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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Google Street View : appropriation privée du domaine public

Google Street View : appropriation privée du domaine public

Le service « Street View » n’est pas illégal, mais illégitime, et la protection de la vie privée n’a rien à voir dans cette affaire. Il ne s’agit pas de défendre l’individu mais la cible même de Google, la rue, car la rue appartient au domaine public, c’est-à-dire à la collectivité. Vous, moi, nous, Nous.

La création du service Street View (ou "Vue sur la Rue") par la société Google a suscité diverses réactions hostiles. Pourquoi cette hostilité ? Qu’y a-t-il de choquant dans le fait de photographier les rues et d’afficher les photos ? Violation de la vie privée ? Le problème relève-t-il vraiment de la sphère individuelle ?
 
D’un point de vue factuel ce service offre la possibilité de visualiser un paysage terrestre à 360°, c’est-à-dire comme si on y était. Il s’agit donc d’une sorte de copier/coller de notre croute terrestre dans la nouvelle dimension, la nouvelle dimension qui se développe à une vitesse hallucinante derrière les écrans (1). Nous avons là une vaste reproduction, par l’image, de notre décor quotidien ; notre environnement naturel bascule dans les nouvelles terres numériques. Street View est une sorte de décalque de notre milieu naturel dans le nouveau milieu lumineux, plein et virevoltant que nous avons créé ces dernières années. La Grande Gueule de Goo, qui a déjà avalé des kilomètres de livres et de journaux, avance maintenant à travers nos rues et les digère une à une. La conséquence est évidente : nous avons la possibilité de voir les rues sans bouger de chez nous. Chaque lieu géographique se change en un décor numérique, accessible d’un simple clic. Les villes, toutes les villes deviennent "accessibles" en même temps : l’espace se réduit comme une peau de chagrin. Les espaces urbains sont comme passés à la moulinette puis débités à volonté. Tout cela est un peu effrayant... mais pourquoi ? Pourquoi ressentons-nous une certaine méfiance, voire une sourde hostilité vis-à-vis de ce projet ? Par son côté systématique, Street View se présente comme une mainmise, une sorte de mise en fiche, une forme d’invasion ! Nous nous contentons, en tant qu’internautes, de saisir quelques petits textes, des bribes d’images ou de musique dans nos blogs et nos sites... La Grande Gueule de Goo saisit les villes ! Quelle démonstration de puissance ! Street View effectue un copier/coller de quelque chose qui existe déjà, il n’invente rien, et ce quelque chose n’est pas une invention, comme dans Second Life, ce n’est pas un univers artificiel, c’est Notre monde.
 
Voyons maintenant les choses d’un point de vue juridique. Mais d’abord écartons le reproche de violation de la vie privée. La CNIL a fait son travail : les visages sont floutés, ainsi que les plaques d’immatriculation (2). Non, ce qui nous heurte de manière plus ou moins instinctive, en particulier en France, est qu’il s’agit d’une appropriation privée du domaine public. Les rues font partie, juridiquement, du domaine public, ou, pour employer le vocabulaire policier, de la voie publique. Juridiquement cette notion est lourde de sens. Le domaine public comprend les forêts dites "domaniales", les fleuves, les bords de mer, les routes et ces espaces urbains que nous partageons tous et qui constituent notre monde commun. Le domaine public se distingue des domiciles privés, des commerces, des entreprises, qui ne sont pas accessibles librement car ils constituent des propriétés privées. Le service Street View n’est rien d’autre qu’une mainmise, non pas sur notre vie privée, mais sur notre espace public, lequel est en principe inaliénable. Le problème ne vient pas des utilisateurs ou des personnes qui pourraient être photographiées à leur insu, tout cela est secondaire, purement accidentel, le problème vient de Google lui-même et du sens même de ce projet, c’est-à-dire de cette sorte d’absorption systématique. Street View n’est pas illégal, mais illégitime. L’espace public ne saurait se retrouver entièrement en la possession d’une entreprise privée. Cette situation nous heurte car elle va à l’encontre des règles de base de notre société. Street View est une intolérable démonstration de puissance politique, venant d’une compagnie de négoce international. L’espace commun, ou sa régénération de l’autre côté des écrans, ne doit pas être soumis à la puissance de l’argent. Le domaine public doit être protégé, au même titre que les créations couvertes par le droit d’auteur. Mais à la différence de la propriété intellectuelle qui protège des intérêts particuliers, en l’occurrence ceux des artistes, la protection du domaine public a pour fondement l’intérêt général. La démocratie est en jeu derrière les sourires sympas des écrans de Google. Street View est une violation de nos droits de citoyen, une atteinte à notre souveraineté. Ce territoire nous appartient. Nous disposons, collectivement, d’un droit de propriété sur nos rues et ce droit est violé par Google. Il ne s’agit pas de protéger l’individu, le passant, l’automobiliste, mais le lieu, car ce lieu n’est pas privatisable, jamais, sous aucune forme, en aucune façon.
 
