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Dylan vit de la solidarité nationale mais, dit-il, la France est un pays injuste !

« Ras-le-bol de ce pays ! » s’exclame le jeune homme. Pour lui la France est un pays injuste...

Il faut dire qu’il a de quoi râler ce trentenaire : il n’a pas de travail ! Il n’a pas de formation professionnelle ! Il n’a pas d’argent ! Il n’a pas...

« Tout ça c’est de la faute à ce pourri de Sarko ! » lance-t-il. C’est bien connu dit-il « le président ne pense qu’à lui ! » la preuve ? « Il s’est augmenté de plus de 150 % tandis que nous on reste dans notre merde !  » Dylan est en colère. Et quand Dylan est en colère il veut changer de pays. « C’est sûr, c’est mieux ailleurs » assure-t-il.

C’est vrai que le jeune homme ne vit pas sur l’or. Il ne fait pas partie de ces privilégiés qui ont bénéficié du « paquet fiscal » et sont protégés par le bouclier lui aussi fiscal. Ah vraiment les riches exagèrent. « On leur donne tout », déclare notre homme... « Moi je suis allé à la mairie pour demander des bons alimentaires - il ne sollicite pas Dylan, il réclame, exige presque - et ces salopards me les ont refusés. » Pourquoi refuse-t-on l’aide alimentaire à celui qui en a besoin ? « Ben c’est simple ils ont répondu que Sarah touche trop. Pourtant elle ne déclare que 400 euros par mois !  » Dylan est sincère dans ses propos, il parle avec le cœur mais... Mais il oublie certains détails que tout le monde doit lui pardonner, bien sûr. Le brave garçon a oublié que depuis le début de l’année 2008 il a déjà réclamé et obtenu, à titre exceptionnel, trois fois des bons alimentaires de la mairie et de son service d’action sociale. « Crois-moi c’est pire depuis que l’on a une maire PS ! » sic. Pourtant Dylan ne jure que par la gauche et le PS en particulier... Nicolas Sarkozy lui donne des boutons et la droite ne s’inquiète pas de son cas à lui... Bref, qu’ils soient de droite ou de gauche, peu importe, les gens doivent lui en vouloir pour qu’il soit aussi malheureux.

Loin de nous l’idée de faire du cas présenté ici une généralité, mais il convient d’en parler pour que l’on arrête de se voiler la face, que l’on cesse de se dire que cela n’existe pas ou que c’est vraiment très rare.

Ici l’accent est mis sur le comportement de certaines personnes qui pensent que tout leur est dû, tout de suite et qu’il ne faut surtout pas leur demander des comptes car cela voudrait dire qu’on les soupçonne de ne pas être honnêtes. Non, cet article n’a pas pour effet de jeter le doute ou le discrédit sur toute une partie de la population, qui souffre réellement, mais uniquement de poser le problème de l’abus...

Retour sur la situation du jeune révolté :

Dylan s’est déclaré vivant seul chez sa mère, mais en réalité il vit en couple avec Sarah. D’une première union, il a deux enfants pour qui il refuse de verser le moindre centime au titre de la pension alimentaire : « même un euro elle ne l’aura pas », dit-il en parlant de son ex-compagne. Malgré ses condamnations, il n’a jamais vraiment été inquiété. Seule vraie peine appliquée : Dylan a été déchu de ses droits parentaux. Ce n’est pas grave, avoue-t-il car c’est justement ce qu’il voulait ; en somme, la justice lui a rendu un sacré service gratuit (pour lui).

