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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Des idéologies nulle part, des intérêts partout

Des idéologies nulle part, des intérêts partout

Dans mon idée, il n’y a d’idéologie nulle part, il n’y a que des intérêts, de quelque nature qu’ils soient, particuliers ou plus généraux.

Ces intérêts, majeurs pour les profiteurs, sont certes drapés de concepts philosophiques pour leur donner une apparence acceptable, un semblant de légitimité, mais ce n’est là que pseudo-philosophie, un cosmétique apostériorique savamment huilé pour les besoins de la cause, et qui n’a pour vocation que de masquer la chose d’importance  : les intérêts.

Car c’est la théorie diamétralement opposée qui serait prônée, si c’est elle qui procurait ces sacro-saints intérêts, ou ce qui revient au même, si c’est elle qui les démultipliait.

C’est pourquoi, en regardant le monde tel qu’il est, dans sa confusion généralisée, la race d’individus la plus risible est encore celle qui défend, dur comme fer, une idéologie quelconque, parce qu’ils y croient sincèrement, mais ces militants bénévoles d’une cause nous semblent être les dindons de la farce en ce qu’ils ne sont pas payés de retour, ils ne voient pas la couleur des dividendes colossaux du système qu’ils préconisent, et les bénéficiaires doivent être ravis d’avoir de tels hâbleurs spontanés à leur disposition, qui viennent servir avec conviction leurs intérêts personnels.

Ces cœurs purs sont tout simplement aveuglés par une bien-pensance invétérée, leur pensée est comme bloquée, voire lobotomisée, ils pratiquent sur eux-mêmes une autocensure drastique, ils s’interdisent de penser.

Et l’on sait à quel point la censure la plus efficace, et la plus ardemment souhaitée, est précisément l’autocensure, non seulement parce qu’elle ira plus loin que celle du censeur, mais aussi parce que la bonne conscience de ce dernier n’est pas touchée, n’ayant pas eu à intervenir pour censurer.

Donc je ne dirai pas comme dans la chanson, les cœurs purs, j’aimerais que ça dure. Il faut au contraire en finir.

C’est pourquoi aussi la mauvaise foi règne en maître dans ce monde  : chacun argumente non pas à la loyale, en vertu d’une certaine vérité, d’une certaine logique, ou d’un bon sens élémentaire, mais en vertu du bénéfice qu’il est susceptible de tirer de la position pour laquelle il plaide.

Qu’est-ce qu’un esclave  ? C’est un individu qui ne peut envisager une chose, quelle qu’elle soit, que sous l’angle du profit et du bénéfice qu’il pourra en soutirer. Qu’est-ce que le capitalisme  ? C’est la doctrine du profit et du bénéfice.

C’est pourquoi le capitalisme est immanent sur la planète, tout simplement parce que les esclaves sont l’immense, la très immense majorité, ceux qui ne visent, d’une manière ou d’une autre et à quelque niveau social que ce soit, que leur avantage et ne pensent qu’en fonction de ce gain.

À cet égard, les partis dits anti-capitalistes ont quelque chose d’hilarant en tant que ce sont des ramassis d’esclaves, on est dans la contradiction frontale pure. Leurs dirigeants et autres apparatchiks associés ne sont là que parce que la soupe est bonne, et pas seulement bonne, mais éternellement bonne pour ces indéboulonnables  : ils sont là, ils s’y sentent bien, et dût l’humanité s’abrutir et périr, ils veulent y rester.

La vie politique est forcément faussée puisqu’on passe par des hommes et non par des idées. Si un homme politique défend dans son programme, par exemple, trois idées fondamentales, l’électeur potentiel n’a le choix qu’entre tout ou rien, il ne peut absolument pas en sélectionner une seule dans ce lot et lui apporter son soutien.

L’homme politique existe non pas pour l’intérêt général, mais bien pour le sien particulier puisqu’il fait carrière, peu lui chaut que ce tout ou rien ait du sens ou non, pourvu que sa gamelle soit pleine, toujours pleine. Sans compter que sa situation lui confère le pouvoir discrétionnaire de modifier, à tout moment, à sa guise et sans préavis, le contenu de son arsenal, sans même évoquer ceux qui retournent leur veste à la barbe de leurs électeurs ainsi trahis. Ces infamies seraient impossibles si l’on passait par des idées, et non par des hommes.