Street View doit donc être nationalisé. Ceux qui sourient à cet énoncé devraient imaginer qu’elle eût été leur réaction il y a moins d’un an à l’idée d’une nationalisation des banques. Pour le reste, certains considèreront qu’après tout il ne s’agit pas de l’espace public lui-même mais d’une reproduction, que tout cela n’a pas vraiment d’importance et que ce qui se passe derrière les écrans n’est pas un élément vraiment fondateur des évolutions à venir : libre à eux. Les autres, tous les autres doivent se demander par quelle aberration on a laissé une compagnie privée s’approprier l’espace public, le faire sien.
 
Le problème est à la vérité plus général : les nouvelles terres numériques sont entièrement sous la coupe d’intérêts privés. Il faudra tôt ou tard mettre un terme à cette situation (3).
 
Notre monde, c’est Notre monde.
 
Google ? TaGueuleGoo !
 
 
(1) Le monde numérique est gouverné par la loi du mouvement et de la copie...
Interview disponible sur :
 
(3) Emmanuel Cauvin, Ils regardent le gouffre, Troisième "édition", 341 pages, Avril 2009
Disponible sur :
(service d’impression à la demande)
 

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30 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 9 mai 2009 12:55

    Hhmm... vaste débat.

    Et vous avez ce besoin de respect de la communauté là où d’autres ne pensent qu’à l’exploiter.

    Concernant le net, voyez cet excellent débat et notamment les dires de Monsieur Wolton et, encore plus, la conclusion du président. Ca vaut plus que tout l’or du monde.

    http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i2891.asp

    Maintenant, avec cette petite crise en cours, pensez-vous que ce problème soit spécifique à l’outil informatique, ou plutôt, soit à englober dans un mouvement général bien propre à nos « chers » amis anglo-saxons... ???


    • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 16:51

      Bonjour Plancher Des Vaches,
      je préfère répondre à votre message plutôt qu’au lointain lien que vous proposez.
      Je pense que le problème est en effet plus général : il concerne l’immense dépossession qui a été consentie par les pouvoirs publics, dans tous les pays
      occidentaux, depuis plusieurs décennies.
      Les empires du Nouveau Monde, ravis de l’aubaine, se sont engouffrés.
      Et le Plancher des Octets s’est ainsi retrouvé tout entier sous la coupe des Nouveaux Seigneurs... qui maintenant n’hésitent pas à s’approprier la totalité de l’image de notre monde, avec quelles conséquences ???????

      Faudra-t-il, comme pour la banque, attendre que la catastrophe se produise pour agir, agir au lieu de profiter ?

       

       


    • plancherDesVaches 10 mai 2009 20:30

      Cauvin. Scientifique de Science SUPERIEURE....

