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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Enseigner aujourd’hui l’orthographe à l’école, mission (...)

Enseigner aujourd’hui l’orthographe à l’école, mission impossible ?

Ce texte est un compte-rendu d’un forum tenu ces jours à Paris. L’orthographe semble le point de départ de la plupart des réflexions à ce sujet. La remise en cause de l’orthographe actuelle, même modeste, semble relever de l’impossible et même de l’inacceptable. C’est pourtant une convention sociale qui appartient autant à tout le monde qu’à des législateurs et des juges, dont les professeurs sont les principaux représentants, et qui, à ce titre, peut évoluer. Les enseignants désavouent les usages populaires (de tout le monde) et réciproquement. On pourrait essayer de rapprocher ces deux sources de la graphie. Ne pas le faire entretient (au moins) une division de la société que personne, en principe, ne veut.
Les éditions Retz ont organisé un forum sur ce thème. Cette question se décompose en quatre. Quatre communications, apportées par quatre spécialistes. Deux ne comportent pas de question.
 
Béatrice Pothier veut aider les parents et les enseignants au diagnostic d’erreurs en orthographe : Il faut que les élèves se posent des questions, ce qui n’est pas gagné, et qu’ils se posent les bonnes questions. Mais quel en est l’intérêt ? Ne serait-il pas mieux de suivre le fil du texte, d’entrer dans la narration ou dans le raisonnement, de se laisser embarquer, sans se poser de questions ? Ne serait-il pas meilleur de ne s’intéresser qu’aux contenus et que l’acte formel d’échange se fasse sans plus de problème que lorsqu’on parle ? Ne pourrait-on lire et écrire un texte avec plaisir plutôt qu’avec l’inquiétude de faire des erreurs d’orthographe ?
 
Michel Fayol traite de l’apprentissage des accords, il a l’air de trouver que les difficultés de l’enseignement de l’orthographe se réduisent au temps qu’on y passe (enquête et expériences à l’appui !). Il suffirait d’y passer plus de temps !… Pas de questions non plus sur ce qu’est l’orthographe. L’orthographe ne se déplace pas plus que les montagnes. Dans le texte de présentation de sa conférence, on peut lire : « L’attention mobilisée par la gestion des idées et des autres dimensions de l’expression empêche qu’elle puisse se porter aussi sur l’emploi des marques de genre et de nombre. » Le regretterait-il ? J’en ai l’impression mais je n’ose le croire !
 
Deux communications sont formulées sur le mode interrogatif : « pourquoi les sociétés sont-elles inégales devant l’orthographe ? »(Jean-Pierre Jaffré) La comparaison avec les autres langues est intéressante. Le finnois a une lettre pour un son et un son pour une lettre. Apprendre à lire va vite et est aisé. Cet état de fait ne change pas nos problèmes à nous. Cela peut nous guider un peu, si nous voulions déterminer de quoi nous avons besoin exactement en matière d’orthographe, au vu la complexité de notre langue.
 
Et « peut-on encore enseigner l’orthographe sans la réformer ? » (André Chervel). C’est le seul invité qui parle d’enseigner et qui propose quelque chose à la difficulté d’enseigner l’orthographe à l’école. Une vraie proposition, globale d’une part et d’autre part qualitative, pas d’y passer plus de temps. Profondément positive et humaniste, sa démarche est historique et devrait ravir tous les gens de gauche qui regrettent la force ancienne du marxisme : l’orthographe actuelle est l’effet d’un long travail de réformes impulsées de 1650 à 1835 par les enseignants de façon à aider l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Il serait bon de prendre modèle sur ce progressisme des enseignants du temps passé et de réenclencher ce mouvement de réformes pour trouver une orthographe à laquelle tout le monde adhère aisément, à laquelle il soit raisonnable d’adhérer. Actuellement, l’orthographe apparaît comme une suite de règles arbitraires et cassées par un nombre impressionnant d’exceptions. Sans quoi, nous dit Chervel, « on » va scinder la société en deux : ceux qui savent pratiquer une orthographe normée et ceux qui n’arriveront pas à l’acquérir et écriront, écrivent déjà, avec des graphies variables et folkloriques, disons, mais, ce mais est fondamental, fonctionnelles. Dans ce « on » qui scinde la société en deux, l’école tient la plus grande part.
 
