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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Curieux devoir de mémoire

Curieux devoir de mémoire

Jusqu’au 23 février 2005, l’expression « devoir de mémoire » connotait l’idée de « repentance ». Il semble désormais qu’en France, ce ne soit plus le cas !

Que s’est-il donc passé, dans la "patrie des droits de l’Homme", le 23 février 2005, et pourquoi en parler aujourd’hui ?

Rappelez-vous : c’est à cette date cruciale qu’a été promulguée la loi N° 2005-158 (adoptée par l’UMP et les centristes) "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés" (tapez simplement dans Google : "loi du 23 février 2005" pour obtenir le texte complet).

Ce titre "prometteur" provoque un malaise diffus, que les articles 3 et 4 cristallisent et légitiment ; il y est question (art. 3) d’une "fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie" (entendez : à la gloire des harkis ; mais rien, cependant, sur le massacre des 150 000 musulmans restés fidèles à la France et abandonnés par elle, après le cessez-le-feu de mars 62), et du "... rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord..."

Cette dernière phrase est celle qui "tue", qui tue les espoirs pourtant fondés jusqu’alors, de la réconciliation officielle entre l’Algérie et la France, sous la forme de la signature d’un traité d’amitié entre nos deux pays, traité qui devait être ratifié avant la fin de l’année 2005.

Le président Bouteflika avait posé comme condition sine qua non à sa signature dudit protocole, les excuses publiques de la France pour les exactions commises par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

En guise de repentir, Jacques Chirac promulgue une loi en forme d’apologie de la colonisation, (qui va jusqu’à récompenser financièrement d’anciens membres de l’OAS, dans l’article 13) que le président algérien et tout son peuple reçoivent comme un camouflet !

Par ailleurs, et en corollaire, soulignons aussi le tollé presque général que ce texte a soulevé dans notre pay s : ce fut tout d’abord le collectif des historiens et son appel à l’abrogation de l’article 4 de la loi en question : "1001 signatures, et après..." (signatures recueillies en trois semaines !), mis en ligne le 24 mars 2005 sur le site de la Ligue des droits de l’Homme, et lancé dans le quotidien Le Monde (à l’initiative de Claude Liauzu, historien spécialiste de la colonisation) le 25 mars 2005. Ceux-ci s’insurgent (entre autres griefs) contre une "Histoire officielle"("positive colonisation" après la "positive attitude" de M. Raffarin) que le législateur (de quoi se mêle-t-il ?) voudrait leur imposer d’enseigner.

Puis la LDH elle-même a rendu public sa pétition du 13 avril : "Le mépris de l’Histoire et des victimes".

Et, "pêle-mêle" : le SNES-FSU, les socialistes*, les communistes*, l’UDF (qui trouve ce texte "provocateur"), quelques sénateurs, les associations antiracistes (dont le MRAP et la LICRA), le syndicat de la magistrature, les inspecteurs d’académies (Je n’inspecterai pas le "temps béni" des colonies, lettre du 12 mai 2005, adressée à J. Chirac), tous unis contre l’un ou l’autre de ces articles, ou contre cette loi dans son entier.

Une véritable levée de boucliers donc, face à un devoir de mémoire... très "sélective" : rassurant, non ?

* le 29 novembre 2005, les deux propositions de loi des socialistes et des communistes demandant l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, auront été déposées à l’Assemblée et, espérons-le, débattues (car les députés UMP ont exprimé leur intention de bloquer la discussion et de durcir leur position).


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23 réactions à cet article    


  • Xavier (---.---.254.20) 30 novembre 2005 16:05

    Nous connaissons maintenant le résultat. L’abrogation de l’article 4 a été refusé : il y a donc maintenant une histoire officielle (http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/rapatries.asp). Voici une pratique digne des dictatures : décider ce que les livres d’histoire doivent enseigner... Nos représentants légaux sont irresponsables, non pas dans le sens où ils ne savent pas ce qu’ils votent mais plutôt dans le sens où ils ne comprennent pas ce qu’ils votent. Laissons l’histoire aux historiens, la science aux scientifiques et la loi au législateur. Reconnaître le « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » c’est comme décréter par une loi que le sida ne doit plus exister.


