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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Esprit, es-tu las ?

Esprit, es-tu las ?

Même si le sordide fait divers de la jeune Marseillaise brûlée vive dans un bus à Marseille hante encore nos esprits, il est utile de verser quelques questions au débat.

Eric Mainville vient de poster sur son blog un billet parlant du sordide fait divers qui a hanté nos esprits ces derniers jours. Celui concernant Mama Galledou, la jeune fille brûlée vive dans un bus à Marseille.

La lecture de son billet et la question récurrente qui s’en dégage, "Que reste-t-il de Gandhi ?", m’ont poussé à m’associer à sa réflexion ainsi qu’à celle de Celeste, une autre blogueuse qui se posait la même question mais dans un tout autre registre : celui de l’héritage spirituel et philosophique de Gandhi, cet apôtre de la non-violence.

Le communiqué de presse et les propos d’Ousmane Diagana, un des membres de la famille de Mama Galledou, ne laissent planer aucun doute et me font dire que l’esprit de Gandhi est encore là !

Mais hélas, pas partout, et pas chez tout le monde. D’où le décalage que l’on ressent face à des actes similaires qui nous paraissent incompréhensibles. Au point que je m’interroge à mon tour : cet esprit ne va-t-il pas tout simplement finir par être las, si nous ne faisons rien et restons inactifs ?

« La famille n’a ni colère, ni haine, ni rancoeur », a-t-il déclaré, appelant au calme plutôt qu’à la vengeance, "Nous avons foncièrement confiance dans la Justice française. Il faut la laisser faire son travail. Nous ne sommes pas dans la polémique, le drame doit rester familial".

Ces propos sont apaisants, si tant est qu’on puisse face à ce drame être apaisé par des mots...

Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, alors que toutes mes pensées, nos pensées vont à Mama Galledou, je ne peux, et sans nul autre but que d’être constructif, m’empêcher de penser aux présumés coupables de ce tragique « incident » de « banlieue ». Non pour leur trouver une quelconque excuse. Il ne devrait y en avoir aucune, mais pour essayer de comprendre l’incompréhensible : leur état d’esprit, et les motivations qui les ont conduits à commettre un tel acte.

Les guillemets qui encadrent incident et banlieue ne sont pas involontaires .

  • Le mot incident régulièrement utilisé par les médias est incontestablement trop faible pour qualifier ce qui s’est passé, tant le sort de cette jeune fille est terrible. Il a tendance à minimiser ce qui s’est passé qui, compte tenu de ce que j’ai pu lire ou entendre, est horrible. La vie de la jeune fille, s’il lui en reste une, est désormais brisée. Une brûlure à 60% aux 2e et 3e degrés c’est tout simplement une exclusion assurée et d’office de la vie sociale future.
  • Le terme banlieue n’est lui non plus pas approprié. Il a tendance à renvoyer les faits qui ne nous concerneraient qu’indirectement et par une malsaine curiosité télévisuelle dans un lieu lointain. Loin de nos consciences. Le lieu est certes étymologiquement banni, mais pas si loin de nous, puisque que cela se produit près de chez nous et sous nos yeux.

Les cinq mineurs à la fois présumés coupables et innocents ne mesurent même pas, comme nombre de jeunes élevés à la mode des séries télévisées et des jeux violents, la gravité de cet acte.

Cet acte violent qui, l’espace d’un délit prenant l’allure d’un acte « criminel », a fait basculer la vie d’une fille à laquelle l’avenir offrait pourtant des perspectives prometteuses. Elle a été, et à son insu, ancrée dans un présent terriblement sordide et projetée dans un futur plus qu’incertain.

La qualification de leur délit en acte criminel ne laisse planer aucun doute. L’’article 329-9 du Code pénal punit les auteurs d’un incendie volontaire ayant causé une mutilation ou une infirmité permanente d’une peine de trente ans de réclusion criminelle et en cas de décès, la peine pourrait aller jusqu’à la perpétuité. Mais ce n’est pas le volet pénal qui m’intéresse. Maître Eolas pourrait certainement nous en dire plus.

En effet cet « incident » m’interpelle à coup sûr et pas mal de questions se bousculent dans ma tête...

Eh oui, et au risque d’en choquer certains, je m’interrogeais plus sur ces « jeunes mineurs » qui ont commis cet acte majeur, qui les a fait basculer dans la criminalité. Je m’interroge plus sur leurs motivations, sur nous, sur la société.