Continuons encore. Sarah, d’une première union, a eu deux enfants ; ils sont préadolescents. Son ex-compagnon lui verse une pension alimentaire probablement très modeste (150 euros). Elle bénéficie et c’est un droit des allocations familiales pour deux enfants (188 euros), du RMI (670 euros environ) qui donne de fait droit à la Couverture mutuelle universelle (CMU), de l’Aide personnalisée au logement (APL) de sorte à ce que son loyer se trouve réduit à moins de 150 euros mensuels toutes charges comprises. Sarah ne touche plus l’Allocation parent isolée, mais en a indûment profité. Sarah et ses deux enfants n’ont donc environ que 873 euros pour vivre. La part de loyer restant à sa charge déduite, le reste à vivre est de 723 euros. Dylan lui ne touche que le RMI pour lui seul et ne paie pas de loyer. Ses revenus sont donc très modestes : 447,91 € par mois. Il bénéficie également de la CMU, ce qui est normal au nom de la solidarité. Son reste à vivre est de 447,91 € pour lui seul.

Revenons à la réalité des faits : Sarah et Dylan vivent ensemble avec deux enfants. Leur revenu mensuel et de 1 320,91 euros nets pour toute la famille.

En comparaison, les revenus d’un couple avec deux enfants, du même âge que ceux de notre couple témoin, et dont un seul parent travaille (payé au Smic comme trop de personnes) s’élèveraient à environ 1 100 euros nets de salaire et à 188 euros d’allocations familiales. Sauf erreur, leurs revenus sont donc de 1 288 euros, soit moins importants que ceux que touche notre couple sans travailler. Tandis que nos plaignants bénéficieront de différents avantages (pas de frais de santé, chèques vacances, tarifs préférentiels divers, cantine à moindre coût ou gratuite, aides financières ponctuelles, assistance juridique gratuite, pour eux car tout cela a un coût), la famille « classique » celle qui travaille et se serre la ceinture chaque mois n’aura pas les mêmes avantages, loin s’en faut. Alors les mots de Dylan raisonnent encore et encore « Ras-le-bol de ce pays ! ». Celui-ci se plaint encore : « On me menace même de me sucrer le RMI si je ne prouve pas que je cherche du travail ! C’est quoi ce pays !?  »

Cet article n’a évidemment pas la volonté de jeter l’opprobre sur les gens qui bénéficient de la solidarité nationale. Celle-ci est utile, indispensable, capitale même.

La majorité des bénéficiaires sont des gens honnêtes et intègres. Mais, hélas, le comportement des profiteurs du système risque de mettre à mal notre système avec la menace que les gens dans la vraie galère ne puissent plus en bénéficier faute de crédit...

Le président est-il responsable de la misère ? Doit-il accepter, par l’inaction, que le pays parte à la dérive ? La France souffre d’un déficit chronique qu’il faut maîtriser afin de préserver le principe de solidarité française, probablement unique en son genre, afin que chacun puisse être assuré de trouver, lorsque cela est nécessaire, toute l’aide à laquelle chacun doit pouvoir prétendre. Que le président soit de droite ou de gauche, qu’il soit populaire ou non n’a, en fait, que peu d’importance. Ce que l’histoire retient de ses présidents, c’est leur capacité à gérer les situations de crise. Nicolas Sarkozy commence son quinquennat avec un handicap lourd venant perturber de façon grave la politique de rénovation dont il a présenté les contours au long de sa campagne électorale : la France est dans une crise économique américano-européenne grave qu’il serait malhonnête d’attribuer au président de la République. En analysant la situation, on comprend que chacun à son niveau doit faire des efforts. Les années à venir seront certes difficiles, mais l’avenir de tous dépend des résolutions prises aujourd’hui...

par French Observer mercredi 23 avril 2008 - 103 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Zalka (xxx.xxx.xxx.7) 23 avril 2008 14:47
    Zalka

    L’auteur prend un cas extrème, mais un cas réèl tout de même. Je me permettrai de donner deux autres exemples : dans un reportage sur le tunning et les "rallye" de nuit, une supportrice était interrogée : 34 ans, vivant chez ses parents, ne se levant jamais avant 11heures, n’ayant jamais rien fait pour trouver du travail et touchant le rmi. Second exemple : dans un journal télévisé : une famille très "aryenne" à qui on avait coupé l’electricité. Seul la mère touchait le rmi et elle disait ne pas en avoir assez "parce qu’il en avait que pour les immigrés. Elle s’inquiétait d’autant plus que sa fille de 18 ans allait bientôt accoucher. Et que faisait elle pour ramener un peu d’argent ? Rien. Cherchait elle du travail ? Non.

