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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Etrange revue de presse, sur fond de péril jaune venant du ciel

Etrange revue de presse, sur fond de péril jaune venant du ciel

Le péril jaune, vous ne l’imaginiez pas vraiment comme ça ! Je veux dire venant du ciel. Les temps sont en train de changer, comme disait Bob Dylan, et l’on reste stupide, hésitant sur la marche à suivre. Faire un jogging est-il vraiment une bonne idée ?... Doit-on acheter des masques à poussières ? Et s’il y a rupture de stock, peut-on recycler ses filtres à café ? Ce sont de pauvres questions pratiques, n’intéressant que le quidam, pas les grands du monde.

Que nous dit la tour de contrôle ? Hollande préconiserait le port du casque pour s'en sortir. Mais peut on raisonnablement encore lui faire confiance ?

Qu’aurait fait Mitterrand, l’Egyptien ? Bien sûr il aurait consulté sa voyante météo. Ou alors il se serait retiré dans sa pyramide de verre. Chirac serait parti en Corrèze, pas aux states.

Levé à 9 heures, pris le petit déjeuner en robe de chambre. Mangé des œufs au bacon sur le balcon, à l’anglaise.

 Une belle journée. Le seul truc embêtant, c’était cette lumière un peu voilée qui vous a fait nettoyer vos lunettes avec un pan de votre pyjama. Une habitude qu’il faudrait sans doute éviter, mais bon dieu vous êtes chez vous encore personne pour vous surveiller !

 Finalement ce n’était pas les lunettes ! Pas les yeux non plus apparemment ! Mais vous avez eu un moment de doute. Surtout en pensant à tous ces trucs héréditaires, qu’il faudrait ne mieux pas savoir finalement. Tout le monde n’a pas la chance d’être simplement presbyte. La cataracte, le glaucome, la dégénérescence maculaire, vous connaissez ? De gros mots pires que « Fuck ta mère » !

Tout un tas de gens constatent un jour au réveil que rien ne sera plus désormais comme avant. Un accident vasculaire, une de ces saloperies dont on finit sûrement malgré tout par se remettre.

 Non, tout compte fait, ce voile, c’est moins grave qu’il y parait, plus général ! Ca vient de la rue, du ciel, un truc climatique. La pollution nouvelle est arrivée, comme le Beaujolais en Octobre. C’est celle dont vous aviez entendu parler, sans qu’elle vous effraie plus que ça ! Vous aviez vu les images au dessus du périphérique, à Paris, après l’avoir située trop longtemps en chine, l’empire du soleil levant avec une migraine, un masque à poussières pour se rendre au travail.

La province a rattrapé Paris, et ce n'était pas une bonne nouvelle. Une vraie catastrophe, mais l'homme est ainsi fait : Il se réjouirait d'une catastrophe planétaire, plutôt que de chopper la grippe espagnole. Ce n’était pas grave, ça n’allait pas durer, vieux mécanisme de défense et d’optimisme, comme en 14 les premiers jours de la guerre !

Reste que c’était un peu des cieux d’apocalypse !

« Poussière tout n’est que poussière ! », mais se répandant dans l’air, et c’est bien là la nouveauté, par rapport aux paroles bibliques. De vieux souvenirs de bandes dessinées vous reviennent en tête. Tintin et Milou ! "L'étoile mystérieuse" !... 

« C’est le châtiment !… Faites pénitence…La fin des temps est venue ! »

En ce temps là, bon dieu, on formait les jeunes à l'apprentissage des catastrophes.

La rue enfumée ressemblait à une de ces salles de café de votre jeunesse, une époque où vous pouviez cloper et boire toute la nuit, en toute impunité, discutant du monde de demain, de la révolution, des trucs qui font maintenant rigoler. Parfois, quelqu'un ouvrait une fenêtre, et tout se dissipait bien vite. La fumée et les paroles. Magie d'un bon courant d'air, d'un monde encore incroyablement vaste et ouvert.

Que sont-ils tous devenus ? Internet vous a fourni quelques réponses. Curiosité malsaine. Rien qu’en mettant un nom ou deux, en page d’accueil, des réponses fragmentaires vous ont été données, des visages sont apparus. L’un est devenu directeur commercial d’Heineken aux states.

