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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Danger : vote électroniquement modifiable

Danger : vote électroniquement modifiable

On les avait pourtant raillés ces Américains. Leur technologie envahissante et leur système de vote électronique incapable de dire rapidement et assurément en 2004 qui de George Bush ou John Kerry était le nouveau président des Etats-Unis. A l’évidence on n’a pas retenu la leçon. Insidieusement, les scrutins français de 2007 s’apprêtent à être marqués par une véritable révolution. Adieu isoloir, enveloppe et bulletin papier. De un à deux millions de Français devraient être contraints d’exprimer leur suffrage à l’aide de machines à voter électroniques. Le seul problème, c’est qu’elles sont loin d’être infaillibles.

On l’a connu censitaire, réservé aux seuls hommes puis enfin universel. Sous couvert de modernité et sans qu’on sache qui en a pris la décision ni avec quelle légitimité, on nous le promet désormais électronique. Il, c’est cet acte sacré conquis de haute lutte, bien inaliénable de notre république : le vote. Pourtant, sans débat public et sans garantie contre les fraudes et les manipulations, les machines à voter devraient envahir nos mairies. 1200 machines équipent déjà plus de 800 bureaux de vote.

Officiellement, elles n’ont que des avantages. Accessibles aux malvoyants, dépouillement immédiat, sans papiers et... sans scrutateur. Exit le fonctionnaire réquisitionné et payé en heures supplémentaires. A écouter les industriels à l’affût de marchés juteux, les scrutins qui chantent revêtent la technocratique dénomination de "dématérialisation des suffrages". Un peu trop beau pour être vrai.

Principal reproche au système, c’est qu’il échappe au contrôle du quidam. Son caractère opaque le rend invérifiable pour ce brave citoyen ordinaire, uniquement armé de ses yeux et de son bon sens. Exit le participatif, pourtant à la mode, d’une salle lors du dépouillement. Le futur promis tient dans la puce électronique et la mémoire vive. Progrès ou récession démocratique ? La réponse semble aller de soi.

La solution, on la connaît. Ce sont les informaticiens eux-mêmes (l’Association for Computing Machhinery) qui la soufflent. Le vote électronique ne devrait pas avoir pour objectif de se substituer au vote papier mais de le compléter, afin de sécuriser les résultats. Le socle technique de la machine et du logiciel devrait quant à lui relever de "l’open source" (technologie non totalement protégée par le droit de la propriété intellectuelle et industrielle) afin de pouvoir être contrôlé par les autorités.

En France, le ministère de l’Intérieur a homologué trois modèles de machines à voter. Un espagnol, un néerlandais et un américain. Mais, cette homologation est loin d’être une assurance sur l’inviolabilité des systèmes. Comme le rapporte le quotidien Le Monde dans son édition du 20 mars, un groupe d’informaticiens néerlandais a mis à mal l’intégrité de la machine produite dans leur pays. Pire, ils ont démontré la possibilité de surveiller à distance, à travers les radiofréquences émises par la machine, le fonctionnement de l’urne électronique. Ces défaillances en termes de sécurité ont également été confirmées dans une dizaine de pays dont les Etats-Unis, principaux utilisateurs du système.

Pas très rassurant. Face à cette logique marchande d’informatisation des votes sous couvert de modernisation des usages démocratiques, une seule solution : la mobilisation générale pour obtenir l’application du principe de précaution et le confinement de ces drôles de machine à l’expérimentation. Battons-nous pour que nos communes se déclarent territoires hostiles au vote électroniquement modifiable. L’exemple à suivre sur le sujet est irlandais. Après avoir généralisé l’utilisation des machines à voter dans tout le pays pour les élections européennes de 2004, le gouvernement de la verte Irlande, échaudé par les nombreux dysfonctionnements, n’a pas hésité à se séparer de ses 7 500 machines acquises pour 50 millions d’euros.


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49 réactions à cet article    


  • Marie Pierre 21 mars 2007 10:23

    Le lien pour signer la pétition contre le vote électronique :

    http://recul-democratique.org/petition/index.php


    • Fred68 (---.---.64.1) 21 mars 2007 10:38

      Merci pour le lien. Existe t-il un recours si mon bureau de vote me propose un vote électronique ? Ai je le droit d’exiger un vote papier ? Je suppose que non.