    • Scipion (---.---.35.22) 30 novembre 2005 17:00

      Monsieur Pertusa,

      Pourriez-vous nous dire ce qu’était l’espérance de vie d’un Algérien en 1831, en 1900 et en 1960 ?

      J’ajoute que la repentance est une sombre idiotie. Si certaines choses se sont passées à une certaine époque, c’est parce que les choses se passaient ainsi à cette époque-là.

      Vouloir les juger à la lumière des valeurs et des pseudo-valeurs actuellement à la mode, est un pur anachronisme.


      • Mathieu (---.---.212.160) 30 novembre 2005 17:21

        Tellement facile votre discours, Scipion, en plus ça donne bonne conscience. Mais ni votre bonne conscience, ni même l’histoire trafiquée n’effacera les massacres qu’a commis la France, des gens n’oublieront jamais


        • (---.---.123.137) 30 novembre 2005 17:37

          Les massacres ne s’effaceront pas ; et c’est pas sûr. Dans combien de temps aura-t-on oublié Oradour ? Qui peut nous parler de Limoges ?

          Mais je suis d’accord, il faut reconnaître les massacres. Mais il faut aussi reconnaître les points positifs, les infrastructure créées, l’école, etc.

          Il faut aussi instruire à décharge, sinon ... Outreau.

          Jean


          • Scipion (---.---.35.22) 30 novembre 2005 18:33

            Tellement facile votre discours, Scipion, en plus ça donne bonne conscience. Mais ni votre bonne conscience, ni même l’histoire trafiquée n’effacera les massacres qu’a commis la France, des gens n’oublieront jamais... (Mathieu)

            Si c’est facile, tenez donc le même, de discours ! Vous verrez, alors, qu’on n’a pas à chercher à se donner bonne conscience, dès lors qu’on n’a pas mauvaise conscience. C’est aussi simple que cela.

            D’ailleurs quelle mauvaise conscience ? Et dans quel but, si j’ose dire... ? Moi, si j’avais mauvaise conscience, je veux dire sincèrement mauvaise conscience, et bien je serais à quelque part, coopérant ou je ne sais quoi, pour tenter de réparer auprès des descendants des victimes.

            Ceux qui m’ont précédé ont commis des méfaits ? A la bonne heure. Le stupéfiant eut été qu’ils n’en eussent point commis ! Que ce soient les colonnes infernales en Vendée ou l’armée de la République en Algérie.

            Excellentes ou haïssables, ils avaient des raisons pour cela. Et je n’ai pas à en juger, puisque je ne suis pas dans le contexte de leur époque.

            Au long de l’histoire, tous les peuples ont subi des massacres et tous les peuples ont massacré. Il n’y a vraiment pas de quoi en faire un fromage. A plus forte raison, un fromage rétroactif.

            Je répète donc, la repentance est une sombre idiotie. Et, de mon point de vue, c’est, par surcroît, une pitoyable hypocrisie quand elle ne s’accompagne pas d’un engagement concrètement réparateur.

            Cela dit, pour estimable que soit leur action, les réparateurs n’en retirent pas le privilège de faire la leçon à qui que ce soit. Ils agissent en fonction de leur façon de voir les choses, et les autres font exactement pareil !


            • florian (---.---.200.77) 30 novembre 2005 19:43

              et l’allemagne va voter une loi qui declare que le nazisme a eu un cote positif pour le monde !

              on est dans un pays nostalgique, qui fait tout pour retourner en arriere à la recherche de son passe « glorieux ». et bientot on va elire notre petit napoleon !


