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site optimisé pour le navigateur Firefox