Et toutes ces questions récurrentes me ramènent insidieusement à la question initiale :

Que reste-t-il de l’esprit de Gandhi ?

  • Qu’en est-il de leurs motivations initiales ?
  • Qu’en est-il de leur ressenti face à cet acte ?
  • Quel est leur degré de conscience de ce qu’ils ont fait ?
  • Comment dévaloriser ces actes odieux aux yeux de ceux qui les commettent ?
  • Comment stopper une machine culturelle qui « glorifie » ces actes violents au point que nos jeunes les perçoivent plus comme des actes héroïques que criminels ?
  • Comment faire que sur les plans cinématographique, télévisuel, médiatique et même culturel, on arrête d’encenser la violence ?
  • Et bien sûr, comment faire que cela ne se reproduise plus ?

La ou les réponses ne sont certes pas simple, mais il ne faut certainement pas s’interdire de se les poser.

En cherchant les réponses, il apparaît clairement que les auteurs de ces actes n’en sont certes pas moins coupables, mais en revanche nous, la société, nous ne sommes pas si innocents que cela !

Quand je dis nous, il s’agit de la société, de moi qui écris, de vous qui lisez, et de tous les autres !

Avant de nous poser la question Que reste-t-il de l’esprit de Gandhi ?, peut être devrions-nous nous demander si nous avons au moins fait un effort pour enseigner ou même essayer de transmettre cet esprit-là.

En retournant cette dernière question dans tous les sens, il apparaît clairement que nous sommes coupables et pas seulement présumés coupables.

Nous sommes coupables collectivement et ne pas le voir, ne pas en prendre conscience est à mes yeux plus grave que l’acte lui-même !


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22 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.224.211) 14 novembre 2006 12:33

    Article révoltant. Non, « nous » ne sommes pas collectivement coupables des agissements de ces jeunes criminels. Les coupables, ce sont eux et personne d’autre. Ils avaiant le choix entre faire ou ne pas faire ce qu’ils ont fait. Ils ont choisi de le faire, qu’ils en paient les conséquences judiciaires et c’est tout.

    Quand à Gandhi, il a tout raté. La partition de l’Inde et du Pakistan a fait des dizaines de millions de morts.


    • domdi (---.---.193.244) 14 novembre 2006 20:05

      Gandhi n’a rien raté du tout. La partition n’a pas été de son fait ni à cause de sa présence, sans lui il y a fort à parier que l’Inde serait encore britanique. Le leg de Gandhi est un outil, le seul qui fonctionne si l’on veut s’en prendre à un empire. Gandhiji a montré que le message christique était plus qu’une mystification à la vatican, c’est l’effort le plus redoutable et le plus difficile que rencontre un homme dans sa vie, celui de ne pas entrer dans la violence quand elle est attendue de lui. En ce sens je comprends l’article qui pose quand même les bonnes questions. Notre société hollywoodienne nous abreve de violence, elle est banalisée, elle est encouragée par des polices stupéfiantes parfois de zèle quand à nous taxer pour des broutilles et stupéfiantes aussi parfois de laxisme envers l’autorité qui les gouverne. L’octroi de l’uniforme, par exemple, ne justifie en aucun cas l’oubli de penser, de réfléchir comme un être entier face à sa responsabilité d’être. C’est valable pour quelque uniforme dont l’on s’affublerait dans la perspective justement de se déresponsabiliser en groupe. La pire forme de décervelage réside quand même dans les fonctions d’état ou les glissements insidieux du « dénaturement » (à savoir la perte de sa bonté intérieure de créature en faveur d’un groupe X idéologique ou de fonction publique). Un gendarme m’a ainsi amendé aujourd’hui pour cinq minutes de stationnement en m’expliquant que c’est la fonction publique qui le lui demande... je lui ai répondu que j’étais son employeur puisque je payais mes impôts et qu’il avait sûrement des choses plus importantes à faire. Je referme la parenthèse parcequ’elle n’est d’aucun intérêt hormis que nous sommes souvent confrontés à ces fonctions mécaniques ou un agent ne réfléchit pas mais applique sans broncher un règlement sûrement nécessaire mais qui doit être modulé suivant les circonstances. Mais nous vivons un temps de laxisme surprenant avec de longues habitudes de déresponsabilisation et je pense qu’être ado aujourd’hui ne doit pas être facile. je dis celà pour tous les enfants qui voudraient construire et vivre une vie digne de ce nom, sans avoir à faire à des politiciens plus intéressés par leur avenir salarial et leurs gloires posthumes (sic.) que par l’avenir de leurs enfants.

