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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Crise de la démocratie : Responsabilité & collusion des partis (...)

Crise de la démocratie : Responsabilité & collusion des partis politiques

Ce ne sont pas les dernières images des députés PS, rassemblés au pied de la tribune et clamant la Marseillaise sous l’oeil indifférent d’Accoyer, qui vont contredire ce que chacun pressent : la démocratie est en crise.

Tout semble avoir été dit sur cette crise analysée par de nombreux média comme en témoigne une simple recherche Google.

En 2005, Anne-Cécile Robert écrivait déjà dans Manière de voir : " La démocratie, méthodiquement vidée de son contenu, ne serait plus qu’un théâtre d’ombres ; elle serait en train de mourir faute de combattants."

Depuis 2004, les articles traitants de cette crise de la démocratie se multiplient et évoquent globalement les causes suivantes :

- Idéologie du "renoncement" distillée par les élites : ""Nous-n’avons-plus-le-choix"

Instrumentalisation de la démocratie à des fins peu louables comme les interventions en Afghanistan ou en Irak

- Pusillanimité des gouvernants face aux puissants lobbies industriels, économiques ou financiers

- Accélération du libéralisme qui conduit à l’individualisme et à sa souveraineté sur celle du peuple

- Difficulté de faire naître de nouveaux projets politiques s’appuyant sur des idéologies jadis dominantes mais aujourd’hui caduques

Sentiment d’incertitude dans la population qui encourage la désimplication du citoyen vis-à-vis de projets qui ne lui semblent plus porteurs de progrès

Dispersion des lieux de prise de décisions qui rend plus complexe l’accès aux informations et la maîtrise de ces décisions par le citoyen

- Instrumentalisation de la démocratie représentative, devenue le lieu d’un nouveau marché où l’image, la démarcation, la lutte pour les postes et l’espérance du gain l’emportent sur la vertu civique.

-  Accélération des phénomènes de crise (économique, financière) qui limite les capacités d’anticipation des gouvernants et qui " favorise l’émergence d’une nouvelle catégorie de dirigeants, plus proches du chef d’entreprise que du chef de parti et d’autant plus efficaces dans l’action que leur intervention est prompte, qu’ils ne craignent pas, au besoin, de se contredire, et qu’ils sont éloignés de toute idéologie."

Face à cette longue liste de causes, deux seules "solutions" reviennent presque systématiquement et ont malheureusement prouvé leur inefficacité :

Dans la quasi-totalité de ces articles - notamment ceux écrits avant 2007 - les auteurs prônent le renforcement de la "démocratie participative" et placent leurs espoirs dans le développement des "réseaux citoyens" grâce aux nouvelles technologies.

Mais ces deux sources d’espoirs ont aujourd’hui prouvé leurs limites :

Les réseaux citoyens qui tentent d’agir depuis les dernières élections présidentielles semblent prouver leur manque d’efficacité. Malgré une meilleure maîtrise des outils collaboratifs ou fédérateurs, malgré l’audience toujours croissante d’Internet, les acteurs ont du mal à organiser une résistance coordonnée.

La démocratie participative
locale est totalement dévoyée : On lance "de grands processus de consultation, de participation et puis au final, les gens rentrent chez eux, pensent avoir fait leur devoir et ont eu leur dose d’actes civiques : ils rentrent dans leur tranquille petite vie quotidienne et arrêtent un peu de gueuler. Les édiles ont quant à eux montré leur ouverture d’esprit, et sont tranquilles pour quelques temps.." [...] " Les propositions des habitants passent souvent au final à la trappe lors de la prise de décision finale".

Malgré pléthores d’articles, curieusement, certaines causes sont "oubliées" :

Dans la longue série d’articles lus (une trentaine) au sujet de cette crise de la démocratie, les dysfonctionnements institutionnels sont quasi absents des causes évoquées.
Quant au fonctionnement des partis politiques eux-mêmes, il n’est jamais cité, comme si ces instances ne jouaient aucun rôle dans notre démocratie.

Or, avant de trouver des solutions correctives annexes, il me semble important de nous pencher sur ces deux questions : la constitution française qui garantie le fonctionnement des instances démocratiques et l’organisation interne des partis politiques d’où sont issus projets de société et élus.

