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Identité nationale et République

Les valeurs républicaines et progressistes étant en principe connues de tous, essayons de comprendre et d’analyser ce que l’on entend par la « notion d’identité nationale »

La notion d’identité nationale

Une notion est une connaissance élémentaire, intuitive ou vague de quelque chose. Le terme s’emploie aussi comme synonyme de concept. L’idée d’un objet est l’image que l’esprit entrant en activité parvient à se forger de cet objet ; la notion est la connaissance de certains détails qui existent dans un objet ; la connaissance est la possession complète de toutes les notions auxquelles un objet peut donner lieu. La notion du bien et du mal. Intuitivement, on peut voir dans cette « connaissance élémentaire et superficielle » qu’est l’identité nationale, ou une notion nationaliste, ou ethnique, religieuse ou encore raciale.

Dans cette acception, il est clair qu’il y a totale incompatibilité avec nos valeurs républicaines et progressistes d’humanisme multiculturel et universel.

Mais, pour véritablement répondre à la question posée, il convient d’analyser dans son intégralité et en profondeur la notion « d’identité nationale » et d’approfondir la citation de Colette Beaune, professeur émérite d’histoire médiévale à Paris X : « La nation est une construction mentale séculaire. La nation peut être source de guerre si elle débouche sur le nationalisme. Ou, inversement, encourager les gens à se serrer les coudes dans les mauvais jours. »

On dit souvent que l’identité s’affiche quand elle a besoin de parler

En France ce fut, par exemple, Charlemagne qui, au passage, était empereur d’Occident et que l’on a toujours présenté comme Français, alors qu’il est aussi Allemand. Sa capitale Aachen a même été francisée en Aix-la-Chapelle pour être plus présentable.

Comment peut-on définir la nation ? N’est-elle pas une conséquence de l’identité ou des identités des peuples ? Quel est alors, le poids de la langue ? Pour Onésime Reclus, ardent promoteur de l’aventure coloniale française, « il n’y a plus de races, toutes les familles humaines s’étant entremêlées à l’infini depuis la fondation du monde. Mais il y a des milieux et il y a des langues. Un ensemble de conditions physiques : sols, climats, vents, pluies, soleil, mariage de la terre et de la mer ou divorce entre l’une et l’autre, a fait d’un confus brassage de "races" des peuples parfaitement distincts ». Dès qu’une langue a « coagulé » un peuple, tous les éléments « raciaux » de ce peuple se subordonnent à cette langue. C’est dans ce sens qu’on a dit : la langue fait le peuple (lingua gentem facit).

Les mythes fondateurs

Toute nation se construit par la perpétuation d’une histoire « épopée » qui repose bien souvent sur des mythes. Pour rendre compte des hésitations de toute nation qui veut écrire son histoire, écoutons à nouveau Colette Beaune : « la France n’est pas née en un jour ! Elle s’est bâtie au gré des conquêtes, des soubresauts dynastiques ».

Au IVe siècle, à la suite des invasions franques, des populations germaniques s’installent en Gaule. Elles forment des royaumes qui vont être réunis par Charlemagne, après son couronnement, en 800. C’est l’Empire carolingien qui englobe pratiquement toute la chrétienté latine. En 843, l’empire est divisé en trois, lors du traité de Verdun. Les fils de Louis le Pieux reçoivent chacun leur part : Charles le Chauve obtient la Francia occidentalis, à l’Ouest ; Lothaire, qui laissera son nom à la Lorraine, la Francia media ; et Louis le Germanique hérite de la Francia orientalis. Les rois commandaient des histoires officielles, élogieuses et dithyrambiques, que l’on appelait Les Grandes Chroniques de France. Les dynasties royales et le peuple étaient censés descendre de Francion, qui serait venu de Troie, via le Danube, puis le Rhin, avant d’arriver à Paris. Clovis aurait donc eu un ancêtre en Asie mineure !

Au Moyen Âge, il était plus glorieux de venir d’ailleurs...

A la Renaissance, on redécouvre qu’il y avait des peuples sur place quand sont arrivés les Francs : en l’occurrence, les Gaulois. Les Francs étaient bel et bien des immigrés venus il y a très longtemps pour fonder Paris, puis le royaume.

C’est seulement à partir de la IIIe République que l’on a commencé à célébrer la nation comme étant composée de Gaulois blonds et moustachus.

