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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > L’autonomie en perspective

L’autonomie en perspective

Rien n’est interdit à tous les ultra libéraux assoiffés d’argent comme un vampire de sang frais pour continuer de faire bouillir la marmite du capitalisme triomphant . Les lobbies pétroliers , agricoles, chimiques , bien plus puissants par leur capacité à corrompre que les écolos baba cool, bobos rêveurs qu’on s’ obstinent à ridiculiser, n’ayant que leurs bras et jambes pour s’attacher à des grilles, des arbres pour contrecarrer le bulldozer, tracent leur idéologie rampante au travers de politiciens, transparents jusqu’à la caricature comme un capitaine de bateau (ou de pédalo) sans sextant, navigant au jour le jour, plus préoccupé à ne pas s’échouer qu’à avancer.

La stratégie du dénigrement, orchestrée en coulisses par tous ces faiseurs de rois, groupe Bilderberg, de l’Horloge et autres confréries secrètes, bien plus redoutables que celle des fumeurs de pipes de Saint Claude, est d’une efficacité patente. Elle consiste à identifier l’adversaire, le ridiculiser en le faisant passer pour un ringard, du genre "vous vous opposez au progrès, vous voulez revenir à la bougie" et affirmer ensuite qu’on a plus le choix, promettant des créations d’emplois par milliers, dizaine de milliers. Ainsi creuser des trous pour les gaz de schistes permettrait de boucher d’autres trous, commerce extérieur et endettement public

Rappelons pourtant toutes les promesses patronales du passé. Yvon Gattaz, chef du MEDEF et père de Pierre, l’actuel, comme quoi bon sang ne saurait mentir, avait promis à la suppression de l’autorisation administrative de licenciement en 1986 la création de 400 000 emplois. Pasqua ne leur a d’ailleurs jamais pardonné d’avoir menti, quand Mitterrand fut réélu en 1988. Les professionnels de la restauration avaient aussi arraché une TVA réduite à Sarko, avec la perspective de milliers d’emplois créés. Je ne parle pas des multiples réductions de charges , niches fiscales et autres abattements, assouplissements que ces menteurs patentés ont extorqué à coup de chantage à l’emploi.

On voit clairement poindre leur objectif à plus ou moins court terme. Ils avancent à pas feutrés, mais sûrement, pied à pied, ils détricotent les lois qui ne leur conviennent pas, et en pondent d’autres pour sécuriser leur infamie et obstruer toute contestation

Ils ont déjà gagné des batailles. Le décret 638 / 2013 sur les pseudo recours abusifs en matière de permis de construire, va leur faciliter la tâche pour bétonner à leur guise. Avant, dans 80 % des cas, les recours étaient déboutés, néanmoins, dans 20 % des cas, les permis étaient invalidés, qu’en sera-t-il désormais, seront-ils obligés de détruire les constructions déclarées illicites, permettez moi d’en douter, chantage à l’emploi et autres manœuvres obscures. Au prétexte d’une contestable efficacité, le cadeau est exagéré.

D’autres se frottent les mains. Le décret interdisant la culture du maïs Monsanto a été retoqué par le Conseil d’Etat, c’est Barroso qui doit se réjouir . Dans la même perspective, vous verrez que vous ne pourrez plus cultiver prochainement votre petit lopin de terre sans verser des royalties au géant Monsanto dont les méthodes font vomir, car vos plants seront indéniablement transgéniques, « à l’insu de votre plein gré ». Ça s’appelle breveter le vivant, dans leur langage

Mais leur cheval de bataille le plus abouti reste les gaz de schistes, ce qui apparaissait il y a encore quelques mois comme une aberration écologique , sans la preuve d’une réussite incontestable , fait doucement son chemin, petit à petit , insinuant son venin dans des médias , sinon complices, en tous cas bienveillants. Armés de courbes statistiques, ils viennent démontrer de façon péremptoire l’inévitable nécessité d’y recourir, "c’est pour votre bien, mes bonnes gens".

En résumé , tous les moyens sont bons pour qu’ils continuent à jouer au casino, à financer leurs yachts, leurs clubs de foot, leurs blondasses décolorées, je sais que je force un peu le trait, mais face à la démesure idéologique de leurs arguments, il ne faut pas jouer petit bras

Face à cette déferlante, que faire ? que choisir, hormis d’être des consommateurs bêlants ? Sortir le nez de son Ipad, Ipod, Iphone et regarder autour de soi, non ?

La seule résistance qui fait peur à cette faune d’accapareurs, c’est Internet, qu’ils essayent d’ailleurs de contrôler par le biais d’élus paternalistes, marionnettes qui ne font pas rire malheureusement. Internet et son foisonnement d’idées, d’expériences, chacun vient y parler de son vécu, de ce qu’il fait, de ce qu’il a fait, de ce qu’il envisage.

