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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Du danger des statistiques « ethniques » ... et de la vraie question que (...)

Du danger des statistiques « ethniques » ... et de la vraie question que l’on ne pose plus !

« Le sentiment d’appartenance à une communauté » serait la base de travail qui pourrait permettre la mise en place d’instruments précisant l’ethnie des personnes interrogées selon Yazid SABEG, "commissaire à la diversité et à l’égalité des chances".

« Le sentiment d’appartenance à une communauté » serait la base de travail qui pourrait permettre la mise en place d’instruments précisant l’ethnie des personnes interrogées selon Yazid SABEG, "commissaire à la diversité et à l’égalité des chances".

Ceci dans le but de "mesurer la diversité en France"...

Ce serait donc par le "sentiment d’appartenance ethnique" qui renverrait de facto à une communauté particulière qu’on effectuerait cette mesure.

Il s’agit là de la plus mauvaise réponse qui soit pour répondre à un vrai problème : celui de la discrimination sociale !

Etablir des statistiques ethniques mêmes "soft" car constituées par des réponses volontaires ne faisant pas appel directement à la couleur de peau serait un vrai coup de hache dans les principes républicains français.

Car tout au long de l’histoire de France, depuis la 1ere République (et toutes celles qui ont suivies), le principe énoncé par Léon GAMBETTA "reconnaitre des citoyens égaux en droits et en devoirs" a été un des éléments fondateurs de la République.

La République française a bien sûr connue des vicissitudes telles le Statut des juifs et les collèges électoraux séparés des départements algériens, sans omettre le droit de vote des femmes accordé seulement en 1946. Je n’idéalise pas le mythe républicain mais il est essentiel.

Reconnaissons que le chemin commencé par les écrits du Siècle des Lumières et la révolution de 1789 est constant : l’égalité entre tous et une seule communauté, celle de la Nation.

La parenthèse de la Dictature de Pétain (1940-1944) est une empreinte noire dans ce trajet qui porte en lui l’émancipation de l’individu.
La réaffirmation de ce principe doit-t-il pour autant nous attirer l’invective "d’hypocrite" en opposition aux "réalistes" et autres "modernes" ?

Dans la vie courante, il y a des actes discriminatoires opérés à l’encontre des salariés et des demandeurs d’emploi de couleurs de peau "minoritaire".

Mais cette discrimination existe aussi pour les travailleurs handicapés, pour les personnes homosexuelles voire certains syndicalistes. Il existe même des discriminations liées à l’adresse domiciliaire (banlieusards de nos grandes métropoles) voire pour celles et ceux qui sont usagers d’une ligne RER bien connue sur la région sud de Paris (RER D) !

Des réponses existent et doivent être maintenant rendues obligatoires telles que le CV anonyme et la lutte contre l’existence de fichiers secrets par des sociétés.

Pour réaffirmer l’égalité entre tous et se baser sur les compétences (et elles seules), le gouvernement et/ou la représentation nationale doivent proposer des sanctions pénales plus dures qu’actuellement et des formations RH adaptées à ces sujets. Les accords de promotion de la "diversité" et de lutte contre les discriminations dans les entreprises doivent bien sûr être encouragés et leur suivi être réellement assuré par le patronat et les syndicats.

Mais finalement, la plus grande injustice c’est qu’un fils d’ouvrier (de n’importe quelle couleur de peau, de n’importe quelles conditions ou préférences sexuelles, philosophiques, religieuses ou politiques) à toujours dix fois plus de chances de demeurer ouvrier comme ses parents.

C’est la question de la mobilité sociale et donc celle de l’injustice sociale qui doit être posée.

Quand à celle des "statistiques ethniques", elle nous rapprochera des sociétés anglo-saxonnes qui demeurent en toute clarté et en parfaite hypocrisie les plus communautaristes et les plus injustes qui soient.

Ce n’est certainement pas le chemin que doit prendre la France pour lutter contre les discriminations dans le monde du travail.

