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Daniel Cordier, ni juge ni flic

« Ma génération est la dernière de l’histoire de France. Après, ce sera l’histoire de l’Europe… » (27 mai 2013).



Le vieillard qui fête ce lundi 10 août 2015 ses 95 ans n’est pas un inconnu mais un héros de la Résistance. Daniel Cordier, connu surtout pour avoir été le secrétaire de Jean Moulin, représentant de De Gaulle en France, semble avoir gardé toute son énergie de témoigner, dans son élégance coutumière, sur l’histoire de la Résistance. Avoir 19 ans en juin 1940 (à peu près comme Jean Lacouture ou Edgar Morin), c’était se retrouver dans un espace-temps exceptionnel où il fallait prendre des décisions, peut-être par défaut qui allaient inéluctablement déterminer, mouler tout le reste de l’existence : ne rien faire, collaborer, résister.

Gaulliste pendant la guerre, il le trouvait réactionnaire après la guerre et se sentait beaucoup plus proche d’une personnalité comme Pierre Mendès France. Comme beaucoup de ses compagnons d’armes, Daniel Cordier aurait pu avoir une prestigieuse carrière politique, sous la IVe République, puis sous la Ve République.

Pourtant, c’est tout le contraire qu’il s’est passé. À la Libération, il a quitté définitivement ce milieu d’anciens combattants et d’anciens résistants, a lâché l’engagement politique pour l’art contemporain, et il est devenu marchand d’arts (réputé). D’abord, pendant une dizaine d’années, il a peint et collectionné des toiles, puis il a tenu une galerie (de novembre 1956 à juin 1964) d’où beaucoup de peintres furent "lancés" et comme cette activité était déficitaire, il s’est reconverti en organisateur d’expositions. C’est Jean Moulin qui lui avait donné le goût de l’art contemporain. Ses collections personnelles sont actuellement en cours de donation au Centre Pompidou à Paris.


Maurrassien

La famille de Daniel Cordier était assez diversifiée : « De mon grand-père bonapartiste, je reçus le culte de Napoléon ; de ma grand-mère américaine, la tentation d’une anarchie esthétique ; de mon père, la tolérance et les voluptés de la musique classique ; de ma mère, les sortilèges de l’élégance. » ("Alias Caracalla", p.12).

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L’engagement politique, le jeune garçon Daniel Cordier le connaissait très bien. Il était maurrassien, farouchement nationaliste, membre de l’Action française à 17 ans, créant même le Cercle Charles-Maurras le 1er mai 1936 à Bordeaux où il est né, et parce qu’il vouait à Charles Maurras une admiration sans limite, il était naturellement monarchiste, antisémite et anticommuniste.


Résistant

Toutefois, le 17 juin 1940, il a eu un déclic particulier. Philippe Pétain venait de prendre la direction du gouvernement et Daniel Cordier pensait que l’ancien vainqueur de Verdun allait poursuivre la lutte contre les Allemands. Pourtant, lorsqu’il a entendu à la radio la première allocution du maréchal (« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. »), il a compris qu’il ne pouvait plus compter sur Pétain. Pire, son mentor, Charles Maurras, était lui aussi pour l’armistice et se satisfaisait allègrement de l’Occupation allemande qui paraissait aider ses idées d’extrême droite. Pourtant, où donc pourrait se nicher le nationalisme français en acceptant la défaite et l’Occupation par les Allemands ? Retournement. Par patriotisme.

Pour Daniel Cordier, l’armistice était un "crime" contre la souveraineté nationale : « La France paie encore cette trahison. Elle supporte les conséquences de ce qu’elle était à ce moment-là : la guerre de 1914-1918 marque la fin de l’histoire de la France comme une grande nation. » ("Le Nouvel Obs" du 27 mai 2013). Ce qui lui a fait écrire : « La France du général De Gaulle était le rêve d’un géant pour un peuple de nains qui n’aspirait plus qu’à la paix ! » pour expliquer : « C’est ce que nous pensions. Le refus de se battre, l’abandon, puis la compromission avec l’occupant ont fait perdre définitivement à la France son rang de grande nation. Avec Vichy, elle est devenue un petit pays, même si De Gaulle a tout fait pour faire croire le contraire. » (27 mai 2013).


