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Courts métrages et banlieues du monde

A travers Génération Court, un festival de courts métrages réalisés par des jeunes, filles et garçons, issus des quartiers difficiles nous montre le monde tel qu’ils le voient... Cet été les jeunes d’Aubervilliers ont réalisé quatre fictions puis sont allés les projeter au Brésil, au Mali, au Sénégal et en Algérie.

Festival né au Mali mais ayant grandi en banlieue, « Génération court » propose à des jeunes des quartiers de réaliser des courts métrages et de les projeter en public aux habitants de la ville.

En 2007, des jeunes d’Aubervilliers ont empoigné les caméras pour réaliser quatre courts métrages de fiction. Discrimination, discussions interminables entre potes sur leur avenir, histoires d’amour entre filles et garçons issus de communautés différentes... les films reflètent leur quotidien, leur vision de cette société française où ils ont tant de mal à trouver leur place mais ils révèlent aussi leur enthousiasme et leur formidable appétit de vivre.

A noter, l’Office municipal de la Jeunesse d’Aubervilliers (alias OMJA, qui a monté ce projet et qui organise l’événement) a particulièrement soutenu la participation des jeunes réalisatrices.

Enfin l’école Eicar (centre de création audiovisuelle, situé en Seine-Saint-Denis), qui a encadré les jeunes en phase d’écriture et de réalisation, prendra en charge la formation du lauréat 2007 (dotation de 21 000 euros).

Le public a pu voir les quatre courts métrages de l’édition 2007 dans le cadre d’une soirée festive et gratuite le 26 octobre à l’Espace fraternité, situé à Aubervilliers.

Du local à l’international

Au cours de l’été, les quatre courts métrages réalisés par des jeunes d’Aubervilliers ont été diffusés lors de projections en public au Brésil, au Mali, au Sénégal et en Algérie. Ces projections s’inscrivaient dans le cadre d’opération de coopération internationale mise en place entre l’Omja et des associations locales. Une occasion unique pour ces jeunes des banlieues du monde de se rencontrer autour de projets...

- à Rio et Sao Paulo (Brésil). Les jeunes d’Aubervilliers ont été accueillis par l’association « Nos dos cinema », issue du tournage de La cité de Dieu et qui travaille avec les jeunes de la favela où a été tourné le film. En plus de la projection des quatre courts métrages (dans une favela à Sao Paulo puis à Rio), les jeunes Brésiliens et les jeunes Français ont tourné ensemble un petit film, ont suivi un atelier « Graffitis et hip hop » et ont débattu sur la culture urbaine.

Les jeunes d’Aubervilliers ont aussi participé à la réfection d’une école de musique située dans la banlieue de Rio.

- à Bamako, sept jeunes rappeurs français se sont partagés entre chantier de solidarité (contribution à la construction d’un pôle culturel) et participation à « Case Sanga », la première émission de téléréalité du Mali. Cette action a été organisée en partenariat avec l’association culturelle malienne Blonba.

- à Dakar (Sénégal), les courts métrages de « Génération Court » ont été projetés dans le quartier populaire de Pikine. En parallèle, les jeunes ont été très actifs : chantier de solidarité dans une ludothèque, réalisation par les jeunes d’un documentaire sur la culture hip hop au Sénégal (rencontre avec les rappeurs Awadi, Xoman, Nix, El Matador, Alien) et enfin réalisation d’un clip à Dakar et à Gorée sur le thème de l’esclavage autour d’un titre original créé à Aubervilliers. L’association sénégalaise « SOS banlieues Pikine » était partenaire de ce séjour.

- à Alger (Algérie). Pour accompagner la projection de « Génération Court », de jeunes Français et de jeunes Algériens ont suivi un atelier de réalisation cinématographique à Bab el Oued autour du film mythique Omar Gatlato de Merzak Allouache. Les partenaires étaient les associations « Kaïna cinéma » (France) et « SOS Bab el Oued » (Algerie).

Si loin, si proches...