On comprend dès lors pourquoi les sociétés s’enlisent dans des problèmes majeurs qui finissent par devenir insolubles. Tout simplement parce que l’émergence d’une idée considérée comme bonne est retardée à outrance, par le fait que l’homme politique qui la recommande, traîne avec lui d’autres idées auxquelles la majorité n’adhère pas, idées qu’elle juge plus ou moins nauséabondes, mais qu’elle finit par sacrifier finalement, en fermant les yeux la mort dans l’âme, quand l’idée jugée bonne s’impose désormais à l’opinion comme une évidence.

Mais, à ce stade, il est souvent trop tard, les décennies ont passé, quand la sonnette d’alarme est tirée depuis longtemps, relativement à un fait sociétal particulier, le peuple désarmé est mis devant un fait accompli quasiment irréversible.

Une démocratie digne de ce nom voudrait que des propositions isolées soient régulièrement soumises à une consultation populaire. Mais on appelle démocratie le fait d’inviter les citoyens à choisir à intervalles cycliques pluriannuels entre bonnet blanc et blanc bonnet. C’est grotesque, mais ça marche, le bon peuple est berné par des mots aux douces sonorités, sans qu’il soit besoin de faire correspondre aux mots une réalité quelconque.

Toute la société est basée sur des concepts d’esclaves, toute sa hiérarchie, par exemple, est basée sur la notion d’extériorité où l’individu n’est pas ce qu’il décide d’être, mais n’est que ce qu’on lui dit qu’il est, la société est basée aussi sur le ressentiment et la tristesse, la mémoire et la tristesse de la mémoire, le paiement par les fils des inadéquations passées, et pas seulement le paiement par les fils, mais le paiement éternel par les fils et les fils des fils des agissements des pères, car la mémoire procure une plus-value extraordinaire, les exploiteurs qui tirent les ficelles industrialisent la mémoire pour insuffler une mauvaise conscience aux générations, comme si elles étaient de toute éternité responsables d’actes auxquels elles n’ont bien évidemment pas participé, à la manière des religions qui ont bien compris que la mauvaise conscience amoindrissait la force de leurs ouailles, vaincues par le remords d’une faute supposée, le tout sur fond de misère, mentale ou financière, une des clés maîtresses du capitalisme.

Pas de capitalisme sans misère, le pauvre est riche, il est riche de sa pauvreté, immensément riche puisqu’il paiera d’être pauvre, on le lui fera payer, on le lui fera payer cher, très cher, le plus cher possible, car le capitalisme a inventé la dette infinie, sans compter que la misère maintient le citoyen en situation d’infériorité et d’inaction, tout sera fait pour qu’il ne puisse jamais accéder aux valeurs aristocratiques, notamment au respect de soi, pour qu’il soit pour ainsi dire zombifié de toutes les manières possibles — entre autres, pauvreté, précarité, inéducation, aliénation, déracinement — pour que sa fierté soit réduite, pour que sa pensée soit formatée, pour que sa liberté soit supprimée, pour qu’il soit séparé de sa puissance d’agir.

Mais en tout cas, dans cette ère de marasme et de confusion généralisés, je maintiens qu’il n’y a d’idéologie nulle part, et que, quel que soit le problème abordé, il n’y a que des intérêts.


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27 réactions à cet article    


  • Gazi BORAT 28 juillet 2008 10:53

    @ Gilles Louïse

    "Idéologies et intérêts"

    Dans la théorie marxiste, ce que vous appelez INTERETS semblent recouvrir la notion d’infrastructure (la production, l’économie,, les rapports de force entre classes sociales) et ce que vous nommez IDEOLOGIES la notion de superstucture (en gros : tout le culturel), habillage visible des luttes économiques.

    Des spécialistes vous préciserons ces notions mais il semblerait que, tel Mr Jourdain faisant de la prose, vous ne fassiez du marxisme sans le savoir..

    gAZi bORAt


    • Gül 28 juillet 2008 11:27

      Bonjour cher Gazi Borat,

      Votre commentaire est plus que pertinent ! smiley (comme souvent d’ailleurs...)

      @ G. Louise

      Dire que je bondis quasiment à chacun de vos commentaires est un euphémisme. Sur cet article cependant, j’aime assez l’idée de fond...irréalisable mais bonne !


