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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Drame d’Echirolles, et après on fait quoi ?

Drame d’Echirolles, et après on fait quoi ?

« Nous, nous n’avons pas oublié »

L’année 2012 s’achève et l’événement qui m’a profondément marqué, ainsi que beaucoup d’habitants de la région grenobloise est le drame d’Echirolles survenu à la fin du mois de septembre. Les lumières des caméras se sont éteintes et ont laissé place à la grisaille de l’automne et de l’hiver.

Deux morts pour un regard de travers. Ce n’était pas un roman policier ou un film noir. C’était la réalité, la triste réalité, où l’homme n’hésite pas à massacrer son prochain pour des questions d’égo...

« Nous, nous n’avons pas oublié », disait une dame. Nous non plus. Enseignants, travaillant à quelques centaines de mètres du drame, nous avons été choqués pendant des jours. Ca ne s’est pas remarqué, car tout le monde l’était, les élèves et l’ensemble de la population. Quel était notre rôle dans la débâcle ? Et ceux des politiques ?

Puis vint la marche blanche, énorme et salutaire : il y avait encore une conscience morale dans la population. Venus d’Echirolles, Grenoble, mais aussi d’ailleurs, ce fut les habitants des quartiers dits « difficiles » qui prirent le drapeau blanc, mais aussi les éducateurs, les membres d’association et tous ceux dont la volonté première était la paix entre les peuples. Ce fut quelque chose d’énorme, environ 15 à 20 000 personnes, musulmans, catholiques, athées, qui ensemble, d’un seul souffle, dirent « Non à la violence » et « Plus jamais ça ! » rendant ainsi un hommage digne à Kevin et Sofiane.

Ensuite vinrent les annonces politiques, Echirolles ainsi qu’une partie de Grenoble allait devenir une zone de sécurité prioritaire, une zone où le droit serait de nouveau respecté ? 25 à 46% de chômeurs dans ces quartiers, dont beaucoup de jeunes non ou peu diplômés…

Le rôle de l’éducation nationale

Quelle est notre responsabilité dans cette histoire ? Quand je dis « nous », je parle des enseignants, mais aussi de « l’administration » et des hauts fonctionnaires étatiques. Il est incontestable que nous ne pouvons pas pallier à tous les maux de la société, car les jeunes tirent leurs influences de la télévision, de l’internet, du quartier, et je l’espère encore un peu de l’école. Mais, somme toute, les idéaux républicains que nous prônons ne sont pas forcément acceptés tels quels, les élèves ont leur propre mode de pensée. On peut par exemple leur dire vingt fois que l’origine du mot « démocratie » veut dire en grec le pouvoir au peuple (cratie : pouvoir, démos : peuple), ils ne sont pas obligés de nous croire…

Sous couvert d’un objectif de plus grande réussite à l’examen, les rectorats ont depuis quelques années eu comme consigne de laisser le moins possible « les élèves dans la rue ». Or, cela a eu comme effet la baisse du nombre de conseils de discipline dans les établissements scolaires et… la hausse de l’impunité dans ces mêmes lieux d’apprentissage…

Le rôle des politiques

Ce sont donc bien les politiques qui sont en partie responsables de la situation, les premiers (ump et affiliés) ont dépecé l’enseignement, les seconds (ps) n’ont pas encore compris le danger d’une politique uniquement gestionnaire à l’opposé d’une « vraie » réforme. Enfin, les troisièmes (fn) jettent de l’huile sur le feu et n’ont pas compris que l’autorité de l’enseignant ne fait pas tout (mais vraiment pas tout…).

En effet, une politique active de la ville s’impose : destruction des tours, démantèlement des quartiers et des trafics de drogue, relogements décents dans des quartiers mixtes. Pour l’instant, tout le monde est d’accord sur ce principe, mais tout se fait trop lentement au détriment de projets immobiliers qui rapportent plus, évidemment…

Kevin et Sofiane sont-ils morts pour rien ? Espérons que non, tout le monde doit ouvrir les yeux, agir pour le bien des habitants, de tous les habitants sans distinction pour désamorcer le processus de ghettoïsation…


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15 réactions à cet article    


  • chmoll chmoll 30 décembre 2012 17:41

    y a pas que dans la brousse qui a des bêtes


    • BOB13 30 décembre 2012 18:03

      ça me fait rigoler ces marches blanches plus jamais ça avec lâchés de ballons (qui vont polluer et tuer des animaux qui n’ont rien demandé)

      les politiques devraient rappeler la responsabilité des parents, que l’auteur a oublié de mentionner. Quand on voit des merdeux faire la loi chez eux...pffff....remarquez, quand on voit la gueule de certains parents...hein...on se dit que la castration devrait être obligatoire.

       AHAHAH !


