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Dei delitti e delle pene

Par Charalambos Petinos

J’ai ouvert un journal ce matin du 18 mars et la première chose qui m’a interpellé fut un article sur la désaffection des citoyens pour les élections à venir – les municipales et les européennes.

J’ai ouvert le journal ce matin du 19 mars et la première chose qui m’a interpellé fut un article sur la sanction que les citoyens allaient infliger aux politiques pour les élections à venir – les municipales et les européennes.

Si la méfiance et le désintérêt sont aussi virulents, c’est qu’il doit y avoir des causes bien réelles qui conduisent à ce comportement. Faut-il se poser la question de la capacité de la démocratie occidentale à se renouveler ou doit-on voir là-dessous une crise du système politique actuel ? Et si crise il y a, elle est due à quoi ?

De l’Alaska à l’Oural, la démocratie est en crise. Mais est-ce le régime lui-même ou est-ce les hommes qui sont en cause ?

A force d’abus de pouvoir et de la pratique des passe-droits de nos politiques, les citoyens ne s’y retrouvent plus. Le pluripartisme est devenu bipartisme dans l’espace dont je parlais plus haut ; les différences idéologiques et politiques dans ce bipartisme mou se sont traduites par la création d’une caste - voire une classe politique - privilégiée aux yeux des citoyens, qui s’en détournent de plus en plus.

Cette classe privilégiée donne l’impression – à juste titre – de ne s’occuper que d’elle-même, de ses avantages et privilèges, sans se soucier le moins du monde des citoyens qui l’élisent aux différents postes de responsabilité.

 

Bourdieu reviens, ils sont devenus fous !

De plus en plus elle donne l’impression de ne pas se soucier des citoyens, je dirais même qu’elle n’en aurait pas besoin : les modes de scrutin laissent peu de place aux abstentionnistes, et encore moins aux votes blancs ; que l’on décide de voter ou pas, il y aura toujours des élus.

Si à un moment historique donné la démocratie bourgeoise s’est imposée comme le système - sinon idéale du moins le mieux possible dans les circonstances données – balayant du même coup despotismes et monarchies, cela n’est plus le cas, car un autre despotisme s’est développé à travers la domination de la classe politique se reproduisant à l’infini, aussi bien physiquement que dans la hiérarchie.

Revenons sur quelques notions de base sur les réflexions de Montesquieu : la confusion des pouvoirs et des intérêts, la concentration de ces pouvoirs et l’absence du droit. En effet, la classe politique actuelle (pratiquement dans son ensemble), de droite ou de gauche, donne l’impression de confondre le bien commun avec le bien propre, en ce qui concerne les charges, les postes de prestige, etc. Dès qu’une personne de ce microcosme a perdu une élection ou un portefeuille, une solution de remplacement est trouvée immédiatement. Le citoyen lambda n’a qu’à bien se tenir et à ne pas protester. Les exemples sont légion. Néanmoins, aucun ne sera cité en particulier car les lois sont faites de telle manière qu’elles peuvent être interprétées comme on veut, pourvue que l’on y mette le prix !

La collusion avec le grand capital est encore plus flagrante : les pantouflages et les délits d’initiés – et pas seulement au niveau de la Bourse – sont omniprésents… Les abus de pouvoir également. Et pour revenir à Montesquieu, « …c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites … pour que l’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir », disait-il dans De l’esprit des lois.

L’idéologie dominante, le capitalisme, totalement décomplexé depuis la chute du bloc soviétique (sans que je veuille dire que ce régime était parfait) est devenu de nouveau l’épicentre de toute activité sociale. Le capitalisme - reconnaissons lui au moins cette capacité - a su à travers les âges absorber et digérer les différents mouvements progressistes. Ce fut le cas pour le multipartisme, pour le syndicalisme …

C’est pourquoi, pensons-nous, nous devons appliquer la théorie de la révolution permanente développée dans le contexte communiste par Léon Trotsky à la situation politique actuelle.

Trotsky parlait de la révolution permanente par opposition à la révolution par étapes prônée par Staline et ses partisans. Ici, nous parlons de la méthode qui pourrait conduire à une amélioration certaine des conditions sociales et des rapports avec le pouvoir et l’oligarchie qui la domine et qui se reproduit en permanence, soit par des liens familiaux, soit par cooptation.