Au service de De Gaulle

Le 21 juin 1940, sans demander l’avis de personne et en rassemblant une quinzaine de volontaires, il embarqua à Bayonne dans un cargo belge, le "Léopold II" qui devait les amenait en Afrique du Nord d’où ils pensaient reprendre les combats mais qui se détourna en fin de compte vers Londres. Ce fut donc parmi les premières Forces françaises libres que Daniel Cordier se retrouva le 28 juin 1940 à Londres, auprès du Général De Gaulle : « Le 14 juillet 1940, pour présenter les armes au général De Gaulle, il y a avait 650 collégiens, 750 marins, et, heureusement, 900 légionnaires qui s’étaient battus en Norvège ! Pourquoi n’étions-nous pas plus nombreux ? Je n’ai pas de réponse à cela. Tous les jeunes auraient dû quitter la France à ce moment-là. (…) Personnellement, je m’en tiens autour de 300 000 [résistants] sur 40 millions de Français. Du 18 juin 1940 à la Libération, c’est peu en quatre ans… » (27 mai 2013).

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Daniel Cordier a décrit précisément, dans ses mémoires ("Alias Caracalla, mémoires 1940-1943", éd. Gallimard) publiées le 15 mai 2009, ses journées particulières auprès de De Gaulle. Prix littéraire de la Résistance et Prix Renaudot Essai, cet excellent ouvrage, bien écrit et rigoureux dans ses affirmations, est un témoignage plutôt humble et authentique d’un homme qui avait "mal" commencé (dans le nationalisme et l’antisémitisme) et qui a su quitter rapidement l’influence de celui qu’il considérait comme son maître à penser (Maurras) lorsque ce dernier se plaçait dans des positions qui lui étaient opposées (et incohérentes du point de vue nationaliste).


Au service de Jean Moulin

Après deux ans de formation militaire à Londres, Daniel Cordier fut envoyé par De Gaulle en France à sa demande d’en découdre. Parachuté le 26 juillet 1942 dans la région de Montluçon, sous les pseudonymes d’Alain à Lyon et Michel à Paris, il devait être le radio de Georges Bidault mais finalement fut, à partir du 1er août 1942, à la tête du secrétariat de Jean Moulin à Lyon puis à Paris jusqu’au 21 mars 1944 (auprès aussi du successeur de Jean Moulin après son arrestation le 21 juin 1943, sa torture et son exécution le 8 juillet 1943), notamment pour aider à la création du Conseil national de la Résistance le 27 mai 1943 qui s’est réuni pour la première fois le 15 juin 1943.

Il va donc sans dire que pendant ces années, Daniel Cordier avait une connaissance extrêmement pointue de toutes les activités de Jean Moulin et ce fut aussi humainement que Daniel Cordier a pu comprendre un peu plus le monde : les arts contemporains, mais aussi la politique. Daniel Cordier, au contact du radicalisme de Jean Moulin, avait ainsi évolué petit à petit vers les valeurs républicaines et vers un socialisme modéré mais sans beaucoup de conséquence puisqu’il a refusé toute activité politique après la guerre.


Retour à sa jeunesse à 57 ans

Après une telle école de la vie, à 25 ans, Daniel Cordier semblait vouloir tourner la page. Ce ne fut que le 11 octobre 1977, soit plus de trente années plus tard, qu’il a ressenti le besoin de reprendre pied dans sa propre histoire. Il était l’un des invités de l’émission "Les Dossiers de l’écran" sur Antenne 2 pour commenter le premier téléfilm sur Jean Moulin ("Jean Moulin" réalisé par Henri Calef), aux côtés notamment de Raymond Aubrac, du colonel Passy et Henri Frenay qu’il revoyait pour la première fois depuis trente ans : « L’atmosphère était lourde et pas franchement cordiale. Des décennies plus tard, on retrouvait les mêmes divisions de la guerre, qui n’étaient pas digérées. J’ai contesté certains propos et on m’a renvoyé au fait que je n’étais qu’un second couteau, un secrétaire, celui de Jean Moulin. (…) Je ne voulais pas qu’on mente sur la vie de mon ancien patron. Je devais remplacer mon témoignage par des documents afin de transformer mes souvenirs en Histoire. » (27 mai 2013).

À l’origine, les nombreuses polémiques qui remettaient en cause Jean Moulin, l’accusaient d’être un espion soviétique (jusqu’à sa supposée homosexualité que Daniel Cordier a démentie formellement en le décrivant au contraire comme un grand séducteur de femmes, plein de santé : « le genre d’homme qui font l’amour quatre, cinq, six fois par jour avec des femmes différentes »). Des polémiques suscitées surtout par Henri Frenay (1905-1988), fondateur dès août 1940 du premier réseau de résistance devenu par la suite le mouvement Combat et qui aurait voulu fédérer toute la Résistance intérieure.


