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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Elections ou démocratie ?

Elections ou démocratie ?

Les puissances qui dirigent le monde et la France en particulier ne souhaitent pas que le système qu'ils ont patiemment construit leur échappe et les hommes politiques des partis dominants de droite comme de gauche qui leurs sont dévoués font et feront tout pour que rien ne change. Il suffit de voir ce qui se passe avec la Grèce pour s'en convaincre. N’est ce pas Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui a dit clairement : « il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens » ?

Face à cette brutalité, quelles solutions peut-on envisager pour que la démocratie soit enfin une réalité en France et partout ailleurs ?

Voici un argumentaire qui met en évidence qu’une solution est possible et qu’il n'y a pas d'alternative, comme l'aurait dit en son temps Miss Thatcher.

Dans les textes fondateurs de la république française, la déclaration des droits de l’homme et la constitution française, l’exercice du pouvoir par le peuple est réalisé par le biais de ses représentants (Cf Article 3 en annexe). Ces représentants ne peuvent être désignés qu’au travers d’élections (Cf Article 21 en annexe) et ne pourront en aucune manière rendre compte de leur engagement de campagne car le mandat impératif est nul (Cf Article 27 en annexe).

Aujourd’hui on assiste à un désintérêt croissant des citoyens envers la vie politique. Ce désintérêt est en grande partie dû, d’une part au déni de démocratie imposé par nos représentants (cf. Référendum sur la constitution européenne refusé par le peuple mais entériné malgré tout par le chef de l’état) et d’autre part à la défiance des citoyens vis-à-vis des hommes politiques qui ne respectent pas leurs engagement de campagne, qui mentent et qui sont régulièrement impliqués dans des affaires de corruption ou des conflits d’intérêts (manipulés par des lobbies).

Pourquoi un tel décalage entre les aspirations du peuple et la réalité des actions politiques exercée par les représentants du peuple ? Quelles sont les tares de ce système(de ces textes) et comment y remédier ?

Tentons d’y voir un peu plus clair en analysant comment un citoyen lambda(Cf Article premier en annexe), sans compétence particulière, peut espérer accéder au pouvoir. Selon les textes actuels, il n’y a pas d’autres possibilités, il doit soumettre sa candidature au suffrage universel c'est-à-dire au vote de l’ensemble des citoyens, au peuple.

 

LE SUFFRAGE UNIVERSEL.

Dans le système électif tel qu’il est pratiqué en France, deux types de citoyens se font face :

  • Les candidats proposent leur candidature pour devenir « élus » .
  • Les électeurs doivent choisir un/des des candidats proposés par leur vote.

 

Compétences des candidats.

Comment devient-on candidat ? Pour devenir candidat, il faut faire acte de candidature et aucune compétence n’est réclamée. Tout citoyen a donc, en théorie, la possibilité de se présenter à toutes les élections. Mais en réalité, il n’est pas si simple de devenir candidat à une élection pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, le candidat doit pouvoir se faire connaître auprès des électeurs et ce sur tout le territoire, y compris dans les départements hors métropole. Pour ce faire, il doit pouvoir disposer de relais régionaux pour diffuser sa bonne parole vu que la république ne met pas à sa disposition de moyen de communication gratuit permettant de joindre personnellement chaque citoyen (porte à porte quasi obligatoire). Pour disposer de ces relais, le candidat n’a en général d’autre solution que de s’appuyer sur un parti, son parti. Cette obligation le contraint à obtenir préalablement l’aval de sa candidature par tous les membres du parti car à priori ils sont quasiment tous concurrents… Ce sont les élections primaires. Lors de ces élections, des alliances se nouent et des contreparties au soutien se négocient (avec postes assurés pour les plus zélés).