 Lui qui ne jurait que par l’Irlande et la Guiness !

 Etait-il raisonnable d’en savoir plus, de donner un coup de fil, de surgir du néant avec une bouteille de vin à la main ? 

L’intrus, l’imbécile, le gros con qui refuse de voir s’écouler la rivière. Plus ou moins polluée je vous l’accorde ! On n’a pas envie forcément de se baigner deux fois dans ce genre de soupe. Quant à ces bourgeois, avec leur réussite hystérique, leur progéniture, tous farauds sur cette photo étrange, ce décrochement du temps, comme une ardoise coupante tombant d’un toit, c’est tout juste si vous les auriez reconnus dans la rue par temps clair et mer calme. De parfaits étrangers ! Il semblerait que là aussi un brouillard s’est imposé sur leurs traits.

 Au troisième étage d'une residence, on peut voir les choses avec de la hauteur. Quoique...Les immeubles qui entourent la ville baignent eux aussi dans une lumière bleutée, ou jaune moutarde, ocre brûlée, terre de sienne, allez savoir ! Il faudrait demander aux artistes. Même le regard le plus affûté a du mal à identifier les silhouettes surgissant au bout de la rue.

Le brouillard vrai des petits matins d'hiver n'a rien à voir avec ce genre de chose contrefaite. Le brouillard tel qu’il est rendu dans ce vieux film de Fellini, « Amarcord », avec ce petit garçon se rendant à l’école, son petit cartable à la main, totalement terrorisé par les silhouettes qui surgissent devant lui.

Arrive ce moment crépusculaire, où il se trouve face à un buffle blanc, aux longues cornes, immobile, immense, suspendu dans l’irréel.

Ceux qui n’ont jamais vu de brouillard honnête, aussi vivant que l’ankou, ni la décrépitude d’un vieillard cherchant son chemin dans un cul de sac, devraient voir au moins une fois ce film avant de mourir de suffocation au coin d’une rue.

De toute façon, en prenant votre deuxième café, engoncé dans votre robe de chambre en mars, content malgré tout, imperator romain en toc sur son balcon, vous avez mis un nom sur cette chose irréfutable, en faisant référence à votre anglais de sixième : The smog.

 La pollution, quoi. Pour parler français !

No pericoloso sporgersi ! Surtout. Ne pas se pencher par la fenêtre en respirant trop vite. Une pointe âcre dans la gorge.

Etait-ce une illusion, cette petite migraine ?

« Putain de saloperie ! »

 Bien sûr vous pensiez comme d’habitude que cela ne serait pas pour vous. Un peu comme à l’époque de Tchernobyl.

 Est-il bien sage de griller une cigarette et d’ajouter à la catastrophe ?

 Vous auriez pensé tout de même, en foutu individualiste, qu’habitant une ville portuaire, vous vous en seriez tiré. Mais la pollution ne respecte même pas la ligne Maginot de la côte ! Et le vent, ce fameux vent du large qui vous arrache les cheveux, presque la tête.

Où il est le vent, ce lâche ?

 Qu’est-ce qu’il fout le vent, pourquoi il envoie pas toute cette saloperie loin d’ici, tout au bout de l’Ukraine, de la Russie ? Mais allez savoir pourquoi je dis ces choses...Parfois on a beau faire, on ne parvient pas à s'extraire de l'humeur du jour, celle des médias. En tout cas, cette fois, le nuage ne devrait pas contaminer les salades ni le lait, comme on nous l'avait déjà assuré à l'époque.

On n’a pas le choix, juste de continuer à vivre ou à mourir. Il faut bien avancer sous les nuages, même quand on s’y cogne ! "Aller de l’avant !" Comme on disait en 14, en affrontant le gaz moutarde, un chiffon mouillé appliqué sur les yeux.

C’est drôle comme l’histoire remet les plats pimentés sur la table, avec cette sauce de Dijon à l’ancienne. La seule différence, à cent ans de distance, c’est que les arrières du front sont cette fois concernés. Pas de refuge, ni de braves petits gars sur la frontière pour se faire gazer à votre place. Les nouvelles guerres se font uniformément en civil, et brassent tout le monde, jeunes et vieux, pauvres et rentiers ! La pollution de l’air parviendrait elle à réaliser ce que la révolution des idées n’est pas parvenue à faire ?

