Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > L’assemblée Nationale « s’attaque » aux territoires…

L’assemblée Nationale « s’attaque » aux territoires…

Quel beau titre relevé dans la presse, et qui ne correspond à rien puisque précisément les élus et les partis politiques ne veulent rien changer, pour ne pas perdre leur joujou.

Un projet calamiteux depuis le début

Rappelez-vous, le PS à peine arrivé au pouvoir s’est empressé de tirer un trait sur la réforme du précédent gouvernement : exit le conseiller départemental (qui ne cassait pas non plus 4 pattes à un canard !) et rétablissement de la clause générale de compétences des départements et des régions pour ensuite reproposer sa suppression (comprenne qui pourra).

Un projet calamiteux mené tambour battant par la Ministre Le Branchu, spécialiste de l’avalage de couleuvres et son secrétaire d’Etat Vallini qui nous a promis 10 Milliards d’économies induits par cette réforme : on attend avec impatience !

Rappelez-vous : la fin des conseils généraux nous était promise, l’intercommunalité rationalisée, les compétences redistribuées, la Région et les Métropoles comme fers de lance de la nouvelle organisation territoriales…

Où en sommes-nous ?

On ne sait plus où on habite : après un redécoupage incompréhensible des Régions, l’émergence d’une douzaine de Métropoles, l’intervention des radicaux de gauche pour conserver les conseils généraux pour des considérations uniquement électorales, voici que l’Assemblée Nationale s’apprête à perdre son temps autour d’un projet de loi devenu inutile, plutôt que de s’occuper de la situation économique du pays.

La seule chose qui restait dans ce projet était la rationalisation des compétences au travers du transfert aux régions de compétences départementales actuelles : collèges, voiries, transports scolaires et interurbains. Cela pouvait avoir du sens, mais c’était encore trop pour les élus départementaux qui auraient été privés d’inaugurations de ronds-points et de collèges et auraient été cantonnés à la compétence sociale qui ne les passionne pas.

Donc, on s’achemine vers la conservation par les conseils généraux des compétences collèges et voirie, au détriment de la cohérence, de la maîtrise des dépenses locales et donc de vos impôts.

Ce n’est pas grave, puisque le joujou des élus restera quasi intact et qu’ils pourront continuer à faire carrière dans la politique locale dans des collectivités devenues inutiles, à cumuler les mandats locaux (voire nationaux) et les partis politiques conserveront leurs incubateurs à élus.

Bref, nous sommes en présence d’une caste politique qui vote elle-même les lois qui la préserve.

Cerise sur le gâteau…

Au moment où vous êtes conviés à voter pour le renouvellement des conseils départementaux, vous ne savez toujours pas quelles seront les compétences qui seront dévolues à cette docte assemblée de rentiers de la politique. En effet, le projet de loi auquel « s’attaque » aujourd’hui l’Assemblée Nationale ne sera pas voté avant les élections, si bien que vous êtes priés d’aller voter les yeux fermés (et surtout ne pas venir dire après qu’on vous a roulé dans la farine).

Selon un des « penseurs » de l’Ump, B. Hortefeux, « pour la première fois dans l’histoire de la république, les électeurs français vont participer à un scrutin pour une collectivité dont nous ne connaîtrons les compétences (provisoires, en attendant la seconde lecture du projet au Sénat et le vote définitif) que 11 jours avant le vote ».

Il n’a pas tort, sur le fond, mais rien ne vous oblige à participer à cette mascarade, à ce déni de démocratie, en n’allant pas voter, comme je m’apprête à le faire, à moins que pour vous le vote se résume à un choix politique avant même de savoir pourquoi on élit un conseiller départemental et à quoi il sert.

Les nostalgiques des anciens cantons, dont le nombre a été divisé par deux pour de simples considérations électoralistes et un pseudo argument de parité homme/femme et qui iront voter dans les conditions énoncées ci-dessus devront se torturer l’esprit pout trouver encore une raison d’aller voter.

Voilà !

Nos chers (très chers élus) viennent d’inventer le scrutin qui ne sert à rien, sauf à conserver des mandats, à continuer leur petit train-train, à figurer dans la presse locale en train de remettre une médaille ou embrasser la centenaire.