              • Nacer (---.---.57.212) 30 novembre 2005 20:19

                Sont-ils entrain de donner par entêtement un éclat à une histoire ternie par les exactions d’une colonisation des plus avilissantes. Disent-ils qu’ils ont nous apporté la civilisation et le progrès alors que le nombre de lettrés en 1962 ne dépassait pas 5 chiffres tout au plus. Savez-vous qu’avant 1830, Alger comptait à elle seule autant sinon beaucoup plus d’écoles que toute la France réunie. Les algériens d’alors savaient tous au moins lire et écrire qu’ils vivaient dans l’abondance et étaient d’un raffinement hors du commun. Savez-vous aussi que le nombre d’algériens n’a pas changé durant les 132 ans de colonisation « positive », 10 millions en 1830, il est resté 10 millions en 1962. Vraiment curieux ce devoir de mémoire. Je vous laisse méditer et je termine en disant que même cette loi n° 2005-158 votée par des capricieux ou, moins dur, par des sauveurs de face, ne cachera jamais la lumière de la réalité.


                • mat (---.---.64.89) 30 novembre 2005 21:20

                  Nacer tout ce qui est exagéré est insignifiant, comme disait Talleyrand. ce que vous dites est loin d’etre exagéré , c’est carrement hallucinant

                  A mon sens cet article de loi a pour but de rappeler que la colonisation qui avait un mauvais coté ( inclusion de l’esclavage des noirs depuis toujours organisé par des tribus nomades, arabes du sahel, peuhls, ou entre tribus noires de la côte, dans le commerce avec l’Amerique - e commerce triangulaire - que cette colonisation donc, a eu aussi un coté heureux : un investissement sans precedent dans des pays qui globalement ont vu arriver la medecine moderne, des routes, qui ont vu leur sol mis en culture, des professeurs et des ecoles, des soldats imposer la fin des rezzous des nomades ;

                  plus un histoiren ne le conteste, sur le plan economique, « les colonies » ont commencé un peu avant 1914 a couter de l’argent ; c’est à dire que la metropole y investissait plus d’argent qu’elle en recuperait ; la balance etait positive en faveur de l’algerie ;

                  il est evident qu’une partie non negligeable de ces investissments revenait à subventionner en fait les colons, plutot qu’à aider les « indigenes » , mais les hopitaux, les routes, les ecoles, les salaires versés dans les usines construites par des français , avec de l’argent français, les salaires versés dans les plantations qui avaient été plantées à l’inititiative des français , avec des fonds français , ont grandement developpé l’Algerie ;

                  Ces fonds investis par la France pour developper ce departement algerien sont la preuve que la france n’avait pas une logique predatrice en algerie

                  il faudrait comparer le PIB par habitant de l’algerie avant et apres la colonisation, puis avant et apres l’independance.

                  Je ne pense pas que la France ait a rougir de son bilan avec L’algerie

                  en revanche, le cas de l’afrique noire est à mon avis plus honteux ; car là quels que soient les avancés economiques, sociales ou sanitaires, des negriers français ont profité du commerce des esclaves qui existait, et y ont participé en y trouvant une demande et ont donc encouragé l’offre .


                  • mat (---.---.64.89) 30 novembre 2005 21:47

                    autre chose : certains sont scandalisés que la loi fixe les choses sur l’Histoire ; je comprends leur trouble ;

                    Mais ce qui m’etonne, c’est que leur capacité à etre scandalisés est tres selective :

                    quand la france reconnait le genocide armenien, s’etonnent ils ?

                    Quand la france reconnait sa part sombre dans les crimes de la collaboration, en appellent-ils à la stricte separation entre l’historien et le politique ?

                    Toute histoire est politique ; l’histoire est generalement faite par les vainqueurs ;

                    Cela ne doit pas amener à remettre en question ce qui est prouvé , ni a relativiser tout, mais cela doit pousser à accepter que nous ayons une vision du passé souvent trop manicheenne par rapport à la complexité d’une epoque donnée.

                    Personnellement je me rejouis de n’etre pas né à une epoque où la question de choisir son camp (tiens une reminiscence d’une chanson de Jean Jacques Goldman ? ) se pose avec trop d’acuité


                    • caramico (---.---.227.232) 2 décembre 2005 21:59

                      Nous les Français ne sommes nous pas juges et partis ?