      Nous recevons ces jours des signes encourageants, comme l’attaque de front contre Rumsfeld et son genre de sbires, adeptes des plus grandes violences, qu’elles soient psychologiques ou physiques, mais pour un ado, voir que les adultes ont peur de leurs comportements doit être terrorisant. je m’explique, combien de fois avons-nous vu des ados faire des conneries (comme pratiquement tous les ados en font) et les adultes présents se contenter de regarder ou de passer leur chemin ne se sentant pas du tout concernés, celà se passe pourtant sous leurs yeux ! Des violences insignifiantes parfois, deux gamins qui se tirent par les cheveux dans le vide intersidéral des villes, souvent cette sensation d’être enfermés dans un moule où tout le monde s’emmerde, fait des boulots par nécessité plus que par plaisir avec la sensation récurente que les boulots intéressants sont réservés à certaines familles... autant de vues de l’esprit qui peuvent soulever beaucoup de colère et de frustration chez les ados et leur sens inné de liberté se révolte. Si les adultes ont peur des enfants forcément ils dégénèrent, qui peut alors les guider ? Leurs petits chefs de clans ? Le plus fort ? Le plus grand ? Le plus con parmi eux s’ils venaient à se former dans l’unique but de semer la pagaille confrontés à un monde qui leur déplait. Aux adultes de leur montrer qu’il y a d’autres manières de construire sa vie. Marsupilami a quand même raison de dire qu’ils sont entièrement responsables ! C’est là toute la difficulté d’être ado justement, on est entre deux mondes et on a besoin de repères donnés par les adultes et non par des séries américaines sans substance vitale mais plein de cauchemards et de gens qui se détestent et s’entre-trucident ou de présidentiables qui ne parlent que de solutions concoctés par eux-mêmes et sans rapport avec leur difficulté d’être, vient se coller cette sensation qu’on nous passe de toute façon par-dessus la tête.

      Si je comprends le long lot de frustrations issues de la mécanisation à outrance des rapports humains... les natels et touti quanti ne changeant rien à l’affaire, l’aggravant même parfois avec des gens qui se côtoient mais préfèrent aperler à quelqu’un au-delà des airs, même si c’st pratique un jeune ou disons simplement une personne devient personne dans ce tourbillonement incessant de gens qui n’ont jamais le temps pour s’arrêter et rencontrer l’autre.

      Il faut un amour pour s’unir, dans le cas de l’Inde c’était l’amour pour la possibilité d’être débarassé de l’oppression britanique et l’amour en Gandhi qui leur offrait un moyen dont il était impossible que celà ne réussisse pas, il voulait confronter les anglais à leur propre violence et malheureusement peut-on dire c’est la seule manière de montrer à quelqu’un qu’il est violent en adoptant l’exact inverse du comportement agressif et défensiv. Le Christ aussi l’avait compris il y a deux mille ans. L’esprit de Gandhi et de la non-violence ne peut pas s’éteindre , mais il peut être oublié si l’on met constamment en avant des gens qui se font payer pour raconter des salades insensées, amusantes parfois mais plus rarement vraiment constructives, on interviewe des criminels, on ensense des champions de vitesse , de hauteur, de tennis, de foot... tout ça c’est très bien, mais vient trop souvent se substituer à la sagesse des grands-mères qui, elles, ont fait la civilisation des hommes avec ces quelques clefs qui permettent de perdurer dans le temps. Ou a passé ’entraide ? On se déresponsabilise sur l’Abbé Pierre. Ou a passé la volonté de décider ? On se déresponsabilise sur les politiciens. Ou a passé le courage ? On laisse faire un terroriste comme Bush on lui serre la main dans des cocktails diplomatiques ou l’on va faire bonne figure pendant que ses sbires et autres déjections paramilitaires mettent à feu et à sang l’Irak. Ou a passé le bon sens ? On demande à yahoo actualités d’y remédier. Ou a passé donc la créature sociale qu’est lhomme ? Parcequ’il n’a pas disparu et le rouleau compresseur de la connerie ne l’a pas aplati, aplati peut-être mais la divinité le réconforte et le soutient dans ses deémarches.