Ils sont tellement convaincus que rien ne sortira du texte qu’ils s’apprêtent à voter en matière d’intercommunalité et de diminution du nombre de communes qu’ils viennent de voter une loi sur les « communes nouvelles » destinée à favoriser les fusions de communes. Mais, comme le rappelle le rapporteur du projet de loi, malgré les tentatives pour réaliser les fusions à grande échelle, le nombre de communes n’a diminué que de 5% en soixante ans : bel aveu d’impuissance (et de connivence entre élus) !

D’ailleurs, pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus des forces conservatrices en présence, les Maires ruraux, représentés par leurs lobbies, brandissent le spectre apocalyptique de « l’anéantissement des échelons de proximité » et dénoncent « l’acharnement injustifié à l’endroit des communes rurales » alors même que rien dans les projets de lois actuels ne vient confirmer ces envolées guerrières uniquement justifiées par la crainte de perdre leurs écharpes.

Tout est en place pour que rien ne bouge…

…et qu’au final, cela coûte plus cher au contribuable local. Il suffit pour se convaincre que rien ne bougera de regarder la répartition de la réserve parlementaire : l’arrosage continue entre les petits projets des communes qui n’ont pas les moyens des promesses électorales de leurs élus et le saupoudrage auprès des associations locales, meilleure assurance de la réélection de nos parlementaires.

Nos parlementaires, à défaut d’être efficaces sur la baisse de la courbe du chômage ou sur l’environnement, inventent et réinventent chaque jour les débats à la con destinés uniquement à préserver leur statut et leurs privilèges.

Et ils voudraient que l’on continue à voter !

Pour moi, c’est non aux prochaines élections départementales. 


Moyenne des avis sur cet article :  3.67/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 19 février 2015 09:25

    Bonjour, Michel.

    Le redécoupage des régions est, à mon avis, globalement pertinent, et n’a suscité aucune réaction significative de rejet des Français, exception faite des seuls Alsaciens dont la situation isolée de l’autre côté des Vosges et la culture très différenciée ont mobilisé en grand nombre les protestataires. Ailleurs : rien ou presque. Cette réforme là est donc adoptée très massivement.

    Là où il y a par contre un flou préjudiciable, c’est dans le maintien, par manque de courage politique, des Conseils départementaux alors qu’il était évident qu’il fallait aller vers un concentration des dotations et des compétences au niveau régional, à charge pour le Conseil régional de déléguer des élus dans les ex-départements pour agir au plus près sans mettre à mal la cohérence régionale.

    Pour ce qui est du développement des intercommunalités et de la nécessaire suppression de la plupart des communes, j’y suis totalement favorable, comme je l’exprimais récemment dans un article intitulé « Allons-nous vers la disparition des communes ? »

    Faut-il aller voter ou non lors du prochain scrutin ? A chacun de voir si cela présente une utilité. Toutefois, il faut toujours se souvenir que ne pas voter revient de fait à prendre indirectement parti, et cela en dépit de ses convictions : ne pas voter revient à voter pour la liste gagnante !


    • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2015 15:27

      @Fergus
      Je suis d’accord avec vous sur bon nombre de points mais n’ai toujours pas compris en quoi la diminution du nombre de régions allait changer quoi que ce soit dans le paysage territorial français.
      S’agissant du vote aux départementales, je suis admiratif du fait que l’on puisse se déplacer alors même qu’on ne sait pas quelles seront les compétences futures de ces assemblées. Cela revient à donner un chèque en blanc à des élus uniquement parce qu’ils seraient porteurs d’un offre globale différente mais sans savoir ce qu’il feront sur les futures compétences qui seront dévolues aux conseils départementaux.
      Si chaque collectivité est compétente pour mener à bien des actions qui lui sont dévolues dans certains domaines, cela a bien un sens, non ? Ou alors on vote à chaque fois sur une étiquette en abandonnant le reste à des élus uniquement parce qu’ils appartiennent à un parti.
      C’est exactement ce qui se passe pour le Front national qui fait campagne aux départementales contre l’immigration et la sécurité en sachant pertinemment que cela ne relève pas des compétences de cette collectivité et je ne souscrits pas à cette option. 


    • Fergus Fergus 20 février 2015 09:59

      @ Michel Drouet.

      C’est surtout au 1er tour qu’il importe de voter, précisément pour ne pas apporter sa voix aux partis qui sont complices dans le fonctionnement territorial inadapté. Sauf cas exceptionnel, il y a forcément des candidats qui sont en rupture avec les pratiques de partis comme l’UMP et le PS, ou avec le fond de commerce du FN.