Déjà, au rayon arts plastiques, elle était parvenue à réaliser de petits prodiges. Il y a cent ans, Monet faisait deux à trois fois le voyage à Londres par an, histoire de peindre le smog, cette pollution prodigieuse due à la combustion des poêles à charbon. Tout cela donnait des effets fabuleux de lumière, avec le soleil naissant sur la Tamise, façon Turner. On en sortait déjà étourdi, perclus de lumière et de térébenthine.

Même plus la peine de traverser le Channel ! Peut-être Monet installerait il son chevalet sur votre balcon ! Pour la peine il vous donnerait un petit tableau. « Oh c’est rien gardez-le ! Il m’a coûté cinq minutes ! » Dirait il en s’éclipsant après avoir signé en bas à droite. 

Pas que des désavantages, la pollution ! Les commerces fleurissent sur le tas d’ordures. Mais vous ne connaissez aucun peintre célèbre. Juste un gros con aviné qui gueule sur sa femme le soir en rentrant du boulot, sûrement pas un amateur de peintures impressionnistes. Matant peut être les fesses des odalisques de Renoir, ou plutôt les films nocturnes de canal. Triste époque de vidéo et de voyeurs, furetant dans les salles de dissection, le net pas net, à la recherche de « nouveautés ! » Ces gens haïssent les brouillard, les halots, les effets vaporeux. Rien que pour ça, vous êtes content ! Voir toujours voir le bon côté des choses !

Hé, reprends toi ! Ceci est une belle journée !

Vous vous forcez malgré tout à siffler sous votre douche, en écoutant de la musique classique à fond. « L’arlésienne » de Bizet. Les soleils noirs de Van Gogh tournent un moment sur le carrelage ruisselant. La lumière à Arles était sans doute comme ça, à l’époque. Franche, crue, mille soleils de tournesols, absolument indemnes de toute traînées d’avion à réaction cherchant leur route, ou égarés des aiguilleurs du ciel.

On prend Van Gogh pour un cinglé, mais ce voyant sans lunettes n’a peint que ce qu’il a vu.

Pendant longtemps, on a cru par exemple, que la petite peinture de sa chambre était bien la représentation d’un fou, prenant ses élucubrations pour la réalité. D’éminents spécialistes voyaient dans la fuite exagérée des lignes, et les angles impossibles du plafond, la manifestation la plus évidente d’un esprit psychotique. 

Il a fallu attendre ces dernières années, pour que la modélisation numérique de sa chambre détruite, à partir de cartes postales d’époque, accrédite la vision de la soupente de Van Gogh…. Les spécialistes ne pouvaient concevoir qu’une chambre ne ressemble pas à un loft, parfaitement dimensionnée, situé par exemple dans une des tours de la défense.

Les gens finalement ne voient qu’avec ce qu’ils ont déjà en tête.

La température en tout cas était bien agréable. Quel plaisir de jeter sa veste sur son épaule, et d’aller au hasard des rues, sans but, nonchalamment, comme on le fait souvent, lors de ces premières journées de printemps.

Les filles étaient au diapason, élégantes, coquettes, ouvrant leurs corolles, de vraies antennes météo. L’éternel féminin durera tant que le soleil nous réchauffera la peau. C’est tous les ans le même miracle de la sève, les petites fleurs poussant sur les pelouses, les petits enfants les cueillant pour leur maman. Les forces de la vie face aux forces de ténèbres. 

Ce qui est nouveau, c’est que celles ci frappent maintenant même en plein jour, et en s’attaquant aux choses les plus sacrées : La mer, par exemple, aux vagues salies par toutes ces boulettes de fioul, rejetant les oiseaux morts et les nymphéas de Claude Monnet sur le sable éteint.

Et voilà que le ciel est lui aussi victime. La peinture commence à être mauvaise. Il aurait fallu s’arrêter à temps ! C’est le danger avec les peintres amateurs ! Il y a maintenant comme un déséquilibre. Trop de couleurs bistres. Mais on ne peut déchirer la toile quand on est un personnage de la composition.

Vous vous êtes assis à la terrasse du café du port. Un peu essoufflé c’est vrai ! Et ça, c’est un peu nouveau et étonnant !

