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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Ecole et handicap : autopsie d’une catastrophe organisée

Ecole et handicap : autopsie d’une catastrophe organisée

La rentrée scolaire est passée, les élèves sont en classe depuis plus d’un mois, chacun a pris ses marques, et c’est reparti pour une année. Sauf s’il se trouve que votre enfant est porteur de handicap. On aurait pu croire que depuis la loi de 2005, qui établit comme principe l’inscription des élèves handicapés à l’école « ordinaire », la situation des handicapés à l’école aurait quitté le registre du scandale pour entrer dans celui de la gestion ordinaire de la vie scolaire. Hélas, il n’en est rien. Pire, la situation générale s’est en fait dégradée, réduisant souvent à néant l’immense espoir suscité par cette loi chez les familles d’enfants handicapés. Pourquoi et comment, c’est ce que cet article va tenter d’examiner.

 Avant 2005 : l’exclusion sans discussion

L’école de la république, avant 2005, n’accueillait pas les enfants handicapés, sauf ceux « capables de se débrouiller ». Le handicap, ce n’était pas le problème de l’école, c’était celui des « établissements spécialisés ». Votre enfant est malentendant ? Mettez le dans une école « spécialisée pour malentendants ». Il est autiste ? Mettez le dans un hôpital psychiatrique ou un institut médico-éducatif, « c’est pour son bien ». Il est dyslexique ? Bon, avec un bon suivi en orthophonie on va le garder en classe... Sauf que, dans la pratique, les « établissements spécialisés » vers lesquels toutes les bonnes volontés de l’éducation nationale s’ingénieniaient à pousser ces enfants, souffrent de deux gros problèmes :

  • il n’y en a pas assez...
  • rares sont ceux qui laissent une chance à l’enfant d’intégrer la société dans de bonnes conditions.

En effet la plupart de ces établissements souffrent d’une part d’un sous-financement patent, d’autre part d’une organisation déplorable – pas forcément de leur fait - qui conduit à y mélanger tous types de publics. Ainsi on trouvera, dans un même groupe de 6 à 8 enfants sous la responsabilité d’un éducateur spécialisé, un autiste, un enfant délinquant en rupture familiale et sociale, un sourd, et d’autres encore. Dans ces conditions, arriver à tirer ces enfants vers le haut, à leur donner la moindre chance de réintégrer un jour la société « ordinaire », relève du surhumain. Dans ce type d’établissement, la personne qui y entre y reste en général puis passe dans un établissement pour adulte et a toutes les chances de rester sa vie durant en « milieu protégé ».

Certes il y a effectivement des handicaps tellement lourds que mieux vaut protéger la personne sa vie durant. Il y a aussi beaucoup (mais encore bien trop peu) d’établissements pour handicapés qui effectuent un remarquable travail d’éducation, d’insertion et de soutien pour tenter, le plus possible, de permettre aux personnes prises en charge de vivre parmi les autres plutôt que cloitrées derrière les murs d’une institution. Ce type d’établissement est généralement pris d’assaut et gèrent des listes d’attentes interminables.

Mais il y a par ailleurs bien des enfants qui, avec une aide compétente, parviennent à suivre une scolarité « ordinaire » plus ou moins aménagée, apprennent un métier, trouvent une place dans la société au même titre que n’importe qui – même avec plus de difficultés. Et dans leur cas, leur refuser l’école sans même leur donner une chance de montrer leurs capacités, constitue un abandon voire une maltraitance flagrante. La situation était telle que beaucoup de parents tentaient, quand c’était possible, de cacher le handicap de leur enfant à l’école afin qu’on ne leur y refuse pas leur enfant.

Ainsi, par exemple les déficients visuels ou les malentendants, sans retard cognitif, peuvent très bien suivre une scolarité comme les autres, ils en ont les moyens intellectuels. Il suffit d’un minimum d’aménagements, un bon suivi par des professionnels compétents. Des exemples, il y en a – mais tous se sont heurtés un jour à un enseignant ou une directrice d’école leur disant avec compassion, « mais voyons madame, vous ne pensez pas qu’il serait mieux dans un établissement spécialisé ? » Peu importe que l’établissement en question, tel que cet enseignant l’imagine, n’existe... que dans son imagination.

Même un élève déficient intellectuel tirera parti d’une scolarisation en milieu ordinaire, tant il est vrai qu’il sera « tiré vers le haut » par les autres. Il est possible qu’il redouble, une ou plusieurs fois – et alors ? D’autres le font aussi. Et si le décalage est un jour trop grand il sera toujours temps de chercher un bon « établissement spécialisé ». Comme me l’a dit une mère d’enfant handicapé il y a quelques années, « en France, à l’école, mieux vaut être un cas social qu’un handicapé, personne ne remet en cause le droit à la scolarisation. » Triste et terrible constat d’une société qui, animée des mêmes bons sentiments, fait tout pour aider certains types de « défavorisés » tout en excluant d’office les autres...