      Bonne journée.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 février 2015 10:19

      « Le gouvernement devrait s’occuper de la situation économique du pays ».
      Les gouvernements des Etats européens ne peuvent plus faire de politiques intérieures nationales. Comment l’auteur voudrait que le gouvernement s’occupe des Français et de l’économie ?


      Ils n’ont plus le droit que de faire des politiques européennes, dont le regroupement des régions, qui préfigure les euro-régions à cheval sur les frontières, directement sous la houlette de Bruxelles,
      qui signeront la fin des Etats européens.
      Déjà certaines régions demandent des regroupement transfrontaliers.
      Exemple la Moselle veut constituer une région avec le Luxembourg et des régions allemandes.
      C’est la préfiguration de l’effacement des frontières.
      Déjà existent des espaces transfrontaliers.
      C’est de début de la fin de la nation française, rien de moins.

      Il s’agit de la mise en place progressive d’un projet géopolitique européen, avec son pendant au Moyen Orient. Diviser pour mieux régner. Faire disparaître à terme les frontières, donc les Etats, en faisant miroiter au peuple qu’il s’agit de décisions françaises avec pour objet de faire des économies.

      Cf Pierre Hillard « La décomposition des Nations européennes », il s’agit d’une compilation de cartes prévisionnelles et de textes européens qui préparent la fin des états.

      • Fergus Fergus 19 février 2015 11:34

        Bonjour, Fifi Brind_acier.

        Cela ne vous fatigue pas de toujours rabâcher les mêmes antiennes, dont certains aspects sont très largement fantasmés ou, pire, mis en avant pour servir la dialectique d’un parti qui ne parvient pas à faire entendre sa musique à des Français plus mélomanes que ne le croit Asselineau ? 


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 février 2015 13:34

        @Fergus
        Cela vous fatiguerait de faire un peu de géopolitique de temps en temps ?
        De lire ? De vous informer sur l’histoire de la construction européenne ?
        De vous cultiver et de comprendre que l’ UE a été créée par les USA, pour leurs besoins personnels, et que pour eux, diviser, c’est régner ?


        Vous passez votre temps au ras des pâquerettes.
        Que voulez comprendre à ce qui se passe en bas de chez vous ?

        Le PCF, au moins, avait compris pourquoi les USA avaient construit l’Union européenne.

        Pourquoi faut-il, à Gauche, continuer à supporter des incultes prétentieux dans votre genre, qui ne comprennent rien à la marche du monde, mais prétendent nous gouverner ?

      • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2015 15:28

        @Fergus

        Je vous rejoins totalement sur ce point.


      • foufouille foufouille 19 février 2015 11:20

        avec tes super régions tout sera centralisé. le TCI, TGI, TA sont déjà dans la plus grande ville et autour c’est le désert administratif.


        • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2015 15:31

          @foufouille
          On va plus souvent chez le boulanger ou le boucher qu’au tribunal ! A moins d’être en délicatesse constante avec la justice...


        • foufouille foufouille 19 février 2015 18:05

          @Michel DROUET
          pas ceux là, le TCI est utile quand ta MDPH balance ton dossier à la poubelle. etc
          180 km à chaque fois, 360 AR.


        • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2015 18:18

          @foufouille
          En même temps cela ne doit pas arriver tous les jours que la MDPH balance des dossiers à la poubelle et que l’on soit obligé d’introduire un recours auprès du tribunal du contentieux...
          On reste tout de même dans l’exceptionnel.
          La disparition des bureaux de poste et des recettes des impôts me semble plus pénalisante pour l’ensemble de la population, et là, la Région n’y est pour rien puisque ce n’est pas dans ses compétences.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 février 2015 20:23

          @Michel DROUET
          Les bouchers et les boulangers disparaissent aussi dans toute la France rurale, où se trouvent 50% de la population.


        • Michel DROUET Michel DROUET 19 février 2015 20:26

          @Fifi Brind_acier
          C’est bien ce que je dis !


        • diogène diogène 19 février 2015 13:43

          « les partis politiques ne veulent rien changer, pour ne pas perdre leur joujou. »


          Vous voulez dire « leur fonds de commerce ».
          Un joujou, ça coûte,
          une sinécure rémunérée et clientéliste, ça peut rapporter gros.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès