Une idée pour revitaliser la
presse écrite française dont on connaît les difficultés : parler davantage
des femmes en dehors du Forum de
Deauville et de la journée des femmes du 8 mars.
En effet on trouve seulement
17,17% de femmes mentionnées dans ses pages contre 82,83 d’hommes. Ce sont les
chiffres diffusés par l’Association des femmes journalistes qui vient de
publier son 3e rapport sur « La place
et l’image des femmes dans les médias » (1). La méthodologie utilisée
est toujours la même. Elle émane du projet de monitoring des médias de la World
Association for Christian Communication, la WACC. Un jour J, cette année le
10 mai, sept quotidiens sont analysés (Le Figaro, L’Humanité, Le Monde, Libération, Le Parisien, et deux quotidiens régionaux, Dernières nouvelles d’Alsace et
Ouest-France). Les personnes citées sont réparties par sexe. Sont codées les
pages d’actualité politique nationale et internationale, ainsi que les pages
société. Les rubriques économie, sport, arts et culture et les éditoriaux
n’entrent pas dans le codage.
On peut se poser quelques questions à partir des résultats.
Les femmes ont-elles une identité ?
Une femme sur six est
anonyme (c’est-à-dire qu’on la cite sans mentionner son nom ou son prénom, une
infirmière, une passante, une jeune femme, une épouse) contre un un homme sur vingt-trois.
Pour Natacha Henry, fondatrice de Gender Company et auteure de l’étude, il
s’agit carrément de « mépris pour les femmes et d’effet
James Bond pour les hommes ».
Les femmes parlent-elles ?
Parmi les personnes
dont on reproduit les propos, une seule sur cinq est une femme.
Les femmes sont-elles autre chose que des filles de, mère de ou femmes de ?
Une femme sur cinq est présentée avec un lien familial pour un homme sur seize, et la moitié des personnes présentées avec un lien familial sont des femmes
Les femmes exercent-elles des métiers ?
Une femme sur cinq est citée sans sa profession, contre un homme sur vingt. (pour mémoire, la moitié de la population active est constituée par des femmes).
Les femmes sont-elles présentables ?
Hors publicité, moins d’un
tiers des photos (29%) présentent les femmes.
Ne croyez pas que les choses évoluent, il y a dix ans les femmes
représentaient 17% des personnes mentionnées. Comme le souligne Isabelle Germain, co-présidente de l’Association
des femmes journalistes, « Ségolène
Royal ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Si on la voit beaucoup dans
les pages politiques, la proportion de femmes dans les pages qui suivent reste
identique à ce qui est indiqué dans notre enquête ».
Et ne pensez pas que ce soit uniquement de la faute des hommes, puisque 42% des journalistes sont des femmes.
Photo : Melissa Theuriau
(LCI)

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