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Impropriétés intellectuelles

Le débat sur le projet de loi dit DADVSI a tourné court, avec une décision dans une veine très louis-philipparde du Conseil constitutionnel (Décision n° 2006-540 DC - 27 juillet 2006).

L’assimilation de la propriété intellectuelle au droit de propriété de l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est lourde de conséquence.

Le droit de propriété de l’article 17 de la DDH de 1789 visait, comme tous les droits reconnus par la Déclaration, à prévenir l’arbitraire du prince, de l’Etat, donc à permettre à une personne de résister en opposant son droit : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »

Dans la suite de la directive du 22 mai 2001 sur le droit d’auteur, la reconnaissance du droit de propriété appliqué aux œuvres de l’esprit et à leurs supports permet de déshabiller le créateur, là où siège, a priori, l’esprit et le fondement de la propriété littéraire, pour faire circuler l’esprit humain matérialisé : livres, CD, mais aussi, nous dit le Conseil constitutionnel, les mesures techniques de protection, elles-mêmes protégées par le droit des brevets ou le droit d’auteur ...

Entre 1936 et la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire s’est jouée en France une violente bataille entre les partisans des « travailleurs intellectuels », chers à Jean Zay, et ceux des éditeurs.

Jean Zay considérait que, dans la lignée des principes révolutionnaires, repris par les romantiques au XIXe siècle, la propriété d’un auteur lui était personnelle, « si je puis parler ainsi », comme l’énonçait Le Chapelier dans son « Rapport au nom du Comité de constitution, sur la pétition des auteurs dramatiques » (Séance du jeudi 13 janvier 1791) pour bien souligner que cette propriété ne portait pas tant sur un bien que sur des caractères propres à une personne, indissociables de celle-ci.

« La plus sacrée, la plus légitime, la plus inattaquable, et si je puis parler ainsi, la plus personnelle de toutes les propriétés, est l’ouvrage, fruit de la pensée d’un écrivain ; cependant c’est une propriété d’un genre tout différent des autres propriétés."

Au siècle des Lumières, la propriété littéraire, c’est le droit de ce qui est propre à une personne, l’auteur. La propriété de l’auteur, c’est l’appartenance intime d’une œuvre à son créateur.

En réaction à Jean Zay, l’éditeur Bernard Grasset, porté par ses juristes, monta au créneau pour fustiger le travailleur intellectuel et rétablir « une doctrine française du droit d’auteur » (Jean Rault, Jean Escarra, François Hepp, © Bernard Grasset, 1937) avec l’ancrage du contrat d’édition, c’est-à-dire du contrat de cession de droits d’exploitation sur l’œuvre.

La propriété littéraire perdait son ancrage dans l’auteur, elle perdait son sens philosophique et politique originaire de « propreté » littéraire pour poursuivre la dérive qui culmine aujourd’hui vers une propriété mobilière un peu monstrueuse.

C’est finalement la tendance du très fasciste - et condamné comme tel - Bernard Grasset qui l’emporta avec la loi du 11 mars 1957 (en vigueur) portée sur les fonds baptismaux par ses juristes anti « travailleurs intellectuels », à la tête desquels Jean Escarra, président de la commission du même nom, constituée en août 1944 et qui donnera lieu au projet de loi déposé au Parlement en juin 1954.

Il s’agit donc aujourd’hui de protéger les investissements des éditeurs et des producteurs en leur garantissant un droit de propriété sur les œuvres de l’esprit ou sur les supports.

Pourquoi pas. Sauf que cette analyse de la « propriété » littéraire est fondée sur une mystification de la propriété personnelle des auteurs.

Sauf, encore, que la propriété littéraire trouve son fondement dans l’intérêt général lié à l’accès du public à une création et à un patrimoine florissant. C’est parce que, depuis l’Antiquité, l’Etat reconnaît cet intérêt général, que l’on protège les auteurs, comme des facteurs de création, et par dérogation au droit commun du commerce et de l’industrie.

La patrimonialisation de la propriété littéraire induite par la jurisprudence du Conseil constitutionnel et par le libéralisme rapide du Parlement européen et du Conseil heurte de plein fouet l’exception culturelle, puisqu’elle vise à protéger les investissements dans l’œuvre de l’esprit plutôt que celle-ci directement.

Certes, les investissements dans l’œuvre de l’esprit doivent être protégés, selon le droit commun de la concurrence d’abord, ou selon le droit spécial de la propriété littéraire, mais en tant qu’ils sont au service de l’esprit et du public.

Les auteurs ne se retrouvent pas dans ce libéralisme très primitif et revendiquent assez fortement un divorce partiel avec les éditeurs. Il s’agirait d’imaginer des droits d’exploitation directement aux auteurs, pour les rémunérer, indépendamment du contrat d’édition (une association forcée) avec l’éditeur.

Pour une illustration Cf http://droitfixe.free.fr/

Le débat sur les OGM est de la même eau. Dépôt de brevet (droits intellectuels) sur des biens qui, dans une large mesure, impliquent l’intérêt général.

Guizot est de retour, les poires de Daumier avec.

Vivement la (IIIe) République.

Antoine Gitton

http://www.gitton.net/


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39 réactions à cet article    


  • Antoine Gitton 25 août 2006 12:07

    Bonjour Demian,

    merci pour votre soutien. On pourrait au moins me reprocher d’être passé directement à la 3ème république sans passer par la 2ème. Je corrige, la chose publique m’a emporté.


  • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 12:37

    Il est normal que « les auteurs » (mais en réalité ceux qui en défendent la ou les corporations), défendent une conception artisanale de la production d’oeuvres de l’esprit.

    C’est ce qui explique notamment la défaite de la production culturelle européenne au cours du 20ème siècle, au profit de la culture américaine.

    La Démocratie Américaine, notamment, a en effet, dès le départ, entériné que la modernité consistait à accepter la prééminence de la production industrielle et de ses règles : investissement, division des tâches, retour sur investissement.

    Pour l’Europe en particulier, ou la pensée politique « anti-capitaliste » (en réalité anti-démocratique) a dominé la première moitié du 20ème siècle, il s’en est suivit une défaite politique, économique et culturelle quasiment sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité.


    • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 12:40

      Correction : Il fallait lire : « ...la modernité consiste à accepter la prééminence de la production industrielle et de ses règles : investissement, division des tâches, production, distribution, retour sur investissement. »


    • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 12:42

      Tant qu’à faire, pour paraphraser la conclusion de l’article, j’ajoute :

      Vivement la Démocratie


    • Zenest (---.---.4.6) 25 août 2006 13:50

      L’auteur nous explique que la logique industrielle qui prévaut en ce moment dans la production des oeuvres de l’esprit va, quelque part, à l’encontre de la notion de propriété inscrite dans les droits de l’Homme.

      Vous seriez donc pour la démocratie, mais uniquement si elle vous dépouille de vos droits fondamentaux ?


    • Antoine Gitton 25 août 2006 16:47

      Défaite de la production culturelle en Europe au cours du 20ème siècle, dites vous ? Hollywood vous cache la forêt. Il ne s’agit pas non plus de production artisanale et autres ateliers de poteries mais d’une réconciliation création / production / public dont le cinéma français n’est pas un mauvais exemple. C’est d’ailleurs Jean Zay qui est à l’origine du festival de Cannes, dont la première session prévue en 1939 a été annulée pour les causes que l’on sait. La démocratie est certes le pire des systèmes à l’exception de tous les autres, et pour autant qu’elle serve l’intérêt public. Le totalitarisme n’exclut aucun mode de dévolution du pouvoir.


    • cqfd (---.---.94.25) 25 août 2006 13:06

      j’aime beaucoups les arguments du tout gratuit... qui on jamais rien produit de leur vie...

      Et que leur respect de la propriete intellectuelle se resume a ne pas ouvrir leur porte monaie..

      Allez camarade demain je veux les supermarches gratuit dans l’interet collectif enfin surtout du mien..

      C’est clair qu’avec des visions aussi cul cul la praline on va droit dans le mur... je vous invite de monter le partie politique : candide....

      Candide parceque que vous le vallez bien....


      • Zenest (---.---.4.9) 25 août 2006 13:46

        Je crois surtout que vous n’avez pas lu l’article.
        Ou bien vous n’y avez rien compris.

        Bien à vous,
        Zenest


      • Antoine Gitton 25 août 2006 17:11

        S’il vous plaît, lisez. Ou faites vous lire. Il n’est pas question de gratuité.


      • idoine (---.---.189.236) 25 août 2006 15:09

        Ce qui me gêne le plus avec toute cette publicité autour des droits intellectuels, c’est que l’on finit par se dire : tout cela est très compliqué, et quand je lis ... j’aimerais bien bien ne pas avoir à me soucier du préambule juridique avant d’entamer ma délectation.

        Enfin, à l’heure actuelle je me tourne vers les portails du type Jamendo : au moins n’ai-je pas trop de question à me poser pendant tous ces interminables débats.

        SVP et par pitié, dans l’avenir faire simple, sinon tout le monde sera perdant ...


        • Antoine Gitton 25 août 2006 17:19

          Votre fatigue est malsaine. Faites du sport.


        • idoine (---.---.189.236) 25 août 2006 19:06

          Tentative de Trollerie ...

          Vous démontrez ce sur quoi je mets l’accent : fatiguez le consommateur et ... il tournera son regard ailleurs

          Au revoir, cher monsieur


        • gem (---.---.117.249) 25 août 2006 16:27

          Article qui contient du bon (le rappel à l’histoire, très juste et très sains ; on oublie trop l’histoire, en France, ça laisse la porte ouverte à tous les révisionismes)

          Et du très mauvais (rappel idéologique, completement faux). Pourquoi cette manie de vouloir à toute force mettre le « libéralisme » (« primitif » ou « rapide ») à toutes les sauces ? ce qui se passe sur terre (qui n’a, comme son nom l’indique, rien à faire dans ce débat !). On est en face d’une très bête histoire de création/défense d’une rente artificielle, par la loi : rien de plus anti-libéral !

          Le fondement de la propriété littéraire, ce n’est nullement l’intérêt général (ça, c’est la justification pour les gogos). Le vrai fondement c’est tout simplement l’intérêt PARTICULIER des auteurs, producteurs d’une matière plus facile à reproduire qu’à produire. Ceci dit sans nier qu’il est légitime de souhaiter vivre de son travail, même quand il est intellectuel, et qu’il est très difficile pour les auteurs de trouver une autre formule (difficile pour eux de se faire payer à l’avance par un public méfiant, et on peut comprendre que les formules par souscription ou de type « shareware »/« votre obole est bien venu si ça vous a plu » ont leurs limites...). Alors, on a adopté ce compromis batard, solution bien pratique, mais horreur théorique, criticable et même injustifiable.

          Bien entendu, toutes les activités qui vivent en symbiose avec la production (édition, promotion, diffusion, marketing, etc.) sont dans le même cas, avec la circonstance aggravante qu’aussi nécessaire soient-elles, elles apparaissent comme relevant du parasitisme (la frontière entre symbiose et parasitisme est toujours difficile à tracer...). Haro sur « Universal » !

          Puisque vous faite de l’histoire, il faut souligner que le droit de l’auteur n’est que la généralisation des privilèges royaux d’avant 1789. PRIVILEGEs au sens propre, abolis le 4 aout, rétablis et généralisés en faveur des auteurs (présents et influent au sein de l’Assemblée) peu après.


          • Antoine Gitton 25 août 2006 17:07

            C’est bien l’intérêt général qui fonde le droit d’auteur, dérogatoire au droit commun de la concurrence. Les privilèges sont nés un peu après l’imprimerie au 15ème siècle, concédé par le Prince, à un imprimeur, afin qu’il rentabilise son lourd investissement, en plomb notamment. L’imprimeur avait un intérêt économique à exploiter les ouvrages d’alors : les pères de l’Eglise et les classiques grecs et latins. Le Prince avait un intérêt politique à une certaine édification. Le premier privilège a sans doute été obtenu pour et à la demande de Johan de Spira, imprimeur à Venise, pour cinq ans, le 18 septembre 1469 Il décède quelques mois après l’obtention de son privilège, et son monopole meurt avec lui. Pour le reste de l’histoire, vous pouvez consulter, entre autres, l’excellent ouvrage de Bernard Edelman « Le Sacre de l’auteur ». Je vous préciserai les références si besoin ; ou mon cours publié sur le site www.gitton.net


          • gem (---.---.117.249) 25 août 2006 18:28

            Votre réponse m’apprend des choses, mais elle va plutôt dans mon sens : à moins de confondre l’intérêt (ou même le simple « bon plaisir » désintérréssé) du prince avec l’intérêt général (?), ou d’admettre qu’il est de l’intérêt général de contrôler a priori le contenu des livres diffusés (? ?), rien ne justifie le privilège donné à l’imprimeur. J’imagine qu’aucun autre citoyen n’aurait eu l’idée (ni les moyens !) de concurrencer le premier dans la place, mais que par contre tant le prince que l’imprimeur avaient intérêt à empecher la vente de marchandises d’imprimeurs « étrangers » (de Rome, ou, pire encore, de Pise, Gênes, etc.) ... Je ne vois que ce protectionnisme de bas-étage, doublé d’une volonté « contrôler les media », pour expliquer ce privilège.


          • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 17:38

            "Impropriétés intellectuelles par Antoine Gitton (IP:xxx.x23.196.234) le 25 août 2006 à 16H47 Défaite de la production culturelle en Europe au cours du 20ème siècle, dites vous ? Hollywood vous cache la forêt. Il ne s’agit pas non plus de production artisanale et autres ateliers de poteries mais d’une réconciliation création / production / public dont le cinéma français n’est pas un mauvais exemple. C’est d’ailleurs Jean Zay qui est à l’origine du festival de Cannes, dont la première session prévue en 1939 a été annulée pour les causes que l’on sait. ..."

            Oui, je dis bien défaite de la production culturelle en Europe. Et le fait que vous parliez immédiatement de cinéma en est le parfait exemple. Si vous parlez de réconciliation création/production/public, vous parlez à l’évidence du cinéma américain. En effet, si vous vouliez parler de cinéma français, la deuxième moitié du 20ème siècle est l’exemple parfait du DIVORCE création/production/public.

            Pourquoi ? Bien évidemment en raison de l’intervention des pouvoirs public (depuis 1939, il est impossible en France de produire un film sans l’intervention de l’Etat). Et l’intervention de l’Etat à toujours consisté à intervenir notamment en favorisant les règles corporatistes au détriment de la production et au profit de l’appareil bureaucrtique. Au point que la seule production indépendante de l’Etat en France est la production américaine.

            Pourquoi ? Est-il besoin de répondre ? Quand on sait que si le cinéma américain est capable de produire un « Farenheit 9/11 », on sait qu’il interdit au cinéma français.

            Que l’exemple de « réconciliation création / production / public » qui vous vient à l’esprit soit le Festival de Cannes est une illustration parfaite, si besoin était, de ce que j’écrivais dans mon post : le simple fait que pour quelqu’un comme vous, un film doit être fait pour un festival qui se substituerait donc au public et lui serait assimilé indique bien l’ampleur en Europe, je le répète, surtout pour un pays, la France, qui avait inventé le cinéma, d’une défaite politique, économique et culturelle quasiment sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité


            • Antoine Gitton 25 août 2006 18:19

              Vous ne restituez ce que je dis et pense : Je cite le festival de Cannes, né en 1939, pour illustrer mon propos sur le débat ZAY / GRASSET au cours des années 30 autour de deux conceptions la propriété intellectuelle et sur une façon de vouloir promouvoir la production française et le développement du public. Votre fascination pour le modèle américain que vous imaginez ne rend pas justice à la peinture française jusqu’à nos jours et qui plaît tant aux américains. Elle ne rend pas compte de la littérature française, allemande, italienne, espagnole, portugaise, russe (inclus dans l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, comme chacun sait)à la musique (Ravel, Fauré, Bartok, Rachmaninov, stravinsky, Poulenc ...) On peut certes aussi aligner des noms américains, souvent d’origine russe (Barber ...) Pour avoir vécu aux Etats-Unis, à Hollywood précisément, vous ne mesurez pas l’extrême influence actuelle des auteurs comme Renoir, Truffaut ... Il est donc erronné d’écrire « défaite de la production culturelle en Europe » L’atlantique n’est pas un mur, l’amérique ni un modèle ni l’enfer, ni surtout si différente de l’Europe. Le propos est bien de trouver l’équilibre création / public dans l’intérêt général et dans l’intérêt de ceux qui éditent et produisent.


            • minijack minijack 25 août 2006 17:44

              Rien à dire sur le fond. Analyse impeccable de l’auteur de l’article.

              Sans doute pas suffisamment explicite sur la distinction à faire entre la préservation souhaitable du Droit d’Auteur (véritable propriété intellectuelle du créateur) et la préservation (seule effective avec DADVSI) de l’intérêt des Editeurs/Producteurs qui n’est que la protection d’investissements industriels annexes à la création.

              Et contrairement à ce que dit Gem juste au-dessus (lequel n’a visiblement rien compris) DADVSI ne fait pas une rente aux « auteurs » en général, même si elle est présentée comme telle, mais uniquement à ceux d’entre eux qui sont prisonniers du système éditorial, et donc bel et bien en premier lieu aux producteurs/éditeurs eux-mêmes.

              Pour rester sur une comparaison historique, c’est le retour à un féodalisme où seuls quelques seigneurs auront le droit de chasse aux talents dans leurs domaines réservés.

              C’est à l’évidence le public lui-même qui en souffrira, par un appauvrissement du renouvellement de l’offre, quant aux auteurs eux-mêmes ils ne trouveront de sécurité qu’en « rendant hommage et en payant tribut » aux seigneurs de la Culture qui seuls auront le privilège de détenir les clés des cadenas.

              Compte tenu du quasi monopole régnant dans les medias, en effet, tout auteur souhaitant vivre de son travail sera désormais obligé d’en passer par les fourches caudines d’une « major » littéraire ou musicale, réduisant par là-même tous les autres auteurs (ceux qui ne souhaitent pas mettre de verrous à leurs oeuvres) à avoir recours à une forme de charité publique au travers de licences libres (CC et autres).

              .


              • gem (---.---.117.249) 25 août 2006 19:12

                Ouh là, si vous croyez que je défendais DADVSI vous êtes victime de vos préjugés. Je dis simplement qu’il est fort compréhensible que les auteurs quémandent et obtiennent un privilège du Prince. ET j’ajoute que ça vaut aussi pour ceux vivent en symbiose avec les auteurs (fussent-ils des « majors ») : les uns comme les autres vivent ensemble, dans le même système, ils nest pas étonnant qu’ils réclament le même genre de protection/privilèges. Cracher sur les uns en portant les autres aux nues, je trouve ça comique.

