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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Il est où, le citoyen ?

Il est où, le citoyen ?

Sous la pression des « marchés », l’Europe s’apprête à adopter un nouveau traité renforçant les règles d’équilibre des budgets nationaux, autrement dit la mise en place de politiques de rigueur. Les agences de notation, devenues le bras armé des marchés pour contraindre les états à plus de rigueur budgétaire maintiennent une pression quotidienne sur les politiques, d’autant plus effarés que se profilent des échéances électorales, en France et en Allemagne, notamment. Les dirigeants de ces deux pays mais aussi les opposants qui se situent dans une logique libérale font profil bas et nous annoncent quasiment chaque semaine une « réunion de la dernière chance » censée résoudre les problèmes structurels des états, c'est-à-dire l’endettement chronique, la faiblesse du secteur financier et l’absence de perspectives de croissance.

La perte de crédibilité des politiques en place

Les choses sont désormais bien établies : le politique ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre et la différence entre droite et gauche classique se résume à quelques « marqueurs » qui ne remettront pas en cause le régime sec auquel les citoyens seront soumis.

Alors, faut-il aller voter, continuer à croire que les choses peuvent encore changer, se choisir un nouveau Prince qui nous racontera de belles histoires pendant cinq ans pour nous dire au terme de son mandat qu’il n’a pas pu mettre en œuvre ses promesses de campagne à cause de la « crise » ? La question mérite d’être posée d’autant que sept pays européen on voté ou se sont dotés de gouvernements d’opposition suite à des élections ou à la démission des exécutifs en place (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Irlande, Grande Bretagne, Slovaquie). Ce que l’on remarque, c’est que ce sont les partis traditionnels d’opposition qui ont remporté la mise ou bien ce sont des gouvernements « d’union nationale » allant de la gauche à l’extrême droite qui ont été mis en place. Autant dire que la réponse citoyenne n’a pas été à la hauteur des enjeux.

Pour l’instant, donc, l’électeur se comporte comme le lapin pris dans les phares d’une automobile, c'est-à-dire qu’attiré par la lumière, il ne sait plus où aller et finira par se jeter sous les roues des marchés en croyant se sauver.

La vraie gouvernance n’est plus décidée démocratiquement et la pression sur le politique s’exerce avant tout de la part de nébuleuses, de think tank et d’organismes divers qui dictent désormais aux gouvernements les politiques à mener.

Après l’Etat, les collectivités locales ?

Soyons donc prêts dans les mois qui viennent à subir la rigueur, de gauche ou de droite, rigueur qui touchera tout le monde et un peu moins les plus aisés si la droite conserve le pouvoir et surtout pas les exilés fiscaux qui continueront à se dorer la pilule à nos frais . A nous donc les augmentations de taxes de toutes sortes (TIPP, TVA,) les privatisations des services publics qui restent encore debout contre vents et marées et la RGPP qui les prive des moyens nécessaires à l’exécution de leurs missions (éducation, justice, police, concurrence et consommation, etc…).

Prochaine étape, la RGPP dans les collectivités locales, choisie par les exécutifs qui adhèrent aux thèses libérales ou subies par les autres qui verront leurs dotations d’Etat fondre comme neige au soleil et seront bien obligés de réduire leurs dépenses de fonctionnement ou se résoudre à accepter les fusions de collectivités, ce qu’ils refusent obstinément (et bêtement, selon moi) jusqu’à présent.

C’est le souhait émis par l’O.F.C.E. (Organisation de Coopération et de Développement Economique) qui déclare que le regroupement des petites communes et la suppression de l’échelon départemental pourraient engendrer des économies d’échelle substantielles : toujours cette idée fixe d’économies budgétaires, mais rien comme d’habitude sur la qualité du service public et les attentes du citoyen.

Alors, le citoyen, il est où ? Mis sous tutelle par les politiques, méprisé, ignoré par ceux qui décident pour lui sans avoir reçu un quelconque mandat, il semble arrivé au bout de la réflexion, mais tétanisé, il hésite encore à employer des moyens expéditifs : jusqu’à quand ?