      Ce qui me sidère dans cet histoire c’est que toutes les personnes ayant une connaissance technique de ce genre d’appareil (informaticiens et autres) s’y opposent. Mais non, on y va quand même ! C’est trop bien la « démocratie ».


    • jako (---.---.21.70) 21 mars 2007 11:08

      C’est vrai, en plus vu les erreurs qu’il y a eu en Italie et en Belgique récemment, pour ma part s’il y a une machine dans le bureau de vote et bien je ne voterais plus voilà


    • T.B. T.B. 21 mars 2007 12:49

      Voir également, si vous le souhaitez, la pétition « Non aux racketiciels »

      "Vote électronique à Issy-les-Moulineaux : lettre ouverte à M. le député-maire

      Benoît Sibaud est ingénieur en informatique et travaille pour un centre de recherche en télécommunications sur les nouveaux usages sur Internet, président d’une association ayant pour objet la démocratisation et la diffusion du logiciel libre (APRIL), webmestre d’un site de nouvelles à forte audience sur l’informatique libre (LinuxFr). Il n’est surement pas allergique à la modernité mais l’utilisation des ordinateurs de vote pour les prochaines élections à Issy Les Moulineaux l’inquiète fortement.

      Le conseil municipal d’Issy Les Moulineaux ayant confirmé le 1er février 2007 l’achat de 60 ordinateurs de vote pour les 40 bureaux de la ville, Benoît Sibaud a souhaité une nouvelle fois échanger avec la municipalité sur le sujet. Il a donc envoyé à M. le député-maire André Santini une lettre ouverte de six pages examinant les arguments avancés, expliquant les problèmes posés par le vote électronique et revenant sur les dernières déclarations sur le sujet :

      http://66.102.9.104/search?q=cache:6nGUaTZ3bH8J:www.couchet.org/blog/index.php%3F2007/03/08/238-vote-electronique-a-issy-les-moulineaux-lettre-ouverte-a-m-le-depute-maire+Iss-2les-Moulineaux+vote+%C3%A9lectronique&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr

      Depuis 1995, Issy-les-Moulineaux (92) Participe à un réseau mondial de villes numériques

      Pour Issy, son député-maire, André Santini, a signé la déclaration d’Helsinki du Global Cities Dialogue, initiative de l’Union Européenne vise à favoriser les échanges d’expériences pour permettre aux villes numériques d’être des interlocuteurs privilégiés de leurs gouvernements respectifs et des acteurs économiques dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.

      « Imaginez qu’Internet puisse contribuer à l’élection du prochain Président de la République en 2007... Voici un thème qui sera abordé lors du prochain Forum Mondial de l’e-Démocratie et de l’administration électronique (World eGov Forum) qui aura lieu les 18, 19 et 20 octobre prochain à Issy-les-Moulineaux. Pionnière de la société numérique, la Corée du Sud sera l’invitée d’honneur de l’édition 2006. Cet événement international sera l’occasion de mieux saisir la révolution numérique en France et de dégager une stratégie globale pour l’avenir. »

      http://66.102.9.104/search?q=cache:3SNVbnVBzgAJ:www.andre-santini.net/agir/corps.htm+Global+cities+dialogue+Santini&hl=fr&ct=clnk&cd=8&gl=fr

      Au fait, il n’aurait pas été un tout petit peu beaucoup du côté de Bayrou, le cyber Santini depuis 1995 ? Aux cotés d’un Bayrou qui se dit contre la DADVSI (mais pas autant que l’avait été le député UMP Carayon par exemple et pas autant que toute la « gauche« unie, à cette l‘occasion) mais dont le groupe UDF, s’il ne s’était pas abstenu dans son ensemble, aurait pu faire basculer la loi du côté des citoyens et de leurs libertés ? La loi liberticide loi DADVSI a été votée, en urgence s’il vous plait et sans 2ème lecture au Sénat.