                Féodalité ? Comme vous avez raison ! Car les privilèges, le pire c’est presque de les obtenir, ça se paye d’une allégeance définitive à l’égard du prince (voyez par exemple où les privilèges des agriculteurs les ont menés en moins d’une génération : au blé à 10 centimes le kilo et à la haine publique). Le Duc d’Universal supporte ça très bien, les autres plus bas dans la hiérarchie féodale sans doute moins, mais sans doute assez pour demander son extention (comme le drogué de subvention, qui ne peut même plus vivre sans elles) !

                Création ? combien faudrait-il de vie pour simplement voir une fois les oeuvres classiques « indispensables » ? Ou pour voir ce qui se produit dans un seul jour, aujourd’hui, par exemple ? Si la création se réduit, se limite à la production de ceux qui font ça pour autre chose que l’argent que ça leur rapportera (éventuellement, s’ils ont du bol), je vois ça plutôt comme un progrès que comme un recul !


              • minijack minijack 25 août 2006 20:03

                C’est donc bien ce que je disais.. Vous n’avez pas compris (en tous cas pas comme moi) le sens de l’article dont nous parlons. Antoine Gitton le résume bien dans l’un des derniers paragraphes : « Les auteurs ne se retrouvent pas dans ce libéralisme très primitif et revendiquent assez fortement un divorce partiel avec les éditeurs. Il s’agirait d’imaginer des droits d’exploitation directement aux auteurs, pour les rémunérer, indépendamment du contrat d’édition (une association forcée) avec l’éditeur. »

                Moi je ne trouve pas ça comique du tout. C’est au contraire très grave, car on assiste là à la captation du génie humain au profit de quelques actionnaires d’industries médiatiques.

                Les créateurs ou auteurs sont des gens à part. L’argent n’est pas leur moteur, mais il leur est pourtant nécessaire comme à tout un chacun dans nos sociétés modernes. Or, à l’inverse de la plupart des autres travailleurs, producteurs de biens physiques en quantités définies, ceux que produisent ces créateurs intellectuels sont immatériels mais reproductibles à l’infini. C’est ce qui en fait à la fois la valeur et la complexité. Comment définir la valeur d’une chose immatérielle sinon en fonction du plaisir ou de l’intérêt qu’elle suscite auprès du public ? Encore faut-il la porter à la connaissance de ce public et lui mettre entre les mains. Ca suppose deux choses : un support (moyen physique et matériel) de diffusion/distribution de l’oeuvre (par nature immatérielle).

                Depuis la naissance de l’imprimerie, puis de l’industrie du disque, les deux choses étaient liées en effet, l’oeuvre elle-même et le support sur lequel elle était jusque là distribuée. (que ce soit papier pour les livres ou cire/vinyl/plastique pour les disques)

                Avec l’irruption du Net, le citoyen lambda a gagné une énorme capacité d’accès aux oeuvres et c’est tant mieux pour tout le monde. Pour tout le monde SAUF pour les gens qui croyaient « tenir » l’octroi : les moyens de diffusion/distribution.

                Le Net apporte une révolution sur le plan technique, MAIS PAS SUR LE PLAN CREATIF. Un auteur écrit aussi bien avec un stylo qu’avec un clavier d’ordinateur mais il n’en travaille pas moins à sa création. Tant qu’on n’aura pas inventé un cerveau électronique capable de réécrire la cinquième symphonie, l’auteur restera indispensable à l’humanité. Un cerveau d’intellectuel reste ce qu’il est, et son travail garde toute sa valeur. Après ça, la question de rentes ou de fortunes justifiées ou pas est secondaire. En l’état actuel des choses, c’est une conséquence regrettable du marché captif des majors/medias tenus par les mêmes actionnaires. C’est le public bien sûr qui a le droit de choisir et dire ses préférences. C’est le public qui fait (ou qui devrait faire) la célébrité d’un artiste auprès des medias. Pas le contraire !

                En conséquence, c’est juste la diffusion/distribution qui doit s’adapter aux nouvelles technologies et voir ses coûts baisser. En l’occurrence les éditeurs et producteurs. En aucun cas les créateurs eux-mêmes ne doivent être victimes du progrès technologique, ou bien ils feront autre chose ! Et au final, c’est le public, vous et moi, qui sera privé des nouveaux talents en émergence. L’activité de création intellectuelle est essentielle, VITALE même, pour une société quelle qu’elle soit. C’est son avenir qui en dépend. Mais il ne dépend pas de quelques galettes plastiques de plus ou de moins.

                Voilà tout le sens de ce « divorce » dont parle l’auteur de l’article.

                .


              • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 20:04

                Je vous cite : "Impropriétés intellectuelles par Antoine Gitton (IP:xxx.x23.76.162) le 25 août 2006 à 18H19 Vous ne restituez ce que je dis et pense : Je cite le festival de Cannes, né en 1939, pour illustrer mon propos sur le débat ZAY / GRASSET au cours des années 30 autour de deux conceptions la propriété intellectuelle et sur une façon de vouloir promouvoir la production française et le développement du public. Votre fascination pour le modèle américain que vous imaginez ne rend pas justice à la peinture française jusqu’à nos jours et qui plaît tant aux américains. Elle ne rend pas compte de la littérature française, allemande, italienne, espagnole, portugaise, russe (inclus dans l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, comme chacun sait)à la musique (Ravel, Fauré, Bartok, Rachmaninov, stravinsky, Poulenc ...) On peut certes aussi aligner des noms américains, souvent d’origine russe (Barber ...) Pour avoir vécu aux Etats-Unis, à Hollywood précisément, vous ne mesurez pas l’extrême influence actuelle des auteurs comme Renoir, Truffaut ... Il est donc erronné d’écrire « défaite de la production culturelle en Europe » L’atlantique n’est pas un mur, l’amérique ni un modèle ni l’enfer, ni surtout si différente de l’Europe. Le propos est bien de trouver l’équilibre création / public dans l’intérêt général et dans l’intérêt de ceux qui éditent et produisent." Fin de citation.

