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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Donne l’oseille et tire-toi !

Donne l’oseille et tire-toi !

Après les Etats-Unis, les pays européens sont en train de mettre au point un plan de sauvetage du système financier par l’intervention des Etats. La loi concrétisant en France ce plan de sauvetage a été promulguée le 17 octobre dernier. Ce même jour, cinq représentants du patronat européen et états-unien, réunis à Paris à l’initiative du Medef, s’exprimaient. Dans le même mouvement, ils ont applaudi des deux mains aux plans américains et européens et, tenez-vous bien, ont invité les Etats à aller se faire voir ailleurs dès que la crise sera jugulée.

Procédons d’abord à un rappel des faits, pour avoir une idée un peu claire de la mobilisation des pouvoirs publics européens.

 
Le 12 octobre, l’Eurogroupe a décidé un plan d’action pour maintenir la tête hors de l’eau au système financier. Outre la possibilité de rachat des créances douteuses, des actifs toxiques, des titres pourris, par les Etats (plan de défaisance façon plan Paulson), il prévoit notamment :

- côté liquidités, de garantir les crédits interbancaires (contractés jusqu’au 31 décembre 2009) pour permettre aux établissements financiers (banques et assurances) d’emprunter et de se prêter entre eux, et ainsi dégeler les liquidités, en complément de l’action à court terme de la BCE ;

- et côté solvabilité, de renforcer les fonds propres des établissement financiers, notamment par des opérations de recapitalisation endossées par les Etats, afin d’éviter les faillites et leurs effets systémiques.

L’Eurogroupe est une instance informelle de concertation entre les différents ministres des Finances de la zone euro. Il s’agissait en fait ce 12 octobre d’une réunion extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement des 15 pays de la zone euro, avec en outre la participation du PM britannique Gordon Brown. Celui-ci, après avoir été le très libéral ministre des Finances de Mr Blair durant dix ans, venait présenter le plan de sauvetage décidé par l’Etat britannique le 8 octobre.

C’est l’Irlande, par une loi votée le 2 octobre, qui avait pris l’initiative unilatérale d’une garantie sur les dépôts des six principales banques irlandaises, soit une somme d’au moins 400 milliards d’euros (le 9 octobre, suite à l’émoi de son voisin britannique et de la Commission européenne, elle avait étendu cette garantie à cinq banques étrangères ayant une large activité en Irlande).

Le Royaume-Uni, lui, a pris soin de s’entretenir avec ses grands voisins la France, l’Italie et l’Allemagne (sommet du 4 octobre), et a obtenu l’aval de la Commission européenne, avant d’annoncer son projet. Gordon Brown a donc présenté le 8 octobre son plan de financement, consistant en une prise de participation de l’Etat britannique dans les huit principales banques, pouvant aller jusqu’à 50 milliards de livres (65 milliards d’euros), ainsi que le déblocage d’une ligne de crédit de 200 milliards de livres (260 milliards d’euros), destinée à soulager le fameux manque de liquidités. Le 13 octobre, le gouvernement britannique a annoncé qu’il allait recapitaliser, jusqu’à hauteur de 37 milliards de livres (46,6 milliards d’euros), trois des plus grosses banques britanniques (20 milliards pour la Royal Bank of Scotland, et 17 milliards pour la Halifax Bank of Scotland et la Lloyds TSB, qui sont en train de fusionner).
 
Le 13 octobre, le lendemain de la réunion extraordinaire des pays de la zone euro, plusieurs pays ont chiffré leur plan d’action.

Le gouvernement français a annoncé jusqu’à 320 milliards d’euros de garantie des emprunts interbancaires, et jusqu’à 40 milliards d’euros de recapitalisation des établissements financiers.

Le gouvernement allemand a annoncé jusqu’à 400 milliards d’euros de garanties des emprunts, et jusqu’à 100 milliards d’injections de fonds publics, dont 80 pour recapitaliser des établissements financiers.