      « Nous appelons également les députés et sénateurs UDF à revenir sur leur décision de s’abstenir et à voter contre le projet de loi. En effet, contrairement à ce qu’affirme l’UDF, aucune réelle avancée sur l’interopérabilité n’a été obtenue en CMP, à part de la poudre aux yeux. L’interopérabilité, et en conséquence le logiciel libre, a en effet été « sacrifiée en CMP » selon les propres termes du député UMP Richard Cazenave. »

      http://66.102.9.104/search?q=cache:kBWLQnXFtV0J:eucd.info/index.php%3F2006/06/28/330-assos-du-libre-le-parlement-dernier-recours+DADVSI+s%C3%A9nateurs+UDF&hl=fr&ct=clnk&cd=12&gl=fr


    • rigoletto (---.---.209.222) 21 mars 2007 19:24

      jacko, a écrit : « pour ma part s’il y a une machine dans le bureau de vote et bien je ne voterais plus voilà »

      Mais peu importe que vous ne votiez plus : la machine à voter s’en chargera pour vous...


    • Avatar (---.---.105.229) 21 mars 2007 10:26

      N’ayez pas peur !

      Le vote électronique est aussi fiable que le systeme de vote des commentaires d’AgoraVox !

      Il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter...

       smiley


      • philou 22 mars 2007 21:54

        @avatar Que dis-tu là !!! Aurais-tu constaté certaines choses ? précise svp... smiley


      • mike57 (---.---.249.58) 21 mars 2007 10:45

        Autre avantage du vote electronique,simple et transparent,c’est l’enregistrement de votre choix de candidat avec votre numero d’électeur. Comment,c’est impossible ?


        • Henry Moreigne Henry Moreigne 21 mars 2007 11:08

          Mea culpa. Même si le vote électronique a continué à être dénoncé lors du duel Bush-Kerry, il s’est mondialement rendu célébre lors des élections de 2000 entre Al Gore et G. W. Bush, ce dernier l’emportant d’une poignée de voix dans des conditions douteuses.


          • (---.---.156.209) 21 mars 2007 11:33

            Allez voter avec un marteau ! c’est la seule solution efficace...

            En dictature, cela s’appelle Résistance !

            Les Français parlent aux Français !

            Notre économie est déjà virtuelle et fonctionne de cette manière.

            Bonjour le Nouveau Monde, il ne reste plus rien de la démocratie...

            Maintenant vous le savez...


            • Algunet 21 mars 2007 11:49

              Merci Henri Moreigne

              pour cet article révélateur d’un danger majeur et direct sur « la démocratie » smiley . Je me suis empressé d’apporter ma signature à la pétition.


              • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 21 mars 2007 12:01

                Bonjour,

                Je me permets, parce que j’ai déjà expliqué sur un autre lien (l’article récent de Carlo Revelli sur la question) et parce que j’ai été amené comme avocat à me pencher 5 ans sur la question des fraudes électorales dans un dossier fortement médiatisé (voir mon essai), de reprendre une nouvelle fois succinctement ce qu’il faut penser du vote électronique et de rappeler ce qui me semble une des méthodes pour faire annuler ces votes électroniques (à dire vrai tous les votes de tous les bureaux ainsi équipé).

                Tout d’abord, rappelons que le vote papier actuel est rapide (même dans les très grandes villes, le résultat définitif est connu en moins de trois heures, personne n’a motivé l’urgence qu’il y aurait à les connaître un dimanche soir impérativement avant la fin du film de TF1... ou alors voilà la seule explication) et sûr (les fraudes possibles sont désormais toutes identifiables et répertoriées, à défaut d’être toujours immédiatement sanctionnées). Surtout, il permet au Code électoral de faire toutes les vérifications, puisque le bulletin papier, noyé dans la masse d’une urne (désormais toujours transparente, faut-il le souligner) a une existence tout à la fois physique et anonyme. Le vote a lieu deux fois, et même trois : lorsque vous glissez le bulletin dans l’urne, lorsque le bulletin est comptabilisé par les scrutateurs, et lorsque le juge procède éventuellement au recomptage.

                Dans le vote électronique, non seulement seule la première étape est autorisée, mais les deux suivantes sont techniquement impossibles, alors qu’elles sont d’ordre public.

