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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Incroyable sanction judiciaire contre Jean-Michel Maulpoix

Incroyable sanction judiciaire contre Jean-Michel Maulpoix

L’écrivain Jean-Michel Maulpoix, également professeur à l’Université de Nanterre et président de la Maison des écrivains, vient d’être condamné par la Cour d’appel de Montpellier à 5000 euros d’amende et de frais de justice pour avoir relayé sur son site Web personnel un témoignage relatif à des violences policières. Par la même décision, la Cour relaxe le poète Brice Petit, auteur de ce récit largement diffusé sur Internet.

Cette histoire a commencé il y a de cela deux ans, à Montpellier, lorsque Brice Petit, témoin d’une interpellation musclée, selon d’ailleurs d’autres témoins, déclara qu’il fut victime de violences et d’insultes de la part des policiers.

Jean-Michel Maulpoix reprit cette information et le texte de Brice Petit sur son site, à vocation littéraire. Sans rien changer. Il fut seulement un relais. Et tout commença. Il fut attaqué en diffamation, pour avoir publié celui-ci. Et il fut condamné à la fin de l’été de 2005, puis de nouveau frappé par la sanction lors de son appel. Pour diffamation, selon les termes de la loi de 1881 et de 1944, que nous rappelle Olivier Cazeneuve qui est juriste.

Or, "il n’y a eu aucune instruction du dossier. Jean-Michel Maulpoix n’a jamais eu affaire à la Justice. Il ne connaissait ni Brice Petit ni les personnes visées par ce texte. Personne ne lui a jamais demandé le retrait de ce texte de son site, ni à la quinzaine d’autres qui l’ont également publié sans être inquiétés. Il a seulement accompli un geste de solidarité citoyenne sur Internet". Lui-même retira par ailleurs son texte de son site, quand il eut un doute sur la sincérité de ce témoignage, qui s’avéra pourtant authentique, du fait que finalement Brice Petit a été relaxé des poursuites judiciaires, dénonçant le fait qu’il ait diffamé la police.

Cette histoire est inquiétante. En effet, elle pose la question des conditions du relais informationnel sur Internet et de la possibilité du journalisme citoyen, ou encore de la démocratie médiatique. Elle entre en écho avec l’affaire Garffield, dont nous avons parlé il y a trois mois sur AgoraVox.

En quel sens des lois, qui proviennent d’époques n’ayant pas connu la même participation démocratique et ayant pu servir au pouvoir, peuvent-elles encore être adéquates au monde dans lequel nous nous exprimons ?

Ne serait-il pas temps de réfléchir juridiquement aux conditions de la diffamation, notamment au niveau de la sphère des nouvelles technologies ?


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19 réactions à cet article    


  • Nicolas Voisin Nicolas > Nues Blog 14 avril 2006 14:52

    excellent article et situation inquiétante. Nous passons notre temps à relayer des informations en y ajoutant plus ou moins d’investigation. J’espère que votre témoignage (ou enquête) se poursuivra et que cette affaire n’est pas close. Sinon nous sommes tous (blogueurs, journaliste citoyens, mais google aussi - cf : procès avec l’AFP) sous la menace de poursuites...

    « relais informationnel » > voilà un concept interessant et plus juste que « leader ou relai d’opinion » face à des médias qui ne sont (plus) que validateurs de l’information.


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 17 avril 2006 16:04

      Je me propose de publier à mon tour sur mon blog le témoignage en question, comme un geste de solidarité et de révolte contre cette décision. L’auteur peut-il nous en donner le lien ?


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 18 avril 2006 15:28

      L’auteur ne répondant pas, j’ai retrouvé le texte moi-même et vais le publier sur mon blog (pas tout de suite, emploi du temps surchargé !). Vous pouvez le lire ici : http://www.bernard-defrance.net/actua/index.php?actu=178


    • Fabrice Fabrice Duplaquet 14 avril 2006 17:02

      Voila une nouvelle bien inquiètante pour la démocratie. Cela vient s’ajouter à une longue liste d’atteinte délibérée à la liberté d’opinion et d’expression. Cela vient confirmer que nos libertés individuelles sont en danger depuis le 11 septembre et que le prétexte des lois anti-térroristes vient banaliser ces actes policiers et judiciaires que l’on croyait enterrée par les erreurs du passé.

      Regardez comment José Bové, que l’on aime ou pas, a été inutilement brutalement mis en cage par les cow-boy de la république. Quel danger représente t’il ? Ah oui, il met en danger les immenses bénéfices des multinationales et donc les instructions doivent être claires : mettre hors d’état de nuire les libres penseurs.

      Petit à petit, nous sommes formatés à penser et à agir...


      • Antoine (---.---.248.127) 14 avril 2006 18:41

        Oui, un des grands dangers de cette nouvelle époque est la standardisation des produits et des comportements.

        Le nouveau défi ne sera t il pas à l’avenir l’opposition entre les défenseurs de la liberté et ceux qui voudraient nous formater ?

        Il n’y a pas que les Etats qui auraient envie de ce « formatage ».

        Les politiques qui parlent aujourd’hui d’idéologie de gauche ou de droite sont à côté de la plaque...ce ne sont plus des moyens modernes d’appréhender les situations nouvelles.


      • hum (---.---.33.25) 15 avril 2006 17:03

        j’avoue que quand je vois José bové que je n’aime pas se faire interpeller de manière « musclée » par des policiers qui défendent Monsanto (entreprise que d’aucun pourraient juger criminelle -agent orange, affaire de l’hormone laitière etc- )par ailleurs multimilliardaire, aux méthodes douteuses voire anti-démocratiques (je conseille l’excellent black list) je ressents comme un trouble, à la fois par rapport à la disproportion de la riposte et par le sentiment que la puissance élève au dessus du peuple et surtout qu’elle permet d’avoir presque automatiquement la puissance publique à son service.

        Aujourd’hui le citoyen est de plus en plus surveillé, de plus en plus controllé. Il peut de moins en moins se déplacer librement.

        dans le même temps les sociétés sont de plus en plus libre de se déplacer, de détuire (écologie, aménagement urbain etc. plus déstruction sociale lorsqu’elle quitte une région après avoir pompée les subventions) de nuire (écologie encore, polution etc. Socialement, obésité, malbouffe, surrendettement..) de piller (pétrole, diamant, gaz) et les capitaux sont de moins en moins controllés (blanchiment, drogue, terrorisme, bourse, spéculation...).

        Les entreprises ont aujourd’hui plus de droits que les humain et quasiment aucun devoir...

        les hommes eux doivent s’écraser et la police se charge de le faire si nécessaire.

        oui la dérive est inquiétante.


        • www.jean-brice.fr (---.---.239.220) 15 avril 2006 17:48

          Il y a un manque de légitimité démocratique qui se repercute sur tous les actes de notre classe dirigeante ... Pour en savoir plus, allez sur le site www.jean-brice.fr


          • jlb (---.---.11.118) 15 avril 2006 19:09

            les institutions sont créées par ceux et pour ceux qui en tirent parti.

            Je crois que la démocratie est en perte de vitesse en partie de notre faute. Ne voulons-nous pas plus de sécurité !

            Le seul milieu dans lequel la démocratie n’a pas encore pénétré est celui de l’entreprise.


            • nantor (---.---.131.113) 15 avril 2006 19:23

              Je n’étais pas au courant.

              Si c’est effectivement simplement comme cela que ça c’est passé, de très nombreuses personnes (dont la majorité des posteurs d’Agora Vox) iront en prison ???

              Peut-on avoir plus d’infos et de détails pour juger ? Cela paraît étonnant.

              S’il s’avère que cette info est bien à prendre telle quelle, une réaction simple : faire recopier l’article en question sur le maximum de sites ...

              Merci d’avance de vos précisions.


              • Dominique (---.---.204.200) 15 avril 2006 20:43

                • francois rene de chapobriand (---.---.16.94) 16 avril 2006 15:00

                  Pour être parfaitement objectifs dans notre opinion sur cette affaire, il faudrait connaître les motivations détaillées de la décision de justice. Quelqu’un a t-il eu cette information ?

                  Au delà du cas individuel, je partage l’inquiétude de ceux qui se sont exprimés le déséquilibre croissant entre les pouvoirs démocratiques et économiques (question d’échelle, m’a t-on expliqué, ici même). L’équilibre des pouvoirs, c’est vieux comme concept, mais c’est encore un garde fou efficace, à mon sens.


                  • Micpas (---.---.70.128) 16 avril 2006 20:40

                    Je veux qu’on m’explique ce qu’est la démocratie ! Je vais avoir bientôt 50 ans et je croyais vivre dans un pays démocratique, le France ! Je m’aperçois que c’est une chimère. L’autorité est toujours sinon de plus en plus à la solde du Capitalisme. Halte au libéralisme, la liberté renie ce libéralisme clône du capitalisme.


                    • jer (---.---.104.34) 17 avril 2006 08:37

                      Je trouve bizarre que pour cet article ne fasse pas réagir plus de monde en particulier les « professsionnels » des commentaires sur Agoravox.

                      Est-il vraiment sincère ?