 Peut-être faudrait-il arrêter de fumer ?

« Ouais, c’est ça, pas besoin d’aller chercher plus loin ! Ne vous en prenez qu’à vous !… A quoi ça sert qu’on fasse des campagnes, qu’on augmente le prix du tabac ! » Vous diront les spécialistes et les politiques qui ne manquent pas d’air !

 Mais au moins quand on fume on sait d’où provient la fumée, et d’une certaine façon c’est rassurant, un rituel. Tout comme défaire le sucre de son emballage, le remuer avec sa cuillère. Plus important que le goût du sucre. Bien des choses dans la vie tiennent à l’art de l’effeuillage, de l’attente, du trajet que l’on met pour aller d’un endroit à un autre. La serveuse vous a adressé un sourire. Des jambes parfaites, un port de visage digne d’un tableau de Vermeer, la grâce incarnée. Ou peut être un Botticelli. Des choses que tous les hommes estiment depuis la nuit des temps, tout comme le goût de la bière et du café, et du tabac !

 Il ne faudrait pas qu’il existe un jour des lunettes à lire dans la pensée ! Pour ceci, il vaut mieux en rester au brouillard, à l’aquarelle, à la suggestion. Ne serait-ce que pour soi. Monet avait mille fois raison ! Mais que faisait-il à Londres, en soirée, après avoir replié son chevalet ? Maintenant que j’y pense : A quelles dates précises ont eu lieu les crimes de Jack l’éventreur ? Holmes a t’il pensé à ces choses ? Il y a des nymphéas parfois trop beaux pour être honnêtes ! N’y a t’il par une part d’ombre de brouillard, et un mister Hyde caché en chaque homme ?

Le journal que vous venez d’acheter fait partie aussi de ces choses intangibles, précieuses, qui vous tiennent depuis tant d’années.

D’abord le parcourir à toute vitesse, en lisant les gros titres, puis revenir tranquillement, comme on revient en marchant après avoir fait un footing, surpris de n’avoir pas vu la moitié du paysage. 

Bon bien sûr, question drame, il y a cet avion qui a disparu dans le triangle des Bermudes orientales. Cette fois ci, décence absolue, ils ne mentionnent plus qu’il y avait trois ou quatre français à bord. « Nos compatriotes », disaient-ils d’un air navré, comme si les autres étaient quantité négligeable. Ce long courrier serait-il tombée dans un trou d’air, ou disparu dans une brume d’aquarelle se transformant en tache d’encre ?

Dans la rubrique justice, il y a cette séquence nous montrant notre ministre de la justice brandissant ses papiers, devant une caméra médusée, comme une poissonnière le fait de sa belle morue toute fraîche, à l’étal :

« Il est pas frais mon poisson ! Qui aura le courage de venir me le dire en face ! »

 Envie de rire : Impression de déjà vu, à moins que ce soit un souvenir d’un album d’Astérix et d’Obélix, avant que celui ci ne tombe dans la soupe du show bizz. C’était vraiment poilant de lire Astérix et Obélix, tout gamin, de découvrir chaque semaine les aventures en tranches dans Pilote, « le journal qui s’amuse à réfléchir ! » Un programme qui reste révolutionnaire…Un slogan pour un nouveau gouvernement ?

Les bandes dessinées ont bercé ton enfance, t’ont formaté au moins autant que Shakespeare, pour le meilleur et pour le pire ! Comment s’appelait au fait le poissonnier, et sa femme, dans ce village gaulois inexpugnable ? Impossible de se remémorer…Pourtant tu les as sur le bout de ta langue qui te pique un peu !

Aurez vous autant de mal à vous remettre en jour en tête le nom de madame Taubira ? Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, et les pourboires. La serveuse du bar rencontre un beau succès, blonde, piquante, enjouée, un vrai régal de la regarder passer d’une table à l’autre, comme dans une danse de printemps.

 Pas, finalement sans ressembler à Falbala, cette jeunette piquante mariée à un octogénaire. Ce nom là, tu t’en rappelles, vieux grigou ! Sûr qu'un camembert président passant par là, lui offrirait un petit tour en scooter, congédiant son garde du corps !