Le débat avec la salle, mené par Luc Cédelle, est intitulé « faut-il réformer l’orthographe ? » Cependant, presque toutes les interventions sont dans la ligne qui consiste à chercher des solutions à l’enseignement de l’orthographe, orthographe conçue comme un roc. Danièle Cogis explique que le Bled se trompe sur « on » et « ont » en supposant que les élèves confondent le verbe avoir et le pronom impersonnel, alors qu’ils mettent un « t » au pronom par souci de lui donner une marque du pluriel ! Elle n’explique pas pourquoi ils ne mettent pas de « s ». Et comment font-ils pour chanter « on a gagné ! » ? Au lieu de réformer l’orthographe, faut-il réformer le Bled ? Quelqu’un dit qu’on n’a pas parlé de la nature des mots, et que si les élèves savaient mieux la nature des mots ils feraient moins d’erreurs de genre et de nombre… oui, bien sûr. Et réciproquement. Chacun a son idée pour enseigner tel ou tel point. A la tribune, JP Jaffré dit que les mails des universitaires relèvent d’une orthographe de niveau CM2. Cela fâche une autre universitaire de la salle. Non mais ! Où a-t-il vu ça ?... La demande sociale est forte et elle connait un cuisinier sorti de lycée professionnel qui s’est fait moquer parce qu’il ne savait pas écrire « pomme de terre » ! Toujours cette demande sociale d’orthographe considérée comme immuable, belle, juste. Aucune question à Chervel, pas l’ombre d’un souffle de changement possible. L’orthographe, c’est Dieu : Tout commence et finit là.
 
 Jean-Yves Rocheix, que je croyais plutôt du côté du marxisme, dit qu’au-delà de l’orthographe, il s’agit de rapport à la langue. Un peu de globalité, enfin ! Il a tout de même l’air de dire que le bon rapport à la langue donne ou, du moins, est un préalable à la bonne orthographe. Il me semblait que la façon négligée, inventive, insouciante des multiples graphies en cours partout pouvaient être prises comme une déstructuration joyeuse et anarchiste de cette culture bourgeoise et porteuses d’un certain nombre de solutions… Cela me paraît vivant, dynamique, plutôt du côté de l’humour, de l’ironie, de l’impertinence… On pourrait être à l’écoute du peuple, et chercher l’école du peuple, en quelque sorte…
 
Je prends la parole pour dire que l’orthographe n’est pas le savoir d’un réel, qu’il est une convention. L’orthographe ne nous échappe pas (on ne peut déplacer les montagnes et il faut enseigner leur bonne place). L‘orthographe est un accord sur la transcription de la langue. On peut donc en changer. Si les enseignants se lançaient comme ils l’ont fait pendant des siècles dans une réforme ou l’accompagnement d’une réforme, ce serait plutôt honorable de leur part, progressiste et susceptible de résoudre un problème assez pénible pour bien des gens. La norme sociale en serait vite changée et personne ne se moquerait plus d’un cuisinier qui écrit « pome de terre ». D’autre part, je rajoute, cet accord se fait par la pratique, l’usage, et pas seulement par l’émission d’une « norme » pour reprendre le terme que tout le monde avait dans ce forum. Cela n’intéresse pas. Aucun écho ! Tout de même, quelqu’un (je n’ai pas eu le temps de voir qui) évoque un groupe de travail qui recherche la nécessité orthographique du français, cette langue étant assez complexe (trop de sons, ou pas assez de lettres, des passations dans les familles de mots irrégulières…). Il n’y a eu aucune question à Chervel.
 
L’orthographe est l’orthographe ! Ainsi, les trois quarts des écrits sont désavoués par l’école. Quand le peuple écrit mal, on dissout le peuple.