Le gouvernement espagnol a annoncé jusqu’à 100 milliards d’euros de garanties des emprunts. Et il avait la semaine précédente créé un fonds de soutien aux banques, destiné à leur racheter leurs créances, pouvant atteindre 50 milliards d’euros.

Les gouvernements néerlandais, espagnol, autrichien et portugais ont respectivement annoncé jusqu’à 200 milliards, 100 milliards, 100 milliards et 20 milliards d’euros. L’Italie a annoncé pour sa part qu’elle dépenserait autant que nécessaire pour ses banques.

Ainsi l’enveloppe globale mise à la disposition des banques par les principaux États membres de l’Union européenne, Royaume-Uni compris, s’élève déjà à plus de 1 700 milliards d’euros, soit 13,6 % du PIB européen.

Lors du Conseil européen du 15 et 16 octobre, les dirigeants des 27 pays de l’Union ont approuvé les principes de ce plan d’action.

En France, un conseil des ministres extraordinaire a adopté le 13 octobre un projet de loi de Finances rectificative pour le financement de l’économie, qui a été voté par l’Assemblée le 14 octobre, voté par le Sénat le 15 octobre, et promulgué le 17 octobre !
 
Cette loi de Finances rectificative crée deux sociétés ad hoc : 

- côté liquidités : une société de refinancement, détenue par les banques à 66 % et par l’Etat à 34 %, qui émettra des emprunts garantis par l’Etat jusqu’à 320 milliards d’euros, et prêtera les fonds ainsi levés aux établissements en mal de financement ;

- côté solvabilité : une société de prises de participation de l’Etat (SPPE), dont l’unique actionnaire est l’Etat, qui émettra des emprunts garantis par l’Etat jusqu’à 40 milliards d’euros, et pourra fournir des fonds propres aux établissement financiers en achetant des titres qu’ils ont émis, ou en participant à leur capital, comme pour le bancassureur franco-belge Dexia.

Ce plan ne pèsera pas, nous rassure-t-on, sur le déficit budgétaire. Mais il alourdira la dette publique française, dont on nous serinait qu’elle était déjà inquiétante.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en a déjà causé, donc je vous la fais courte : le 14 octobre, le gouvernement américain a annoncé que, dans le cadre du plan Paulson et contrairement à ce que celui-ci prévoyait, il allait consacrer 250 milliards de dollars américains (180 milliards d’euros) pour entrer au capital des institutions financières du pays, dont la moitié dans les neuf plus grosses banques.

Par ailleurs, le gouvernement américain va aussi garantir pour une période de trois ans les prêts interbancaires grâce à l’organisme fédéral américain d’assurance des dépôts bancaires, le Federal Deposit Insurance Corp (FDIC).

Vu les mesures annoncées par l’UE, le Trésor américain ne pouvait que prendre des mesures en miroir pour éviter une fuite des capitaux vers le Vieux continent.

Bon, tout ceci risque de ne pas nous mener à de réels changements. Peut-être va-t-on profiter de cette éphémère union sacrée des gouvernements pour plafonner les indemnités de départ pharaoniques des dirigeants d’entreprises, ce qui ne changera pas grand-chose au fond du problème. Peut-être va-t-on en profiter pour enfin réglementer les paradis fiscaux, ce qui serait déjà ça (en tout cas c’est l’occasion ou jamais). Peut-être va-t-on en profiter pour mettre en place de nouvelles modalités de supervision des établissements et des marchés financiers, mais, au-delà des gesticulations actuelles, des décisions efficaces apparaissent encore assez utopiques. La transparence ou la gouvernance, ça fait des années qu’on nous bassine avec ça, et on voit où on en est.
 
Venons-en aux déclarations de nos cinq représentants du patronat européen et états-unien, le patronat des 5 « principaux pays membres du G8 » (je note que l’Italie a plus de poids économique que le Japon), selon Laurence Parisot, la patronne du Medef, qui avait organisé ce sommet à Paris le 17 octobre, le jour de la promulgation de la loi française précisant le plan de soutien de l’Etat français au système financier.