    • Gazi BORAT 28 juillet 2008 13:18

      Bonjour, Gül...

      Pasolini disait que même lorsque l’on regardait un mélodrame, on pouvait y trouver une problématique économique...


      Dans les romans "Harlequin", c’est flagrant... derrière l’amour romantique, la problématique sociale..

      La jeune aide soignante est amoureuse du chirurgien chef de service, pas de l’agent de maintenance qui répare la climatisation..

      gAZi bORAt


    • quen_tin 28 juillet 2008 17:13

      En effet.
      L’agent de maintenance qui répare la clim et qui se tape l’infirmière, c’est plutot dans les pornos...
       smiley


    • Botsu 28 juillet 2008 11:19

      Je partage votre opinion, pour moi la question fondamentale qu’on soit en politique ou non devrait être :

      Que veut-on ?

      Aujourd’hui il ne me semble y avoir qu’une seule réponse Des chiffres. Des comptes de résultat. A la trappe les considérations philosophiques, les objectifs de la société. Le chiffre est devenu une fin en soi et une majorité de gens semble l’avoir très bien intégré. Je partage votre tristesse.


      • Adama Adama 28 juillet 2008 12:45

        Rex Louise, voilà un article intéressant, un brin de Schopenhauer(sa fameuse théorie de lutte pour la domination) le tout assaisonné de Heidegger (fin de la métaphysique).

        En tout cas, vous n’avez pas geint contre les circoncis et les ploucs qui tutoient....


        • geko 28 juillet 2008 22:43

          Pour un type submergé par l’idéologie religieuse il y a de quoi se marrer Adama ! Vous êtes en train de nous dire que la religion est le support de votre réussite financière !!!


        • dom y loulou dom 28 juillet 2008 12:48

          pas tout à fait vrais...


          le jeu de perles de verre n’a comme centre d’intérêt que l’équilibre du vivant, de notre perception et du maintien des valeurs harmoniques en nous et de notre lien avec l’univers, rien de marchand là.

          www.ludus.ch



          cette adresse devrait être valable d’ici quelques jours, en attendant vous pouvez le lire là :

          www.membres.lycos.fr/lusor/

          bonne lecture



          non il n’y a qucune perspective de gain dans cette recollection et celui qui veut passer à côté se prive juste d’une synthèse inutile à reconquérir puisqu’elle l’est déjà et d’un jeu qui peut lui enseigner durant toute sa vie.

          A bon entendeur...


          • Piotrek Piotrek 28 juillet 2008 15:07

            Les idéologies existent.

            • Au départ il y a un intéret
            • Si l’intéret acquiert une masse critique, il y a de fortes chances qu’il se crée une idéologie, c’est a dire une formalisation acceptable, qui soit supporte ou s’oppose, directement ou non, a l’intéret originel.
            • Viennent ensuite se greffer d’autres intérets satellites autour de l’idéologie.

            Cependant je suis d’accord avec vous, c’est la compréhension du tissu d’intérets dans sa multi-dimensionalité qui permettent a l’homme d’avoir un point de vue objectif (donc efficace)
            Car le méchanisme utilisé lorsque l’homme adhère à une idéologie... c’est la foi



            • Rétif 28 juillet 2008 16:06

              La théorie de Marx est parfaitement caricaturale,et n’apporte strictement rien à la connaissance du monde.

              "Alors,c’est quoi,votre film ? - Ben.. C’est 1 homme, qui aime 1 femme , et... - Bien ! merci,Monsieur, on a tout compris ! "

              Vous auriez pu demander à M. de La Palice, il n’aurait pas dit mieux !

              M’rappelle le dessin de Jean EIffel : Adam et Eve au Paradis Terrestre, un superbe fauve se profilant à l’horizon. "Alors,dit Eve, quand est-ce que tu me l’offre ce manteau de léopard ? "


              • Lisa SION 2 Lisa SION 28 juillet 2008 17:13

                "...Leurs dirigeants et autres apparatchiks associés ne sont là que parce que la soupe est bonne, et pas seulement bonne, mais éternellement bonne ..." avez vous écrit,

                vous me rappelez que nos sénateurs étaient prèts à voter pour l’accord sur les OGM, qui sont la base des " hambuggers " de Maquedeau, alors qu’ils ne se nourrissent que de gastronomie au point même de demander à l’UNESCO de se charger de sa défense...

