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Droit de vote des étrangers : la provocation à deux balles des socialistes

Deux conceptions de la République s’affrontent entre une anti-citoyenneté "en pièces détachées" et une "citoyenneté de résidence", au milieu d’une "citoyenneté européenne en gestation". À moins que ce ne soit que l’occasion d’une énième polémique préélectorale.

Ceux qui critiquent le discours de Nicolas Sarkozy du 23 novembre 2011 devant les trois mille maires réunis à l’Élysée parce qu’il aurait remis dans l’actualité le thème du droit de vote des étrangers aux élections municipales sont de bien mauvaise foi. En effet, si ce thème récurrent de la vie politique depuis au moins trente ans (voir plus loin) revient dans la sauce médiatique, c’est par la grâce du Parti socialiste et plus précisément de la majorité sénatoriale qu’il contrôle désormais depuis le 1er octobre 2011.

Nicolas Sarkozy avait en effet déclaré : « Une telle proposition me semble hasardeuse parce qu’elle risque de diviser profondément les Français au moment où, plus que jamais, nous avons besoin de nous rassembler. ».

Ce n’est pas parce que le Président de la République a changé d’avis que les arguments ont changé de sens.

Le droit de vote des étrangers est l’un des thèmes marronniers de la vie politique, une mesure qui ne coûte pas grand chose (à part quelques rapports parlementaires) et qui permet d’en remettre une couche au clivage assez virtuel entre la droite et la gauche. Une bonne diversion sur les vrais problèmes économiques et sociaux du pays. Pour une fois, Nicolas Sarkozy n’y est pour rien dans cette diversion.


La forme

D’ailleurs, il faut le saluer, les socialistes ont montré ici un très grand sens politique, habileté et astuce parlementaire très fine. Ils ont repris une proposition de loi qui avait été adoptée par l’Assemblée Nationale le 4 mai 2000 à l’époque où ils avaient la majorité absolue (sous le gouvernement de Lionel Jospin) et surtout sur la pression des Verts et des communistes (Lionel Jospin était très réticent).

Le regretté Raymon Forni, le Président de l’Assemblée Nationale de l’époque, avait alors transmis cette proposition de loi au Sénat pour la poursuite de la procédure législative. Mais les sénateurs, depuis l’an 2000, n’ont jamais daigné remettre cette proposition de loi à l’ordre du jour. Si bien qu’elle était en attente (et a priori, il n’y a jamais de date de péremption dans ces procédures).

Le Sénat, majoritairement opposé à cette proposition, n’avait pas semblé utile de la discuter pour la rejeter. La faute pourrait en incomber au Sénat qui a laissé dormir pendant onze ans une proposition adoptée par l’autre assemblée, mais en fait, c’est le Premier Ministre socialiste Lionel Jospin qui avait refusé de la mettre à l’ordre du jour au Sénat.

Maintenant que le Sénat est à gauche, la situation a bien changé.

Au lieu de modifier la proposition de loi, les sénateurs de gauche auraient pu simplement mettre à l’ordre du jour la discussion de cette proposition de loi déjà adoptée. C’était en tout cas l’option choisie par la rapporteure de la proposition Esther Benbassa, nouvelle sénatrice EELV.

Et vraisemblablement, cette proposition de loi aurait été adoptée dans les mêmes termes qu’à l’Assemblée Nationale, si bien que les socialistes auraient réussi le tour de force de faire adopter définitivement une proposition de loi à laquelle était opposée la majorité parlementaire (à l’Assemblée Nationale). Cela aurait donc été encore plus astucieux.

Cependant, les sénateurs socialistes, plus sérieux dans le travail législatif, ont bien compris qu’il faudrait de toute façon modifier le texte du 4 mai 2000 en raison de quelques petits changements techniques.

Le texte a donc été amendé en Commission des lois (rapport n°142) sa discussion aura lieu cette semaine, le jeudi 8 décembre 2011 à partir de quinze heures.

Petit point amusant : Esther Benbassa, écologiste, dans sa déclaration à la Commission des lois le 30 novembre 2011, a cité deux illustres "immigrés" : « Aujourd’hui, il est temps d’ajouter une nouvelle page à l’historie de notre Nation, et de rendre hommage aux étrangers qui dorèrent son blason, à l’instar des Prix Nobel Marie Curie ou Georges Charpak. ». Elle ne sait probablement pas que les deux illustres scientifiques avaient justement acquis la nationalité française (comme l’a rappelé le sénateur UMP Jean-Jacques Hyest), respectivement en 1895 et en 1946, et que Georges Charpak avait passé les dernières années de sa vie à soutenir activement l’industrie nucléaire…

Cela dit, il n’y aura pas de "bagarre" pour obliger le Président de la République (et les ministres actuels) de promulguer cette "loi" car cette proposition de loi devra repasser par l’Assemblée Nationale puis, comme elle modifie la Constitution, pour être définitivement adoptée, il faudra ensuite réunir le Parlement en Congrès (convoqué par le Président de la République) et la faire adopter à la majorité des trois cinquièmes.

Pour faire adopter définitivement ce texte, il faudrait donc obtenir l’aval des députés et aussi la majorité qualifiée du congrès.

Pour l’instant, les socialistes et leurs alliés n’ont pas de majorité au Palais-Bourbon ni la majorité des trois cinquièmes. Avec le nouveau Sénat, il faudrait que les socialistes et leurs alliés obtiennent au moins 376 sièges de député le 17 juin 2012 pour réussir à atteindre une telle majorité (aujourd’hui, ils n’ont que 228 sièges).

Dans tous les cas, il y a peu de chance que le texte soit à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale avant la fin de la législature, à savoir le 24 février 2012.

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L’historique

L’idée de donner le droit de votes aux étrangers (pas "immigrés", mot qui n’a aucune signification juridique) n’est pas nouvelle et est un véritable serpent de mer à but ouvertement politicien.

Ainsi, le candidat François Mitterrand l’avait déjà placée dans ses 110 propositions lors de la campagne présidentielle de 1981.

Sa quatre-vingtième proposition disait effectivement : « L’égalité des droits des travailleurs immigrés avec les nationaux sera assurée (travail, protection sociale, aide sociale, chômage, formation continue). Droit de vote aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français. Le droit d’association leur sera reconnu. ».

Bien entendu, cela aura été une "promesse en lettres mortes".

En début avril 1988, pendant la campagne présidentielle très dure de l’élection présidentielle suivante, à l’issue de la première cohabitation (conflictuelle), François Mitterrand avait relancé le thème pour enflammer les passions politiques (sur RTL : « personnellement favorable au droit de vote des immigrés aux élections municipales mais non à leur éligibilité »).