                La manière de piéger le juge de l’élection est donc de faire jouer les demandes de vérifications de vote, en créant dès les opérations de vote un incident (voir un exemple dans l’autre article). La logique du vote électronique est d’opposer une supposée infaillibilité de la machine au droit citoyen de demander un recomptage, et même d’étendre cette infaillibilité à l’impossibilité pour le processeur d’enregistrer ses propres défaillances éventuelles. Dit plus simplement, le processeur non seulement n’annonce aucun incident mais est supposé infaillible dans le fait qu’il n’annonce aucune incident. Dès lors le juge de l’élection ne peut que, soit se déclarer impuissant, et alors c’est tout le Code électoral qui saute, soit annuler purement et simplement toutes les opérations électroniques, le doute devant profiter à la démocratie (c’est même une règle jurisprudentielle).

                Il faut donc tout simplement mettre en oeuvre le droit électoral et voir la réponse du juge électoral.

                Jean-Philippe Immarigeon


                • Marie Pierre 21 mars 2007 12:45

                  Eh bien merci pour cette info. Je vais la relayer par mail. Mais il serait bien que vous l’adressiez également à http://www.ordinateurs-de-vote.org


                • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 21 mars 2007 13:55

                  Merci.

                  Mais je reprécise ici que l’angle d’attaque de tous ceux qui s’inquiètent de la question est totalement mauvaise. Il ne sert à rien de signer des pétitions si chaque électeur a de toute manière les moyens de saisir le juge de l’élection pour poser publiquement et juridiquement la question, et ouvrir un débat national.

                  Seulement, la pensée technologique dominante et la dissolution de la logique (Debord) ont fait leur oeuvre, et les lois péniblement acquises depuis des siècles sont considérées comme quantité négligeables. Tout ce que j’ai lu sur le sujet se place dans cette logique a-démocratique qui est celle des initiateurs du vote électronique, et se faisant piéger, n’aboutit à rien. Il faut donc en sortir et revenir au Code électoral souverain.

                  Donc, pour reprendre et faire court : la question de la fiabilité du processeur des machines électroniques est absolument sans importance. Il ne s’agit pas de savoir si le processeur enregistre correctement ou non le vote, mais de savoir, première étape, si l’on peut vérifier si le processeur prend correctement le vote ou pas.

                  La réponse est : non.

                  Donc, si le juge de l’élection ne peut pas procéder à cette vérification, il annule l’élection, peu importe que le vote ait été pris en compte ou non. Ou alors il déclare le Code électoral désormais caduc.

                  Ceux qui critiquent la fiabilité des machines mettent donc totalement à côté de la plaque. Ce n’est pas la technologie qui est en cause, mais le droit souverain de tout citoyen de demander des vérifications.

                  Je rappelle que la vérification des votes et des mandats a été la première chose faite par les Etats-Généraux lors de leur réunion début mai 1789. Les machines à voter nous font régresser de plus de deux siècles, quand bien même encore une fois ces machines seraient fiables.

                  Donc plutôt que de signer des pétitions inutiles à 5 semaines des élections, organisez les moyens de recours massifs dans tous les bureaux de vote électronique (il suffit d’un incident par bureau, ça suffit) et saisissez les 22 avril et 6 mai au soir le juge des élections (Conseil constitutionnel).

                  A votre disposition.

                  J-Ph. Immarigeon


                • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 21 mars 2007 14:27

                  J’ai en ce moment l’esprit de l’escalier...

                  Et la liste d’émargement, ce n’est pas secret, ça, c’est même un document qui est consultable par n’importe qui pendant dix jours après les élections en préfecture. La machine à voter imprime-t-elle le soir des élections une liste d’émargement ?


                • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 21 mars 2007 14:35

                  Je continue...

                  La liste d’émargement est obligatoire et publique. Mais si la machine peut (et doit) indiquer en fin de scrutin qui a voté et qui n’a pas voté, c’est donc qu’elle garde en mémoire la liste des votants. Donc qu’elle garde également en face de chaque votant pour qui il a voté...

                  Donc soit le vote n’est plus secret, soit le processeur efface tout, rigoureusement tout, et il est illégal.

                  A vous de jouer.

                  Immarigeon


                • Guilhem (---.---.91.97) 21 mars 2007 14:56

                  Bonjour, Je suis très intéressé par la manière de faire annuler les votes des bureaux équipés de machines à voter.