    Toute la difficulté avec les prestations sociales, c’est de trouver un juste milieu entre la solidarité et la prémunition contre les profiteurs. Hors, plus on plaint ces profiteurs, plus on fait le jeu de ceux qui voudraient supprimer toute forme d’aide.

    C’est à cause de personnes comme ce Dylan, que nombre de gens méritants de l’aide vont se retrouver sans aide.

  • Par el bourrico (xxx.xxx.xxx.178) 23 avril 2008 12:49

    Des comme ça y en a pas mal oui, j’en ai moi même quelques uns dans ma famille.

    J’ai vécu dans une endroit ou il n’y a pas d’assurance chômage, pas de RMI, pas de CMU, rien de tout ça, quand t’as plus rien, ben t’as plus rien. Je note toutefois que les gens faisaient preuve d’une entraide que je n’ai jamais vu en France. Mais c’est aussi la bas que j’ai entendu une phrase d’une mère qui disait en gros "c’est à l’Etat de nous prendre en charge et de subvenir à nos besoins", phrase qui illustre bien le fait que toutes ces aides "exceptionnelles" sont considérées comme des dûs.

    Bref, à mon retour en Gaule, j’ai été surpris de tout ce à quoi j’avais droit, et un peu interloqué qu’on me dise : "si t’en profite pas, c’est un autre qui le fera à ta place".. il y avait un coté "les rats quittent le navire", ou bien "après moi le déluge"... Ca m’a fait tout drole... ces gens n’ont donc plus aucune fièrté ?

    Et pour ceux qui vivent encore dans l’antique clivage gauche/droite, je dirais simplement que c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Le résultat final est quasi identique, seul la manière change. Je dis ça pour les discours puériles types "c’est la faute à la droite", "c’est la faute à la gauche"... tiens ça me rappelle un sketche de Coluche ça.

  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.215) 23 avril 2008 13:28
    sisyphe

    Article, effectivement écrit par quelqu’un qui "vit à 300 à l’heure" et qui, de ce fait, ne prend guère le temps de réfléchir.

    Article, par ailleurs, totalement démagogue, qui prend un exemple, pour justifier la nécessité de "faire des efforts" ; alors que c’est la politique menée, qui conduit directement à cette situation catastrophique.

    Article, par ailleurs, rempli de contre-vérité, qu’il serait trop long de vouloir énumérer dans leur ensemble, mais :

    Dylan est sincère dans ses propos, il parle avec le cœur mais... Mais il oublie certains détails que tout le monde doit lui pardonner, bien sûr. Le brave garçon a oublié que depuis le début de l’année 2008 il a déjà réclamé et obtenu, à titre exceptionnel, trois fois des bons alimentaires de la mairie et de son service d’action sociale.

    Alors, effectivement, il a bien tort de se plaindre : en somme, c’est un sacré privilégié !

    Ici l’accent est mis sur le comportement de certaines personnes qui pensent que tout leur est dû, tout de suite et qu’il ne faut surtout pas leur demander des comptes car cela voudrait dire qu’on les soupçonne de ne pas être honnêtes. Non, cet article n’a pas pour effet de jeter le doute ou le discrédit sur toute une partie de la population, qui souffre réellement, mais uniquement de poser le problème de l’abus..