Rémi AUFRERE

 

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21 réactions à cet article    


  • Bill Grodé 8 avril 2009 20:28

    Les statistiques ethniques sont la porte ouverte à toutes les interprétations, positives comme négatives. On nous jure que c’est pour le bien de la société, qu’on veut les mettre sur pied, mais elles pourront donner lieu à toutes les manipulations : il suffira d’un changement minime, infime , de la loi et on aura droit aux pires dérives. C’est un danger majeur qui nous guette.


    • remiaufrere remiaufrere 30 juin 2009 16:35

      Je suis tout à fait d’accord avec vous. Et je pense que l’application du « principe de précaution » doit s’appliquer dans ce cas !
      Evitons les stats « éthniques » ! de crainte de ne pouvoir en suite en limiter les conséquences qui serainet plus graves que l’on croit aujourd’hui.


    • Ramila Parks ramila 9 avril 2009 19:22

      mcm écrit : « La discrimination et le communautarisme basés sur l’ethnie et/ou la culture, ne sont que l’expression des affinités, et ne constituent ni un délit, ni une injustice »

      Dans la constitution américaine c’était vrai. En République, chez vous, c’est absolument inexact. Revenez en France, mcm et relisez le prémbule de votre constitution !


    • remiaufrere remiaufrere 14 avril 2009 15:26

      Je pense qu’il faut comprendre, accepter et appliquer les principes et l’esprit de la Constitution de la République Française.
      Car si on libère les « affinités », cela signifie pour certains le foulard à l’école, etc...
      C’est certainement l’objectif de certains. C’est aussi pourquoi je les combats.


    • remiaufrere remiaufrere 9 avril 2009 09:35

      « Car on craint la réaction des Français quand ils s’apercevront qu’ils sont minoritaires chez eux, ce qui est peut-être déjà le cas. »
      Voilà la phrase que j’attendais...
      minoritaires chez eux ?? ça veut dire quoi ? un citoyen français d’origine étrangère est français un point c’est tout ! c’est la vertu des lois républicaines française (primauté du droit du sol sur le droit du sang) !
      ce débat sur les stats ethniques ne peut que déraper sur la question de la nationalité et de là celle de l’Etat Nation (question honorable) au nationalisme (beaucoup moins honorable celle-là).
      « Un peu d’internationalisme nous éloigne de la patrie, beaucoup nous en rapproche » disait Jean JAURES . Il me semble toujours d’actualité !


    • foufouille foufouille 9 avril 2009 09:51

      c’est sur que toi tu es minoritaire
      en plus tu vis pas en banlieue, tu doit donc la voir ton invasion


    • remiaufrere remiaufrere 9 avril 2009 10:02

      Je suis convaincu que la Démocratie, les valeurs républicaines, cela s’apprend !
      Car avec des raisonnements tels que « faisons un référendum », nous appliquerions peut-être encore la peine de mort en France...
      Le référendum doit être utilisé avec précaution et ensuite il faut en respecter le résultat (cf. référundum sur le PTraité Constitutionnel Européen en 2005)...
      Bien sûr que les discriminations, le racisme existent partout et est souvent « intériorisé ». Pour autant, établir la liste des couleurs de peaux me semblent source de dérives qui deviendront incontrolables à terme. Sauf si c’est le vrai but de certains « communautaristes » qui n’entendent pas respecter les lois réupblicaines. Il est vrai que les propos présidentiels nous conduisent droit vers le fabuleux et « moderne » exemple anglo-saxon !


    • abdelkader17 9 avril 2009 19:51

      Combat d’un tel anachronisme, mon pauvre ami reveillez vous les croisades sont terminés


    • zelectron zelectron 9 avril 2009 09:17

      il faut vivre dangereusement !


      • remiaufrere remiaufrere 9 avril 2009 09:36

        A force de vivre entre fiches, fichiers et statistiques classantes, j’ai bien peur pour nos libertés !
        vivre dangereusement ? certes ! vivre dans l’inconscience, certainement pas !