On y retrouve, avec Mme Parisot, les représentants du patronat américain (Donald J. Shepard), allemand (Jürgen R. Thumann), anglais (Richard Lambert) et italien (Emma Marcegaglia).
 
Le Medef a intitulé cet aréopage le « G5 », ce qui est pertinent vu que le système financier mondial se retrouve sous perfusion non seulement des banques centrales, mais aussi des Etats (le G5 étant dans le monde médical le petit nom du soluté glucosé isotonique à 5 %, liquide courant des perfusions).

Le communiqué commun, l’« Appel des entreprises américaines et européennes  », déclare :
« Les entreprises approuvent totalement et sans réserve les différents plans d’urgence annoncés par le Conseil européen des vingt-sept et par les gouvernements européens et américains pour assurer la stabilité du système bancaire et financier et la distribution normale du crédit aux entreprises et aux ménages. »

Fichtre, les entreprises approuvent l’intervention des Etats dans l’économie !? Allons, Mme Parisot s’empresse de préciser benoîtement dans son intervention que « les gouvernements doivent [...] éviter toute approche qui considérerait qu’il faut maintenir durablement l’intervention de l’Etat dans l’économie  ».

Et le communiqué commun confirme « Nous attendons aujourd’hui des responsables politiques et institutionnels [...] qu’ils écartent toute mesure protectionniste et renoncent à poursuivre les interventions publiques au-delà de ce qui est nécessaire pour faire face aux circonstances actuelles. »

Nos patrons des patrons n’ont pas honte, c’est sans ambages « Donne l’oseille et tire-toi ! »

On lit dans la conclusion : « l’entreprise privée est le moteur de l’économie ». Force est de reconnaître que les modèles d’économie planifiée testés au cours du XXe siècle n’ont pas conduit à des résultats convaincants. Mais on ne peut que constater qu’un véhicule nécessite non seulement un moteur, mais aussi une direction et des freins.
 
Et on reste perplexe sur l’appel, dans cette même conclusion, à « un marché régulé et sans entrave ». Oxymore ou lapsus ?

Enfin, et surtout, on se demande à quoi rime cette prise de position du monde de l’économie dite réelle, alors même que les Etats déclarent explicitement intervenir sur l’économie dite financière afin de préserver l’économie réelle. Ces représentants du « G5 » auraient voulu nous convaincre que, pour eux, entrepreneurs et spéculateurs poursuivent un même combat, ils n’auraient pas pu mieux faire.
 

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107 réactions à cet article    


  • Krusty Krusty 20 octobre 2008 12:13

    Excellent article !
    Personnellement, je l’aurais titré : "Donne l’oseille et casse toi pauv’ con"

    A noter que, le $arkozy et sa cour ont décidé de ne pas intégrer la "crise" dans le budget 2009 et, par soucis d’économie, de sucrer la prime à l’emploi des fameux "pauv’cons" que nous sommes...

    Longue vie au roi...


    • Cug Cug 20 octobre 2008 12:17

      Le capitalisme n’accepte que la démocratie médiatique sous contrôle des décideurs de l’oligarchie financière.
      Nous venons d’assister aux casses du siecle, du jamais vu, du grand art sous la fausse idée de sauver l’économie réelle c’est l’oligarchie financière qui est sauvée et celle ci n’est rien d’autre que la version moderne de l’ancien régime.


      • sisyphe sisyphe 20 octobre 2008 17:56

        Et ça vous étonne ? 
        Franchement ?? 

        Privatisation des bénéfices, et socialisation des pertes, plus que jamais !

        Un nouveau Bretton Woods ?? 

        Juste un petit show, pour amuser la galerie, quelques mesurettes symboliques et sans le moindre effet, et hop !
        Le grand casino est reparti : business is business !

        Les citoyens ?
        Z’ont qu’à jouer au Loto, les cons...

        Le monde est plus que jamais sous la coupe des prédateurs et des ploutocrates, et ce n’est pas une minable petite crise (jugulée par les états), qui va changer les règles d’un jeu où les gagnants sont toujours les mêmes, et servent en même temps d’arbitre... 