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33 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 17 mars 2009 14:38

    Et pourquoi pas l’esperanto comme langue internationnal et/ou écrite ?

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50993



  • Kalki Kalki 17 mars 2009 14:41

    Entre l’anglais qui nous est imposé, ou une langue de quelque manière meilleure n’appartenant donc a personne et ne favorisant aucun pays.

    Le choix lucide est rapide.
    Au moin pour la langue internationnal.

    Et nous garderions nos langues respectives.


  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 19 mars 2009 23:00

    Vous écrivez : "( intéressant, me semble -t’il, de savoir que le ^ de forêt vient de forest, etc.)"
    Je souhaiterai que vous disiez en quoi c’est intéressant.

    Vous écrivez : "Ou alors abandonnons tout et place à une forme d’écrit de type SMS ou phonétique "

    Ni Chervel, ni moi ne proposons cela. Ni sans doute personne. Représenter la volonté de réforme comme un abandon n’est pas digne.


  • Ceri Ceri 17 mars 2009 14:40

    ce serait stupide de changer l’orthographe uniquement parce que certains n’arrivent pas à écrire convenablement. C’est comme sarko, qui au lieu de respecter la constitution, s’assied dessus et la change à sa guise.

    Est-ce que les jeunes qui ne savent pas écrire pourront être journalistes ou prof de français, avec cette "nouvelle orthographe" qui relève davantage du sms que de l’écriture ?

    Et puis on n’a qu’à faire pareil dans toutes les matières : si les gamins ne retiennent pas l’histoire ou les maths, tant pis, rabaissons le niveau, indéfiniment !
    bientot personne ne saura plus rien, et ce sera normal !


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 mars 2009 15:12

      Pourquoi ne pas changer aussi les tables de multiplication ?


    • idoric 18 mars 2009 13:57

      @courouve
      > « Pourquoi ne pas changer aussi les tables de multiplication ?
       »

      Parce que les tables de multiplication ne relèvent pas d’un choix arbitraire, on peut les redécouvrir par soi-même, au contraire des règles de grammaire et d’orthographe (et surtout leur nombreuses exceptions, et exceptions aux exceptions).


    • Christoff_M Christoff_M 17 mars 2009 14:58

       pourquoi désinteresser les enfants de la lecture et du livre...

      pourquoi les livres ont augmenté d’une manière abérrante depuis l’euro !!

      Qui a intéret à produire une génération d’ignares plantés la moitié de la journée derrière des écrans qui les abreuvent de fadaises et niaiseries commerciales en tout genre !!

      Enseigner dans ce contexte et captiver l’attention devient de plus en plus mission impossible...

      Qu’adviendra t il de générations inaptes à lire et à écrire ??


      • foufouille foufouille 17 mars 2009 15:43

        simple le but est que la masse ne puisse comprendre les lois
        lire permet de se former et de s’informer
        toutes choses que ne veulent pas les ploutocrates car les ignorants sont facile a manipuler


      • Kalki Kalki 17 mars 2009 17:31

        Oui ...

        Ils avaient fait de la lecture un "moyen de libération" ... puis par la suite ils ont remis ça avec une "égalité des chances" d’aller à l’université (pour se retrouver au chomage de nos jours).

        Je ne sais pas si ils ont visés dans le bon sens pour suivre le but qu’ils disaient suivre.

        Encore des substitues de démocratie, substitue d’éducation de l’être.


      • chourave 17 mars 2009 15:42
        Une réforme de l’orthographe me paraît bien nécessaire de façon à rendre plus limpide les règles et faciliter son apprentissage. Pour ma part je ne vois aucun intérêt à toutes ces sortes de bizarreries qui ne servent qu’à satisfaire les érudits de la chose.
        Par contre, je constate une dérive du sens des mots à tel point que j’ai parfois à comprendre ce que veulent dire certains. J’ai l’impression qu’il y a éclatement du langage en fonction des origines sociales et géographiques.
         