      • fouadraiden fouadraiden 9 avril 2009 09:36



        Article totalement à côté de plaque. idéologique. il confond une catégorie avec un attribut. il n’existe pas d’ouvrier abstrait et on oppose pas l’homosexualité à la catégorie noire si ce n’est ds le seul but de tt confondre.

         comme disait l’autre , vs chérissez les causes (puisque que la société française a fait , comme bcp d’autres, le choix de ghettoiser les minorités « visibles ») dont vs déplorez les effets.


         vous créez du communautarisme tout en éludant ses conséquences...


        et la discrimination raciale a sa propre autonomie , elle ne se confond pas non plus qu’avec la misère sociale meme si elle se combine souvent avec elle.


        • remiaufrere remiaufrere 9 avril 2009 09:40

          Il faut éduquer, toujours éduquer encore éduquer !
          sanctionner les discriminations, plus fortement encore !
          et se féliciter que les listes électorales communautaristes type « parti des musulmans de France » obtiennent un résultat si minimes dans les élections locales...
          l’intégration ne passera pas par l’affirmation d’un communautarisme mais pas l’éducation et la réaffirmation du principe républicain dce laicité.


        • foufouille foufouille 9 avril 2009 09:54

          pour que la france soit laic, il faudrait vendre les eglises et cathedrales


        • fouadraiden fouadraiden 9 avril 2009 11:08

          je crains , malheureusement , que ce ne soit trop tard. en fait personne n’a vraiment rien prévu.....on a laissé entasser....

          le coups des principes c’est du pipeau car a priori tt le monde est pour , c’est pas le problème....

           





        • Bon20 12 avril 2009 00:51

          Je suis trés attaché aux valeurs de la Republique et pour moi les partisans de la discrimination positive vont dans le mauvais sens.

          Relisez le discours de Martin Luther King vous ne verrez pas l’ombre d’un quota,ou d’une statistique ethnique.

          http://lesgrandsdiscours.blogspot.com/2009/04/i-have-dream-martin-luther-king.html

          D’ailleurs ce n’est vraiment pas etonnant si un liberal comme Sarko est favorable à la discrimination positive,il prefere faire emerger des « arabes de service » plutot que de changer le « systeme » pour donner sa chance à tout les enfants de pauvre.


          • octavien octavien 12 avril 2009 19:28

            Le but de la discrimination positive et des statistiques ethnique ne peuvent qu’être la justification de l’oligarchie politique économique et médiatique.
            Quand on fait un peu les comptes on s’aperçoit que ces deux « éléments » sont surtout défendus par des hommes et des femmes médiocres aux ambitions médiocres et au destin médiocre.


          • remiaufrere remiaufrere 14 avril 2009 15:35

            Effectivement, il n’est point étonnant que les supporters des « fiches », « fichiers », « statistiques » éthniques, politiques, religieuses ou raciales soient tant désirées au nom de la lutte contre les discriminations et pour la « discrimination positive », formule à contre-sens s’il en est ! Et qui fera grossir les ghettos, ce qui semble paradoxal à première vue seulement.
            Observons l’histoire et on commence à mieux comprendre...
            La lutte contre l’oppression , qu’elle quelle soit, ne passera pas par de vieilles méthodes qui sont les meilleurs outils pour contrôler et mieux réprimer à terme !


          • JONAS JONAS 2 mai 2009 15:12

            @ TOUS  :

            Ne soyez pas inquiet  ! Chirac l’héritier testamentaire de «  Mite Rangs  », qui prêchait que les immigrés étaient une chance pour la France  ! «  Ils devaient payer la retraite des Français  !  », malheureusement, c’est les retraités qui paient pour leurs prestations sociales, mais bon  ! Le faisan «  Chirac  » a pris des précautions que vous semblez ignorer…  !

            On ne peut plus faire de recensement en France que de manière aléatoire, ce qui signifie, qu’il n’est plus possible géographiquement de déterminer un secteur précis à recenser  ! Comme ils se font tout les 10 ans, lorsqu’on connaîtra la situation exacte, ce sera dans 30 ans et entre-temps, elle ne correspondra plus à rien  !

            Et quand je pense que 74 % des Français l’adulent  ! Je me dis qu’il y a dans ce pays 74 % de crétins cocus  !

            Bien à tous.