Bien qu’ils aient pour la plupart dépassé le cadre étroit de l’Etat nation, la même inquiétude quant à l’idée de nation étreint les Européens. Le débat est toujours d’actualité l’Europe - une nation des citoyens ou un patchwork des minorités ? -

Le 28 mai 2001, le Premier ministre, Lionel Jospin, tint un discours sur l’unification européenne, il déclarait : « jusqu’à présent, les efforts de l’Union s’étaient concentrés sur la création d’une union économique et monétaire. Mais il fallait, aujourd’hui, une perspective beaucoup plus vaste si l’on voulait éviter que l’Europe ne devienne qu’un simple marché entravé par les mécanismes de la mondialisation. L’Europe, nous disait Jospin, est plus qu’un marché, c’est un modèle de société qu’il importe de poursuivre ».

Que signifie alors modèle européen de société ?

Pour le philosophe Jurgen Habermas : un État fédéral sur un plan européen, composé d’États nations, serait quelque chose de radicalement neuf - même par rapport aux États-Unis qui sont une société multiculturelle d’immigrés. Le modèle européen de société est la nation républicaine des citoyens. La puissance économique d’une Europe unie est la condition nécessaire de son intégration en tant que nation des citoyens (Staatsbürgernation). Ce « plus » pourrait se manifester dans l’identité de l’Europe en tant que nation de citoyens. Celle-ci serait la poursuite du processus de la formation des États nations européens du XIXe siècle, mais aussi qualitativement quelque chose de nouveau. Mais lorsque l’on considère la formation des États nations européens, il apparaît qu’il n’existait pas non plus de peuple national français ou allemand avant qu’il n’y ait d’État nation.

La construction de l’identité nationale s’est faite en interaction avec celle des États nations. Ce n’est que par elle qu’a grandi la solidarité citoyenne qui garantit la cohésion des sociétés nationales. Cette « formation identitaire » réalisée par l’école, le service militaire, la rhétorique nationale, l’écriture de l’histoire nationale et les symboles nationaux s’effectua pour l’essentiel après la constitution politique et territoriale des États nationaux.

Habermas écrit : « si cela est exact, il n’y a pas de raison de penser que la formation d’un tel type de solidarité citoyenne doive s’arrêter aux frontières de l’État nation ». Il faudrait que naisse quelque chose comme un patriotisme constitutionnel (Verfassungspatriotimus) européen.

Nous venons de voir comment l’Europe des nations est en train de se construire, en faisant participer les citoyens qui ont droit au chapitre.

Une construction collective

Beaucoup d’Etats ont négligé la construction de l’Etat au profit de la construction d’une nation par une politique d’assimilation qui peut aller d’une assimilation clémente à forcée. Dans le cas de l’Europe, l’assimilation, bien que clémente, n’en est pas moins contraignante, car l’octroi de la nationalité exige des populations maghrébines, africaines ou asiatiques de s’adapter à des cultures dominantes qui s’avèrent, tout compte fait, profondément enracinées dans la tradition judéo-chrétienne et si différentes des leurs.

Alors que l’identité culturelle d’un pays est une construction collective dont l’évolution se fonde sur l’intégration et l’interaction d’éléments et non par leur exclusion, les Etats sont intervenus dans ce processus par le biais du politique en déterminant l’identité nationale, la figeant dans le temps et enfermant les individus dans un schéma unique, contribuant ainsi à creuser le piège de la dilution de l’identité individuelle dans l’identité collective.

L’identité d’un peuple, comme le souligne Edward Saïd, pour toute l’identité humaine, n’est ni naturelle ni stable, mais résulte d’une construction intellectuelle, reposant sur l’élaboration d’oppositions et de différences entre « nous » et les autres, chaque époque et chaque société recréant ses propres autres. Et si les colonisateurs ont élaboré un système discursif pour maintenir leur hégémonie sur l’autre, l’identité du plus faible pourrait aussi se déterminer implicitement par rapport au colonisateur ou en contre, dans un jeu de représentations en miroir et où le discours sur l’autre fait partie intégrante de sa propre culture matérielle.

De plus, on s’accorde à penser que l’identité d’un homme et d’une société se fonde sur une conscience historique.

La conscience d’une histoire commune peut permettre d’imaginer un avenir commun. Comme l’avait déjà souligné E. Renan : « la volonté de vivre ensemble nécessite une certaine capacité d’oubli, question qui n’est pas sans rapport avec celle de la repentance ».