        Les couillons de perdants paieront, comme d’hab... 

        On prend les paris que personne ne touchera aux paradis fiscaux ? 


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 octobre 2008 21:47

        Rien ne justifie l’intervention de l’État à cette crise, sauf la protection du public, la nationalisation des institutions financieres et la reprise par l’État du pouvoir d’émission de la monnaie. Ajoutez que le peuple serait aussi assez content que qulques uns des responsables soinet décollés sur la place publique. Quand les effets de la crise sur l’économie réelle se manifesteront, je parie que le peuple le laissera savoir.

         Pierre JC Allard

        http://nouvellesociete.org&ugrave ;H40.html

        http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/13/apres-la-crise/


      • LE CHAT LE CHAT 20 octobre 2008 12:59

        ça le met en transe , le medef qu’on titille son point G5  ?


        • La Taverne des Poètes 20 octobre 2008 13:01

          "Vive la Ripoublique ! Vive la transe !"


        • Daniel Roux Daniel R 20 octobre 2008 13:14

          "ON a volé Sarko"

          L’information ubuesque est tombée dans les agences de presse.

          Au début, on a cru qu’il s’agissait d’escrocs particulièrement roublards mais la mention "trésor public" figurant en tête des prélèvements a rapidement orienté les enquêteurs sur une piste sérieuse.

          Je suis en mesure de révéler aujourd’hui que la compte bancaire de Sarkozy est mensuellement prélevé de petites sommes correspondant au versement mensuel de divers impôts.

          Evidemment, pour lui qui n’y était pas habitué, la surprise fut rude. On imagine ses trépignements, ses hurlements, et la convocation d’urgence d’une cellule de crise.

          Bienvenue au Club, Nicolas !


          • maxim maxim 20 octobre 2008 13:26

            ce qui est à redouter maintenant ,c’est le frein des crédits ou des découverts autorisés accordés aux entreprises par les banques .....

            ,et un bon nombre de PME vont être obligées de mettre la clé sous la porte ,déjà ,baisse de la consommation ,manque de confiance ,reports de projets ou annulations pures et simples de commandes dans l’attente ,et du retour de la confiance ,et d’un réel embellisement de l’économie .....

            une question également que tout le monde se pose ,pourquoi ,étant donné que le baril de brut est retombé à 70 $ ,n’est ce pas répercuté sur les prix à la pompe ,bien que les producteurs de l’Opep envisagent de limiter la production afin de ne pas affaiblir le marché ..

            mais en attendant l’état et les compagnies pétrolières pourraient faire l’effort de ramener le coût du carburant à un prix raisonnable ....

            si l’on veut relancer la croissance ,que l’on permette déjà aux gens de pouvoir se déplacer,et diminuer le coût du transport ....


            • HELIOS HELIOS 20 octobre 2008 16:28

              Là, cher ami agoravoxien, vous revez ! Les ecolos se sont alliés objectivement avec tous ceux qui preconisent la diminution de la consommation de petrole et pour eux, le prix de l’essence NE DOIT PAS BAISSER !

              Ce sont des gens, a quelques exceptions pres, qui veulent VOUS faire pedaler a velo pendant qu’eux, se "contentent" du taxi et du bus, lorsqu’ils n’ont pas de voiture qui attendent dans le garage.

              Autant je veux proteger la planète par mes actions que je hais, ceux qui veulent m’imposer LEUR point de vue de masochiste dogmatique.

              Allez, zou, il n’y a rien a voir, les propos de mme Lagarde lorsque le prix du baril montait ont été bien entendus par les societes petrolieres....


            • foufouille foufouille 20 octobre 2008 17:32

              pour acheter des velos, faudrait deja qu’on fabrique beaucoup
              en plus le haut de gamme est pratiquement hors de prix
              un velo carene est pratiquement introuvable et presque aussi cher qu’une voiture


            • maxim maxim 20 octobre 2008 17:56

              Hélios......

              ouais ...les écolos ,c’est fait ce que je dis mais pas ce que je fais !

              et bien oui ,en attendant ,avec ce baril à 70$ ,les pétroliers encaissent une belle marge ,et l’état ses 75 % de taxes ....

              et ces crétins d’écolos qui trouvent qu’on paye pas assez cher !


            • dom y loulou dom 21 octobre 2008 22:27

              non maxim, ce qui est réellement à redouter maintenant... c’est... la banqueroute des nations occidentales, car les dettes nationales colossales retomberont évidemment sur les citoyens..

              ils agissent en tant que représentants élus non ? Vous comprenez maitnenant toute la couille de la représentation politique ?

              Tout ce que nous vivons n’est qu’une vilainie de farce, mensonges et attrapes.

              faire ce que n’importe qui ne ferait jamais... s’endetter en ne sachant pas comment rembourser un jour !!!
              TOUT EN NE REFERMANT PAS LE GROS ROBINET DE DEPENSES COULANT 2 BILLIONS DE DOLLARS PAR SEMAINE !!! comment voulez-vous que ça s’arrange ?


              le business continue ? ah ça... conseils de placements lucratifs = obus et missiles de croisière et mines antipersonel, très lucratif, demandez donc à la famille Bush ou à Rockefeller. Très très juteux en ce moment... monte en flèche... connaissent pas la crise... enfer garanti.

              ils sont à vomir.


            • dom y loulou dom 21 octobre 2008 22:51

              quand aux diatribes anti-écolos et autres jugements à l’emporte-pièce sur d’autres citoyens... les gauchos sont responsables de toutes vos misères, mais bien sûr, pour l’autre c’est les gens des banlieues... forcément tous les écolos sont des menteurs et tous les banlieusards sont des criminels... tous les socialos adulent Ségolène et tous les républicains rêvent d’un roi en france... et puis tous les droitistes sont le Pen clôné... et besancenot c’est Staline en personne...

              quand allez-vous arrêter avec ces bâtons dans vos propres roues ? les citoyens ont des opinions différentes et c’est très bien ainsi, ils ne sont pas en cause face à l’oligarchie des armateurs militaires.

              Vous allez vraiment vous enterrer avec ces jugements insipides.


            • Botsu 20 octobre 2008 13:37

              Ainsi la caste des élites dirigeantes ne renoncera pas à ses ambitions et prend la décision de grimper encore de quelques étages avant le grand saut.


              • La Taverne des Poètes 20 octobre 2008 14:10

                "Besoin de liquidité ? Vous prendrez bien un jus d’pognon !"

                - A la bonne vôtre et que la croisière s’amuse ! L’orchestre du Titanic doit continuer de jouer !


                • Vilain petit canard Vilain petit canard 20 octobre 2008 14:12

                  Bien vu, l’auteur, mais au fait, POURQUOI SE GENERAIENT-ILS ? Du temps de Raffarin, qui les bichonnait, chaque avantage, chaque éxonération était saluée, non par un remerciement (ça aurait fait peuple), mais par une volée de bois vert de Sa Majesté Seillière, qui trouvait qu’on en faisait "jamais assez" pour eux. Seul trouvait grâce aux yeux de Leurs Suffisances, un certain Nicolas Sarkozy, surnommé par l’ineffable Baron : "le Zinédine Zidane de l’Economie". On rêve. Mais le Grand Patronat français a pu rêver que ce Zidane-là serait plus juteux à l’Elysée qu’à Bercy, d’où ce soutien sans faille et sans vergogne pendant les élections.

                  Maintenant que le Zidane de Poche est à l’Elysée, même mode d’emploi : on crie, on clame, on se plaint, et une fois satisfait, on crache dans la soupe. Et personne ne se plaint là-haut, alors, je le répète, pourqoi se gêneraient-ils ?


                  • Botsu 20 octobre 2008 14:27

                    Qui donc répétait à loisir qu’il n’y avait pas deux Frances, que la lutte des classes c’était fini, qui appelait à "l’unité de la nation" ? 

                    Les capitaux et les profits sont par définition apatrides.


                    • La Taverne des Poètes 20 octobre 2008 14:51

                      Contrepèterie :

                      "Le capitalisme est un char à putes rôdé."

                      Facile...


                      • Cug Cug 20 octobre 2008 14:53
                        La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter."
                        C’est Buffett qui a formulé ce jugement.
                        Pas Marie-George, non. Warren.
                        Avec deux "t".
                        La première fortune mondiale.
                        Pendant que toute une gauche s’autocensure, s’enlise dans le salmigondis de la "complexité". Toute une gauche avec des ches qui déguisent leur lâcheté en "courage", leur renoncement en "audace", et qui causent gentiment de "rénovation" pour mieux masquer leur trahison.

                        • logan 20 octobre 2008 15:19

                          Il y en a pour arriver à théoriser ce genre de phrase :)


                        • Serge Serge 20 octobre 2008 15:25

                          Le Capitalisme est-il réformable ?
                          G.Soros,un des plus "gos" financier-spéculateur de la finance américaine répond :
                          " Je ne crois pas trop à l’éthique des entreprises.On ne peut pas leur demander de SE DENATURER."
                          Je préfère cette réponse à toutes les "jacasseries" débitées à longueur d’antenne,de déclarations,de "main sur le coeur" de Sarkozy,Fillon,Lagarde,l’UMP,et de tous ces idéologues libéraux,sur "une future moralisation du capitalisme."
                          Le navire des apologues du libéralisme prenant l’eau de toutes parts leurs tentatives pour colmater les brêches s’avérant "mission impossible" leur sémantique devient de plus en plus ridicule.

                          H.Monet,Société Général ;" On peut avoir soit une panne de l’économie,soit une récession pour 2009." Le choix est cornélien !!!

                          D.Ferrand,directeur de la conjoncture et des perspectives au centre d’analyses et prévisions Rexecode ( ouf !!!) ; pouvoir d’achat : " Contrairement à ce qu’on croit,il ne cesse de progresser.Les Français ne l’ont pas ressenti ainsi en raison de la flambée simultanée des prix. "( ???,allez comprendre !!! )


                          • Botsu 21 octobre 2008 22:33

                            Peut être qu’il a voulu dire : si vous aviez gagné il y a 5 ans ce que vous gagnez aujourd’hui vous auriez été plus riche. Ou en d’autres termes : de quoi vous vous plaignez, les salaires augmentent de 1% quand les prix grimpent de 10, mais ça c’est pas notre faute !

                            En tout les cas j’ai envie de souhaiter une longue vie à nos nouveaux champions de la rhétorique.


                          • wuwei 20 octobre 2008 15:27

                            Très bien l’article, mais qui se cache derrière le frais minois de dame Parisot ? Un fervent admirateur sans doute !
                            Dans la longue (très) liste d’humectage du fondement du chef de l’état par le sieur Mougeotte Etienne, je vous recommande particulièrement celui d’aujourd’hui dans le Figaro, car il représente un sommet dans la flagornerie la plus extrème ou le courbage de lombaires addictif et laisse à des années lumière tout ce qui avait pu être déja fait sous de lointains cieux maoiste ou stalinien. Le petit père des peuples et le grand timonier tout à la fois, rien de moins !

                            http://www.lefigaro.fr/debats/2008/10/20/01005-20081020ARTFIG00262-la-victoire-de-l-europe-.php

                            Juste un petit échantillon pour vous laisser présager de la suite :

                            "Nicolas Sarkozy n’a pas seulement, durant son aller et retour express en Amérique, confirmé qu’il avait bien la stature d’un homme d’État ; il a, à Camp David, jeté les bases d’un leadership nouveau de l’Europe"

                            .


                            • Krusty Krusty 20 octobre 2008 16:00

                              Personnellement je reste sideré de voir l’aisance de monsieur TF1 à écrire d’une main tout en se masturbant de l’autre !!!
                              Et tous ces commentaires qui accompagnent "l’article"...

                              Enfin, l’avantage avec le numérique, c’est que les pages collent pas...


                            • Warhouha Warhouha 20 octobre 2008 15:41

                              Les déclarations de ce G5 ont le mérite de clarifier les choses. Nous savons désormais, de façon officielle, que les états sont au service des grandes entreprises.


                              • ASINUS 20 octobre 2008 15:48

                                revienne le temps des chateaux qui brulent !


                                • Warhouha Warhouha 20 octobre 2008 15:55

                                  A ce propos, je me demande si un pays ne va pas, dans un proche avenir, regretter sa position quant à la possession d’arme.

                                  Ca risque d’avoir de la gueule, un mouvement révolutionnaire US, avec armes automatiques, lance-roquette et char pour tout le monde !
                                  Quoique tous les peuples ne sont peut-être pas capable de décider un jour qu’ils en ont assez reçu dans le fondement.


                                • ASINUS 20 octobre 2008 16:14

                                  @warhoula
                                  absolument, ça aurait de la gueule !!

                                  comme dit l adage

                                  les peuples meritent ce qu ils veulent bien endurer de leurs dirigeants


                                • foufouille foufouille 20 octobre 2008 17:35

                                  certains on des sulfateuses d’helicoptere
                                  si jamais ils s’enervent ca va saigner


                                • Gzorg 20 octobre 2008 16:03

                                  Excellent article !
                                  Bravo !

                                  Juste un mot pour dire que je trouve aussi que le plafonnement des salaires des gros patrons, me semble aussi être la nouvelle "tarte à la crème".

                                  Un truc bien pratique qui sert d’exutoire pour ne surtout pas aborder les vrais problèmes qui fâchent...
                                  Comme les rendements délirants demandés aux entreprises par les groupes d’actionnaires.
                                  Le fait que l’état emprunte a des banques privées et paye des aggios là où avant il émettait ses propres dettes sans en payer les interrets (l’argent c’était lui).
                                  Ou encore le fait que la mondialisation est une machine a planquer ses sous dans des paradis fiscaux.

                                  On parles des salaires des gros patrons, ça fait bien devant la ménagère Française et c’est quedal au regard des vrais enjeux du libéralisme prédateur...

                                  Oui du pain béni pour les politiciens


                                  • melanie 20 octobre 2008 16:12

                                    Rien à ajouter si ce n’est ce constat de l’OMS que la crise aux USA -et ici sous peu- est marquée déjà par plus de désordres mentaux et de suicides .

                                    Même constat de Serge Hefez - Psychanalyste -quant aux thèmes reccurents des "séances" de ses patients marquées par l’angoisse et un sentiment d’impuissance ..



                                    "L’éloge de la fuite " d’Henri Laborit montrait assez bien - chez le rat, mais nous sommes des rats n’est ce pas ??- à quel point ne pouvoir fuir ou se battre rend fou .

                                    A moins de se battre tous et de les abattre - Une Bastille occidentale- ,notre sort ressemblera assez vite - si ce n’est déjà le cas pour beaucoup - à celui des rats en cage subissant sans relâche les décharges éléctriques sans moyen de fuir ....

                                    Ambiance ...

                                    Pour le reste du constat de cet article et des commentaires, les plus suffisent et je ne vais pas être redondante .

                                    Peut être un jour faudrait il passer de la plume à la rue ???


                                    • Luciole Luciole 20 octobre 2008 22:17

                                      Ou bien faisons comme les poules de Chicken Run : pour ne pas passer à la moulinette, arrêtons d’engraisser. Refusons le grain qu’il nous tendent. Car ils savent bien par où ils vont nous le reprendre.


                                    • Luciole Luciole 20 octobre 2008 22:21

                                      Vous pouvez tous faire énormément de mal au capitalisme, sans la moindre violence. Il suffit de consommer le moins possible. C’est le cauchemard de Wall Street !


                                    • xray 20 octobre 2008 16:17


                                      Voila encore une crise qui régale les journalistes. 