      Je suis scientifique, de science inférieure. De la science qui, comme l’avait vu un de nos apôtres qui se nommait Einstein, a souffert le martyr lorsqu’il a vu que les US utilisaient ses travaux pour tuer des millions de gens.
      Si je présente ça sous forme de religion, ce n’est pas pour rien. C’est justement pour voir les choses telles quelles sont. de façon OBJECTIVE.

      Mais je fais parti des scientifiques qui veulent que la science serve autant aux richépuissant qu’au pauvre qui, humainement, vaut certainement beaucoup mieux.
      Manque de bol, les brevets, prix de publication, investissements dans les moyens qui nous sont utiles ET nous mettent à la merci et AUX PIEDS des financiers vautours qui nous tuent chaque jour.
      Les machines n’étaient plus assez rentables : ils ont pris les humains pour les exploiter au maximum.

      Et de mon plancher des octets, je peux vous dire que les seigneurs auront effectivement les images.... mais QUE les images.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 9 mai 2009 17:56

      « Les rues font partie, juridiquement, du domaine public, ou, pour employer le vocabulaire policier, de la voie publique » Mais, dites moi, s’il vous plait, il faut payer un abonnement pour voir ces images ? Orange paye à Gogol et répercute l"abonnement sur les internautes qui se connectent, n’est ce pas... ?


      • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 16:55

        Bonjour Lisa, de la Colline,

        Oui, vous avez sans doute raison, et le résultat de ce beau montage est que nous payons

        pour avoir accès à nos rues, ce qui est aberrant.

        Bien joué TaGueuleGoo ! Bravo !

         


      • Mmarvinbear mmarvin 9 mai 2009 18:56

        Juste une question.

        Les photos de google street view sont elles protégées par Copyright ?


        • HELIOS HELIOS 9 mai 2009 21:43

          Par principe ce qui est public est public.

          Si certains pense que Google s’approprie les images de nos rues, ils n’ont qu’a faire la même chose, la concurrence est libre et non faussée...

          On attends toujours les images de Google Earth sur un autre site, comme celles de la mer ou des etoiles.




          • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 17:08

            Bonjour Helios-La-Grenouille,

            c’est vrai que tout le monde peut le faire, en théorie du moins. Mais j’accepte de placer le débat sur un terrain théorique.

            Cela ne signifie pas que le projet soit à l’abri de la critique. Tout le monde peut aussi brûler les feux rouges, faire du bruit à 4h du matin, jeter des ordures dans la rivière....
            Ce qui est faisable n’est pas nécessairement légal ou légitime. Nous devrions cesser de nous faire dicter notre conduite et notre pensée par les caractéristiques de la matière numérique,

            nous devrions réfléchir au lieu de suivre, de respecter et d’adhérer aux capacités techniques des Maîtres du nouveau monde.

            Ce n’est pas parceque cela existe, que c’est impressionnant, et même stupéfiant,
            qu’il faut hocher la tête, et cliquer, bêtement.

            Un jour, il faut se dire que non, l’intérêt général doit prévaloir.

            Cette Vue de la Rue est un abus de pouvoir de la part d’un Seigneur des Nouvelles Terres Numériques.

            Pour ceux que cela intéresse, j’ai écris un livre sur ces questions : l’URL est en bas de mon article.

             


          • Jérôme 10 mai 2009 00:50


            La rue appartient à tout le monde, donc autant à Google qu’à nous. Ils encombrent à peine la rue comme pourrait le faire un café sur terrasse ou une scène de film tournée sur la voie publique.

            On a le geoportail. On donne des sous à l’IGN pour faire IGN Street View ?


            • Deneb Deneb 10 mai 2009 09:09

              Google, bien qu’étant une boite commerciale, profite de sa notoriété pour nous proposer des services gratuits : moteur de recherche, Google Earth, intégrateur d’actualités etc. Ils sont assez doués pour nous rendre tout ça en interfaces simples et conviviales. Bien qu’ils se soient ecrasés devant le dictature chinoise, ils n’ont pas completement perdu mon estime. Street view est un magnifique outil, je m’en sers tous les jours dans mon travail, et il m’arrive de « voyager » par pur plaisir, aussi. Bravo Google !