La construction identitaire se nourrit de ces trois éléments que sont : le temps, la raison et l’espace, avec pour valeurs de référence : l’universel et le particulier.

La « malvie » actuelle, l’errance identitaire, voire existentielle, sont dues pour une grande partie à ce manque de reconnaissance du particulier dans l’universel, au déni des attributs de la dignité humaine qui, elle, est universelle ou, en tout cas, doit l’être. Chaque période de l’Histoire a inventé, afin de le gérer, un passé virtuel et imaginaire servant parfois les intérêts de la classe au pouvoir. Il n’y a pas de raison pour que ce processus ne perdure pas...

La fragmentation identitaire est tellement importante qu’il suffit d’interroger les jeunes, d’où ils viennent, chacun s’identifie à son quartier, sa ville, sa région : je suis de la Courneuve, je suis des Minguettes, je suis de l’Est, de l’Ouest.

Nous ne pouvons aujourd’hui que déplorer le délitement d’un certain patriotisme français, par manque d’éducation des valeurs constitutives de notre héritage culturel et historique.

La même errance poursuit, par exemple, ceux qui se prétendent Berbères et à qui on a enseigné qu’ils étaient Arabes.

L’un des chantiers les plus nobles et prioritaires est celui de la reconstruction de l’école en acceptant un vrai débat pour enfin savoir quels sont les enjeux à considérer.

Il nous faut, sans plus tarder, refaire le brassage et le service national civique comme les cours d’éducation civique constituent, à n’en point douter, une autre école de citoyenneté. Une société apaisée pourra alors se protéger culturellement, pourra aller vers le progrès avec l’assentiment de tous ses enfants sans exclusion aucune. A cette jeunesse qui a perdu ses illusions, redonnons l’espoir.

Alors, oui, si « la notion d’identité nationale » à laquelle on se réfère est celle de l’universalité respectant le particulier, celle d’une construction autour d’un mythe fondateur qui remettrait au cœur de ses valeurs « la dignité humaine », celle d’un humanisme universel respectant des particularismes que l’on appellerait nation, alors oui cette notion-là est totalement compatible avec nos valeurs républicaines et progressistes.

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www.placedelagauche.org


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15 réactions à cet article    


  • JoëlP JoëlP 17 janvier 2008 10:31

    Un article qui pose bien le problème et montre que l’identité nationale est une belle construction articficielle. Sur la question de quelle est mon identité j’ai déjà de la peine à donner une réponse claire...

    A propos du service civil, je pense que Chirac a raté un truc en abolissant le service militaire sans proposer de service civil. Peut-être faut-il creer un service civil européen ?


    • fahd_pdlg fahd_pdlg 17 janvier 2008 16:46

      Je pense aussi que Chirac a raté quelque chose, et effectivement je pense qu’un service civil est nécessaire. Si on pousse la logique au bout, oui pour se référer aux analyses d’Habermas et Jospin citées dans le texte, un service civil européen pourrait être une bonne chose.

       


    • non666 non666 17 janvier 2008 16:35

      si « la notion d’identité nationale » à laquelle on se réfère est celle de l’universalité respectant le particulier, celle d’une construction autour d’un mythe fondateur qui remettrait au cœur de ses valeurs « la dignité humaine », celle d’un humanisme universel respectant des particularismes que l’on appellerait nation, alors oui cette notion-là est totalement compatible avec nos valeurs républicaines et progressistes.

      Relisez vous, gauchistes.

      Vous etes en train d’ecrire, ni plus, ni moins que que la nation , c’est l’universel.

      Non seulement c’est une grave redifinition partisane, mais c’est surtout un mensonge pur et simple.

      Apres l’homme marxiste de Lenine , genereux et desintéréssé dans son travail ,

      apres l’homme national-socialiste d’Hitler qui est l’emanation de la supériorité du peuple elu auto-désigné allemand ( encore un !) , voivi venu le temps du nationalisme universel qui croit en l’humanité toute entière et ne fait que constater de petites variations locales...

      Les gaulois existent et c’est parce qu’ils ont été humilié sur leur sol, pendant des siècles ,meprisés par des envahiseurs auto-proclamée noblesse de france que nous les avons egorgé a la revolution , sans etats d’ames.

      Ce peuple devenu peuple français a evolué, s’est enrichis mais desormais , son existence , comme celle des autres peuples est une menace pour ceux qui ne voient dans le monde qu’un gigantesque marché uniformisable.

