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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Démocratie en péril !

Démocratie en péril !

Si la démocratie des riches est en péril, la démocratie du peuple, elle, est en devenir. Il n’y a pas qu’en Égypte, en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Bahreïn et au Yémen que la démocratie populaire soit réprimée par les balles : dans tous les pays occidentaux, la démocratie du peuple est galvaudée sous les balles en sucre du despotisme et du népotisme.

Un journaliste dubitatif s’interroge : « Le système de « représentation démocratique » par l'élection à intervalles réguliers est-il devenu une astuce commode permettant à une oligarchie politico-économique, tout en augmentant son pouvoir et sa richesse, de mener le bon peuple par le bout du nez ? » (1).

Il lui faudra deux milles mots, au « bobo », pour nous embrouiller et pour effacer cette évidence de notre pensée. Pour ma part, je l’aurais formulée ainsi : une classe de riches oligarques qui stipendie une coterie politique complice ne serait-elle pas en train de nous mener par le bout du nez ? Mais si ; évidemment ! (Ma plume est un peu assassine pour ces gens que je n’aime pas trop…, par certains côtés, j’imagine que je fais moi aussi partie du lot… des bobos. » (2). 

Ce reporter traîne dans les médias depuis quelques décades déjà et il vient tout juste de comprendre (non, excusez-moi, de s’interroger sur) le sens et le pouvoir réel de ce fameux bulletin de vote que les clercs à la solde des milliardaires proposent comme objectif ultime de toute « révolution », que celle-ci soit arabe, birmane, ivoirienne, iranienne, libanaise, afghane ou haïtienne, j’ai nommé la « démocratie parlementaire avec alternance » : vous savez, bonnet blanc ou blanc bonnet… ?

Lui et ses semblables veulent nous faire croire que tous les peuples du monde sont à la recherche de ce « Graal », ce fameux bulletin de vote, à intervalles irréguliers ou réguliers (les Américains votent tous les six mois, et ce sont les plus dégoûtés de cette démocratie des riches : 50 % de votants, seulement, voire parfois moins) afin d’accomplir leur devoir citoyen, l’âme en paix et le ventre creux, debout devant l’usine délocalisée ou face aux champs dévastés, quand il n’ont pas été minés après les bombardements du défenseur de tous les bulletins de vote de l’humanité, le grand Obama Premier et ses armées de l’Otan meurtrier.

Cette réaction de révolte passive de larges couches de la population qui ne participent plus au processus électoral bidon inquiète le nouveau clergé séculier des éditorialistes, journalistes et autres analystes, qui y détectent une première phase de résistance susceptible, s’ils n’y prennent garde, de se métamorphoser en quelque chose de plus actif et de plus dangereux pour le système, à l’exemple de ces pays arabes qui ne décolèrent pas, mais pas pour le droit de voter, quant à eux. Non : pour celui de décider et pour celui de travailler et de manger.

Qui a donc osé commettre ce « détournement » de démocratie, demande le chroniqueur à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession ? Les lobbies, répond la chercheuse écologiste : « tous les exemples récents, au Québec — dossiers de la construction, nomination des juges, gaz de schiste, amiante ou pétrole à Anticosti — témoignent de la puissance des lobbies sur la sphère publique ».

Comme si cet agiotage des riches n’était pas inscrit dans les gènes (les urnes) de l’enfant « démocratique », mais constituait plutôt un « glissement » de son historicité avilie : « Le glissement est général, ajoute-t-elle en en donnant pour exemple la réduction de l'impôt sur les sociétés, qui coïncide avec l'augmentation des inégalités financières et sociales, ainsi qu’avec l'augmentation des risques pour la santé publique et l'environnement » (3).

Étrange ? Comment se fait-il donc que nous soyons si nombreux à avoir subodoré ce « glissement  » et que plus de quarante pourcent (40 %) des détenteurs du privilège de déposer leur arme-bulletin dans l’urne contrôlée par les faiseurs de « démocratie » patentés se désintéressent totalement de ce soi-disant « privilège » ? Comment se fait-il que nous soyons si nombreux à répudier ce pseudo- droit magique ? Pourquoi cette désaffection populaire pour un instrument aussi puissant que le bulletin de vote (à ce point, l’on peut rire…) (4) ?

Lors d’une assemblée de protestation contre les dégrèvements fiscaux accordés aux milliardaires, aux banquiers et aux industriels, un péquenot à l’air débonnaire soulignait qu’une élection était le plus mauvais moment de la saison des joutes électorales pour soulever une question sérieuse concernant l’iniquité des charges fiscales imposées à la « classe moyenne » et aux travailleurs !