                      Après tout, ce serait aux Algériens de nous remercier si nous avons fait tant preuve d’altruisme et d’humanisme.

                      Le peu que je connais de la question, c’est que mon grand-père, émigré espagnol qui mourrait de faim dans son pays s’est retrouvé quelques années après à la tête d’une belle propriété : l’a-t-il acheté ? A qui appartenait-elle avant ? Personne ne le sait.

                      Il a hérité également d’une nationalité française qu’il a légué à sa descendance, et là oui, pour celà, je remercie à titre personnel, moi qui suis content de ma nationalité, le rôle bienfaisant de la France à mon égard.

                      Pourquoi lui a-t-il eu cette nationalité et ces terres, et non pas les natifs de ce pays ?

                      Il me reste beaucoup de questions sans réponses, et je suis surpris, à travers cette « loi », de voir ici s’afficher tant ce certitudes.


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 2 décembre 2005 22:43

                        A Caramico :

                        « Pourquoi lui a-t-il eu cette nationalité et ces terres, et non pas les natifs de ce pays ? »

                        Parmi les natifs de ce pays, les juifs ont eu la nationalité française dès 1870 (décret Crémieux). Cette discrimination entre les juifs et les Arabes ou Berbères n’est pas pour rien dans le ressentiment de ces populations. Il y a là une faute grave de la France.


                      • Scipion (---.---.112.199) 3 décembre 2005 00:09

                        Pourquoi lui a-t-il eu cette nationalité et ces terres, et non pas les natifs de ce pays ?

                        Peut-être parce qu’à l’époque, les « natifs de ce pays » n’auraient pas vraiment su qu’en faire, de la terre qui est échue à votre grand-père...

                        L’agriculture n’était déjà pas leur fort. L’Algérie était alors un pays à mettre en valeur. Et elle l’est toujours, à bien des égards...


                      • Emile Red (---.---.23.110) 3 décembre 2005 14:03

                        Il est étonnant de constater que ce sont ces mêmes députés qui réclament (entre autres choses) de la Turquie, une reconnaissance du génocide arménien et ne voient pas le... les génocides dont notre pays fut coupable.

                        Ce n’est pas d’aujourd’hui que les parlementaires tentent de refaire l’histoire, mais légiférer est nouveau, et semble bien la marque d’un autoritarisme concrètement perçu lors du dernier referendum, puisque la constitution continue d’être débattue malgré le véto de la nation.

                        On oublie que l’état français n’a pas mis seulement à genou la société Algérienne, mais à tué aussi l’économie de la plupart de ses colonies, particulièrement en Asie qui fut le grenier à caoutchouc de l’Europe.

                        Et le comportement des coloniaux en Afrique n’a guère changé depuis les années soixantes, il y a toujours le maître et l’« esclave ».

                        La surexploitation des ressources africaines, parallèlement à la misère autochtone, démontre tout autant le pillage des ex-coloniaux, qui, quoiqu’on en dise, n’ont jamais agi gratuitement sur les territoires occupés.

                        Un exemple flagrant : aucune industrie de transformation des produits indigènes n’a jamais été installée dans les colonies françaises à moins d’un intérêt immédiat local.

                        Si de nombreuses infrastructures ont été construites, le but en était uniquement la rentabilité des exploitations et non le confort ou le bien être des habitants.

                        Il serait, d’ailleurs, interessant de comparer les conditions scolaires des coloniaux à celles des colonisés, on aurait ainsi une bonne vision de ce qu’était la colonisation française.


                      • caramico (---.---.227.126) 3 décembre 2005 15:37

                        a scipion (l’africain ?)

                        c’est vrai que mon grand père devait être d’une race supérieure, même s’il l’ignorait, et que son but premier était d’apprendre aux algériens comment mettre en valeur une terre dont ils ne savaient pas quoi en faire.


                      • Scipion (---.---.55.46) 3 décembre 2005 18:33

                        Ca vous gêne tant que ça, caramico, que les Européens aient réalisé, en Algérie, des progrès que les Algériens n’avaient pas eu l’idée, la volonté ou l’envie de mener à bien ?