                  Vous faites référence à la façon de déclarer un incident puis de demander au juge de vérifier selon la loi (ce dont il sera bien incapable).

                  Pourriez vous nous faire un petit résumé sur la façon de s’y prendre (de l’incident jusqu’à la demande de vérification).

                  Ou nous indiquer ou trouver ce résumé.

                  Avec ce petit mode d’emploi et un petit peu de communication nous pourrions faire annuler la pluspart des résultats des bureaux de vote concernés...

                  Merci d’avance...


                • Chantal (---.---.105.131) 21 mars 2007 18:01

                  Bonjour,

                  merci pour cet intéressant commentaire. Je travaille sur le sujet du vote électronique depuis plusieurs mois en tant que chercheuse en informatique, mais je me suis également penchée sur les aspects légaux.

                  Le problème de la vérification a été « pris en charge » par les fabricants qui affirment qu’il est possible de vérifier les résultats. Ils y sont d’ailleurs obligés car c’est un « des principes à respecter » fixé dans le décret du Ministère de l’Intérieur (page 3). Je cite : « caractère vérifiable : les résultats du vote peuvent être vérifiés après le dépouillement du scrutin ; »

                  Pour être homologuée les machines sont donc obligés de respecter ce principe, voici comment. Pour vérifier les résultats, il suffit de réappuyer sur le bouton qui fait imprimer les résultats... et la machine crache un ticket où sont marqués les mêmes chiffres que sur le premier ticket. Voila, les résultats sont vérifiés et je crains qu’un juge ne considère ce procédé comme suffisant.

                  Il aurait fallu exiger que cette vérification soit indépendante de la machine... mais ce n’est pas le cas.


                • Chantal (---.---.105.131) 21 mars 2007 18:04

                  La liste d’émargment est gérée classiquement par signature sur un vrai registre d’émargement en papier. Les machines ne connaissent donc à aucun moment les identités des électeurs et ne peuvent d’aucune manière relier chaque vote à un électeur (à moins qu’elles ne prennent une photo de chaque électeur au moment de son vote, mais là on est plutôt dans le registre de la paranoïa) smiley


                • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 21 mars 2007 22:16

                  @ Chantal

                  Merci de ce commentaire. J’ai eu exactement le même problème comme avocat dans un litige de caisse enregistreuse de magasin. Lorsque j’ai demandé comme production de pièce une preuve papier du journal de caisse de la journée, on m’a donné l’impression de ce que la puce avait enregistré. Donc aucun élément probatoire. Lorsque j’ai demandé à ce qu’il soit établi que la puce n’avait fait aucune erreur le jour litigieux, on m’a communiqué un audit d’essai du processeur et de la puce comme quoi la caisse n’avait aucun problème. Donc on n’a en aucune façon établi que la puce de la caisse n’avait pas fait d’erreur le jour en litige.

                  L’affaire est actuellement en cassation.

                  Vous dites que le juge de l’élection abdiquera devant la supposée infaillibilté d’un microgramme de silicium fondu quelque part dans une usine-goulag de Guangzhou. Je suis disposé à poser le problème ainsi lors des prochaines élections, et nous verrons bien.


                • Markoff 24 mars 2007 12:50

                  Excusez-moi, mais vous êtes bien un avocat si, à propos de la puce, vous cherchez la petite bête !

                  Faut quand même pas exagérer... smiley


                • toto1701 (---.---.148.147) 21 mars 2007 12:41

                  le candidat de l’ump soutenu par chirac futur temoin assisté( debut juin 2007) dans l’affaire clearstream est l’homme qui a vu les « envahisseurs »et qui propose la creation d’un ministere de l’identité nationale et de l’integrité politique pour débusquer les pervers Réagir à l’article | Réagir au commentaire | Signaler un abus


                  • Fred68 (---.---.64.1) 21 mars 2007 16:24

                    lol, quand t’as copié ton commentaire depuis l’autre article t’aurais du éviter de sélectionner le « Réagir à l’article/... » ca fait tout de suite vachement moins crédbile"


                  • JL (---.---.73.200) 21 mars 2007 13:36

                    « Ce foutu système américain qui permet que le pays soit gouverné par la volonté du peuple est une fort mauvaise affaire pour les riches, puisque, tous ensemble, ils ne représentent quand même que 1% du peuple » (Michael Moore)

                    Mais ils ont les moyens de fournir en machines à voter tous les bureaux de vote du pays, et à un prix très très attractif !