      Ce qui est en cause c’est cette volonté de définir le réel. Celà ne nous appartient pas, nous ne sommes pas Dieu et à leur manière, ici, pour le cas affligeant de la petite Mama vraiment grotesque et voilà un faux pas qu’ils regretteront vraiment très longtemps, mais les ados extrapôlent ce que les adultes leur servent. Mais ce n’est pas un plaidoyer pour des actes aussi primitifs même indigne du règne animal, j’espère que tout le monde l’aura compris. Voici un plaidoyer pour la beauté du monde, car certaines parties de l’humanité semblent en vouloir à cette beauté du vivant, le fait que tout dans la création nous échappe et est largement au-delà de notre propre intelligence voilà l’essentiel, nous n’avons pas à maîtriser le monde, mais nos peurs oui et les ados ne sont pas responsables d la peur comme les agissements de votre Sarko semble le faire croire mais dans l’hyper-violence d’un système qui veut continuer à tout réglementer, à tout contrôler tout celà parceque les classes aisées se bercenzt dans l’illusion d’un système paternaliste protecteur- Le fait aussi de savoir quâutant d’adultes se laissent aller à vouloir un système encore plus coercitif, encore plus déresponsabilisant du fascisme et de la haine de l’autre, je pense que ces jeunes sont malades d’un système oppresseur malade fait de toutes nos propres paranoïas et prétendant maîtriser par la force les problèmes. Si nous continuons dans cette voie c’est l’être lui-même qui devient le problème. Encore des mots direz-vous peut-être, mais si nous ne sommes plus capables d’entendre ces mots-là alors l’expression sauvage de ces jeunes devient la règle.

      N’ont-ils jamais connu l’amour ? Celà serait une question de trop parceque OUI ils ont tous connu l’amour au moins d’une personne dans leur vie ! Et chacun doit savoir se souvenir des plus anciens qui nous ont encouragé, qui nous ont glissé de-ci de-là les petits remontants de l’expérience qui nous ont permis de continuer notre route et les oublier en faveur d’un groupe qui s’abaisse à l’oubli de la conscience est indigne d’un être vivant, celà aussi fait partie de l’apprentissage d’une vie. Que ce fut un père ou une mère, un inconnu, un sdf, une grand-maman du bled ou tel prof qui aura su reconnaître notre part de douleur, qui aura su tendre l’oreille et le coeur au bon moment, nous avons tous connu des êtres comme celà, le monde des hommes en est pétri, ne serait-ce qu’une personne qui un jour a relevé une petite qualité minime mais qui nous a remplis du savoir que nous valions quelque chose, autre chose que de devenir des vedettes ou des super-héros, autre chose que des vampires ou autres affabulations de l’esprit, mais des êtres humains dignes de ce nom. Des êtres dotés du logos solaire, créateur, des êtres christiques capables de belles et de grandes choses, mais pour l’apprendre c’est l’antipode de la société du spectacle, apprendre à observer un brin d’herbe fait mieux que de s’enorgueillir de glorieux titres. smiley

      Excusez-moi du pavé que je viens de pondre là, mais le sujet le demandait. smileyBonne soirée à tous.


    • Hervé (---.---.28.185) 14 novembre 2006 21:17

      Gandhi a tout raté. Il ne faut pas exagérer ! La partition de l’Inde est une conséquence de son assassinat. On ne peut pas lui reprocher d’être mort. Il a réussi, car il a prouvé qu’une lutte politique pouvait ne pas être sanglante. Il a réussi à montrer qu’on peut se révolter sans violence. Ceux qui ont voulu la partition de l’Inde et du Pakistan, en tout cas de la manière dont elle s’est déroulée, n’ont pas été vraiment dans l’esprit de Gandhi.


    • Hervé (---.---.28.185) 14 novembre 2006 21:46

      Je trouve que l’article commence bien. Rappeler l’esprit de Gandhi n’est pas, je pense, hors de propos. Comme l’a dit « vigie », Gandhi a théorisé la non-violence. Tu commets un acte violent, cruel et imbécile envers moi, je ne me laisserai par envahir par la colère et la haine, mais je resterai digne et attaché à mes valeurs morales, de sorte que ceux qui me voient me donne raison à moi et pas à mes adversaires.