    Ben voyons : on "ne cherche pas à jeter le discrédit sur toute une partie de la population", ni de "génèraliser", mais, en passant, comme on ne parle que de ce cas pour "justifier le problème de l’abus" , on ne fait pas autre chose que ce que l’on prétend ne pas vouloir faire. On aurait pu parler, aussi, pour "poser le problème de l’abus", des 40 milliards de fraudes fiscales des entreprises, des golden hello, 

    Continuons encore. Sarah, d’une première union, a eu deux enfants ; ils sont préadolescents. Son ex-compagnon lui verse une pension alimentaire probablement très modeste (150 euros). Elle bénéficie et c’est un droit des allocations familiales pour deux enfants (188 euros), du R.M.I (670 euros environ) 

    C’est ça, continuons ; dans l’approximation et les contre-vérités : le RMI n’est pas de 670€, mais de 450€ : ce qui fait 220€ de moins, et réduit donc à néant l’argument qui dit que cette famille toucherait plus qu’une famille qui travaille

    Revenons à la réalité des faits : Sarah et Dylan vivent ensemble avec deux enfants. Leur revenu mensuel et de 1320,91 euros nets pour toute la famille.

    Donc, non : il est de 1.100€ environ par mois : avec 2 enfants, effectivement, de honteux privilégiés !!

     

    Enfin, la conclusion :

    Le Président est-il responsable de la misère ? Doit-il accepter, par l’inaction, que le pays parte à la dérive ? Que le président soit de droite ou de gauche, qu’il soit populaire ou non n’a, en fait, que peu d’importance. : la France est dans une crise économique américano-européenne grave qu’il serait malhonnête d’attribuer au Président de la République.

    Ben voyons !

    Et d’une : que le président soit de droite ou de gauche A une importance capitale. Un président de gauche n’aurait jamais, dans une situation décrite ici "de misère", grevé le budget de l’état de 15 milliards de paquet fiscal au profit des plus favorisés, pour, ensuite, essayer de rattraper l’argent manquant par toute une série de mesures anti-sociales, touchant les plus pauvres.

    Et de deux : un président de gauche pourrait s’attaquer à récupérer l’argent nécessaire au rétablissement de la situation du pays, là où il peut le prendre, sans fragiliser la situation de la grande majorité des français : les 40 milliards de fraudes fisacles des entreprises, les 65 milliards de subventions accordées aux entreprises sans contrôle d’usage, voire en taxant l’argent de la spéculation, etc....

    La "crise grave" évoquée est, elle, directement liée aux options politiques de ceux du camp du Président de la République actuel, qui pèse de tout son poids pour faire entrer à marche forcée la France dans le système, justement responsable de cette crise : l’ultralibéralisme sans frein, livré à la seule loi du marché, et sur lequel tous les économistes et analystes compétents (Joseph Stiglitz, Jean Ziegler, Viviane Forrester, et tant d’autres) tirent la sonnette d’alarme depuis déjà longtemps.

    Il en porte donc une part de responsabilité directe, dont rien, objectivement ne saurait le dédouaner.

    Cet article est donc dans le droit fil de la propagande entretenue par les cosmocrates (comme les appelle Jean Ziegler), les tenants purs et durs de l’ultralibéralisme, qui continuent à mener le monde vers la catastrophe économique, financière, humaine, sociale et sociétale : pointer le doigt sur des défavorisés décrits comme "profiteurs" , et essayer, donc de diviser les pauvres entre eux, pour dédouaner les vrais responsables du gâchis et de la crise.

    French observer n’est, ni plus ni moins, qu’un collaborateur des forces de la destruction, de la propagation de la misère, des inégalités, de l’écrasement de la très grande majorité par une poignée qui en profite : le Medef et les cosmocrates le remercient de cet article.

  • Par Le vénérable du sommet (xxx.xxx.xxx.122) 23 avril 2008 14:29
    Le vénérable du sommet

    @ Sisyphe

    Je sens dans votre réaction, une colère que je comprend.

    Ce texte se base effectivement sur un cas bien trop précis pour être objectif. De plus, il ne pose pas de questions et n’ammène pas réellement au débat.

    Qu’est ce que l’auteur a voulu faire passer comme message ??

    Qu’il esiste des salauds de pauvres comme il existe des salauds de riches ?? bof bof rien de nouveau en fait.

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