                        C’est curieux comme sont les gens... Il est vexé, caramico, que son grand-père ait valorisé des terres qui ne l’étaient pas quand elles lui furent attribuées.

                        C’est sûrement que ça ne cadre pas avec l’imagerie d’Epinal que caramico entretient au sujet de la colonisation.

                        Alors, les lèvres pincées, la bouche en cul de poule, il postule, agressivement, une hypothétique supériorité (« raciale », sûrement) de son grand-père.

                        Les ravages du politiquement correct sont vraiment halucinants.


                      • caramico (---.---.227.246) 3 décembre 2005 21:28

                        a scipion : qui parle d’agressivité ? Qui suggère une supériorité ? Une petite dose d’humour vous ferait le plus grand bien.


                      • (---.---.39.29) 4 décembre 2005 00:29

                        Si je venais sur le web pour rigoler, je chercherais le site de l’Almanach Vermot. Si tant est qu’il y en ait un. Ce qui ne m’intéresse même pas...


                      • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 9 décembre 2005 16:53

                        Je ne veux pas réagir à l’article ! Mais, je veux soulever quatre points qui me paraissent importants : 1°). Alors que les Occidentaux l’ont banni de tous systèmes, l’esclavage existe toujours, aussi bien en Mauritanie que dans la péninsule arabe, SANS QUE PERSONNE NE REAGISSE ! 2°). Au nom de la mondialisation, de la réal-économie, histoire de générer des profits, des milliers d’enfants travaillent pour des sociétés peu soucieuses de l’éducation à laquelle ils ont droit, et, surtout, peu soucieuses de leurs santé psychique, physique ou affective ! 3°). Au nom de cette même mondialisation, de cette réal-économie, des milliers de personnes sont poussées à la rue pour cause de chômage... 4°). Comme si cela ne suffisait pas, les discriminations de toutes sortes continuent de plus belle, ce, au mépris des lois les plus draconiennes !!!

                        Alors, ne serait-il pas possible de cesser de légiférer sur tout ? En effet, en ce qui concerne le devoir de mémoire, j’estime que c’est à l’historien de trancher sans qu’il faille encore donner des leçons de « bon colonialisme », de « bon indigénat » ou de « bon respect de la Mémoire » !

                        Alors, balayons devant notre porte ! Pour faire fonctionner la mémoire, il faudrait faire cesser toutes ces horreurs économiques, guerrière,... qui existent de par le monde !!!!


                        • Julien de Sevran en Seine-Saint-Denis (---.---.17.115) 12 décembre 2005 12:26

                          Allez, je sais que je vais recevoir une volée de bois vert, que je vais être traité de vilain facho etc etc...mais je tente le coup !

                          J’en ai marre de ce pays en éternel repentance...

                          Pourquoi ne pas traduire Vercingétorix devant la haute cour de la repentance pour n’avoir pas battu les armée romaines et de ce fait rendu en esclavage « nos » ancêtres les gaulois...

                          Faisons un procès posthume à Doclétien pour avoir massacré les premiers chrétiens au IV ème siècle...

                          Repentons nous pour la conquête de l’Afrique du Nord par les Vandales (y doit bien y avoir quelques descendants de Vandales en France) et les massacres qui s’en suivirent...pour l’inquisition...pour la cruauté des croisés en Terre Sainte...pour la croisade contre les Cathares brûlés par centaines : Tuez les tous... le massacre des Huguenots lors des guerres de religion : Résistez...un peu plus tard la révocation de l’Edit de Nantes et le massacre par l’armée française (les dragonnades) de milliers de protestants...

                          Sans oublier les patrons du XIX ème siècle qui ont bâti leurs fortunes avec le travail ou plutôt l’esclavage des ouvriers et des enfants...les généraux de 14/18 qui envoyaient leurs hommes à la mort pour leur seul prestige...ceux de 40, qui étaient déjà à Marseille alors que leurs régiments se battaient encore un peu...et et et ...bon il faudrait des pages.