      Or, qu’entend-on en banlieue ? Telles personnes alimentent la haine contre la police, et tels policiers qui rétorquent et rentrent dans le schéma d’une lutte jeunes paumés qui adhèrent à une rhétorique guerrière/policiers peu scrupuleux qui lâchent leurs nerfs sur eux. Dans cette « guerre » chacun voit l’adversaire où il veut. Ceux qui voient la banlieue de l’extérieur ont tendance à voir le « voyou » dans le premier jeune habillé en streetwear qui parle un peu fort avec sa bande d’amis. Ce même jeune aura tendance à voir l’ennemi dans ce qui représente l’autorité. Tout le monde se laisse aller au confort funeste de croire qu’il a un ennemi bien défini, qu’il faut craindre et repousser ou enfermer.

      La déclaration de la famille de Mama Galledou est, quant à elle, dans un esprit de paix et non de guerre. Il n’y a pas une bande de voyous profondément malveillants qui vient du fin fonds d’une banlieue infernale qui produit d’autres petits diables qui demain vont s’attaquer à d’autres gentils humains. Ce qu’il y a ici c’est un acte. Cet acte a des auteurs qui en partagent à titre divers la responsabilité. Cet acte mérite qu’il soit puni. Il est cependant étrange que personne ne s’interroge sur le sens de cette punition.

      Plusieurs hommes politique ont dit que les sanctions seront « exemplaires ». L’histoire des châtiments est pleine d’époques où l’on pratiquait des peines exemplaires. Mais, s’empressent en général d’ajouter les historiens, cela s’explique par l’inefficacité et la faiblesse de la justice. C’est pourquoi, en France aujourd’hui, une peine ne doit pas être exemplaire, mais apaiser l’envie de vengeance de la victime. Ces hommes politique qui jouent du menton en prédisant, alors qu’ils ne sont pas magistrats, une peine exemplaire feraient bien de réviser leur manuel de droit !

      Alors écoutons la demande de la famille de Mama Galledou. Que ce drame reste familial ! Que la stupidité et la cruauté de l’acte ne pousse personne à reproduire cette stupidité et cette cruauté ! Arrêtons de tirer des conclusions sur l’état de la société à chaque fait divers sanglant ! Arrêtons de cataloguer ceux qui ressemblent au délinquants (ici il s’agit de criminels) qu’on nous montre à la télévision ! Ou alors soyons cohérents et pendons par les c... tous les chasseurs ! Une vingtaine de personne par an meurt d’un accident de chasse. Et ce ne sont pas toujours des chasseurs. La banlieue fait-elle mieux ?

      Pour conclure. L’incendie de ce bus est un acte criminel, qui doit être jugé en tant que l’acte criminel qu’il est, conformément au code pénal. Les criminels n’ont pas à prendre pour tous les autres qu’on a pas attrapé et non pas à subir de haine de nous tous qui n’avons pas été leur victime.


    • pingouin perplexe (---.---.48.220) 16 novembre 2006 13:53

      Un modèle de sagesse, dont les positions spirituelles et pratiques, pour difficiles qu’elles soient, gagneraient certainement à susciter encore notre inspiration. Certainement, en marquant un refus du recours à la violence dès le discours. Une pensée comme celle de Gandhi est-elle si éloignée de notre horizon culturel contemporain ?

      Les manières d’omettre cette référence sont nombreuses, y compris celles qui consistent à l’assortir de prises de position violentes

       smiley

      L’article est fort intéressant. Par rapport à celui-ci, je rejoindrais la position de M.Diederick : « nous sommes tous concernés ». Il me semble que l’auteur développe brièvement une réflexion sur les conditions de possibilités de telles tragédies humaines, démarche que notre époque rend certainement nécessaire. La question du libre arbitre est un enjeu moral qui peut bien soulever des questionnements inextricables...

      Dans tous les cas, il me semble que cette notion de libre arbitre est précieuse, y compris dans le refus des actes violents.


    • (---.---.214.100) 16 novembre 2006 14:58

      je réagi un peu tard, mais je suis en accord sur ce que vous avez dit.


    • Bill Bill 14 novembre 2006 13:55

      Un salut amicale à Marsupilami, oui, Gandhi n’était pas un homme politique et a eu la naïveté de croire que le pays s’unierait, quelle désillusion terrible il dut avoir ensuite !

      Je vais pourtant prendre un peu la défense de l’auteur. En effet nous tolérons qu’une centaine de voitures brule par nuit (voir plus) et tout cela en toute impunité. On leur trouve même des excuses à ces pauvres jeunes qui s’ennuient ! Eux même se prennent pour des héros et nous le tolérons pour nous étonner ensuite qu’en jouant avec le feu, on finit par se bruler...

      Avons nous été assez ferme ? Qu’attendons nous pour sonner la fin de la récréation ?


      • zozo (---.---.79.1) 14 novembre 2006 14:50

        Article mal fichu qui vise à côté de la plaque. Invoquer Gandhi me parait mal venu : on ne voit ce qu’il vient faire là et poser la question en caractère gras, plusieurs fois de suite ne fait pas avancer le schmilblic. On imagine mal une politique de la ville fondée sur l’esprit de Gandhi, aussi prestigieux soit ce personnage.

        La conclusion est calamiteuse et utilise là aussi le procédé du caractère gras qui, je suppose, est censé nous faire admettre comme vérité première une affirmation qu’aucun argument ne vient étayer. Pourquoi sommes-nous coupables : l’auteur ne le dit pas. Nous le sommes. POINT.

        Quant au soi-disant « lieu certes étymologiquement banni » que serait la banlieue, thèse Jamel Debbouzienne, je renvoie l’auteur à la définition qu’en donne le Littré . (http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/showp.exe?43 ;s=2774147550 ;p=combi.htm)


        • candidat 007 (---.---.122.128) 14 novembre 2006 18:13

          Bien sur qu’il faut sanctionner, ça n’empêche pas de s’interroger sur les dérives violentes de la société, et les raisons de ce déferlement de violence.

          La sanction n’évacue pas le questionnement. Et ce n’est pas remettre en cause l’état de droit que de chercher à comprendre comment des jeunes peuvent arriver à de telles extrémités.

          La question du respect de la personne humaine interpelle toute la société et celle du respect de la loi, notre démocratie.

          Aux USA, se développe actuellement un nouveau sport des villes (le tabasage des SDF et autres exclus) par des jeunes armés de battes de base ball le samedi soir. « Orange mécanique » est déjà un trés vieux film, mais nous sommes nous assez interrogés sincèrement sur toute cette violence qui déconsidère nos sociétés démocratiques et qui semble arriver à un stade inimaginable ?


          • digiac (---.---.198.145) 14 novembre 2006 18:32

            Afin de comprendre leur « motivation » à commettre cet acte stupide, le plus simple serait de le leur demander.

            Oui, ils avaient le choix, mais avaient-ils toutes les capacités morales et intellectuelles pour le faire ? Leur a-t-on donné ces capacités ? Je crois que c’est ce que l’auteur de l’article veut nous faire comprendre.

            Quand certains ont internet, des livres à profusion, ne manquent de rien, et que d’autres n’ont que TF1, ne soyons pas étonné que cela puisse arriver.

            Tout ceci, n’est bien sûr qu’une partie du problème.


            • vigie (---.---.97.178) 14 novembre 2006 18:33

              L’esprit de ghandhi c’est la résistance passive face à une oppression, c’est l’esprit de non-violence qu’il faut retenir, même si cela a fini dans le bain de sang. Ce n’est pas l’apologie du martyr érigé en solution finale face à des actes crapuleux.

              Il faut arrêter de déresponsabiliser les consciences et trouver des excuses pour de tels actes dans une forme de non vivre ou de malaise communautaire, ce ne serait vraiment pas rendre service a la société civile. Il faut un socle commun de valeurs et de responsabilités face à ces actes, et ce n’est pas en cherchant refuge dans l’immaturité ou l’age de ces voyou que sont les solutions mais bien dans l’éducation, l’identité a une nation, et une forme de respect individuel.

              Il faut pas sans cesse spasmodier comme le font certains jeunes a longueur de journée, respect, respect, si on ne s’applique pas a soi même ce qu’on exige des autres.

              Les coupables ne sont certainement pas a rechercher dans les institutions quant on commet de tels crimes.


              • Antoine Diederick (---.---.17.243) 15 novembre 2006 01:40

                « Article révoltant. Non, »nous« ne sommes pas collectivement coupables des agissements de ces jeunes criminels. Les coupables, ce sont eux et personne d’autre. Ils avaiant le choix entre faire ou ne pas faire ce qu’ils ont fait. Ils ont choisi de le faire, qu’ils en paient les conséquences judiciaires et c’est tout. »

                Je repique ici le commentaire de Marsu car je pense comme lui, enfin pas tout à fait...