                C’est quand même cocasse de votre part, d’invoquer « la peinture française jusqu’à nos jours et qui plaît tant aux américains ». Evidemment vous voulez parler de la peinture moderne, de la fin du 19ème siècle à nos jours. Et vous n’avez pas réfléchi au fait que si les collections américaines sont si riches en impressionistes, c’est que les imprssionistes étaient rejetés par les institutions culturelles européennes et accueillies à bras ouverts par les américains. J’ai un doute. Est ce que d’après vous les artistes du Bauhaus ou Marcel Duchamp ont quitté les Etats-Unis pour se réfugier en Europe ou on fuit l’Europe pour se réfugier aux Etats-Unis ? Pourquoi croyez vous que « Guernica » est resté du début de la seconde guerre mondiale à la chûte de Franco accroché dans une salle du MoMa ? Parce que Picasso était un adepte du « libéralisme » ?

                Vous parlez de ma « fascination pour le modèle américain ». Vous voulez dire que quand Renoir s’est réfugié à Hollywood, c’était par fascination ? Et si on parlait plutôt de ma connaissance du modèle américain ?

                Vous assimilez tout et n’importe quoi. Vous assimilez le débat Zay/grasset au cinéma comme si le statut de l’auteur dans la littérature, pouvait être assimilé au statut de l’auteur du scénario au cinéma. Vous imaginez que j’imagine le modèle américain parce qu’il ne vous vient même pas à l’esprit que j’y travaille. Vous croyez que j’ignore le snobisme américain qui consiste à citer Renoir et Truffaut pour épater la galerie. Dans un même post, tout y passe : Festival de Cannes, Zey, Grasset, peinture, littérature, musique, Hollywood, Renoir, dans la confusion la plus totale. Confusion pas si innocente car elle est là pour nourrir la démagogie.

                Comme si les conditions de production d’une oeuvre de Starvinsky étaient les même que les condition de production d’un livre ou d’un film de Renoir.

                Non, il n’y a pas de mur de l’Atlantique, mais avez vous réfléchi, sur le fond, au sens dans lequel ce mur est majoritairement franchi par les créateurs, à quelles dates et pourquoi ? Et essayez de relier ça à votre discours sur le « Les auteurs ne se retrouvent pas dans ce libéralisme très primitif ».

                Serez vous seulement capable de reconnaître une grande différence entre « l’amérique » et l’europe ? Pour vous citer : « l’équilibre création / public dans l’intérêt général et dans l’intérêt de ceux qui éditent et produisent. » est passé, au cours du 20ème siècle, de l’Europe aux Etat-Unis. Serez vous capable de comprendre pourquoi ? Serez vous capable de comprendre les causes de ce que je persiste à qualifier de « défaite politique, économique et culturelle quasiment sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité ».

                Ou bien, plus probablement, vous vous contenterez de reproduire à l’infini, pour le plus grand malheur de la création en Europe, la pensée unique « anti-capitaliste », « anti-libérale » et en réalité anti-démocratique et uniquement favorable à l’intervention directe de l’appareil d’Etat pour le contrôle de la création et sa mise sous tutelle, au détriment de la production, et in fine, au détriments des auteurs.


                • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 20:22

                  "Impropriétés par minijack (IP:xxx.x32.84.56) le 25 août 2006 à 20H03 C’est donc bien ce que je disais.. Vous n’avez pas compris (en tous cas pas comme moi) le sens de l’article dont nous parlons. Antoine Gitton le résume bien dans l’un des derniers paragraphes : « Les auteurs ne se retrouvent pas dans ce libéralisme très primitif et revendiquent assez fortement un divorce partiel avec les éditeurs. Il s’agirait d’imaginer des droits d’exploitation directement aux auteurs, pour les rémunérer, indépendamment du contrat d’édition (une association forcée) avec l’éditeur. » Moi je ne trouve pas ça comique du tout. C’est au contraire très grave, car on assiste là à la captation du génie humain au profit de quelques actionnaires d’industries médiatiques." Fin d Citation.

                  Ce genre de baratin vide de sens, qui consisterai à faire croire qu’un auteur, américain par exemple, tiens, au hasard l’auteur de « Harry Potter », est une pauvre malheureuse dont quelques actionnaires ont tout « captés ».

                  Quelle pauvreté ! Quelle démagogie ! Il faut avoir un profond mépris pour l’intelligence des lecteurs d’Agoravox pour écrire pareille énormité. Les créateurs ne seraient que des crétins, des demeurés, incapables de défendre leurs intérêts, éventuellement avec l’aide d’un bon agent ou d’un bon avocat. On voit que l’auteur de l’article n’a pas souvent approché un génie...

                  « Les créateurs ou auteurs sont des gens à part. L’argent n’est pas leur moteur... » Fin de citation.

                  On croirait entendre le baratin d’un PDG français d’une grande entreprise du CAC 40 qui refuse de parler de son salaire... A ce sujet, je recommande de voir le film biographie « Ray » sur le génial Ray Charles. Son génie allait jusqu’à obtenir, à la stupéfaction de tous des conditions de rémunération extraodinaires.

                  Pour l’anecdote, puisque je travaille dans le buziness, quand j’entends un créateur me dire qu’il ne travaille pas pour l’argent, je sais immédiatement que je vais avoir droit à des exigences extravagantes de sa part. C’est une règle...


                • (---.---.7.224) 25 août 2006 22:56

                  Vous êtes énervé et intellectuellement peu honnête. Je pose et je revendique, en essayant de lui donner quelque fondement, un modèle juridique et politique qui replace l’aspect public de la création. Vous tentez ensuite assez grossièrement d’enfermer mon propos dans un discours militant antilibéral. Ce n’est pas ce que je dis. Quant à vos spéculations sur ce que je peux comprendre et sur votre science du monde américain, c’est assez vain. Donc, vous vous posez manifestement en inimitié pour ce que vous voulez que je représente. Personne sinon moi même, en toute liberté et toute conscience.


                • (---.---.7.224) 25 août 2006 23:23

                  Vous écrivez :

                  « Quelle démagogie ! Il faut avoir un profond mépris pour l’intelligence des lecteurs d’Agoravox pour écrire pareille énormité »

                  Il est vrai qu’en matière de démagogie vous sembliez assez compétent.

                  Vous écrivez encore :

                  On voit que l’auteur de l’article n’a pas souvent approché un génie...

                  Vous avez voulu nous faire rire sans doute.

                  Vous êtes dans le bizness, dites-vous. On avait compris, ça semble vous rendre nerveux. Prenez un bon livre.