Trente-cinq ans d’expérience d’historien …sur le tas

Daniel Cordier a alors décidé de se replonger sur sa période de Résistance. Pas seulement comme un témoin, mais aussi comme un chercheur, un historien, refusant d’affirmer des faits sans les vérifier, sans vérifier les dates précises, etc. Cela a donné au bout d’une douzaine d’années sa monumentale biographie sur Jean Moulin "Jean Moulin. L’Inconnu du Panthéon" (éd. Jean-Claude Lattès) en trois volumes, publiés de novembre 1989 à juin 1993 qui fait désormais référence. Cordier, le résistant, Cordier l’amateur d’art est devenu Cordier l’historien salué par la plupart des historiens.

Au début, beaucoup de résistants avaient contesté cette version des faits qui faisait tomber le masque de la légende d’une Résistance unitaire et consensuelle. Daniel Cordier a décrit en effet des rivalités politiques ou personnelles assez rudes au sein de la Résistance : rivalité entre Jean Moulin et Pierre Brossolette (transféré cette année au Panthéon avec Jean Zay, Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-De Gaulle), désaccords entre Henri Frenay et De Gaulle. Henri Frenay aurait sans doute eu toutes les capacités de poursuivre une grande carrière politique s’il n’y avait pas eu ces dissensions à l’époque.

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Plus que dissensions : Henri Frenay voulait que la République se construisît, après la Libération, uniquement à partir des mouvements de la Résistance et d’hommes nouveaux tandis que De Gaulle, au contraire, voulait aussi restaurer l’autorité des partis d’avant-guerre, qui s’étaient considérablement discrédités à cause de la défaite, ce qui pouvait laisser entendre qu’il encourageait entre autres les communistes. Henri Frenay était de la gauche modérée anticommuniste (et futur grand européen) et soupçonnait Jean Moulin de favoriser les réseaux communistes alors que l’idée de De Gaulle était d’éviter toute confusion entre la lutte contre l’occupant (qui devait regrouper toutes les tendances politiques) et les luttes purement politiques, le pouvoir politique restant de son ressort à Londres puis à Alger. Avec un rapport de Pierre Brossolette, Daniel Cordier a pu ainsi prouver que Jean Moulin, au contraire, était fondamentalement opposé à la participation au CNR du Front national (pas celui de la famille Le Pen) qui était l’émanation du PCF.

Le travail d’orfèvre de l’histoire de Daniel Cordier se basait surtout sur des documents et des archives personnelles plus que sur des souvenirs personnels (toujours sujets à caution après plusieurs décennies) ou de témoignages oraux sans base très solide. Il pensait toujours à ceux qui étaient tombés : « Ce soir, en évoquant pour vous cette période lointaine, les ombres des mots sont à nouveau parmi nous. Ce sont nos camarades, qui auraient sans doute de la difficulté à reconnaître en nous les jeunes hommes qui ont partagé leurs espoirs et leur peine, mais que le temps, cruellement, a transformés. Eux, dans leur éternité, sont intacts dans nos cœurs et dans notre mémoire. Ces jeune gens et ces jeunes femmes, dont beaucoup étaient encore des adolescents, sillonnaient la France dans une immense et mortelle partie de cache-cache avec la police et la Gestapo. » (Colloque du 9 juin 1983).

Lors de ce colloque organisé le 9 juin 1983 par l’IHTP (Institut d’histoire du temps présent, laboratoire du CNRS), Daniel Corder rappela, preuves à l’appui, à l’ancien ministre socialiste Christian Pineau (1904-1995), fondateur du mouvement Libération Nord en octobre 1940 et proche de Daniel Mayer, que ce dernier fut le premier en fin 1942 à avoir eu l’idée du projet d’un Conseil national de la Résistance. Il l’avait oublié alors que c’était plutôt flatteur. Christian Pineau fut l’un des signataires français du Traité de Rome avec Maurice Faure et parmi les possibles futurs Présidens du Conseil s'il n'y avait pas eu le retour De Gaulle en 1958.


Un futur séisme…

Pour l’instant, les archives sur la période ne sont pas consultables. Lorsque le dernier témoin de la Résistance mourra, Daniel Cordier pense que « ce sera un vrai séisme que l’on n’imagine pas ». Et de parler des archives de la Gestapo de l’avenue Foch protégées dans un abri antiaérien au Fort de Vincennes, ou des paquets ficelés qui contiennent des lettres de dénonciation dans la cave des archives départementales de Chartres : « Heureusement que les acteurs seront tous morts… ».

L’ouverture de toutes les archives, françaises mais aussi étrangères (américaines, britanniques, allemandes, russes, etc.) devrait avoir lieu en 2050.


L’amour de Gide

Parmi les ouvrages que Daniel Cordier a écrits, le dernier en date est sorti le 5 mai 2014, "Les Feux de Saint-Elme" (éd. Gallimard), et concerne son autobiographie avant son engagement dans la Résistance, le collégien à l’internat dans une école catholique qui découvrit avec fascination les lectures d’André Gide (c’est à partir de cet âge-là qu’il se mit à rédiger un journal personnel qui fut d’une précieuse aide dans la reconstitution de la chronologie).