Ensuite, afin de réaliser cette opération de « communication », il lui faut de l’argent, beaucoup d’argent ! Il doit payer ses déplacements (voitures, trains, avions), il doit payer les supports (affiches, professions de foi,...), il doit payer tous les prestataires qui l’assistent dans l’organisation de la campagne, des meetings,…etc. Par exemple, les frais de campagne électorale pour la présidence de la république de 2012 se sont montés à 43 millions d’euros cumulés pour les deux finalistes. Même si la république prévoit le remboursement plafonné et partiel de ces frais. La part qui reste à la charge du candidat peut représenter une somme colossale pour un simple individu. En effet l’état ne rembourse que 50% des sommes dépensées lorsque celui-ci a dépassé 5% des suffrages exprimés et à peine 5% lorsqu’il n’a pas dépassé 5% des suffrages exprimés. F. Hollande et N. Sarkozy ont du sortir chacun de leur poche : 10,7 millions d’euros ! Il est difficile d’imaginer, comme le laissent penser les textes fondateurs, que tout le monde peut proposer sa candidature à ce type de fonction. Ce type de fonction est bien réservé dans les faits à une élite fortunée et/ou bien soutenue… Pour l'élection présidentielle de 2012, l'Etat a pris 228 millions d'euros à sa charge ( http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/31/presidentielle-ce-que-la-campagne-a-coute-aux-candidats_1740455_823448.html ) !

Mais comme si ça ne suffisait pas, pour pouvoir proposer sa candidature à l'élection présidentielle(qui est traitée différemment) la loi a prévu que le candidat doit avoir l'aval (la signature) de 500 maires de communes. On imagine bien le travail que peut représenter ce porte-à-porte pour un candidat non seulement en termes de dépenses (temps et argent) mais aussi et surtout en terme de capacité à convaincre. Par ailleurs on peut se demander pourquoi la loi impose cette présélection puisque l'article premier de la constitution indique « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. » ? L'accès n'est pas égal puisque ce sont les maires qui selon leur bon vouloir sélectionnent le candidat et ce sans recourir à un quelconque vote.

Dans ces conditions, quel est donc le profil du candidat idéal et quelles compétences sont requises pour espérer réussir à se faire élire ?

Récapitulons, il doit se faire accepter par son parti (ou son organisation), ensuite il doit se faire connaître des citoyens. Ces reconnaissances valent bien évidement tant pour sa personne que pour ses idées. De plus et à moins de disposer d’une fortune personnelle très importante il doit collecter de l’argent, beaucoup d’argent pour pouvoir financer sa future campagne. En réalité, il faut d’abord qu’il soit sûr de disposer de suffisamment d’argent avant de déclarer sa candidature en interne et en externe au parti, sinon il court de sacrés risques. Ce sera donc sa capacité à séduire et convaincre des « sponsors » qui sera primordiale et ces personnes ou groupes d’intérêts ne donneront pas sans contrepartie plus ou moins explicite lorsqu’il sera arrivé au pouvoir. C’est logique, mais certainement pas favorable à l’intérêt général… Ce n'est que cette étape franchie qu'il doit convaincre son parti et cela ne pose sûrement pas trop de problème puisque le parti lui-même bénéficie la plupart du temps des mêmes « donateurs ». A ce niveau, son action se limitera donc à s’assurer du soutien d’un maximum de personnes influentes dans le parti et à nouer des alliances avec elles.

Dernière étape, il doit convaincre ses électeurs sans oublier les groupes d’intérêts qui le supportent, c’est un vrai numéro d’équilibriste puisque il faut favoriser les intérêts privés (ses sponsors) et l’intérêt général (le reste de la population) et c’est là que les communicants montrent tous leurs talents pour fabriquer les discours creux sur mesure que le candidat n’aura plus qu’a lire et apprendre par cœur pour le restituer dans les meeting et ses prestations médiatiques. Pour ne citer que quelques exemples récents de phrases creuses, vous avez : « Travailler plus pour gagner plus », « mon ennemi c'est la finance... » encore que cette phrase relève plus du mensonge que d'une phrase « passe-partout » et une des dernières en date « J'aime l'entreprise... ». Cela s’appelle « l’effet puits » et si vous voulez vous exercer au discours politique lisez ceci : http://hasardetdemocratie.wordpress.com/2012/03/28/leffet-puits-dans-le-discours-politique/ . Dans cette dernière opération, le discours (parlé ou écrit) ne suffit pas, on pourrait dire qu'il n'est pas essentiel. Son image est également très importante, il doit séduire les électeurs et pour cela toute sa gestuelle est préparée avec grand soin. Cela marche d'autant mieux si les médias qui le supportent le présentent sur son bon profil et éventuellement ridiculisent les adversaires en leur faisant prendre des poses beaucoup plus défavorables.