                "...On comprend dès lors pourquoi les sociétés s’enlisent dans des problèmes majeurs qui finissent par devenir insolubles, parce que l’émergence d’une idée considérée comme bonne est retardée à outrance, par le fait que l’homme politique qui la recommande, traîne avec lui d’autres idées auxquelles la majorité n’adhère pas, idées qu’elle juge plus ou moins nauséabondes, mais qu’elle finit par sacrifier finalement, en fermant les yeux la mort dans l’âme, quand l’idée jugée bonne s’impose désormais à l’opinion comme une évidence..."

                Rendez vous compte, il y a cent ans, l’électricité concurrencait le pétrole en matière de propultion. Un argument trompeur ( le réseau électrique ne le permet pas..) de journaliste incompétent mais influent dans un journal mondial a suffi pour nuire à ce procédé. Combiens de vautours opportunistes se régalent depuis pour combler les brèches de ce système faillible...alors que nous pourrions tous produire notre électricité à domicile et rouler sans aucun bruit depuis longtemps...Sans doute que si le pot de fer coule enfin, ses restes dans les musées du futur seront gardés sous clés comme une peste en quarentaine....


                • jeanclaude 28 juillet 2008 18:55

                  Je ne conçois pas qu’on réfléchisse sur un tel sujet sans se référer - quitte à engager la contradiction - avec les grands penseurs philosophes, tels que les philosophes anglais et l’utilitarisme, les marxistes bien sûr, des anglos-saxons plus contemporains, tel Rorty.

                  Je me méfie toujours des pensées qui veulent tout ramener à un seul principe, ici l’intérêt.

                  Si votre démonstration n’est que votre opinion, votre texte perd de son intérêt. Deux passages que je trouve ou excessifs ou naifs :

                  - tout homme politique n’agit que pour son intérêt personnel ; Je pense que la nature humaine est plus complexe,

                  - la démocratie représentative, ce serait très médiocre. Vous êtes du rang nombreux qui aimerait multiplier les referendums. C’est l’utopie en cours.


                  • jaja jaja 28 juillet 2008 19:57

                    @ l’auteur, "Mais en tout cas, dans cette ère de marasme et de confusion généralisés, je maintiens qu’il n’y a d’idéologie nulle part, et que, quel que soit le problème abordé, il n’y a que des intérêts."

                    D’accord avec votre conclusion, l’idéologie n’étant que le corps d’une doctrine où tout est défini d’avance, les préjugés érigés en dogme :"Le terme véhicule une connotation péjorative et désigne souvent un ensemble de spéculations, d’idées vagues, qui prône un idéal irréalisable." (wikipédia)

                    Donc aux idéologies je préfère la claire conscience des objectifs à atteindre, objectifs définis par la masse des gens qui ont le même intérêt...

                    En ce qui concerne les classes sociales, ceux qui triment ou chôment pour un salaire ou des indemnités de merde ont tout à fait intérêt (matériellement et pour leur bien-être) à s’emparer des richesses, d’ailleurs produites par eux-mêmes, et à contraindre ceux qui se gobergent au partage égalitaire des biens créés par la société...

                    D’où pour eux la nécessité d’une révolution dont le but premier est d’imposer aux rapaces capitalistes, par la force du plus grand nombre, et éventuellement par les armes, cette égalité sociale qui suscitera bien des résistances de la part de ceux qui de tous temps et à toutes les époques ont vécu sur le dos de leurs esclaves, de leurs serfs puis de leurs travailleurs. (Qu’ils soient de souche ou immigrés d’ailleurs (la division n’étant pas dans l’intérêt de ceux qui veulent mettre à bas le vieux système millénaire d’expoitation)...

                    "Pas de capitalisme sans misère" dites-vous... Donc il doit être abattu et disparaître dans les poubelles de l’histoire comme on disait jadis...


                    • Nathan Nathan 28 juillet 2008 21:10

                       Mon intérêt c’est l’idéologie. C’est grave docteur ?