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16 réactions à cet article    


    • Michel DROUET Michel DROUET 15 décembre 2011 10:45

      Bonjour lloreen

      Il peut être là en effet, comme sur de nombreux autres sites ou blogs qui se développent.

      L’ennnui, c’est que cette révolte qui s’exprime ne trouve pas de relais fédérateurs au niveau d’instances représentatives des citoyens.

      Nous sommes encore dans la dénonciation et aucun mouvement (les indignés peut être ?) n’est capable de passer au stade des propositions construites auxquelles il y aurait une adhésion de masse.


      • Taverne Taverne 15 décembre 2011 14:33

        Dans la réforme en cours des collectivités locales, la suppression de l’échelon départemental n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui a le vent en poupe en revanche, c’est l’intercommunalité. Qui n’est pas très démocratique...


        • @ TAVERNE

          DU GRAND N’ IMPORTE QUOI VOS AMIS ET PATRONS ELUS ET NOTABLES NE VEULENT PAS SUPPRIMER LES COMMUNES NI LES COMMUNAUTES CES ROIS DU NEPOTISME
          TIENNENT TROP A LEURS PLACES...ET AUX FRAIS DE DePLACEMENT

          mieux un jeune maire « MARCHAND DE BIENS »qui se dit écologiste de droite...conseiller général...qui veut etre député ancien patron d’une gargotte..et d’un hotel borgne dédicace son livre samedi« UN MAIRE AUX FOURNEAUX » J AURAI DIT UN « UN MAIRE EN CUISINE ELECTORALE »

          ce type jeune loup aux dents longues pour se faire élire après avoir été viré d’une commune coté...pour,,,, ??? fait le grand écart entrePS CAVIAR BOBOS ET DROITE POPULAIRE...TOUT EST BON POUR ETRE ELU...VEREUX


        • Michel DROUET Michel DROUET 15 décembre 2011 15:26

          Le rapport Attali suggérait la disparition du Département et le Conseiller territorial prévu dans la réforme des collectivités de décembre 2010 n’était rien d’autre que le faux nez de la disparition programmée du Département.

          Ceci étant la perte actuelle d’influence des départements est déjà due à l’émergence de l’intercommunalité. En Ille et Vilaine par exemple, le Conseil Général a renoncé de facto à son rôle d’aménageur du territoire départemental, et se contente par le biais de « contrats de territoires » de verser des dotations sans vérifier l’opportunité de la demande

          Réformons donc cette intercommunalité en lui donnant une légitimité démocratique (je suis d’accord avec vous) et le Département ne servira plus a rien à terme et obligeons les intercommunalités à se doter d’une taille critique (quelle possibilité de développement pour une intercommunalité de moins de 5000 habitants ?). 


        • IL N’Y A PLUS DE CITOYENS HORS LES INDIGNés...LES FRANCAIS SONT DES COUARDS SURENDETTés

          hollande le mou1er...s’il s’allie avec les « centres » va aussi provoquer une guerre civiles les perspectives ne sont pas réjouissantes :
          -sarko repasse avec le droite populaire ET FN guerre civile
          -hollande passe de justesse avec les voix des « centres » guerre civile
          - le pen passe avec l’aide de la moitié de L’ UMP DROITE POPULAIRE...guerre civile

          si le hollandais mou...ne comprend pas qu’il doit ouvrir la porte a la vraie gauche et mettre :

          -montebourG ou melenchon 1er ministre ou grand ministere defense-interieur
          - sego dans un grand ministère santé.travail-éducation- famille
          -eva joly a la justice pour enqueter sur les elus corrompus...puis les envoyer au BAGNE DE CAYENNE...
          IL PASSERA DE JUSTESSE.........
          ET LA ON AURA DES REFORMES ....OUT LES 36600 COMMUNES...REMPLACEES PAR 3000 COMMUNAUTES
           6 MINISTRES..100 DEPUTES NATIONAUX ET CEE PAYES A 2 FOIS LE SMIVC PLUS DE SENAT
          PLUS DE CONSEILS GENERAUX PLACE AUX PREFETS DE L’ ETAT..NEUTRES (ni a gauche...ni au centre...ni a droite..)