      Les solidarités locales, les acquis des uns et des autres, les propriétés d’Etat colectives sont des obstacles a ceux pour qui toute chose peut etre achetée pour peu qu’on y mette le prix.

      Les liberaux utilisent donc les gauchistes naifs comme "idiots utiles", pour vendre a leur place l’universalisme qui ne leur profitera qu’a eux...

       

      Nous avons remis sur pied Arcelor, investit dans l’aviation (Airbus) dans le nucleaire, mais il est hors de question qu’une nation garde ce type de bien comme propriété collective d’un peuple sans que les cupides n’y ait a redire.

      Continuez votre negationnisme, vos redifinition de vocabulaire, ce n’est pas finit apparement.

      Europe est devenu un "projet" au lieu d’un continent, nation devient synonyme d’humanité, Amerique est devenu le deuxieme nom des etats unis, l’Occident devient le club des vassaux des etats unis... a qui profite donc le crime sur notre vocabulaire ?

       

       


      • fahd_pdlg fahd_pdlg 17 janvier 2008 17:00

        Je pense que si vous allez rendre visite à notre site www.placedelagauche.org, vous verrez que notre think tank est très loin d’être une description léniniste ou hitlérienne de la condition humaine.

        Non la nation n’est pas l’universel. D’ailleurs je parle beaucoup d’identité nationale dans le texte, et un peu moins de nation. Relisez la citation de Colette Beaune "La nation est une construction mentale séculaire" ou encore celles d’Habermas ou Jospin...quid de votre universalisme ? Ce sont les individus qui font la nation, pas l’inverse. Par ailleurs, le texte déplore un certain manque de patriotisme français...loin de votre desciption universelle et d’un "gigantesque marché uniformisable" donc...

         


      • fouadraiden fouadraiden 17 janvier 2008 16:59

         

        auteur,

         

         bcp de balbala pour pas gd-chose alors que la France connaît ,elle ,un racisme anti arabe et anti nègre très ordinaire et dont il aurait été plus instructif de relater la progression plutôt que l’histoire du Bien tricolore.on ne combat pas des idées nocives par des pirères républicaines.c’est même au nom du Bien qu’on commet souvent le pire....

         sinon,que vien faire cette phrase ,"La même errance poursuit, par exemple, ceux qui se prétendent Berbères et à qui on a enseigné qu’ils étaient Arabes."

         

         vs confondez arabisés avec " Arabes" ,ce qui ,pour un Français, est s tt-à-fait ds l’ordre(colonial ??) des choses....

         

         votre compatriote


        • hurlevent 18 janvier 2008 17:18

          Rejeter sur la France l’arabisation des Berbères. Il fallait le faire !


        • Ajax Ajax 17 janvier 2008 21:06

          @fouadraiden

          Décidément, mademoiselle, on ne comprend toujours rien à vos interventions...


          • jeanclaude 18 janvier 2008 18:35

            Excellent article pour la partie historique. Mais je ne suis pas bien l’auteur dans sa seconde partie.

            Une des pierres d’achoppement de notre époque désenchantée est que humanisme universel et identité nationale ne vont plus ensemble d’emblée.

            De 1789 à presque nos jours nous étions convaincus de la valeur universelle de notre modèle républicain national. Nous n’avions pas l’exclusivité du modèle, mais, après l’aventure napoléonienne et déjà pendant le reflux que fut la restauration, nous exportions, avec quelques autres, notre civilisation dans nos colonies. Le nationalisme des grandes puissances, avec à la clé 3 guerres, a quelque peu entaché ce tableau idyllique, tout en maintenant le patriotisme (il était quand même mal en point vers 1939, malgré la construction de l’histoire de la résistance, après la victoire. Au moins dans l’esprit de sacrifice qu’il impliquait). Aujourd’hui nous nous désengageons ou nous illusionons sur certains points.