            • remiaufrere remiaufrere 30 juin 2009 16:48

              Les travailleurs immigrés continuent d’être importants pour l’économie française à au moins deux titres (trois si on inclut l’intérêts de patrons voyoux) :

              1- Ils augmentent la dynamique de la natalité en France...et les enfants nés en France seront donc français !

              2- ils travaillent sur des postes de travail souvent ingrats qui ne trouvent que difficilement preneurs avec des citoyens français qui ne veulent (en toute logique d’ailleurs) que progresser et ne plus faire le sale boulot que faisait leur parents...

              3- ils enrichissent les patrons-voyoux qui n’hésitent pas à favoriser le travail clandestin dans des conditions indignes à tous les niveaux.
               Cela dynamise la créativité anti-fiscale et le tourisme au Luxembourg, en Suisse et au Lichtentein (sourires).
              C’est d’ailleurs souvent ceux-ci qui sont les plus réacs politiquement mais qui ne sont point à une contradiction près du moment que leurs intérêts personnels sont saufs et développés... (je n’ai point besoin de vous indiquer pour qui ils votent ou de quel côté penchent leurs voix aux élections !)


            • NAHASH NAHASH 1er juillet 2009 05:24

               

              @l’auteur :

              Vous écrivez : « Reconnaissons que le chemin commencé par les écrits du Siècle des Lumières et la révolution de 1789 est constant : l’égalité entre tous et une seule communauté, celle de la Nation. » donc vous renvoyez clairement au concept de Nation ou d’Etat-Nation, « communauté nationale », dans votre article vous évoquez le multiculturalisme par le biais des notions de diversité et de communautarisme.

               

              Un constat, qui sans doute vous apparaitra comme une manifestation de pragmatisme cynique, mais qui marque surtout une observation brute et réaliste.

               

              Renvoyez à des principes datant du XVIIIème siècle est certes intéressant si l’on s’attache à considérer ce qui a fondé notre dite « démocratie », mais fait l’impasse sur l’Histoire et le Réel : ces principes philosophiques participaient certes de nobles idéaux mais il n’en demeure pas moins qu’ils sont et furent toujours de superbes abstractions conceptuelles que la dite République née de 1789 a contredit et continue de contredire dans la pratique : d’où votre article me semble-t-il.

               

              Donc impasse sur l’Histoire et le Réel : impasse sur la construction européenne, la mondialisation et  notre modèle de société (société de consommation et de l’individualisme) : que retirer de ces divers éléments ?

               

              D’un l’Etat-Nation ? quel sens lui donner lorsque la France se fond dans l’UE et lorsque la mondialisation économique impacte autant les sociétés humaines notamment par son hypermatérialisme et la promotion d’un individualisme narcissique et puéril ?

              Traditionnellement, l’Etat post-1789 se définit comme l’entité qui a non seulement le monopole de la violence légale mais aussi le monopole de la « coercition » dans les autres domaines de la société, c’est sur cela que reposait jusque maintenant l’identification du citoyen à la Nation, le citoyen étant indissociablement lié à l’Etat, donc à la Nation où la citoyenneté comme facteur de cohésion sociale et d’identification remplaça la Religion : la Nation et la loyauté patriotique « affective » remplaçant la transcendance religieuse et la fidélité « spirituelle ». 

              Or cette identification du citoyen à la Nation disparaît au fur et à mesure que le citoyen se voit remplacé par le client-consommateur, au fur et à mesure que les frontières délimitant la Nation, le Sol, l’Etat, cet espace « national » cohérent, reconnu et reconnaissable, tendent à disparaître sous l’effet direct ou indirect de la mondialisation économique et de ses avatars : libre-échange, liberté de circulation des biens et personnes, mais aussi et surtout sa méfiance à l’égard de tout protectionnisme ou exception culturelle. 

              Or là se situe la menace première pour l’Etat, mais surtout pour l’idée de Nation, une nation faite de citoyens, partageant des valeurs communes, au-delà de leurs aspirations individuelles et de leurs pratiques consommatoires, tendant à être de plus en plus standardisées par le biais de la propagande-marketing et de la culture de masse.