                      • SALOMON2345 28 juillet 2008 21:18

                        "Mourir pour des idées....mais de morte lente..." dit Brassens !
                        Hélas, combien de conflits pour intérêts cachés furent provoqués "maquillés" de nationalismes divers, de frontières violées, bref, de faux nez et prétextes sophistes pour s’emparer de richesses convoitées.
                        La colonisation qui se voulait "civilisatrice" profita bien souvent et malgré les drapeaux déployés à des intérêts beaucoup moins nobles....sous la table.
                        Actuellement, l’idéologie du tout privé pour raison d’efficacité opposé au service public masque en fait une cupidité exacerbée qui saute aux yeux tant le gateau est gros à partager : uRSSAF contre ASS privées ! Faut-il un dessin ?


                        • Rétif 28 juillet 2008 21:27

                          @ Salomon
                          Pas besoin de dessin,en effet : les étatistes ne consentirons pas à se priver de ce pactole !


                        • Ajax Ajax 28 juillet 2008 21:48

                          La politique est la continuation de la guerre (pour la survie) par d’autres moyens.  


                          • JL JL 29 juillet 2008 09:11

                            Je lis : ""la race d’individus … qui défend, .., une idéologie."" Une race ? Vraiment ?

                            Je lis : "" Qu’est-ce qu’un esclave ? C’est un individu qui ne peut envisager une chose, quelle qu’elle soit, que sous l’angle du profit et du bénéfice qu’il pourra en soutirer"". Selon votre doctrine, il n’y aurait sur terre que des esclaves.

                            Vous devriez revoir les fondamentaux. Un esclave ne possède rien, pas même sa force de travail. Un prolétaire est celui qui vend son travail pour vivre. Un capitaliste est celui qui achète la force de travail des autres contrairement à un esclavagiste qui possède de facto celle de ses esclaves.

                            etc.


                            • jeanclaude 29 juillet 2008 09:45

                              J’ai parcouru l’article de Wikipedia, au-delà de la phrase d’introduction, que vous citez. L’idéologie est, en un sens, un mal nécessaire, un peu comme l’air qui remplit le vide. Elle est en crise aujourd’hui, les grandes idéologies des deux siècles derniers ayant du plomb dans l’aile ou étant discréditées.

                              Il ne faut pas confondre "idéologie" et "représentation du monde". Chaque société en a une, et en grande partie inconsciente.

                              Il ne faudrait pas non plus assimiler "idéologie" et "doctrine". Sinon, c’est le nihilisme, relativisme et désespoir absolu.

                              Ainsi pour un américain, l’état doit toujours être restreint, pour qu’il ne déborde pas dans le champ de la société civile au-delà du régalien. Inversement pour un français, l’état n’a pas le droit de se désengager dans les règles qu’il fixe à la société dans des domaines bien au-delà du régalien.

                              Ces deux ensembles différents sont efficaces dans la mesure où ils assurent effectivement la cohérence des représentations, des axiomes d’une société et l’efficacité de son agir.

                              La française est chronologiquement plus entrée dans le doute, dans la crise que l’américaine. Je ne crois pas que c’est seulement parce que des individus sont devenus cyniques, affairistes. A n’essayer d’expliciter ce processus que par une approche morale (la vertu républicaine contre l’égoïsme des riches), on n’explique pas tout et on ne trouvera donc pas de réponse suffisament appropriée.

                              Le problème du socialisme (français ?), c’est qu’une majorité n’accepte pas ce glissement, et donc une adaptation de la doctrine-idéologie aux réalités du temps.
                              Le gaullisme a été beaucoup plus souple, en tout cas la droite gaulliste. Le centre, j’y vois des signes contradictoires. Le marxisme avait ce sens de l’histoire, même s’il serait à revoir en profondeur.


                              • frédéric lyon 29 juillet 2008 09:59

                                Il semblerait bien tout de même qu’on soit entré dans une époque qui annonce la fin des idéologies, politiques ou religieuses.

                                Le Marxisme est bien mort et les tentatives pour le ressusciter semblent bien dérisoires. Quant aux idéologies religieuses !

                                La dernière idéologie religieuse qui prétend encore jouer un rôle politique est en train d’exploser dans un superbe feu d’artifice. Très spectaculaire, mais un peu vain, car essentiellement réactionnaire. Malraux avait tort, mais c’était un poête et les poêtes ont toujours un grand style, même lorsqu’ils sont dans l’erreur.