1) La constitution française
Bien que fondée sur le pouvoir présidentiel, elle garantissait à l’origine une forme certaine d’équilibre. Depuis 1958, 24 révisions ont été apportées à la constitution. La plupart d’entre elles visait un meilleur équilibre des pouvoirs mais les plus récentes l’ont définitivement rompu.

La récente "loi de modernisation" votée en 2008 a fait l’objet de profondes critiques dont vous pouvez, en autres, trouver traces dans les débats de l’Assemblée Nationale.

Toutefois, le principal déséquilibre est né le 2 octobre 2000, lorsque la réforme instaure le quinquennat présidentiel.

Effectuée au nom de la modernisation de la vie publique et d’un meilleur contrôle démocratique donné aux citoyens, elle est, en 2000, essentiellement dictée par des raisons politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2002. Associée à la modification du calendrier électoral, plaçant les élections législatives dans la foulée de l’élection présidentielle afin de réduire les risques de « cohabitation », l’instauration du quinquennat modifie de fait la pratique institutionnelle et politique.

Il s’agit d’une première et définitive confiscation du pouvoir par les élus de la République qui soutiennent le projet CONTRE l’avis de la majorité des français.

La question du quinquennat, évoquée par les présidents Giscard d’Estaing, puis Mitterrand, devait rester pendante jusqu’en mai 2000, où elle redevient d’actualité à la suite d’une initiative de M. Giscard d’Estaing, qui présente une proposition de loi (AN, n° 2363) le 9 mai 2000 proposant le quinquennat et la limitation à deux mandats successifs.
Cette proposition est appuyée par le Premier ministre, M. Jospin, et le groupe socialiste à l’Assemblée nationale présente le 17 mai une proposition limitant le mandat présidentiel à cinq ans, et renouvelable une seule fois.

Le projet de loi constitutionnelle relatif à la durée du mandat du président de la République est délibéré en Conseil des ministres, puis déposé à l’Assemblée nationale le 7 juin 2000. Il est adopté par celle-ci le 20 juin 2000 (503 votants, 494 suffrages exprimés, 466 pour et 28 contre), puis par le Sénat le 29 juin (270 votants, 262 suffrages exprimés, 228 pour, 34 contre).

Le président de la République décide de soumettre au référendum le projet de révision de la Constitution qui est adopté le 24 septembre, 18.55% des électeurs seulement étant favorables au projet.

Dès lors, l’opposition actuelle qui gesticule et déplore la toute puissance de l’omniprésident devrait plutôt se souvenir de sa propre responsabilité dans le fait qu’aujourd’hui la majorité est toute puissante et que les Français ne peuvent plus, par le poids de leur vote, refuser les excès qu’on leur impose.

Il y a eu collusion de la classe politique pour aboutir à ce détournement démocratique.

2) Le fonctionnement des partis
Cette confiscation du pouvoir des citoyens par les élites politiques prend naissance dans le fonctionnement même des partis politiques.

Les structures partisanes - qui devraient avoir pour ambition le bien commun - sont en réalité transformées en instrument de pouvoir à la solde d’une poignée de caciques.

Il faut avoir milité dans un parti pour comprendre la réalité de l’adhérent : Principalement créés afin de produire une masse de main d’oeuvre lors des échéances électorales, les partis politiques sont entre les mains des mêmes depuis des lustres.
Ces mêmes qui -au mépris de la démocratie et de leurs militants - kidnappent le pouvoir, centralisent les décisions, font taire les voix discordantes et favorisent leur ré-élection et leurs différents cumuls.

Une étude rapide des derniers congrès et élections internes dans les différents partis offre des exemples consternants de ce mépris des principes démocratiques

Mouvement démocrate.
Je ne reviens pas sur les soubresauts antidémocratiques du MoDem dont j’ai fait largement étalage sur ce blog depuis presque 2 ans que j’y suis adhérente. Il suffit, pour comprendre, de se reporter à la rubrique "MoDem" ou "histoires d’élections internes".

Votes à main levée pendant le congrès, débats tronqués animés par le Président lui-même qui ridiculise, argumente et tranche, coups bas et coups réels au cours des élections internes, non respect des statuts par les plus hautes instances elles-mêmes, etc. Ce parti récent, lancé par Bayrou sur ce que je pourrais appeler un vaste quiproquo entretenu, est peut être ce qui se fait de mieux en matière de détournement de la volonté militante initiale à la seule gloire de son Président.