                    Ne peut-on déjà exiger que là où il y aura des machines à voter, l’on soit prévenus suffisamment longtemps à l’avance ?

                    Ceci afin d’orgniser une riposte citoyenne efficace.

                    PS. Les urnes actuelles sont transparentes. Que se passerait-il si un bureau de vote proposait des urnes opaques ?

                    A tout le moins, on peut affirmer qu’une machine n’est pas transaprente, et tous les arguties du monde n’y changeront rien.


                    • JL (---.---.73.200) 22 mars 2007 19:34

                      help ! questions sans réponses. y a quelqu’un ? un juriste ?


                    • (---.---.13.218) 21 mars 2007 13:42

                      C’est gentil, comme Carlo Revelli, de nous pondre tous ces articles... mais Agoravox est un recordmedia du vote électronique !!!


                      • L'enfoiré L’enfoiré 21 mars 2007 13:42

                        @L’auteur,

                        L’encre qui a servi pour écrire le même genre de réflexion n’est pas encore sèche. J’y ai fait un commentaire à contre courant. Pas comme à mon habitude, mais parce que démocratie rime avec contraintes et obligations.

                        Lors des élections, quand il s’agit d’aller voter (nous belge c’est obligatoire) quand on l’obligation de passer son précieux temps pour être de l’autre côté de la table en tant que présidents ou assesseurs de bureau, il n’y a plus personne. Je n’ai d’ailleurs jamais vu un candidat derrière la table non plus.

                        On veut le beurre et l’argent du beurre.

                        Il y a des problèmes potentiels dans le vote électroniques, oui, c’est sûr. N’y en a-t-il pas avec le vote papier ? Il ne faudrait pas d’observateurs étrangers, sinon. A mettre dans la balance donc. smiley


                        • Marie Pierre 21 mars 2007 13:54

                          @ l’Enfoiré,

                          J’ai été très souvent « réquisitionnée » soit pour pour tenir le bureau de vote, soit pour le dépouillement. Nous avons toujours réussi à avoir le nombre de personnes nécessaires. De plus, s’il manque des scrutateurs, les assesseurs peuvent participer au dépouillement, on peut également réquisitionner les personnes présentes au moment de la fermeture du bureau (si elles sont inscrites sur les listes électorales bien sûr). Ensuite, on avait droit à un pot.

                          Et surtout, tout le monde pouvait vérifier la validité des bulletins et du décompte. Remplacer les bulletins papier par des machines, désengage encore plus les citoyens.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 21 mars 2007 15:57

                          @Marie-Pierre,

                          Dis-moi vite quelle commune tu habites ? J’ai été assesseur par deux fois. Je connais. Je peux t’assurer que le matin arrivé sur place c’était l’angoisse de compléter les effectifs manquants. Normalement, on prend, d’après les règles, le premier venu qui a « une bonne tête ». Le problème est tellement bien connu que quand un inscrit exerce son devoir de citoyen, il est sûr de se retrouver à chaque élection. Le sort a de ses surprises... ! Tu n’as pas donné ton avis au sujet de la sécurité du vote papier là où a besoin d’« aide extrérieure ».  smiley


                        • Marie Pierre 21 mars 2007 16:28

                          @ l’Enfoiré,

                          Le garde champêtre faisait sa tournée dans la semaine précédant les élections. Et dans ma nouvelle ville, je laisse mes coordonnées lors du vote, en cas de besoin. Je n’ai pas reçu d’appel.

                          Tu veux l’adresse pour le pot en fin de soirée ?