Il manque c'est vrai un chef au pays, surtout une direction, un sens, autre que celui de l'argent triomphant ! C'est un peu comme cette collection d'Astérix qui continue benoîtement à se dérouler, d'album en album. Les dessins sont encore bons, et trompent quelques pages, mais depuis que Goshinny est mort en 77, à la fin des trente glorieuses, une part de la magie est partie. Difficile de faire de l'Hugo sans Hugo, sans être un peut misérable.

Même si c’est vrai l’édition a continué d’empiler le fric comme jamais. La seule valeur à laquelle on juge actuellement la valeur des gens. A ce niveau on peut dire qu’Astérix s'est vraiment adapté à notre époque. Il est sorti de son village retranché, l'a transformé en écomusée, a construit des gîtes pour les touristes, a investi dans plusieurs sites d’accroc-branches : Marketing, produits dérivés, cinéma. …

Obélix, le gros, l’enveloppé, a maintenant des couilles en or, comme on dit maintenant. « Un beau bébé »…« Au jour d’aujourd’hui, c'est incontournable »… …« Enfin, vous , je sais pas, mais moi » ….. 

Expressions têtes de gondoles, éreintantes, vides de sens.

Par contre, on ne dit plus « Ah ! La vache ! » Comme on le faisait alors, expression bien sentie des années 70. L’envie vous prend d’essayer de le remettre en bouche, à la prochaine occase.

Retour à Taubira….On aurait du lui dire qu’il était possible de lire dans les entrailles de poissons, avec une bonne caméra…. Ou, comment la rubrique justice et grosses blagues de comptoir se rejoignent…

 En politique étrangère, des analystes hurlent à la confiscation de Moscou, oubliant que la Crimée a été russe pendant deux siècles.

Comme s’il n’y avait qu’un camp pour la propagande, et que nous étions toujours du bon coté ! "Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous", disait Bush junior, qu'on reprend dans le texte, après qu'il nous a fait tant rire….Comment se fait-il qu’Iznogoud soit arrivé un jour à la présidence ?

Il suffit de raconter la moitié de l’histoire pour être un bon menteur, sans même avoir besoin de mordre sa langue ou de rougir. De toutes façons, ces hâbleurs au service des puissants n’ont plus aucune pudeur, et prennent leur pied à nous tromper.

Page culture, une expo de Van Gogh et d’Artaud, réunis, au musée d’Orsay, sous le prétexte étrange qu’ils étaient tous deux un peu fêlés. Pas sûr qu’ils seraient ravis qu’on les regroupe ainsi, dans la même camisole de force. On ne peut plus fuir nulle part, même dans une cimaise ! 

 Ah il y aurait cent autres raisons de s’indigner, à cette terrasse du café du port où vous êtes assis, en début de journée, à ne pas savoir pourquoi vous lisez ce torchon ! 

Enfin, vous tombez sur un petit encart. Il est question justement de cette pollution. Un tout petit traitement, comme celui destiné il y a 100 ans à l’assassinat d’un archiduc à Sarajevo.

Le niveau d’alerte, 80 microgrammes de particules par mètre cube d’air, a été dépassé dans une trentaine de départements, dont les départements bretons. …

Il semble que les bonnets rouges n’ont pas soufflé assez fort. A vrai dire vous vous en doutiez un peu. Tous ces pneus de camions et de tracteurs brûlés au pied des portiques n’ont sûrement pas arrangé ces choses. D’ailleurs, y aura t’il un de ces ballots, pour s’interroger un peu : Le but des portiques était bien de limiter le fret des marchandises, et par conséquence la pollution.

 Le journalisme ne s’interrogera pas sur les liens , et les causes à effets, qu’on peut entretenir entre ces deux événements. L’essence d’un journal régional est d’entretenir sa, ou plutôt, ses clientèles, et par là , de ne fâcher personne. Des expressions comme « renvoyés dos à dos », « bonnet blanc, blanc bonnet », plombent les points de vue, aussi lourdement que des godasses de scaphandrier. 

L’essentiel de toute façon est ailleurs, pas dans le journal du jour étalé sur la table. Un savant exercice de déminage : Cette pollution serait due aux feux de cheminée….

On remarquera tout de même que le soleil printanier, et le tee shirt ne rendent pas obligatoire les pantoufles aux pieds, et le feu de bûches. Le parasol est davantage tenu en main que le tisonnier.

Vous auriez bien voulu avoir la confirmation de ce que vous avez entendu sur une chaîne d’infos continues, à la radio. Il semble que dans ce flots de paroles intempestives, se déroulant au mètre ruban, des choses soient lâchées de temps à autre, sans qu’on s’en rende compte, avant d’être supprimées lors du flash suivant.

C’est là que vous avez entendu un journaliste, oublieux des consignes émettre une hypothèse, à propos du coupable, qui ne serait pas un vagabond un misérable, mais bien quelqu’un du village, un notable propre sur lui et très bien estimé même : LE DIESEL !

Mais il est difficile de comprimer éternellement la vérité. Car la France tousse, s’essouffle, en ne sachant pas si elle se trouve à l’aube d’un gigantesque scandale sanitaire, auprès duquel le scandale de l’amiante ou du sang contaminé paraîtront bientôt des pacotilles.

Mais risque est grand de se faire descendre en flèche : Qui n’a pas une diesel dans ce pays ? Vous…Moi le premier…Incriminer ce carburant dont nous sommes accros, c’est comme prétendre que Dreyfus était innocent, à une autre époque….

Zola y laissera sa peau, intoxiqué d’ailleurs par un feu de cheminée criminel, le conduit étant obstrué. Tout se rejoint en ce monde. Pas de fumée sans feu.

En tout cas le diesel, c’est propre. Point final ! La preuve, les voitures françaises ont la pastille verte. Une prime que les motorisations classiques n’ont pas si facilement, en raison d'un parti pris éclatant. C’est pas beau, l’écologie, quand on l’accouple avec le business !

Donc, pas de critiques des scientifiques, pas de représentants des compagnies pétrolières, qui ont soutenu cette politique mortifère, dont on sait pertinemment bien qu’elle repose sur un mensonge.

 Les fameux filtres à particules, ne filtrent pas les particules diesel les plus fines, de loin les plus cancérigènes. Et l’on parle là des voitures les plus récentes ? Quid des millions de corbillards laissant une traînée de suie malodorante derrière eux : https://www.google.fr/url?sa=t&...

Voilà que 80 % du parc automobile français est maintenant passé au diesel. Celui ci vieillissant, la pollution va continuer à croître ostensiblement. Y aura t’il 80 % pour cent des français pour continuer à se voiler la face, les yeux rivés sur le chiffre de la pompe à essence. 

Le goutte à goutte d’une perfusion, et les tracés d’un monitoring sont sans doute moins complaisants à évoquer, mais risquent bien de prendre la relève. Avec ce buffle aux longues cornes surgissant du brouillard, vous regardant de ses yeux las, comme dans le film de Fellini.

En tout cas, le fric, c’est l’argument mercantile, leur seul joker, qu’utiliseront les politiques, pour tenter encore de s’en tirer.

Peut-être diront ils aussi qu’ils ne savaient pas. ..Et il y aura un, ou une, pour faire semblant de se fâcher, et brandir un papier en l’air, devant une caméra abasourdie.

« Enfin, il n’y pas que nous, diront-ils ! »

Et pour le coup ils auront raison. Comme au procès de Nuremberg, peut-être dénonceront-ils les copains : Tout le lobby agricole, ces formidables jardiniers de la France qui empoisonnent l’eau du puit. En ces temps printaniers bouchés, l’épandage agricole donne à fond dans la démesure, comme Jack the ripper profitant du brouillard, et insiste où ça fait mal, afin de nous mettre définitivement à terre.

 Mais qui aura le courage de s'en prendre à ce lobby productiviste ? Contrairement à la guerre de 14, les morts ne sont même pas comptabilisés...

« Qui a tué Davy Moore ? » Nous chantait Graeme Allwright, reprenant une chanson de Dylan.

Vous, peut-être, mais pas moi….

 Le mythe de la petite maison perdue dans la prairie est au plus mal, et à tout prendre, on se demande parfois, comme les abeilles, s’il ne vaut mieux pas se réfugier en ville.

Bon, on a tout de même de sérieuses raisons d’espérer une amélioration. Cette nappe de pollution va finir si l’on n’y prend pas garde par perturber les footballeurs à l’entraînement. Il n'est pas question en effet que les matchs s'arrêtent. C’est en partant de cet objectif, en prenant le problème par les coutures du ballon, que les choses devraient pouvoir changer, d’abord dans les stades, et puis ensuite autour..

D’ailleurs les journaleux donnent désormais des conseils à la population : « Aérez, nous disent-ils. L’intérieur est encore plus pollué que l’extérieur !

On ne sait plus à quel cancer du saint s’en remettre ! Même les fumeurs vont chercher un peu d’air au fond de leur paquet ! Vous avez laissé un pourboire à Falbala, en partant.

"Ordralfabétix…. " !

Ca y est , ça vous revenait, le nom du poissonnier dans le village d’Astérix, résistant toujours à l’envahisseur romain, à la mondialisation, et tout ce qui s’ensuivit.

Ordralfabétix, et sa femme Lelosubmarine.

C’est quand même bizarre, la mémoire, tout ce qui nous passe dans la tête. Quand les mots vous reviennent, c’est une vraie bouffée d’air . La preuve que tant que les neurones ne sont pas enfumés, il faut garder espoir de s'en sortir ! Comme les passagers de ce vol au destin incertain.

« Ca s’en va et ça revient ! », Comme disait Cloclo, dont on vend les fringues, à Drouot ! Encore une chose essentielle, là, écrite dans le journal, à la page culture.

Ca ne vous dit pas un pantalon pat d’eph bradé à 1000 euros, pour affronter l'avenir ?

 


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6 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 17 mars 2014 12:21

    Bonjour bakerstreet,

    Une bouffée d’air frais cet article dans ce monde pollué de la tête. J’avais, depuis quelque temps la désagréable sensation que ce monde là était ingérable et que la solution n’était plus humaine. Après un mois passé en Inde, au milieu de la corruption généralisée des institutions, des castes, des différentes ethnies, des 20 000 dieux et des 300 religions, j’en ai acquit la prétentieuse certitude. La tache est devenue insurmontable alors, mieux vaut en rire… Cordialement.


    • bakerstreet bakerstreet 17 mars 2014 12:43

      Bonjour Gabriel

      L’humour, c’est vrai, et le rire sont comme des respirations annexes. 
      Pour l’inde, voilà longtemps que je n’y ai pas mis les pieds, et la tête, et le bec. 
      75, exactement. 
      Les ambassador et les royal enfield ont du disparaître du paysage. 
      En ce temps là la pollution automobile n’était pas très importante. 
      Il semble qu’ils nous rattrapent et nous doublent à toute allure, en se foutant de toute réglementation. 
      Autre pollution, celle des esprits.
       La rencontre de la tradition et de la modernité semblent faire des étincelles pas très heureuses. Les femmes violées dans les bus ont sont la triste illustration. 
      La religion ne semble la plupart du temps qu’un prétexte pour justifier les pires exactions.
      Comment faire pour réenchanter le monde ?
      La tentation du jardin fermé est parfois plus forte que le gout du voyage qui s’éteint. 
      Il arrive qu’un petit tour en vélo autour de chez moi, me redonne malgré tout la foi

    • alinea Alinea 17 mars 2014 13:33

      Les larmes aux yeux...
      non je n’ai pas ri en descendant sur vos mots un long fleuve tranquille, j’ai...j’ai été nostalgique ; des larmes comme celles qui viennent quand on revoit un ami que l’on croyait disparu...


      • bakerstreet bakerstreet 17 mars 2014 14:56

        Ainea


        Deux ou trois commentaires de gens qui me sont chères,
         Pour des raisons que j’ignore 
        Me réchauffent le cœur bien plus que la broqua des 20000 
        Qui suivirent Don Rodrigue, au port ! 

      • alinea Alinea 17 mars 2014 15:10

        C’est juste la plus belle chose que j’ai lue depuis un petit bout de temps.. et puis, c’est ici, sans tapage, sans banderoles, sans parcours fléchés ; et puis c’est vous, snoopy...


      • ETTORE ETTORE 18 mars 2014 10:33

        Bakerstreet....
        B R A V O pour tous ces mots.
        un bon coup d’oxygène pour le cerveau .
        A vous lire, j’ai eu la sensation, moi aussi, de monter sur la niche, et de pouvoir aboyer à autre chose, que les « gens » ne voient même plus.

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