Par la suite comme ces candidats élus (ou désignés par le président) bénéficieront d'une cohorte d'experts en tous genres pour préparer les dossiers, il ne leur sera pas utile de connaître « le métier ». Nous avons déjà vu des ministres passer de la culture à la défense sans problème, des ministres de la culture avouant ne pas beaucoup lire ou encore plus fort, un ministre spécialisé dans le développement des entreprises quittant ses fonctions et allant dans la foulée s'inscrire dans un stage de formation professionnelle … à la gestion d'entreprise !

En définitive dans le suffrage universel les compétences d'un citoyen pour être candidat à une élection au suffrage universel se résument à sa capacité à réunir de fortes sommes d'argent en convaincant ses donateurs qu'il sera celui qui les favorisera le mieux. Tout le reste n'est qu'affaire de communicants et de jeu d'acteur de théâtre...

Compétences des électeurs.

Le suffrage universel est individualisé, il s’effectue sur le principe une personne = une voix. Cela signifie que tous les citoyens ont le même pouvoir pour désigner ou éliminer tel ou tel candidat à une élection. La voix d'un grand professeur d'université a le même poids que celle de son élève de première année, la voix d'un sans emploi ou celle d'un ouvrier a le même poids que celle du patron du MEDEF ou d'un grand chef d'entreprise, ou encore, la voix du père ou de la mère de famille à le même poids que celle du fiston ou de la fifille qui vient d'avoir la majorité et qui croit tout savoir de la vie, mais là… je m'égare !

Dans l'absolu, lors du vote, la voix d'un simple individu peut donc faire basculer le vote du coté d'un candidat « non souhaité ». Ce « basculement » donc cette décision peut être réalisée par tout un chacun. Pas besoin de compétence particulière pour savoir analyser l'adéquation du candidat au poste qu'il convoite. Dans tous les cas, cette compétence n'est pas recherchée et encore moins cultivée dans notre société, ce serait même plutôt l'inverse qui est recherché j'en veux pour preuve les propos de M. Le Lai (ex. PDG de TF1) disant « … A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit, or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible … ».

Dans le suffrage universel, idéal pour les lobbies de toute sorte, l'électeur peut être ignorant de tout (ou presque) !

Examinons maintenant la soit disant aberration que représenterait la désignation des élus par tirage au sort au lieu du suffrage universel.

 

LE TIRAGE AU SORT.

Dans ce système sans chef les représentants sont désignés par tirage au sort à partir de la liste de tous les citoyens (idem listes électorales) et en partant du principe que tous les citoyens sont égaux (une personne = une voix).

C'est une « machine » qui se chargera de cette désignation. Pas d'intervention humaine !

Il existe de part le monde nombre de propositions d'organisations de sociétés basées sur la désignation des représentants(en général pour une courte durée) par tirage au sort. La seule application en France concerne les jurés d'assise qui sont tirés au sort et tout citoyen peut en faire partie un jour.

À la différence du suffrage universel où le candidat est porteur d'idées politiques précises, le système de tirage au sort ne s'intéresse qu'à la désignation des personnes, pas aux idées politiques dont elles peuvent être porteuses. Les idées politiques et donc les choix de société qui en découlent devront être débattus et élaborés par les représentants lorsqu'ils auront été désignés, ce n'est qu'après ce travail effectué par l'assemblée que le projet de société sera soumis à référendum auprès du peuple. Ces choix de sociétés seront de ce fait plus amplement partagés par la population que ceux proposés par tel ou tel parti majoritaire.