              Facteur aggravant : nous sommes une société dite post-héroïque, la Seconde Guerre Mondiale ayant calmé jusque maintenant l’ardeur « patriotique » des populations, jusqu’à attribuer au terme « patriotisme » une connotation péjorative ou manifestement anachronique.

              Donc : disparition-dissolution de l’Etat-Nation dans un ensemble plus vaste, individualisme, post-héroïsme.

              Second point : le multiculturalisme et donc la diversité.

              Notre société se revendique multiculturelle, multiculturalisme revendiqué mais non assumé, strictement d’ordre idéologique, révélateur du romantisme-idéalisme pédant d’une société se concevant comme « supérieure ». 

              De fait, la tolérance multiculturelle prétendue au sein de notre société « occidentale » est part intégrante de l’idéologie (ultra-)libérale économique et de la mécanique de mondialisation qui en résulte : multiculturalisme qui n’est rien d’autre qu’une forme particulière de racisme, de proclamation-affirmation de la supériorité d’une culture sur toutes les autres : un racisme à distance, un racisme « civilisé ».

              Voilà le constat : notre société est occidentale, européenne, le multiculturalisme peut y être revendiqué, notre société ne fait que le conceptualiser, incapable d’en assumer la réalité, ne l’ayant jamais connu autrement que sous les formes coloniales ou impériales : l’Orient, l’Asie, l’Afrique ont une tradition multiculturelle, l’Europe non : elle est historiquement admirable dans sa constante homogénéité autant culturellement qu’ethnique (indo-européenne).

              Dés lors, le seul intérêt du multiculturalisme est double : économique et politique : Economiquement, nul besoin de répéter l’intérêt d’une immigration malléable car non politisée comme les autochtones, et fournissant une main d’œuvre dont la charge salariale est moins importante. Politiquement, la récupération politique des questions « immigration », « intégration », et récemment « diversité » n’est plus à démontrer, à cela peut s’ajouter la création manifeste d’une catégorie de personnes vouée au « bouc-émissariat » dont l’utilité n’est plus à démontrer.   

              Bref, le multiculturalisme n’est et ne sera toujours qu’une tolérance de façade, enfermant celui condamné à être l’Autre pour toujours, quelque soit son degré d’intégration ou de « francitude » dans ses particularismes, authentiques ou supposés tels, dont il ne pourrait sortir : fermé sur lui-même et sa particularité, réduit à sa spécificité, l’Autre se voit affirmé sous couvert du respect et de la tolérance la supériorité de la culture occidentale : activation de l’habitus ethnique et les conséquences qui vont avec : communautarisme.

              Donc autre point à développer :quel rapport avons-nous avec ce que nous appelons « communauté » ? le repli ou l’attachement au quartier, à la cité, à la patrie, à la terre d’origine, etc...sont-ils réactionnaires par nature ?

              La communauté est-elle par essence une structure « proto-fasciste » qui donc tend naturellement vers le « fascisme »...un fantasme totalitaire ou intégriste en cours de réalisation ?

              Ou n’est-ce là qu’un désir naturel, commun, universel ? Cet attachement ne cache-t-il pas bien souvent la douleur de l’arrachement, de l’exil ? Aux siens, à sa famille, à sa campagne, au pays de ses ancêtres, de ses parents ? Ces aspirations « communautaires » sont-elles idéologiques ou spontanées ? Devons-nous toutes les condamner ? 

              Car en y réfléchissant, n’est-ce pas l’instrumentalisation politique de cette question « communauté » qui la rend idéologique mais aussi menaçante ? A l’heure du communau-starisme ou des élites « minoritaires » se forment, ne peut-on pas considérer que ce qui est à condamner n’est pas l’aspiration universelle à la protection, au réconfort de la communauté mais plutôt l’usage démagogique qui en est fait par certains afin de « faire carrière », par d’autres afin de satisfaire les franges extrémistes de notre société. 

              La communauté ne  reste-t-elle pas le dernier refuge de chacun face au désordre économique mondial et à ses conséquences sociales ? 