                • (---.---.7.224) 25 août 2006 23:28

                  J’ai ( IP:xxx.x02.7.224 ) oublié de signer les deux commentaires ci-dessus en réponse au biznessman américanologue énervé.

                  Antoine Gitton


                • artuh (---.---.119.98) 26 août 2006 10:08

                  Oui, le discours qui cherche toujours à présenter comme seule légitime l’intervention de l’Etat dans la création artistique est particulièrement énervant pour quelqu’un comme moi.

                  Parce que cette politique à un prix : la suprématie de la culture américaine en Europe.


                • artuh (---.---.119.98) 26 août 2006 10:23

                  Il faut au contraire absolument renforcer le lien entre auteur et exploitation commerciale des droits attachés aux oeuvres des auteurs. Des avocats, des agents particulièrement qualifiés savent maintenant défendre ces intérêts des auteurs.

                  Il est parfaitement démagogique de considérer à priori que toute association auteur/producteur se fait automatiquement au détriment de l’auteur et à l’avantage du producteur. Le vingtième siècle a déjà prouvé que l’association auteur/producteur si on s’en tient aux strictes règles de l’Etat de droit et les intérêts patrimoniaux des auteurs et producteurs, est plus productive.


                • artuh (---.---.119.98) 26 août 2006 10:28

                  Il faut au contraire absolument renforcer le lien entre auteur et exploitation commerciale des droits attachés aux oeuvres des auteurs. Des avocats, des agents particulièrement qualifiés savent maintenant défendre ces intérêts des auteurs. Il est parfaitement démagogique de considérer à priori que toute association auteur/producteur se fait automatiquement au détriment de l’auteur et à l’avantage du producteur. Le vingtième siècle a déjà prouvé que l’association auteur/producteur si on s’en tient aux strictes règles de l’Etat de droit et les intérêts patrimoniaux des auteurs et producteurs, est plus productive.


                • arturh (---.---.119.98) 25 août 2006 21:15

                  "Impropriétés intellectuelles par demian west (IP:xxx.x21.126.159) le 25 août 2006 à 20H34 Tarture, Les mouvements des artistes entre la France ou l’Europe et les Etats-Unis sont les conséquences d’une guerre artistique, donc assez gentille, pour gagner le leadership sur le monde culturel. Soit Paris capitale du Monde des Arts, soit New York."

                  Il faut oser écrire « une guerre artistique, donc assez gentille » à propos des raisons qui ont pouss" des artistes comme Marcel Duchamp à s’exiler à New-York ! Tartuffe, le mot est bien chosit : cachez tous ces gouvernements fascistes qui ont dominé l’Europe pendant la première moitié du 20ème siècle et y ont étouffé la création, obligeant les créateurs à fuir vers New-York par exemple. Faisons comme si ces mouvements, Paris capitale des arts, new-York capitale des arts, était purement le fruit du hasard, tartuffe !


                  • Philgri (---.---.139.214) 25 août 2006 22:09

                    Bon article, mais il faut suivre le cour d’histoire avant d’allumer son ordi ou aprés !

                    Comme si souvent décrié, nous sommes tombés dans le droit profond d’une justice du tout et de son contraire qui s’éloigne n’ont pas vers la II REP mais tombe raide vers une bêtise sans nom. Le plus fou, c’est qu’ils ne s’en rendent même plus compte !

                    Bande de fada ! ils ont raison les marseillais. Bois le pastaga, et tais-toi. La vie est trop belle, est les filles trop jolie. Tu pollues l’admosphére avec tes Conneries.couillon.

                    Ils ont raison les Bretons, même qu’a brest même il ont entendu Landerneau leur dire bois un p’tit coup ton mal de mer passera en dégeulant tes trippes.

                    Ils ont raison les ch’ti, si tu patinnes dans la bétrave c’est quesa pue !

                    Ils ont raison les Normand, remue pas ton cidre si t’en veut une goutte.

                    Ils ont raisons les Landais,

                    Ils ont raisons,les Corses

                    Ils ont tous raisons et plus que raison.

                    Ils ont raison les Français, la pollution à Paris fini par les rendre syphonné du caisson, pour nous pondre des lois pareille...

                    Il est urgent de délocalisé le gouvernement,ils ont perdu la raison.

                    Revenons à nos moutons. Non a Davsi.

                    Il est évident que l’air numérique remet en cause, entre autres, notre système juridique. Aujourd’hui une des erreurs commises (de mon point de vue) et d’essayer de l’adapter et l’intégrer à notre système existant.

                    Quelques arguments à cela qui me viennent à l’esprit :

                    - Notre justice est déjà dans le coma.

                    - Ne pas mélanger Virtuel est réel.

                    - Les possibilités numériques sont multiples.

                    - L’évolution est trop rapide et incontrôlable.

                    - La dimension est internationale.

                    - Les enjeux et leurs déclinaisons, pouvoir économique,politique, social,..., redessine la société dans son ensemble.

                    - Le nombre d’utilisateurs n’est pas stabilisé .

                    - La sécurité est ingérable.

                    - La communication prend des proportions démesurées dans tous les domaines (nombre, vitesse...)

                    - Les DNS (adresses Internet) sont contrôlés par les USA.

                    Bon j’arrête là, la liste serait beaucoup trop longue.

                    En une phrase : Personne n’avait prédit un tel engouement du Web et ses possibilités, il n’y a même pas 20 ans, et personne ne peut prédire son évolution.

                    Mais allons plus loin sur l’induction de l’air numérique sur la société.

                    Les prises de conscience réelles apparaissent et le désir de croquer le gâteau se fait de plus en plus sentir par tous. (le seuil minimum critique d’internautes en France est atteint.)

                    Quel gâteau ?. C’est un point essentiel qui peut faire retomber le soufflé plus vite qu’il a gonflé.

                    Exactement comme trop de communication tue l’information, Trop de contrôle tue le pouvoir !

                    Les DRM par exemple. Hormis que je les appelle jetables, pour la facilité de les contourner, ils affichent la volonté de prendre contrôle de votre bien matériel et logiciel.

                    (j’achète une voiture mais le vendeur peut couper le moteur comme bon lui semble !.)

                    Autres exemples plus vicieux :

                    L’utilisation des statistiques permet, au Grand de ce monde (il n’y a pas de fautes), de savoir en temps réelle les activités et donc les pensées (préoccupations si vous préférer) de la population mondiale. Action, réaction Lucky-Luke, plus vite que ton ombre. Plus personne ne bouge...Sauf lui !

                    Seule action possible, tu prends ton ordi et tu le jettes dans la marre aux coins coins, sauf si t’est très copain avec le coin coin, le Grand ou si tu as accès aux mêmes statistiques dans le même temps...( la France a ses propres statistiques incomplètes et souvent mal gérés.)

                    (Dans cet esprit agora pourrait facilement nous en donner quelques-unes concernant son site en temps réelle. J’ai le droit de rêver ! Ah non ! j’oubliais, certains le font pour nous...)

                    Le débat n’a pas commencé, il est déjà confisqué parce qu’il est du point de vu des autorités un enjeux trop important par son incidence économique, sur la sécurité de l’état ainsi que nos comportements individuelles et collectifs !

                    Effectivement la culture c’est le nombril !

                    De plus c’est un message clair à la population :

                    Nous sommes une fois de plus que des enfants irresponsables et nous ne comprenons rien aux préoccupations des grands !

                    Et j’affirme au passage, que plus nous prenons les gens pour irresponsables plus ils le deviennent, plus nous les considérons pour des imbéciles plus ils le sont. (Voilà pourquoi je le suis devenu !)

                    Pire, c ‘est une erreur stratégique politicienne (elles sont nombreuses en ce moment), car ne pas prendre en considération l’expérience et la pratique des utilisateurs est plus que nuisible pour la suite des événements. Vouloir corriger nos comportements, sans corriger le comportement de l’état l’isolera un peu plus. ( Il l’est déjà pas mal.)

                    Donc, nous n’avons pas suffisamment de bases solides dans nos sociétés pour accrocher le virtuel pardessus.

                    Encore moins par-dessous. Non, ne rigolez pas, certains prélèvent des intérêts réels sur des sommes virtuelles ! (À se demander pourquoi avons nous encore un déficit de 2000 milliards d’euro pour simplement 65 millions de Français ! Ouvrez vos poches à défaut de vos yeux. merci)

                    Alors l’excuse des musiciens, droits d’auteurs et j’en passe, ridiculise DDV, la droite comme la gauche et tous ceux qui ont pris part à ce résultat. Ils sont nombreux ! Les pires se sont comme même les Sages ! pas sage du tout, mais nous le savions déjà... maitenant voila toute la clique)

                    Après tout les critique débile que j’ai pu entendre sur le P2P, voilà maintenant que les politicards s’y mettent ! Objectif occuper la bande passante, détourner les sondages, offrir la bonne parole ! Tiens ils ont compris des p’tits trucs !

                    Et pendant ces bousculades politico-médiatico-juridico-économico-socialo, nous perdons du temps précieux que certains utilisent sans état d’âmes...

                    Nous sommes dans l’air du haut débit pour certains et pas débit pour les autres.

                    Nous sommes dans l’air du terra-octed pour certains et pas de données pour les autres.

                    Nous sommes dans l’air de la vidéoconférence pour certain, et le téléphone arabe pour les autres.

                    Nous sommes dans l’air du dépôt de brevet pour certains, et aux droits de péages pour les autres.

                    En une phrase : les écarts se creusent préparant de nouveau conflits et ce n’est pas parce que nous cédons nos vieux ordinateurs aux pays sous développer que nous stopperons l’hémorragie.

                    Donc Messieurs (Mesdames) je vous le dis clairement et sans ambiguïté : Si vous êtes incapables de trouver des solutions pour dessiner une société équilibré, c’est votre propre sécurité (et celle de vos enfants) que vous mettez en péril. Alors arrêtez de gouverner comme si nous étions 5000 ans avant J-C, car aujourd’hui vous fermer la porte sur demain.

                    Faudra-t-il nous obliger un jour à être perpétuellement connecté ? c’est la direction sous-jacente que nous prenons aujourd’hui avec Davsi, et çà, je ne l’entend pas beaucoup ! La vidéosurveillance a montré ses limites, nous voici aux bracelets informatiques obligatoires !

                    Services limités en fonction de ton compte en banque, ta position sociale, tes condamnations ou de ton service rendu ! Après tout, c’est peut-être ça la définition de liberté, égalité, fraternité ! Il faut simplement nous l’expliquer...

                    Oui-oui je préfére entendre çà que l’hypocrisie démesurer qui nous prouvent que nous n’avons pas d’autres choix que de jouer au plus con. Et il faut être intelligent pour être le plus con aujourd’hui, c’est moi qui vous le dit. Même les Femmes s’y mettent ... !

                    Alors le droit, la justice ou je ne sais quoi vous perdez votre temps et vous ne construisez que de la désolation.

                    Philgri et gratuit.


                    • (---.---.162.15) 26 août 2006 08:19

                      En écho aux sages (eh oui...) propos de Philgri, je constate qu’une société qui transforme en délinquants ses enfants est une société à la dérive.

                      Heureusement, cette loi liberticide est tellement ubuesque qu’elle ne pourra pas être appliquée. Le ministre lui même l’a déclaré en disant qu’il n’y aura pas de prison pour les téléchargeurs, et comme il n’y aura pas d’amendes non plus, ça ressemble à un coup d’épée dans l’eau. D’ailleurs peut-on vraiment transformer nos enfants en délinquants ?

                      En promulguant des lois inapplicables et à ne pas appliquer (cf. aussi le CPE), nos législateurs sont tombés très bas. Quelle hypocrisie !

                      Cela n’a pas l’air d’émouvoir le juriste auteur du présent article qui semble chercher des justificatifs historiques là où il n’y a qu’une vaste volonté malsaine de répondre aux verrouillages de puissants lobbies. Il oublie peut-être qu’il y a 30 ans, il était lui-même délinquant en copiant de la musique sur des cassettes, acte alors terrifiant tant la copie n’existait pas quelques années plus tôt.

                      Historiquement, c’est de là que se développe la dérive qui se poursuit aujourd’hui. La mise en place d’une forte taxe sur les cassettes vierges avait satisfait les lobbies qui avaient acquis le rare privilège de gérer cette taxe jusqu’à l’étendre à d’autres support comme le CD vierge. Ils se sont récemment partagés entre une étendue « globale » de taxe et un flicage d’Internet. Les législateurs, eux ne semblent agir que pour servir l’intérêt particulier des majors ou des artistes au détriment de l’intérêt général d’une culture à la portée de tous, une véritable culture populaire.

                      Pourtant les artistes vivent plus facilement dans une société cultivée. C’est le cas des jeunots des années 70 dont les chansons étaient copiées de cassettes en cassettes au détriment, soi-disant, des achats d’albums. A court terme oui, pas à moyen et long terme. Avant d’être célèbre, il faut se faire connaître par les moyens les plus populaires.

                      Am.


                      • Antoine Gitton 28 août 2006 11:11

                        « Cela n’a pas l’air d’émouvoir le juriste auteur du présent article qui semble chercher des justificatifs historiques là où il n’y a qu’une vaste volonté malsaine de répondre aux verrouillages de puissants lobbies »

                        Rappeler les origines vichystes et corporatiste de la loi de 1957 au détriment des titulaires de droits originaires et légitimes, les auteurs, c’est prendre clairement position. Je m’étonne de votre interpellation. La dialectique de combat qui a surgi avec le débat sur la loi DADVSI a figé les positions de chacun et a conduit à un enlisement, sans doute parce que le camp du public n’a pas su expliquer pourquoi il était le même que celui des créateurs, habilement récupérés par les producteurs - et les éditeurs - C’est la légitimité de votre revendication que je tente de donner. Vous en faites bien ensuite ce que vous en voulez, enfin non, j’espère qu’il en ressortira une situation légale et contractuelle rééquilibrée comme il se doit avec en premier, le créateur, pour le public. C’est ce que j’ai topujours dit et écrit. Je regrette ce pauvre manichéisme qui n’est pas la moindre des raisons de la force du discours patrimonial et marchand et qui tend à accréditer le reproche de démagogie que l’on oppose au « camp du public ». Ce débat mérite mieux. Mais c’est vrai qu’il oblige à pposer des questions essentielles et anciennes de civilisation. Il faut les faire remonter pour asseoir votre revendication.

                        Antoine Gitton


                      • lss (---.---.131.211) 28 août 2006 10:33

                        j’en rajoute une couche, je suis d’accord avec les deux postes précédents (Am et Philgri).

                        A ceux qui disent qu’il y a un partenariat équilibré entre les auteurs et les majors, juste comme ça :

                        http://www.ratiatum.com/dossier1215_Prix_des_CD_o%C3%B9_va_votre_argent.html

                        A ma connaissance les chiffres réels pour les auteurs (d’après un article lu dans Le Point) seraient de l’ordre de 3% aux USA et 6% en France...

                        Mais circulez il n’y a rien à voir, les majors ne s’en foutent pas plein les poches...


                        • Schriss (---.---.147.161) 28 août 2006 10:55

                          Et 0% pour les achats sur le net ...


                        • guillaume (---.---.142.119) 28 août 2006 11:00

                          Il n’y a aucune raison, vraiment pour que nous continuons à financer le système de distribution actuel. Aucune.

                          Cherchez à ce que la vente soit la plus directe possible. Ou essayez de passer par des circuits de distribution mettant en valeur la qualité. Harmonia Munid, ils font des trucs pas mal du tout, et pas que du classique. C’est cher, c’est vrai, mais au moins, tu payes pour que la qualité prévaille.

                          Acheter à la FNAC, c’est vraiment de la connerie. Succomber à la pulsion d’achat.


                        • lss (---.---.131.211) 28 août 2006 11:23

                          @Schriss

                          Selon Am, je cite : Pourtant les artistes vivent plus facilement dans une société cultivée. C’est le cas des jeunots des années 70 dont les chansons étaient copiées de cassettes en cassettes au détriment, soi-disant, des achats d’albums. A court terme oui, pas à moyen et long terme. Avant d’être célèbre, il faut se faire connaître par les moyens les plus populaires.

                          Cela reste vrai, ne serait-ce qu’en raison de la différence de qualité des supports... Les échanges via Internet ne font que faciliter la circulation des titres. Si les majors ne vendent pas, c’est leur faute, ça n’a rien d’étonnant lorsque l’on cherche sans arret à formater notre consommation, y compris culturelle.

                          Le cas de M est exemplaire des bonnes pratiques. Il s’est fait un nom alors même qu’il aurait pu rester dans l’ombre de son père, mais il ne s’est pas reposé sur les majors, il s’est fait connaitre et apprecié par le publique, via les concerts (ce qui est d’ailleur ce qu’il préfère) un artiste, un vrai, c’est cela ! Les majors ensuite, ne font que participer à l’emballage... Si elles interviennent sur le contenu, c’est de la censure et du formatage déguisé.


                        • Antoine Gitton 28 août 2006 11:48

                          « Le cas de M est exemplaire des bonnes pratiques. Il s’est fait un nom alors même qu’il aurait pu rester dans l’ombre de son père, mais il ne s’est pas reposé sur les majors, il s’est fait connaitre et apprecié par le publique, via les concerts (ce qui est d’ailleur ce qu’il préfère) un artiste, un vrai, c’est cela ! Les majors ensuite, ne font que participer à l’emballage... Si elles interviennent sur le contenu, c’est de la censure et du formatage déguisé. »

                          Je souscris largement à ça. L’auteur et interprète crée et imagine son oeuvre vers son public. C’est le premier seigneur. Sans doute le public a t-il - et pour cause - trop été considéré comme un consommateur. C’est le premier terme à réfuter. Ensuite, si l’on considère la question de l’art musical, c’est le spectacle vivant qu’il faut ramener en premier.


                        • lss (---.---.131.211) 28 août 2006 14:33

                          Demian, c’est vrai, mais vous me concèderez sans doute que la fameuse loi DADVSI a été créée principalement sous la pression des majors du domaine musical et cinématographique qui voyaient leur chiffre d’affaire baisser... à cause de la hausse des prix (CD, DVD et places de cinéma). Cette dernière étant à mettre en parallèle du pouvoir d’achat qui stagne...


                        • Antoine Gitton 28 août 2006 12:32

                          Cher Demian,

                          « qui n’est pas tout » , comme vous le montrez. Il faut que le public réalise - et veuille ? - que l’on ne consomme pas plus l’art que l’alphabet, bien que l’on doive nourrir et promouvoir les constructeurs des lettres que sont les créations artistiques, musicales ...

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