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Guillaume Pepy s’excuse devant Sarkozy sans ferrailler ! Et le train-train va reprendre pour les salariés...

Quel wagon pour Guillaume Pepy ?

A voir la surprise de David Pujadas, qui présentait hier le Journal Télévisé de 20 heures sur France 2, les excuses de Guillaum Pepy, président de la Société Nationale des Chemins de Fer, après les évènements du mardi 13 janvier (une grève à Saint-Lazare à la suite de l’agression d’un conducteur en gare de Maisons-Laffitte), n’allaient vraiment pas de soi. Quelle surprise !
En effet, né à Neuilly-sur-Seine trois ans après M.Nicolas Sarkozy, Guillaume Pepy n’avait absolument aucun intérêt à obéir à ce dernier, qui lui demandait de s’excuser auprès des passagers. Il aurait été tout à fait logique que Guillaume Pepy ne se laisse pas marcher sur les pieds par le chef de l’Etat et qu’il soutienne vaillamment les conducteurs de Saint-Lazare qui, eux, se sont prononcés massivement pour la grève. D’autant que, comme chacun sait, les rapports entre la direction nouvellement nommée par M. Nicolas Sarkozy (Guillaume Pepy n’est président de la SNCF que depuis le 27 février 2008) et les salariés sont excellents, pas le moins du monde tendus, et Guillaume Pepy est extrêmement populaire auprès des syndicats, surtout Sud-Rail...
De cette façon, alors qu’il n’y a pas l’ombre d’un conflit social entre les cheminots et la direction, pourquoi M. Guillaume Pepy a-t-il adressé ses excuses au chef de l’Etat qui, on le sait, est habitué à fustiger continuellement les mouvements de grève ?

La réponse, nous n’aurons pas l’honneur de la connaître.

Quel wagon pour David Pujadas ?

Cependant, une fois le journal de France 2 terminé et le rideau tiré, il y a fort à parier que le très sympathique David Pujadas et le très consciencieux Guillaume Pepy se sont serré la main en se félicitant mutuellement pour leur prestation devant des millions de téléspectateurs. Alors que le retournement de situation (le public s’attendait à une bravade de Guillaume Pepy et à un soutien aux grévistes) se produisait, on en oubliait presque d’écouter les propos du président de la SNCF, obnubilés que nous étions par le jeu des acteurs en présence.
En effet, David Pujadas ne se doutait-il pas, avant même d’interroger Guillaume Pepy, de la réponse que celui-ci allait donner ? En jouant l’étonné, et l’innocent, il continue le petit jeu qu’il a entamé depuis maintenant quelques semaines, et qui a connu son paroxysme dans le traitement de la suppression de la publicité sur France Télévisions. Alors que France 3 se mobilisait contre la réforme, il affichait un sourire complaisant et insistait sur son caractère historique sans jamais s’attarder sur les enjeux du texte, tenus secrets par le gouvernement.
Ce reportage faisait bien les affaires des deux larrons, qui ont pu prouver une nouvelle fois leur obédience au grand chef des médias et défenseur-du-droit-des-Français-à-arriver-à-l’heure-à-leur-travail.

Gare aux naïfs !

Il est certain que tout a été orchestré depuis le début. Et j’invite ceux qui ne s’en rendent pas compte à prendre le train en marche. Jadis, M. Nicolas Sarkozy se vantait de vivre dans un pays où la justice, la télévision, les services publics ne ployaient pas sous l’autorité d’un seul. Tout cela, on le sait, n’est que balivernes. Plus grave encore, M. Nicolas Sarkozy semble avoir la volonté de révéler et d’augmenter l’empire qu’il a sur les Français (télévision publique, SNCF, justice, éducation...). Sans réaction.
Quand il clarifie sa situation de chef omnipotent (il nommera désormais le président de France Télévisions ; il défie sans gêne les syndicats ; il dit haut et fort sa haine des grèves, etc), on le remercie pour sa franchise.
Si j’en arrive toujours à M. Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’il est TOUT, le centre où tout tend, le centre d’où tout vient, et la cible centrale des protestations à venir.
Si le peuple veut bien lui barrer la voie...



 

par Florentin Gastard (son site) jeudi 15 janvier 2009 - 21 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par fergus (xxx.xxx.xxx.79) 15 janvier 2009 16:05
    Fergus

    Guillaume Pépy a, de toute évidence, pris ses ordres auprès de celui qui l’a nommé pour jouer le pourrissement de cette grève commencée en décembre en refusant durant des semaines toute négociation sérieuse avec les grévistes.

    De même, c’est probablement sur ordre du même décideur, soudain effrayé par la tournure des évènements, qu’il a subitement changé son fusil d’épaule et cédé à presque toutes les revendications le soir du blocage. Je vous invite à cet égard à lire mon article de ce jour sur le même sujet : "Grèves dans les transports : gare à la manipulation !"

    Si girouette il y a eu, c’est bel et bien à l’Elysée qu’elle se trouve. Et Pépy doit être aujourd’hui bien marri d’avoir dû manger son chapeau.

  • Par anny paule (xxx.xxx.xxx.231) 15 janvier 2009 18:03

    Excellent article qui montre toute la manipulation qui se fait en sous-main... Le Sieur Pujadas pourrait bien, un beau jour, ne plus pouvoir exhiber son sourire ravi de "grand serviteur" lèche-bottes... Ce serait un juste retour des choses.
    Les deux dernières phrases sont presque une "chute" et prennent toute leur saveur, "barrer la voie" serait une excellente chose... mais ces temps-ci, c’est éminemment dangereux !

  • Par fergus (xxx.xxx.xxx.142) 16 janvier 2009 10:30
    Fergus

    Cette grève de 59 minutes qu’un autre blogueur a qualifié de "coup de vice" a été la réponse à un autre coup de vice, des pouvoirs publics celui-là, qui consiste désormais à décompter une journée entière de grève à un cheminot qui cesse le travail partiellement, par exemple durant une plage de conduite de trois heures le matin.

  • Par Gaston Broussac (xxx.xxx.xxx.88) 16 janvier 2009 10:50
    Gaston Broussac

    Vous écrivez : "Il est parfaitement normal que le PDG de la SNCF remette en cause un système de grève de 59 minutes qui fout un vrai boxon en toute impunité de leurs auteurs"
    Cette impunité à un nom : c’est le droit de grève
    Et elle a un prix pour ses auteurs : une perte (parfois considérable) de revenue
    Quant aux revendications, elles ne sont pas trop incompréhensibles : il y a un manque criant de personnel
    Je comprends parfaitement que les usagers soient mécontents des difficultés qu’ils rencontrent pour aller travailler (c’est parfois mon cas d’ailleurs) mais ils devraient l’être tout autant de voir le service publique se désagréger chaque année un peu plus.

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