Il est évident qu’un tel système est incompatible avec la représentation pyramidale actuelle dans laquelle le chef(le président de la république, le premier ministre, les présidents de toute sorte, les maires, …) joue un rôle clé. Dans un système basé sur le tirage au sort, c’est un collège de citoyens qui remplace le chef unique et toutes les décisions doivent être prises après débat et vote. Rien n’empêche qu’un citoyen désigné par tirage au sort puisse représenter pour une courte durée le pays ou toute autre instance lors des représentations officielles. Un monsieur ou une miss France en quelque sorte…

Compétences des citoyens.

La désignation des représentants par tirage au sort est basée uniquement sur les citoyens sans distinction, tous les citoyens du pays et ce quel que soit leur condition sociale, leur âge, leur sexe, leur croyance ou leurs idées politiques... Tout le monde est concerné et tout le monde peut faire partie des représentants du peuple. C'est le sort, le hasard et uniquement lui qui détermine qui seront les représentants des citoyens.

C'est un système égalitaire par excellence qui ne prend pas en compte la compétence de la personne pour exercer la fonction visée seule sa situation de citoyen « désignable » est prise en compte  !

Avec ce système, la manipulation des futurs représentants par différents groupes d'intérêts n'est pas possible puisqu'il est impossible à quiconque de connaître à l'avance qui sera désigné. La désignation des représentants par tirage au sort est l'antidote absolu à la corruption en démocratie.

Par la suite et en partant du principe que le pouvoir exécutif(membres du gouvernement,…) et le pouvoir législatif (les députés,…) seront désignés par tirage au sort, le pays sera conduit comme l'idéalisait la constitution française (Cf. Article 2 en annexe) , « par le peuple, pour le peuple... »… On peut difficilement faire mieux !

Une société où son système politique est basé sur la désignation de ses représentants par tirage au sort implique automatiquement qu'elle doit veiller à l'instruction de tous puisque ce sont tous ses citoyens qui sont potentiellement amenés à participer au gouvernement. Plus cette société est éduquée, plus elle prendra des orientations intelligentes pour préparer l'avenir des futures générations, cohabitera au mieux avec les autres pays et jugulera les inégalités induites par l'avidité sans limite des maîtres de la finance. C'est un cercle vertueux qui est obligé de se mettre en place. Cela permettra de voir apparaître des sociétés où l'instruction de tous est une nécessité vitale commune.

Tout comme dans le suffrage universel, Il est bien évident qu'un tel système ne fonctionnera que si les représentants ont a disposition des experts reconnus (peut être eux aussi tirés au sort parmi l'ensemble des experts du pays). C'est le cas aujourd'hui pour les jurés d'assise qui sont tirés au sort et accompagnés par des experts du pouvoir judiciaire.

A la lumière de ce qui est écrit au dessus, comparons les deux systèmes

 

AVANTAGES & INCONVÉNIENTS

Analysons les avantages et inconvénients des deux systèmes de désignation selon les axes généralement mis en avant pour vanter les mérites de la démocratie .

Principe d'égalité.

Suffrage universel : (-) Il est réservé à une élite. En aucun cas il permet de faciliter l'accès à chaque citoyen aux instances du pouvoir politique. Les élections municipales dans les petites communes sont le seul cas où on peut parler d'égalité d'accès.

Tirage au sort : (+) Il s'appuie sur l'ensemble des citoyens sans distinction. Il respecte parfaitement le principe d'égalité.

 Compétences.

Suffrage universel : (-) La seule compétence requise au candidat pour les élections nationales réside dans sa capacité à créer et consolider son réseau de soutien. Accessoirement il doit savoir assurer une représentation (jouer un rôle). En aucun cas il lui est demandé d'être expert de tel ou tel domaine (économie, agriculture, diplomatie, …).

Tirage au sort : (-) Le hasard ne s'appuie pas sur les compétences pour désigner un citoyen par rapport à un autre. Tout le monde peut devenir représentant du peuple quelles que soient ses compétences.

 Manipulation / Corruption.

Suffrage universel : (-) Il favorise les jeux d'influences que doivent se livrer les candidats. Il est de ce fait source de connivences qui génèrent presque immanquablement, manipulations et corruptions des candidats (les exemples ne manquent pas !)

Tirage au sort : (+) De par son aspect « mécanique » le hasard n'est pas influençable par l'homme. C'est l'antidote absolu aux manipulations et corruptions des désignés.

 Coût.

Suffrage universel : (-) Le jeu d'influence auquel doit se livrer chaque candidat coûte très cher pour un simple individu (Cf. Coûts de campagne). Il coûte également très cher à la collectivité qui doit rembourser les frais de campagne et financer les partis.

Tirage au sort : (+) La désignation par tirage au sort ne coûte quasiment rien puisque c'est une machine (un ordinateur par exemple) qui se chargera de ce travail ultra-rapide.

Intérêt général.

Suffrage universel : (-) Est réservé à une élite qui s'intéresse prioritairement aux intérêts privés qui la soutiennent. Les représentants devront forcément autant favoriser les groupes d'intérêts « amis » que la population dans son ensemble. Il ne favorise généralement pas l'intérêt général.

Tirage au sort : (+) Les représentants désignés représentent au mieux la diversité de la population de ce fait lors des débats en assemblée c'est l'intérêt le plus partagé, donc l'intérêt général, qui sera choisi par vote ou référendum(Le tirage au sort ne concerne pas les idées).

 Effet à long terme.

Suffrage universel : (-) Est réservé à une élite, il favorise le maintien de l'ensemble des citoyens dans une certaine ignorance pour mieux le manipuler.

Tirage au sort : (+) Comme tous les citoyens sont potentiellement « désignables » par le sort, il est quasiment impératif pour la survie même du pays de veiller à maintenir le niveau d'éducation de l'ensemble des citoyens au plus haut.

 

CONCLUSION

Le suffrage universel obtient 0(+) et 6 (-), soit aucun avantage pour le peuple alors que le tirage au sort obtient 5(+) et 1 (-), soit quasiment tous les avantages pour le peuple. Il constitue donc le système idéal pour concevoir une réelle démocratie.

Le système de désignation par tirage au sort est vertueux, ultra simple, ultra égalitaire, ultra rapide et à moindre coût pour la collectivité. Vu tous ses avantages, il est surprenant qu'il soit passé à la trappe lors de la révolution française de 1789 ou du moins que l'histoire et les médias l'aient complètement occulté. Mais en réfléchissant un peu, il parait évident que les « meneurs » de toutes les révolutions ne souhaitent pas passer à coté de la chance de leur vie pour, à leur tour, prendre le pouvoir et le tirage au sort ne les avantage pas du tout…

On peut faire le choix de dire que le suffrage universel n'est pas si mauvais et continuer comme des moutons à espérer meilleur berger pour nous garder ou bien, profitant du mouvement www.M6R.fr , de décider qu'il est temps de prendre le pouvoir en exigeant que le tirage au sort soit utilisé pour désigner nos représentants et contribue ainsi à assainir et dynamiser positivement notre(nos) société(s) avant quelles ne versent totalement dans une dictature d'un nouveau genre.

 

Ensemble, Militons pour l'Abolition des Élections !

http://ateliersconstituants.com/documents/Appel_LCC.pdf

 

ANNEXES

Plus de lecture sur le même sujet :

http://www.actes-sud.fr/catalogue/pochebabel/contre-les-elections-babel

http://www.m6r.fr/

http://hasardetdemocratie.wordpress.com/2014/09/17/tirage-au-sort-et-democratie/

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php

http://www.g1000.org/fr/

 Déclaration universelle des droits de l'homme

(source : http://www.un.org/fr/documents/udhr/)

Article 21

« 1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. »

Les rédacteurs de cette charte sont les suivantes :

Eleanor Roosevelt 1884-1962 États-Unis Président du Comité de rédaction

Peng-Chun Chang 1893-1957 Chine Vice-président du Comité de rédaction

Charles Habib Malik 1906-1987 Liban Rapporteur du Comité de rédaction

William Hodgson 1892-1958 Australie Membre de la Commission des droits de l'homme

Hernan Santa Cruz 1906-1999 Chili Membre de la Commission des droits de l'homme

René Cassin 1887-1976 France Membre de la Commission des droits de l'homme

Alexander E. Bogomolov 1900-1969 URSS Membre de la Commission des droits de l'homme

Charles Dukes 1880-1948 Angleterre Membre de la Commission des droits de l'homme

John Peter Humphrey 1905-1980 Canada Directeur de la Division des droits de l'homme des Nations Unies

Quelques remarques :

Que vient faire l’élection au suffrage universel dans les droits de l'homme ? Pourquoi ce parti pris ?

En réalité une seule personne a quasiment tout écrit, c’est le Français et juriste René Cassin. Pas de femme et ni l’Inde, ni l’Afrique n’y sont représentées. Ce comité n’est composé que d’hommes dont la vie est faite (moyenne d’âge : 62 ans) …

La Constitution Française (extraits)

(http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html )

Article premier « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. »

Article 2 « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

Article 3 « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. …

Article 3 « Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.

Article 27 « Tout mandat impératif est nul. » Remarque : Cela signifie que les électeurs ne pourront en aucune manière demander des comptes à l'élu durant toute la période de son mandat par rapport à ses engagements de campagne. Cette notion avait été utilisée un temps lors de la commune de Paris (1871) par certains comités qui avaient déjà perçu le risque que pouvait représenter une délégation de pouvoir donnée par un groupe à une personne sur toute la durée de son mandat. Ils avaient prévus de le révoquer s'il déviait de « la trajectoire prévue ». Cette disposition a été supprimée et on en devine aisément les raisons...


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13 réactions à cet article    


  • beo111 beo111 18 septembre 2015 13:46

    Il est également possible de détourner l’élection, en allant sur les listes de candidats plutôt que dans l’isoloir. Pour ce faire, il suffit de s’inscrire au tirage au sort de la démocratie réelle.


    • Anaxagore de breiz 18 septembre 2015 21:48

      @beo111
      Oui, je suis entièrement d’accord, c’est une très bonne initiative et je vais m’y inscrire mais je ne suis pas certain que ce mouvement aura une visibilité significative dans les médias de masse. Remarquez c’est la même chose avec M6R, pas un média n’en parle pourtant c’est propulsé par une personnalité de premier plan smiley !

      Il faut de la patience et convaincre, convaincre, convaincre, ...


    • SDM 94 SDM 94 19 septembre 2015 15:02

      @Anaxagore de breiz
      je n’ai pas vu d’anaxagore de breiz sur Nous le peuple (https://www.m6r.fr/nouslepeuple/ ) la plateforme de discussion du M6R, y as-tu un autre pseudo ?


    • Anaxagore de breiz 19 septembre 2015 23:30

      @SDM 94
      Bah oui bien sûr... Le prénom doit commencer par « mar » et finir par « cel », mais chut faut pas le dire smiley


    • zygzornifle zygzornifle 18 septembre 2015 14:28

      on ne vote plus pour son président mais pour son dictateur ......


      • Zolko Zolko 18 septembre 2015 16:55

        Je ne pense pas que vous ayez réfléchi jusqu’au bout :
         

        • 1er problème : « Dans ce système sans chef les représentants sont désignés par tirage au sort à partir de la liste de tous les citoyens (idem listes électorales) »

        Celui qui établit cette liste peut choisir qui sera tiré au sort. Si vous voulez vraiment le tirage au sort, il faut le faire sur tous les citoyens, pas seulement les volontaires.

         

        • 2ième problème : « C’est une « machine » qui se chargera de cette désignation. Pas d’intervention humaine ! »
        Celui qui sera aux commandes de cette machine aura le pouvoir. Il faut, au contraire, intervention et contrôle humain, pour s’assurer qu’il n’y a pas de magouilleurs aux manettes
         
        • 3ième problème : « Dans un système basé sur le tirage au sort, c’est un collège de citoyens qui remplace le chef unique et toutes les décisions doivent être prises après débat et vote »
        Pour certaines décisions urgentes, cette démarche n’est pas possible.
         
        Je suis en très grand partisan du tirage au sort, seulement pas en remplacement de l’élection, mais en complément de l’élection. L’intérêt de combiner les 2 pouvoirs est qu’ils peuvent se contrôler l’un l’autre, tandis que dans un système à tirage-au-sort intégral des malins trouveront la faille et corrompront le système tout comme aujourd’hui. Les tirés au sort contrôlent les élus et les élus contrôlent les tirés au sort. Par ailleurs, si vous avez déjà osé discuter du tirage au sort, vous avez certainement remarqué que les gens tiennent à l’élection, ils y sont habitués, donc ils ne vous (nous) ne suivront jamais pour l’abolir complètement.

        Qui aurait pensé que l’élection serait un jour dévoyé ? Je sais, pleins de gens. Avec le tirage au sort c’est pareil, et dans 2 siècles les historiens me citeront pour dire que Zolko avait prédit dès le début la dérive du tirage au sort intégral.


        • Anaxagore de breiz 18 septembre 2015 21:41

          @Zolko
          Il semble effectivement que je n’ai pas suffisamment expliqué ce que pourrait/devrait être un système basé sur le tirage au sort.

          Lorsque je précise que ce système est sans chef, cela signifie qu’il faut supprimer de votre raisonnement la fonction de décideur. Il n’y a plus de décideur unique. Seule une assemblée tirée au sort (éventuellement parmi des experts) peut se prononcer y compris dans des situations d’urgence. Accepter que dans certains cas il y aurait une personne qui pourrait prendre des décisions pour la population, on connaît et on n’en veut plus...

          Si vous remplacez les « celui qui » par un collectif, vous verrez que ca marche mieux smiley !

          Soit on accepte le tirage au sort intégral (dans nos esprits hyper formatés, c’est je le concède difficile à accepter) et on aura une réellement démocratique, soit on garde le système électif pour désigner quelques personnes et nous garderons la situation bancale et les dérives qui l’accompagne et que nous connaissons...


        • Zolko Zolko 21 septembre 2015 09:07

          @Anaxagore de breiz
           
          vous avez « oublié » de répondre aux points que j’ai soulevé.
           
          "Il n’y a plus de décideur unique. Seule une assemblée tirée au sort (éventuellement parmi des experts) peut se prononcer y compris dans des situations d’urgence.« 
           
          n’importe quoi. Et quand la France rencontre le président Russe ou Chinois ou Brésilien, vous y envoyez 100 personnes tirés au sort aussi ? Et qui décide qui sont les »experts" sur tel ou tel sujet ?
           
          Non, le tirage au sort ne peut - et ne doit - pas remplacer l’élection, il doit le compléter.


        • Anaxagore de breiz 21 septembre 2015 16:55

          @Zolko
          Le tirage au sort implique obligatoirement : pas de chef ! C’est toujours un collectif tiré au sort, y compris pour le gouvernement qui décide.
          Donc si Poutine veut parler en tête à tête avec une personnes en particulier, il ne pourra pas, il devra en passer par un collectif. ce collectif sera le gouvernement lui même tiré au sort. En Suisse par exemple, c’est le conseil fédéral qui par exemple décide de la politique étrangère et représente la Suisse à l’étranger...

          Il n’y a aucune raison pour que le peuple ne soit pas au courant de tout ce qui le concerne. Fini les messes basses et les petits arrangements entre amis !

          Il faudra que nos voisins/partenaires apprennent à dialoguer avec une organisation réellement démocratique.
          Si on accepte une part d’élection, j’ai bien peut que rien ne change, les puissants sont tellement puissants qu’ils utiliseront(tout comme aujourd’hui) ce biais pour obtenir ce qu’ils veulent.


        • ddacoudre ddacoudre 18 septembre 2015 23:16

          ’bonjour anaxagore

          Dans Samuel 1-8 , quand il devient vieux il doit être remplacé par ces fils, mais les anciens du peuple d’Israël s’y opposent, car ils trouvent ses fils indignes de lui succéder, car ils se sont fait corrompre par l’argent, ils acceptent des cadeaux et rendent des jugements indigne.
          il y a de cela à la louche 4000 ans et tu penses que l’élection au hasard va solutionner une difficulté que 4000 ans d’histoire humaine n’ont pu résoudre. si lors de la révolution française nous avions tiré au sort parmi la population nous aurions encore un roi. la majorité des sujets du roi étaient incultes et ignorants. je ne vois pas en quoi il y a une égalité d’obliger quelqu’un à remplir un mandat qu’il n’a pas souhaité. je ne donnerais pas une année de vie a un parlement tiré au sort. dans les petites municipalités regarde qui détient une forme de pouvoir, c’est souvent le secrétaire de mairie qui représente la continuité et la mémoire de la commune.
          se faire aider par des spécialistes, c’est ce que nous avons fait nous avons créé de grandes écoles ou nous formons les serviteur de l’état et ce sont eux qui ont fini par s’imposer élu par les citoyens qui leur reconnaissaient leur compétence au détriment d’un lambda. je suis d’accord sur le fait qu’il faut virer cette république monarchique qui se dirige vers l’autocratie technocratique, mais contre le fait d’élire des ignorants au hasard des désignations.
          la démocratie ce n’est pas une loterie et la direction d’un état ne peut dépendre de gens qui n’ont pas désirer être élus. si tu veut changer les choses change l’instruction des populations et il en découlera forcément quelque chose de positif, puisque c’est grâce aux savoirs que nous avons évolué. les paris sont encore la meilleure formule pour représenter les aspirations différentes et divergentes des populations,l’anormalité c’est que face à la fracture intellectuelle grandissante entre la population et les détenteurs des savoirs et compétences les citoyens se sont laissés distancer et ont abandonné les lieux où s’exerce la démocratie qui consiste a donner son avis sur la gestion de la cité et non seulement choisir ceux qui vont diriger les institution et faire des lois au hasard de leurs humeurs, ou suivre l’avis des spécialiste comme aux assises.
          ddacoudre.over-blog.com .
          cordialement


          • Anaxagore de breiz 19 septembre 2015 23:38

            @ddacoudre
            C’est ton avis mais pas le mien smiley !
            Moi je préfère qu’un collectif tiré au sort décide tout plutôt qu’un loustic qui prétend tout savoir et qui est surtout au pouvoir pour servir les puissances financières.

            Si les citoyens se sont « laissés distancer », comme tu dis, c’est justement parce qu’ils ne se sentent pas concernés par ce mode de gouvernance et ils ont raison. D’ailleurs je serai assez d’avis de boycotter toutes les élections pour arrèter d’alimenter cette mascarade de démocratie.


          • Rensk Rensk 19 septembre 2015 01:34

            Autre question qui concerne la première partie : votre représentation est-elle donc légale ? Un non élu a pris sa place dans la tribune... y fait quoi là ce lobbyiste ?


            • Anaxagore de breiz 19 septembre 2015 23:42

              @Rensk

              Les lobbyistes n’auront quasiment aucune prise sur les représentants puisque avant d’être désignés ils étaient inconnus.

              C’est une assemblée de 300, 400 ou 500 personnes qui décide et non « un élu ». De cette façon la dangerosité d’un individu est diluée dans la masse et donc suffisamment neutralisée...

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