Parti communiste.
34e congrès du PCF : Marie-George Buffet réélue pour un quatrième mandat.
Quoi que moribond, le PCF reste entre les mains de la clique qui l’a conduit à cette mort prochaine.

"Marie-George Buffet, 59 ans, a été réélue aujourd’hui à 67,72% pour un quatrième mandat à la tête du Parti communiste français, après le vote des quelque 800 délégués. Elle avait obtenu 91 % des voix en 2006.

Trois listes "alternatives" étaient soumises au vote."

"La métamorphose que nous appelions de nos voeux a fait long feu. Faits beaucoup plus graves, sont écartés et très souvent sans aucune concertation avec les intéressés eux-mêmes, presque tous ceux qui portent l’exigence d’une nouvelle force politique à gauche ainsi que ceux qui ont exprimé la nécessité d’une transformation en profondeur de notre parti." Témoignage d’un militant.

Parti Socialiste.

Au PS, la démocratie directe est un leurre. Ce sont les fédérations du Parti Socialiste qui font l’élection. Or, depuis plusieurs années, certaines fédérations sont devenues incontrôlables : chantages d’élus, trucage des élections internes, surévaluation du nombre d’adhérents. Aucun Premier secrétaire n’a réussi à imposer son autorité et à mettre un terme à ses dérives. Dans un article du Point, publié le 28 Août 2008, le journaliste Michel Revol raconte les dessous des fédérations socialistes.

Lors du dernier congrès, la mascarade démocratique bat son plein : "Après recomptage, l’écart en faveur de la maire de Lille est passé de 42 à 102 voix, mais impossible d’avoir les résultats détaillés. " [...] " La question est sur les lèvres de nombreux journalistes à peine le vote du conseil national passé : de quelles sections proviennent ces 60 nouvelles voix d’écart ? En guise de réponse, l’un des principaux soutiens de Martine Aubry éclate de rire..."

"Vous n’imaginez pas dans quelles conditions on a travaillé, on n’avait même pas les copies des PV de toutes les fédérations avant la commission de récolement. C’est la majorité politique qui a tranché, pas les règles juridiques. Voilà la vérité historique, on ne saura jamais qui a gagné." Témoignages.

UMP.

Après les fraudes du Parti Socialiste, place aux trucages des élections internes à l’UMP. Dans son édition du 21 janvier 2008, le Canard Enchaîné révèle comment le parti de Nicolas Sarkozy organise des semblants de vote transparent à l’occasion des conseils nationaux ou des référendums internes. Que ce soit par internet ou par boitier électronique, les scrutins de l’UMP sont loin d’être sincères et n’ont a priori rien à envier aux fraudes du Parti Socialiste. Explications.

Pour procéder au vote, les 2430 membres du conseil national ont chacun un boitier. La touche "1" correspond au vote favorable, la touche "2" au vote défavorable. Or, le Canard Enchaîné relève qu’en général "70 à 80% des électeurs inscrits ont voté et le "oui" l’emporte, sous les acclamations, avec des scores allant de 85 à 95% des voix".

En réalité, la majorité des 2430 membres du conseil national de l’UMP ne se déplace pas puisque ses membres résident aux quatre coins de la France. La salle du conseil national est donc remplie de militants parisiens et d’attachés parlementaires qui ne peuvent pas voter mais qui donnent l’illusion d’un conseil national au grand complet. En coulisse, des proches de la direction valident des centaines de votes virtuels avec les boitiers des membres absents. De temps en temps, pour éviter un chiffre anormalement trop élevé, ils votent "non". Le scrutin est donc très largement truqué.

Aussi, avant même d’incriminer des facteurs extérieurs à notre monde politique pour expliquer la crise dans laquelle s’enfonce notre démocratie, avant de proposer des solutions périphériques pour redynamiser l’implication des citoyens, il est indispensable que nous soyons intransigeants vis-à-vis de la classe politique.

Tous partis confondus, des comportements inadmissibles se perpétuent qui mettent en péril notre fonctionnement démocratique à tous les échelons des institutions, y compris et surtout, au sein même des partis.

Aussi, je ne vois en l’état, aucun espoir de changement si chaque personne engagée dans la vie politique ou citoyenne continue de "fermer les yeux" sur des pratiques contraires au bien commun et à l’esprit de nos lois.


Sources :
http://www.scienceshumaines.com/la-democratie-est-elle-en-crise-_fr_22111.html
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/ROBERT/12844
http://www.forumgc.org/spip.php?article659
http://www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/democratie_participative/crise-representation-et-invention-democratique.pdf
http://gauchet.blogspot.com/2008/03/quelle-crise-de-la-dmocratie.html
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/revisions-constitution-cinquieme-republique/revisions-constitutionnelles-1958.shtml
http://mjp.univ-perp.fr/france/co1958-15.htm


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15 réactions à cet article    


  • bernard29 bernard29 26 janvier 2009 13:28

    Bon travail de synthèse, mais votre conclusion n’est pas à la hauteur.

    • avant de proposer des solutions périphériques pour redynamiser l’implication des citoyens, il est indispensable que nous soyons intransigeants vis-à-vis de la classe politique.
    A qui s’adresse cet appel ?. Aux citoyens non ? Eh bien alors. vous demandez l’implication des citoyens. mais les citoyens n’ont pas comme seul rôle que celui de dénoncer . Il faut aussi proposer. c’est la meilleure manière de dénoncer.

    De plus je ne crois pas que les gens ferment les yeux. Ils savent à quoi s’en tenir. Il y a une grosse crise de confiance. D’ailleurs, vous le savez, et votre article l’atteste.

    Donc il faut offrir des alternatives démocratiques, proposer des implications citoyennes nouvelles, qui, en elles mêmes, sont des dénonciations des vices démocratiques actuels.

    Pour ma part je vous propose la constitution d’un contre pouvoir citoyen. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50295 qu’en pensez vous ?

    Et de préparer la prochaine élection présidentielle avec la réalisation d’un véritable pacte démocratique 2012 ( http://pacte-democratique.blogspot.com/2008/10/le-pacte-dmocratique-2012.html ) à imposer lors de cette échéance majeure . (seule élection où il est possible de faire avancer un tel thème voir Pacte de Nicolas Hulot)

    merci de votre attention.

    • hypos hypos 26 janvier 2009 17:55

      Bonjour,

      Dans cet article, et contrairement à ce que vous semblez comprendre, j’alerte certes les citoyens en général pour qu’ils soient à la fois vigilants et exigeants, mais je parle surtout à ceux qui sont engagés dans un parti politique. 
      .. Et qui, pour des raisons diverses, préfère fermer les yeux sur les comportements "nocifs" de leurs élus ou de leurs cadres. 
      Car à mon avis, Ce sont les militants qui ont une grande partie de la responsabilité de faire bouger les choses... pour peu qu’ils aient le courage de stigmatiser - à l’intérieur même de leur famille politique - des actes qui dévoient la démocratie. 
      Et je parle de bien de courage, car - pour l’avoir vécu - je sais que la lutte en interne est âpre, souvent plus âpre que le combat électoral.




    • bernard29 bernard29 26 janvier 2009 19:50

      oui c’est vrai.

      • Et je parle de bien de courage, car - pour l’avoir vécu - je sais que la lutte en interne est âpre, souvent plus âpre que le combat électoral.
      C’est pour cela qu’il y a tant de frustrations et de départs dans le militantisme partisan.

    • Kalki Kalki 26 janvier 2009 14:20

      Est ce les partis politiques les coupables ?

      C’est vrai que ce sont le gros poisson dans le système.

      Et ce sont des personnes qui représentent l’élites et qui veulent en meme temps représenter le peuple (ou certaine classe pour les moins hippocrithes).

      Je n’en pense qu’on puisse s’arretter a moitier sur la lancée que vous avez pris avec cette article.

      Des idées ?
      Qu’es ce que la démo-cratie ?
      Est ce que un etat avec des classes d’élites representative peut se nommer démocratie ?
      Est ce que les modes de scruttin sont une valeur sur pour le citoyen de se faire entendre ? (D’agir, de se faire appartenir à la communauté, et de se l’approprier pour décider momentanément de son sort pour lui (ou elle) et ses enfants)

      Faire le tour des systèmes de vote possible et imiginable
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_vote
      Et peut etre en trouver un qui soit démocratique


      On peut également se poser la question de la citoyenneté ? Faut il ou non "prouver" qu’on respecte la constitution ( ou une grande partie ) dudit pays pour etre accepté comme Citoyen ?

      Beaucoup de question ...
      Une seule certitude, seul un coeur non corrompue (non hippocrithe) peut trouver les meilleurs voies et enfin les accepter.


      • Alain-Goethe 26 janvier 2009 14:53

        Bonjour Hypos

        Excellent article , très fouillé !!

        Comme le dit ta conclusion, " chaque personne engagée en politique ou chaque citoyen doit ouvrir les yeux .. et essayer d’agir !

        - le Monde traverse une grave crise

        - On peut se demander si elle ne résulte pas de la volonté de comités (Bilderberg ... ) de "mettre au pas les citoyens "lambda" .

        - on nous affole d’abord, on nous envoie des leurres

        - les gens vont réagir avec des réflexes "protectionnistes" etc..

        - puis profiter de la grave crise sociale pour renforcer le pouvoir des "dominants " etc...


        • anny paule 26 janvier 2009 16:39

          La question essentielle de notre prétendue démocratie réside dans le fait que seuls les partis politiques reconnus comme tels et aux statuts déposés conformément aux textes ont voie au chapitre.

          Elle réside également dans le "financement" des partis et des campagnes électorales.

          Elle réside enfin dans le fait que les dits partis reconnus (UMP, Modem, PS, PC) et ayant des représentants élus, ne correspondent (dans le nombre de leurs membres encartés) qu’à une infime partie de la population citoyenne.
           
          Une "élite" politique s’est mise en place sans tenir compte de sa représentativité, et a fait en sorte de perdurer et de se reproduire (au sens bourdieusien du terme)... au mépris des citoyens et de l’intérêt général.

          Si l’on donnait au peuple le droit de se constituer en Parti, (sans que ce soit révolutionnaire), si ce privilège n’était pas celui d’une seule minorité étiquetée et complice de ses "adversaires" sur le dos des citoyens, nous n’en serions pas là !

          La Constitution de 1958 créait un régime présidentiel... nous le savions. Même si, personnellement, je n’étais pas gaulliste, je reconnais à ce premier président une intégrité morale qui a permis bien des avancées démocratiques et sociales... (contrairement à l’esprit du texte constitutionnel dont il était responsable). Les choses se sont gâtées ensuite... quand l’opposition n’a plus été une force d’opposition, quand elle a pactisé avec tous les diables tentateurs, quand elle a cessé de jouer le rôle qui devait être, théoriquement, le sien !

          Vous faites état du changement institutionnel de 2000. C’est bien un moment de bascule ! Et les socialistes n’ont pas fini d’en payer la note ! Jospin l’a voulu !

          Le problème actuel, c’est qu’avec Superman au pouvoir, nous ne faisons que pressentir la douleur qui nous attend. Quand tout aura été mis à sac au profit de ceux qui profitent déjà de tout, nous nous réveillerons nus et hébétés !


          • Alain-Goethe 26 janvier 2009 19:07

            En effet, il y a en France seulement une petite proportion de citoyens qui font partie d’un syndicat ou d’un parti..
            Donc c’est un peu le "chacun pour soi " --->> les "dirigeants " (ceux qui ont différents pouvoirs) jouent plutot sur du velours, quand ils bénéficient de "réseaux" bien étoffés
            Plus on descend dans l’échelle sociale, plus la précarité est présente etc..

            1) A l’intérieur des partis politiques "institutionnels" = c’est plutot la "foire d’empoigne"

            Après une carrière
            effectuée dans divers secteurs économiques (concurrentiels ou moins concurrentiels, j’ai adhéré voici 2 ans dans un nouveau parti. La vie y est même + dure que dans un secteur industriel !!
            C’est pas normal !
            Des adhérents essaient de parler à des réunions etc.. puis en arrivent à lancer des pétitions (courtoises, mais fermes). Peu de choses bougent !

            2) Pour ceux qui ne font pas partie d’un parti :
            Quels sont leurs critères de choix lors du vote ??

            Voici 1 h : ai fait connaissance d’un nouvel arrivant dans mon village .
            Ils y sont venus pour le calme, pour ne + subir des vols, des dégradations etc.. aussi pour quitter une ville où METALEUROP était implanté (avant leur faillite frauduleuse) en ayant "pollué les sols "

            Il me dit : " la politik je n’y crois plus.. j’y ai cru etc ..
            Son épouse travaille dans une mairie du Pas de Calais et cherche une mutation pour se rapprocher de son nouveau domicile..

            Combien de Français sont dans la même optique ?

            Pbs de travail, de l’avenir de leurs enfants, de logement etc..

            Et pendant ce temps là Lagardère ( légion d’honneur), nouveaux membres au CSA


          • Salade Salade 26 janvier 2009 20:51

            Bonsoir,
            Comme Bernard29, je trouve votre analyse intéressante, mais votre conclusion décevante.
            Beaucoup de gens sont conscients du niveau de déliquescence de "l’élite" politique et ne se font plus guère d’illusion (Cf. la différence entre la participation aux référendums, yc l’élection présidentielle, et les autres élections)..
            Mais quand, un peu comme la marionnette de Mme Parisot s’adressant aux patrons dans les "Guignols de l’info", chaque militant les a regardé avec des gros yeux et leur a dit "C’est pas bien !", et qu’ils partent en s’étouffant presque de rire vers de nouvelles impostures ; alors, que doit on faire ?

            ... Ouvrir les yeux, OK, mais après ?
            Voilà, en lisant votre texte, le débat que je m’attendais à ce que vous lanciez  !

            Voter blanc pour les déligitimer (yc au sein des partis) ?
            Se mobiliser en une grève et une manif géante anti "politiques" ?
            Faire la révolution ?
            Essayer d’avoir à notre tour une part du gâteau avant qu’il ne s’évanouisse dans une bulle politique ?
            Appeler à une dictature éclairée ?

            Mais vous vous êtes arrétée au constat !

            En l’état, votre texte est parfaitemet digne de la classe politique.
            Des constats de bon sens !
            Du sentiment pour faire vibrer l’auditeur !
            Et comme on n’a rien à proposer de mieux que les autres, une phrase de cloture qui ne peut appeler que l’ovation :

            - "Intransigeanture",

            - ... "et je vais vous dire pourquoi ! Parce que nous ne sommes pas assez intransigeants".

            Foule en délire !

            Fermez le rideau et retour à la case départ !

            J’attends la suite avec impatience.


            • hypos hypos 26 janvier 2009 21:08

              Bonjour,

              Vous avez fort raison de dire que je me suis arrêtée au constat (Bien que j’ai quand même parlé de ce que je connais : la responsabilité des militants dans les partis politiques).

              J’ai moi-même, à partir de ce constat, entamé certaines démarches spécifiques mais c’est à chacun de trouver son moyen de résister (dans son parti, son syndicat, sa vie professionnelle, enf amille etc..). Partout où des comportements qui mettent à mal la démocratie sont identifiés, partout où la peur ou la molesse ou l’intérêt personnel encouragent la politique de l’autruche, c’est à chacun de nous de réagir. 

              Il ne faut plus attendre de "leader" ou de "force de proposition" extérieure derrière lesquels se masseraient certains car nous retomberions là où nous sommes déjà : dans des organisations rapidement figées avec de nouveaux enjeux de pouvoir. Chacun doit se prendre en main et choisir son action à l’issue de ce constat. 


            • Salade Salade 26 janvier 2009 21:36

              Alors, c’est pour cela qu’ils continueront à gagner !
              Comme vous le montrez très bien, les politiques de tout bord ont bien compris que c’est en s’entendant entre eux, au delà de leur propre parti, pour préserver leurs intérêts communs, qu’ils dureront.

              Le pouvoir politique et médiatique (voire financier) qu’ils représentent aujourd’hui fait que ce n’est pas une somme d’individualités non organisée qui pourra les contrer.

              Je crois qu’il y a beaucoup de gens qui ont encore des valeurs d’honnèteté, et qui croient en la devise de la république française.
              Certains de ceux là, qui ne connaissaient visiblement pas l’homme, ont été séduits au premier tour des présidentielles par Bayrou.
              Mais je pense que le même discours, avec quelqu’un de sincère pour le servir, aurait recueilli autour de lui beaucoup plus de suffrages !
              Mais peut on être à ce niveau et être sincère ?


            • ddacoudre ddacoudre 26 janvier 2009 20:54

               

              bonjour hypos

              Un bon article et un long réquisitoire de tout le monde n’est pas gentil. cela n’ôte rien à la réalité de ce que tu écris.

              La démocratie active doit être laissé à la liberté de choix de tous, c’est essentiel pour se dire en démocratie, et doit reposer sur la confiance réciproque, mais voila cela n’est pas le comportement dominant humain car il s’y ajoute le leurre et la tromperie, dont tu donnes de larges extraits.

               

              La démocratie est une conquête récente et d’une application difficile car l’imposer renvoie à l’arbitraire. C’est pourtant par la constitution de partis rassemblant les désirs des citoyens, les coalisions de tout ordre pour organiser l’expression individuelle ou collective, et par le vote que l’on y parvient sous réserve de deux choses, l’apprendre et disposer de structures décisionnelles appropriés. Nous avons cela elle se sont construites difficilement et dans le sang, avec l’idée que le peuple doit être entendu. L’évolution nous a conduite à dire l’avis du peuple et source de palabre interminable et d’instabilité, et d’organiser des structures pour faciliter la prise de décisions. Qui dit rouage, dit le pouvoir à celui qui les maitrise et aujourd’hui tu expliques qu’à travers lui les hommes renouent avec la tricherie, qu’ils appellent le combat sans concession pour leurs objectifs.

               

              Est-ce nouveau non, mais il n’y a pas un idéal commun fort qui fasse supporter nos faiblesses, puisque nous atomisons la société par l’individualisme ou chacun se valorise sur le dos des autres même en politique, et pire en économie. On peut changer cela si nous changeons nos comportements seulement, et ce n’est pas à cela que nous pousse la société, car devant la difficulté de l’individualisme s’organise la puissance de la force, pas celle du droit, mais celle du droit de la force, les français ne saisissent pas la nuance mais elle est de taille

              Et cela c’est traduit par le changement constitutionnel dont tu parles, qui fera du président un « dictateur » que nous élirons des deux mains suivit des commentaires de journaleux élevés à cette école.
               

              Je dis souvent que l’esprit d’efficacité sur lequel s’appuient ce pouvoir et un leurre plus médiatique que réel, mais dangereux quand l’on pense qu’un état se gère comme une entreprise. Je pense que le retour vers une éthique n’est pas à l’ordre du jour, ailleurs que dans le discours. En plus il ne faut pas l’attendre des pauvres, mais de l’aisance sociale. Les « lumières » ne sont pas nés dans la chaumière. du pauvre, même si elles ont fini par lui donné contre le droit de la force des puissants la parole.
               

              cordialement.


              • le collectif freenet 27 janvier 2009 18:46

                Appel à la mobilisation pour la liberté d’expression

                Toutes les personnes sensibles à la liberté d’opinion, à la liberté d’expression et à la liberté de vivre dignement sont invitées à rejoindre le reseau Freenet.
                Freenet est un reseau libre de toute attache commerciale, libre de toute censure et garantissant à l’heure actuelle un anonymat total.
                Installer Freenet, c’est utiliser un outil puissant contre une democratie qui vacille.
                Sur freenet vous pourrez vous exprimer, informer et debattre ; ne restez pas prostré dans l’apathie des masses, agissez, maintenant vous le pouvez.
                http://freenetproject.org/download.html

                Collectif de l’internet libre.


                • JONAS JONAS 29 janvier 2009 21:50

                  @ Tous les petits génies :

                  En particulier à ceux de Gauche, qui ne font acte que de critique sans apporter d’autre solution que de plumer les " Riches ". Alors, bien sûr ! Plumons les riches… ! " Ceux qui ont la chance de travailler ! ", car pour le million de fortune du monde, elles sont bien investies.
                  Mais quand bien même, vous leur piqueriez leurs pognons pour le distribuer ! En deux ou trois ans il n’en resterait rien, si ce n’est quelques millions de naissances supplémentaires.

                  L’Apocalypse est proche ! Nul besoin de précipiter les évènements. L’Apocalypse, qui signifie " Révélation ! ", sera la révélation de la bêtise collective des hommes que représente la démocratie.

                  Ceux qui voudraient être aux commandes d’un des bateaux de cette humanité dans la tempête, sont des sots et des menteurs, seuls le pouvoir les motivent, car ils n’ont aucunes autres motivations, puisqu’aucunes solutions !

                  Aujourd’hui, nous avons eu le plaisir de voir défiler une majorité de ces petits génies, ces nouveaux " dieux ! " de la démagogie. Ceux qui veulent des augmentations de salaires et du pouvoir d’achat.

                  Les mêmes qui prônent l’accueil de toutes les misères du monde et qui spéculent sur la richesse qu’ils pourraient nous apporter… ! En réalité, non seulement ils n’ont rien apporté, si ce n’est une natalité hors normes, mais en plus nous payons pour eux.
                  " Mite-Rangs " prétendait qu’ils paieraient la retraite des Français, c’est les retraités Français et ceux qui travaillent, qui avec la CSG, la RDS, la restriction des remboursements médicaux, etc. qui assurent leurs RMI et leurs côtés prolifiques.

                  Ne gémissez pas ! Vous récoltez ce que vous avez semé !

                  Dix millions d’étrangers qui ont aujourd’hui la nationalité Française et tous les droits afférant et dont environ 50 % sont au chômage.
                  Mais nous sommes la nation d’Europe la plus fertile en naissances… ! Et seront, comme cela va de pair, la première en nombre de sans-emploi.

                  Alors ! Il ne faut pas manifester… ! Il faut travailler pour votre bonne conscience et sans augmentation ! Accueillir encore et toujours plus de sans-papier ! Manifester pour qu’ils restent !
                  Si les salaires baissent, car ils sont moins exigeants que vous ou plus modeste pour leur confort, ça évitera les délocalisations.

                  Bien sûr, vous serez au chômage ! Mais vous pouvez compter sur eux….Ils paieront gentiment une poignée d’Euros sur leurs maigres salaires, pour que vous ne creviez pas de faim ! Enfin, peut-être, car pour les retraités, c’est le contraire.

                  J’oubliais, il faut plumer le million de fortunes mondiales pour nous sauver et sauver l’humanité ! En moins d’un an vous aurez tout distribué, il y aura quelques millions d’humains de plus sur la planète et rien ne sera vraiment résolu.

                  Vous êtes des prédateurs et vos bons sentiments s’arrêtent à votre bien être ! ./  smiley


                  • dom y loulou dom 31 janvier 2009 01:47

                    t’u ris jaune Jonas.

                    Bonne jaunisse.


                  • dom y loulou dom 31 janvier 2009 01:26

                    j’approuve votre article auteur

                    en effet

                    si la bonne volonté fait défaut peu importe le système, il ne peut fonctionner puisque tous font semblant de se combattre alors qu’au niveau politique ils fonctionnent exactement pour le même système. cela va jusqu’à l’extrême gauche dont toute l’europe se demande encore pourquoi diable elle ne propse pas un plan B qu’elle promettait pour faire votr contre la construction européenne qui enfin devenait citoyenne !!!
                     
                    C’est juste ... idiot. 

                    manque un point de raliement.

                    seule la guerre, comme il y a quinze ans en arrière, fait rage... et redescent dans ce marécage puant appelé "normalité" en occident.

                    On écoute encore Clinton, par exemple,simplement parce que sa tête ressemble à Kennedy et on oublie, parce qu’on avait jamais voulu le voir, que ce monsieur à quelque 12 millions de personnes sur la conscience tandis qu’il jouait du sax avec Boris Eltsine, les irakiens subissaient l’embargo meurtrier et Saddam Hussein assassinait les kurdes avec la bénédiction de cette même administration qui voudrait se redorer le blason. juste pourquoi ?? Parce que les gens ont été dressés à être crédules et irresponsables.

                    Pétrole contre nourriture s’appelait cet embargo sur l’Irak, vous vous souvenez ? 12 millions de morts avant de retrouner coloniser et de laisser les blackwaters terroriser toute la région. Ouf ils ont loin... ah... ils retournent au pays maitnenant... ça promet. C’est en prison que ces messieurs devraient se trouver !

                    Et il y en a encore pour douter que la politique petrolière et ses tenants sont à l’origine de tous ces meurtres massifs que subit le proche et le moyen-orient ?? Et sous couvert de terrorisme islamique qu’on nourrit par la guerre elle-même les rothschild se frottent les mains et les ados se suicident.

                    Tout ce que nous vivons est juste... abscon.

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