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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Faire de la politique sans étiquette : la République 2.0

Faire de la politique sans étiquette : la République 2.0

Depuis de nombreuses années je me demande s'il est possible de faire de la politique sans être affilié à un parti. L'idéologie en tant que telle n'attire plus les foules. Du PS à l'UMP, les différences existent mais elles sont finalement assez caricaturales et n'ont d'autres fins que de remporter l'élection. Ailleurs sur l'échiquier chacun rêve d'un effondrement pour une révolution rouge ou bleue marine, qui ne vaut guère mieux. Le problème n'est pas politique au sens des couleurs politiques, mais politique au sens de la vie de la cité.

Le problème vient des politiques. François, Nicolas, Jean-François, Martine, Marine, Jean-Luc, tous vivent de la politique. Beaucoup vous diront qu'ils vivent pour, sans doute, mais chacun fait tourner sa boutique, sa petite ou grosse entreprise, selon que les résultats sont favorables ou pas. En fait tous rêves de l'élection suprême, celle de la présidence. Une obsession française.

Et de fait, en France, faire de la politique en dehors des "partis" n'est pas possible. C'est malheureux, mais le système instauré par De Gaulle pour éviter justement la main mise des partis sur la politique française est non seulement aux mains de ces partis mais il est surtout à bout de souffle.

Depuis 2002, de nombreux élus ont évoqué la nécessité de passer à une 6ème République. Or, ce n'est pas de 6ème République dont nous avons besoin. Nous avons besoin de réinventer la démocratie. Et les politiciens sont tous très loin de nous y amener. En effet la 5ème République avait pour objectif principal d'apporter un mode de gouvernement stable. La 4ème avait cette capacité de transformer les gouvernements en train, un gouvernement en cachait un autre... tant et si bien que dans la crise de la décolonisation la France devenait ingouvernable. Da Gaulle y remédia, pensant sans doute que seuls des hommes de sa trempe pourraient accéder à la présidence. Et que le reste suivrait. Point indéniable, la politique française est stable, y compris en période de cohabitation, peu dynamique, avec de façon récurrente un candidat atypique qui réalise un bon score, sans espoir de l'emporter derrière.

Un problème de représentativité

Sans étiquette faire de la politique n'est pas possibe

De fait plus que jamais, pour être élu, du moins sur les mandats principaux (assemblées nationales, grandes villes, conseils généraux et régionaux), il faut être affilié à un parti. Seule la petite commune reste un espace dans lequel la politique peut s'exercer sans étiquette, et encore. Cela pose un problème de représentativité. Pourquoi ? Pour deux raisons essentielles : le système de vote (absence de proportionnelle), et la volonté des politiques de pouvoir gouverner quand ils sont élus, et pour parler dans les médias de masse il faut être représentatif... d'un groupe politique.

Une légitimité en baisse

 En effet il y a une crise de gouvernance profonde en France qui met les gouvernements successifs dans une position de pouvoir légiférer et donc de gouverner mais en faisant face à des réactions de plus en plus violentes de la part des opposants. A la crise, qui ne facilite pas le climat, et aux actions de désobéissances "civiques" (coupe de cultures d''Ogm ou refus de marier les homosexuels), il faut ajouter une crise de défiance envers les élites, et envers les hommes politiques. Mais cela est aussi vrai dans les syndicats, sous représentés en France, et à l'ensemble de contre-pouvoirs "institutionnels". Dans l'ensemble le contre-pouvoir est un pouvoir de nuisance, qui a pour but de faire échouer le pouvoir en place...

Mais le problème de légitimité est aussi le fait d'une tradition française qui finalement veut que le chef propose et décide (le Président), alors qu'il serait vraiment intéressant de travailler avec la "base" comme on dit dans les syndicats. C'est bien de gouverner avec une élite sortie du même moule, mais la France est faite de petits entrepreneurs et de leurs salariés, de professions libérales ou indépendante, de dirigeants et de bénévoles dans les associations. Ce sont eux qui produisent les richesses et l'emploi. Ils ne sont jamais ou peu entendus.

Enfin la légitimité est remise en cause quand les gouvernements successifs, quelque soient les chiffres de la croissance, poursuivent à financer le pays à crédit, mettant la France dans le piège de la dette. Toute solution semble vaine tant il vrai que le clivage idéologique et le poids des syndicats qui défendent les salariés des grandes instituions publiques et privés pèse sur le

Alors comment faire ?