                                      La bulle des marchés financiers (Les marchés boursier) a pour vocation de gonfler et d’éclater périodiquement. C’est le principe de la spéculation. 

                                      Cette bulle des marchés financiers évolue en dehors de l’économie active. C’est la raison pour laquelle, l’éclatement de cette bulle est sans conséquence sur l’économie active. 

                                      L’important de tout cela, c’est de générer cette psychose qui incite le médiatisé à s’en remettre à papa Etat et à maman Société. Au travail et à vos carnets de chèques ! 

                                      Rêve et réalité
                                       
                                      http://echofrance.vefblog.net 



                                      • foufouille foufouille 20 octobre 2008 17:40

                                        les states on prevu la gueurre civile (erroristes) depuis longtemps. chez nous on se "prepare" a la guerilla urbaine
                                        eux, ont deja commence a deploye l’armee
                                        les conspirationnistes pretendent meme qu’ils plein de camp, au cas ou ................


                                        • alcodu 20 octobre 2008 18:29

                                          Donne l’oseille et tire toi, rien de choquant là-dedans.

                                          L’Etat américain après avoir cédé aux sirènes Keynesiennes doit réparer les dégats qu’il a causé. Il doit rembourser.

                                          Ensuite il doit ne pas recommencer. Comme tout délinquant.

                                          Tout cela serait très moral si les hommes politiques responsables du désastre étaient poursuivis en justice. Malheureusement les hommes de l’Etat ne sont jamais poursuivis en justice puisque ce qu’il font est, par définition, légal.
                                          .

                                          .


                                          • logan 20 octobre 2008 19:15

                                            que préconisez vous alors pour le libéralisme et tous les libéraux vu que ce sont les dérégulations qu’ils ont mis en place qui sont à l’origine de cette crise ?


                                          • Proudhon Proudhon 20 octobre 2008 19:38

                                            @logan

                                            D’aller vite se pendre haut et court !


                                          • Proudhon Proudhon 20 octobre 2008 19:40

                                            D’où viennent les milliards de Sarkozy ?

                                            En un temps record, Sarkozy a trouvé des milliards à profusion pour soutenir les banques françaises.
                                            Quelques semaines avant, l’état avait du mal à trouver 1,5 milliard pour le RSA.
                                            Le concert de louanges orchestré par l’ Elysée sert à flatter Sarkozy mais sert aussi à cacher ou à reporter la question principale : d’où viennent les milliards de Sarkozy ?
                                            En fait ce sont les banques qui vont prêter cet argent à l’état !
                                            Hé oui, les banques vont prêter 360 milliards (320 et 40) à l’état qui leur redonnera.
                                            Les banques se serviront au passage à la fois comme prêteur et comme emprunteur.
                                            Qui sera le jonc de l’affaire ?
                                            Le contribuable, comme d’habitude, ne serait-ce que parce que la dette publique de la France passera ainsi de 64,5 % à 66,5 % du PIB.
                                            Qui paiera ? Le contribuable futur : vos enfants .. qui n’ont déjà pas l’assurance de pouvoir se payer ..

                                            http://www.impots-utiles.com/crise-d-ou-viennent-les-milliards-de-sarkozy.php


                                          • Le péripate Le péripate 20 octobre 2008 19:45

                                             La formulation correcte serait : que préconisez vous pour le capitalisme, vu que ce sont les excès de réglementations étatiques qui ont foutu le bordel. Et bien, il y a un principe : la réglementation peut un temps retarder une crise, mais c’est au prix d’une plus grande intensité de la crise quand elle finit, inévitablement par advenir. 
                                            Bon, le marché se venge, et fait payer la note aux états, qui avaient cru pouvoir faire passer en douce des politiques démagogiques, politiques que l’honnêteté aurait du faire financer par l’impôt. Sauf que l’on se serait aperçu que c’était énorme, et trop cher, pour un résultat trop maigre. Alors, maintenant, c’est cash. Mais faisons confiance aux hommes de l’Etat pour venir chercher dans nos poches le coût de leurs extravagances irresponsables. 

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