          • Michel DROUET Michel DROUET 15 décembre 2011 15:34

            Guerre civile révolte, révolution ? Ce n’est pas la même chose

            Je persiste à faire le pari de l’intelligence et à envisager une révolution démocratique. Pour cela il faut sans doute sortir des clichés manichéens.


          • Ruut Ruut 15 décembre 2011 17:47

            Lorsque le vote du citoyen ne vaut plus rien, la démocratie est morte.
            C’est déjà le cas en France et en Europe.


            • Michel DROUET Michel DROUET 15 décembre 2011 18:03

              Oui, cela a été le cas pour le référendum de 2005 dont le résultat a été nié et « annulé » par le Parlement.

              On constate par ailleurs une désaffection des urnes par le citoyen, ce qui n’est jamais bon signe (60 % d’abstentions aux dernières élections cantonales : cela devrait ouvrir les yeux des politiques, non ?)


            • paul 15 décembre 2011 18:54

              Sur le constat du déficit démocratique en Europe, on ne peut qu’être d’accord .
              Il est certain que la recherche d’économie va concerner les collectivités de façon de plus en plus lourde , mais pas seulement pour cause de crise financière et de RGPP .

              Si certaines réformes sont souhaitables , notamment pour réduire l’empilement des structures administratives, il y a réforme et réforme, et on ne peut pas réduire l’opposition d’une majorité d’élus de tout bord à « une obstination bête » contre ces réformes : un point de vue qui risquerait d’être « bêtement » technocratique !

              Je résumerais l’arnaque de cette prétendue réforme ( par manque de temps ) avec les points suivants : une réforme bâclée qui finalement est repoussée à fin 2013, l’impact de la suppression de la taxe professionnelle non réellement compensée par l’État ( mais qui lui coute en réalité 7 milliards pour les cadeaux aux entreprises ) , des missions territoriales de plus en plus lourdes avec moins de personnel, un report grandissant des charges sur les impôts locaux, le tout avec des finances en faillite par des emprunts toxiques type Dexia , la banque que l’État a laissé plonger .


              • lloreen 15 décembre 2011 20:51

                michel drouet
                « 60%....politiques, non » ?

                Cela ne les empêche pas de dormir puisqu’ils savent très bien que le président dispose de l’arme dictatoriale par excellence : l’article 49-3 de la constitution et que les parlementaires auront le dernier mot, comme cela a été illustré avec brio lors du referendum de 2005 (pour ou contre l’adoption du traité de Lisbonne) !
                Nos « représentants » ont voté oui, alors que la majorité avait voté non, ceci prouvant à ceux qui ne l’ont pas encore compris que nous ne sommes pas en démocratie.
                Pour l’instant nous sommes en eurodictature, placés sous la tutelle de 24 commissaires(...apparatchick co optés,dignes du soviet suprême de l’ex URSS !), qui imposent leurs décisions à des parlementaires doublons (qui ne connaissent pas l’austérité...), qui n’ont rien à dire....
                Notre président est donc Herman van Rompuy, que ces 24 commissaires ont imposé à l’ensemble des citoyens de cette eurodictature.

                Cela prouve que nous devons élaborer une nouvelle constitution,, abroger cet article anti- démocratique ainsi que toutes les lois illégitimes imposées par ces tyrans illégitimes.

                Je suis d’accord avec vous.Pour l’instant nous n’avons pas encore d’adhésion de masse à un programme, mais ce n’est pas une raison pour penser que cela n’arrivera pas !

                Personnellement, je penche pour la solution suivante.
                Plus de parti et plus de représentants, qui n’ont jamais représenté qu’eux mêmes .
                Nous avons internet et donc le moyen par excellence pour s’informer, échanger, s’instruire et s’exprimer directement.

                Il est tout à fait possible de créer une alternative à la soupe électorale que les mêmes resservent à échéance ...

                Le chiffre astronomique des abstentionnistes (dont je suis) prouve bien que le système bipartite tel qu’il fonctionne chez nous est totalement anti démocratique, puisqu’il exclut d’office un pourcentage significatif de citoyens, qui refusent le choix tronqué qu’on nous impose sans discussion, c’est à dire un pis aller...