                          Je n’ai pas compris ce que tu voulais dire par aide extérieure.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 21 mars 2007 21:09

                          Ce que je voulais dire par « aide extérieure » : « Dans pas mal de pays (je ne cite pas), on n’a pas confiance dans le vote papier et on demande des observateurs extérieurs et indépendants. Curieux ou trop sensibles ? Et on ne parle pas d’électronique dans ce cas... Il y a simplement des votes plus »égalitaires" que d’autres smiley


                        • hubert (---.---.145.15) 21 mars 2007 15:32

                          L’ombre de « Big Brother » plane en effet sur ce mode de scrutin électronique. J’ai participé plusieurs fois à des dépouillements traditionnels et j’ai beaucoup apprécié l’implication de citoyens « ordinaires », dont je fais parti, dans ces interventions citoyennes.

                          Pourquoi vouloir casser cette occasion pour beaucoup de participer à la vie démocratique de façon active, tremplin possible vers d’autres vocations comme conseiller municipal par exemple, voir plus si affinités ? Encore une fois il y a matière à suspicion avec ces machines dont les intérêts supposés sont susceptibles de cacher des intérêts obscurs.

                          Plus largement se pose ici la question de la place de l’humain dans nos sociétés dites évoluées. On projette de supprimer les caissières de supermarché pour les remplacer par des caisses automatiques, de créer des portions d’autoroutes ou les voitures seraient « téléguidées », des puces électroniques sous-cutanées sensées nous faciliter la vie sans parler des nanos-sciences qui nous réserveraient des lendemains plus obscurs encore. Mais bien évidemment, sur la plaquette marketing tout celà irait dans le sens du bien-être, du vivre mieux, de l’humanité en marche vers des lendemains qui chantent...Alléluia !

                          Peut-être, cependant avec tous ces robots susceptibles d’échapper à mon contrôle, j’ai malgré moi, et de plus en plus, l’impression d’être regardé par le trou de la serrure.


                          • Sergio (---.---.150.51) 21 mars 2007 15:50

                            Il y a aussi des Fraudes avec des Bulletins papier ! Doit-on pour autant supprimer le Vote ? Laissons les technologies avancer sur des configurations « test » avant de les jetter ... Quelle attitude rétrograde !


                            • LaEr (---.---.126.214) 21 mars 2007 17:59

                              La question : Qu’est ce que le vote électronique amène de plus ?

                              En 3 heure, généralement, le dépouillement est fait dans la plupart de ville.

                              Qu’est-ce que vous voulez ? Avoir le résultat AVANT le vote ? C’est justement la possibilité que laisse le vote électronique...

                              (Pour info, je ne suis pas rétrograde mais consultant en sécurité informatique ;) ).


                            • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 22 mars 2007 01:01

                              A Sergio : non, il n’y a plus de fraudes au vote, on peut bien sûr toujours en faire, mais les derniers cas massifs identifiés étaient des bourrages d’urne dans les municipalités communistes de la « ceinture rouge », lors des dernières municipales de la fin des années 80 (quelques arrêts retentissants du Conseil d’Etat sur Antony, Malakoff, etc..) : en pure perte d’ailleurs. C’est une fraude à la liste électorale qui est aujourd’hui en vigueur (voir mon essai « Autopsie de la fraude électorale » sur l’affaire du 5ème arrondissement de Paris), essentiellement parce que tous les élus, de quelque bord que ce soit, font venir ou laissent sur les listes des citoyens qui n’ont rien à y faire, et refusent d’appliquer le Code électoral qui est « jacobin » : on vote là où on réside, et nulle part ailleurs. Exception et même abus dans l’autre sens : Paris, puisque pour se faire pardonner des années de laxisme précisément de l’époque Tiberi, les commissions radient désormais un peu à tort et à travers.

                              Il ne s’agit pas de refuser la technologie, mais encore une fois de ne pas sacrifier le droit de vote pour un supposé progrès qui n’en est pas un. Connaître le vote une heure plus tôt qu’actuellement, qu’est-ce que cela apporte ?

                              « La civilisation n’est pas quelque chose après lequel on court. » Georges Bernanos


                            • Le Nonce (---.---.231.242) 21 mars 2007 16:16

                              A Sergio : je ne considère plus qu’on en est à la phase de « test » lorsque des machines à voter, subventionnées par le Ministère de l’Intérieur depuis 4 ans, seront utilisées par au moins 1 million d’électeurs sur un corps électoral de 42 millions d’inscrits le 22 avril prochain. La phase de test, c’était lors des précédentes élections. Là, on passe à la phase de généralisation.