        Le langage est avant tout un moyen de communiquer, et pour que le plus grand nombre communiquent ensemble, l’urgence n’est pas à l’orthographe mais à la sémantique et au vocabulaire.

          • Ceri Ceri 17 mars 2009 16:21

            effectivement, à force de niveler les élèves par le bas, on arrive exactement à ce que certains recherchent : un abrutissement généralisé, qui permet aux "élites" de faire n’importe quoi puisque personne ne comprendra plus rien à rien.

            L’orthographe ce n’est pas qu’un snobisme d’intellectuels, c’est un mode de communication. Est-ce qu’on imagine un échange écrit constructif entre un lettré et quelqu’un qui ne sait pas écrire, sauf en langage sms et sans syntaxe correcte ? Comment le second arrivera-t-il à articuler des idées s’il ne sait même pas où on place la virgule, ni comment on accorde un verbe ? 

            Je ne jette pas la pierre aux élèves ni aux enseignants, pris dans ce système scolaire qui n’a désormais comme but que de formater les esprits à la société de consommation, ^à faire de bons petits consommateurs aussi incultes que possible. Car, celui qui ne sait pas écrire ne risque pas de lire beaucoup non plus.


          • Polemikvictor Polemikvictor 17 mars 2009 16:43

            Le probleme c’est qu’on trouve de nombreux etudiants ( des adultes également) qui font des fautes d’orthographe dans les meilleures filières et les meilleures écoles. Ces élèves ont montrés leur aptitude à apprendre des éléments plus compliqués que le programme de primaire.
            Donc s’ils n’ont pas reussi dans ce domaine,ce n’est pas leur aptitude à apprendre à mettre en cause.Peut etre peut on parler d’aptitude à enseigner l’orthographe http://innovalo.scola.ac-paris.fr/former/equipe/outils/5M/index.htm ?

            J’ai choisi ce lien pour montrer que je ne vise pas que les enseignants.


            • Ceri Ceri 17 mars 2009 16:53

              étrangement, quand j’étais en fac d’histoire ou à l’IEP, ou en journalisme, personne ne faisait plus de 10 fautes par examen sinon on avait en dessous de 10/ 20. je veux bien croire qu’en maths sup ou en HEC, beaucoup ne sachent pas écrire, mais la logique n’est pas la même, et la culture G non plus.


            • Bois-Guisbert 17 mars 2009 16:59

              "On pourrait essayer de rapprocher ces deux sources de la graphie. Ne pas le faire entretient (au moins) une division de la société que personne, en principe, ne veut."

              Une société clairement divisée en deux ne me déplairait pas. D’un côté, les lettrés appréciant la culture et les arts, y compris ceux de la table, de l’autre, une tourbe plus ou moins grossière, adepte d’un mode de vie trivial, c’est-à-dire consumériste, capable de tâches un peu complexes, mais ne requérant aucune sensibilité.

              Les humains redécouvriraient ainsi leurs inégalités naturelles que des théories imbéciles ont cru pouvoir nier. Ce serait la fin d’un Grand Mensonge.


              • foufouille foufouille 17 mars 2009 17:24

                @ bois bourgeois
                des fois les gueux ca sort les fourches


              • Bois-Guisbert 18 mars 2009 10:14

                Il est sérieux le Bois-Guibert ?

                Tout à fait et le temps travaille pour moi puisque l’illusion égalitariste - dans la mesure même où c’est une illusion - finira obligatoirement par se dégonfler. 

                On peut penser que les médiocres, du fait même de leur médiocrité, ne s’en apercevraient même pas, du moment qu’on ne les priverait d’aucun de leurs plaisirs vulgaires...


              • foufouille foufouille 18 mars 2009 11:16

                @ bois
                reve pas
                les gueux ont acces a internet, trop tard pour toi


              • french_car 18 mars 2009 16:01

                 Quelle définition de la culture et des arts (en dehors de ceux de la table) ?