Il a ainsi affirmé qu’il était partisan du droit de vote des étrangers aux élections municipales mais qu’il ne le déciderait pas car il sentait que le pays n’était pas prêt. C’était très habile de sa part (machiavélique même !) puisque, en définitive, pourquoi en parler (en pleine campagne présidentielle avec des sujets bien plus importants comme le chômage etc.) si c’était pour ne rien faire ? Sinon pour simplement attiser les oppositions et les exacerbations et encourager la candidature de Jean-Marie Le Pen qui avait grimpé le 24 avril 1988 à 14,4% des suffrages (à l’époque son score le plus élevé).

Soutenant très activement la candidature de Raymond Barre, j’aurais probablement voté pour François Mitterrand au second tour sans cette embardée démagogique qui mettait de l’huile sur le feu de la cohésion nationale. Mon vote du second tour est donc allé pour Jacques Chirac, sans aucun regret.

Puis, le sujet est revenu régulièrement dans la vie politique, de façon surtout théorique, et dans presque tous les programmes socialistes. C’est un bon moyen pour le PS de se montrer bien à gauche et d’exciter le taureau FN avec cette ficelle rouge assez grosse.

Lors de ses vœux à la presse le 12 janvier 2010 (il y a presque deux ans), la première secrétaire du PS Martine Aubry avait ainsi ranimé le débat en pointant du doigt la position du Président de la République : « Sortons des discours sur l’intégration, les étrangers, c’est un peu comme les discriminations, maintenant, ça suffit, il faut agir ! (…) Le Président de la République avait dit qu’il y était favorable. Eh bien, qu’il la fasse voter, et nous dirons que c’est une loi portée par l’ensemble de la République française. » ("Le Figaro", 13 janvier 2010).


Le fond

Reprenons donc le texte exact de la réforme qui sera discutée au Sénat ce 8 décembre 2011 : « Le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales peut être accordé aux étrangers non ressortissants de l’Union Européenne résidant en France. Ils ne peuvent exercer les fonctions de maire ou d’adjoint, ni participer à la désignation des électeurs sénatoriaux et à l’élection des sénateurs. ». Le reste est du ressort technique (juridique).

Sur la réalité de permettre à certains résidents de participer à la vie de la cité, on ne pourrait dans un premier regard que s’en féliciter. Toute personne un peu impliquée dans la vie locale sait bien qu’il est difficile de trouver des personnes prêtes à s’engager et à participer dans la vie municipale, ce qui suppose souvent beaucoup de temps (au détriment de la vie professionnelle ou familiale), d’abnégation (il y a rarement de la reconnaissance) et de pugnacité (pour des petits riens, il faut déplacer des montagnes).

Pourtant, je n’y vois que des inconvénients et aucun avantage.

1. Le principal inconvénient : un principe républicain qu’on viole

Pour moi, ma certaine idée de la République, c’est notamment l’indissociable lien entre la nationalité française et la citoyenneté française. Dénaturer ce lien, le découpler, c’est rendre le principe de nationalité coquille vide. C’est même grave de différencier les deux. C’est le principe élémentaire de la souveraineté nationale, celle de la réserver aux nationaux français.

Selon Esther Benbassa, au contraire : « Il n’est pas légitime de lier citoyenneté et nationalité. Alors que la nationalité répond à la question : "qui suis-je ?", la citoyenneté, quant à elle, répond à la question : "que faire ensemble ?". En d’autres termes, la nationalité est attachée à une personne, alors que la citoyenneté relève d’une logique collective. ».

L’alinéa 3 de l’article 3 de la Constitution est pourtant assez clair sur ce principe qui date de 1793 : « Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. ».

2. Création d’une citoyenneté de seconde zone

Un autre inconvénient majeur, c’est de ne plus respecter l’égalité entre les électeurs ou les personnes éligibles en interdisant une partie d’entre eux (les étrangers) d’assurer les fonctions exécutives au sein des municipalités.

C’est d’autant plus stupide qu’on pourrait très bien imaginer, avec une telle réforme, un conseil municipal composé uniquement d’étrangers à l’exception du maire et des adjoints qui seraient alors forcément, lors des votes, sous pression …d’étrangers. Bonjour la souveraineté nationale !

3. Droit de vote et contributions fiscales

Parmi les très mauvais arguments qui cherchent à soutenir cette réforme, il y a le plus mauvais, celui de dire qu’un étranger qui réside depuis longtemps en France paie ses impôts en France. Oui, certes.

Mais alors, où est la cohérence fiscale dans tout cela ? S’il paie la taxe d’habitation, non seulement il devrait pouvoir voter aux élections municipales mais aussi aux élections cantonales et régionales, étant donné que la taxe d’habitation est composée d’une part régionale et d’une part départementale, toutes les deux en hausse vertigineuses depuis la prise de quasi-monopole des socialistes.

Et il faudrait encore aller plus loin : cet étranger, s’il est salarié, paie aussi des impôts sur les revenus et aussi ses cotisations sociales sur son salaire. En clair, il devrait aussi pouvoir voter pour les représentants nationaux, en clair aux élections législatives.

Allons encore plus loin : même les touristes paient la TVA lorsqu’ils consomment en France. Faudrait-il donc leur octroyer, à eux aussi, le droite de vote ?

Bref, ce très mauvais argument, non seulement est totalement incohérent en terme de logique, mais il est aussi philosophiquement très grave : cela voudrait dire que les nationaux français qui ne payeraient pas d’impôt seraient des électeurs "à la limite" ! Cela redonnerait goût à un curieux retour (par la gauche !) du suffrage censitaire.

L’ancien ministre Hervé Mariton l’avait d’ailleurs remarqué : « Contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, payer des impôts ne donne pas droit au vote, ou bien, c’est le rétablissement du suffrage censitaire. » ("Le Figaro", 13 janvier 2010).

Il est à noter que cet argument avait été utilisé par Nicolas Sarkozy dans son livre "Libre" (éd. Robert Laffont et XO, 24 janvier 2001) : « À compter du moment où ils paient des impôts et cotisations, où ils respectent nos lois, où ils vivent sur notre territoire depuis un temps minimum, (…) je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher de donner leur appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien. » (page 214).

4. Pourtant, il y a déjà les ressortissants de l’Union Européenne

Effectivement, depuis la ratification du Traité de Maastricht, les étrangers ressortissants de l’Union Européenne ont le droit de vote aux élections municipales et européennes. Cette mesure est réciproque dans tous les pays de l’Union Européenne. Elle a été mise en application la première fois aux élections municipales de mars 2001 après la promulgation de la loi française n°98-404 du 25 mai 1998 consécutive à la directive européenne 94/80/CE du 19 décembre 1994.

Cela explique par exemple que Daniel Cohn-Bendit, qui a la nationalité allemande (et pas française), a été régulièrement candidat (et élu) aux élections européennes en France depuis juin 1994.