            Eléments à prendre en compte en vrac pour l’avenir, sans quantifier leur poids respectif :

            - immigration venant du sud, extra européenne donc ; avec un système de valeurs qui ne se dissout pas dans le nôtre, pour la majorité des secondes générations d’immigrés
            - en interne, dilution de notre culture française dans la culture marchandisée des USA, par exemple en musique et chanson populaires (rythmes et langue)
            - balbutiement de l’Europe, empétrée dans un déficit de démocratie ; et peu de nos compatriotes sont européens « spontanément »
            - disparition du catalyseur national, signalé (fin du service militaire) - ségrégation sociale et racismes, pointés par @fouadraiden), donc populations qui ne se fréquentent plus beaucoup
            - plus de concurrent extérieur de même type que le nôtre (traditionnellement la grande Bretagne et l’Allemagne), c’est à dire suffisament différent et suffisament « cousin »
            - évitement de la place de la question religieuse dans la société
            - l’ économique prédominedans tous les domaines de la vie civile (mais comment résister concrètement ?)

            Conclusion provisoire : pour le moment, je ne vois qu’une piste concrète positive, le service national civique. Mais à moins d’un miracle, il ne se fera pas (ou ce sera deu bidon), le pays n’a plus assez de nerf pour prendre un tel projet à bras le corps ( il demanderait des sous, de la bonne volonté de la part des accueillants, et un encadrement en partie bénévole).

            L’école devrait avoir son importance, mais là aussi j’ai le sentiment que l’école républicaine française n’est pas en ordre de marche pour un projet conséquent. Avec notre esprit frondeur, les cours d’éducation civique étaient déjà chahutés il y a 50 ans. J’aimerais bien qu’on me persuade du contraire.

            Autre pierre d’achoppement : les mythes fondateurs ne se créent qu’avec une pleine naïveté. Nous l’avons perdue. On ne peut les construire pas la seule volonté. Les américains, en ont encore un, ce qui leur donne leur énergie et leur fait faire en ce moment de grosses conneries.


            • jeanclaude 20 janvier 2008 14:53

              @ fouadraiden - merci de votre merci, et de votre indulgence, je suis si souvent distrait. Pour en revenir à notre « ami » @non666 dont le pseudo et l’image sont asexués, et si on met de côté tout aspect polémique, il personnifie la contradiction qui sous-tend en 2007 les idéaux fondamentaux de la république française, proclamés en 1789. (J’explicite mon intervention précédente).

              Il y a un hiatus entre cette déclaration, qui se voulait absolue, donc le vrai pour ce qui est de l’homme. Wikipedia le résume bien en introduction : « Elle a une portée universelle et orientée vers l’avenir. Les constituants déclarent quels sont les droits qui appartiennent à tout individu de par la nature même... C’est l’aboutissement de la philosophie des Lumières du XVIII° siècle tournée vers l’universalisme et l’abstraction ».

              Les constituants n’avaient bien sûr pas prévu les problèmes que poserait, deux siècles plus tard, l’immigration venant du continent africain et de l’asie.

              Il serait intéressant que non666 s’explique sur l’actualisation de la déclaration de 1789.

              On lui concèdera qu’il y a toujours un décalage entre un principe et son application, entre un idéal défini à un moment exceptionnel de l’histoire et la progression cahotique au jour le jour de cette histoire.

              Post-criptum - plus important que ce qui précède ....

              Je n’aborde pas directement la question de l’immigration, qui doit être maîtrisée. Mon désaccord avec non666, c’est que pour lui tous les immigrants venant du sud semblent être des envahisseurs. Il veut bien oublier qu’on les a cherchés, du temps de Pompidou, que le droit d’asile politique existe, qu’il y a des immigrants réguliers et des immigrants régularisés, donc français (et on tourne la page). pour tous ceux-là leur avenir au sein de la communauté nationale (plutôt qu’à côté ou en parallèle) est posé. Qu’il y aura d’autres immigrants réguliers venant de ces pays dans les années à venir.

              Et c’est là que nous revenons au sujet de cet article, dont @fahd-pdlg n’a écrit que la première partie. Elle pourrait s’intituler : comment intégrer ces nouveaux, dont la culture au sens d’Edgar Morin (voir article en cours sur AV) est pour partie très différente de la nötre sans que, je cite fahd-pdgl, sans « dilution de l’identité individuelle dans l’identité collective ».


            • fouadraiden fouadraiden 20 janvier 2008 18:30

              jean clause,

               

               à propos de la portée universaliste des principes universaux dont vs releviez l’écart avec la réalité historique ,je pense que c’est pour cette raison précise qu’il faut se garder de parler au nom de l’Humanité surtout qd celle-ci est majoritairement absente des Assemblées.

              essayons de parler d’universel en présence de Chinois, d’Indiens, d’Améridiens, d’Aborigènes,d’Arabes, d’Eskimos, d’Africians, de Métis,........ensuite on verra bien la tête que feront nos compatriotes venus d’Occident.

               les Français,comme tt l’Occident, n’ont jamais parlé que pour eux-memes.au fond, est-ce si honteux ?non à condition de ne pas mentir sur les intentions qui animent les invétérés de " l’Homme universel".