Lorsqu’il a embarqué pour Londres, il avait emporté deux livres, un de Maurras que l’auteur lui avait personnellement dédicacé, "Mes Idées politiques", qu’il renia définitivement, et le " Journal" d’André Gide : « Si Maurras était le maître à penser de ma famille, Gide y incarnait le mal. (…) Mon admiration pour Gide fut sans bornes. À la différence de Maurras, il était mon secret. En lui, je reconnaissais mes aspirations inavouées : les séductions d’un amoralisme d’esthète, l’assouvissement de passions secrètes et contradictoires. Influences d’autant plus fortes que son programme libertaire était transfiguré par une écriture voluptueuse que je mettais au pinacle. Gide, protestant hédoniste, cultivait ses contradictions et prônait l’individualisme anarchique combattu par Maurras. Je n’éprouvais nul déchirement à ce paradoxe. Au contraire, chacun de ces principes exaltait une tendance extrême de mon caractère : passion de l’autorité et ivresse de la volupté. » ("Alias Caracalla", p.17).

Daniel Cordier a expliqué comment il avait découvert Gide : « Mon père a confondu les titres. Alors que je lisais "L’Évangéliste" d’Alphonse Daudet, il a entendu "L’Immoraliste" de Gide. En voyant sa réaction scandalisée, je n’ai eu de cesse de me procurer ce livre maudit. ». Il avait lu au même âge Céline qui l’avait lui aussi marqué : « Lire la masturbation, le plaisir, c’est à la fois le chaos, la découverte, l’aventure, l’ouverture du monde par le sexe, un sexe solitaire bien entendu. ».


Un héros modeste mais à la mémoire longue

Ses mémoires sur sa période de la Résistance ont été adaptées dans le téléfilm "Alias Caracalla" réalisé par Alain Tasma et diffusé sur France 3 les 25 et 26 mai 2013 qui évoque entre autres sa première rencontre avec Stéphane Hessel (1917-2013) en 1941 près de Londres. Auparavant, France 5 avait diffusé le 30 mai 2010 un documentaire sur sa trajectoire ("Daniel Cordier, la Résistance comme un roman" par Régis Debray et Bernard George). France Culture lui a aussi consacré une longue émission de six heures et demi "La nuit rêvée de Daniel Cordier" (produite par Philippe Garbit et réalisée par Virginie Mourthé) diffusée le samedi 7 juillet 2013 ainsi qu’une longue interview dans la matinale de France Culture, un peu avant, le 8 mai 2013.

Daniel Cordier, l’un des derniers témoins de la Grande Histoire, est bien l’honneur des Français, dans sa modestie, dans sa persévérance, dans son authenticité, et finalement aussi, dans son dynamisme à continuer à témoigner à un âge aussi avancé.

« Je suis un homme de liberté et je crois toujours qu’il est nécessaire de mourir pour la liberté. Sinon, je ne me serais pas engagé. C’est au nom de cette liberté que je n’ai jamais été communiste. Je ne suis pas un intellectuel, mais c’est mon espérance. Résister aujourd’hui, c’est rester libre ! » (Daniel Cordier, 27 mai 2013).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 août 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les valeurs républicaines.
André Gide.
De Gaulle.
Pétain.
Céline.
Jean Zay.
Germaine Tillion.
Daniel Mayer.
Charles Péguy.
Stéphane Hessel.
Jean Lacouture.
Edgar Morin.

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3 réactions à cet article    


  • armand 10 août 2015 11:07

    tu salis tout ce que tu touches


    • Ben Schott 10 août 2015 12:50

       
      « Résister aujourd’hui, c’est rester libre ! »
       
      Voilà. En conséquence de quoi, il faut plus d’Europe, plus de TAFTA et plus d’Otan.
       


      • César Castique César Castique 10 août 2015 12:56

        « « Ma génération est la dernière de l’histoire de France. Après, ce sera l’histoire de l’Europe… » (27 mai 2013). »


        C’est aussi stupide que du Victor Hugo, et ça se retrouvera dans les bêtisiers du XXIIe siècle. 

        Si ce ne sera pas l’histoire de l’Europe, c’est pour la raison toute simple qu’il n’y a è pas et qu’il n’y aura pas de peuple européen. mais des peuples européens n’ayant pas grand-chose en commun identitairement parlant. 

        D’où le rejet presque unanime, au niveau des peuples, et de quelques gouvernements, du Boche arrogant et dominateur. La peur d’une troisième guerre civile européenne ne suffira pas à lui permettre d’asseoir son hégémonisme génétique.

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