Personnellement, je n’étais pas favorable à cette mesure qui casse le lien entre nationalité et citoyenneté (comme je l’ai expliqué) et qui crée des électeurs de seconde zone.

D’un point de vue politique, cette mesure était pourtant un bon moyen de renforcer le sentiment d’appartenance européenne et de citoyenneté européenne. C’est justement cet ensemble institutionnel très "bâtard", exceptionnel dans l’histoire mondiale, qui essaie d’unifier tous les pays européens tout en essayant de préserver la souveraineté de chacun d’eux.

Après plus de cinquante ans de recul, le système est loin d’être satisfaisant car il est loin d’être démocratique et transparent : le jour où le Président de la Commission européenne (actuellement José Manuel Barroso) ou mieux, le Président du Conseil européen (Herman Van Rompuy) sera élu au suffrage universel direct par l’ensemble des électeurs européens, le pouvoir européen sera démocratique et visible.

Cette "faille" juridique pour raison européenne, les socialistes, évidemment, ont cherché à l’instrumentaliser. Ainsi, à l’origine d’une autre proposition de loi déposée en janvier 2010 à l’Assemblée Nationale avec Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, la députée socialiste Sandrine Mazetier affirme très nettement : « Notre proposition de loi vise à faire émerger une citoyenneté de résidence. » pour embrayer sur la faille, justement : « Depuis l’ouverture d’un droit de vote aux élections municipales aux ressortissants des États membres de l’Union Européenne, le droit français admet la dissociation entre droit de vote et possession de la nationalité française. ». Elle a hélas raison.

Promouvant une « citoyenneté plurielle », elle s’est fondée sur les travaux de la sociologue Catherine Whitol de Wenden : « La citoyenneté locale est une condition essentielle de la cohésion sociale, entravée par la nouvelle frontière qui se construit entre Européens communautaires et non Européens. » ("La Croix", 24 novembre 2011).

Le sénateur UMP Philippe Bas ne considère toutefois pas que c’est une faille : « À vous entendre, l’octroi du droit de vote aux étrangers de l’Union Européenne aurait été une "brèche" qu’il faudrait élargir. Au contraire, c’est parce qu’il y a une citoyenneté européenne en gestation que l’on peut accorder le droit de vote aux élections locales à ces ressortissants communautaires. (…) L’Union Européenne, ce n’est plus du tout étranger. Ne banalisons pas le droit de vote des Européens en le réduisant à une simple étape sur le chemin d’une extension généralisée. Avec les étrangers non communautaires, il n’y a ni passeport commun, ni partage de souveraineté, ni communauté de destin, ni histoire commune. » (intervention à la Commission des lois du Sénat).

5. Une "citoyenneté locale" ne peut-elle être que locale ?

C’est la réponse à cette question qui fait probablement le clivage. Ma réponse est non pour deux raisons. Certes, la proposition de loi discutée le 8 décembre 2011 insiste sur le fait que les étrangers ne pourraient pas être ni grands électeurs pour les élections sénatoriales, ni maires (ni adjoints).

Pourtant, le lien de souveraineté nationale reste continu. Les grands électeurs sont forcément issus des municipalités elles-mêmes issues des "citoyens locaux". Ainsi, indirectement, les étrangers participeraient tout de même à la désignation des sénateurs, et donc, du législateur français.

L’autre lien, qui va devenir crucial pour les prochains mois, c’est la capacité des maires à parrainer un candidat à l’élection présidentielle (cinq cents signatures sont nécessaires). Certes, une fois encore, les maires ne seraient jamais étrangers, mais ils auraient émané malgré tout, pour certains, d’étrangers, ce qui pourrait être donc troublant en terme de souveraineté nationale.

6. Le vote des étrangers est-il vraiment un gage de cohésion sociale ?

Ce serpent de mer ressemble au mariage des homosexuels. Y a-t-il une réelle demande de la part des étrangers résidant en France de prendre part à la vie municipale ?

J’en doute. Ou plutôt, cela se saurait depuis longtemps. Les problèmes de cohésion sociale qu’on peut rencontrer dans les banlieues-ghettos ne relèvent pas d’une citoyenneté locale ou pas. La preuve, c’est que la plupart des protagonistes, même "immigrés", sont de nationalité française et leur droit de vote n’est pas ce qui peut les "affranchir". Une formation solide, un logement décent, un travail rémunéré correctement, ce sont des vecteurs de cohésion sociale bien plus efficaces.

7. La réciprocité

Un autre argument serait d’accepter le droit de vote des étrangers… sous réserve de réciprocité (condition qui n’est pas mise dans la proposition de loi). Là encore, la cohérence est complètement surréaliste. La réalité des deux pays est très différente et l’idée est avant tout sociale, afin de renforcer l’intégration des étrangers dans la communauté nationale par leur implication personnelle.

S’il fallait n’accorder ce droit que sous condition de réciprocité, cela signifierait qu’on instituerait deux types d’étrangers hors Union Européenne, ce qui ne plaiderait pas vraiment en faveur de la cohésion sociale (pour laquelle le principe d’égalité me paraît fondamental).

Par ailleurs, c’est comme le débat (ridicule) sur la double nationalité (engagé il y a quelques mois par l’UMP). Le débat reste sur l’acceptation de naturaliser ou pas un étranger (sous conditions) mais pas de retirer la nationalité étrangère à un citoyen déjà français, ni l’inverse, retirer la nationalité française à un Français qui obtiendrait également une nationalité étrangère (là, c’est le problème du pays concerné, pas celui de la France).

On voit que ce débat peut produire des aberrations intellectuelles…


La seule solution raisonnable

Au contraire d’autres sujets de société, le sujet du droit de vote des étrangers est un faux problème. Car si le résident étranger, parce qu’il s’est bien inséré, qu’il envisage de vivre définitivement en France, que sa famille s’y est établie, que son avenir ne peut être que français, souhaitait voter aux élections, il suffirait qu’il fasse une demande de la nationalité française, qui serait, en terme de formalités, aussi "pénible" qu’une demande de carte d’électeur. Et en plus, il pourrait voter à toutes les élections, pas seulement aux municipales.

L’ancien Président du Conseil Constitutionnel Pierre Mazeaud, qui est un éminent juriste et un ancien député, ne mâche pas ses mots : « Si un étranger a de profondes attaches avec la France et souhaite participer pleinement à la vie de la cité, plutôt que d’accéder à un simple strapontin aux élections locales, il faut lui ouvrir la seule voie digne de ses aspirations : la voie royale de la naturalisation. La citoyenneté ne se transmet pas en pièces détachées. » ("La Croix", 24 novembre 2011).