               

               


            • jeanclaude 27 janvier 2008 16:16

              @ non666 _ on peut estimer que l’assimilation est souhaitable. Malheureusement elle ne se décrète pas. Il y a seulement une marge de manoeuvre entre un minimum et un maximum.

              Depuis vingt ans, il n’y a pas eu de politique gouvernementale définie, puis appliquée en la matière. L’idéalisme universaliste de la gauche en est la première responsable (Chirac a bien avoué avancer sur des oeufs, car l’unité de la nation, il la sentait fragile), mais tous les politiques ont laissé filer et le citoyen de base s’en foutait.

              Le maximum que vous prônez a des limites. Je ne vois pas comment on peut imposer une religion à quelqun. Ni de changer en une génération complètement ses habitudes alimentaires ou l’image de l’homme et de la femme héritée des parents. Comme déjà suggéré sur AV par plus d’un(e), pourquoi déjà tolérer encore la polygamie ? Manuel Vals sur la radio FCulture vient de remarquer qu’en Catalogne, il faut apprendre le catalan et l’espagnol pour espérer la citoyenneté ; en même temps il y a une politique du logement active, pour que les derniers arrivés ne soient pas entassés dans des quartiers sordides. Au Luxembourg, tout résident peut suivre des cours de luxembourgeois gratuits, très conséquents. Il est vrai qu’ils ont les moyens.

              Les choses commencent à bouger, mais demain ne peut être comparé à hier. Qu’on parle d’assimilation ou d’intégration, le contexte n’est plus le même. Comme le disait le même EV, pourquoi ne pas accepter que les gens aient deux cultures. C’est effectivement la seule issue. Il faut être très exigeant sur le niveau de culture française à acquérir obligatoirement. En même temps accepter qu’il y ait des racines - traditions - cultivées.

              Pour cela il faudrait être courageux et prendre des risques. Handicap majeur, le français moyen ne veut pas - n’est plus capable de - prendre des risques. Autres handicaps : la rigidité de la conception française de l’identité nationale - son inconscience par rapport à la pression « du monde » - et très prosaïquement que les caisses de l’état ne se portent pas bien, qu’une proportion importante de la population n’adhèrant pas au libéralisme est sur la défensive sur nombre de points importants.

              Bref, je suis pessimiste. Il n’est pas sûr qu’on aille dans le mur rapidement, la situation peut continuer à se dégrader insidieusement.

              Si on est un peu optimiste, on peut entrevoir un vrai débat ( pas sous un racisme caché ou sous un idéalisme hors réalité), par exemple à partir du plan banlieue, ou du fait des mesures en préparation par B Hortefeux. On peut aussi espérer qu’une majorité intelligente se dégage au parti socialiste et que cette question soit débattue comme question centrale pour le pays et la doctrine du parti. Qu’ils aient comme soutien encore une partie des « petits blancs » (j’utilise cette expression au sens sociologique, ceux pour qui les immigrés sont des concurrents), les partisans d’une laïcité sacrée, au sujet de laquelle on ne peut pas vraiment discuter d’une adaptation, les sympathisants salariés de l’enseignement public actuellement crispés et donc accrochés à un modèle républicain français survalorisé, tout cela renforce la difficulté d’une vraie ouverture d’esprit et de propositions qui bousculent un peu les mentalités établies.

              Je crains cependant que l’action contestataire, ou protestative, ou l’équivalent laïc du caritatif, principalement le soutien contre l’expulsion des sans-papiers tienne lieu d’engagement suffisant et que la réflexion de fond soit évitée.


            • jeanclaude 27 janvier 2008 16:49

              @ fouadraiden - vous avez la capacité de regarder l’occident de l’intérieur et de l’extérieur. Si elle était mieux partagée, on y verrait mieux. Il y a un universel à dégager, c’est la seule issue pour l’avenir. L’occident l’a fait de manière inconsciente (depuis les grecs), les grandes religions monothéistes en portent aussi (malgré tout ce qu’on dit en ce moment, là aussi il y a l’idéal et l’application relative, voire la contreapplication). Il y a les organismes internationaux, que l’occident a créé, où il y a de la place à faire aux nouveaux venus. Bref il faut travailler le positif.

              C’est un défi pour la France, son capital culturel et humaniste historiquement indéniable (avec ses ombres et ses lumières). Je ne vois pas pour le moment que soit prise une direction où elle puisse passer d’un universalisme absolu à un universalisme relatif.

              Je prend parmi ceux que je connais, des intellectuels comme Cl Lévi-Strauss, Jacques Derrida, Edgar Morin, entre autres, avec cette capacité à nous regarder de l’extérieur. Mais autant le pays a été moutonnier dans le suivi de gens comme Sartre ou les intellectuels de gauche flirtant avec le marxisme, autant je ne vois que vacuité (ou vanité) floue, actuellement sur les grandes questions de société. On discute trop sur la seule économie. Sur des hommes politiques français ouverts spirituellement, qui après la guerre ont réussi à enclencher l’Europe, on entend des critiques excessives.

              Bref là aussi, tout laisse à penser que la France vit dans l’illusion, qu’elle est devenue une nation moyenne aussi du point de vue des idées et de la prospective, s’empétrant dans ses problèmes internes (difficulté à réformer l’état - difficulté à accueillir correctement ses immigrés). Quelqun qui ne se fait pas une idée juste d’elle-même n’est certainement pas à même de préparer lucidement ses lendemains.


            • non666 non666 20 janvier 2008 20:52

              "Pour répondre à la question posée par Jeanclaude, je ne pense pas que pour venir en France et s’y intégrer il faille se "dévetir et revétir l’habit du moule républicain". "

               

              Et bien si, justement, c’est d’ailleurs la difference entre la politique qui a été celle de la France pendant des années, celle de l’assimilation et qui fonctionnait et celle de "l’intégration" qui est un echec complet.

              Ceux qui veulent vivre dans un pays doivent adherer a sa culture, a son mode de vie , à sa religion dominante, ou alors il y a inevitablement co-existence qui devient dangeureuse quand le groupe qui arrive devient assez nombreux pour imposer ses normes, ses règles et sa propre religion.

              Car la demographie a ceci de particulier que la demographie finit toujours par imposer sa loi.

              Il ne peut y avoir notion de fraternité, de nation coherente qu’entre ceux qui ont globalement les memes normes. Sinon, ce n’est pas de l’integration, qui est en train d’echouer devant nous, c’est juste une periode de calme avant la tempete, avant la prochaine emeute ethnique , c’est ce que les historiens appelent apres coup "l’avant guerre".

              Car une fois le robinet ouvert de l’immigration (et Dieu sait s’il l’est et si le rapport Attali est le pretexte pour l’ouvrir encore plus) ce qui arrive ce n’est pas de futurs citoyens, ce sont des travailleurs recrutés moins cher pour faire baisser les couts en France, hiers pour les ouvriers, aujourd’hui pour les cadres.

              Leur solidarité a eux ne va pas a NOTRE nation, mais a la leur, tout betement.


              • fouadraiden fouadraiden 20 janvier 2008 23:58

                "Car la demographie a ceci de particulier que la demographie finit toujours par imposer sa loi."

                 

                 totalement con.le propre de l’Occident c’est de dominer alors même quil necesse de devenir minoritaire.l’Afrique du sud ....

                 

                ceci dit le nombre associé à la technolologie , comme la Chine, finira bien par vs poser un problème ds un futur proche.


              • Marcusgarvey 2 février 2008 22:38

                L’identité nationale, c’est comme le concept de race aryenne développé par les nazis mais en plus light, il est destiné à exciter l’electorat frontiste absorbé par la droite décomplexée de Sarkozy. Le Pen qui vend le Paquebot...la maison mère du FN c’est du jamais vu ! Sarkozy l’illusionniste comme le surnomme le borgne a réussit son coup !

                La loi sur les TEST ADN destinée exclusivement à précariser les familles d’immigrés africains élligibles au regroupement familial est la récompense suprême...un moment de jouissance extrême pour nombre de Français. Dans beaucoup de chomière cette loi a été fêté...le champagne a été sabré, quelques larmes ont été versée devant le portrait de pépé fervent serviteur du Maréchal.

                La France d’après, ce n’est rien de plus que la reproduction d’une France d’avant.....

                 

                Un militant du Parti Multiculturel français

                http://www.parti-multiculturel-francais.fr

                 

                 

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