Et donc au milieu de ce foisonnement d’exemples, une idée force émerge souvent, si les politiciens ont vendu notre souveraineté aux possédants, il nous reste notre propre souveraineté, une rive incertaine mais réconfortante, celle de l’autonomie, devenir le plus autonome possible, de partager avec d’autres, par groupes plus ou moins importants, une autonomie grandissante, qu’on ne nous dise plus qu’il n’y a pas de choix

On a vu fleurir des AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui permettent de s’affranchir de la grande distribution en matière alimentaire. De même, des monnaies parallèles proposent des systèmes de troc comme le S E L (systèmes d’échanges locaux), tout cela reste à l’état embryonnaire, mais commence à inquiéter les gouvernants qui ne voient plus tomber dans les caisses de l’état les espèces sonnantes et trébuchantes qu’ils sont contraints de lever pour boucher l’abyssal trou, causé non pas par l’augmentation des dépenses, mais par la baisse des recettes.

En matière d’énergie, sans parler de l’éolien et du solaire, dont l’efficacité est incertaine, en tous cas qui donne des arguments aux adorateurs du nucléaire, il existe des systèmes efficaces de centrales de cogénération (production d’électricité et de chaleur) qui consistent à produire au plus près de l’utilisateur, évitant ainsi les déperditions et coûts de transport. Mr Proglio, PDG d’ ERDF, n’est guère enthousiaste en ce domaine, car l’autonomie des uns, c’est une perte d’argent, mais aussi de pouvoir pour les autres

Des sites abondent pour informer sur le "faites le vous-même" ( Do it yourself) , faites votre pain, votre fromage, votre caviar d’aubergines, votre lessive, votre dentifrice, construisez donc votre four solaire, les initiatives pleuvent, il est temps de taper du poing sur la table, sans violence, qu’ils aillent vendre leur camelote aux Martiens

Paradoxalement, être autonome, c’est aussi être solidaire, rien à voir avec l’égocentrisme. C’est s’ouvrir aux autres, pas à ce qu’ils ont à nous vendre. Pourquoi ne pas s’orienter vers la simplicité volontaire, quand l’essentiel devient si important, si vital, que le superflu s’étiole, se détache naturellement comme une feuille morte, prouvant là son inutilité. Voyager sur terre avec un excédent de bagages, voilà le credo qui dénature l’esprit de liberté


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4 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 13 août 2013 14:15

    belle utopie


    • realTMX 13 août 2013 14:25

      Non c’est un message d’espoir et qui peut très bien se réaliser pour peu que l’on s’en donne la peine.

      Il vaut mieux s’accrocher à cette idée qu’à son dernier gadget dernier cri, véritable chaine d’une servitude voulue.


    • HerveLE HerveLE 13 août 2013 15:51

      Votre article, assez « fourre-tout », est néanmoins pertinent et pointe un ensemble de problèmes que vous attribuez, sans réellement les désigner explicitement, à des « ils », des « les monsanto et autres », des « ultra libéraux ».


      On pourrait donc comprendre en vous lisant que les méchants libéraux de droite sont à la manoeuvre dans l’ombre. Or il faut rappeler que la GAUCHE a au moins une responsabilité de même poids dans ce « pourrissement », ne serait-ce que parce que c’est surtout elle qui a toujours poussé vers plus d’Europe, et l’Europe c’est la domination américaine, la domination des normes et des lobbies. Ce qu’on appelle l’UMPS, la superclasse mondiale derrière, peu importe, voila votre cible.

      On aimerait donc voir plus souvent les manifestations d’ouvriers, d’écolos, de paysans devant BRUXELLES que devant nos préfectures ou notre assemblée nationale impuissante.

      Pour finir, vous faites bien d’appeler à unen réaction via internet, mais surtout via les urnes. L’écologie ne sera jamais rien si elle se cantonne à l’initiative personnelle et volontaire, elle ne vivra que quand les électeurs auront « forcé » les politiques à la prendre en compte, à la transformer en règle pour tous.


      • emmanuel muller emmanuel muller 14 août 2013 17:57

        Hmmm ... C’est vrais que c’est confus et néanmoins pertinent ...

        Vous tournez autour d’un truc sans le dire, mais je crois que c’est « l’envie de se reposer sur ».
        D’un coté on te dit bouffe et t’occupe, c’est votre illustration.
        De l’autre que tu peut faire tout seule, c’est les exemples de mécanisme citoyens.

        Les deux sont trempés ensemble dans un pot de colère.
        Mais contre quoi ? contre « l’envie de se reposer sur ».

        La conclusion c’est que tout seuls c’est avec les autres, ouf, le « se reposer sur » est sauf.

        Il y a là une vraie matière mais exploitable sans cacher le coeur du sujet :
        Par quoi on nous tiens, notre envie de « se reposer sur » , notre tendance à la dépendance.
        Comment s’en sortir : en canalisant ça vers des choses citoyennes, collectives, réfléchies, crée pour d’autre raison que faire du fric.
        Et allélouïa, ç’est vachement plus sécurisant de se reposer la dessus, par ce que c’est pas du hold-up.

        Au fond, si je n’ai pas rien compris a votre article, vous tournez autour de la notion d’ ubuntu .

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