À tout prendre, je préfère qu’on assouplisse l’attribution de la nationalité française aux étrangers résidant en France qui sont une richesse pour notre nation à leur octroyer une sorte de droit de vote bancal qui fermerait les yeux sur la logique juridique.


Les arrière-pensées

Donc, comme je viens de l’expliquer, rien ne soutient l’intérêt et la pertinence du droit de vote des étrangers. Et surtout, c’est une mesure inutile, inintéressante, qui pollue le débat politique et surtout, qui le clive et renforce les passions.

Typiquement le genre de débats inutiles et dangereux qu’initiait l’UMP depuis le début de ce quinquennat et visiblement, le PS lui emboîte allègrement le pas.

Les arrière-pensées sont évidemment nombreuses. J’en ai trois à proposer.

1. C’est un bon sujet pour gauchiser le discours du PS à bon compte. Les communistes et les Verts sont demandeurs. Le peuple de gauche est ainsi "mieux" rassemblé, au cas où il y aurait des doutes sur l’appartenance du PS à la gauche.

N’ayant pas compris qu’elle aurait plutôt intérêt à ne pas trop insister sur le sujet, Eva Joly a même appelé à un rassemblement devant le Sénat le 8 décembre pour soutenir la proposition de loi.

2. C’est un mauvais sujet pour l’UMP car un tel sujet ne peut que renforcer le FN dans sa stigmatisation des étrangers et des "immigrés" (mot qui, je le répète, ne veut rien dire). En ce sens, la proposition de loi est contreproductive et ses auteurs le savent très bien.

3. Peut-être le PS a-t-il l’arrière-pensée également de croire que l’électorat des "étrangers" aptes à voter lui serait acquis. Là, j’en doute fortement et cela risque d’être le même mauvais calcul que l’abaissement de l’âge de la majorité pour Valéry Giscard d’Estaing (les jeunes avaient voté majoritairement contre lui en 1981).

D’une part, il ressort des dernières élections que les quartiers où les électeurs sont d’origine étrangère (quartiers dits "sensibles") ont plutôt montré une indifférence à la chose politique (abstention massive).

D’autre part, il est même fort à parier que l’étranger qui voudrait participer aux élections municipales soit un résident qui souhaite la sécurité, le calme et la sérénité et qu’il apporte sa voix aux meilleurs partisans de l’ordre (donc, pas forcément au PS).


Relations entre le PS et un certain "islamisme"

Il y a aussi une autre arrière-pensée plus grave. Celle d’un PS qui voudrait donner des gages aux "islamistes". On a pu constater que dans les dernières élections locales, cet élément est apparu (le NPA avait des listes avec des femmes voilées).

Le sujet est important et cela voudrait dire que le PS considérerait les islamistes en France comme des forces organisées.

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Le sénateur Philippe Bas va assez loin d’ailleurs dans ses inquiétudes : « Veut-on voir les municipalités réserver des horaires aux femmes dans les piscines, adapter les menus des cantines scolaires, réglementer la circulation pour permettre les prières de rue ? ».

Pourtant, d’autres signaux contradictoires diraient le contraire.

Ainsi, la veille de la discussion de cette réforme, le mercredi 7 décembre 2011 à quatorze heures trente, le Sénat examinera une proposition de loi émanant de la majorité sénatoriale dominée par le PS (à l’initiative du Parti radical de gauche) qui renforcerait la loi contre le port du voile musulman (« obligation de neutralité ») dans les « structures privées en charge de la petite enfance » (par exemple, les crèches et les centres de loisirs et de vacances). Le rapport a été déposé par l’ancien Ministre de la Défense Alain Richard le 30 novembre 2011.

Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) est même très sévère vis-à-vis de la gauche en titrant son communiqué de presse du 1er décembre 2011 ainsi : « Sitôt passé à gauche, le Sénat propose un loi islamophobe » et en faisant part de sa déception : « La course aux idées d’extrême droite visant à stigmatiser les musulmans en tant de crise n’est pas l’apanage d’une partie de l’UMP. Les partis de gauche pensent-ils devoir s’engouffrer dans cette voie au risque de décevoir ceux qui voyaient en François Hollande et Eva Joly des pourfendeurs des discours qui stigmatisent et divisent les Français ? ».

Alors, à quoi joue le PS ? Avec le feu, assurément…

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Au-delà du serpent de mer

Le débat sur le droit de vote des étrangers est donc factice. Même adopté, ce droit n’aura pas une grande conséquence, a priori. Il y a 1,8 million d’étrangers non européens, majeurs et résidant en France depuis plus de cinq ans, et si l’on prend le taux des ressortissants de l’Union Européenne qui votent, à savoir 20%, cela voudrait dire moins de quatre cent mille électeurs de plus… à condition qu’ils viennent quand même s’inscrire !

Le débat est évidemment sur le plan des principes (le lien à mon sens indissociable entre citoyenneté et nationalité qui est l’un des fondements républicains), et il l’est aussi sur le plan politicien, en renforçant la tension entre la droite et la gauche, en caressant dans le sens du poil les "gauchistes" et en exaspérant des électeurs qui pourraient pencher vers le FN.

Bref,

inutile de dire que la démocratie n’en sort pas grandie.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (6 décembre 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le texte qui sera débattu le 8 décembre 2011.
Le rapport de ce texte par Esther Benbassa le 30 novembre 2011.
Le texte adopté le 4 mai 2000 par l’Assemblée Nationale.
Le texte sur l’obligation de neutralité débattu le 7 décembre 2011.
Le rapport de ce texte par Alain Richard le 30 novembre 2011.
La loi du 25 mai 1998 sur le vote des Européens

aux municipales.
La directive du 19 décembre 1994 sur le vote des Européens aux municipales.
Le Sénat est maintenant à gauche.


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48 réactions à cet article    


  • posteriori 6 décembre 2011 07:40

    Rakotofake ! Cet auteur n’existe pas !


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 6 décembre 2011 07:57

      Informations complémentaires : c’est le Premier Ministre François Fillon lui-même qui interviendra dans le débat au Sénat sur le sujet et l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement (candidat à l’élection présidentielle) ne soutiendra pas le texte.


      • impertinent3 impertinent3 6 décembre 2011 10:13

        Ne désespérez pas Rakotoarison, vous allez y arrivez à l’article avec 100 % d’avis défavorables !


      • wesson wesson 6 décembre 2011 09:12

        bonjour l’auteur,
        enfin !
        enfin, grâce à votre illustration montrant la France comme un âne menée par une femme en burka, vous montrez enfin à quel bord vous appartenez clairement : l’extrême droite islamophobe. Au moins vous assumez ...