                                Cela veut-il dire pour autant que seuls les "intérêts" vont primer demain ?

                                Oui, peut-être, mais cela dépend quelle définition on veut bien donner au mot "intérêt". Si l’on ne conçoit que des intérêts égoistes, alors on est sans doute dans l’erreur.

                                Considérons seulement ceci : il est parfois dans son intérêt personnel bien compris d’agir en altruiste ! Il ne faut pas oublier que l’homme est aussi un animal social, c’est à dire coopératif.


                                • Vilain petit canard Vilain petit canard 29 juillet 2008 10:21

                                  Cher auteur,

                                  Non seulement vous faites du marxisme sans le dire, comme le soulignait avec humour Gazi B., mais même carrément du trotzkisme pur et dur, puique vous désignez les élites révolutionnaires comme coupables de vouloir maintenir leur position institutionnelle, fût-ce au détriment de la Cause qu’ils sont censés défendre.

                                  Ceci dit, votre article pose un intéressant et réel problème de fond : à partir de quoi pouvons-nous décoder les intérêts (et les stratégies) de chacun ? Et plus férocement : quand on nous présente une justification noble et hautement abstraite, pouvous-nous y croire ? Personnellement, quand on me sort un motif élevé (liberté, démocratie, modernisation, réforme nécessaire et autres améliorations) à telle ou telle action, j’ai immédiatement des doutes, que voulez-vous, je suis méfiant par nature.

                                  La conclusion que j’en tire, c’est que l’Homme a une capacité infinie à se leurrer lui-même sur ses propres motivations.


                                  • Leveque 30 juillet 2008 09:38

                                    Bravo à l’auteur, cet article a le mérité d’aborder la politique par le coté où l’on attend le moins :
                                    la psychologie individuelle.

                                    En effet, Marx l’a écrit et ce n’est une surprise pour personne : derriére les nobles idéaux et les grandes convictions, se cachent des intéret bassements météralistes :

                                    Si les paysans Russes voulaient en 1917 le partage des terres, c’est moins pour construire une société meilleure, que pour s’approprier leur outils de travail et de subsistance.

                                    Si les révolutionnaire de 1789 ont chassé les rois et pris le pouvoir, c’est plus pour faire de la France une zone de libre entreprise et libre commerce, que pour les droits de l’homme.

                                    Si les politiciens font carriére, c’est pour leur carriére, il n’y qu’a voir comment ils s’étrippent pout un poste ou une élection.

                                    Je dirais simplement que le monde est une somme d’interets, et que chacun essaie de le pousser vers lui.

                                    J’ai une grande admiration pour le communisme : celui representait en effet l’interet de la majorité des gens, même si l’application ne fut pas bonne sur de nombreux points.

                                    A droite, elle a souvent le mérite de la franchise brute. elle s’incarne elle même comme une somme d’interets partisans , ceux des patrons, des financiers, des réactionnaires, sans aucune base idéologique.
                                    (on appelle ca conservatisme)

                                    A gauche, notament au PS on s’interroge : de qui representent-ils les interets ?
                                    Les immigrés, les homosexuels, les fonctionnaires c’est sur....

                                    Les autres se lamentent en se demandant qui voudra bien s’occuper d’eux !!!



                                    • ASINUS 30 juillet 2008 13:20

                                       se cachent des intéret bassements météralistes :


                                      YEP trivialement mon interet c est la survie professionnelle pour eviter la soupe populaire, qui
                                      nos brillants concepteurs intellectuelisants l auront surement remarqué devient de plus en plus
                                      claire a mesure que nous soyons de plus en plus nombreux a etre bientot suceptibles de la quemander ;
                                      Des interets triviaux et egoistement personnels absolument monsieur l auteur il en est un que vous
                                      avez omit pourtant present deja chez l esclave romain cruxifié sur la voie apia , cet interet pourtant
                                      present de nos jour de plus en plus dans nos Zus et cul basse fosse de la republique monarchique
                                      c est cette inextingible soif de revenche de vengeance de faire payer une bonne fois tous les decideurs
                                      profiteurs et discoureur aux interets eux aussi materialistes , yep une bonne flambée de chateaux
                                      reels ou virtuels voila qui nous paieraient triialement certes mais qu importe le flacon pourvu.....