Le festival « Génération Court » est un formidable véhicule, qui permet de créer une émulation créative dans la ville (en 2007, pour sa deuxième édition, le festival a reçu plus de 80 propositions de synopsis) et sert de support à des dialogues avec des jeunes d’autres pays, d’autres banlieues. Parfois dans une ambiance quasi idyllique, comme ce fut le cas avec les jeunes de Bab el Oued : « Tout de suite, on a parlé le même langage » témoignent Kheirdine et Joris qui continuent à correspondre par mail avec leurs potes d’Alger et montent des projets parallèles avec eux (« entre nous, sans l’Omja, on va faire un documentaire »).

En revanche, plus de décalages avec les jeunes Brésiliens indépendamment des problèmes de la langue. « Les jeunes Brésiliens étaient très étonnés qu’il n’y ait aucune fille, raconte Karina, Brésilienne vivant à Paris qui accompagnait le groupe. Et également que ces jeunes Français, en majorité musulmans, ne boivent pas, ne fument pas... les brésiliens venaient me voir pour me demander "mais... Ils s’amusent comment ?!!??" Enfin, en voyant les films, le public des favelas a vraiment été marqué par les conditions matérielles confortables dans lesquelles vivent les banlieues françaises. »

De belles initiatives, des failles (une coupure de courant a interrompu la projection au Sénégal pendant plus d’une heure)... A travers « Génération Court », des mécanismes de subvention en France ont permis de poursuivre des actions à l’étranger, qui servent aux partenaires locaux impliqués dans l’histoire.

Sans angélisme ni diabolisation, ce festival nous montre qu’il n’y a pas une seule réponse pour résoudre le problème des banlieues : il faut allier le social, le culturel, le politique, le long terme... et surtout que rien ne vaut un travail de terrain intelligemment mené.

Site web : www.generationcourt.com

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4 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 29 octobre 2007 14:12

    Autant on permet à des gens de savoir créer et développer son agence video et permettre de faire des reportages dans tous les domaines de la vie, tourisme,affaires,politiques ....afin de leur donner un véritable métier.

    Autant leur ressortir qu’ils sont « issu d’un peuple qui a toujours souffert » en les instrumentalisant pour qu’ils le disent eux même smiley ,c’est pas très sain

    De plus,c’est pas comme cela qu’ils auront un avenir ou un travail

    Je note que « l’Office Municipal de la Jeunesse d’Aubervilliers (alias OMJA, qui a monté ce projet et qui organise l’évènement) »

    Une manière pour les communistes de se financer ????????


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 29 octobre 2007 15:39

      Le seul intérèt de la chose, pourrait être que cela va faire comprendre la « racaille » qu’en fin de compte leurs conditions de vie sont d’un luxe incomensurable pour 95% de la planète.

      Et encore ...


      • anny paule 29 octobre 2007 17:03

        Info intéressante, qui montre que, si l’on donne un espace de parole et d’expression à ceux que l’on stigmatise habituellement, on obtient autre chose que la violence et la rébellion. Pour ceux qui, en commentaires, (et notamment Lerma) trouvent à redire, je dirais, qu’habituée des festivals de cinéma latino américains (et plus particulièrement Biarritz), on ne peut comparer que ce qui est comparable.

        Les favellas de Rio, les bidons-villes des pays du « tiers-monde » ne sont en rien comparables avec nos cités, dans un pays où la richesse globale n’a rien à voir avec la misère et la violence quotidiennes des pays du sud.

        Par contre, nous devons reconnaître que, ce qui fait grandement défaut chez nous, c’est la solidarité, solidarité qui existe réellement au sud, avec ses systèmes parallèles qui permettent de survivre par l’entre-aide... même si ces systèmes ont leurs règles propres loin des « canons » de la pensée dominante actuelle de nos pays européens.


        • Le péripate Le péripate 7 novembre 2007 15:05

          Mais si les voitures brulent, c’est pour relancer la consommation ! Comme à la guerre, quoi ! Blague à part, ce que ne comprennent pas nos Calmos, Cris Wilkinson, et Lerma, c’est la profonde parenté entre criminalité et capitalisme. Nos « chauds » et nos « toxs » des banlieues sont des parfaites illustrations du capitalisme sauvage, ils ne font que reproduire en miroir grimaçant notre société. Ils sont d’ailleurs extremement compétents à se recycler dans le capitalisme légal.

          Bien sûr que ce genre d’initiative donne d’excellent résultats. C’est comme celà que l’on fait « société ».

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