        Rakotoarison, c’est pas des iles ça comme nom ? probablement encore une de ces feignasse à qui il faut indiquer le cocotier sous lequel il peuvent s’abriter pour faire la sieste, ces bandes d’assistés ...

        vous voyez, faire du racisme avec des stéréotypes imbéciles, c’est très facile.

        Bienvenue dans le monde des fafs !


        • franck2012* 6 décembre 2011 10:41

          N’empêche le vote des étrangers est une belle connerie que le PS pourrait bien regretter. Car ajoutant les propositions politiciennes ,en pleine crise, en direction des différentes composantes minoritaires de la gauche, il pourrait rater d’un cheveu, mais d’un cheveu quand même le deuxième tour. Et là j’aimerais assez voir votre tronche au soir des élections.

          Perso, je serais seulement plié de rire.

          Sans rancune wesson ...


        • wesson wesson 6 décembre 2011 10:58

          « N’empêche le vote des étrangers est une belle connerie que le PS pourrait bien regretter. »

          ça c’est votre avis, et il me semble bien qu’un sondage récent fait état d’un large consensus populaire sur la question. Que le vote des « étrangers » fasse chier les caciques du FN et de l’UMP retraités qui pullulent ici, je le conçoit, mais ça ne fait toujours pas la majorité.

          Le vote des « étrangers » parfaitement intégrés à leur commune est une simple question de bon sens.


        • franck2012* 6 décembre 2011 12:43

          @wesson

          le sondage du Parisien était obvié ( lire commentaire sur agoravox )

          cette fois ci il allait dans votre sens

          mais ne vous faites pas d’idée sur la question de l’immigration et celle du droit des étrangers à voter, ici

          Suffit de poser la question : oui ou non pour le vote des étrangers

          j’ajoute que ce journal de droite libérale partage l’idée avec vous que les immigrés c’est bon pour la pression à la baisse des salaires


        • franck2012* 6 décembre 2011 12:49

          et accessoirement pour noyer le pouvoir des peuples dans un marché toujours plus grand


        • lsga lsga 6 décembre 2011 11:29

          C’est rigolo quand même :


          Quand un oligarque Russe qui est le fils du banquier de la ploutocratie russe soutient Marine Lepen, on nous explique que c normal car pleins d’immigrés soutiennent Marine Lepen et le front national. Cf les commentaires sur cet article :
          http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pougachev-l-immigre-qui-vote-104095

          Par contre : Dès qu’il s’agit de parler de droit de vote des immigrés, là on a tous les sbires du FN qui hurlent à la mort.... smiley 

          Hey : un peu de cohérence les gars. Déjà que vous avez du mal à être fier d’être d’Extrême Droite, si en plus de ça vous vous contredisez tous les 2 articles ça va devenir pitoyable. smiley


          Sinon, toujours contre l’avortement et pour la peine de mort ? Contre l’Oligarchie et contre le revenu maximal ? Contre la mise en concurrence des salariés français et immigrés et pour un droit du travail différent pour les français et pour les immigrés ?

          Tin : cohérence les gars, un peu de rationalité. 

           smiley smiley smiley smiley smiley

          • franck2012* 6 décembre 2011 12:52

            s’il veut voter il acquiert la nationalité francaise ....

            autrement il vote chez lui


          • Cyclotron 6 décembre 2011 13:26

            « Hey : un peu de cohérence les gars. »

            Si vous êtes largués, c’est parceque vous raisonnez en terme de meute, croyant bêtement qu’un immigré, un homosexuel, un musulman, un jeune etc. raisonne pour son intérêt propre (et celui de sa supposée communauté) avant de réfléchir à l’intérêt général de son pays.
            Il y a des homosexuels contre le mariage homo et des étrangers contre le vote des étrangers, c’est comme ça...
            Pauvre de vous si vous n’arrivez pas à le concevoir.


          • lsga lsga 6 décembre 2011 13:54

            Marine Lepen prétend s’attaquer à l’Oligarchie.

            Pourtant, quand on lui demande ce qu’elle compte faire pour désendetter la France, elle parle de Lutte contre l’Immigration. Quand on lui demande comment elle compte modifier la fiscalité, elle est plus que flou :

            http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/marine-le-pen-sur-bfm-tv-32793#forum12699844

            Le Front National fixe votre regard sur les arabes et les esquimaux pour mieux le détourner de ceux qui sont véritablement responsable de la situation actuelle : les oligarques. 


            Les arabes, les noirs, les juifs, les roms, et les schroumpfs ont les mêmes intérêts que nous : améliorer les conditions de vie du salariat et des classes populaires. Les immigrés, comme nous, profitent et ont besoin de la sécurité sociale, de l’éducation nationale, du chomage, de la retraite : bref, d’un système social fort. 

            En tant que Salarié, j’ai donc tout intérêt à ce que les immigrés aient le droit de vote :je suis du même côté qu’eux, j’ai les mêmes intérêts qu’eux.

            Par contre, ceux qui défendent la petites bourgeoisie (commerçants, petits patrons), et l’Oligarchie Nationale ont tout intérêt à limiter au maximum le pouvoir d’action politique des classes populaires. Recourir à une sous catégorie de ’métèques’ qui font partie de la classe populaire sans avoir les mêmes droits que les autres est une technique ancestrale. 

            Quand on se bat contre l’Oligarchie, on se bat pour le droit de vote pour l’ensemble des travailleurs, on se bat pour abolir les privilèges de la classe dominante. 

            PS : essayez donc de répondre point par point. ça changera des insultes non argumentés. 


          • franck2012* 6 décembre 2011 14:01

            peu me chaut qu’ils raisonnent en termes communautaires ou non

            Qu’ils votent à gauche ou à l’extrême droite

            je cherche une cohérence , là où vous préférez un internationalisme idéaliste et qui se heurte à la réalité d’une crise qui voit la mondialisation effacer les peuples en les divisant par tous les moyens ...

            vous trouvez que le peuple est si bien représenté au parlement que l’on puisse encore diluer sa volonté, à l’heure où l’on parle de transférer le pouvoir budgétaire à Bruxelles ?


          • lsga lsga 6 décembre 2011 14:08

            1. Vous ne répondez à mon post précédent. Allez y : lisez, répondez point par point. 

            2. Je ne suis pas idéaliste, mais matérialiste. C’est à dire que mon point de vue repose sur une analyse des rapports de forces dans la production. C’est à ce titre que malgré les ’idées’ (type : culture, cuisine, croyances, etc.) je vois plus de points communs entre un salarié arabe et un salarié français qu’entre un salarié français et un Oligarque. 
            La patrie : c’est un idéal. La Classe Sociale (salarié ou rentier) : c’est une réalité matérielle. 

            3. Le marxisme ne se heurte pas à la réalité de la mondialisation. Cela fait 150 ans que on l’a théorisé, décrite, et prédite. Ce qui se passe aujourd’hui était déjà prévu dans les moindres détails dans le manifeste. 
            4. Relisez mon poste précédent. Le peuple, c’est ceux qui travaillent. Les salariés arabes et les noirs ont les mêmes intérêts que les salariés français. 

          • franck2012* 6 décembre 2011 14:16

            @Isqa

            mais oui, mais c’est bien sur !

            puisque nous n’arrivons à vaincre l’oligarchie en fédérant les ouvriers,on va y parvenir en fédérant tous les immigrés autour des ouvriers !

            c’est limpide

            une manoeuvre de contournement en somme

            Mélenchon avait donc raison d’aller en libye avec Eva joly :

            Les masses islamistes du tiers-monde + les immigrés + les ouvriers = l’international socialiste

            Pas con , fallait oser, mais pas con !!

            Chapeau bas les gars....

            Avec des stratèges comme vous, Rockfeller & Rotchild vont faire dans leur slip !!!!


          • lsga lsga 6 décembre 2011 14:32

            1. Tu ne réponds pas à mes arguments. Ce serait bien que tu nous montre un peu que tu es intelligent et que tu sais débattre. 


            2. Les immigrés sont des ouvriers (salariés). Ils ont donc les mêmes intérêts que le reste du salariat : sécurité sociale, code du travail, etc. Qu’est-ce que tu ne comprends pas la dedans ? Peux tu me montrer que les immigrés ont des intérêts contradictoire avec le reste du salariat français ? (matériellement, pas dans l’idéologie idéaliste de l’extrême droite patriote smiley smiley )

            3. Mélenchon a commis une erreur sur la Lybie, comme le PCF des années 60 sur l’algérie. Je ne vois pas le rapport avec ce dont on parle. Tu peux argumenter et contre argumenter sans chercher à changer de sujet STP ? ça nous montrerait un peu si tu es moins bête que tu n’en a l’air.

            4. Quand les gens comme nous imposeront un revenu maximum, l’oligarchie va faire dans son slip. Rien ne lui fait plus peur. Marine Lepen, elle, propose certes de lutter contre les méchants immigrés, mais par contre son plan de lutte contre l’oligarchie n’est pas très clair :
             http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/marine-le-pen-sur-bfm-tv-32793

            Allez, essaye de contre argumenter. Montre nous que tu as des neurones entre les oreilles. 


          • xbrossard 6 décembre 2011 15:29

            @igsa


            « Les immigrés sont des ouvriers (salariés). Ils ont donc les mêmes intérêts que le reste du salariat : sécurité sociale, code du travail, etc. Qu’est-ce que tu ne comprends pas la dedans ? Peux tu me montrer que les immigrés ont des intérêts contradictoire avec le reste du salariat français ? (matériellement, pas dans l’idéologie idéaliste de l’extrême droite patriote   ) »

            si vraiment les immigrés avaient les mêmes intérêt que le salariat français, ils n’accepteraient pas de travailler pour moins cher que le SMIC, en étant hors la loi. Ils savent très bien qu’ils sont hors la loi, et « profitent » de leur compétitivité (je met entre guillemet pour que l’on ne croit pas que c’est volontaire)

            d’ailleurs, les immigrés qui sont naturalisés finissent par rapidement dénoncer leur condition de travail, parce qu’ils savent qu’ils ne sont plus hors la loi...

            PS : je suis de gauche, et plutôt d’extrême gauche, mais j’ai du mal à accepter le droit de vote des étrangers car comme le dit si bien l’auteur, si les nationaux n’ont pas plus de droits que les étrangers, qu’est-ce qui caractérise la nation ? autant dans ce cas la supprimer (ce que je suis contre)

          • lsga lsga 6 décembre 2011 17:52

            @xbrossard :


            tu ne me contredits pas : tu confirmes ce que je dis. 

            L’existence d’un catégorie de métèques sans droit (ni de vote ni de rien) est défavorable à l’ensemble du salariat. Ces métèques aspirent à devenir des salariés comme les autres avec les mêmes droits. Dès qu’ils l’obtiennent, ils se battent à côté du reste du salariat pour obtenir des nouveaux droits. 

            C’est donc dans l’intérêt de TOUS qu’il faut donner le droit de vote aux étrangers


          • xbrossard 7 décembre 2011 12:37

            @igsa


            oui mais je suis désolé, les immigrés sont conscient qu’ils sont en position favorable, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils viennent chez nous...donc quelque part, ils sont aussi complices du système (même si c’est poussé par la misère)

            « C’est donc dans l’intérêt de TOUS qu’il faut donner le droit de vote aux étrangers »

            donc tu veux donner le droit de vote pour que le nombre de prolétaires votant fasse changer les choses ? l’international socialiste par les étrangers ?

            pour l’instant, la majorité des étrangers n’ont pas tellement voté pour l’extrème gauche je crois, ils doivent plutôt voter pour le FN ; ben oui, ils n’aiment pas trop la concurrence des futurs pauvres, puisqu’ils savent pourquoi et comment ils vont agir...

            je pense que faire changer la situation par ce moyen, déjà sera mal accepté par la population (noyer la france sous les pauvres qui voteront extrème-gauche provoquera certainement des réactions épidermiques), et finalement ne marchera pas car il favorisera les votes communautaristes (il peut y avoir des musulmans intégristes français qui se feraient élire) ou extrèmistes...

            par contre, vouloir faire changer la situation en ayant un droit de regard sur les embauches (par les salariés de l’entreprise) ou par la sanction des fraudeurs me parait être la première étape...

          • Michel DROUET Michel DROUET 6 décembre 2011 11:49

            En dehors du fait que le débat est instrumentalisé pour cause d’élections, trouvez-vous normal que « les étrangers » payent des impôts locaux sans avoir le droit de donner leur avis sur la conduite des politiques locales ?

            Ou bien faut-il les éxonerer des taxes locales pour prendre en compte le fait qu’ils ne peuvent pas s’exprimer ?

            PS : le dessin qui accompagne votre article est à gerber.


            • franck2012* 6 décembre 2011 12:46

              "En dehors du fait que le débat est instrumentalisé pour cause d’élections, trouvez-vous normal que « les étrangers » payent des impôts locaux sans avoir le droit de donner leur avis sur la conduite des politiques locales ?"

              OUI

              et s’ils payent des impôts sur le revenu ils doivent voter au scrutin national DROUET ?

              par Unsondageduparisien


            • lsga lsga 6 décembre 2011 14:22

              tcho... tu connais même pas l’Histoire de France. 

              Le peuple français s’est battu (1790, 1840, 1870 ) pour obtenir le droit de vote universelle et le droit du sol. Les révolutionnaires avaient compris qu’il est dans l’intérêt du peuple que tout ceux qui vivent sur le territoire est le droit de vote. 


              Vous pâtissez directement du fait qu’il y a sur le territoir une catégorie de métèques qui n’ont pas les mêmes droits que vous. En tant que salarié, vous êtes en concurrence avec eux. Plus les droits des métèques sont faibles, plus les conditions de vies du reste du salariat sont exécrables.

              C’est à ce titre que la préférence nationale va détériorer les conditions de vie du salariat français.

              (merci de répondre à ce que je dis, pas à autre chose. ça changera) 


            • xbrossard 6 décembre 2011 15:32

              @Igsa


              « En tant que salarié, vous êtes en concurrence avec eux. Plus les droits des métèques sont faibles, plus les conditions de vies du reste du salariat sont exécrables. »

              expliquez moi en quoi le fait que les étrangers n’ai pas le droit de vote fait qu’il va y a voir une pression sur les salaires à la baisse pour les nationaux.

              J’attends

            • lsga lsga 6 décembre 2011 18:00

              La Préférence Nationale consiste à créer une catégorie de métèque avec des droits inférieurs. 


              Lepen ne va pas foutre dehors tous les immigrés. Cette loi consiste donc à réduire les droits de ces immigrés sur le territoire. De facto, cette catégorie avec des droits inférieurs se retrouve en concurrence sur le marché du travail avec le reste du salariat. Les salariés français se trouvent donc fragilisés d’autant plus. 

              La seule manière d’éviter que l’immigration ne mettent en concurrence le salariat Français : donner les mêmes droits aux immigrés qu’aux français. Comment alors éviter que la Bourgeoisie nationale ne fasse venir de très nombreux immigrés pour augmenter le chômage et la pression sur les salaires ? En faisant payer à la bourgeoisie le coût du chômage. 

              Mais au FN vous ne comprenez RIEN. Vous êtes simplement des INCULTES IMBECILES soi-disant patriotes qui ne connaissent MÊME PAS L’HISTOIRE DE FRANCE. 

            • xbrossard 7 décembre 2011 12:28

              @isga


              minute papillon, je ne suis pas FN (plutôt FdG), je pose une question

              d’ailleurs la solution que vous proposez (donner les même droits aux travailleurs immigrés, je souligne travailleur ), c’est la solution que préconise Mélenchon...

              m’enfin, je parlais du cas spécifique du droit de vote : en quoi le fait de voter fait que l’immigré pourra influencer le comportement du patronat ? vous ne croyez tout de même pas que les politiques vont faire changer le comportement d’un patronat réactionnaire comme le patronat français ?


            • RAKOTOARAISON....MAIS NON CE N’ ESTQUE DU RACISME ANTI-MAGRHEBIN

              leurs enfants et petits enfants ont le droit de vote...mais souvent ne votent pas car leurs parents et grands parants n’en ont pas le droit..
              ca fait peur a la droite populaire ( la moitié de l UMP...° ET le FN ...........PESTE BRUNE


            • franck2012* 6 décembre 2011 13:00

              Les bobos/gauchos main dans la main avec les néo-libéraux

              ...encore heureux qu’ils paient des impôts !

              ...alors comme ca on achèterait des droits ? Dont celui de vote ....

              l’argent toujours l’argent, décidemment vous êtes aussi vénaux que dans le camp d’en face


              • franck2012* 6 décembre 2011 13:02

                un autre sondage :

                20 % des ouvriers voteraient Hollande

                ....mais il y a tellement longtemps que vous n’avez pas croisé un ouvrier !! 


              • lsga lsga 6 décembre 2011 14:16

                la classe ouvrière c’est l’ensemble du salariat espèce de newbee. 

                Il y a d’un côté ceux qui vivent sur la base du profit : il possède du capital (actions, patrimoine, usines, etc.)
                De l’autre il y a ceux qui vivent en vendant leur force de travail : prolétariat OU classe ouvrière.

                Bref, le bobo salarié qui gagne 5.000€ par mois fait partie de la classe ouvrière et est un prolétaire. Il a les mêmes intérêts qu’un smicard : un système social fort et un code du travail favorable au salarié. 

                Le Boulanger ou l’artisan qui bosse 50 heures par semaine pour 800€ par mois lui fait partie de la bourgeoisie (petite bourgeoisie en l’occurence). Il a les mêmes intérêts que les bourgeois : des charges sociales moins forte et un code du travail favorable aux patrons pour pouvoir embaucher et s’enrichir.

                Tu vois, un matérialiste c’est ça : Celui qui analyse les rapports de productions matériels. 


              • franck2012* 6 décembre 2011 14:21

                " Bref, le bobo salarié qui gagne 5.000€ par mois fait partie de la classe ouvrière et est un prolétaire. Il a les mêmes intérêts qu’un smicard : un système social fort et un code du travail favorable au salarié. "

                Ouaip ,il y en a un de nous deux qui va devoir relire Marx !!

                je dis pas que c’est toi hein !

                entendons-nous :

                Les bobos + les ouvriers + les immigrés ...... j’ai oublié personne ?

                 smiley


              • lsga lsga 6 décembre 2011 14:39

                je suis en effet un lecteur régulier de Marx, de Lénine et autres. Il n’y a pas une semaine qui s’écoule sans que je lise du Marx.


                Encore une fois, tu ne réponds pas. Tu te moques (pas de manière très fine d’ailleurs), mais tu ne contre argumente pas. Allez, fait chauffer tes neurones, tu devrais y arriver. 

                Allez, j’essaye de t’aider en simplifiant :

                Classe ouvrière = ceux qui vendent leur force de travail = TOUS LES SALARIES = les mêmes intérêts = code du travail et système social favorable aux salariés (incroyable smiley )

                Bourgeoisie = ceux qui vivent en exploitant la force de travail des autres = PATRONS, RENTIERS, etc. = les mêmes intérêts = code du travail et système social favorable à l’employeur (incroyable smiley )

                L’arabe salarié qui bosse chez Renault va en haut, l’oligarque russe qui soutient Marine Lepen va en bas.

                Tu vois : matérialiste, rationnel, cohérent. 

                Allez maintenant, fais un effort : essaye de contredire avec des arguments.

              • xbrossard 6 décembre 2011 15:37

                @Igsa


                et le boulanger qui n’a pas de salarié, y fait parti de quoi ? 

                et l’armée de travailleurs indépendants avec le nouveau contrat de sarko, c’est aussi des petits bourgeois ?

                ce que vous auriez du retenir de Marx, c’est surtout le problème de l’accaparement de la valeur ajouté ;si elle était réparti selon les employés, il n’y aurait pas de lutte des classes

                la lutte des classes n’est pas le combat primordial

              • franck2012* 6 décembre 2011 16:54

                le probléme reste et restera la lutte des classes dans le système capitaliste

                maintenant on peut lire la bible tous les jours .... le capital en l’occurrence

                le capital nous renseigne sur les dérives du libéralisme du 19 éme siècle

                depuis, nombre d’exégètes se sont bien plantés

                je ne m’aviserais pas à partir de Marx d’expliquer la crise et sa solution dans l’immigration massive et non-contrôlée ....

                ...ici : Le vote des étrangers !


              • lsga lsga 6 décembre 2011 18:14

                @xbrossard


                Le boulanger qui n’a pas de salarié : quelles sont ses perspectives pour améliorer ses conditions de vie ? Avoir des salariés. Plus le salaire minimal sera bas, plus les charges sociales seront basses (et donc le système social faible), pus le droit du travail sera souple, plus le boulanger sans salarié aura de chance d’embaucher un salarié. 

                Les travailleurs indépendants s’apparente aux journaliers. Tout dépend en fait de leurs conditions MATERIELLES de production (matérialisme, quand tu nous tiens...). Si ils travaillent quotidiennement pour un seul employeur, ce sont juste des sous-salariés : des salariés qui ont eux-même renoncé à leurs droits, des auto-exploités comme dit Méluche. 

                Tant qu’à répartir la pluvalue, ne croyez que la bourgeoisie va vous permettre de le faire sans broncher. Sinon, en effet, de facto, il y a 200 Milliards d’€ de pluvalue à récupérer chaque année rien qu’en France (de quoi largement boucher le trou de la sécu.)

                @frankie


                Frankie... Marx est le premier à voir analyser la mise en concurrence internationale des salariés et l’utilisation des immigrés (les ’jaunes’) pour casser les mouvements sociaux... 
                Bref, tant qu’au 19ème siècle je te fais un copié/collé de ce que g répondu dans un autre post aujourd’hui même :

                 La société n’a pas changé

                La réalité sociale n’a pas changé depuis le milieux du 19ème siècle.Il y a bien eu quelques modifications d’apparence, mais le coeur de la société reste fondamentalement la même : D’un côté des personnes qui sont propriétaires des moyens de production et qui gagne leur vie grâce au profit (leur capital), de l’autre des salariés qui vivent en vendant leur force de travail. 

                La production et l’organisation de la production forment en effet le coeur d’une société. Par exemple, es-tu capable de faire la différence entre la société du 12ème siècle et celle du 13ème siècle ? Non. Pour toi comme pour tous c’est kiff-kiff bouricot : c’est des nobles, des curés et des paysans. Pourtant, les gens de 1211 trouvaient leur société trèèèèèès différente de celle de 1111 : progrès technique, démographie, modes, langue, etc. 

                Si tu lisais Lenine ou Marx (relis l’extrait en haut), tu verrais que les phénomènes que tu décris existent depuis très longtemps. Dès le milieu du 19ème, le capitalisme devient internationale (ce qu’on appelle la mondialisation). Dès le 19ème, les banquiers commencent à prendre le pas sur les petits industriels (Oligarchie Financière : concept de Lénine). Dés le 18ème, des nations entières disparaissent au profit du marché. La catalogne, le pays basques, la provence, la Bretagne, le nord flamand, l’Alsace, la Lorraine, la Corse : Toutes ces nations qui avaient leurs langues, leurs traditions, leurs douanes, ont disparus pour laisser place au grand marché commun de la ’France’. 

                Les Bretons qui débarquaient EN MASSE à Paris ont fait très fortement chutter les salaires des vrais ’parisiens’ qui parlaient français et qui pratiquaient le ’vrai’ catholicisme.

                A L’OUEST RIEN DE NOUVEAU. 

              • franck2012* 6 décembre 2011 18:32

                je dis seulement que parler du vote des étrangers au moment d’un crach économique est irresponsable ... mais peut-être me trompe-je ?


              • lsga lsga 6 décembre 2011 18:37

                tu te trompes.


              • franck2012* 6 décembre 2011 18:40

                et, j’ajoute la crise systémique actuelle, n’a jamais été analysé par Marx

                Marx pensait le collapsus capitaliste bien avant aujourd’hui

                nous sommes sans père et sans repère

                inutile de se perdre dans les détails

                c’est un crach, dont-il s’agit


              • franck2012* 6 décembre 2011 18:58

                re-nationalisation des banques de dépôt

                sortie de l’€

                dénonciation de la dette

                abandon de la politique de la baisse salariale

                protectionnisme bien compris entre pays européens

                ......tout cela à la veille de guerres moyen-orientales,qui pourraient déclencher la 3ème guerre mondiale, pour sauver le système dollar.

                et après on verra pour les grandes idées humanistes : Vote des étrangers, mariage homosexuelles, interdiction de la prostitution ....

                Là, maintenant, il y a urgence .... : Triple A dégradé France/Allemagne .... tentative de soumettre les peuples à l’avis d’un cénacle de technocrates à propos des budgets nationaux et donc d’une politique d’austérité qui détruira ce qui reste de notre économie .


              • Rounga Roungalashinga 7 décembre 2011 09:45

                Classe ouvrière = ceux qui vendent leur force de travail = TOUS LES SALARIES = les mêmes intérêts


                Voilà un sophisme qui pouvait être vrai du temps de Marx, mais qui ne l’est plus aujourd’hui, du fait de l’apparition de la classe moyenne et du développement du tertiaire.
                Non, un ingénieur en télécommunication n’a pas les mêmes intérêts qu’un manutentionnaire. Le fait qu’ils vendent leur force de travail constitue un point commun qui n’est pas suffisant pour les assimiler à une même classe sociale. La différence de salaire qui existe entre les deux, ainsi que leur niveau d’étude fait qu’ils n’évoluent pas dans les mêmes milieux, n’ont pas le même mode de consommation (loisirs, voyages), que le premier n’est pas (encore) délocalisable, que leurs concurrents n’ont pas le même niveau de rémunération (les immigrés susceptibles d’exercer le métier d’ingénieur sont des immigrés qualifiés dont le niveau de vie est beaucoup plus haut que l’immigré « sans-papier »), sans parler des avantages sociaux différents (accès au CE, RTT, caisses de santé, primes) et de la différence de perception de la mobilité géographique (être délocalisé en Roumanie c’est merdique, mais avoir l’occasion de travailler à Hong Kong ça peut être cool), tout cela fait que les intérêts matériels des deux exemples que j’ai cités ne sont pas identiques. Et ça, c’est une ébauche d’analyse sérieuse, monsieur le « matérialiste », basé sur des critères concrets, pas un grossier schéma de coin de table.

                Et notons que j’aurais pu amplifier encore la différence en prenant dans mon exemple un responsable en communication ou un publicitaire.

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