En période de mascarade électorale, l’objectif des vendeurs d’illusions est de se demander jusqu’où ils peuvent mentir sans s’aliéner l’électorat : « Certains politologues en sont venus à écrire qu'un bon politicien, c'est quelqu'un qui se demande jusqu'où il peut aller entre les élections au profit de ses bailleurs de fonds sans risquer d'être défait au prochain test électoral » (5).

Machiavélique, le pamphlétaire a parfois de ces éclairs de lucidité dont il se défend cependant en les répudiant aussitôt (vous ne souhaiteriez tout de même pas qu’il perde son emploi !) Observez comment ce prestidigitateur retombe sur ses pieds : « Pour Marcel Gauchet, dans son oeuvre colossale La Démocratie d'une crise à l'autre (éditions Cécile Defaut, 2007), la « démocratie représentative » est historiquement victime de son succès contre les régimes totalitaires » (6).

Selon ce mécène, si la démocratie bourgeoise échoue, c’est tout simplement parce qu’elle a trop bien réussi ! Vous y comprenez quelque chose, vous ? Il n’y a que les intellectuels pour ainsi divaguer. C’est de votre faute, si les politiciens vous méprisent, nous susurre-t-il. C’est l’individualisme et la « méritocratie » qui sont coupables des exactions et des fourberies, jamais la classe des « méritants », nous dit-il, non plus que la structure même du pouvoir pseudo-démocratique érigée par le « clan des lucides ».

Que de contorsions, pour approximer la vérité afin d’éviter de la dénoncer. S’il n’y prend pas garde, il finira par tout dévoiler, le reporter… Il lui faut donc effectuer une nouvelle pirouette et, pour cela, quoi de mieux qu’une sommité politicologue universitaire ? Vous avez peut-être pensé à Jean-François Lisée, à BHL ou à Alain Finkielkraut ? Que nenni : vous vous trompez ; le voici dans toute sa démagogie, l’Éric Montpetit, directeur du Département des sciences politiques à l'Université de Montréal. Ecoutons-le (ou, plutôt, lisons-le) : « Les choses ne se passent pas si mal. On déléguerait trop aux experts, qui ne sont pas plus neutres que n'importe qui ». « La solution », dit-il, « passe par des débats publics ouverts, lesquels sont malheureusement perçus dans la société comme des facteurs de chicane et de division. » (7). 

Voilà, ne renversez surtout pas le système social, comme ces utopistes égyptiens, ces Tunisiens et tous ces Arabes qui s’emportent pour rien ! Débattez-en ! Vous en discutez déjà, me direz-vous ? Alors : manifestez ! Vous refusez de voter ? Alors : marchez ! Vous hurlez et aucun politicien ne vient, aucun milliardaire ne prend le soin de vous écouter ? Alors, débattez entre vous, toujours en pure perte, mais encore plus ardemment…Il en restera bien quelque chose, de vos rugissements lancés au vent glacé de février, car, voyez-vous, ils ne souhaitent pas vous entendre, ceux qui ont forgé ce système « démocratique » qui garantit leurs profits.

La démocratie parlementaire, avec son alternance, est le premier choix de la bourgeoisie, si le peuple sait bien voter. Sinon, il lui reste la dictature totalitaire, si vous ne savez pas bien faire. La démocratie des riches est ben ouvert à vos commentaires, pourvu que vous payiez vos taxes…taxes…taxes (8)…et que vous restiez tranquilles. 

 

(1) (3) (5) (6) (7) Notre démocratie détournée ? Louis-Gilles Francoeur. Le Devoir. 19.02.2011. http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/317216/notre-democratie-detournee?utm_source=infolettre-2011-02-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne 

(2) Renaud. Les bobos. http://www.youtube.com/watch?v=Omx94meg8cg

(4) Comprendre la crise économique et financière. Première partie : la grogne populaire. Robert Bibeau 10.01.2011. http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito10.1.2011.html

(8) Si vous payez le cognac. Plume Latraverse. http://www.justsomelyrics.com/1652449/Plume-Latraverse-Plume-Latraverse---Si-vous-pay%C3%A9-le-cognac-Lyrics 


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8 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 25 février 2011 08:44

    Et oui ... notre « démocratie » actuelle est surtout ... une tromperie généralisée.

    Individus et peuples ont réduit cela à ... mettre un bout de papier dans une urne. Illusion ... car, quel que soit le résultat de ce vote ... la structure de la société ne change pas. Ploutocratie, (gouvernement par les riches, pour les riches) est une dénomination qui lui convient bien mieux.

    Il est bien exact que beaucoup font le constat que , de toutes façons, cela ne sert à rien. Les politiques voient ainsi leur pouvoir se réduire en perdant en crédibilité.
     « Votez pour qui vous voulez, mais votez » , disent ils. « Ainsi, par votre geste, vous conforterez le système en place », ne disent ils pas.