                Révoltant, le mot est un peu fort....je trouve mais je suis d’accord avec le reste du propos de Marsu.

                Il ne me semble pas possible d’appliquer au fait divers rapporté l’idée d’une faute collective et incriminer ’la faute à la société’.

                Il me semble que l’auteur de l’artcile aurait pu nuancer sa pensée car son propos ici cherche a créer une culpabilisation collective pour des faits qui ne le sont pas.

                Sur d’autres fils de discussion, je me suis demandé, face à des troubles et des violences pareilles quelles solutions il faut trouver pour ne plus voir de tels actes se reproduire. Pas de réponses et donc nous pouvons constater que les solutions sont difficiles à élaborer, autant pour nous à titre individuel ou mme collectif via l’intervention de la puissance publique.

                J’ai lu cet article ce matin et ai refermé mon navigateur ensuite, imprégné du mme sentiment que Marsu après ma lecture et songeur, vacant à mes activités, je me suis dit de plus :« L’auteur médecin, c’est curieux, n’a pas trop l’expérience de sonder l’âme humaine, son article le montre ».

                Monsieur l’auteur, je crois qu’il serait bien de nuancer votre pensée qui me semble réductrice car vous faites une substitution de la responsabilité du particulier au collectif d’une manière trop facile.


                • Antoine Diederick (---.---.17.243) 15 novembre 2006 01:48

                  La presse a rapporté que les jeunes agresseurs ne mesurent pas toute l’étendue de leur acte.

                  C’est là, bien une des horreurs de cette agression.

                  Mettre en cause les jeux vidéos etc....hum hum...cela ne suffit pas....c’est surtout dramatiquement l’incapacité à mesurer et à anticiper les implications de leur comportement. C’est le crime bête et méchant, désolant de platitude et de banalité. Ce sont vraiment des questions de phylogenèse....et des troubles du développement des acteurs incendiaires.


                • Antoine Diederick (---.---.17.243) 15 novembre 2006 01:52

                  ....sur ce dernier commentaire, je pense que je rejoins le contenu de l’article.


                • Antoine Diederick (---.---.229.223) 16 novembre 2006 00:00

                  peut être la nuance se trouve ici :

                  Nous ne sommes pas coupables collectivement, nous sommes concernés et responsables dés l’instant où nous devenons témoins de cette violence.


                • domdi (---.---.45.52) 27 novembre 2006 12:40

                  qu’ils ne mesurent pas l’étendue de la gravité de leur acte ? ... On entend ça un peu trop souvent. Je ne suis pas partisan de l’inconscience collective et ces jeunes prennent les adultes pour des imbéciles quand ils clament leur irresponsabilité.La société a une part de responsabilité et nous tous sommes soumis à des influences diverses et variées, certaines étant d’une violence inégalée, le choix néanmoins de mettre en oeuvre telle ou telle activité nous revient à chacun, ce n’est pas tout ce qui se trame à l’intérieur de nous qui fait QUI nous sommes, car nous avons tous accès au TOUT de l’esprit. Ce qui nous différencie chacun est ce que nous choisissons chacun de mettre en pratique, d’oeuvrer pour ce qui est constructif ou le destructeur, ce choix appartient à chacun, qu’ils ne viennent pas nous dire qu’ils étaient soumis à une puissance autre qu’eux-mêmes, c’est ridicule et si c’était vrais ils pourraient encore s’en affranchir en se maintenant dans la bonté. C’est le minimum qu’on puisse attendre d’êtres humains. smiley


                • ffi (---.---.2.226) 15 novembre 2006 09:41

                  Mohamed Kamli a été condamné à 6 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Thionville, en Moselle. En décembre 2005, il avait fauché quatre fillettes sur un trottoir, tuant l’une d’entre elles, avec une ambulance volée aux pompiers. (Avec AFP)

                  A note que les pompiers non pu faire leurs boulots pour venir sauver une personne dans le besoin ( non assistance a personne en danger)leur ambulance etant vole et endommage 150 m plus loin avec 1 morte et une handicapee a vie de 11 ans allah cle (ispece di connasse qui n’avait rien a faire la) !

                  Qu ’à l’epoque la presse française dhimmi ne voulait pas nommer le nom du delinquant( discrimination oblige )

                  Le criminel non responsable et soit disant bourre (bizarre pour un musulman ) ne se rappelle plus de rien mais sur le moment des faits cela ne la pas empeche de se sauver jusqu’en belgique ou il a ete arrete et les excamens non reveles que des traces de cannabis (delai oblige ) donc rien ne prouve qu’il etait en etat d’ivresse (bizarre une fois de plus ) .

                  Vivement qu’il sorte pour le jugement final .


                  • Antoine Diederick (---.---.202.95) 15 novembre 2006 18:47

                    @FFI

                    « Vivement qu’il sorte pour le jugement final . »

                    Que faut il comprendre sous cette expression ?


                  • Forest Ent Forest Ent 15 novembre 2006 11:20

                    Devoir de philo sur « quelle est l’origine du mal ». « Analyse comparée dans les religions hindoue et monothéistes. » « Existe t il une morale républicaine ? »

                    1. Le « mal » n’existe que dans les religions monothéistes. Il existe une notion un peu comparable dans l’hindouisme, bouddhisme, taoisme, confucianisme, ... Il n’existe pas dans le paganisme, l’animisme, le dualisme.

                    2. Dans l’hindouisme et les monothéismes, le mal est une conséquence du libre arbitre.

                    3. Dans les systèmes de pensée matérialistes, positivistes, etc ..., le mal n’existe pas. On en trouve toutefois une définition comme « l’intérêt collectif » dans « le contrat social ». Elle disparait (en gros) avec Nietzsche.

                    4. Dans les religions où une notion de mal existe, on peut lutter contre, essentiellement en l’ôtant d’abord et avant tout de soi-même.

                    5. Dans les systèmes matérialistes où le « bien » est l’intérêt collectif, la société élimine le « mal » a posteriori, par la violence légale.

                    Prochaine émission : « notion de concept et concept de notion ».


                    • domdi (---.---.11.69) 15 novembre 2006 11:45

                      commentaire très pertinent et intéressant. merci. smiley


                    • ffi (---.---.2.226) 17 novembre 2006 12:24

                      A lire : le livre de l’agneau .

                      bonne lecture


                      • (---.---.246.99) 4 décembre 2006 23:58

                        Pourquoi se sentir vise’ et avoir des complexes et pourtant vous portez un nom honorable ?

                        Je profite de cet occasion pour vous informer que l’ami intime de mes parents ayant le meme nom que vous, tres pieux et pratiquant et poutant qui a l’habitude de dire a’ haute voix de ce qui ne marche pas dans les ecoles Coranniques...

                        Revenons a ce qui se passe en France, je constate avec amertume que Les valeurs de la Republique Francaise sont en declin ! L’image d’une France douce et civilise’ ou’ on croyait encore que les communautes peuvent vivre en harmonie ? Ces images la’ , je les ai vu ! Mais malheuresement , c’est un temps revolu.

                        Ce qui existe d’aujoud’hui, helas , autres personnes venant d’autres communautes qui ne comprennent rien de la Civilisation et de la Mode de Vie du pays auquel ils vivent. Et qui ne comprennent pas encore qui ont de la chance de vivre dans un Etat de droit et Civilise’ ou’ le fait d’etre en France et d’etre Francais, c’est un Bonheur, Cependant sans renier son origine et sa culture.

                        De toutes facons, il n’y a rien a’ casser la tete pour comprendre ce qu’il se passe en France en ce qui concerne ces gens la’ : Qu’ils restent en France ou qu’ils partent ! Q’ils laissent les autres ( Francais et Etrangers ) puissent vivre tranquillement et paisiblement ! La societe evolue telle qu’elle est. Ce n’est pas de sa faute si les voyous brulent des voitures et des gens. Que la Loi les punissent, c’est tout !

                        Il existe des cultures differentes mais qui ne sont pas incompatibles a la Civilisation et a’la Mode de vie Francaise.

                        Pour votre informations http://fr.news.yahoo.com/04122006/202/la-periode-des-vacances-dangereuse-pour-les-fillettes-menacees-d.html

                        lundi 4 décembre 2006, 19h41 La période des vacances, dangereuse pour les fillettes menacées d’excision Par Martine VERON

                        « Rien n’est vrai , que ce qu’on ne dit pas ! » Jean Anouilh - Antigone

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