              • barbouse, KECK Mickaël barbouse 17 mars 2009 17:07

                bonjour,

                la pensée formelle, comme l’orthographe et la grammaire, est un fondement non négociable. C’est un repère qui permet de conscientiser sa pensée dans le temps, l’espace et la logique. Ces cours sont autant d’occasion pour un élève d’appréhender par l’esprit des objets uniquement accessible que par la pensée et qui fonctionnent dans une logique, un ordre, un sens, pour clarifier sa propre opinion.

                Par effet rebond, dés que l’on a enlever des heures de grammaire aux élèves, quantité d’enfants ont moins eut de chance de se révèler à leur potentiel en mathématiques, l’usage du cogito le plus délicat à stimuler étant justement celui qui fait réfléchir sur des objets que l’on ne voit pas, ne goute pas, ne touche pas, comme un complément d’objet direct ou une formule mathématique, etc...

                Toucher à l’ortographe, surtout avec les mains des pédagogistes de maintenant, et vous obtenez la perte immédiate du repère permettant d’indiquer qu’il y a une faute comparée a une norme. Chacun scriboulleras une langue qui ne dépassera pas sa case social, sa localisation géographique, ses identités, en allant par penchant naturel, au plus simpliste, au plus proche du son, au plus court a écrire.

                Autant dire qu’on éloignera encore d’avantage la pensée et son affirmation par l’écrit de ce qui est difficile, rare, précieux dans la richesse d’un vocabulaire, dans une langue écrite où l’accès au signifié d’un mot est constament obstruée par l’irrégularité de son signifiant.

                Ensuite, quelle insulte vous faite au potentiel réel des enfants en les considérant trop cons et trop stupide pour apprendre l’orthographe comme s’il n’étaient né intellectuellement plus démunie que tous leurs ancêtes réunis.

                La réalité du pourquoi l’éducation national réfléchie a paupériser et relativiser l’orthographe, c’est la peur et une lutte de classe déguisée en "bon sentiments"

                La surféminisation du personnel enseignant dans les classes de Français, l’autodiscipline et l’autorité qu’il faut avoir pour affirmé une pédagogie de la pensée formelle, non négociable, non discutable, qui ne "négocie pas" avec l’attente des élèves, mais bien s’assume en adulte ce qu’il faut que l’enfant apprenne pour écrire de façon universelle, car même pour les traducteurs étrangers du Français, cela deviendra un enfer.

                Ensuite, tout le monde sait que pour passé quantité de concours administratifs, entre autres, écrire comme on s’exprime de façon oral avec des fautes a chaques mots, engendre surtout l’impossibilité d’accèder a ces métiers. 

                D’autant plus qu’en touchant a la norme, tous ceux qui sont faché avec vont s’en donner a coeurs joies pour importer et inventer des mots aux signifiés abscons, créer des orthograhes d’entre potes, se lacher dans leur écris en ligne, ce qui rendra des sites comme celui ci illisible,

                et ils en souffrirons d’autant plus qu’a part mal les comprendre, les réactions qu’ils engendrerons seront forcément en deça d’une quelconque prise de conscience de ce qu’ils veulent dire.

                Et je met au défi quiconque de croire que créer un maillon de "meilleur écrivan" a qui il faut confier son opinion pour être lu et éventuellement compris au délà de ses quelques km de connaissance, est une entrée pleine d’avenir, moderne, utile et positive pour tous ceux qui finalement vont se retrouver dépendant de leur ignorance a écrire sur un repère formel, et finalement encore un peu plus loin d’une sensation d’être un destin pleinement Français dans la communauté de destin national.

                La langue structure la pensée, la pensée la vie, et en laissant les pédagogistes faire cela, vous vouez a l’enfer d’une vie de soumission et d’incompréhension les plus faibles. Il faut exiger la parité dans le corps enseignant, remettre des hommes qui assume la pensée formelle sans faire cours dans la nécessité de "séduire la classe" pour finalement lui fourguer une sous culture plus facile a gérer dans sa fainénantise professionnel.

                amicalement, barbouse. 