A priori il n'y a pas de solution. En effet pour modifier la constitution il faut la majorité des 3/5ème des assemblées (parlement et sénat) avant une validation par référendum (dans certains cas). Or pour y arriver il faut avoir des sénateurs et dans le système avoir des sénateurs nécessite d'avoir tisser sur l'ensemble du territoire une présence de parti pour avoir des grands électeurs (maires, conseillers régionaux et généraux...). Et comme le renouvellement se fait par tiers tous les 3 ans, c'est bien une révolution de "sénateur" qu'il faut mener.

De plus, tout se joue sur la présidentielle. Avec le quinquennat plus de surprise, peu de risque de cohabitation, les électeurs logiquement donnent au président élu la majorité nécessaire pour dérouler son action. Les minorités sont absentes du parlement.

Beppe Grillo bouscule les codes politiques

Pour que cela change, il faudrait à l'exemple de ce qui s'est passé en Italie, avoir un mouvement à la manière de Beppe Grillo (avec peut être moins de populisme) qui permette à de nouveaux visages de la politique d'apporter un souffle nouveau et surtout un souffle de la société civile. Certes cela n'est pas forcément un gage de réussite, mais si il n'y a pas d'idéologie, cela peut être bénéfique pour l'ensemble de la politique française.

Cela nécessite aussi de réfléchir à ce que doit être la démocratie française et plus largement la démocratie européenne. Deux axes semblent importants à développer : d'une part améliorer la représentativité, d'autre part développer la démocratie directe via les référendums. Enfin la démocratie participative, portée en son temps par Ségolène Royal a encore du chemin à faire, en particulier il nécessite aussi d'éduquer, sensibiliser et inciter les citoyens à la vie politique et publique pour ne pas laisser le débat aux seuls partis.

Il ne s'agit pas de passer de la Vème à la VIème République, il s'agit aujourd'hui de passer à une République 2.0 dans laquelle le citoyen est au cœur de la politique. Aucune solution n'est simple, elle seront toutes complexes. Mais plutôt que d'attendre le grand soir, chacun peut chaque jour apporter une petite pierre au changement, pour élire non plus uniquement sur un programme qui de toute façon ne sera jamais tenu mais aussi sur une méthode qui permettrait aux citoyens de se prononcer directement sur les projets de lois ou les grandes orientations de politique, en France et en Europe.


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7 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 29 août 2013 09:28

    Qui sont les seuls partis differents qui ne veulent pas le pouvoir pour eux meme et qui refusent que la politique soit un metier ?

    voir : LO ET LE NPA SONT NECESSAIRES ET INDISPENSABLES


    • LE CHAT LE CHAT 29 août 2013 09:59

      je suis d’accord , à part être conseiller municipal , ou dans le meilleur des cas maire d’une petite commune , difficile d’espérer mieux sans le soutien et le financement d’un parti , sauf si on peut s’autofinancer ou qu’on dispose de médias pour se faire connaitre


    • Gabriel Gabriel 29 août 2013 10:10

      La politique, d’après la définition première, c’est la gestion de la vie dans la cité. Cela concerne tous les citoyens et devrait donc être l’affaire de tous les citoyens. Que nous apercevons nous aujourd’hui ? Que des élites, en formant et noyautant des partis ont confisqué la politique, le pouvoir décisionnel. Une politique pour être juste devrait, pour chaque grande décision, tenir compte de l’avis du peuple hors, les dirigeants des partis politiques au pouvoir ont confisqué ce droit d’expression au citoyen. Ils se font élire sur une série de mensonge et deviennent intouchables pendant toute leur mandature. Ils ont confondus pouvoir et délégation de pouvoir. Quel que soit le parti dirigeant, tant que celui-ci échappera au contrôle des citoyens durant sa mandature et qu’il décidera de manière unilatérale (Voir référendum sur le traité de Lisbonne ou, plus prêt de nous l’implication dans des conflits hors territoires de la république) la politique restera monarchique et dictatoriale et les citoyens désirant s’impliquer de façon totalement démocratique en seront tenus écartés.


      • bernard29 bernard29 29 août 2013 16:51

        « La démocratie n’est pas dans l’origine populaire du pouvoir, elle est dans son contrôle.

        La démocratie, c’est l’exercice du contrôle des gouvernés sur les gouvernants. " ALAIN.

         

        Ainsi, outre le gros travail vers le mandat unique et l’arrêt du cumul des fonctions, la question est dans la force des contre pouvoirs. Or ceux ci sont nuls en France . Il faudrait créer une institution de contre pouvoir citoyen chargé de ce contrôle.

        une proposition de contre pouvoir citoyen ; http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-uguen/180212/pour-un-veritable-contre-pouvoir-citoyen-1

         

        les fonctions de ce contre pouvoir ; http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-uguen/020713/fonctions-dun-contre-pouvoir-citoyen-2


        • ecolittoral ecolittoral 29 août 2013 19:45

          Démocratie : Je vote donc je suis !