      • lemouton lemouton 30 décembre 2012 19:13

        « ...les politiques devraient rappeler la responsabilité des parents, que l’auteur a oublié de mentionner... »
        exact... smiley
         
        L’auteur a largement dédouaner les parents de toute responsabilité,
        et aussi sec, zhou.. la refile plein pot aux enseignants...
        C’est le grand n’improte quoi..
        UN ENSEIGNANT N’EST PAS UN EDUCATEUR.. !! .. smiley

        Un enseignant n’apporte que la brique « instruction » à l’éducation qui, elle rélève de la responsabilité des parents..
        Ce n’est pas plus compliqué que cela..

        Sinon je suis assez d’accord sur le reste de l’article.. smiley


      • Mathias G. La plume et le citoyen 1er janvier 2013 17:09

        Bob, ca te fait peut-être rire, mais pas moi. Les parents ont il est vrai des responsabilités, mais certains sont dépassés face à des problèmes de quartiers. Quant à la castration, on devrait aussi y penser pour certains trolls déposant leurs commentaires comme une gerbe après une nuit de st sylvestre trop arrosée...


      • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 30 décembre 2012 20:57

        Voilà un commentaire intéressant


      • Shawford Shawford42 30 décembre 2012 20:59

        Y’a pas que des Jedis smiley


      • Jean Yanne Jean Yanne 30 décembre 2012 19:18

        L’explication sociologique est pourtant parfaitement connue , mais il est interdit de l’énoncer sous peine d’être traité de raciste fasciste .... et pourtant , elle est Marxiste !


        La voilà donc !

        Le capitalisme marchand , conformément à la tradition , a importé en France des sous prolétaires primitifs massivement qu’il a nommé « IMMIGRES » , importance du mot car l’esclavage étant interdit il fallait quand même les désigner de telle sorte que l’argument « raciste fasciste » soit opérationnel .

        Ces immigrés sont utilisés pour la consommation assistée , tout se passe en fait , comme si les Français par le biais de la célèbre « solidarité obligatoire » fournissait aux néo esclaves consommateurs nommés Immigrés , l’argent nécessaire à leur consommation .

        Primitifs , ils ont évidemment beaucoup de difficultés à s’adapter et gardent encore des comportements primitifs tribal et raciste à souhait .

        Nous avons là , un fait divers illustrant l’analyse ci dessus .

        Je sais , elle ne plait pas aux bienpensants racistes , ni au capitalisme marchand qui voit là son petit trafic dévoilé , ni aux politiquement corrects qui analysent le monde tels qu’ils le voient du fond de leur chambrette .

        Les Français étaient opposés à la société de consommation en 68 ?

        Qu’à cela ne tienne , on leur injecte ce sous prolétariat primitif qui lui adore consommer sans se poser trop de questions .
        Le primitivisme , le racisme , l’inadaptation totale ne sont que des effets secondaires que paient de toute façon les Français , par contre , les affaires tournent bien et la croissance est là .... enfin , jusqu’à présent .... pourvou que ça doure !

        • lulupipistrelle 31 décembre 2012 11:42

          Ou alors, on peut supposer que les valeurs de la société british sont plus efficaces que les nôtres. 


          Un bémol cependant : les auteurs des attentats de Londres n’étaient pas des Scots. 

        • ptimarc 1er janvier 2013 11:48

          ramener ces violences à des problemes d’origines raciales est vraiment raciste.

          je m’explique.j’ai passé mon enfance,et ma jeunesse dans le 14e arrondissement de paris.c’etait dans les années cinquante-soixante,un quartier populaire,avec ses usines,ses ouvriers et employes,vivants quoi.à l’époque il y avait déja des phenomenes de violences.

          il ne faisait pas bon se promener trop tard le soir(pernety,porte de vanves...)les bagarres etaient courantes,les passants pris a parti,et pourtant,les« immigrés,primitifssous..je ne sais quoi » n’y etaient pour rien.il s’agissait de jeunes, pas toujours désoeuvrés(il y avait du travail à l’époque)ils étaient français et violents,on les appelait blousons noirs, ou pas,d’ailleurs.

          les raisons de la violence sont à chercher ailleurs que dans ces critéres raciaux.

          et evitez de meller marx à cela ,s’il vous plait

           


        • lemouton lemouton 2 janvier 2013 12:00

          ".. Le capitalisme marchand , conformément à la tradition , a importé en France des sous prolétaires primitifs massivement qu’il a nommé « IMMIGRES » , importance du mot car l’esclavage étant interdit il fallait quand même les désigner de telle sorte que l’argument « raciste fasciste » soit opérationnel ..."


          bien vu jean Yanne..

          A l’époque, les colonies n’existant plus, ou en voie de disparition, les capitalistes ont importé en métropole les sous prolétariats coloniaux qu’ils ont mis en concurrence avec le prolétariat français..