Il n’y a pas d’autre solution que la vraie prise du pouvoir par les citoyens. Néanmoins, cette prise de pouvoir nécessite forcément au moins la prise de conscience effective par les citoyens et la mise en œuvre de celle-ci. Nous sommes conscients qu’il est difficile d’arriver à une prise de conscience collective et surtout d’agir collectivement sur ces questions, dans la mesure où nous sommes abreuvés en continu par la sous-culture de la télé-réalité bon marché et que nous subissons les méfaits de la déliquescence de l’enseignement.

Il est néanmoins nécessaire que le citoyen prenne son sort en main et réclame ce qui lui est dû, individuellement et collectivement. Trotsky dit : « la société ne fait que changer sans cesse de peau. Chaque phase de reconstruction découle directement de la précédente. Les événements qui se déroulent gardent par nécessité un caractère politique, parce qu'ils prennent la forme de chocs entre les différents groupements de la société en transformation. Les explosions de la guerre civile et des guerres extérieures alternent avec les périodes de réformes « pacifiques. » Les bouleversements dans l'économie, la technique, la science, la famille, les mœurs et les coutumes forment, en s'accomplissant, des combinaisons et des rapports réciproques tellement complexes que la société ne peut pas arriver à un état d'équilibre. En cela se révèle le caractère permanent de la révolution socialiste elle-même. Une révolution dont chaque étape est contenue en germe dans l'étape précédente, une révolution qui ne finit qu'avec la liquidation totale de la société de classe. » (Trotsky, La Révolution Permanente). Ce principe peut constituer la base de l’action humaine, dans une structure sociale humaine et humaniste… L’autre aspect de la révolution permanente selon Trotsky, c’est-à-dire le caractère nécessairement international de la révolution constitue une utopie parfaite, au regard de la structure sociale et étatique actuelles. Il n’empêche, le citoyen doit veuillez dans un premier temps à l’application de l’Etat de droit tel que nous le connaissons ; égalité qui doit être valable pour tous les citoyens de la même manière et non pas détournée au profit d’une minorité. Montesquieu disait encore dans De l'esprit des lois  : « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir. » Ce que l’on appelle communément et souvent péjorativement (du point de vue de la force politique) la société civile peut se transformer en la puissance de demain dans nos sociétés…


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4 réactions à cet article    


  • Antoine Diederick 20 mars 2014 15:00

    "Ce que l’on appelle communément et souvent péjorativement (du point de vue de la force politique) la société civile peut se transformer en la puissance de demain dans nos sociétés…"

    Oui, c’est très probable.


    • Antoine Diederick 20 mars 2014 15:02

      "C’est pourquoi, pensons-nous, nous devons appliquer la théorie de la révolution permanente développée dans le contexte communiste par Léon Trotsky à la situation politique actuelle."

      cela c’est dépassé.


      • vesjem vesjem 20 mars 2014 21:44

        @l’auteur
        1) rendre les élections à la proportionnelle (ne me chante pas le bla-bla de la 4ième république , tu constates l’état de délabrement du monde politique actuel , sous la 5ième)
        2) rendre les votes de l’assemblée à bulletin secret (pour neutraliser les lobbies)
        3) suppression du sénat
        4) réduire le nombre de députés à # 300
        5) réduire drastiquement le nombre de conseillers (ils sont des milliers)
        6) réduire drastiquement le nombre de députés européens et les rendre opérationnels (en lieu et place de la commission)
        7) constituer un gouvernement européen restreint aux affaires essentielles (armée , diplomatie , justice , finance ) , ceci si l’europe perdure
        voilà quelques pistes simples aptes à assainir le système  


        • stetienne stetienne 21 mars 2014 14:22

          pourquoi s’intéresse aux élections ils n ecoutent pas de toute facons
          chez moi ils ont mis bus ultrabruyant qui me pourrissent sommeil mais a la mairie ils s’en tapent reponde même plus au courrier
          idem degradation reguliere ( graffitis bouteilles jeter) ils s’en foutent complétement juste compte leur petit ego et casser leur petit copain
          ils font juste un discours on va manger ( a quelle heure on va manger qu est ce qu il y aura comme entrée comme dessert qui payera la note fera la vaisselle ) ca bien sur aucune réponse
          bref ils ne proposent rien d’intéressant et de concret et apres ils veulent qu on vote
          faut pas rever soit je reste coucher soit je vote fn histoire de les emmerder smiley

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