                              Et avant de traiter les autres de « rétrogrades », je vous suggère une chose. Le 22 avril, allez voter tôt le matin. Si ça se passe dans votre bureau de vote comme dans le mien (à Paris), les « citoyens » qui tiennent le bureau de vote sont à cette heure à la recherche de volontaires pour procéder au dépouillement, après le scrutin. Ca se passait aussi comme ça dans le bled de 450 habitants où je votais avant.

                              Dans aucun des deux cas, je n’ai jamais constaté un manque de volontaires. Au contraire : le « coco » veut surveiller ce que fait « l’aristo facho », de même que le « prof socialo » veut contrôler le « notaire réac ». En plus, l’ambiance d’un dépouillement, c’est très sympa, autrement plus que de passer la soirée à regarder les c******** que diffuse la télé lors des soirées électorales.

                              Bref, une fois au moins, participez à un dépouillement « papier ».

                              Vous verrez alors comment ça se passe actuellement, et vous pourrez vous faire votre idée sur l’impérieuse nécessité :
                              - de remplacer un système certes pas infaillible, mais contrôlé de bout en bout par des électeurs bénévoles et qui permet la contestation et le recomptage,
                              - par un système fourni par des prestataires privés payants fournissant du matériel opaque, pas infaillible, et qui rend le recomptage impossible. Sans parler de l’anonymat du vote, qui me semble impossible à garantir par ce genre de trucs.

                              Comme le demande Philippe Immarigeon, « tout ça pour gagner trois heures » ? Ca fait cher de l’heure, selon moi, tant en termes de principes que de coût...

                              Le Nonce


                              • simplet simplet 21 mars 2007 17:17

                                bon tôt ou tard ils vont le trouver le moyen de le faire élire le représentant du MEDEF... si ce n’est pas par les urnes, celà se fera au travers d’un microship Sagem hyper sympa qui ne se vautre jaââmais comme le riz Oncle Benz Benz Benz...

                                Ce qui rassure c’est de savoir que c’est le ministère de l’interieur qui sponsorise ces bécanes... pouaahhhhh

                                merci à Jean Philippe Immarigeon pour ces conseils pour flinguer le sale bébé dans l’oeuf !!!


                                • Nicolas (---.---.73.2) 21 mars 2007 18:00

                                  Une proposition pas forcément liée à la question spécifique du vote électronique : LaConstituante.org (Mme Royal renonce à l’assemblée constituante mais nous on continue) organise une conférence-débat sur le thème du vote (pourquoi autant d’abstentions ces dernières années ? faut-il sanctionner les personnes qui ne votent pas ? ne faudrait-il pas changer de mode de scrutin ?). Plus d’infos sur LaConstituante.org.


                                  • Internaute (---.---.124.3) 27 mars 2007 08:29

                                    Il faudrait plutôt sanctionner les députés car c’est à cause d’eux que beaucoup de gens n’ont plus envie de voter.


                                  • Jean (---.---.73.21) 21 mars 2007 18:03

                                    Il est inimaginable que ce droit centenaires d’etre a la fois électeur et témoin de l’élection nous soit ainsi retiré.

                                    Une élection c’est un moment privilégié, un moment ou nous le peuple parlons directement avec nos représentants. Dans beaucoup de ville est village ce moment démocratique est un pilier de notre démocratie, puisque tour à tour nous sommes électeurs et également témoin du scrutin si cela nous fait envie. Et même si nous ne participons pas au dépouillement directement nous savons que ce sont d’autres citoyens comme nous qui vérifieront la légitimité du vote.

                                    Or avec une machine électronique ce droit nous est retiré, nous n’avons plus la compétence de la vérification, une fois plus les experts jugeront pour nous, et c’est encore une petite parcelle du droit démocratique qui nous échappes, c’est donc une bien mauvaise nouvelle.

                                    Une fois de plus il va falloir raler au prêt des partis et des élus pour pouvoir garder un droit de regard qui me semble pourtant aller de soi...

                                    Si je vois une machine électronique a mon bureau de vote ils vont m’entendre...esclandre garantie !

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