          Aujourd’hui on ne déplace plus le prolétariat, mais on déplace l’outil de travail, l’usine démantibulée de nuit, ou escamotée par une pirouette spéculative..
          Tout cela sous l’oeil bienveillant des politiques aux commandes... smiley



        • lulupipistrelle 30 décembre 2012 21:42

          Et maintenant on fait quoi ? on expulse les parents des auteurs... s’ils ne sont pas français, s’ils sont naturalisés, on voit s’il n’est pas possible de leur retirer la nationalité... pour cause de non intégration, ou quelque chose comme ça.On met la fratrie sous haute surveillance.


          • Jean Yanne Jean Yanne 31 décembre 2012 07:12

            « Et maintenant on fait quoi ? on expulse les parents des auteurs » dit un intervenant ...« 



             »il n’est pas possible de leur retirer la nationalité.« se répond il ....

            piège épistolaire et légal dans lequel nous enferme le capitalisme qui nous impose ce sous prolétariat comme autant de Dragonnade

            Par contre , serait il utile d’imposer le déplacement d’office , après tout recevoir les allocs ici ou ailleurs ne changerait pas grand chose financièrement et nous pourrions rassembler ce sous prolétariat où il serait le moins nuisible , voire même repeupler certains territoires à l’abandon !

            Et puis , au cas où personne ne voudrait de ces »cas sociaux " il reste encore les Kerguelen qui donnent envie de revenir au pays d’origine ...

            Nous atteignons là les limites de la mondialisation capitaliste . (ou socialo-capitaliste qui est tendance maintenant)
            Si nous ne réagissons pas à ces diktats que nous imposent ces pseudo politiciens mais vrais larbins du capital , c’est que nous sommes voués à disparaître , et nous le savons !

            Nous sommes donc à la croisée des chemins , ou nous réagissons ou nous disparaissons .Je prends date en disant cela , nous n’aurons plus à nous lamenter car nous le savons !


            • lulupipistrelle 31 décembre 2012 10:38

              Si on peut déchoir un naturalisé, en cas de non intégration. 


            • eric 31 décembre 2012 08:00

              Tant que nos enseignants vivront sur les préjugés énoncés dans cet article, il sera difficile de progresser. Ils font passer leurs priorités ideologiques avant l’interet du public. Ils font parti des principaux responsables de la situation.
              1) On envoie les débutant dans les banlieues : les syndicats se sont toujours oppose a ce que l’on y envoie les meilleurs, et notamment a ce qu’on les paye plus pour les inciter.
              2) Les profs fuient ces établissement pour eux même, mais plus encore pour leurs enfants. 40% de dérogation a la carte scolaire en région parisienne pour les enfants de profs quand elle existait. Or, il existe des profs sur le territoire des bons lycées. C’est dire que pratiquement 100% des enfants de profs ne participaient pas a la « mixité sociale ».
              3) Pourtant, on nous l’a ressert ici. alors qu’il est évident que les problèmes pédagogiques poses par des enfants de faible niveau et en retard, ne sont pas les mêmes que ceux d’enfant en avance et doué. Vouloir les mettre dans les mêmes classes, c’est l’assurance qu’ils se perturbent les uns les autres, et que le prof se trouve écartelé entre deux publics. Que leur importe, la mixité sociale est a leurs yeux plus importante que la réussite scolaire pour tous.
              4) A l’époque ou existait un service militaire, l’armée parvenait a gérer une classe d’age dans des conditions acceptables. Ses cadres moyens sont en moyenne moins diplômés que ceux de l’EN. C’est donc bien que les methodes EN sont mal appropriées.
              5) Si on doit détruire les quartiers et les reconstruire dans les centres, le budget de la nation n’y suffirait pas. Proposer cette voie est donc un refus de faire ce qui est possible. Non pas déplacer les quartier, mais déplacer les profs. le jour ou tous les ensignants les mieux notes seront en banlieues, les « riches » se débrouillerons pour truander la carte scolaire afin d’envoyer leurs gosses dans ces établissements et vous l’aurez, votre mixité.


              • Mathias G. La plume et le citoyen 1er janvier 2013 17:05

                Eric, je suis un enseignant expérimenté et je suis dans ce genre d’établissement, je ne cherche absolument pas à le fuir. Dans mon établissement dit « difficile », la plupart des enseignants sont reconnus comme de bons enseignants... Donc, vos points 1 et 5 tombent, car même les enseignants les plus qualifiés ne peuvent rien faire face à un phénomène sociétale bien plus important.
                D’autre part, s’agissant des préjugés, je ne crois pas en avoir beaucoup contrairement à vous. Je n’appartiens en effet à aucun syndicat ni aucun parti politique. La mixité sociale marche, mais pas quand il n’y a plus que des enfants issus des mêmes quartiers paupérisés.
                Quand au point 4 sur le service militaire, laissez moi rire, car je l’ai fait en 1997, il n’ y avait plus beaucoup de mixité, beaucoup faisaient des services civils dans des bureaux et n’avaient jamais touché un fusil de leur vie.

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