                • ninou ninou 17 mars 2009 17:33

                  @ Barbouse

                  Les 42 fautes qui fleurissent dans votre commentaire me font dire qu’il doit se lire au second degré (non ?)


                • barbouse, KECK Mickaël barbouse 17 mars 2009 18:30

                  @ ninou,

                  je fais effectivement beaucoup de fautes d’orthographes, je n’ai jamais été bon dans cet matière, j’ai toujours préféré le fond à la forme, et pour écrire sérieusement je dois souvent me relire plusieurs fois. Et c’est bien parce que je connais le problème que je me retrouve avec le paradoxe de devoir défendre une matière scolaire qui ne me facilite pas la vie. Je connais la tentation du " tant pis l’important c’est qu’on me comprend", et le langage sms qui en découle, celui qui "suffit" dans bien des situations de la vie courante.

                  Mais par contre dés que j’ai attaqué des sujets plus complexe, me suis interessé, interrogé, parfois dans des domaines où les mots nuance et subtilité prennent un sens concret,

                  j’ai tout de suite senti à quel point j’avais des lacunes pour ordonner clairement mes idées, avant même d’en faire une opinion affermie jusqu’a la preuve du contraire, faute d’une démarche intérieure acquise de façon fiable par l’apprentissage de la grammaire et l’orthographe. 

                  aussi il n’y a pas de second degré, c’est justement parce que je fais beaucoup de fautes d’orthographe que j’éprouve le besoin de savoir qu’il existe des règles fiable et stable au travers desquelles je peu me raccroché. 

                  Pour moi, toucher à l’orthographe et à la grammaire, c’est paupériser intellectuellement encore un peu plus les gens de banlieu dont je fais parti. Je peu vous l’écrire façon " ils veulent nous niquer la teuté en nous incitant a ne pas se prendre la tête encore un peu plus, d’façon écrire c’est pour les teubés, moi je veux juste les niquer et gazé le bedos en fuckant le systeme."

                  Et autre façon d’inciter au mépris du savoir, celui qui permet d’utiliser sa liberté, ici on ne respecte que les règles qui sous sont sous tendu par la force. Montrer au travers de ce genre d’article que l’on va "négocier" l’orthographe, et vous étendez la taille du domaine où cet matière est méprisée de façon plus certaine que vous ne sous tendez l’effort de vouloir bien faire.

                  amicalement, barbouse. 



                • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 17:31

                  Soyons pratiques : il faut déjà appliquer la réforme de 1990, qui n’est recommandée officiellement dans les circulaires aux enseignants que depuis deux ans ! Même si les dicos s’y étaient mis progressivement. Car la coexistence des deux graphies ne simplifie pas la tâche des enseignants ni celle des élèves… Ils ne savent pas laquelle enseigner ! Le Portugal, qui vient tout récemment de faire une réforme similaire en accord avec le Brésil pour soutenir ensemble leur langue, l’a imposée au jour « J » pour éviter ces années de pagaille avec deux graphies, dur mais efficace.
                  http://www.journaleuropa.info/FR_article/n475t0j0d0-portugal-orthographe-langue-ecriture-lecture-grammaire-prononciation.html

                  Autre tabou : le niveau en français des PDE (instits) n’est pas toujours celui qu’il était du temps des Ecoles normales de jadis. Si on arrêtait de leur casser les pieds avec une langue étrangère à valider (à un médiocre niveau) qui n’est pas du tout leur rôle, on pourrait renforcer le français, et c’est valable aussi en classe, plus d’anglais = moins de français.

                  L’anglais est en outre une des langues les plus complexes sur le plan phonétique, aspect auquel vous faites allusion avec le finnois, il est donc aberrant de l’imposer au primaire alors que la majorité des élèves savent à peine ce qu’est un COD. Je ne sais pas si le finnois a une correspondance phonétique de 100%, mais l’espéranto, oui. Le pire de ce point de vue là étant of course l’anglais, ce qui n’est en aucune façon un jugement esthétique sur la langue ou les œuvres anglophones, c’est évident mais malheureusement il faut le préciser.