              Conclusion : « statistiques ethniques ou pas » est une question d’un intérêt surtout politico-médiatique, dont le but évident est d’à nouveau activer le « diviser pour mieux régner », chacun s’échinant à défendre sa perspective : contraire à nos principes pour les uns, progrés pour les autres, etc…un bla-bla dont le seul but est d’empêcher les vraies questions d’apparaître dont certaines telles : quel est le sens du mot nation entre mondialisation et individualisme ? La dérive « fasciste » ou totalitiare est-elle dans la communauté ou dans l’application de dogmes économiques « inhumains » ? quel crédit accordait à une dite « démocratie libérale » qui restaure le Parti Unique (cf UMPS) ?etc…

               

              Cordialement,


              • remiaufrere remiaufrere 1er juillet 2009 12:44

                Je vous rappelle que mon écrit part d’abord des statistiques ethniques et que même si je me susi autorisé à faire de larges extensions du sujet, je n’ai pas souhaité aborder l’évolution du principe de l’Etat Nation dans le cadre (notamment mais pas seulement) du processus de la construction européenne actuelle (en particulier depuis de le Traité de Rome de 1957).

                Je confirme votre propos sur vos deux premiers paragraphes.
                Je précise aussi que je ne confond pas « communauté nationale » et « communautarisme ».

                Je ne pense pas faire d’impasses mais effectivement, l’article est succint et comporte des questionnements que vous posez très judicieusement.

                Il est évident que la construction européenne actuelle, penser par des hommes comme Schumann , dès les années 40, c’est la substitution de l’Etat Nation par une forme de confédération (on as souvent parlé « d’Etats-Unis d’Europe » et la formule me dérange quelque peu) plus ou moins dilatoire des nations. D’ailleurs plutôt plus que moins...
                On pourra même dire sur certains points que les plus fervents partisans des « Etats-Unis d’Europe » veulent construire par la disparition progressive mais bien concrète des Etats-Nations.

                Pour ma part, je crois toujours que la Nation n’est pas dépassée mais qu’il nous faut sans doute créer de nouveaux liens entre nations sans remettre en cause (voire surtout en l’améliorant) le lien entre les citoyens électeurs et les élus (pouvoir législatif de tout niveau et pouvoir éxécutif).

                Ensuite, et sujet essentiel : les Etats-Nations forment l’établissement et la permanence des services publics quels que soient la définition que l’on a de ceux-là. C’est d’ailleurs aussi pourquoi les Nations sont remises en cause par les pouvoirs économiques multinationaux et le phénomène de la mondialistaion des échanges qui ne connait et ne devrait pas connaitre de contrôle démocratique et citoyen sauf à songer (vieux rève républicain) d’une « gouvernance démocratique mondiale » qui risque de se faire attendre encore (très) longtemps.
                Le « multiculturalisme » participe bien entendu à la remise en cause des « Etats-Nations » et de l’expression démocratique opérée par les citoyens. Les offensives contre la laïcité participe de la même façon d’ailleurs.

                Dans votre critique assez juste du « multiculturalisme » et du « communautarisme », je ressens votre soif d’internationalisme que je partage.


                Pour ma part, je partage les mots de Jaurès « Un peu d’internationalisme nous éloigne de la Patrie, beaucoup nous en rapproche » prononcés au début du XXème siècle mais qui recouvre encore une certaine modernité.
                Il faut bien comprendre la « Patrie » république française , comme porteuse de valeurs universalistes telles que les Droits Humains, la laïcité, le respect de tous dans un cadre juridique discuté démocratiquement (et régulièrement), avec un objectif de progrès social par l’émancipation des travailleurs (et leur libération).

                Pour ma part la question des statistiques ethniques n’est pas que d’un « intérêt politico-médiatique » loin de là. C’est un outil manifestement répressif et qui s’inscrit dans un vaste ensemble visant à encourager tout ce que je combat : la fin de l’idée de progrès social pour l’Homme et la mise en coupe réglée des droits de l’homme et du citoyen considérés comme un ralentisseur de la croissance économique et financière.

                NB : quand au « parti unique UMPS », je crois qu’il y a encore quelque différences (sourires) même si je suis très critique devant des positionnements bien dangereux et/ou complices.

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