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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > L’agriculture durable dope la production

L’agriculture durable dope la production

Le modèle de production agricole reposant sur l’usage d’engrais chimiques, d’herbicides, de pesticides, de machines de plus en plus performantes, est en crise. Bonne nouvelle : le professeur Jules Pretty et son équipe, de l’Université d’Essex, s’apprêtent à démontrer, preuves à l’appui, que l’agriculture "durable" peut s’avérer tout aussi performante, effets indésirables en moins.

Écosystèmes en danger, effets négatifs démontrés sur la santé des animaux et des humains : les grandes réussites de l’agriculture moderne sont accompagnées d’échecs tout aussi retentissants.

Or, il est possible de sortir de ce modèle et d’entrer de plain-pied dans une production beaucoup plus respectueuse de l’environnement et de la santé du vivant, sans renoncer pour autant à une hausse de la productivité agricole, soutient Pretty.

C’est le coût élevé des externalités de l’agriculture en Grande-Bretagne qui a mené Pretty et son équipe sur le chemin de l’agriculture durable.

At the University of Essex, we recently completed the first national study of the environmental and health impacts of modern farming. We looked at what are called "externalities" - the costs imposed by an activity that are borne by others. These costs are not part of the prices paid by producers or consumers.

The real costs of modern farming. Resurgence. March / april 2001.

Le chercheur et son équipe estimaient alors, de façon très conservatrice, à £2.34 billions le coût des externalités dans leur pays sur une seule année (1996).

Quelles sont ces externalités négatives ? Ce sont tous les coûts engendrés par la pollution de l’eau, de l’air et du sol, du fait de l’usage d’engrais, de pesticides et d’herbicides chimiques, par l’érosion et la perte de matières organiques dans le sol, par la perte de biodiversité, par les problèmes de santé humaine, etc.

Pretty et son équipe n’en sont pas demeurés à ces coûts cachés de l’agriculture « moderne ». Ils ont voulu montrer qu’il est possible de faire face au défi de nourrir convenablement tous les humains, sans devoir passer par une forme d’agriculture si coûteuse pour l’environnement et la santé que la vaste majorité des producteurs agricoles du monde ne peuvent de toute façon pas se payer.

The central questions today are i) to what extent can farmers improve food production with cheap, low-cost, locally-available technologies and inputs, and ii) to what extent can they do this without causing environmental damage.

Jules Pretty. Agri-Culture : Some Principles and Lessons for Sustainability.

La même année où ils sonnaient l’alarme sur les coûts cachés, en Grande-Bretagne, de l’agriculture dite scientifique, Pretty et Rachel Hine présentaient à la communauté scientifique le SAFE-World Project (Reducing Food Poverty with Sustainable Agriculture : A Summary of New Evidence), une étude à l’échelle mondiale dessinant les contours d’une agriculture durable en mesure de faire face au défi de nourrir la planète, pour peu que l’on apprenne à la maîtriser.
The metaphor used here for this new sustainability science is to conceive of fields as being full of megabytes of information - yet we collectively lack the operating system to understand and transform this information.

Reducing Food Poverty with Sustainable Agriculture. Page 18.

Il semble bien que le, ou plutôt les « systèmes d’opération » de cette « agroécologie » soient en voie d’être maîtrisés. Ariane Krol, du journal La Presse, annonçait, le 27 janvier dernier, la parution prochaine d’un article dans la revue Environmental Science & Technology qui fera état de rendements fort encourageants, obtenus en très peu d’années, là où les méthodes de la « nouvelle » agriculture durable ont été expérimentées.

Les résultats sont d’autant plus significatifs que l’étude porte sur plus de 300 projets dans 57 pays, couvrant une superficie équivalente à celle du Japon.

Beaucoup plus respectueuse de l’environnement, l’agriculture durable ne peut pas, à elle seule, vaincre la malnutrition dont souffrent plus de 800 millions d’êtres humains. Elle a toutefois le mérite d’améliorer, plutôt que de détériorer, la situation.


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2 réactions à cet article    


  • IMINOREG (---.---.3.102) 31 janvier 2006 17:24

    Je suis tout à fait en accord avec votre point de vue. Je dois dire que je suis sceptique par rapport à la mentalité française. Avez-vous lu dans le Monde l’article d’aujourd’hui : La France s’intègre à grand-peine dans le réseau écologique européen Natura 2000 ?

    à lire sur http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-736291,0.html


    • Jean Claude Trastour (---.---.151.39) 1er février 2006 16:43

      Bien sur et la production agricole sans aide chimique est le seul avenir possible pour notre planète. Les alibis de manque de production pour tous tombent à l’analyse. Il s’agit d’un problème éminemment politique, exemple pour la France, notre syndicat dominant, la FNSEA est entre les mains de l’industrie chimique et les ministres de l’agriculture sont issus de la FNSEA. Le travail paysan s’il nourrit la population ne génère aucune activité de capitaux, il n’intéresse donc pas les hommes de pouvoir.

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