                  Une réforme de l’orthographe n’est pas un nivellement par le bas ; même un petit toilettage de la grammaire sur l’accord des participes passés, qui fait quasiment l’unanimité, ne nuirait en rien au style et au contenu des œuvres passées ou futures. Les jeunes savent moins écrire parce qu’ils lisent moins, c’est le siècle de l’image, cliché mais probablement vrai.



                  • Capreolus Capreolus 17 mars 2009 18:45

                    Lé raigle dortografe son une nossion bourjoises kil fo arivé à fer disparètre conplétment. En fèt vous me conprené tré bien qelqesoit l’ortograf enploié, pa vré ?


                    • ninou ninou 20 mars 2009 20:01

                      Autant qu’eux faire ce peu !


                    • Orélien Péréol Aurélien Péréol 23 mars 2009 23:31

                      Vous écrivez : "Et l’enseignement de l’Orthographe est un des outils qui facilitent l’accès à la maîtrise de ce système."
                      C’est exactement le contraire, vous voudriez que l’orthographe (actuelle) facilite l’accès à la maîtrise de la langue alors que c’est un obstacle énorme. Dans le colloque, celle et celui qui défendait le maintien de l’orthographe reconnaissait sans le vouloir l’obstacle à la perception du sens, à la jouissance du sens, que constitue l’orthographe.


                    • docdory docdory 18 mars 2009 11:59

                       @ Aurélien Péréol

                      Il n’y aurait presque pas besoin de réformer l’orthographe si , dans les écoles primaires , on cessait de remplacer des heures de français par des heures de langues étrangères . Il est illusoire de prétendre apprendre une langue étrangère quand on ne maîtrise pas parfaitement la grammaire de sa langue maternelle : ma fille , qui est en 6ème , commence seulement à apprendre en grammaire française le complément de nom les adjectifs épithètes et attributs du sujet , toutes choses qu’à mon époque étaient enseignées en CE1 CE2 . Nous avions 3 heures par semaine " d’analyse logique " au cours desquelles on décortiquait la fonction de chaque mot dans la phrase . Pour la dictée , c’était l’équation " cinq fautes = zéro " !
                      A quoi bon apprendre l’allemand en CE1 alors que l’usage des déclinaisons allemandes nécessite de faire la différence entre un complément d’objet direct et un attribut du sujet , notion parfaitement acquise en CE1 il y a 40 ans , et commençant à être enseignée en 6ème à l’heure actuelle !
                       Mis à part l’apprentissage des langues en primaire , il existe d’autres heures de cours " décoratives " telles que l’initiation à l’informatique , qui pourrait être enseignée plus utilement en troisième , et se fait en primaire au détriment du français !


                      • Orélien Péréol Aurélien Péréol 18 mars 2009 12:59

                        à Docdory. Vous faites partie des débatteurs qui ont les solutions, des solutions simples et qu’on peut appliquer tout de suite. Vous n’êtes pas le seul ou la seule. Vous êtes dans la ligne de Michel Fayol : il faut passer plus de temps à l’orthographe. Pour trouver plus de temps, ne pas apprendre les langues étrangères. Je vous demande de réfléchir à votre proposition. Je m’excuse par avance de vous déplaire, mais pour moi, une telle proposition est incroyable !


                      • docdory docdory 19 mars 2009 10:16

                         @ Aurélien Péréol

                        Je persiste et je signe : on ne peut pas apprendre correctement une langue étrangère , surtout si elle comporte des déclinaisons , si l’on ne maîtrise pas parfaitement sa langue maternelle . Autrement dit , l’apprentissage des langues étrangères à l’école primaire , par des instituteurs qui , pour la plupart d’entre eux , ne maîtrisent pas du tout la langue qu’ils sont censés enseigner est une perte de temps ( mes enfants , en trois ans d’allemand à l’école primaire , n’ont appris que des rudiments insignifiants !
                        Cela dit , je suis partisan de la suppression facultative de l’accord du participe passé après le verbe avoir ( la fameuse règle de Clément Marot ) , qui est illogique grammaticalement et tombe en déuétude . L’absence d’accord devrait être autorisée ! De même , des consonnes artificiellement doubles devrait être simplifiées dans une série de mots . Par exemple , on devrait pouvoir écrire char , chariot et " charette " , qui serait plus logique que charrette dans cette série .