2005 : la révolution – sous conditions

La loi de 2005 a tout changé – sauf les mentalités évidemment. Toujours est il que des parents de mieux en mieux informés de leurs droits, année après année, parviennent à ce que leur enfant soit scolarisé avec les autres, au départ en maternelle, puis en primaire pour beaucoup, voire au collège puis au lycée.

Pour beaucoup d’enfants, cette loi a suffi pour que l’école leur ouvre ses portes, et qu’avec quelques aménagements ils suivent une scolarité comme les autres. C’est le cas pour les handicaps physiques légers, pour qui peu d’aménagements sont nécessaires. Un accès au fauteuil roulant, une place assise à l’avant de la classe pour mieux entendre ou mieux voir, et c’est tout.

Mais pour certains types de handicaps, et en particulier les divers handicaps mentaux ou les handicaps physiques lourds, la situation est bien plus compliquée. Qui dit handicap mental, dit en général besoin d’une aide humaine pour tout ou partie du temps scolaire. Cette aide humaine est bien souvent le pivot, la condition indispensable à ce que l’enfant tire parti de sa scolarisation et progresse avec et parmi les autres enfants. Cette aide humaine, c’est la personne qu’on appelle « l’AVS » - l’Auxiliaire de Vie Scolaire.

Quel est son rôle ? Elle intervient en classe au côté de l’enfant afin de compenser au mieux son handicap. Ainsi, un enfant touché par la maladie des os de verre : l’AVS veillera sur elle pendant la récréation ou dans les moments de bousculade (entrée/sortie de classe), poussera si besoin le fauteuil roulant. Un enfant déficient mental : l’AVS l’aidera à comprendre les consignes, sans pour autant faire le travail à sa place. Un enfant autiste : l’AVS l’aidera à comprendre les codes sociaux afin qu’il puisse jouer avec ses camarades, se conformer aux règles de vie en classe ; elle l’aidera aussi à gérer ses troubles du comportement, ou encore lui reformulera les consignes de l’enseignant – l’enfant autiste ne comprenant pas forcément qu’une consigne collective s’applique aussi à lui.

Mais pourquoi faire, dirons certains ? Ces enfants ne seraient-ils pas mieux « en établissement spécialisé » ? Eh bien non, ils n’y seraient pas mieux car ils ne trouveraient généralement pas de lieu adapté à leur cas. Beaucoup d’enfants aidés par une AVS compétente et convenablement formée à leur handicap progressent, à leur rythme, trouvent leur place parmi leurs camarades, et un jour se débrouillent tout seuls. Ainsi en est-il du fils de l’acteur Francis Perrin, diagnostiqué « autiste sévère » à 2 ans, que les psychiatres donnaient pour un cas sans espoir. Après des années d’un suivi spécialisé (encore rare en France pour l’autisme) et une scolarisation avec AVS, il est aujourd’hui suffisamment autonome pour qu’arrivé au CE2 ses parents envisagent sereinement de le laisser continuer à l’école sans AVS l’année prochaine (voir un récent article de Nord Eclair : http://www.nordeclair.fr/Locales/Villeneuve-d-Ascq/2010/09/30/francis-perrin-lutte-pas-a-pas-contre-l.shtml). Il y a 10 ans, quelle chance aurait-on laissé à cet enfant ? Aucune – il aurait été aiguillé en « établissement spécialisé » sans se poser la question de ses capacités réelles à suivre en école ordinaire.

De plus, scolariser un enfant en milieu ordinaire avec une AVS coute beaucoup moins cher que le mettre en IME ou en hopital de jour par exemple. Ce choix est donc financièrement rationnel : il coute moins cher à court terme, et permet d’espérer des économies à long terme dans beaucoup de cas, le suivi nécessaire à l’age adulte étant plus léger (voire nul) compte tenu des progrès plus important de l’enfant.

2010 : la consternation...

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais entretemps la crise est passée par là, et avec elle la course aux économies à tous les niveaux de l’Etat. Course aux économies parfois à courte vue comme on va le voir.

En 2005, une AVS était recrutée généralement sous un statut appelé « assistant d’éducation ». Il s’agit en fait d’un contrat à durée déterminée de 3 ans, renouvelable une fois pour le porter à 6 ans. Un enfant scolarisé avec AVS pouvait donc espérer être suivi par la même personne pendant des années, capitalisant ainsi une expérience afin de l’aider au mieux. Même si ce type de contrat ne comprenait pas une rémunération mirobolante, il avait le mérite d’une certaine stabilité et aussi de permettre l’embauche de personnes formées.

En 2010, la situation budgétaire de l’éducation nationale est telle qu’ordre est donné au niveau national de « faire avec 9000 équivalent temps plein ». Quant on sait à quel point les demandes de scolarisation avec AVS explosent depuis 2005, ce chiffre est déjà, en soi, nettement insuffisant. Mais ce n’est pas tout. Les contrats d’assistants d’éducation ne sont plus utilisables. On exige désormais que les AVS soient embauchés sous « Contrat Unique d’Insertion » (CUI). Ce type de contrat est réservé à des personnes en grande difficulté sociale – les critères précis étant à définir par le préfet, donc différents selon les départements. Mais en règle générale une personne embauchée en CUI doit être au chomage depuis au moins 1 voire 2 ans, sans qualification, et le contrat est limité à 6 mois renouvelable une seule fois.

Au final, quels types de personnels sont embauchés pour accompagner les handicapés à l’école ? Des gens qui ne peuvent pas être formés (le CUI exclut généralement les personnes qualifiées puisqu’elles doivent être « en grande difficulté »), et qui seront obligatoirement renvoyés au bout d’un an donc ne capitaliseront pas leur expérience. La rémunération n’étant de surcroit pas très élevée, la personne embauchée sur ce type de contrat pour accompagner un enfant handicapé devra vraiment avoir « la foi » pour rassembler assez de motivation afin de l’aider au mieux, surtout que certains handicaps font peur, en particulier l’autisme qui fait l’objet de beaucoup d’ignorance et de fantasmes erronés.

Et pour parfaire le tableau, avec l’enveloppe imposée de « 9000 équivalent temps plein au niveau national », un enfant à qui la MSPH (ex-CDES) octroie une AVS pour par exemple 20 heures par semaine, se verra allouer par l’éducation nationale une personne pendant 10 heures par semaine, voire personne ! C’est totalement illégal mais c’est ainsi, on explique aux parents que « il n’y a pas de budget pour plus ». Et bien sur l’enfant sera (toujours illégalement) refusé à l’école lorsque l’AVS n’est pas là. Coupant ainsi ses chances de s’intégrer à sa classe, d’apprendre comme les autres, sans parler de l’obligation qui est faite à un des parents de cesser de travailler pour s’occuper de l’enfant lorsqu’il est exclu de l’école.

C’est ainsi qu’un collectif d’associations de la cote Basque a gagné un procès contre l’Etat en juin dernier (http://www.sudouest.fr/2010/06/05/handicap-l-etat-se-voit-contraint-a-respecter-la-loi-109488-4621.php ), obligeant en principe l’Etat à mettre en place les personnels requis par la MDPH pour accompagner les enfants handicapés. Sauf que l’Etat fait la sourde oreille et n’exécute pas la décision de justice...

Prenons maintenant un peu de recul et examinons les conditions qui, à l’étranger, permettent d’assurer le succès de la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire, et leurs donnent les meilleures chances de progresser vers l’autonomie future. Ce qu’on sait, c’est qu’il faut :

  • une prise en charge de qualité par des personnes formées au handicap de la personne
  • un accompagnement à l’école par une personne compétente
  • une bonne collaboration entre école, famille, et équipe de prise en charge.

Or, en France, que fait-on :

  • les prises en charge sont souvent insuffisantes ou inadaptées, c’est particulièrement criant pour le cas de l’autisme où la France souffre d’un énorme retard mais c’est aussi vrai pour d’autres handicaps, comme la trisomie 21
  • l’accompagnement à l’école sera désormais effectué par des personnes non formées, à qui on n’offre aucune des conditions nécessaires à leur motivation ni à leur qualification
  • la collaboration avec l’école reste souvent difficile, soit du fait de réticences d’enseignants à recevoir un handicapé en classe (surtout sans AVS ou avec une AVS non formée !), soit du fait de blocages au niveau de l’inspection académique qui rechigne à permettre une collaboration avec les équipes de prise en charge, beaucoup d’inspecteurs, de directeurs d’école et d’enseignants restant dans le schéma que « la place des handicapés est en établissement spécialisé ».

Tout est donc mis en oeuvre pour faire délibérément échouer la loi de 2005 et la scolarisation des enfants handicapés. Que cela ait un coût humain et financier énorme n’émeut personne – seules les économies de court terme comptent. Sans même parler du compartimentage des budgets : une économie de long terme sur le budget de la sécurité sociale est totalement invisible de la part de l’Education Nationale qui fait tout pour éviter d’assumer un cout plus faible à court terme.

Et après ?

Face à cette situation dramatique, dénoncée par toutes les associations de parents d’enfants handicapés et en particulier la FNASEPH qui oeuvre depuis des années pour la scolarisation en milieu ordinaire (http://www.fnaseph.org/ ), que va-t’il se passer ?

Les familles qui le peuvent, qui en ont la volonté, qui ont encore l’endurance et les capacités financières, vont se battre comme elles peuvent dans leur coin pour tenter de sauver leur enfant du mieux qu’elles le peuvent. Certains rémunèreront à leurs frais une AVS quitte à mettre leur enfant dans une école privée de bonne volonté, car mettre en place une AVS à ses frais est en principe interdit dans le public. D’autres feront le siège des bureaux des inspecteurs d’académie pour faire valoir les droits de leurs enfants, ou intenteront à l’Etat de coûteux et aléatoires procès. D’autres encore, sans doute les plus nombreux, baisseront les bras...

Et tous attendront des jours meilleurs, certains avec colère, d’autres avec résignation, en espérant malgré tout que leur enfant s’en sortira, avec son handicap, face à une Education Nationale globalement insensible voire hostile envers ces enfants différents qui ne sont coupables de rien mais qui sont condamnés quand même par un système injuste géré par des bureaucrates sans âme.


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19 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 22 octobre 2010 10:25

    Avec la loi de 2005, l’Etat droit favoriser au maximum le droit à étudier en milieu scolaire ordinaire plutôt qu’en établissement spécialisé. C’est une obligation de résultat qui pèse sur l’Etat. La jurisprudence le rappelle. Ainsi, le Conseil d’Etat en a-t-il jugé, par exemple, dans l’affaire Laruelle jugée le 8 avril 2009. Le manquement à cette obligation légale constitue une faute pouvant engager la responsabilité de l’Etat, sans que celui-ci puisse se prévaloir de l’insuffisance des moyens budgétaires. De plus, cette obligation tend à s’imposer pour les enfants âgés d’au moins de 3 ans et non plus seulement au-dessus de 6 ans (jurisprudence).

    L’État a transféré aux associations la gestion des emplois d’AVS. Vous écrivez que l« On exige désormais que les AVS soient embauchés sous « Contrat Unique d’Insertion » (CUI). » Pouvez-vous m’indiquer où figure cette exigence ? Merci.


    • olivier 22 octobre 2010 15:14

      Malheureusement Taverne, l’article en question represente bien la rentrée 2010, surtout en ce qui concerne les nouveaux enfants handicapés arrivant à l’école. Nombre de postes ne sont pas encore fournis (on est a la veille des vacances de la Toussaint quand meme) et les nouveaux AVS sont recrutés en CUI avec toutes les difficultés que ça represente.
      Pour ce qui est de la convention avec les associations, il faut deja rappeler que seules 4 associations l’avaient dans un 1er temps signé, puis ensuite dénoncé. A ce jour, le nombre d’avs recruter par ce chemin est ridicule.
      Par contre la souffrance est bien réelle. Cette orientation budgetaire mene tout droit à l’échec de la loie 2005


    • dave31 22 octobre 2010 10:56

      Le transfert aux associations est une fiction. Dans les faits seuls quelques dizaines de postes ont ainsi pu être repris par les associations, sur plusieurs milliers potentiellement concernés. Il s’agit d’une action de communication qui ne s’est traduite par rien sur le terrain. Ces infos viennent de la fédération d’associations FNASEPH.

      L’exigence d’embauche en CUI, vous ne le trouverez dans aucun texte officiel. Par contre ce sont les directives internes de l’éducation nationale aujourd’hui. Appelez une cellule AVS d’une inspection académique au hasard en France, on vous expliquera que « pour les nouvelles embauches on est obligé d’embaucher en CUI ».

      Voir par exemple ce communiqué associatif :
      http://unaisse.free.fr/actualites_10_11.html#sept_10


      • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2010 10:59

        Cet article c’est du grand n’importe quoi....

        Est ce que l’auteur connait la Fondation Santé des Etudiants de France ?

        http://www.fsef.net/


        Certes il n’y en pas beaucoup, mais les frais et soins etc, sont totalement remboursés et ce sont bel et bien des cliniques Lycées pour adolescents handicapés. Je rappelle également que ces cliniques Lycées sont des annexes de lycées publics, et non une scolarité privée.

        Alors certes il y en a qui veulent qu’on envoie des enfants hndicapés dans des lycées ou les enfants ne le sont pas. Mais connaissez vous seulement la méchanceté des adolescents. Voulez vous que ces enfants se sentent exclus des groupe de jeunes uniquement par ce qu’ils sont handicapés.
        Je n’arrive pas à comprendre cet acharnement a vouloir les mettre dans les lycées publique pour leur infligé des souffrance supllémentaires.

        Je suis moi même fils d’une femme gravement handicapé, et qui a été pris en charge par l’une de ses cliniques (evidement elle n’allait pas au lycée). J’ai pu constater le serieu et la fiablilité de ses établissement.

        C’est plutot dans ce sens que l’on devrait reflecheir !


        • dave31 22 octobre 2010 13:14

          Il existe des structures compétentes pour certains types de handicaps. Mais l’auteur de cet article connait bien le sujet et comme le dit l’article, selon le type de handicap elles sont rares. Votre établissement était sérieux et compétent, tant mieux. Il existe hélas quantité d’établissements « poubelle » qu’il vaut mieux fuir, où on mélange tout types de publics sans donner au personnel les moyens de les prendre en charge correctement.

          De plus beaucoup de ces établissements sont de fait des voies de garage, le parcours « standard » étant IME à 3-4 ans, puis ImPro à l’adolescence puis ESAT ou MAS pour les adultes. Il y a en France une culture de l’exclusion des handicapés, tout cela évidemment « pour leur bien » sauf qu’on ne leur demande pas leur avis.

          D’autres pays comme la Suède privilégient l’inclusion dans la société, à tous les niveaux, depuis l’école jusqu’au logement et au travail. Ce modèle de société ne coute pas plus cher (et même plutot moins). Par ailleurs, si on exclue d’entrée de jeu les handicapés de l’école, ça ancre l’idée chez tout le monde que la place des handicapés c’est enfermé derrière les murs d’une institution. Je préfère viser pour mon enfant une vie parmi ses semblables, comme le dit si bien Daniel Tammett (autiste adulte) : « l’important n’est pas d’être comme les autres mais de vivre parmi les autres. »


        • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2010 13:20

          Bonjour Mr l’auteur,

          Avez vous seulement ouvert le lien que j’ai inséré dans mon post ?

          Je pense et ce n’est pas une politique d’exclusion, que le concept de centre hospitalier, clinique Lycée est ce qu’il y a de plus adapté pour les jeunes handicapés. Il me parait plus simple de batir des etablissements totalement adapté et spécialisé, plutot que de demande à des établissement déjà existants de s’adapter et de se spécialiser.

          D’autre part comme je vous le disais, votre avis ne tient pas compte de la méchanceté des jeunes entre eux. Mélanger des handicapés, jeunes, avec de non handicapés, pourrait facilment s’averer être une souffrance supplémentaire pour les handicapés, qui seront victime de discrimination et de moquerie, encore plus que les victimes de racismes. Les enfants sont sans pitié...

          Mais je respecte toutefois votre avis.


        • dave31 22 octobre 2010 13:57

          Je connais très bien la méchanceté des adolescents, et il n’y a pas besoin d’être handicapé pour la subir. Il suffit d’être un peu trop gros, un peu trop maigre, un peu trop bon élève, un peu trop « pas dans la norme » pour la subir. A vouloir surprotéger les handicapés on court le risque de les empêcher de trouver leur place et leur voie.

          Il ne s’agit pas d’acharnement, mais bien de leur donner une chance de s’intégrer. Je connais une maman dont la fille a des problèmes auditifs et aussi une vue très dégradée. Au nom de quoi l’aurait-on sortie du système classique (alors que certains enseignants n’auraient pas demandé mieux) ? Il suffit de la laisser s’asseoir au premier rang et de la laisser aller à des séances d’orthophonie...

          Je signale aussi le cas des autistes. Un autiste a au départ un handicap social. En les regroupant entre eux, comment voulez vous qu’ils apprennent les règles de vie en société ? C’est les condamner à ne pas progresser. A l’inverse quantités d’études à l’étranger démontrent les bénéfices immenses tirés par les autistes d’une scolarisation en milieu ordinaire, d’autant qu’une bonne partie des autistes a les moyens intellectuels de suivre une scolarité classique.

          Après, il est clair que pour un handicap physique très lourd, une AVS ne suffira pas forcément. Je ne suis pas « pour intégrer tout le monde à tout prix en milieu ordinaire ». Je connais aussi un enfant dysphasique qui était en échec en CP et qui reprend pied grâce à une structure spécialisée en dysphasie. Mais chaque enfant a des besoins différents et il y a quantité de handicapés qui ont besoin d’une scolarité en mileu ordinaire plus que d’une hypothétique « structure spécialisée » (votre lien montre bien le peu d’établissements de cette fondation d’ailleurs). Refuser à tous cette chance est criminel. Toute la panoplie de solutions doit être mise en oeuvre, et c’est le sens de la loi de 2005.


        • Annie 22 octobre 2010 15:04

          Il me semble que le centre du débat est de savoir s’il est préférable d’insérer les jeunes handicapés dans des établissements scolaires normaux ou bien de les héberger dans des centres spécialisés. Bien que n’étant pas partie prenante dans ce débat, les arguments d’Al Batar sur la méchanceté des adolescents, sont à la fois vrais mais ils sont aussi la conséquence d’une politique d’exclusion qui labelle du départ un enfant d’handicapé et le place d’emblée en marge de ses pairs. Certains handicaps sont légers et les aptitudes des enfants trisomiques varient énormément de l’un à l’autre. Certains peuvent passer leur bac. C’est la même chose pour l’autisme dont le spectre est très large. Ce n’est pas le handicap qui limite en soi et le plus l’aptitude de ces enfants, mais son degré de gravité. Dans l’intérêt des handicapés mais aussi de la société toute entière, ne serait-il pas préférable d’encourager tous les enfants à vivre ensemble, sauf bien sûr pour les cas les plus extrêmes qui ne sont pas du ressort de l’école. La méchanceté des adolescents est une mauvaise excuse. L’école est aussi un lieu de socialisation, et cela doit inclure les enfants handicapés.


          • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2010 16:42

            Bonjour, Il se trouve que j’ai travaillé dans une de ses cliniques pour handicapés, durant mes années ou j’étais étudiant.

            J’ai pu constaté que même entre adolscent handicapé il y avait des moqueries qui étaient blessante. Pour detailler un peu dans cette clinique, il y avait d’un côté les malades incurables (sidéen, ou maladie respiratoire) et des jeuens dans un service de réeducation fonctionelle ou qui ne pouvait plus marcher (donc tous ou presque en chaise roulante).

            Et bien il se créeait des clans entre domaine de handicap, entre les malades et ceux qu’ils appelaient « les kartings ».
            J’ai peut être une vision pessimiste des choses, mais je pense pas réellement que l’école soit un lieu de socialisation comme vous le dites. Je pense que la socialisation s’enseigne d’avantage dans le monde professionel que dans le monde étudiant, car le monde étudiant est quand même un monde irresponsable. Ne pas aller en cours ne génère pas les même conséquence que ne pas aller au travail, insulter son prof n’est pas la même chose que d’insulter son boss. Disons que je ne pense pas qu’on enseigne à l’école à mesurer la gravité de certains actes. La moquerie en fait partie d’ailleurs.

            Après je peux me tromper, et d’ailleurs je l’espère. En tout cas il existe quand même, dans notre pays, grace à cet intermediaire là, des solutions de scolarisation pour un enfant ou ado handicapé, même si ce n’est pas dans un lycée public au milieu des autres élèves. Car pour moi c’est quand même ca le plus important, c’est que l’enfant puisse avoir droit et beneficier du même enseignement qu’un non handicapé.


          • dave31 22 octobre 2010 17:00

            La moquerie et la cruauté entre adolescents n’est pas spécifique contre les handicapés mais contre tous ceux un peu différents du moule. C’est peut-être simplement une triste certitude pour les handicapés qui auront peu de chances d’y échapper.
            Et alors ? Est-ce une raison de les priver de cette chance ?

            Si mon enfant, non handicapé, se fait moquer à l’école, dois-je le déscolariser et lui faire l’école à la maison pour le « protéger » ? Pourquoi se poser la question et vouloir surprotéger uniquement les handicapés ? C’est leur faire du tort et arriver à l’inverse du but d’inclusion dans la société.

            La cruauté et la bêtise font partie de la vie et les handicapés devront apprendre, comme les autres, à y faire face. On ne peut pas les parquer à vie à Disneyland et leur couper toute chance de trouver leur place dans la société sur ce motif.


          • Karina Alt Karina Alt 22 octobre 2010 19:09

            Bravo pour cet article si malheureusement criant de vérité
             il est dur de changer de paradigme pour une société, car les représentations collectives s’empêtrent dans les certitudes rassurantes.

            Aujourd’hui l’inclusion scolaire et sociale des personnes en situation de handicap est due non seulement à l’acharnement des parents mais aussi au hasard.
            Hasard pernicieux de tomber sur des personnes qui ont une vue progressiste de la situation de handicap, qui sont prêtes à bouleverser les schémas confortables de certitudes immuables pour relever des défis ; qui savent que leur apport, aura une influence inespérée sur des vies humaines, ou simplement sur une seule vie humaine. Et que cela en vaut toujours la peine


            • cmoy patou 22 octobre 2010 20:02

              N’oublions pas que le premier désir d’une personne handicapée est justement de pouvoir vivre comme tout le monde ou du moins de penser pouvoir le faire or la réalité est bien plus cruelle il n’y a pas que les enfants et ados qui sont méchants nombre d’adultes méritent ce qualificatif.


              Y compris et surtout certaines de nos institutions qui pourtant ont étés fondées et ont des fonds publics pour aider ces personnes !

              Il n’est pas besoin d’être devin pour dire qui vont êtres les premiers à faire les frais de cette crise .

              Cela fait plus de trente années que j’entends la même chanson !



              • Annie 22 octobre 2010 23:34

                « Exiger comme cela sans arrêt ». « Dérangeant ». Lamentable.


              • dave31 23 octobre 2010 12:38

                Ce « point de vue » n’est absolument pas théorique. Il relfète :

                - mon propre vécu
                - celui de dizaines de familles que je connais personnellement
                - le constat des grandes associations de parents d’enfants handicapés (Fnaseph, Unaisse, Autisme France, Association des Paralysés de France, UNAFAM, UNAPEI).

                Si on mettait votre gosse à la porte de l’école alors qu’il y a droit, vous seriez le premier à « exiger sans arrêt ». Qu’espérez vous ? Que les parents d’enfants handicapés vont laisser bafouer les droits de leurs enfants et hypothéquer leur avenir, sans rien dire ?

                Quant aux cas sociaux, je n’ai jamais dit le contraire, je me contente juste de vous faire remarquer, comme dit dans l’article, que dans le cas de « mon père me frappe » ou « je suis élevé par ma soeur », l’enfant a sa place à l’école jusqu’au bout et personne ne la lui conteste. Alors que dans le cas de « je suis malentendant », « je suis trisomique » ou « je suis autiste » on part d’entrée de jeu du principe faussement « généreux » que « le pauvre petit, il serait bien mieux dans un endroit spécialisé » (endroit qui en général n’existe pas).

                Le but de cet article est de briser le silence coupable et l’auto-aveuglement, votre réaction montre qu’il y a encore du chemin à parcourir.

              • Christel SARDA 25 octobre 2010 12:27

                Merci pour cet article qui reflète exactement la situation vécue par des milliers de familles ayant un enfant en situation de handicap scolarisé en milieu ordinaire.
                Etant maman d’un enfant autiste léger qui a droit comme tout enfant en France à l’éducation et qui en tire beaucoup de bénéfices, j’ai vécu toutes les difficultés que vous décrivez et la dernière dégradation en date de l’accompagnement des élèves handicapés l’école à savoir la généralisation de l’emploi des CUI pour recruter des EVS majoritairement alors même que vous avez une notification pour un AVS. C’est l’ultime attaque contre la professionalisation de l’accompagnement demandée par les familles et les associations : contrats précaires, pas ou presque pas de formation, turn over incessant à prévoir. Contrats pensés uniquement pour faire baisser les coûts et accessoirement de façon court termiste les stats du chômage de longue durée ! L’intérêt de l’élève, le respect de l’esprit de la loi de 2005 on s’asseoit dessus sans état d’âmes. Et in fine comme vous le soulignez il n’y a pas de plan B pour les enfants : inexistence de structures adaptées, pas ou trés trés peu de places en CLIS ou en ULIS qui seraient spécialisées par handicap par exemple. Les portes sont fermées ou en passe de l’être partout : cette situation est une véritable honte pour notre pays . 


                • Dolores 26 octobre 2010 15:40


                  Je crois que vous n’avez pas tout compris !
                  La loi de 2005 na pas été faite par souci d’humanisme mais pour une question de gros sous.

                  Pour pouvoir fermer les établissements, on a commencé par dire aux parents que ces centres étaient d’épouvantables lieux d’enfermement préjudiciables aux enfants.

                  Les parents d’enfants handicapés ont toujours tendance à se croire un peu coupables du handicap de leur enfants (même s’ils n’y sont strictement pour rien) et on les a culpabilisés d’oser traiter si cruellement leurs enfants en les « enfermant », en les éloignant de la société.
                  Sûr qu’une institutrice, non spécialisée, avec 25 enfants dans la classe, c’est mieux qu’une institutrice spécialisée pour un petit groupe dans un « lieu d’enfermement ».

                  En réalité, l’État ne voulait plus investir dans le recrutement d’institutrices spécialisées et d’éducatrices elles aussi spécialisées, trop cher. Mais les parents ont applaudi à ce qu’ils ont pris innocemment pour un progrès.

                  Des accompagnatrices non formées, non qualifiées 6 heures par jour sont bien moins chères. Mais tout le monde était content ! Les enfants allaient dans une école « normale » !
                  Même si on ne pouvait pas s’occuper d’eux comme il aurait fallu.
                  La plupart du temps d’ailleurs, les parents n’ont aucune idée de ce qui se passe dans une cour d’école « dite »normale« pour leur enfant. Les enfants de l’école »normale sont parfois de véritables petits monstres sous un air angélique.

                  Aujourd’hui on ne veut plus, ou on ne peut plus, payer ces aides déjà au rabais, et on se rend compte que les possibilités d’une vrai scolarisation ont disparues car on a fermé tous les établissements spécialisés.

                  C’est le retour de bâton du « droit à la différence » si fort proclamé pour berner les gens à qui ont dit maintenant qu’ils n’ont plus droit au respect de la différence à l’école quand il faut payer pour cela.

                  Vous allez hurler en me prenant pour une brute, mais je sais de quoi je parle : j’ai une fille handicapée mentale et déficiente visuelle. Quand elle est rentrée au CP, tous les soirs elle pleurait parce qu’elle ne pouvait pas suivre les autres enfants dans les apprentissages. Elle était malheureuse.
                  J’ai donc cherché un institut capable de prendre sa scolarité en charge avec « sa » différence".
                  Quand j’ai annoncé au directeur de l’école primaire qu’elle partait, il m’a fait comprendre que j’étais une mauvaise mère et qu’il voulait bien la garder parce qu’elle était sage en classe. A quoi j’ai rétorqué que 5 ans près du radiateur me paraissaient longs, d’autant qu’il faudrait aller jusqu’à 16 ans au CES toujours près du radiateur, sans rien faire en regardant les autres.
                  Elle est restée dans cette école jusqu’à 20 ans. Contrairement à tous les bobards qui circulent, elle n ’a jamais été coupée de la société, bien au contraire, et elle a eu des activités que je n’aurai pu lui assurer par manque de temps. Surveillée par des éducatrices elle a fait de la danse, de la gymnastique, du judo, du cheval. Avec ses camarades elle allait au restaurant, à la bibliothèque, dans les Musées, à des spectacles.

                  L’enfermement, c’est d’avantage que le lieu, l’impossibilité de progresser.


                  • arnaud 3 novembre 2010 21:38

                    J’ai une expérience de deux ans en tant qu’evs auprès d’enfant handicapés et je suis sur la liste d’attente pour être avsi dans le Rhone. En fait cette année, il n’y a plus de crédit ni pour ouvrir des postes d’avs , ni pour les emplois aidés d’evs. Après avoir postulé par l’intermédiaire de pole emploi,Ma candidature pour un poste d’evsi a été retenue dans deux écoles primaires dont une située en zone d’éducation prioritaire. Malheureusement une directive préféctorale indiquant la pénurie budgétaire a mis fin au processus d’embauche. Conclusion, des enfants handicapés descolarisés, du temps de perdu et une grosse frustration du directeur d’école et des parents de ces enfants, un travailleur handicapé au chomage à qui on a fait miroiter la lune. A noter que je n’aurais pas gagner plus a ce poste que je ne touche au chomage. Je voulais juste parler de ce problème que je n’ai vu abordé nul part dans les journaux pour que l’on cesse de traiter les travailleurs précaires comme des numéros de dossiers


                    • patou29 13 décembre 2012 21:38

                      Cet article est criant de vérité, et est encore d’actualité en 2012 ! mon enfant en subit les conséquences actuellement, il a eu une auxiliaire non compétente ! et nous nous bataillons avec les haut placés de l’Éducation nationale pour pouvoir re scolariser notre fils qui est en 4e et qui a eu l’excellence scolaire... Nous aurions l’argent j’aurais formé moi-même l’auxiliaire.Je tenais aussi a signaler que king al batar est hors sujet et a rien compris ! ça tiendrait qu’a moi on fermerais tout les instituts spécialisés ! et tout le monde serait à l’école de la république ! une maman en colère et qui se battra jusqu’au bout.

                       

                       


                      • salome salome.egalited 28 mars 2013 15:34

                        Malheureusemetn toujours d’actualité en 2013

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dave31


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