                                      • Étienne Chouard Étienne Chouard 2 août 2008 18:51

                                        .

                                        Bonjour.

                                        Merci pour cette réflexion intéressante.

                                        Je la connecte à mon embryon d’idée d’un parti sans chef et sans programme, une sorte de "dernier des partis" comme il y a eu le dernier des Mohicans, un "parti des sans partis", pour les citoyens qui ne veulent pas choisir une idéologie en bloc et qui veulent rester libres d’opiner idée par idée : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=108 

                                        Nous n’avons certainement pas besoin de partis pour faire de la politique.

                                        Les Athéniens interdisaient les partis (il y a 2 500 ans déjà) et pourtant aucun peuple au monde n’a été autant politisé que celui-là. Ils étaient presque tous militants (si l’on peut dire), mais sans partis.

                                        À qui servent donc les partis (et leur idéologie partisane) ?

                                        À gagner les élections.

                                        Et c’est tout.

                                        Avons-nous donc besoin d’élections ?

                                        Précisément, il me semble que l’élection ne tient pas ses promesses : 200 ans d’expérience montrent que l’élection permet aux riches d’acheter le pouvoir et qu’elle prive de facto la plupart des citoyens de toute perspective d’action politique. Sur le choix du mode de désignation de nos représentants, voyez : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Tirage_au_sort.pdf 

                                        Amicalement.

                                        Étienne.

                                        http://etienne.chouard.free.fr/Europe

                                         


                                        • dante haguel 7 août 2008 19:46

                                          Pour moi il y a qu’une ideologie des gens d’en haut pour ceux d’en bas :
                                          travaillez plus pour gagner plus...

                                          sauf que ce que l’on a compris :
                                          je travaillerais plus et je gagnerais plus...

                                          quand il fallait comprendre de leur point de vue :
                                          VOUS travaillerez plus pour que NOUS gagnerons plus...

                                          bref, c’est bien une ideologie : capitalisme sauvage ou ultra liberalisme, je sais pas trop, mais soyez rassurrez : il y a bien une ideologie, bon elle nous dessert, mais bon... on est plus dirigé par des lumiere, l’obscurantisme refait surface...


                                          • rubempres rubempres 8 août 2008 14:28

                                            BONJOUR A TOUS ! VOUS SEMBLEZ DESCENDRE DE VOTRE NUAGE POUR NOUS REVELER LA VERITE DU CAPITALISME, COMME C’EST MIGNON. "Mais en tout cas, dans cette ère de marasme et de confusion généralisés, je maintiens qu’il n’y a d’idéologie nulle part, et que, quel que soit le problème abordé, il n’y a que des intérêts." L’IDEOLOGIE ET L’INTERET COLLABORENT DEPUIS TOUJOURS, POURQUOI CE DEPIT DE LYCEEN GROTESQUE ? EN QUOI VOTRE ARCTICLE OU DEVRAI-JE DIRE VOTRE CONDENSE DE VULGATE MARXO-HEGELIENNE EST IL UTILE SI CE N’EST POUR AFFICHER FIERMENT VOS CONNAISSANCES DANS L’ATTENTE D’UN BON POINT DE VOS PERE ?
                                            SERIEUSEMENT, POLITISEZ VOS ARCTICLES EN DONNANT DES NOMS, DES RESPONSABLES POSITIONNEZ VOUS DANS L’ESPACE GEOPOLITIQUE, UN PEUT DE COURAGE ARRETEZ DE PATAUGER DANS LES ESSENCES DE GAUCHE ET LEVEZ VOUS.


                                            • roberto 9 août 2008 14:42

                                              La vie politique est forcément faussée puisqu’on passe par des hommes et non par des idées. Si un homme politique défend dans son programme, par exemple, trois idées fondamentales, l’électeur potentiel n’a le choix qu’entre tout ou rien, il ne peut absolument pas en sélectionner une seule dans ce lot et lui apporter son soutien

                                              Bon alors comment on fait ? on les reunit tous avec leurs programmes et on fait le tri ? et qui c’est qui le fait ?

                                              Il faut considérer qu’un homme politique digne de ce nom apporte une vision globale de la société telle qu"il la voudrait. A l’electeur d’adherer ou non à son programme, en faisant le sacrifice sur certains points qui lui plairait moins, mais seraient non essentiels à ses yeux !

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