              Il y a d’autres trésors sur Google Earth : panoramio permet à chacun de déposer une photo - ça nous fait de millions de cartes postales de chaque coin du globe. Les bâtiments les plus emblematiques sont modélisés et texturés. On peut profiter d’un simulateur de vol intégré pour apprendre à piloter, ou de prévisualiser un itineraire si l’on est pilote. On peut aussi visiter la Lune, Mars et obsérver les etoiles comme avec un puissant teléscope. Tout ça gratuitement.

              Je souhaiterai que Street view nous offre la totalité des rues de la Terre. Je suis fermement persuadé que ce serait un magnifique coup de fouet à la croissance mondiale. Ce serait un lubrifiant très efficace pour nos rouages economiques rouillés

              Google a reussi parce qu’il s’est inspiré de la philosophie Open Source et l’a traduit en business model. Malheureusement nos politiques sont à des années lumières de comprendre ça. Nous sommes gouvernés par des psycho-rigides. Non, madame la ministre, Google n’est pas un pare-feu.


              • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 17:20

                Bonjour Deneb,
                et merci pour votre bonne tête sympathique qui met un peu d’humanité dans cette enfilade de mots éclairés à l’écran, mais froids.
                Oui c’est vrai, c’est sympa ce truc, et puis comme vous dites c’est gratuit.
                Mais sur des questions aussi fondamentales pour notre avenir, je vous suggère
                de dépasser le côté « pratique » ou « financier » des choses.
                D’abord la gratuité est une douce illusion, comme cela a été justement relevé par une contributrice ci-dessus.
                Et puis le côté sympa : il y a plein de chose sympa, comme par exemple mettre toutes les rues en image, puis revendiquer un copyright sur les paysages urbains ainsi répliqués,
                et au final mettre un péage à l’entrée.

                Pas mal non ?

                Il faudrait se sortir de la condition de navigateur solitaire, bien cool devant l’écran,
                et se mettre à définir votre condition, notre condition, car bien evidemment je ne suis aucunement différent de vous.

                Dernier point : merci pour votre complément d’info à propos des fonctionnalités de ce
                service. Là, j’ai loupé quelque chose... au sens où j’aurais pu charger mon article !


              • Deneb Deneb 10 mai 2009 19:36

                Google est en effet gratuit, mais pas libre. Comment paye-t-on Google ? En se livrant à lui. Pour lire des nouvelles je vais sur leur intégrateur d’actualités. Comme c’est complet et commode j’y vais plusieurs fois par jour, depuis des années. Google connait donc mes gouts et intérets en matière d’actualité. C’est en fait un enorme instrument à sonder des millions d’individus. En echange, il me propose l’information personnalisé. Je m’en foot du sport, il m’en propose donc pas. Je m’interesse à l’astronomie, il me donne les dérnières actualités des etoiles. Mais il sait que je m’interesse à l’astronomie. Pour ma part, je accepte le deal. Je trouve que ça vaille le coup de se dévoiler pour recevoir plus et mieux.


              • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 20:41

                La discussion dévie un peu sur Google en général, mais bon, je salue votre lucidité.

                Car vous savez caractériser le deal dont vous êtes l’objet, ce que vous vendez, à savoir vous-même.

                Mais êtes-vous sûrs de bien connaître les termes de l’échange, pour aujourd’hui, et
                pour demain ?

                Imaginez que vous alliez sur une planète, Monsieur l’Astronome, vous ne voudriez pas l’explorer complètement avant de vous installer, avant d’y laisser toutes vos empreintes, c’est à dire une partie de vous même ?

                Je ne parle pas d’observer, de loin, depuis la Terre, je parle de séjours prolongés sur la planète Google 1, ou plutôt Google Earth.