                          Juste pour dire que j’en ai marre aussi de ne pas pouvoir ouvrir un journal, écouter les informations à la télé ou à la radio sans entendre parler de religion QUELLE QU’ELLE SOIT tout en les respectant...

                          Allez, je suis un peu paumé dans tout çà mais, c’est vrai que cet héritage de massacres est lourd à porter d’autant qu’il faut y rajouter la pollution des pôles et des mers, le climat qui change, la couche d’ozone qui s’épaissit, les glaciers et la banquise qui fondent, les famines, les criquets qui bouffent tout, la forêt amazonienne qui disparaît, l’eau potable aussi et le président à 1%...

                          A tout les coups, en 2500, nos arrières petits enfants, s’il y en a encore nous traduirons devant la haute cour de la repentance écologique (H.C.R.E.) pour leur avoir laissé cette terre en héritage...

                          Repentons nous... çà passe le temps...

                          En parlant de temps, faut pas oublier qu’il y a du boulot dans nos cités...c’est pas la repentance qui va le faire.


                          • claude (---.---.183.79) 12 décembre 2005 13:22

                            lorsqu’une société ne sent pas l’avenir, elle se tourne vers le passé ... la repentance, çà sonne bien mieux et çà occupe le terrain ; nous sommes un pays (encore) riche au regard du reste du monde mais le bonheur et le partage c’est autre chose...Notre société tourne à deux vitesses:regardez les gréves SNCF et le peuple à pieds : c’est chacun pour sa peau... combien de temps cela va t’il être supportable ?


                            • (---.---.93.175) 26 décembre 2005 15:41

                              On aurait pu espérer que les socialistes et communistes interviennent AVANT le 23 février. Et que la droite reconnaisse sa maladresse et modifie cet article. Mais non, l’opposition gauche-droite est bien trop exacerbée pour rectifier ce détail ensemble. Car c’est après tout qu’une question de formulation. L’article cherche à valoriser les actions positives des personnes de la présence française. Toute la loi va dans ce sens. Ce n’est pas un jugement sur la colonisation française. Aussi, une rectification de la formulation était possible pour des gens de bonne volonté. Le débat parlementaire ne se fait plus correctement, car il passe désormais par les partis.


                              • Gaye (---.---.218.52) 24 janvier 2006 13:37

                                En effet, c’est un curieux devoir de mémoire pour un pays qui a comme devise : Liberté égalité Fraternité.

                                Une loi française dénommée : Le rôle positif de la colonisation.

                                Définition du colonialisme

                                « Le colonialisme est l’imposition d’une domination politique et militaire d’un pays sur un autre. C’est donc une dictature d’un pays sur un autre, car elle remplace par la force les pouvoirs politiques légaux et indigènes. Son but initial est d’accroître la puissance du pays envahisseur, même si dans la réalité cela a conduit quelque fois à des charges supplémentaires. Il est contraire au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et aux principes démocratiques, en particulier lorsque le pays colonisateur se définit lui-même comme une démocratie ». Comment au regard de la définition ci-dessus, ose-t-on imaginer un seul instant, une loi de cette nature en ce 3e millénaire ? Et en quoi ce qui précède peut-il avoir un rôle positif pour l’humanité ou pour un homme simplement doué de raison ? Voici une loi qui fait une terrible injure à tous les peuples colonisés. En lieu et place de procéder à la réparation et au pardon pour les sévices et autres exactions exercés sur de paisibles populations des pays colonisés, voilà qu’on nous serve une loi pour récompenser les anciens bourreaux et autres tortionnaires de la coloniale. Cette loi est un affront aux peuples anciennement colonisés qu’ils soient d’Afrique ou d’ailleurs. Par contre Il est tout à fait évident pour tous, que la colonisation avait bien des motivations. Ces motivations du colonialisme étaient : De s’emparer des richesses d’un pays D’acquérir ou d’améliorer une position stratégique Ils avaient leurs raisons pour la colonisation : « Le phénomène de colonisation observé a subi un examen critique au cours du XIXe siècle et du XXe siècle, notamment à partir de la phase de décolonisation mondiale ». • « Le colonialisme reposait en fait sur une idéologie qu’il est difficile de concevoir aujourd’hui : Depuis l’époque de Christophe Colomb, dans la bouche et l’esprit des colonisateurs européens, la colonisation s’est prévalue d’une volonté d’extension humaniste, d’abord du Christianisme, puis de la « Civilisation » (dans sa conception moderne, mais occidentale). Cette conception, tout en se réclamant de généreux sentiments, a trop souvent méconnu la culture des colonisés et les droits de l’homme dans ces pays ». • « Selon la vision marxiste du phénomène, l’expansion coloniale a été motivée par la recherche de matières premières dans les territoires colonisés, et de débouchés pour les produits manufacturés des puissances coloniales »