                      • oncle archibald 18 mars 2009 17:32

                         J’ai trouvé votre article et de nombreuses contributions très intéressants. Accepter une orthographe "simplifiée", "au rabais", en tenant compte de la langue parlée "ordinairement" à ce jour ce serait d’abord se priver de pouvoir lire tous les textes anciens et d’un langage commun à tous, compréhensible par tous.

                        Lorsqu’on veut atteindre un but relativement difficile, par exemple maîtriser la langue française, il faut faire des efforts, ça n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau c’est que l’on refuse la nécessité de l’effort et surtout que ceux qui ont la responsabilité de l’éducation des enfants (parents, enseignants) acceptent cette loi non écrite du moindre effort.

                        Ca n’est peut être pas seulement du laxisme. Peut-être répare-t-on consciemment nos chères petites têtes blondes (ou brunes !) à avaler la bouillie insipide et pré-machée de la télé et du commerce pour leur éviter de réfléchir et de s’insurger comme le suggèrent certains posts ? Cela parait hélas possible !

                        Que ceux qui ont la chance d’avoir conservé des correspondances de leurs grands méres ou arrières grands mères, grands oncles marins ou militaires, rouvrent les vielles malles et relisent des lettres écrites dans la première moitié du XXeme siècle. J’ai cette chance et je ne me lasse pas de relire ces lettres qui, faute de téléphone, relataient les faits du quotidien, les sentiments, les états d’âme, avec exactitude simplicité et pudeur. Un régal qui va disparaitre, car on ne s’écrit plus beaucoup en famille. On se téléphone et on se "maile" des photos ! Je m’attache à écrire à mes petits enfants, et ils en sont ravis ! Ce qui est écrit, même sur une simple carte postale, reste, se relit, peut être mis de coté et se relire encore cinquante ans après.. La "civilisation instantanée" ne permettra pas de savourer ces petites "madeleines". C’est une perte certaine.


                        • Christoff_M Christoff_M 19 mars 2009 00:02

                           on ne peut pas enseigner une autre langue à des enfants qui ne maitrisent pas complètement leur langue de base...


                        • Christoff_M Christoff_M 19 mars 2009 00:06

                           je fais écrire des lettres ou des mails à ma fille et je lui renvoie la version corrigée... mais je fais des bonds pour le nombre de fautes par page, alors qu’elle est bien notée dans son école...

                          le système de notation abstrait a fait des ravages... à notre époque les rédactions seraient proche de zéro !! vu le nombre de fautes d’orthographe...


                        • Orélien Péréol Aurélien Péréol 19 mars 2009 22:47

                          Vous écrivez : "Lorsqu’on veut atteindre un but relativement difficile, par exemple maîtriser la langue française, il faut faire des efforts, ça n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau c’est que l’on refuse la nécessité de l’effort et surtout que ceux qui ont la responsabilité de l’éducation des enfants (parents, enseignants) acceptent cette loi non écrite du moindre effort."

                          A aucun moment, ni pour personne, il n’est question de ne pas maîtriser la langue française. Quant à l’effort, tout le travail des hommes est de tâcher de diminuer l’effort (lire "le droit à la paresse" de Laforgue : ce sont les paresseux qui ont inventé le moteur).
                          La loi du moindre effort est la loi de l’humanité depuis des siècles, rien de nouveau.Et quand on va de Paris à Marseille, on prend la vallée du Rhône, on ne passe pas par les montagnes, on ne franchit pas les cols (sauf Napoléon, dans des circonstances particulières)... on ne recherche pas l’effort maximal. A quoi cela servirait-il ?

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