                      • (---.---.65.239) 11 septembre 2006 15:22

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                      • (---.---.70.241) 11 septembre 2006 19:07

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                      • citoyen citoyen 17 avril 2006 12:38

                        Merci pour le relais de cette information qui est passée à ce jour relativement sous silence par la presse traditionnelle, à l’exception peut-être de l’Humanité. Ce qui est en cause dans cette décision de justice c’est que la vérité se trouve censurée au prétexte que celle-ci porte ombrage à quelques intérêts. D’ailleurs, la vraie question est de savoir à qui cette vérité nuit-elle. A l’institution policière ? Mais celle-ci ne doit-elle pas être au service du citoyen ? Pouvez-vous nous dire si Jean Michel Maulpoix a décidé de poursuivre en cassation cette décision inique, voire devant la cour européenne ?


                        • zoï (---.---.58.60) 18 avril 2006 08:42

                          Il est vraiment dommage que cette information passe presque inaperçue : nous sommes tous concernés par cette infamie judiciaire. Je me demande ce que font nos « grandes consciences », peut-être rêvent-elles d’immunités parlementaires ? Un rêve innacessible pour le commun des citoyens...


                          • Gonours (---.---.155.120) 25 avril 2006 23:17

                            Donc si je comprends bien (arrêtez moi si je me trompe) la diffamation c’est une insulte qui peut être confirmée par des faites ? Mais alors si Vroum-vroum Mag dit que la nouvelle Mitsutoyonda a un coffre « ridiculement petit » c’est de la diffamation ? Donc on ne peut rien dire/écrire de négatif car c’est toujours soit une insulte, soit de la diffataion... j’ai bien compris ?


                            • hassan (---.---.237.154) 5 mai 2006 19:36

                              L’occurrence Maulpoix

                              Il n’y a jamais eu, à notre connaissance, d’affaire Maulpoix. Tout au plus une occurrence, comme il arrive parfois qu’une règle ou une loi s’instancient en occurrence, momentanément, depuis le ciel des Idées. C’est de l’Idée, donc, que Maulpoix pâtit, aussi douloureusement que pâtit, soufflant sur ses doigts, l’élève malin qui s’est vu infliger un bon coup de règle pour avoir tenté, non sans efficace, d’attirer à lui la Toute-puissance de l’œil du Maître par une réponse anticipée, soufflée au ras du Pupitre, venant ainsi molester comme un imperceptible carillon agaçant à la fin le cours inaltérable de la parole de la Loi. Maulpoix-l’occurrence est coupable d’avoir soufflé au Maître qui le nourrit raisonnablement la bonne réponse anticipée au mauvais moment, au moment où le coup allait s’abattre sur l’Autre, le Cancre, l’Autre de la Loi, celui qui alignait la mauvaise grâce d’un comportement inadmissible depuis le départ, le dénommé Brice Petit. Maulpoix a été en cela le type même du bon élève. Le parti de la Raison qui le sustente depuis sa plus tendre enfance (« Ce n’étaient que très Hauts et très Hâtifs Savoirs Empilés »), la mesure affichée sur son front blanc, le détournement des mauvaises influences en même temps que l’accaparation d’un héritage qu’il revendique par un opportunisme inné auquel il doit sincèrement sa carrière à l’ombre du Maître, ont fait de lui le parfait arriviste, l’innocent sincère, celui qui singeant le rapport à l’histoire et à la parole qu’il est incapable d’incarner, se voit infliger, à l’arrivée, parce qu’il a un peu oublié que le Maître est mufle, le redouté et infâmant coup de baguette sur ses doigts stupéfaits. Ne voit-on pas sa nuque trempée de sueur et son indignation sincèrement feinte réclamant compassion au public, criant dans la cour de récréation tout le mal qui lui est fait à lui, le Blanc, le Propre, le Sain, le Mesuré ? Aussi, avec ses 8500 euros d’amende, pauvre-Maulpoix n’ira pas au ski cet hiver, en rando ce printemps, à la plage cet été, ne prendra plus que des moyens courriers et devra faire usage modéré de l’inventaire des sensations aussitôt consommées, aussitôt jetées, dont il remplit usuellement ses livres. Amateur de Poésie et de Réalité, le voilà pris au pied de la Lettre et acculé par la Poésie et la Réalité à rendre compte de la mauvaise farce qu’il nous a jouée pendant quelques mois. Il apparaît que ce bonhomme, si haut en couleurs (bleues), si bon mot et si formule retenue, tout à son spectacle, a appris ce qu’est le sens d’un mot, et qu’il vient d’échouer au seul, certainement (gageons qu’il ne recommencera pas), examen qu’une banale Réalité a, par ennui, non sans mépris, concédé à lui faire passer. Il n’a pas fallu plus d’une seconde pour que cet Emmerdeur, raisonnablement sifflé par la Loi, retourne à son Giron, bien que, depuis lors, son cirque hystérique enfle les glottes siennes et celles de ceux qui, amoureux du Maître, redoutant et désirant une telle distinction, hurlent les habituelles bondieuseries outrées.

                              Qui a dit : « nul ne ment autant qu’un homme indigné ? ».

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