                A partir de 30% d’abstentions, les élections devraient être annulées et de nouveaux candidats devraient se présenter pour qu’un président ait un minimum de représentativité....

                Le meilleur système serait le suivant:nous devrions choisir un programme et non une personne.C’est ce programme qui serait soumis au referendum (seul vrai mode démocratique d’expression) jusqu’à ce que 80% l’aient voté.Suite à quoi des objectifs seraient fixés en fonction desquels les plus compétents seraient élus (referendum).
                S’ils ne donnent pas satisfaction, ils seraient remplacés.

                La politique n’est pas une chasse gardée réservée à des cliques en fonction de leurs intérêts particuliers, comme c’est le cas actuellement.

                Nous ne devons plus accepter de déléguer notre voix et militer pour gagner notre souveraineté, c’est à dire notre majorité citoyenne.


                • democradirect democradirect 15 décembre 2011 21:21

                  Pour commencer, il faut introduire une véritable démocratie au niveau national : toute modification de la Constitution ou transfert significatif de souveraineté devrait automatiquement être soumis au référendum (et la décision populaire devrait être respectée). Ça urge. Voir ici.


                  • lloreen 15 décembre 2011 23:06

                    democradirect
                    tout à fait d’accord avec vous.
                    Le système du referendum fonctionne parfaitement en Suisse et il est tout aussi bien applicable en France.
                    Les seuls qui réfutent cette ’idée étant ceux qui veulent être califes à la place du calife.
                    S’il y a bien une leçon à retenir pour 2012 c’est que nous n’avons pas besoin de califat ni de calife.


                    • lloreen 15 décembre 2011 23:18

                      democradirect
                      Le referendum fonctionne très bien en Suisse.Ceux qui réfutent le modèle sont ceux qui veulent devenir califes à la place du calife...
                      S’il y a bien une leçon à retenir pour 2012 c’est que nous n’avons besoin ni de califat ni de calife.

                      Les islandais ont choisi la même voie que les suisses et ont élaboré une nouvelle constitution par internet.
                      Les citoyens commencent à comprendre qu’il n’y a rien à attendre de « représentants » (très mal nommés...).
                      http://www.mediapart.fr/journal/international/080411/les-islandais-refusent-de-payer-les-pots-casses-des-banques

                      La panique des « représentants » des grecs à l’idée d’un referendum a prouvé -s’il le fallait encore...- comme ils tiennent le système d’une main de fer (« démocratie d’opérette »).
                      http://www.liberation.fr/economie/01012368975-le-referendum-grec-fait-tomber-les-bourses


                      • democradirect democradirect 18 décembre 2011 01:37

                        La plus modeste réforme qui permette d’ouvrir la porte vers une véritable démocratie est l’introduction d’un véritable droit d’initiative qui permette au peuple de modifier la Constitution (avec un pouvoir décisionnel, pas juste élaborer une Constitution qui n’entre pas en vigueur). Ensuite chaque courant démocrate pourra utiliser cet outil pour proposer des réformes visant à faire avancer la démocratie dans le sens qu’il préconise.

                        Comment faire ce premier pas ? Il faut faire feu de tous bois. Il faut notamment tenter de tirer le maximum des élections de 2012. Voir la lettre ouverte aux démocrates influents. Soutiendriez-vous cette lettre ouverte ?

                         


                        • Michel DROUET Michel DROUET 18 décembre 2011 09:00

                          @democradirect

                          On passe de la démocratie représentative à la démocratie directe, ce n’est pas pour me déplaire.

                          La limite, pour moi c’est que la conscience citoyenne a du mal à exister, broyée qu’elle a été par des décennies par le système libéral qui valorise l’individualisme au collectif.

                          Les politiques, quant à eux, qui n’ont pas intérêt à voir émerger ce droit d’initiative et on commence à entendre parler d’union nationale, trompe-couillon pour confisquer à nouveau le pouvoir qui consistera à distribuer les postes entre tous les partis politiques comme en Grèce ou en Italie.

                          Il faut tout faire pour éviter cette confiscation.

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