                                Les auteurs de cette loi, ignorent-ils la déclaration universelle des droits de l’homme ou s’en moquent-ils seulement éperdument ? Voici un extrait du préambule de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme pour leur rafraîchir la mémoire : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme. Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations » La France n’est-elle pas devenue folle par ses dirigeants en votant et en voulant défendre une loi qui est en contradiction flagrante avec sa devise : Liberté égalité Fraternité. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10/12/48 stipule en son article Premier et 2 alinéa 1 et 2 ce qui suit : je cite « Article premier Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. Article 2 1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. 2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté » Ceci venant de la France qui a connu non pas la colonisation mais l’occupation, est vraiment anachronique. Elle qui s’est battue contre l’occupation nazie pour retrouver sa liberté, avec l’appui inestimable des troupes coloniales (tirailleurs sénégalais), verrait-elle d’un bon œil aujourd’hui, qu’une loi soit créée par les Allemands pour récompenser gracieusement les actes des anciens nazis ? Peuple de France, cette loi est indigne d’une nation qui se déclare libre et éprise de paix. Cette loi, risque à plusieurs égards, de faire naître légitimement la haine chez les anciens peuples colonisés contre le peuple français inutilement si, elle n’était pas abrogée. Cette loi est inique et inutile par conséquent, elle cause plus de torts que de bien au peuple français. Alors, dans le même temps que l’on refuse injustement d’aligner la pension des anciens combattants tirailleurs sénégalais au même niveau que leurs collègues français par des dilatoires, on trouve facilement une loi de récompense pour service rendu à la nation française à de vulgaires oppresseurs de peuples, tout à fait comme les allemands pendant l’occupation de la france. Quelle honte pour cette France qui a perdu la mémoire, dont on disait pays de : liberté égalité fraternité. Cette loi est un mensonge officiel par rapport à l’histoire et une tentative de falsification de l’histoire surtout quand on veut modifier les manuels scolaires de l’enseignement dans le but de faire croire aux enfants français, que la colonisation avait un rôle positif et que ses acteurs avaient rendu service à la nation française. J’estime que cette loi doit être dénoncée par tous en commençant par les organisations des Droits de l’Homme, les peuples et gouvernements des anciens pays colonisés au service de leur peuple. En un mot, le monde entier doit demander l’abrogation purement et simplement de cette loi et, en cela, le peuple français devrait être en tête parce que, il est le premier concerné. Il faut remercier au passage les personnalités françaises historiens la plupart, qui ont initié et organisé une pétition contre cette loi mensongère (LOI n° 2005-158 du 23 février 2005) pour son abrogation pure et simple car elle est dangereuse. Voici le lien pour accéder à cette loi www.legifrance.gouv.fr

                                Mandiaye Gaye BP 1600 Dakar


                                • Scipion (---.---.48.230) 12 février 2006 21:06

                                  Vous ne pouvez rien comprendre à ce qu’il s’est passé, M. Gaye, si vous faites abstraction du fait qu’à l’époque de la colonisation, les droits de l’homme n’étaient encore devenus la religion totalitaire qu’ils sont aujourd’hui.

                                  A l’époque, il était fréquent que la notion de droits de l’homme soit assortie d’autres notions annexes et/ou complémentaires, tels que devoirs, mérites, conditions...

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