    Il me semble qu’un pas importantissime dans la direction d’un système politique qui nous rapproche d’une vraie démocratie populaire serait de redonner aux peuples, le pouvoir de révoquer les élus qui ne respecteraient pas leur mandat. Pas difficile d’imaginer combien ils deviendraient tout à coup attentifs au respect de leurs promesses et de la volonté de leurs électeurs. Facile à réaliser et on constate en y pensant que ce serait un grand changement qui résoudrait la plupart des problèmes de rapport avec le pouvoir. N’est ce pas étonnant qu’aucun de nos « représentants » ne l’évoque seulement ?

    Bon, tout le monde connait la réponse ...

    Les sociétés Tunisiennes, Egyptiennes, Libyenne ... que l’on met à jour aujourd’hui, nous surprennent, pour les moins informés, par leur hiérarchie sociale qui voit le pillage de ces pays par de petits groupes. Or, c’est quasiment la même chose chez nous. Quelques dizaines de familles qui décident et 10% de nos concitoyens qui s’enrichissent et vivent dans le luxe, pour 90% qui « rament » ...
    Alors, oui, il convient de mettre d’abord cela clairement à jour, puis ... d’y mettre fin. Mais ce n’est pas gagné d’avance, car toute la société, le « Système », est organisée à leur profit.

     La vraie démocratie est confisquée.

    Maintenant , si c’est un pas vers la justice que de donner le pouvoir au peuple, est ce la panacée et la certitude d’une société meilleure ? Hélas, non, car celui ci est trop facilement manipulable et versatile.

     Conclusion toute personnelle : Pas certain du tout que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, néanmoins, il va bientôt falloir se lever, faire acte de RESISTANCE PASSIVE, ou bien accepter d’être esclaves du monde qui achève de se mettre en place.

    Quelle époque passionnante !


    • jaja jaja 25 février 2011 09:27

      Bonjour,

      La résistance passive sera bien insuffisante pour virer l’oligarchie capitaliste dirigeante. L’exemple libyen le démontre. Si en Tunisie ou en Égypte il a été possible (pour le moment) de donner, relativement pacifiquement, le vrai pouvoir à l’armée en promettant que tout allait changer, pourvu que le peuple soit patient, c’est une autre histoire en Libye où la répression bat son plein.

      Là bas le peuple est contraint de passer à la lutte armée s’il ne veut pas être écrasé par les milices du pouvoir et celle-ci nécessite de s’organiser et souvent dans l’urgence.

      Qui dit organisation dit risque de naissance d’une nouvelle oligarchie, pas bien meilleure que celle que l’on renverse, mais sans organisation on ne fait rien. C’est l’éternelle contradiction des sociétés humaines qui voit ceux qui se disent les partisans de la liberté, et qui arrivent au pouvoir, se substituer aux anciens exploiteurs renversés.

      Je ne vois que la démocratie directe pour contrer cette tendance lourde à la création d’une oligarchie dans toute organisation humaine, car la nécessité de se regrouper et de s’associer pour résister puis vaincre est plus qu’évidente.


      • iris 25 février 2011 10:09

        si c’étéi chez nosu que cela se passe, je pense que l’arméee, crs, policiers, gendarmerie n’hésiterai pas et obeirai aux ordres de ces sales contestataires !!!


        • iris 25 février 2011 11:27

          contre ces sales contestataires


        • Robert Bibeau Robert Bibeau 25 février 2011 16:08

          Est-ce une lutte armée de la part du peuple en Libye ? En Égypte et en Tunisie remettre le pouvoir à l’armée mèene à quoi ? C’est ça une révolution populaire, attendre que l’armée nomme le prochain dictateur que la population aura le droit d’entériner. N’oubliez pas qu’il y avait des élections en Égypte et en Tunisie...le bulletin de vote y était aussi puissant qu’en France et aussi inutile...

          C’est la révolution qui balaira tout ça...


          • iris 25 février 2011 17:53

            faut pas compter sur l’armée -crs- gendarmerie pour faire la révolution.
            ils obéissent aux ordres -et se range aux coté du peuple lorsque les leurs sont en danger ..


            • brieli67 25 février 2011 18:30
              Revolução dos Cravos en portugais

              révolution des oeillets

              La fleur au fusil ! c’est possible !!

            • Robert Bibeau Robert Bibeau 25 février 2011 22:57

              NON la fleur au fusil c’est pas possible. Ils l’ont cru au CHILI en 1973, et il croyait l’armée CONSTITUTIONNELLE et ils le croient en Palestine avec L’AUTORITÉ qui les vendent chaque jour, L’armée est au service du pouvoir. Si on veut une armée du peuple on doit la créer de toute pièce comme MAO et la lancer contre l’armée des riches remplies de pauvres qui donnent leur vie pour que leurs fils continuent à être pauvre. Ca s’apelle L’ALIÉNATION.

              Robert Bibeau

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