          Pourquoi ne pas décider d’une bonne partie de notre avenir au niveau local, plutôt que de refiler encore et encore le bébé aux élites de la nation ? Elles mêmes étouffées par Bruxelles.

          Cette maladie qui a engendré ces partis verrouillés et complices, est née de cette manie de confier la moindre bricole aux politiciens et politiciennes.
          Le développement ne peut être national ! Il est régional ou local. Je pense que les montagnards ont plus de choses en commun qu’avec les maritimes qui ne sont pas forcément des frontaliers, les quels n’ont rien à voir avec les préoccupations des chefs d’entreprises ou des professionnels de la santé.

          Est il impossible de nommer un représentant pour une mission technique ou sur un sujet précis. Sujet qui ne justifie pas (toujours) les usines à gaz que sont les deux chambres et leurs commissions. 
          Nous pouvons « mandater » sur un sujet, sans pour autant « professionnaliser » la politique.

          L’état doit s’occuper du destin du pays, de sa cohésion et des relations entre états.
          Localement nous pouvons décider de beaucoup plus de choses.

          Cette multitude d’étages et la liberté de clans qui font tenir l’édifice se sont retournées contre nous. A trop charger des élus, ces derniers en arrivent à être incompétents et se protègent en créant ces clans. 
          La politique n’est pas un métier. C’est une charge qu’il faut savoir répartir.

          • lucien bomberger lucien bomberger 8 septembre 2013 20:06

            Voter pour des idées, une à une.
            Prenez 40 valeurs morales, et mettez les en cotation dans une Bourse Citoyenne Française.
            Mettez toutes les propositions politiques de tous les partis, et donnez une côte aux seules idées que vous soutenez séparément pour éviter la confusion et la division que vous proposent les partis. En somme, faites vous-mêmes votre programme idéal en ne cochant que les cases correspondantes à vos vœux politiques. 
            A la manière que vous iriez dans les rayons de grande surface pour prendre vos ingrédients culinaires et remplir votre caddie comme bon vous semble, prévoyez d’entrevoir la possibilité de choisir une à une les propositions politiques qui vous font vibrer.
            Les partis se divisent dès le départ toutes les bonnes idées et cela vous rends indécis ? Et pour cause, vous ne votez plus que par vote sanction, jamais pour, toujours contre ? Vous ne votez plus ? Adopteuncitoyen.fr et réclame une Bourse citoyenne qui te permettra de participer à la jauge et à la visibilité des valeurs perdues.


            • baldis30 11 septembre 2013 22:42


              le cas de Beppe Grillon évoqué par l’article rappelle trop une forme de néo-poujadisme . A ce que l’on voit souvent en particulier dans « La Repubblica » qui le regarde avec un oeil attentif mais pas négatif , on s’aperçoit que le libre arbitre des élus de M5S est fortement mis à mal dès qu’ils sortent de la trace définie par le chef ....


              La fin du cumul des mandats serait un premier pas vers une meilleure répartition des rôles ....
              mais ce n’est pas la solution.
               les petits mandats pour se lancer en politique ? Une grave erreur .... Le plus souvent le maire d’une petite commune est soit  :

              1) un volontaire désigné d’office parce que c’est un retraité d’un grand service qui a des origines locales et donc son avenir politique au niveau supérieur est nul , mais il assume les responsabilités et les équilibres sans en avoir la formation, ni les services techniques à sa disposition ( penser par exemple aux risques naturels, aux interventions sur les dossier de D.U.P...... et autres joyeusetés dans la recherche des subventions...)

              2) un propriétaire terrien qui lui veut bien de la charge avec des arrière-pensées, voire des ambitions qui se révèlent que d’obscurs arrivismes vu l’incompétence. l’affiliation à un partit suivra la première réelection ( pas avant et juste après) , et ensuite c’est le cumul dans le temps

              3) une charge quasiment l hérité d’un parent ( père, mère, oncle...) qui a l"avantage de la continuité mais sombre souvent dans la fiefisation

              L’accès à la politique sans appartenance à un parti reste un voeu pieux ; toutefois un premier pas serait de prendre en compte les votes blancs, et de réduire la composition du conseil municipal proportionnellement au nombre de votes blancs ( les blancs mais pas les nuls) .
              Les places non attribuées seraient à nouveau proposées aux électeurs avec pour les candidats les obligations suivantes, outre celles liées à l’inéligibilité 
              - ne pas avoir été candidat à aucune élection politique aucours des huit dernières années
              - n’être pas rééligible au titre de cette façon de faire, à quelque mandat que ce soit

              idem pour les conseils régionaux ou pour tout scrutin de liste

              Là il y aurait des candidats 

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