                Vous ne voudriez pas savoir exactement où vous mettez les pieds ? Avant de profiter de ses bienfaits ?

                Cela ne vous fait rien de savoir que cette planète est la propriété d’une grande compagnie commerciale ?

                Qu’allez-vous devenir ?

                Comment ferez-vous pour rentrer sur Terre, si l’envie vous en prend ?

                Quelle est

                [...]

                Je sais, j’ai l’air de délirer


              • Deneb Deneb 10 mai 2009 21:21

                La propriété est un leurre. Celui qui possède est en fait possédé.

                Un jour, Churchill à dit que le capitalisme était un système affreux. Mais, a-t-il ajouté, il n’en existe malheureusement pas de meilleur à ce jour.

                Google, c’est l’esclavage, la possession, le dévoilement de vos preférences à de sinistres vendeurs de lessive. C’est affreux, mais je ne vois pour le moment rien de mieux. Au contraire, à sa concurence commerciale je vois des défauts encore pires.

                Il faut bien sûr polariser les enthousiasmes sur les projets Open Source, non lucratifs. Vive les wikis ! Mais en attendant, google fera l’affaire. A défaut de mieux.


              • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 21:42


                Oui je comprends tout cela (j’observe que votre critique de Google s’accentue à chacune de vos interventions... relisez depuis le début, vous verrez !).

                Mais je reviens à mon propos initial : au-delà de votre intérêt individuel, pas moyen
                de s’intéresser à un intérêt collectif ?

                Possession de soi, mise à mal au niveau individuel.

                Et le collectif ? J’ai l’impression de si nous ne sommes que l’addition de nos volontés individuelles, alors nous n’irons pas bien loin.

                Nous continuerons de tourner, tourner, « toorner » comme des hamsters, dans la petite roue, dans la petite cage.

                Et la politique alors ?


              • Deneb Deneb 10 mai 2009 22:21

                Personellement je prefère être un esclave savant qu’un libre ignorant. N’est-ce pas la conaissance qui libère ?

                Quand à la politique, elle a une bonne quinzaine d’années de retard sur la réalité. Elle sera bientôt obsolete.

                Dans l’immatériel, la propriété n’a aucun sens. Nos politiques font de la peine à essayer de légiférer l’inlégiférable.

                Nationaliser Google... elle est bien bonne !


              • Emmanuel Aguéra LeManu 27 mai 2009 21:05

                Deneb :1) Cauvin :0(
                balle au centre.


              • sylvie 10 mai 2009 12:25

                Ca fait belle lurette que nos rues ne nous appartiennent plus, et que nous avons pris l’habitude de les voir envahies par ces annexes de propriétés privées : les bagnoles. Quelques tentatives de reconquêtes territoriales avec Vélib, VeloV et cie, ces trucs gratuits financés par l’augmentation de la surface de pub (tiens ça ne vous rappelle rien ?). Au final c’est encore le piéton qui perd.

                Comme pour bien d’autres domaines (l’eau, les échanges économiques, ...) il manque des modes de gouvernance à l’échelle des enjeux, c’est-à-dire planétaires.

                ... quand au Géoportail, ce truc qui croit encore que Paris est le centre du monde, et le monde un hexagone, je ris.


                • Mmarvinbear mmarvin 10 mai 2009 18:46

                  Dis moi ma poule... T’es au courant quand même qu’avant la voiture, les rues étaient encombrées de calèches, de chariots à boeufs et même de chaises à porteurs ?

                  Les moyens indivuduels de locomotion ont toujours existé.

                  Alors évite d’idéaliser un passé que visiblement tu ne connais pas...


                • Gargamel Gargamel 10 mai 2009 12:36

                  Mais c’est dingue ça, quel mal ça vous fait ? Les rues sont à tout le monde, si google a envie de les prendre en photo c’est son droit, si ça vous gène n’y allez pas. Ils n’ont pas mis un copyright dessus que je sache ?
                  Le street view est marrant comme tout, je m’en suis servi un quart d’heure, essayé de m’orienter, c’était rigolo. C’est sa seule vocation.
                  Pourquoi à chaque nouvelle technologie sur le web, même la plus anodine, on a un ou plusieurs articles pour nous dire que attention, c’est inacceptable, on veut nous prendre notre liberté ?

                  C’est juste des photos de rues.


                  • Sébastien Sébastien 10 mai 2009 15:07

                    Le service Street View n’est rien d’autre qu’une mainmise, non pas sur notre vie privée, mais sur notre espace public, lequel est en principe inaliénable.

                    Google ne met la mainmise sur rien. Ils prennent juste des photos des rues. Ou est le rapport avec une appropriation du domaine public ?

                    Autant la memorisation de tous nos comportements sur le net a des fins publicitaires peut faire demarrer un debat, autant Street View ne devrait pas etre sujet a polemique. Que je sache les rues appartiennent a tout le monde et meme a Google.


                    • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 17:31

                      Bonjour Sébastien, le Haut-Parleur,

                      Permettez-moi de relever une contradiction dans votre propos :
                      « Que je sache les rues appartiennent a tout le monde et meme a Google. »

                      Non, cela n’est pas possible, soit cela appartient à tout le monde, c’est-à-dire
                      à personne en particulier, soit cela appartient à Google, il faut savoir ce que l’on veut.

                      Un bien public en peut pas devenir un bien privé, juste parce que quelq’un est capable de se l’approprier, et à mon avis cette règle absolue est encore valable d’un monde à l’autre, de notre plancher des vaches au plancher des octets.




                    • Mmarvinbear mmarvin 10 mai 2009 18:49

                      Soyons plus justes. Je pense que le commentaire faisait référence à la propriété publique de l’image.

                      Goggle prends des photos des rues.

                      Bon et alors ?

                      Tout le monde peut le faire.
                      Mais cela ne rend pas Google propriétaire pour autant. Tout le monde peut exploiter gratuitement ces images, tout comme tout un chacun peut exploiter gratuitement l’image d’une maison, même si elle n’est pas la sienne.

                      Par contre si c’est pour une pub ou tout autre activité commerciale, là oui on ne peut pas le faire.

                      Et comme Google Earth n’a rien de commercial...


                    • sylvie 10 mai 2009 20:09

                      Bien sûr que l’on peut faire du commerce avec le street mapping, et Google n’est pas le premier : MappyVisiocity du groupe PagesJaunes est en ligne depuis plusieurs années (OK mmarvin pas depuis le Moyen-age)


                    • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 20:53

                      Oui enfin, c’est vrai quoi merde

                      on peut faire du commerce avec tout en fait TOUT vous m’entendez !

                      La preuve y en a qui le font, alors vous voyez si y en a qui le font, alors c’est bien.

                      TOUT absolument TOUT.

                      Faut arrêter de réfléchir, faut suivre, suivre, suivre.

                      La puissance de l’argent est sans limite.


                    • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 19:12

                      Bonjour mmarvin, l’Ours-Bien-Doté,

                      Je souhaiterais commenter votre conclusion :
                      « Google Earth n’a rien de commercial... »

                      Non, désolé, Google, il faudrait quand même arriver à le comprendre, ce n’est pas
                      le secours populaire, Google, ce n’est pas l’Abbé Pierre ni les restos du coeur.

                      Dire d’un service de Google qu’il n’est pas commercial, franchement, ça ne tient pas
                      debout, indépendamment du point de savoir si le service en question est honnête, légal,
                      légitime et toutes ces questions complexes.
                      Là, les choses sont simples, Street View est un service 100% commercial.

                      La seule différence avec une boulangerie est que, comme souvent sur le Net,
                      la marchandise, c’est vous, moi, nous quoi. Nous sommes la baguette qui passe d’une main à l’autre. Donc nous ne payons pas, bien évidemment.... vous avez déjà vu une
                      baguette verser des pièces vous ? L’argent circule au-dessus de nos têtes.

                      Tout cela est 100% à vocation commerciale.

                      La gratuité que vous évoquez est un rideau de fumée qui cache les transactions commerciales, que vous ne voyez pas, mais cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas, au-dessus de votre tête.

                      Ensuite, le commerce, soyons clair, ce n’est pas le Mal, Bouuuuu. c’est même bien.

                      Personnellement j’adore faire du commerce.

                      Mais parfois, comme pour les rues, il y a des domaines qui ne devraient pas faire l’objet de ce type de commerce, des domaines par exemples « publics » qui sont en principe « hors commerce » car définitivement et absolument insusceptibles d’appropriation.

                      Voilà.




                      • Mmarvinbear mmarvin 11 mai 2009 13:29

                        Bien doté, bien doté... Je suis dans la norme, je n’irai pas m’en vanter au dela...

                        Mais bon Google earth n’est pas un service commercial. Le logiciel est disponible gratuitement et l’option Streetview est tout aussi gratuite. Si ce logiciel était payant alors oui, ce serait du commercial...

                        Il est vrai que Google earth a une version pro, vendue 400$, mais elle ajoute des information purement commerciale comme la localisation des terrains et des immeubles en vente. Ce qui n’est franchement pas d’un grand intéret pour les particuliers.


                      • Cauvin Cauvin 10 mai 2009 21:50
                        Tout est une question de mot...

                        Comme d’habitude tout est en réalité une question de mot. Il faut un mot pour qualifier les mondes numériques, il faut un substantif pour désigner « tout ce qui est numérique », il faut donner un nom au nouveau monde. Etherciel, ce sera l’Etherciel.

                        Bonsoir...

                        • Gargamel Gargamel 11 mai 2009 02:21

                          Vous pouvez poster plein de fois d’affilée Cauvin, n’empêche que vous êtes le seul à voir un problème là dedans. Le google street view est gratuit, il n’est pas le seul système en existence, tout le monde peut faire pareil et personne n’est obligé de s’en servir. Vous êtes incapable de citer un préjudice concret potentiel du système.
                          Inquiétez vous des vrais problèmes, il y en a assez.


                          • Patapom Patapom 11 mai 2009 13:12

                            Mais vous avez fumé quoi, Cauvin ?
                            Qu’est-ce qui vous fait si peur là-dedans ?
                            Ca fait des années qu’on modélise l’existant pour en faire des jeux vidéo, des publicités, des films...

                            Je n’ai rien à reprocher à Google, jusqu’à présent ils sont totalement désintéressés dans leur démarche et fournissent des outils à tout le monde pour qu’internet soit vraiment ce qu’il est censé être : une douce anarchie où la liberté d’expression est TOTALE.

                            Et vous, vous y voyez le grand méchant loup ?
                            Mais alors qu’est-ce que ça doit être quand on vous demande ce que vous pensez des compagnies pétrolières, agro-alimentaires, de la biotech, des politiques, des policiers, des chasseurs, des banquiers, des économistes et tous ces fumistes en général !

                            Franchement, je ne vois pas en quoi prendre un photo des bouts de trottoir vous empêcherait d’y marcher aussi sereinement qu’hier. Votre article ne me convainc pas, il ne fait que répéter 3 fois d’affilée la même phrase : « (...) il s’agit d’une appropriation privée du domaine public », or je n’ai vu nulle appropriation.
                            Ils ne sont propriétaires de rien à ce que je sache, on ne paye rien pour utiliser ce service, de la même manière qu’on ne paye rien pour rechercher une page avec leur moteur de recherche ou envoyer un mail avec gmail.

                            Et tant qu’à faire ce genre de « choses terribles » que sont les photographies de trottoirs, laissez-moi vous dire que je préfère largement que ça soit Google qui s’en charge plutôt que des Dassault, des Lagardère, des Bouygues ou je ne sais qui encore !

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